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TOME X
—
Fascicule 1-4
== REVUE
ALGOLOGIQUE
Fondée par P. ALLORGE et G. HAMEL
DIRECTEURS :
P. ALLORGE et ROB. LAMI
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
- DU --
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
10, RUE DE BUFFON, 10 - PARIS (V)
REVUE ALGOLOGIQJE
TOME X
PARIS
Tome X
Fascicule 1-1V
REVUE
algologique
Directeurs :
P. ALLORGE et Rob. LAMI
SOMMAIRE
* J. FELDMANN. — Recherches sur la végétation marine de la Méditer¬
ranée. La côte des Albères. 1
K. BlSWAS. — A new nannandrous Oedocladium from India. 341
NÉCROLOGIE : Décès de Achille Forti, Marshall-A. Howe,
G. Berthold, G. Karsten . 347
Ibibl du I
(MUSÉUM/
\PARISy
Source : MNHN, Paris
Recherches
sur la Végétation Marine
de la Méditerranée.
La Côte des Albères
Par Jean FELDMANN
INTRODUCTION
Alors que, dès la première moitié du XIX e siècle, sous 1 impulsion
de Audouin et Milne-Edwards et de H. de Lacaze-Duthiers,
les zoologistes français prenaient conscience de la richesse inouïe de
la faune marine et de l’importance que pouvait avoir son étude, les
botanistes français, pour la grande majorité, n’ont pas toujours té¬
moigné à l’étude des algues marines tout l’intérêt qu’elle mérite.
Il y a néanmoins d’illustres exceptions, et il suffit de rappeler les
noms des THURET, des BoRNET et des SAUVAGEAU pour montrer
que, si le nombre des algologues français est restreint, 1 œuvre de cer¬
tains d’entre eux a contribué pour une très large part à fonder l’Algo-
logie moderne.
Par sa situation géographique, la France est, de tous les pays
d’Europe, la mieux placée pour les recherches d’algologie marine.
Sur ses côtes occidentales de la Manche et de l’Océan, se rencontre
la grande majorité des espèces de l’Europe tempérée; alors que sur
ses côtes méditerranéennes, la flore marine, très différente et presque
J. FELDMANN
subtropicale, fournit à l’étude un grand nombre d’espèces intéressantes,
tandis que les conditions écologiques particulières de cette mer sont
dignes d’attirer les phyto-océanographes (I) qui ont la possibilité de
comparer sa végétation avec celle de l’océan voisin.
Malheureusement, de toutes les côtes de France ce sont celles
de la Méditerranée dont la végétation marine est la moins connue,
tant au point de vue écologique que floristique.
L’existence de marées de forte amplitude sur les côtes atlantiques
et les facilités d’exploration qui en sont la conséquence, ainsi que la
luxuriance de la végétation marine dans ces régions, semblent avoir
beaucoup plus attiré les algologues français que les côtes méditerra¬
néennes où les algues sont moins développées et de récolte plus diffi¬
cile, mais dont l’étude est peut-être plus intéressante parce que beau¬
coup moins approfondie.
C’est un séjour à Antibes (Alpes-Maritimes), en octobre 1925,.,
dans cette localité rendue célèbre parmi les algologues par les re¬
cherches qu’y firent Thuret et BoRNET, qui m’a révélé la végétation
marine de la Méditerranée et m’a incité à en entreprendre l’étude.
De toutes les côtes françaises de la Méditerranée, la partie occi¬
dentale du golfe du Lion, et en particulier le littoral rocheux qui
constitue la côte des Albères, était jusqu’ici la plus mal connue.
Mon premier séjour dans le Roussillon remonte au mois de sep¬
tembre 1927. J étais aile au Laboratoire Arago, à Banyuls (Pyré¬
nées-Orientales), sur les conseils de C. SAUVAGEAU, qui m’avait si¬
gnalé l’intérêt de cette région et m’avait engagé à en établir la florule
des algues marines, travail susceptible de rendre service aux algologues
fréquentant le Laboratoire Arago.
De nouveaux séjours confirmèrent ma première impression sur la
richesse algale de cette côte, et les grandes facilités de recherches que
m offrait si libéralement le Laboratoire Arago m’engagèrent à étendre
mes recherches au delà des limites d’un simple catalogue, et à entre¬
prendre une étude écologique détaillée de la végétation marine de la
côte des Albères.
Cette étude, qui constitue le présent travail, a été effectuée au
cours de onze séjours au Laboratoire Arago (de 1927 à 1934). Ces
séjours, de durée variable, ont eu heu à toutes les époques de l’année,
ce qui m a permis de me rendre compte des variations, souvent consi¬
dérables, que présente la végétation algale suivant les saisons (2).
(1) De meme que l’océanographie physique est la science qui traite de la géographie
H UC de ‘ a . mer ’ 11 7 semble . e* commode d’adopter le terme de pb ÿ ,océano¬
graphie pour designer celle qui tra.te de la phytogéographie des plantes mannes.
(2) Dates de mes séjours au Laboratoire Arago : 1) du 4 au 29 septembre 1927 ;
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
Bien que consacré plus spécialement à l'étude de la côte des
Albères, ce mémoire tient compte des observations que j’ai pu faire
depuis 1925 dans d’autres régions de la Méditerranée, sur les côtes
de France (Toulon, Saint-Aygulf, Antibes, Villefranche), en Algérie
(Cherchell, Castiglione, environs d’Alger, Dellys), en Tunisie (île de
la Galite, golfe de Tunis, îles K.erkennah, etc.), et dans le détroit
de Gibraltar (Tanger, Algésiras, Malaga), ainsi que sur les côtes
atlantiques d’Europe (côtes françaises de la Manche et du golfe de
Gascogne, côtes du Portugal et du sud de l’Espagne), et aux Antilles
françaises.
Ces recherches dans des régions variées m’ont permis, dans beau¬
coup de cas, d’étendre à l’ensemble de la Méditerranée occiden¬
tale des conclusions principalement fondées sur mes observations faites
sur la côte des Albèies. Une connaissance personnelle de la végéta¬
tion marine des côtes de mers tempérées à fortes marées, comme celles
de Bretagne, ainsi que de celles d’une région tropicale, m’a permis
également d’utiles comparaisons.
L’étude phyto-océanographique d’une région peut être envisagée
de trois manières différentes.
Elle peut être écologique et consister en une étude particulière du
milieu, passant en revue les différents facteurs susceptibles d’influer sur
la répartition et le mode de vie des algues, et recherchant l’influence
des variations de chacun de ces facteurs sur la végétation marine.
Elle peut être phytosociologique, c’est-à-dire avoir pour objet la
distinction des différents groupements végétaux marins (associations)
dont l’ensemble constitue la végétation de la région étudiée, et la re¬
cherche des conditions écologiques que réclame chacun de ces grou¬
pements pour pouvoir atteindre son développement optimum.
Elle peut enfin être chorologique , considérant la composition flo¬
ristique de la région étudiée et en se basant sur les données fournies
par la distribution géographique des espèces et, lorsque cela est pos-
2) du 15 mai au 4 juin 1929; 3) du 27 janvier au 14 février 1931 ; 4) du 17 août au
6 septembre 1931; 5) du 14 janvier au 11 février 1932; 6) du 22 mars au 15 avril 1932;
7) du 20 juin au 12 juillet 1932; 8) du 22 août au 9 octobre 1932; 9) du 24 novembre au
9 décembre 1932; 10) du 15 juin au 28 juillet 1933; 11) du 14 juin au 12 juillet 1934.
Un douzième séjour (du 9 au 27 juillet 1937), effectué après la rédaction de ce tra¬
vail, m'a permis de vérifier une fois de plus un certain nombre de mes précédentes obser¬
vations.
Source : MNHN, Paris
J. FELDMANN
sible, sur les données de la paléontologie et de la paléogéographie,
chercher à établir l’origine des différentes espèces qui constituent cette
flore.
Ces trois points de vue seront envisagés successivement dans ce
travail qui comprend, par conséquent, trois parties. La première, consa¬
crée au milieu marin, examinera le point de vue écologique. La se¬
conde, traitant de la végétation , sera phytosociologique. Enfin, la
troisième partie, traitant de la flore, envisagera celle-ci au point de
vue chorologique.
Si le nombre et 1 importance des mémoires de phytogéographie
se sont accrus considérablement, surtout depuis une vingtaine d’années,
il n en est pas de même des études phyto-océanographiques, parmi les¬
quelles il n existe que très peu d ouvrages d ensemble envisageant la
question sous tous ses aspects. Aussi, ai-je été obligé de rappeler d’une
manière précise un certain nombre de notions générales sur le milieu
marin, sur lequel les renseignements étaient dispersés dans des ou¬
vrages n ayant pas été rédigés à l’usage des algologues et dont les
données n étaient pas toujours utilisables directement.
D après ces renseignements, j ai cherché à mettre en lumière l’im¬
portance relative des différents facteurs agissant sur la végétation
marine, en apportant, chaque fois qu’il a été possible, mes observations
personnelles à 1 appui de mes conclusions.
Dans 1 étude de la végétation, j’ai été également obligé de dé¬
finir ou de préciser le sens d’un certain nombre de termes employés
jusqu ici assez arbitrairement par les phyto- et les zoo-océanographes.
Sans avoir la prétention d’avoir établi une terminologie définitive
susceptible d être adoptée universellement dans l’avenir, je crois que
celle que je propose ici pourra être utilement employée et aura au moins
avantage de rendre plus clairs et plus facilement comparables les
ü avaux futurs de phyto-océanographie.
L etude monographique d’une région limitée ne m’a pas permis
de traiter, dans leur ensemble, toutes les questions ayant quelques rap-
ports avec la phyto-océanographie.
Il n était d ailleurs pas question d’écrire un traité de cette science
mais seulement d en définir les principes généraux et, à l’aide d’un
exemple chois,, d essayer de montrer ce qu’il y aurait lieu de faire
dans d autres régions.
de la J MédiT 6 ’ f ai ' leUrS ’ é L tend L re ultérieurement à d’autres régions
e la Méditerranée mes recherches commencées sur la côte des Al
beres, en utilisant celles-ci comme base et comme point * cornpa-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
3
Il me reste, pour clore cette introduction, un agréable devoir à
accomplir : c’est de remercier tous ceux, maîtres, confrères et amis,
qui, d’une manière ou d’une autre, m’ont aidé et encouragé dans l’éla¬
boration de ce travail.
Je veux tout d’abord saluer la mémoire du Professeur C. SaU-
VAGEAU. C’est sur ses conseils que j ai entrepris mes recherches algo-
logiques ; pendant près de dix ans il n’a cessé de me témoigner la
plus grande bienveillance et de me prodiguer ses encouragements. Je
lui en garde un souvenir profondément reconnaissant.
L’accueil si chaleureux que m’a fait à Banyuls M. le Professeur
O. DUBOSCQ, directeur du Laboratoire Arago, a contribué, pour une
grande part, à fixer mon choix sur la côte des Albères pour 1 étude
que je désirais entreprendre. M. le Professeur DUBOSCQ m a accordé,
au Laboratoire Arago, toutes les facilités de travail qui m’ont permis
de mener mes recherches à bonne fin; je l’en remercie ici respectueuse¬
ment.
Mes remerciements vont également à M 11 ' O. TuZET, chef de
travaux au Laboratoire Arago, et à M. R. DENIS, depuis maître
de conférences à la Faculté des Sciences de Dijon. Je m’en voudrais
de ne pas remercier aussi M. BECQUE, chef mécanicien, pour son
empressement à faciliter mes recherches, ainsi que les marins du Labo¬
ratoire Arago, MM. J. POURRECH, F. SUREDA, J. SUNYER, FERRER
et M. GalangaU, dont j’ai pu apprécier le dévouement et qui, par
leur connaissance précise de la côte et des fonds, m ont rendu de
grands services au cours de mes dragages.
L’étude de mes récoltes a été faite, en grande partie, au Labo¬
ratoire de Cryptogamie du Muséum national d’Histoire Naturelle, où
le regretté Professeur L. Mangin avait bien voulu m’admettre comme
boursier de doctorat. Son successeur, M. le Professeur P. ALLORGE,
m’a toujours témoigné beaucoup de sympathie, et je n’ai jamais fait
appel en vain à sa vaste érudition phytogéographique. Il s’est acquis
un titre de plus à ma reconnaissance en m’invitant à prendre part à
la mission cryptogamique qu’il a dirigée aux Antilles françaises en
1936, ce qui m’a permis de me faire une idée précise et personnelle
de la végétation tropicale. Je le remercie également très vivement
d’avoir bien voulu accepter de publier ce travail, malgré son ampleur,
dans la Revue Algologique.
Outre de riches collections et une bibliothèque algologique bien
/. FELDMANN
fournie, j’ai eu l’avantage de rencontrer, au Laboratoire de Crypto¬
gamie, deux algologues dont l’amitié m’a été précieuse :
M. G. Hamel, qui, il y a plus de dix ans, m’a initié à l’algologie
marine et ne m’a jamais ménagé ses conseils. J’ai eu souvent recours
à ses connaissances algologiques étendues;
M. Rob. Lami, mon compagnon de voyage aux Antilles, m’a
fait profiter de son inlassable obligeance, nos entretiens sur la biologie
des plantes marines ont toujours été instructifs, et j’ai mis à contri¬
bution ses connaissances techniques pour la mise au point et la prépa¬
ration typographique de ce mémoire.
En m’appelant comme assistant à la Faculté des Sciences d’Al¬
ger, en 1933, M. le Professeur R. Maire, correspondant de l’Institut,
m’a permis d’étendre mes recherches algologiques à la rive africaine
de la Méditerranée et de poursuivre dans l’atmosphère d’activité qui
règne dans son laboratoire, l’étude de mes récoltes de Banyuls. En
lui dédiant ce mémoire, je tiens à le remercier de l’intérêt qu’il a tou¬
jours pris à mes recherches.
Je tiens à remercier également :
M. le Professeur A. GuiLLlERMOND, membre de l’Institut, de
la bienveillance qu il m a toujours témoignée et de l’honneur qu’il me
fait en acceptant de présider la soutenance de cette thèse, ainsi que
M. le Professeur R. COMBES et M. le Professeur G. MANGENOT,
dont les encouragements m’ont été précieux;
Le Conseil d’administration de la Caisse des Recherches Scien¬
tifiques, qui, par une subvention, a contribué aux frais d’illustration
de ce mémoire;
M * P. Lemoine, qui a bien voulu étudier et déterminer une
partie des Mélobésiées que j’avais récoltées à Banyuls, ce dont je lui
exprime ici toute ma respectueuse gratitude;
M. 1 Abbé P. FrÉMY, qui m’a déterminé avec tant d’obligeance
la presque totalité des Cyanophycées marines que j’ai récoltées et qui,
en outre, a bien voulu se charger de décrire les espèces nouvelles conte¬
nues dans mes récoltes;
Mon collègue et ami, M. Ad. Davy DE VlRVILLE, qui m’a fait
l’amitié de m’accompagner à plusieurs reprises à Banyuls; c’est avec
sa collaboration qu a été faite 1 étude écologique des cuvettes littorales
et supralittorales de la région. Je lui dois des remerciements tout par¬
ticuliers pour avoir bien voulu exécuter la plus grande partie des
photographies qui illustrent ce mémoire et dont beaucoup présentaient
de grandes difficultés techniques. Grâce à lui, le lecteur pourra se
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
7
rendre compte de l'aspect et de la beauté de la végétation algale de
la Méditerranée, qui jusqu’ici n’avait jamais ete illustrée avec autant
d’habileté ;
M. le Professeut P. Dangeard, qui m’a communiqué un cer¬
tain nombre d’algues intéressantes récoltées par lui a Banyuls;
M. le Professeur L. Emberger, qui a bien voulu me commu¬
niquer un certain nombre de listes manuscrites d’algues marines recol¬
lées autrefois à Banyuls par son beau-père, Ch. Flahault;
M. M. CHADEFAUD, à qui je dois divers renseignements d ordre
cytologique ;
Mon collègue et ami, R. Meslin, qui m’a communiqué un cer¬
tain nombre d’échantillons types d’algues marines de l’herbier Lamou-
roux, conservé à l’Institut Botanique de Caen.
Mes remerciements vont également aux directeurs des Labora¬
toires maritimes où j’ai pu poursuivre mes recherches algologiques :
M le Professeur H. Cardot, directeur de la Station de Biologie
marine de Tamaris (Var) ; M. TrÉGOUBOFF, sous-directeur du La¬
boratoire Zoologique de Villefranche (Alpes-Maritimes) ; M. H.
Heldt, directeur de la Station Océanographique de Salammbô à
Carthage (Tunisie) ; M. le Professeur L.-G. SeURAT, directeur, et
M. le D 1 R. DlEUZEIDE, chef de Station Expérimentale d’Aqui¬
culture et de Pêche de Castiglione (Algérie) ; M. le Professeur A.
Gruvel, directeur du Laboratoire Maritime du Muséum à Saint-
Servan (depuis transféré à Dinard) ; M. le Professeur C. PÉREZ,
directeur de la Station Biologique de Roscoff, et M. le Professeur
A. LabbÉ, directeur du Laboratoire de Biologie marine du Croisic.
Je veux remercier, enhn, tous les algologues, français et étran¬
gers, qui, par l’envoi de leurs travaux ou par la communication d échan¬
tillons, m’ont aidé dans mes recherches.
Parmi eux je remercie tout particulièrement : M™ D r A. We-
BER-Van Bosse (Eerbeek), M. le D r F. BorGESEN (Copenhague),
et M. le Professeur W.-A. SETCHELL (Berkeley). Et en outre :
M"“ M. Celan (Jassy), J.-T. Koster (Leiden), G. Mazoyer
(Alger), WESTBROOK (London) ; ainsi que MM. le Prof. E. CHE¬
MIN (Paris), D’ E. FisCHER-PlETTE (Paris), t D' A. FoRTI (Ve-
rona), t D r M.-A. Howe (New-York), D r D. HyLMo (Varberg),
Prof. C. KiLLIAN (Alger), Prof. H. KyLIN (Lund), Prof. R.-M.
LaiNG (Christchurch), D r M. Lefèvre (Paris), D 1 F. MlRANDA
(Gijon), Prof. PoLITIS (Athènes), Prof. H. Printz (Oslo), Prof.
L. KoldERUP-RoseNVINGE (Copenhague), Prof. V. ScHIFFNER
J. FELDMANN
(Wien), D r B. ScHREIBER (Helgoland), Prof. N. SvEDELIUS (Up-
sala), Prof. R.-M. TAYLOR (Ann Arbor), Prof. Y. Yamada (Sap-
poro), etc...
Dans tout le cours de cet ouvrage, j’ai cru inutile de faire suivre
chaque fois le nom des algues de la côte des Albères de leurs noms
d auteurs. Ceux-ci sont indiqués dans la liste systématique des espèces,
au chapitre XV.
PREMIÈRE PARTIE : LE MILIEU
CHAPITRE I
TOPOGRAPHIE LITTORALE , GEOLOGIE,
BATHYMETRIE, BAT H Y LITHOLOGIE
Délimitation de la région étudiée
La région étudiée s’étend le long de la côte occidentale du
golfe du Lion, depuis les environs de Collioure jusqu’à la frontière
franco-espagnole, au cap Cerbère. Elle est limitée au nord d une
manière très naturelle par la côte basse et sableuse qui, débutant à
quelques kilomètres au nord de Collioure, au mouillage d Argelès,
s’étend jusqu’au delà du Rhône, interrompue seulement par endroits
par les saillies rocheuses des caps Leucate, d’Agde et de Sète. Cette
région, très différente de la côte rocheuse des Albères, par ses rivages
bas et sablonneux, semés d’étangs littoraux, possède également une
végétation marine très différente et d’ailleurs très pauvre, mais dont
l’étude m’aurait entraîné trop loin.
La limite sud de la région envisagée dans ce travail, constituée
par la frontière franco-espagnole, n’est pas naturelle puisque la côte
rocheuse des Albères se continue avec les mêmes caractères géogra¬
phiques sur le littoral espagnol jusqu’au delà du cap de Creus. Des
difficultés matérielles m’ont fait reculer devant cette extension de mon
champ d’études. Il semble d’ailleurs que, de Port-Bou à l’extrémité
du cap de Creus, la végétation marine soit très analogue à celle que
l’on observe sur la côte française, les conditions du milieu étant sensi¬
blement les mêmes. Au delà du cap de Creus, par contre, les conditions
sont différentes et la région du golfe de Rosas, orientée vers le sud et
abritée des vents du nord par le massif du cap de Creus et la Sierra
de Rosas, mériterait d’être étudiée par comparaison avec la côte cata¬
lane française.
10
J. FELDMANN
Toute cette côte rocheuse d’Argelès à Rosas est constituée par
les derniers contreforts des Albères qui, en plongeant dans la mer,
donnent naissance à une côte très irrégulière formée de falaises abruptes
atteignant parfois, comme au cap Rédéris, une trentaine de mètres
de haut et coupée de petites anses souvent resserrées à l’entrée comme
celle de Port-Bou, très caractéristique à cet égard, et dont le fond
est généralement occupé par une plage de sable.
La partie française de cette côte est formée par le prolongement
direct de la chaîne des Albères qui, se bifurquant à moins de 10 kilo¬
mètres de la côte, au Puig Saillfort, donne naissance vers l’est au
chaînon dont le point culminant est occupé par la tour Madeloc et qui
se termine par le cap Béar.
L’autre chaînon, de direction S.-E., formé par la chaîne de San
Pedro de Roda, constitue, au delà du golfe de la Selva, le cap de
Creus.
Description de la cote
Entre Argelès et Collioure, peu après l’embouchure de la Mas-
sane, la côte, basse et sablonneuse jusque là, s’élève progressivement
et devient rocheuse. L orientation du rivage change également : de
N.-S. qu il était, il s infléchit rapidement et devient sensiblement orienté
W.-N.-W.-E.-S.-E., orientation qu’il conserve jusqu’à l’extrémité du
cap Béar.
Le premier accident topographique important est constitué par la
petite baie de Collioure; peu avant d’y arriver, au pied du Fort-
Carré, s étend un vaste plateau rocheux horizontal dépassant peu le
niveau de la mer et où se trouvent creusées de vastes cuvettes, souvent
très étendues, qui demeurent isolées de la mer pendant la belle
saison. La concentration de l’eau et l’élévation de sa température,
résultant de cet isolement, favorisent le développement de certaines
especes, 1 Acetabularia mediterranea, en particulier, y est extrême¬
ment abondant et y atteint une taille bien supérieure à celle qu’il pré¬
sente dans les autres localités de la côte catalane (PI. XIX, photo 38).
C est egalement dans une de ces cuvettes que j’ai découvert le rare
oiphonocladus pusillus, espèce d’affinité tropicale qui trouve là des
conditions favorables à son développement.
A ] entree de 1 anse de Collioure, à la presqu’île Saint-Vincent
et sous les murs de la ville, la côte très accore présente un bon type
de station battue, et j’y ai observé quelques espèces qui paraissent faire
defaut sur le reste de la côte. Dans les creux des rochers se trouvent
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
II
de nombreuses cuvettes littorales et supralittorales, dont la flore est
également très riche. .
Au delà de Collioure, la côte présente une succession de petites
anses dont la plus importante, l’anse de la Mauresque, est comprise
entre le cap Gros et la pointe de la Redoute, qui limite a 1 ouest 1 en¬
trée du port de Port-Vendres. Dans 1 avant-port de Port-Vendres
entre la pointe de la presqu'île, où s éleve la tour de 1 Horloge et le
môle, qui ferme à l’est l’entrée du port, se trouve une succession de
petites anses à fond de sable ou de galets recouverts de Lithotham-
niées, dont la flore est assez riche. ,.
Du môle à l'extrémité du cap Bear, la cote, presque rectiligne,
est constituée par une falaise souvent très élevée, coupee ileboulis ou
débouchent de petits thalwegs habituellement sans eau et dont le plus
important est le Rech Tounill. A son extrémité, le cap Bear se termine
par une falaise droite, haute d’une dizaine de métrés et prolongée par
quelques rochers isolés peu élevés et plongeant à pic a une certaine
Pr0f °L d e e flanc S.-E. du cap Bear est rocheux et fortement découpé.
Au-dessous du phare existe une petite grotte où la mer pénètre, et qui
possède une flore sciaphile intéressante. .
Au delà du cap Béar, la côte décrit une grande courbe lnuitee
au sud par le cap Oullestreil, et qui constitue l’anse de Paulilles, dont
le fond est occupé par une plage de sable coupée par deux pointes
rocneuses. . , , .
La côte, toujours rocheuse, se dirige ensuite vers le sud jusqu au
cap Castell, à l’extrémité duquel s’élève un rocher isolé en forme de
tour nommé Castell de Bello. Après le cap Castell, la côte décrit une
nouvelle courbe limitée à un demi-mille plus au sud par le cap Doune,
et qui constitue deux petites anses : celle du Sanatorium et celle des
Limes, que sépare, entre deux plages de sable, une pointe rocheuse
à l’extrémité de laquelle débouche l’égout du Sanatorium.
Au delà du cap Doune (1) s’ouvre la baie de Banyuls, qu il
limite au nord et qui s'étend au sud jusqu’à la jetée de l’île Grosse.
La côte est rocheuse le long du cap Doune, dont la flore est assez
riche mais malheureusement souillée par les détritus de toute nature
que l’on jette à la mer, ce qui rend l’exploration de cette région peu
8 Au delà, le rivage est constitué par une plage de galets puis de
sable, sur laquelle les bateaux de pêche sont tirés au sec. Au fond de
la baie débouche un torrent, la Baillory, qui ne coule que par inter-
(1) On écrit également : Dosne, Dosné ou D Hona.
12
]. FELDMANN
mittence et seulement pendant l’hiver. Néanmoins, à son embouchure,
et séparée de la mer par une levée de galets, persiste en tous temps
une mare assez étendue et dont l’eau, malgré la proximité de la mer,
est certainement peu saumâtre, car les femmes du pays viennent y
laver leur linge (1 ).
Au milieu de la baie se trouve un petit rocher isolé en forme
de table, s’élevant à 3 mètres au-dessus du niveau : l’île Petite.
Après la plage du Fontaülé, à l’est de la baie, la côte redevient
rocheuse à la pointe où est bâti le Laboratoire Arago, et qui se termine
par un groupe de rochers très découpés connus, dans le pays, sous le
nom de l’île Grosse ou rochers de Fontaülé, et réunis à la terre par
une jetée. A l’intérieur de la baie, le long de cette jetée se trouve le
vivier du Laboratoire, communiquant continuellement avec la mer
et en partie comblé par des éboulis. Derrière le Laboratoire se trouve
une petite anse (anse de la Ginestère) au voisinage de laquelle se
trouve une petite grotte marine. Au delà, la côte relativement élevée
se continue selon une direction E.-W. jusqu’à l’anse du Troc, anse
profonde et étroite dont le fond est occupé par une plage de sable.
Vers 1 entrée de 1 anse du Troc, à gauche, débouche depuis quelques
années un égout dont la présence a fait disparaître un certain nombre
d’algues intéressantes. Au point où débouche l’égout se trouvait, en
particulier, la seule localité méditerranéenne connue du rare Gelidium
melanoideum, qui a disparu depuis l’établissement de l’égout. Cette
algue se retrouvera sans doute ailleurs aux environs de Banyuls, mais
sa localisation sous les surplombs rend sa découverte aléatoire. La
partie est de l’anse du Troc constitue le cap du Troc, dont l’extrémité,
très découpée et prolongée par de nombreux rochers et îlots, constitue
une riche localité algologique, dont l’exploration est rendue aisée par
sa proximité du Laboratoire Arago. Sur le flanc ouest de ce cap
s ouvre une belle grotte marine assez profonde où vivent de nombreuses
Floridées (PL II, photo 4).
Au delà du cap du Troc, la côte rocheuse se prolonge, toujours
dans la direction E.-W., par une succession de pointes et d’anses jus¬
qu’au cap l’Abeille.
Avant d arriver à ce cap, au fond d’une anse débouche un thal¬
weg assez important, généralement à sec, mais au voisinage duquel
se trouve une petite source : le Rech de Milan.
Après le cap 1 Abeille, qui possède à son extrémité une ceinture
(I) La flore algale macroscopique de cette mare, à eau très polluée, est constituée
presque exclusivement de filaments d’Oedogonium. En juin 1932. après un hiver et un prin¬
temps très pluvieux, le lit de la Baillory en amont de cette mare était encore humide, ce qui
est exceptionnel a cette epoque, et était recouvert d'un feutrage continu et très étendu de
couleur rouge brique, constitué de filaments fertiles de Sphaeroplea annulma.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
13
de petits îlots, l'orientation de la côte change pour devenir N.-N.-W.-
S.-S.-E., orientation qu’elle conservera jusqu’au cap Cerbère. Dans
toute cette région, la côte accore et montueuse est formée de falaises
atteignant une trentaine de mètres au cap Rédéris. Elle présente une
succession de caps : cap Rédéris, cap Peyrefite, cap Canadell, cap
Cerbère, qui limitent entre eux de petites anses dont le fond est occupé
par des plages de sable : anse Peyrefite, anse de Terrimbou, anse Cer-
bère.
Un peu avant Cerbère, la falaise est creusée d’une grotte marine
profonde et très obscure (PL II, photo 3), au fond de laquelle la
végétation est réduite presque exclusivement au Lithothamnium Lenor-
mandi et à YHildenbrandia proiotypus, qui, grâce à l’humidité due à
des suintements, remontent sur les parois et le plafond de la grotte
jusqu’à 1 m. 30 au-dessus du niveau. Au cap Cerbère existe égale¬
ment une autre grotte marine que je n’ai pas visitée.
Géologie
La côte des Albères est formée de roches primaires constituées,
de Collioure au cap Peyrefite, par des schistes sériciteux, plus ou
moins métamorphisés et plissés, gris ou noirâtres, lardés par place de
filonets de pegmatite.
Ces schistes, très résistants à l’abrasion marine, présentent une
surface très inégale et très tourmentée. Par suite de l’inégale résistance
des feuillets des schistes, certains de ces feuillets font saillie et leur
tranche aiguë et coupante contribue à rendre encore plus inégale la
surface des rochers.
Au delà du cap Peyrefite jusqu’à l’anse de Port-Bou, la côte
est constituée par des schistes complètement noirs, sur lesquels se dé¬
tachent souvent en blanc de minces filonets de quartz. Contrairement
à ce qui se passe pour les schistes de Banyuls, la surface des schistes
de Cerbère est généralement très lisse et polie par l’abrasion, ce qui
les rend moins favorables à la fixation des algues.
L’âge de ces schistes métamorphisés et dépourvus de fossiles est
assez difficile à préciser, et les auteurs de la carte géologique, DÉPÉ-
RET et MENGEL, ne sont pas d’accord à ce sujet.
Pour DÉPÉRET, les schistes sériciteux de Banyuls appartien¬
draient au Cambrien, alors que pour MENGEL il s’agirait de schistes
de Llandeilo métamorphisés et appartenant par conséquent à l’Ordo¬
vicien.
De même, DÉPÉRET compare les schistes noirs de Cerbère aux
14
J. FELDMANN
schistes à nodules calcaires de l’horizon du Trémadoc de la Mon¬
tagne noire ; ils seraient donc ordoviciens, alors que MENGEL les rap¬
porte au Gothlandien.
Comme on le voit, la côte est entièrement formée de roches
schisteuses. Dans les schistes cambriens s’intercalent parfois, aux envi¬
rons de Collioure et de Port-Vendres, des îlots de calcaire, mais
aucun de ces affleurements ne se rencontre, à ma connaissance, le long
de la côte.
Bathymétrie
Un coup d’œil jeté sur les cartes du Service hydrographique de
la marine et sur les cartes publiées par PrUVOT (1894, 1895) montre
que les fonds, prolongeant sous la mer la chaîne des Albères, atteignent
rapidement une profondeur assez grande. Les fonds de moins de
10 mètres sont exceptionnels et ne se rencontrent que dans le fond
des anses (avant-port de Port-Vendres, anse de Paulilles, baie de
Banyuls, etc.). Partout ailleurs, les fonds atteignent très rapidement
15 à 20 mètres, particulièrement à l’extrémité des caps, où il n’est
pas rare d’observer, à ranger la côte, des fonds de 25 à 30 mètres.
L’isobathe de 30 mètres, très éloigné de la côte, le long du rivage
sableux d’Argelès, s’en rapproche ensuite rapidement et la longe de
très près à partir du cap Gros. Au delà de 30 mètres, la pente du
fond devient moins rapide.
BATH YLITHOLOGIE
Grâce aux travaux de PRUVOT (1894-1897) et de Thoulet
(1912), nous connaissons assez bien la nature des fonds et leur répar¬
tition dans la région de Banyuls.
Si l’on examine la carte hors-texte jointe à ce travail, reproduc¬
tion simplifiée d’une partie de la carte de THOULET, on voit que ce
sont les fonds meubles, sable et vase, qui dominent. Les fonds rocheux,
qui portent une flore algale abondante et variée, sont assez peu éten¬
dus; ils prolongent généralement sous la mer l’extrémité des caps.
Ces fonds rocheux sont d’ailleurs inégalement développés selon les
caps : très restreints au cap Béar, par exemple, ils sont, par contre,
beaucoup plus développés au cap du Troc et au cap l’Abeille. Les
caps Peyrefite, Rédéns, Canadell et Cerbère présentent également, à
leur extrémité, de tels fonds rocheux.
La profondeur atteinte par ces fonds de roche est assez faible,
elle ne dépasse généralement pas 35 à 40 mètres.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
15
Entre ces fonds rocheux, le fond de la mer est occupé jusqu’à
une profondeur d’une trentaine de mètres par du sable plus ou moins
grossier, parfois mêlé de coquilles brisées et de galets.
A partir de 30 mètres de profondeur, les fonds sont constitués de
sables plus ou moins vaseux, et finalement de vase pure. A cette vase,
désignée par PRUVOT sous le nom de vase côtière, succèdent graduel¬
lement, vers 90 mètres de profondeur, des fonds de sable plus ou moins
vaseux, qui constituent les sables du large de PRUVOT; à ceux-ci fait
suite, à une plus grande profondeur, la vase qui occupe tous les grands
fonds.
La vase côtière ainsi que les sables du large m’ont toujours paru
dépourvus de végétation. La flore des sables côtiers elle-même est
assez sporadique et localisée sur les fonds où dominent les graviers
ou les coquilles brisées ; c’est donc presque exclusivement sur les fonds
de roche que l’on rencontre une riche flore algale.
Aux fonds rocheux déjà cités et qui prolongent directement les
rochers de la côte, il faut ajouter un certain nombre de fonds de roches
isolés au milieu du sable et de la vase. Je n’ai pas exploré les roches
Tavac, situées par 20 mètres de fond devant Argelès, ni les roches
Fayté et Traversière, gisant par 25 à 26 mètres au nord de Collioure.
Au nord du cap Béar, les cartes indiquent quelques fonds ro¬
cheux isolés, ce sont : la roche Cardinalane (27 m.), la roche Trapé-
dou (40 m.) et la roche La Motte (46 m.). La flore de la roche
Cardinalane est très pauvre, et deux dragages exécutés à la roche
La Motte ne m’ont fourni aucune algue.
A 7 à 8 milles au W.-N.-W. du cap Béar, au milieu des sables
du large, par 90 mètres de fond environ, se trouve un plateau rocheux
assez étendu désigné sous le nom de La Ruine; deux dragages effec¬
tués en ce point ne m’ont procuré aucune algue, bien que la drague
ait bien travaillé sur le fond, ainsi que le prouvaient plusieurs Gor¬
gones vivantes adhérentes à des fragments de roche ramenées par elle.
Il faut de plus remarquer que les cartes marines, remarquable¬
ment exactes et précises pour le tracé de la côte et pour la bathymétrie
des petits fonds, dont la connaissance est importante pour la navigation,
sont moins précises pour les plus grandes profondeurs, et je n y ai pas
trouvé signalés certains fonds rocheux de peu d’étendue, isolés au
milieu des fonds de sable et dont l’existence m’a été indiquée par les
marins du Laboratoire Arago. Parmi ces fonds de roches isolés, j en
citerai deux qui m’ont fourni des algues : la Lioze du large, située par
une quarantaine de mètres de fond devant le cap Rédéris et les ro¬
chers Coureilla, également situés à une quarantaine de mètres de pro¬
fondeur, devant le cap l’Abeille.
16
J. FELDMANN
Enfin, il y a lieu de mentionner ici un type de fond très impor¬
tant au point de vue bionomique et non figuré sur la carte de Thou-
LET. Ce sont les fonds que MARION et PRUVOT ont désignés sous le
nom de « fonds coralligènes ».
Ces fonds coralligènes sont situés au pourtour des fonds rocheux,
à la limite de ceux-ci et du sable ou de la vase côtière, ils constituent
ainsi la transition entre ces deux types de fonds.
Ils sont formés par des débris de roche cimentés entre eux par
des algues calcaires (Lithothamniées et, en particulier, Pseudolilho-
phyllum expansum et Lithophyllum (?) Hauc^i) associées à des
Eponges, des Coraux, des Bryozoaires, des Tubes d’Annélides, des
Tuniciers, etc., formant des blocs anfractueux très irréguliers renfer¬
mant une flore et une faune riches et variées.
Ces fonds coralligènes, qui peuvent remonter assez près de la
surface, descendent également plus bas que les fonds rocheux qu’ils
prolongent. Au cap l’Abeille, où ils sont bien développés, on les ren¬
contre surtout entre 35 et 40 mètres de profondeur.
CHAPITRE II
LE SUBSTRATUM
Indifférence des algues marines
a l’égard de la nature chimique du substratum
La nature chimique du substratum, si importante pour les végé¬
taux terrestres dont elle conditionne, pour une large part, la répartition,
est loin de présenter pour les végétaux marins la meme importance.
Tous les phyto-océanographes (PlCCONE, Berthold,
BeaUCHAMP, OLLIVIER, etc..., pour ne citer que des auteurs recents)
ont, en effet, noté l’indifférence des algues a 1 egard de la nature
chimique du substratum; qu’il s’agisse de roches calcaires ou erup îves
de compositions variées, les algues poussent indistinctement sui les
unes ou sur les autres, à condition toutefois que la structure physiqu-
de ce substratum soit favorable à leur fixation En un mot, .1 n existe
pas parmi les algues marines d’espèces calcicoles et calcifuges, comme
on en distingue chez les végétaux terrestres.
Il existe, en effet, au point de vue biologique, une différence
fondamentale entre les végétaux marins et les végétaux terrestres. Les
derniers empruntent au sol dans lequel ils enfoncent leurs racines les
sels minéraux nutritifs dont ils ont besoin, et la nature des se s qu ils
y rencontrent favorise ou s’oppose, selon leurs exigences biologiques
spécifiques, à leur développement.
Pour les plantes marines, le problème est tout different. Celles-ci
ne demandent au substratum qu’une surface de fixation qui leur per¬
mette de résister à l’arrachement sous le choc des vagues ou a 1 en¬
traînement par les courants. Au point de vue chimique, elles n em¬
pruntent rien au substratum; tous les sels nutritifs^ nécessaires a leur
développement régulier se rencontrent en quantité presque illimitée
dans l’eau de mer qui les baigne et d’où elles peuvent les extraire par
toute la surface de leur fronde.
La composition chimique de l'eau de mer paraît d ailleurs rela¬
tivement constante dans les différents points du globe, tout au moins
en ce qui concerne le rapport des différents sels dissous entre eux.
18
]. FELDMANN
Bien que cette question ne paraisse pas avoir, à ma connaissance
du moins, attiré l’attention des océanographes, il ne semble pas exister
de différence sensible dans la composition de l’eau de mer littorale
selon la nature chimique des roches avec lesquelles elle est en contact.
Le fait, en particulier, que les Lithothamniées à thalle fortement
incrusté de calcaire sont abondantes et bien développées sur les côtes
bretonnes, où les rochers calcaires font défaut, alors qu’elles sont beau¬
coup plus rares et moins développées sur les côtes crayeuses du nord
de la France, montre bien que, sur les côtes dépourvues de rochers
calcaires, elles trouvent dans l’eau de mer des sels de calcium assez
abondants pour leur permettre un grand développement, alors que,
sur les côtes constituées de calcaires tendres, la faible résistance du
substratum à l’abrasion ne leur permet pas de s’établir. Ce simple
exemple souligne à la fois l’indifférence des algues à la nature chi¬
mique de leur substratum et l’importance, pour leur répartition, de
sa structure physique et de sa résistance à l’abrasion.
Cette indifférence envers la composition chimique du substratum
ne s’exerce d’ailleurs pas exclusivement vis-à-vis des sels de calcium.
Bien que Funk (1927, p. 233) signale l’action néfaste que pourrait
exercer sur les algues marines la présence de sels de métaux lourds,
toxiques pour les végétaux, il faut remarquer, avec ÜLLIVIER (1929,
p. 72), que la flore des bouées et des chaînes métalliques ne paraît
pas confirmer cette action.
Il suffit d’ailleurs de se rappeler la rapidité du développement
et l’abondance des algues sur les parties immergées de la coque des
bateaux demeurant fréquemment au mouillage, malgré les couches de
peintures spéciales destinées à s’opposer à leur développement, pour
se rendre compte de la parfaite indifférence de la plupart des algues
vis-à-vis de la nature chimique de ce substratum (1).
A cette indifférence presque générale vis-à-vis de la nature chi¬
mique du substratum, il y a néanmoins quelques exceptions. Elles nous
sont fournies en particulier par les algues perforantes (Tranophytes
de SETCHELL). Ce sont des algues généralement de petite taille,
(I) Voici, à titre d'exemple, la liste des algues que j'ai observées le 20 juin 1933 sur
la coque du bateau du Laboratoire Arago, le Sainl-Vinccnl, qui est repeint tous les ans.
1 ou tes les parties .mmergees de la coque sont recouvertes d'Enteromorpha compressa. A
1 arriéré au voisinage de bel,ce,a, observé: Ectocarpus granulosus, Culleria multificia,
£5 rO^SphUS). (aVCC CyS,OCar P eS >' Da ^ a Pobsiphonia s p.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
19
Chlorophycées et Cyanophycées pour la plupart, qui vivent exclusi¬
vement dans les substances calcaires (rochers tests des mollusques e
des cirrhipèdes, carapaces des crustacés, squelette calcaire des poly
iers èt des bryozoaires, algues calcaires), à l’intérieur desquelles eUes
creusent des galeries en dissolvant le calcaire^Il est bien évident que,
pour ces algues, un substratum calcaire est absolument necessaire A
part ce besoin de calcaire, ces algues ne paraissent avoir guère d au res
exigences écologiques particulières; la structure physique du substra¬
tum ne paraît jouer qu'un rôle peu important, car elles se développent
aussi bien dans le calcaire amorphe des roches sedimentaires que dans
le calcaire organisé et cristallisé d'origine vegetale ou animale.
Les phanérogames marines, surtout celles vivant dans le sable
vaseux comme les Zostères et les Cymodocées, ainsi que le Caulerpa
proliféra, qui leur ressemble par sa biologie, font peut-etre egalement
exception et se comportent, dans une certaine mesure envers le substra¬
tum comme les plantes supérieures terrestres. Elles paraissent, en
effet, avoir besoin d'un substratum meuble assez riche en matières
organiques. Ce fait est particulièrement net pour le Caulerpa proliféra.
Importance de la structure physique du substratum
Si la composition chimique du substratum a peu d influence sur
la végétation marine, il n’en est pas de meme de sa structure physique.
Sa dureté, l'état de sa surface, lisse ou anfractueuse, son état de divi¬
sion allant de la roche compacte à la vase fine, jouent un rôle consi¬
dérable dans la répartition des algues. La distinction, établie par
Pruvot, des trois grands faciès rocheux, sableux et vaseux, souligne
bien l’importance de l'état de division du substratum dans la répar¬
tition des êtres marins. , .
La dureté de la roche et sa plus ou moins grande résistance a
l’abrasion sont à considérer tout d abord. Les rochers tendres se désa¬
grégeant facilement sous l’action de l’eau, comme la craie, par
exemple, sont défavorables au développement de beaucoup d algues,
dont la fixation est rendue difficile; de plus, les fines particules demeu¬
rant en suspension et diminuant la transparence de 1 eau ou se dépo¬
sant à la surface des algues augmentent le caractère défavorable de
ce type de substratum. Les rochers durs et homogènes donnant nais¬
sance à de grandes surfaces lisses et polies par 1 abrasion sont éga¬
lement moins favorables que les roches à structure hétérogène, dont
la surface plus inégale se prête mieux à la fixation des algues.
La nature des rochers influe également sur les formes qu elles
prennent sous l’action de l’érosion et de 1 abrasion, et ces formes de
20
J. FELDMANN
relief conditionnent souvent la répartition des algues. La désagré¬
gation en boule des granits, par exemple, donnera naissance à des
amas de blocs pouvant constituer par leur accumulation de petites
grottes incomplètement fermées où prospérera une flore sciaphile. Sur
une côte schisteuse, au contraire, on observera surtout la formation de
nombreuses flaques peu profondes, bien exposées à la lumière et ayant
une flore toute différente. De même, le pendage des couches et l’exis¬
tence de failles influeront sur la végétation d’une côte en favorisant la
formation de grottes marines ou d’îlots séparés par des chenaux étroits.
Je reviendrai plus loin sur cette relation intime existant entre
le relief de la côte et la végétation marine.
L’état de division du substratum est également très important.
Un substratum constitué par des galets est peu favorable dans les
stations battues, lorsque les blocs rocheux peuvent être déplacés par
l’agitation des vagues. De telles grèves de galets sont le plus souvent
stériles, tout au plus peut-on y observer quelques Enteromorpha se
développant à la surface des galets pendant les périodes de calme,
pour disparaître au moment des tempêtes. Dans les stations abritées,
la flore des fonds de galets ne diffère pas sensiblement de celle des
fonds de roche vive placés dans les mêmes conditions.
Les fonds meubles, depuis les graviers grossiers jusqu’aux vases
très fines, sont, en général, peu favorables au développement d’une
riche flore algologique; tout au moins sur les côtes de France et dans
les régions septentrionales en général, car dans certaines régions tro¬
picales, aux Antilles en particulier, j’ai pu constater, après B0RGESEN
(191 1 ), que le fond sableux des lagons tranquilles est recouvert d’une
riche flore algale constituée surtout par des Chlorophycées ( Caulerpa ,
Penicillus, Udotea, Halimeda). Dans la région de Banyuls, les fonds
meubles, d’ailleurs peu fréquents, sont surtout peuplés par des pha¬
nérogames marines.
Posidonia oceanica est localisé sur les fonds de sable grossier
et plus ou moins graveleux; dans la région de Banyuls, il ne vit qu’au
voisinage de la surface et ne paraît guère dépasser une dizaine de
mètres de profondeur, alors que dans d’autres régions il peut descendre
jusqu à 50 mètres. Les fonds graveleux profonds sont occupés entre
20 et 35 mètres par une végétation algale relativement pauvre et très
discontinue. Ces fonds, constitués de petits graviers de taille variable
et de coquilles brisées, sont à comparer aux fonds de Maerl de la
Manche, dont la végétation est analogue.
Les fonds de sable pur sont très pauvres ; quelques algues seule¬
ment se développent dans les cuvettes à fond de sable, la mobilité de
ce substratum s opposant à l’établissement de toute végétation dans
les stations battues.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
21
Beaucoup d’espèces vivant dans le sable (Gelidium c rmak Rho-
dochorton floridulum par exemple) agglomèrent souvent le sable entre
leurs filaments, ce qui contribue à lui donner plus de résistance et a
fixer plus solidement les algues qui vivent sur ce substratum En pro¬
fondeur, les fonds de sable fin et pur m’ont toujours paru dépourvus
de végétation aux environs de Banyuls. ,
Le sable plus ou moins vaseux constitue le domaine de choix du
7estera marina et du Cymodocea nodosa. Le Zosiera nana parait pré¬
férer les fonds de sable renfermant une plus grande proportion de
vase C’est également sur les fonds de sable vaseux ou de vase sa¬
bleuse que vit, dans d’autres régions de la Méditerranée, le Caulerpa
proliféra. , , •
Ainsi que je l’ai indiqué, la vase littorale n existe guère aux
environs de Banyuls. On ne peut citer comme appartenant a ce type
de substratum que les rochers couverts d’une couche de vase plus ou
moins épaisse. , ,,
Celle-ci grâce à l’eau quelle conserve par capillarité lorsqu elle
est émergée, est favorable à l’établissement des Cyanophycées, qui
forment à sa surface un revêtement qui contribue a la maintenir.
Dans d’autres régions de la Méditerranée, où les fonds de sable va¬
seux et de vase sont bien développés, dans la petite Syrte (golfe de
Gabès) par exemple, ces fonds sont caractérisés par une association
de Cyanophycées, dont le Microcoleus chtonoplastes est le constituant
principal; par le feutrage de ses filaments, il constitue une croûte
solide et continue à la surface de la vase. Le même phenomene s ob¬
serve dans les marais salants, où le Microcoleus chtonoplastes se dé¬
veloppe en abondance.
La vase noire et nauséabonde des ports, où 1 abondance des ma¬
tières organiques donne lieu à d’importantes fermentations anaérobies,
constitue un type particulier de substratum (faciès sapropéhque) très
défavorable aux algues en général et où seules peuvent vivre des Ulves
non fixées et quelques rares Cyanophycées.
La vase profonde est, aux environs de Banyuls, absolument dé¬
pourvue de végétation. Il semble d’ailleurs qu’il en soit généralement
ainsi. Néanmoins, nous savons depuis les recherches de J.-J. Rodri¬
guez (1888-1889) que les fonds vaseux des Baléares possèdent, par
des profondeurs de 100 à 150 mètres, une végétation algale très riche
et où se rencontrent des espèces de grande taille, comme pai exemple
le Laminaria Rodriguezii Born. Il est difficile d’expliquer pourquoi
la vase profonde absolument stérile à Banyuls possède aux Baléares
une flore si développée. Ainsi que le remarque C. Sau\AGEAU (1912,
p. 177) : « La lumière, la limpidité de l’eau, les courants sous-marins
22
J. FELDMANN
n’interviennent pas, la consistance de la vase non plus; en apparence,
la couleur et la nature chimique du dépôt profond seules diffèrent,
mais jouent-elles un rôle si important ? ». En effet, la vase de la
région de Banyuls, provenant de la décomposition des schistes pri¬
maires, est de couleur noirâtre et très pauvre en calcaire, alors que
celle des Baléares est blanche et très calcaire. Il ne semble pas, à
priori, que l’abondance du calcaire dans la vase des Baléares puisse
expliquer sa riche végétation, mais peut-être la couleur blanche de la
vase, réfléchissant les rayons lumineux et calorifiques, permet-elle le
développement d’algues qui, sur un fond de couleur sombre, ne rece¬
vraient pas une intensité lumineuse suffisante pour leur permettre de
vivre. Il s’agit d’ailleurs là d’une hypothèse qu’il serait souhaitable de
voir confirmer ou infirmer par des mesures photométriques.
L’Epiphytisme
Les algues ne demandant en général au substratum qu’un sup¬
port pour se fixer, et n’empruntant le plus souvent aucun élément nu¬
tritif à ce substratum, peuvent se fixer sur les objets les plus divers,
aussi bien inorganiques que vivants. Aussi, l’épiphytisme est-il très
fréquent chez les algues marines.
Si certaines espèces, par suite de la longue durée de leur vie
(Cystoseira par exemple), ou de la forme de leur thalle en plaque
étalée plus ou moins étendue ( Ralfsia, Nemoderma) , ont besoin, les
unes d’un substratum durable et résistant, les autres d’une surface
relativement plane et étendue, pour pouvoir atteindre leur complet dé¬
veloppement, et sont par conséquent généralement localisées sur les
rochers ou parfois sur les algues calcaires, beaucoup d’algues annuelles
ou éphémères sont indifféremment épiphytes ou épilithes.
Parmi les épiphytes, on peut distinguer des espèces susceptibles
de se fixer sur les algues les plus diverses, alors que d’autres épiphytes
sont plus localisés et paraissent ne pouvoir se développer que sur une
seule ou quelques espèces bien déterminées.
Néanmoins, même les épiphytes non spécialisés paraissent mar-
quei des preferences pour certaines especes qu ils envahissent fréquem¬
ment, alors que d’autres en sont généralement dépourvues. C’est ainsi
que le Phyllophora nervosa, par exemple, est presque constamment
envahi par des épiphytes variés (et aussi par de nombreux animaux
fixés : Spongiaires, Horaires, Bryozoaires, etc.), et je n’ai jamais
rencontré un seul individu qui en soit absolument indemne. Plusieurs
Cysloseira sont également très riches en épiphytes. Par contre, d’autres
espèces, comme le Rissoella verruculosa, en sont presque constamment
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
dépourvues. Il en est de même pour beaucoup d algues ephemei es
dont le développement rapide ne permet 1 etablissement a leur suifac
que de quelques épiphytes microscopiques, egalement a multiplication
rapide (Diatomées, en particulier). .
Il est assez difficile d'expliquer pourquoi certaines especes sont
si fréquemment envahies alors que d’autres sont le plus souvent in¬
demnes. Dans beaucoup de cas, la durée de vie plus ou moins longue
de l’hôte, la nature de la surface de l’algue, plus ou moins favorable
à la fixation des germes, peuvent expliquer cette différence. De tai
est particulièrement évident chez deux Laminaires des cotes atlan¬
tiques de France : Laminana flexicauli s Le Jolis et L. Clouslomi
Edmondst. La première, dont le stipe est lisse, est généralement dé¬
pourvue d’épiphyte alors que la seconde, qui possède un stipe a surface
rugueuse et dont la durée de la vie est plus longue que celle du
L°flexicaulis, présente un stipe presque constamment recouvert d epi-
phytes nombreux et variés.
En ce qui concerne le Dictÿopteris membmnacea, qui est le plus
souvent dépourvu d’épiphytes, OLLIVIER (1929, p. 79) a supposé
que la cause de cette immunité « serait à rechercher dans les produits
qu’il excrète et à rapprocher de la forte odeur qu il dégage ». Un autie
facteur intervient peut-être pour favoriser le développement des epi-
phytes ou s’y opposer. R. Lami (1934, p. 1328), étudiant le pH e
l’eau des cuvettes littorales, a montré que, dans une même cuvette, le
pH n’était pas partout le même, et en prélevant de l’eau au milieu
de touffes de diverses algues, il a observé que le pH variait selon 1 es¬
pèce considérée. Il est possible, comme le suppose Lami, que ces
variations de la concentration en ions hydrogène au voisinage d une
algue déterminée, variations qui doivent être encore plus glandes à
la surface même de leur fronde, expliquent la spécialisation quelque¬
fois rigoureuse des épiphytes sur certaines algues et leur absence sui
d’autres. C’est ainsi que l’élévation souvent considérable du pH dû
à l’actif métabolisme des Entéromorphes explique peut-être la rareté
des épiphytes sur ces algues qui, lorsqu ils existent, sont généralement
représentés par un petit nombre d’espèces sans doute résistantes avec
de nombreux individus (Mynonema strangulans, par exemple).
Il peut arriver également qu’une même espèce soit dépourvue
d’épiphyte dans une station donnée et en supporte un grand nombre
dans une autre station. C est le cas, par exemple, du Peyssotmelia.
Squamaria, généralement très propre dans les stations assez battues
et couvert d’épiphytes variés dans les stations plus calmes. D ailleurs,
d’une manière générale, les épiphytes sont plus abondants dans les
stations calmes que dans les stations battues.
Source : MNHNParis
24
]. FELDMANN
De nombreux épiphytes sont spécialisés, c’est-à-dire qu’ils ne
vivent que sur une ou quelques espèces, toujours les mêmes, et ne se
rencontrent que tout à fait exceptionnellement sur d’autres supports.
Un exemple classique est fourni par le Rhizophyllis Squamariae, qui
ne se trouve guère que sur les Peyssonnelia Squamaria et rubra.
Néanmoins je l’ai observé, d’une manière tout à fait exceptionnelle,
il est vrai, sur le Codium Bursa et YUdotea petiolata.
Parmi les épiphytes ainsi strictement localisés, on peut citer en
particulier le Didymosporangium repens sur les Anlithamnion, YEcto-
carpus paradoxus sur le Cystoseira mediterranea, Y Ascocyclus orbi-
cularis sur les feuilles de Posidonies, le Nereia filiformis sur le Peps-
sonnelia Squamaria , YAcrochaetium Duboscqii sur le Bryopsis mus -
cosa, etc...
Si les raisons indiquées plus haut permettent d’expliquer, dans
une certaine mesure, l’abondance des épiphytes sur certaines algues et
leur rareté ou leur absence complète sur d’autres algues, les causes qui
limitent la fixation d’un épiphyte à un hôte déterminé sont beaucoup
plus obscures. On ne peut parler ici d’une adaptation étroite au chi¬
misme d’une espèce donnée, comme ce pourrait être le cas pour un
parasite, puisqu’il s’agit d’épiphytes qui, de toute évidence, n’em¬
pruntent rien à leur support. Il y a là une sorte d’« association » dont
la réalité est indéniable, mais dont les causes sont bien difficiles à
expliquer pour le moment.
Sur un hôte déterminé, les épiphytes ne se développent pas indis¬
tinctement sur n importe quelle partie de leur support. Chez les Cijs-
toseira, par exemple, les épiphytes fixés sur le tronc ne sont pas les
mêmes que ceux qui se développent vers l’extrémité des rameaux ; sur
le tronc on rencontre surtout des Squamariées et des Rhodophycées
sciaphiles, alors que sur les rameaux ce sont les Ectocarpus et les
Sphacelaria qui dominent. De même, Y Ectocarpus Lebelii est loca¬
lisé dans les cryptes pilifères des Cystoseira, dans lesquelles pénètre
sa base; cette espèce est donc, par ce caractère, à rapprocher des
algues endophytes.
L épiphytisme, chez les algues marines, ne paraît pas entraîner,
pour la plupart d entre elles, de modifications morphologiques parti¬
culières. Beaucoup se fixent sur leur hôte de la même manière qu’elles
se fixeraient sur un rocher, soit par un disque, des haptères, des rhi-
zoïdes, etc...
Il y a néanmoins un type morphologique fréquent chez les algues
strictement épiphytes, et qui se retrouve dans tous les groupes les plus
divers sous des aspects très semblables : c’est la forme en disque mince
formé d une seule ou d un petit nombre de couches de cellules. Ce
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
2b
type se rencontre chez les Chlorophycées (Ulvella Prmgsheimiella),
les Phéophycées (Myrionema, Ascocyclus) et chez les Rhodophycees
(ErvthroclaJia. Mdobesia, Epüithon). La structure dors.ventrale que
présentent certains éprphytes (Rhizophyllis Squamanae, Herp°Wh°-
nia etc ) ne semble pas devoir être interpretee comme une adaptai on a
l'épiphytisme, car elle se rencontre également chez beaucoup d algues
non épiphytes rampant sur les rochers.
Un exemple très net d’adaptation à l’épiphytrsme est fourni par
le Rhizophyllis Codii. Cette algue forme des croûtes circulaires mem¬
braneuses à structure dorsiventrale épiphyte sur les thal es £ Co<J 'T
Bursa, elle est fortement appliquée sur son hôte auquel elle est fixe
au moyen de rhizoïdes qui pénètrent entre les utricules du Codmm.
De plus la face inférieure du Rhizophyllis se moule exactement sur
la surface du Codium et reproduit en creux l’empreinte du sommet de
ses utricules. , .
Outre les épiphytes fixés sur d’autres plantes, il y a lieu de citei
aussi ceux qui se développent sur des animaux. Ceux fixes sur les
coquilles ne sont généralement pas caractéristiques, ils se fixent sur ces
supports comme ils le feraient sur un support inorganisé. De meme,
les crabes dragués ont souvent leur carapace complètement recouveites
d’algues variées, qui les dissimulent entièrement.
Les Hydraires de Banyuls sont souvent colorés en rose par une
petite Mélobésiée qui les recouvre presque complètement. Les grands
Bryozoaires Myriozoum et Cellopora, vivant en profondeur, sont àssez
fréquemment recouverts d’un velours vert de Rhizoclomum Kerncn.
Les Eponges elles-mêmes portent de nombreux épiphytes. C est
presque exclusivement sur Cliona viridis que j ai observé 1 H^meno
clonium serpens, qui rampe à sa surface.
Le cas des algues portées par les Oursins est un peu different.
Les algues ne se fixent pas en général sur les Echmodermes, car le
test à l'état vivant est recouvert sur toute sa surface d un épithélium
vibratil, qui s’oppose à la fixation des spores. Ce n’est que lorsque
cet épithélium a disparu, comme par exemple sur les grands piquants
des Cidarides, que les algues peuvent se fixer, ou bien comme dans
le cas étudié par MoRTENSEN et RosENVINGE (1934), lorsqu un pa-
rasite a détruit cet épithélium.
On observe souvent dans l’étage infralittoral supérieur, dans les
stations éclairées, que les Oursins portent sur leur face aborale tournée
vers le haut, soit des coquilles (Patelles, Moules, Haliotis), soit des
fragments d’algues qui sont le plus souvent des Peyssonnelia Squa-
maria, ou des fragments de Lithophyllum. Ces algues ne sont pas
fixées sur l’Oursin, mais recueillies par lui et maintenues en place à
l’aide de ses ambulacres.
]. FELDMANN
26
Dans ces conditions, les Lithophÿllum peuvent continuer à croître
et, du fait de ce mode de vie spécial, prennent parfois une forme par¬
ticulière. J. CHALON, qui avait observé ce phénomène à Port-Vendres,
a décrit (1900, p. 6) la forme que prend dans ces conditions le Litho-
phyllum dentatum, sous le nom de f. Echini Chalon. Contrairement à
ce que paraît supposer CHALON, il ne semble pas que ce soit comme
protection contre leurs ennemis que les Oursins se couvrent ainsi
d’algues et de débris; il est plus vraisemblable qu’il s’agit d’un réflexe
dû à l’action d’une lumière trop intense.
Endophytisme et parasitisme
Beaucoup d’espèces, au lieu de se fixer à la surface des autres
algues, pénètrent à l’intérieur du thalle de celles-ci en s’insinuant entre
les cellules ou entre les couches de leur membrane externe : ce sont
les algues endophytes.
Il y a lieu d’ailleurs de distinguer de vrais et de faux endophytes.
On qualifie, en effet, souvent, d’algues endophytes, les espèces qui
vivent entre les cellules ou les filaments des algues spongieuses comme
c est le cas, par exemple, pour le Calothrix parasitica, dont les tri-
chomes se développent entre les filaments qui constituent le thalle du
Nemalion. C est également le cas des algues vivant entre les utricules
des Codium, soit qu elles y enfoncent seulement leur partie inférieure
ou rhizoïdale, comme on l’observe chez le Phormidium Feldmanni et
I Acrochaetium Codii Crouan, soit qu elles y vivent entièrement in¬
cluses comme plusieurs Cyanophycées (Microcoleus Codii , Vou^U
IVuitneri, Hydrocoleum coccineum, Brachytrichia Balani f. purpu-
rea).
Toutes ces formes, qui s’insinuent entre des cellules contiguës,
mais isolées et libres entre elles et non réunies par une membrane
commune, ne perforent aucune membrane pour pénétrer entre ces cel¬
lules et ne peuvent pas être considérées comme réellement endophytes.
II faut, me semble-t-il, réserver ce nom aux espèces qui pénètrent dans
les tissus de leur hôte en perforant leur membrane externe. Elles
peuvent alors se développer, soit entré les couches de cette membrane
externe, comme c est le cas pour les Endoderma, soit s’étendre plus
avant à 1 intérieur des tissus de leur hôte en envoyant des filaments qui
cnculent entre les cellules dans leurs lamelles moyennes (Myriactula
stellulata ), soit même en envoyant des suçoirs à l’intérieur des cellules
de l’hôte, comme c’est le cas pour 1 ' Acr ochaetium cvtophagum (Ro-
senv.) Hamel.
On a souvent qualifié ces endophytes de parasites ; en réalité, si
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE ^ ^
certaines ne paraissent occasionner aucun dommage sensible à leur
h6te, leur pénétration dans un tissu vivant ne peut avoir qu une in¬
fluence défavorable sur l’algue ainsi envahie, mais le fait que
majorité de ces endophytes sont normalement pigmentes et semblent
par conséquent susceptibles d'une nutrition autotrophe permet de les
considérer au moins comme des hémiparasites. Il existe, neanmoins,
des endophytes dépourvus de pigments assimilateurs et qui, par consé¬
quent, doivent être considérés comme des parasites stricts, c est le cas
du lanczewskia verrucaeformis vivant sur le Laurencta obtusa
Beaucoup d’endophytes paraissent strictement lies a un hôte dé¬
terminé et ne peuvent vivre que sur lui, c'est le cas du Ricardta Mon-
tagnei sur le Laurmda obtusa. Certams entraînent la formation de
cécidies dues à la réaction de leur hôte, comme chez le Streblonema
Vahantei, qui produit de petites cécidies mamelonnées sur les rameaux
du Cÿsioseira mediterranea. Il faut d'ailleurs remarquer que des es¬
pèces épiphytes peuvent également entraîner la formation de galles,
c’est ce qui s’observe chez le Streblonemopsis irritons sur le Cÿsioseira
opuntioide s. . , - c ■ ,
D’autres endophytes ne paraissent avoir aucune spécificité et
sont capables de se développer indifféremment sur un grand nombre
d’algues très diverses. C’est le cas, par exemple, pour les hndoderma,
que l’on confond généralement, mais peut-être à tort (1 ), sous le nom
A'Endodama viride, et qui se rencontrent à Banyuls sur un grand
nombre de Rhodophycées : Porphÿra, Halymema, Cÿmnogongms,
Rhodyimenia,Chrysymema,Callithamnion, Ceramtum, et que CoTTON
a également signalés sur des Chlorophycées. De même, le Blastophÿsa
rhizopus vit en épiphyte, entre les filaments de VAcrosÿmphyton pur-
purijerum et du Dudresnaya vertidllata, et se retrouve endophyte
entre les cellules du thalle de YUlva lactuca.
Les Algues endozoiques
On peut ranger sous ce nom les algues pénétrant à 1 intérieur des
animaux vivants et localisées, soit dans leur squelette, soit dans leurs
tissus vivants eux-mêmes. Il y a lieu d en exclure les algues pei fo¬
rantes vivant dans le calcaire des coquilles, car celles-ci ne sont nulle¬
ment spécifiques de cet habitat, elles se rencontrent non seulement
dans les coquilles vivantes ou mortes, mais aussi dans les roches cal¬
caires ou dans les Lithothamniées. _
(1) Il est possible, en effet, que l'on confonde plusieurs espèces sous le nom d'Endo¬
derme viride, et il y aurait lieu de rechercher si les variations morphologiques que Ion
observe suivant les hôtes doivent être attribuées à des différences spécifiques de 1 endophyte
ou à la structure différente des hôtes (voir à ce sujet les observations de B</>RGESEN, 1921,
p. 416).
28
]. FELDMANN
Parmi les algues endozoïques, on peut distinguer, d’une part,
les algues chitinicoles et, d’autre part, les algues inter ou intracellu¬
laires vivant dans les tissus vivants, et qui sont généralement consi¬
dérées comme des symbiotes.
Les algues chitinicoles sont celles vivant dans les parties squelet¬
tiques constituées de chitine ou de substances analogues de divers inver¬
tébrés marins. Ces algues se rencontrent en particulier chez les Spon¬
giaires; à Banyuls, le Rhodochorton membranaceum envahit parfois
le squelette réticulé de spongine des Spongelia et le colore en rouge
vif. Cette algue se rencontre également, ainsi que divers Acrochaetium,
chez des Hydraires et des Bryozoaires.
Chez les Mollusques, on connaît deux espèces de Chlorophycées,
du genre Tellamia, qui vivent dans le périostracum de divers gasté¬
ropodes. L’une d’elles, Tellamia contorta, signalée dans l’Atlantique
nord sur diverses espèces de Littorines, se rencontre à Banyuls dans
le périostracum du Pisania maculosa Lamk.
Les algues endozoïques inter ou intracellulaires sont celles qui
se développent au sein des tissus des animaux vivants, soit entre les
cellules qui constituent ces tissus, soit à l’intérieur même des cellules.
Ces espèces endozoïques vivent chez des animaux variés (Protozoaires,
Spongiaires, Célentérés, Vers, etc.) et elles appartiennent à des
groupes très divers. Ce peuvent être des Dmophycées (Zooxanthelles),
des Chlorophycées (Zoochlorelles, etc.), des Rhodophycées (Cera-
todictyon, Thamnoclonium) , des Cyanophycées (Zoocyanelles).
Sans avoir recherché spécialement les algues endozoïques, j’ai
observé à Banyuls des Zooxanthelles dans le tissu de diverses éponges
et, en particulier, dans la Cliona viridis O. Schm., dont elles colorent
la chair en brun olivâtre.
Sous le nom de Zoocyanelles, j’ai proposé (1932) de désigner
les Cyanophycees vivant dans le tissu des éponges, soit entre les cel¬
lules de leur mésenchyme, comme c’est le cas pour le Phormidium (?)
Spongeliae dans les Spongelia, et pour YAphanocapsa Paspaigellae
dans 1 Hircinia variabilis , et diverses autres éponges, soit à la fois entre
et à 1 intérieur des cellules de 1 hôte, ce qui s’observe dans le cas de
YAphanocapsa Feldmanni vivant dans YHircinia variabilis et le Pe-
trosia ficiformis.
. ^ existence de ces Cyanophycées à l’intérieur des cellules de
1 Eponge est à rapprocher des cas d’« Endocyanose » signalés par
Pascher chez divers Flagellés et Rhizopodes.
En ce qui concerne les Zoochlorelles et les Zooxanthelles, on
admet généralement qu’il y a symbiose entre l’animal et les algues qu’il
renferme. Il semble en être de même dans le cas de l’association
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
d’Eponges avec des Zoocyanelles ; ces dermeres peuvent d ailleurs
coexister dans une même éponge avec des Zooxanthelles.
La constance remarquable de ces associations d algues et d ani¬
maux, le fait que ceux-ci ne paraissent pas souffrir de 1 existence des
algues dans leurs tissus, et enfin la pigmentation normale de ces algues
endozoïques, qui permet de supposer quelles possèdent une nutrition
autotrophe, montrent bien qu'il ne s'agit pas de parasites, is agit-it e
symbiose ? Oui si l'on ne donne à ce mot qu'un sens purement objectif
et impliquant seulement le fait de vivre en commun, mais de nouvelles
recherches sont à faire pour préciser s’il s’agit, dans ces differents cas,
de symbiose mutualiste, antagoniste ou simplement indifférente.
Certaines algues endozoïques se comportent néanmoins comme de
vrais parasites. Th. MoRTENSEN et KoEDERUP-RoSENVlNGE (1910,
1933 1934) ont en effet signalé, à différentes reprises, chez les Lchi-
nodermes (Ophiure, Astérie, Oursin), des Chlorophycées (Cocco-
mÿxa) et des Cyanophycées (Dactÿlococcopsis) endozoïques, qui sont
de véritables parasites pouvant, dans certains cas, entraîner la mort de
l’animal parasité.
CHAPITRE III
LES MOUVEMENTS DE LA MER ET L'AGITATION DE L'EAU
Les marées et le niveau de la mer
Bien que l’on regarde généralement la Méditerranée comme une
mer sans marées, le niveau de l’eau est loin d’y être constant et les
effets de l’attraction 1 uni-solaire s’y font sentir d’une manière appré¬
ciable. Néanmoins, l’effet de cette attraction est souvent difficile à
distinguer d’autres causes qui entraînent des élévations ou des abaisse¬
ments du niveau pouvant durer pendant des périodes assez longues et
masquer, par leur importance, les variations biquotidiennes d’origine
astronomique et d’amplitude plus faible.
Ce n’est qu’en certains points de la Méditerranée tels que le
nord de l’Adriatique et surtout le golfe de Gabès que, grâce à des
dispositions topographiques favorables, l’amplitude des marées devient
plus importante et facile à constater pour des observateurs non pré¬
venus. C est ainsi que l’amplitude des marées de vive eau atteint
2 m. 35 à Gabès. Sur les côtes méditerranéennes de France, l’ampli¬
tude est beaucoup plus faible et ne dépasse guère 20 à 30 centimètres.
Les variations du niveau de la mer à Banyuls ont été étudiées
par Pruvot (1900), en septembre 1900. Le graphique ci-joint (fi¬
gure 1), montrant les variations de hauteur des pleines mers et des
basses mers par rapport au niveau moyen, a été établi d’après les
chiffres publiés par Pruvot. On voit que l’amplitude de la marée
(différence entre la hauteur d’une haute mer et celle de la basse mer
consécutive) a été, en période de vive eau, de 0 m. 285, et en période
de morte eau (marée de la nuit du 10 au 11 septembre) seulement
de 0 m. 09.
La courbe inférieure, qui indique les variations de la pression
atmosphérique, montre bien l’influence de ce facteur sur la hauteur
relative des hautes et des basses mers : la mer atteignant un niveau
plus élevé lors d une faible pression barométrique, et inversement un
niveau plus bas lors de fortes pressions. Pour rendre plus évident ce
parallélisme entre la pression atmosphérique et le niveau de la mer
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
31
sur le graphique ci-joint, l’ordonnée de la courbe des pressions est
croissante de haut en bas.
Les différences de niveau les plus considérables observées par
Pruvot atteignent 0 m. 77, la hauteur maximum atteinte étant
0 m. 52 au-dessus du niveau moyen, et le plus bas niveau — 0 m. 25
au-dessous du niveau moyen. Ces différences de niveau sont surtout
32
J. FELDMANN
le fait de la pression atmosphérique, ce facteur pouvant masquer
complètement celui de la marée astronomique, de telle sorte que le
niveau d’une basse mer, un jour de basse pression, peut être supérieur
à celui d’une haute mer lors d’une forte pression. C’est ainsi que les
28 et 29 septembre 1900, par une pression atmosphérique de 758 et
de 759,5 m/m. de mercure, les niveaux des deux basses mers étaient
de -f 0 m. 53 et de -\- 0 m. 55 au-dessus du niveau moyen, alors
que le 21 et le 23, par des pressions de 770 et de 769,4 m/m., les
hauteurs des hautes mers étaient seulement de -f- 0,485 et + 0,50
au-dessus du niveau.
Le vent, dont la direction et la force sont plus ou moins en rap¬
port avec la pression atmosphérique, influe également sur la hauteur
de la mer. Par vents du nord et du nord-ouest (mistral et tramontane),
la mer est généralement basse, alors que, par vents du sud et du sud-
ouest (vents d’Espagne), le niveau de la mer est beaucoup plus élevé.
Pendant les belles journées d’été, l’air est généralement calme
pendant la matinée, puis, vers midi, le vent d’Espagne, désigné en
catalan sous le nom de « Mitjorn », s’élève et sa force augmente rapi¬
dement. Il est très facile d’observer son action sur le niveau de la
mer, qui, très bas le matin, devient ensuite plus élevé dès que souffle
le vent d’Espagne, en même temps que le clapotis s’établit.
La grande irrégularité qui règne dans les variations du niveau
de la mer à Banyuls ne permet pas la mesure précise du niveau d’un
point déterminé au-dessus du zéro, ce qui est facile à faire dans
l’Océan. Aussi, n’ai-je pas pu indiquer, pour les différentes associa¬
tions littorales étudiées plus loin, la hauteur précise des niveaux où
elles se rencontrent, et mes observations à ce sujet ne sont qu’approxi¬
matives.
Ainsi que l’a montré PRUVOT, et comme je l’ai vérifié bien des
fois, la limite supérieure du Cystoseira mediterranea, qui forme une
ceinture continue le long de la côte, sur les rochers battus, est toujours
très régulière et très nette, et située juste au-dessous du niveau de
la mer. De plus, ce Cystoseira ne supporte pas une émersion de longue
durée sans périr, ainsi que je l’ai constaté en particulier fin juin 1933,
époque où, la mer ayant été exceptionnellement basse pendant quelques
jours, les Cystoseira mediterranea les plus élevés se sont trouvés émer¬
gés et exposés au soleil pendant quelque temps.
Tous les Cystoseira émergés moururent, et leurs rameaux dé¬
composés formaient une bande noire nettement délimitée et tranchant
nettement sur la teinte brun jaunâtre des Cysloseira vivants, qui
n’avaient pas subi l’émersion.
Aussi, j’estime que l’on peut admettre comme niveau moyen de
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
la mer le niveau indiqué par la limite supérieure de la ceinture du
Cvstoseira meditenanea. C’est ce niveau moyen qui sera utilisé pour
délimiter l’étage littoral et l’étage infralittoral.
Courants
Par suite du peu d’importance des marées, les courants de ma¬
rée, dont le rôle est si important sur les côtes bretonnes, font défaut
sur*les côtes catalanes. Le grand courant qui longe d’est en ouest les
côtes du golfe du Lion ne paraît guère avoir d’importance sur la ré¬
partition des algues fixées, et il n’y a pas lieu d y insister ici.
Houle et ressac, vents
Les mouvements de la mer dus à son agitation par les vents
(houle et ressac) ont par contre une grande importance biologique.
Il y a lieu de signaler ici la fréquence de 1 agitation de 1 eau aux
environs de Banyuls, les vents y étant très fréquents. D après Sagols
(1902), il y a à Banyuls 65 jours de grand vent par an. Ces vents
peuvent être classés en deux catégories : les vents du nord et du
nord-ouest (tramontane, mistral), vents secs et froids, souvent très vio¬
lents et s’accompagnant généralement d’un ciel pur et aussi d un abais¬
sement du niveau de la mer ; les vents du sud et du sud-ouest (mitjorn,
garbi), vents plus tièdes, amenant souvent la pluie et entraînant une
élévation du niveau de la mer.
On trouvera, dans le travail de REYNÈS ( 1894), un graphique
de la fréquence relative des différents vents à Port-Vendres.
La fréquence des vents rend la mer généralement agitée aux
environs de Banyuls. Une « mer d huile » est relativement exception¬
nelle, surtout en hiver et au printemps, mais plus fréquente pendant
l’été, surtout le matin. Sur les rochers très exposés, le ressac est presque
continuel et c’est lui qui favorise dans ces stations le développement
de certaines algues, le Tenarea tortuosa en particulier.
Au large, le vent, lorsqu’il s’élève, donne heu à un clapotis qui,
si le vent persiste, se transforme en houle; celle-ci dure un certain
temps après la cessation du vent.
L’agitation de l’eau par la houle se fait sentir jusqu à une cer¬
taine profondeur, et c’est elle qui limite vers le haut le dépôt de la
vase côtière, qui ne peut avoir lieu que dans un milieu parfaitement
calme. En effet, ainsi que l’ont montré les ingénieuses observations
expérimentales d’AlMÉ, à Alger (1842), le mouvement des vagues
3
Source : MNHN, Paris
34
]. FELDMANN
ne se fait sentir le long des côtes que jusqu’à une quarantaine de mètres
de profondeur.
AlMÉ a constaté, en effet, qu’à cette profondeur les eaux avaient
conservé un calme absolu au cours d’une période d’un mois pendant
laquelle la hauteur des vagues avait été plusieurs fois de 3 mètres.
Il est intéressant de constater, avec PRUVOT et SAUVAGEAU, que
cette profondeur de 40 mètres marque également, dans la région de
Banyuls, la limite supérieure de la vase côtière, et aussi la limite infé¬
rieure de la végétation marine, qui ne se développe pas sur les fonds
vaseux.
On voit donc l’importance de l’agitation de l’eau dans la répar¬
tition des fonds sous-marins. Néanmoins, ce n’est pas le seul facteur,
et si les fonds de vase ne peuvent exister que dans des milieux rela¬
tivement calmes, les fonds de sable, par contre, peuvent se retrouver à
la fois dans des stations calmes et des stations battues. Aussi, Olli-
VIER (1929) est-il trop absolu lorsqu’il reproche à DE Beauchamp
sa distinction des « modes » battus et abrités dans les différents faciès
rocheux, sableux et vaseux. D’après OLLIVIER, cela reviendrait à
faire entrer deux fois en ligne de compte le facteur de l’agitation de
l’eau. Cela n’est pas tout à fait exact, car il existe à la fois des plages
de sable battues qui, d’ailleurs, sont dépourvues, en général, de végé¬
tation, et des côtes rocheuses très abritées et où l’on n’observe pas de
sédimentation appréciable.
Action biologique de l’agitation de l’eau
Tous les auteurs qui ont étudié la répartition des êtres marins
(Berthold, Pruvot, de Beauchamp, Ollivier, etc.) ont signalé
1 importance capitale de ce facteur. Certains même, comme Berthold
(1882, p. 414), avaient admis que l’agitation de l’eau était un facteur
indispensable pour la végétation des algues, et que celle-ci faisait
complètement défaut en eau stagnante. En réalité, si beaucoup d’es¬
pèces ne peuvent vivre que dans des eaux constamment renouvelées,
un grand nombre peuvent se développer en milieu tout à fait calme.
Ainsi que l’a fait remarquer SAUVAGEAU (1912, p. 176), la végé¬
tation très développée découverte entre 100 et 200 mètres aux Ba¬
léares par Rodriguez (1888-1889) se rencontre dans un milieu abso¬
lument calme, comme le prouve l’extrême ténuité de la vase qui sert
de substratum à cette végétation.
Néanmoins, 1 agitation de l’eau constitue un facteur de première
importance dans la répartition des algues, et la comparaison même
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRA NÉE
superficielle de la flore d'une côte battue et d’une côte abritée suffit
à le prouver.
Action mécanique de l'agitation de l eau
L'action mécanique souvent considérable qu exercen es g
venant battre les rochers exposés est évidemment défavorable aux
algues fragiles ou mal fixées. Il est plus difficile d expliquer de que e
manière elle favorise les algues résistantes. Dans certains ca, cet*
action mécanique peut stériliser complètement les statl ° nS , 0U '® , 5 ,
tratum est mobile, qu'il s'agisse de plages de sable ou de fonds de
galets, et où le brassage de ces matériaux par les vagues s oppose a
la fixation des algues.
Dans l'étage supralittoral, le ressac permet 1 etablissement d une
flore toujours située au-dessus du niveau, mais mouillée par intermit¬
tence par l’aspersion des vagues. , . , ,, ■ „
Dans l’étage littoral et infralittoral, 1 agitation de 1 eau joue un
grand rôle dans la répartition des sédiments. Si elle ne conditionne pas
d’une manière absolue la répartition des fonds rocheux et des fon s
meubles, l’absence d'agitation de l’eau, dans les stations calmes, pei-
met le dépôt sur les rochers d’une fine couche de vase, dont la presence
influe sur la répartition des algues, soit en favorisant 1 etablissement
de certaines espèces recherchant ce substratum (Cyanophycees en par¬
ticulier), soit en s’opposant à la fixation des germes de nombreuses
algues pour lesquelles un substratum propre et dépourvu de sédiments
est nécessaire. De là la distinction proposée par OLLIVIER d un sous-
facies rocheux d’érosion et d’un sous-facies rocheux de sédimentation.
Action de l'agitation sur la température de l’eau
L’agitation de l’eau agit également, d’une manière indirecte, en
modifiant les qualités physiques et chimiques de 1 eau. Ln mêlant les
couches superficielles et les couches profondes, elle agit en particulier
en s’opposant aux trop grandes variations de température de 1 eau,
soit dans le sens d’un abaissement en hiver, lorsque la température de
l’air est inférieure à celle de l’eau, soit dans le sens contraire en été.
L’élévation de la température en été dans les stations calmes et
peu profondes est parfois considérable, et cette élévation de tempe-
rature est un obstacle très net au développement de beaucoup d algues
dans ces stations. La localisation d’un grand nombre d’espèces sur les
rochers battus paraît être due à leur sténothermie, qui ne leur permet
pas de s’établir dans les stations calmes où les variations de température
de l’eau sont plus considérables.
36
J. FELDMANN
Action de l'agitation sur la composition de l'eau
L agitation de 1 eau influe également sur sa composition physico-
chimique. Le renouvellement de l’eau, en particulier, facilite l’entraî¬
nement des substances de déchet excrétées par les algues et les ani¬
maux, et dont l’accumulation peut leur être néfaste. Il faut toutefois
reconnaître que nous ne savons à peu près rien sur la nature et la
quantité de ces substances excrétées, ainsi que sur leur action possible
sur la végétation, aussi l’importance de ce facteur sur la répartition
des algues est-il, pour le moment, difficile à apprécier. On attribue
généralement une grande importance à l’action de l’agitation de l’eau
sur la teneur en gaz dissous que l’on a considérée comme un facteur
important pour la répartition des espèces.
Bien que, ainsi que l’a écrit Pruvot avec juste raison, « la te¬
neur en gaz dissous soit plutôt une conséquence qu’une cause de la
nchesse ou de la pauvreté de la faune et de la flore en un lieu donné »,
ce facteur est certainement important, tout au moins en ce qui concerne
le gaz carbonique tant dissous que combiné à l’état de bicarbonate.
Ainsi que je l’indiquerai plus loin, ce facteur joue un grand rôle dans
la flore des flaques supralittorales à végétation dense, où il arrive
fréquemment, au cours d’une journée ensoleillée, que tout le CO 2
assimilable soit utilisé, ce qui peut, dans certains cas, limiter le déve¬
loppement des algues. De plus, l’élévation du pH consécutive à cette
disparition des bicarbonates est néfaste à de nombreuses algues (Flo-
ndées en particulier), mais de telles augmentations de l’alcalinité ne
paraissent possibles que dans des milieux restreints et absolument tran¬
quilles, comme les flaques supralittorales. Dans la mer libre, meme
dans les stations très calmes, il ne semble pas que l’élévation du pH
résultant de la photosynthèse des algues puisse atteindre un degré
suffisant pour exercer une action néfaste sur les algues fragiles.
On a généralement admis comme un dogme que l’eau agitée par
les vagues était plus riche en oxygène que l’eau calme, et que c’était
cêtte forte oxygénation de l’eau qui favorisait le développement des
organismes végétaux et animaux, qui recherchent les stations battues.
Ln réalité, ainsi que l’a montré Ed. FlSCHER (1929, p. 380) •
<< On peut considérer comme établi qu’il est inexact que l’agitation de
i eau modifie la teneur en oxygène. » D’ailleurs, l’eau de mer littorale
est generalement saturée d’oxygène, et les seules variations importantes
de la teneur en oxygène de l’eau de mer ne peuvent guère s’observer
que dans des collections d’eau de volume restreint, comme les cuvettes
supralittorales renfermant une végétation dense, où la photosynthèse
entraîne souvent une production d’oxygène si considérable pendant
la journée que celui-ci se dégage sous forme de bulles au sein de l’eau
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE 37
sursaturée, alors que, pendant la nuit, la respiration des algues
consomme une quantité assez grande d’oxygène qui peut en abaisser
sensiblement la teneur dans l’eau de la cuvette, ainsi que 1 a montre
Ed. Fischer (1929, p. 381). ... .
En résumé, l’action biologique de 1 agitation de 1 eau peut etre
attribuée à deux facteurs principaux : action mécanique d une part,
dont l’importance est considérable bien que parfois difficile a expli¬
quer, et action régulatrice de la température de l’eau d’autre part, qui
s’oppose aux variations brusques et importantes de la température de
l’eau L'action de l’agitation de l'eau sur sa purification et surtout
sur sa teneur en gaz dissous a été beaucoup exagérée : elle semble en
réalité peu importante et même souvent nulle en ce qui concerne la
teneur en oxygène.
Adaptation des algues aux eaux agitées
L’importance biologique de l’action mécanique de l’agitation de
l’eau est mise en évidence par les adaptations diverses présentées par
les algues vivant dans les stations battues et qui leur permettent de
résister au choc des vagues. Ces adaptations concernent surtout la in¬
sistance à l’arrachement soit grâce à la forme de leur fronde, soit
grâce au mode de fixation, soit enfin à l’aide des modifications de
forme et de taille chez les formes vivant dans les stations battues par
rapport à celles de la même espèce qui vivent dans les stations calmes.
Il y a lieu de mentionner d’abord les algues qui, par leur mode
de fixation, ne peuvent vivre dans les stations battues. C est le cas de
celles qui vivent généralement sur les fonds meubles, comme certaines
Caulerpes (C. proliféra par exemple) ou les Phanérogames marines,
dont les organes fixateurs (rhizoïdes ou racines) pénètrent dans le
substratum meuble sans adhérer étroitement à lui, comme c est le cas
pour les algues fixées sur les rochers. Mais même parmi celles-ci, il
en est que leur mode de fixation peu résistant empêche de se déve¬
lopper dans les stations battues. C’est le cas, par exemple, du Cutleria
multifida, espèce fragile, formant des touffes volumineuses fixées par
une base très étroite et susceptibles d être facilement arrachées.
C’est également le cas d un grand nombre d espèces chez les¬
quelles il existe une disproportion entre le volume de la fronde et
l’étroitesse de leur base de fixation. A ce type appartiennent pai
exemple les Sporochnus pedunculatus, Arthrocladia villosa, Vidalia
volubilis, Phyllaria reniformis, etc.
Les espèces en lames aplaties, non adhérentes au substratum, mais
fixées seulement par place au moyen de rhizoïdes peu résistants, comme
38
J. FELDMANN
c’est le cas, par exemple, pour le Peyssonnelia Squamaria et le Zanar-
dinia propotypus, sont également adaptées pour vivre dans les stations
battues. Il en est de même pour les algues à frondes fragiles, suscep¬
tibles de se briser ou de se déchirer facilement, comme celles de cer¬
taines formes du Laurencia obtusa ou du Chrysymenia ventricosa.
Certains types morphologiques de frondes, comme par exemple
la forme en croûte ou en coussinets, qui paraît, à priori, très favorable
à la résistance à l’arrachement, semblent plutôt devoir être considérés,
dans beaucoup de cas, comme des formes d’adaptation à l’émersion.
Les algues en croûte ou en coussinets se rencontrent en effet tout aussi
bien dans les stations calmes que battues; elles paraissent même être
plus rares dans les stations fortement battues.
Enfin, les algues non fixées, telles que le sont, dans certains cas,
les Ulves, les Gracilaria, ainsi que plusieurs Chaetomorpha (C. Linum,
implexa, gracilis) , qui vivent librement sur les fonds très calmes ou,
comme les Chaetomorpha, sont entremêlées aux rameaux des autres
algues, ne peuvent évidemment vivre que dans les stations relativement
calmes.
La calcification présentée par les algues appartenant à des
groupes Variés (Chlorophycées, Halimeda; Floridées, Liagora, Coral-
linacées) ne semble pas devoir être considérée comme une adaptation
aux eaux agitées, beaucoup d’entre elles, en effet, vivent dans les sta¬
tions calmes et parmi les Coralhnacées, qui sont les plus fortement
calcifiées ; il en existe qui, par suite de leur grande fragilité, ne peuvent
vivre que dans des stations relativement calmes. Certains Amphiroa ,
par exemple, sont mal adaptés à la vie dans les eaux fortement agitées,
qui entraîneraient une désarticulation de leurs segments calcifiés réunis
entre eux par des articulations non calcifiées très fragiles.
De même, le Pseudolithophyllum expansum ne développe ses
grandes lames minces et fragiles, n’adhérant au substratum que par
quelques points centraux, qu’à une certaine profondeur où il trouve
un milieu plus calme que sur les rochers battus, situés près du niveau,
où il ne se présente généralement que sous un aspect rabougri.
Beaucoup d’algues présentent un aspect différent selon qu’elles
se sont développées dans des stations battues ou des stations calmes.
Sur les côtes de 1 Atlantique, le cas du Fucus vesiculosus (L.)
est familier à tous les algologues. Les individus de cette espèce, vivant
sur les rochers battus, ont des caractères morphologiques différents de
ceux développés dans des stations calmes : taille réduite, fronde étroite,
aérocystes peu abondants ou même complètement absents, tronc co¬
nique rigide, fortement épaissi à la base, etc...
Parmi les algues méditerranéennes, le cas du Cystoseira abro-
39
VÉGÉTATION MARINE DE LA M ÉDITERRANÉE _
mmmm
longtemps sa forme juvénile à rameaux larges et plats, étalés en rosette,
b ’ ,
Il V a lieu de remarquer que, si les especes vivant generalemen
dans les stations calmes présentent une réduction de taille lorsqu el es
s’avancent dans les stations battues, il n’en est pas de meme pour les
espèces localisées dans les stations battues qui, lorsqu elles se ren
contrent dans des stations plus calmes, présentent souvent une réduction
de taille C'est le cas, en particulier, pour le RissoeUa verruculosa do
les individus développés dans les stations assez abritées sont nettement
rabougris par rapport à ceux vivant dans les stations fortement battue.
Le mode de fixation des algues sur les rochers battus est
variable suivant les espèces. .. .
Ainsi que l’a signalé COTTON (1912, p. 18) , il y a ™ rapport
entre le type de fixation et l’état de la surface de a roche.
Le type le plus fréquent est représenté par la forme en disque
celluleux, compact, qui s’observe chez beaucoup de Flondees et en
particulier chez le RissoeUa verruculosa. Chez les Pheophycees, on le
rencontre, en particulier, chez les Cÿsioseira; chez certaines especes
de ce genre, le disque au lieu d être entier devient irreguher
divise en hapteres peu ramifi.es.
Ces deux types de fixation peuvent se rencontrer aussi bien sur
les rochers relativement lisses que sur des rochers a surface assez iné¬
galé; par contre, une surface trop anfractueuse semble etre défavo¬
rable à ce type de fixation.
Dans le cas de certaines algues filamenteuses, tel es que les Ban-
aia et les Ulothrix, chaque filament est fixé par sa cellule basale plus
ou moins élargie en disque et souvent consolidée par des rhizoïdes
issus des cellules situées au-dessus de la cellule basale et se développant
à l'intérieur de la membrane du filament ou à sa surface en formant un
cortex adhérent au filament principal. Les espèces présentant ce type
de fixation sont constituées par des filaments simples, de petite taille,
40
J. FELDMANN
généralement grégaires et recouvrant la roche d’un tapis continu. Ce
mode de fixation est très résistant et est particulièrement bien adapté
a la fixation sur les surfaces absolument lisses et fortement exposées
au choc des vagues sur lesquelles des algues présentant un autre mode
de fixation ne pourraient ni se fixer, ni subsister. On peut rapprocher
de ce type celui présente par les Porphpra. Chez ces algues, les cellules
de la partie inferieure de la fronde donnent naissance à de minces
r îzoïdes umcellulaires, simples, qui se développent à l’intérieur de la
membrane externe de 1 algue et fixent fortement celle-ci au substratum
Crace a ce mode de fixation, très efficace, les Porphÿra, malgré leur
fragilité apparente, peuvent vivre sur les rochers fortement battus et
résister victorieusement à l’arrachement.
Un aatre 'ype de fixation nous est fourni par le Ceramium
enrh fi dUt ‘ eS ralgUe eSt fixée P ar des Soldes
enchevetres, simples ou ramifiés, issus de la base et des parties moyennes
de la fronde Ce type s observe en particulier sur les substrata à sur¬
face très inégalé, en ce qui concerne le Ceramium dliatum. par
xemple, la surface anfractueuse du Tenarea tortuosa paraît être pour
ui, un substratum de choix, et les grosses touffes spongeu s’^h
forme résistent bien à l’action des vagues. Rieuses qu ,1
Un mode de fixation intermédiaire entre le type à rhizoïdes et
dont la" b "T C UX CSt f ° Urni Par ,e C ^amnion granulatum
dont la base est constituée par un disque spongieux formé de rhizoïde
cortiquan s demeurent feutrés entre eux au centre du disque et plus
ou moins libres à la périphérie. 4 P
Les espèces présentant ce type de fixation sont également bien
zo1des e n i SUbStra,a à 5 , UrfaCe ilTégulière « anfractueuse les
zoides peuvent s insinuer dans les înterstirpc l 0 J -
épouse fidèlement la surface irrégulière du sup^rt ^
tfatumSïr:.^s ière de la suiface d “ ^
CHAPITRE IV
L'EMERSION
Si, dans la Méditerranée, les variations du niveau de 1« mer
sont beaucoup moins importantes que dans l'océan, le phenomene de
la marée, la pression barométrique ainsi que le ressac entraînent nean¬
moins, ainsi qu'on l’a vu, des variations de niveau appréciables. Il
en résulte un territoire alternativement submergé et émerge, dans le¬
quel seuls les êtres susceptibles de supporter ces alternatives d emersion
et de submersion peuvent vivre.
Ce territoire peut être divisé en deux étages : un etage
où les alternatives d’immersion et d’émersion sont fréquentes et ha 1 -
tuelles, et un étage supralittoral, où l’émersion est la réglé et dans
lequel les plantes qui y vivent ne sont mouillées que par les embruns
et les vagues qui se brisent contre le rivage lors des tempêtes.
Dans l’étage littoral lui-même, on observe tous les intermédiaires
entre l’immersion presque constante, comme dans l’étage înfralittoral,
et l’émersion continue, comme dans le supralittoral. Cette succession
graduée entraîne l’existence de ceintures de végétation differentes du
haut en bas de l’étage littoral, chacune des espèces caractéristiques de
ces ceintures étant localisée au niveau où elle rencontre les conditions
d’émersion et de submersion successives favorables à son développe¬
ment. Mais si la hauteur absolue au-dessus du niveau moyen influe sur
la répartition des différentes ceintures, d autres facteurs interviennent,
qui ne permettent pas d’établir un parallélisme rigoureux entre le ni¬
veau de l’eau et les niveaux bionomiques occupés par telle ou telle
association.
Dans les stations battues, le ressac, plus violent, permet aux
algues de s’élever plus haut sans être exposées à la dessiccation. C est
ainsi que le Porphpra leucosticta, qui, dans les stations calmes comme
les ports, ne dépasse guère le niveau de 1 eau à la limite de laquelle
il forme un étroit liseré de quelques centimètres de hauteur, peut éga¬
lement se rencontrer à 1 m. 50 ou 2 m. au-dessus du niveau, sui les
parties verticales des falaises fortement battues. Il en est de même du
Rissoella verruculosa, dont la limite supérieure au-dessus du niveau
A2
J. FELDMANN
est très variable et très nettement fonction de l’exposition plus ou moins
battue de la station où il vit.
Action biologique de l’Emersion
L’émersion expose les algues littorales et supralittorales à la
dessiccation, et, par cela même, à des variations souvent considérables
de la concentration de l’eau qu’elles retiennent par capillarité. Elles
sont également exposées à des variations de température plus brusques
et de plus grande amplitude que dans la mer.
L inclinaison du rivage et la nature du substratum influent sur la
rapidité de la dessiccation. Un substratum sensiblement horizontal,
où l’eau stagne facilement, est plus favorable aux algues craignant la
dessiccation qu un substratum vertical où l’eau s’égoutte rapidement
et où les algues sont plus exposées à la dessiccation; néanmoins, dans
ce cas, les algues sont plus abritées de l’éclairement trop intense si
souvent nuisible aux algues littorales vivant sur des fonds horizontaux.
La nature du substratum est également importante. Un subs¬
tratum lisse, favorable à quelques espèces ( Bangia ), est le plus souvent
défavorable au plus grand nombre. Au contraire, un substratum re¬
couvert d une mince couche de vase ou à surface anfractueuse ou
poreuse, susceptible de retenir l’eau par capillarité, est favorable à
beaucoup d’espèces.
Les Chtamales ( Chtamalus stellatus ), souvent abondantes sur les
rochers littoraux, contribuent pour une grande part à maintenir l’hu-
midité du substratum et favorisent l’établissement, au niveau assez
elevé où elles vivent, d’une flore assez abondante où dominent les
Uyanophycées.
De même, dans les stations abritées du soleil et du vent, dans les
grottes en particulier, les algues littorales peuvent remonter plus haut
qu a 1 air libre grâce à l’évaporation moins intense à laquelle elles sont
soumises dans ces stations, par rapport à celles situées à l’air libre.
est ainsi que, dans^ la grotte de Cerbère, grotte marine relativement
basse et profonde, où l’air est maintenu constamment humide par des
sumtements d eau douce, on observe une Mélobesiée encroûtante
{Lithothamnium Lenormandi) mêlée à YHildenbrandia prototypas
jusqu au plafond de la grotte situé à 1 m. 50 environ au-dessus du
niveau moyen. Si 1 eclairement très faible, qui règne dans cette station,
favorise le développement de ces espèces, leur existence à un niveau
aussi eleve est certainement due à l’état hygrométrique très élevé de
1 air de cette grotte.
L influence de I état hygrométrique de l’air sur la végétation lit-
43
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
.orale et supral,«orale est en effet
dans le
ïntiKB»
eluate iVdirCtir'apide des algues émergées lorsque la mer
eSl '"d" après Gaussen (1926), la moyenne annuelle de l’état hygro¬
métrie l’air est de 60,2 à Ba^uU et^62,5 « cap Bea, En
métrique de'îwto beaucoup pendant la journée et est généra¬
lement compris entre 30 et 40 et parfois meme moins.
Ces chiffres sont notablement inférieurs à ceuxque 1 ™ ° se " e
en Bretagne et dans les régions septentrionales. Aux > hœroe, p
exemple oh les algues remontent sur les falaises jusqu a P
exemple, OU ° dessu5 du niveau de la mer (B0RGESEN, 1905),
la ten jP e . ra ^ P 1 J, (1931j P |89 ) qu ' en Algérie, à Cherchell,
l'Enter omorpha compressa peut remonter très haut au-dessus du nn
veau le long de la jetée qui unit l’îlot Joinville à la terre, sur le cote
ouest tourné Ls le large les
du'niveau. Je n’ai'jamais observé un tel développe¬
ment aux environs de Banyuls, et il me paraît peu P^le que, da
cette région, l’ Ente, omorpha compressa puisse remonter aussi haut.
jvfégàlement émis l’hypothèse (1931, p. 236) que la reparution
discontinue du Rissoella verraculosa dans la Mediterranee pourrait
peut-être^’expliquer par des différences d’état hygrométrique de 1 air
dans les différentes régions de cette mer.
L’évaporation intense à laquelle sont exposées les algues lttto
raies et supralittorales entraîne une concentration de 1 eau qu
tiennent par capillarité et que renferment leurs tissus. Certaines, comme
le Rissoella verraculosa ou les Rorphÿra, peuvent meme supporter
une dessiccation très avancée sans mourir.
Très résistantes aux fortes élévations de la pression osmotique
les algues littorales supportent également bien 1 abaissement d
la concentration de l’eau de mer. Exposées a 1 air libre e ' le ° ^
fréquemment la pluie, qui ne parait avoir aucune action nefaste
44
J. FELDMANN
beaucoup d entre elles. Elles sont donc éminemment euryhalines. Elles
sont egalement eurythermes, supportant en hiver des froids assez vifs
ou en été des températures élevées. Il en est de même d’ailleurs pour
les algues vivant dans les cuvettes supralittorales, dont la température
de 1 eau, inférieure à celle de la mer en hiver, la dépasse souvent de
beaucoup en été. Néanmoins, les algues littorales paraissent supporter
beaucoup moins bien 1 élévation de la température que son abaisse¬
ment, ce qui explique leur raréfaction en été dans la Méditerranée
et leur développement beaucoup moindre dans les régions tropicales,
ou la végétation littorale proprement dite est souvent presque nulle
(B0RGESEN, 1900, p. 50), alors quelle est largement développée
dans les régions froides.
Adaptation des algues a lemersion
Certaines algues exposées à l’émersion présentent des caractères
morphologiques et physiologiques que l’on peut considérer comme
des adaptations à ce facteur défavorable pour beaucoup d’espèces.
La forme en gazon ras, comme par exemple celle du Celidium
pusillum var. pulvmatum, est assez fréquente chez les algues littorales
et parait favoriser la résistance à la dessiccation, ces algues de petite
taille, serrees les unes contre les autres, offrant moins de surface à
évaporation et retenant une certaine quantité d’eau par capillarité.
, , La f 0 !™ 6 en <™ûte ( Ralfsia, Mesospora, Nemoderma) paraît
egalement favorable. Dans le cas du Nemoderma et du Mesospora
oudVe T” 'T “ P , ^ entre ' eS fi ' aments conti 8 us "on
soudes et formant un velours, paraît très favorable à la résistance à la
Nemoderm' C ° mme “ S ' 8lé Sauvaceau (1912, p. 173) pour le
met ' L k f ° rme en ,, tou ? e galeuse est également fréquente, elle per¬
met 'T C ° UP d especes d’apparence fragile de résister victorieuse-
iY r' ‘ s ”■ f Cellent eXemple de Ce ^P e est fourni Par
Bryopsts muscosa , qui forme des touffes globuleuses atteignant la
rzirr et qui retiennent par capi,,arité ’ ^ ci
quantité d eau importante, ainsi qu’on peut s’en rendre compte
en exprimant une de ces touffes spongieuses. La persistance de l’eau
dans ces touffes permet le développement, sur les filaments du Bryopsis
sTste alm ot, rCUX ytCS l SUrt ° Ut Rhod °Phycées), qui ne ré¬
sisteraient pas a une exposition prolongée à l’air libre.
Le développement des poils hyalins et des épines, chez le Cera
C,lmtUm “ Part,culier - en augmentant la consistance spongieuse
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
45
de ces algues et la quantité d’eau qu’elles peuvent retenir, favorise
sans doute aussi leur résistance à la dessiccation.
Enfin, beaucoup de Cyanophycées littorales (Rivulana, I la-
coma Entophpsalis) doivent leur résistance à la dessiccation aux
gaines épaisses et riches en eau qui entourent leurs tnchomes ou leurs
cellules, et qui peuvent subir une dessiccation avancée sans perdre
leur vitalité. , . ,
D’autres Cyanophycées littorales et supralittorales résistent a
l’émersion en menant une vie endolithe, soit dans les rochers calcaires,
soit dans le test des Chtamales.
D’autres espèces doivent leur résistance à la dessiccation conse¬
cutive de l’émersion à la possibilité qu’elles ont de subir un certain
degré de dessiccation sans mourir. C’est le cas des Fucus et des I el-
vetia de l’Atlantique, et du Rissodla dans la Méditerranée. Ce der¬
nier, après quelques jours d’émersion continue, devient noir et cassant
et semble mort et entièrement desséché ; néanmoins, il est capable de
reprendre son aspect naturel dès qu’il est de nouveau immergé.
Il en est de même pour les Bangia et les Porphyra, qui sont des
espèces extrêmement résistantes à la dessiccation, malgré leur apparente
fragilité. Les Bangia, en particulier, ainsi que l’a observe Berthold
à Naples, et comme je l'ai moi-même constaté à Banyuls, peuvent
supporter sans périr une émersion de 15 jours consécutifs et même
plus. Au bout de ce temps, ils semblent complètement desséchés, mais
comme le Rissodla, ils peuvent reprendre leur état naturel dès qu’ils
sont de nouveau baignés par la mer.
De telles algues peuvent réellement être qualifiées de revivis-
centes. D’après M ,le J. Terby (1920), cette propriété serait liée à
la perméabilité de leur protoplasme pour les sels contenus dans 1 eau
de mer, ce qui leur permet de supporter de fortes concentiations du
milieu marin extérieur sans être plasmolysées.
Cette résistance à la plasmolyse par l’eau de mer fortement
concentrée est d’ailleurs un phénomène général chez beaucoup
d’algues marines littorales (cf. OsTERHOUT, 1906, HbFLER, 1931).
La résistance à la dessiccation est d’ailleurs très variable selon les
algues, et entre les espèces infralittorales et celles vivant à un niveau
très élevé, on trouve tous les degrés de résistance (MuENSCHER,
19 15 ).
L’émersion peut également avoir une influence sur le mode de
reproduction de certaines espèces. C’est le cas de 1 Ulothrix pseudo-
flacca, qui vit en hiver et au printemps sur les rochers battus depuis
le niveau de la mer jusqu’à 1 mètre et plus au-dessus. La croissance de
cette espèce est rapide, et il suffit d une semaine ou deux d une mer
46
J. FELDMANN
agitée pour observer ses gazons verts sur des rochers battus par les
vagues, qui en étaient dépourvus précédemment. La reproduction de
cette algue se fait normalement par zoospores et zoogamètes, mais si
une période de mer calme survient, l’algue se trouve exposée à la
dessiccation; dans ces conditions, elle ne forme plus ni zoospores ni
zoogamètes, mais ses filaments se dissocient en cellules isolées entou¬
rées d’une membrane épaisse et gélifiée : il y a formation d’acinètes,
qui sont capables de résister à la dessiccation.
D’après WlLLE (1901, p. 25), la formation des acinètes s’ob¬
serve en Norvège, en été, et dans la région littorale supérieure. Je l’ai
observée à Banyuls, en avril, chez des Ulothrix pseudoflacca déve¬
loppés sur la jetée du vivier du Laboratoire Arago à plus de 1 m. 50
au-dessus du niveau de l’eau, c’est-à-dire dans des conditions compa¬
rables à celles où WlLLE a observé le phénomène en Norvège : à la
fin de la végétation et à un niveau très élevé.
Un grand nombre d’algues littorales et supralittorales présentent
des périodes de végétation variables selon la région géographique
considérée, mais relativement constantes dans les limites d’une aire
donnée, comme par exemple la Méditerranée.
Si un certain nombre d’entre elles sont pérennantes, beaucoup
sont annuelles et même éphémères, et disparaissent complètement pen¬
dant la saison défavorable. C’est le cas, en particulier, des Porphyra,
Bangia, Uloihrix, qui ne se rencontrent qu’en hiver et au printemps
et font entièrement défaut en été, alors que le Rivularia mesenterica
apparaît seulement en été, en août et septembre, persistant le reste de
l’année à l’état d’hormogonies isolées dans les fentes des rochers.
Le peuplement des rochers littoraux par les espèces éphémères
est souvent très rapide. Les Bangia et les Ulothrix par exemple,
dont 1 abondance est très variable selon les années, peuvent couvrir en
quelques jours de grandes surfaces de rochers qui en étaient jusqu’alors
dépourvus. D où proviennent les germes donnant naissance à ces peu¬
plements ? S agit-il de spores ou d’œufs de l’année précédente ayant
passé leur période de repos sur place à l’état de vie ralentie, malgré
les conditions très défavorables de ces rochers nus et brûlants pendant
l’été, et qui se recouvraient à la fin de l’automne d’une abondante
végétation ? Ou bien, ces spores ou ces œufs proviennent-ils de
quelques rares individus ayant subsisté pendant la saison défavorable
dans quelque station privilégiée ? Nous ne sommes guère renseignés
sur cette question. Ii est probable que, selon les espèces, les deux
modes de conservation peuvent se rencontrer. Dans certains cas, l’exis¬
tence de formes microscopiques (pléthysmothalle et protonéma) sus¬
ceptibles de vivre à un niveau inférieur pendant la saison défavorable
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
47
explique, sans doute, la persistance de ces algues ephemeres, comme
c’est le cas pour les Phéophycées à éclipse étudiées par SaUVAGEAU,
nui vivent en épiphytes sur des algues elles-memes ephemeres et qui
subsistent pendant le reste de l'année sous une autre forme et sur un
autre substratum que celui qui leur est habituel a 1 état delophyce.
Au point de vue de la résistance à l’émersion, on peut distingua
parmi les algues marines deux groupes bien différents par leur physio¬
logie :
1 ) Les algues strictement infralittorales, qui ne supportent pas
une émersion un peu prolongée comme le prouve leur mort rapide
lorsque le niveau de la mer subit un abaissement exceptionnel qui les
laisse à sec.
2) Les algues littorales susceptibles de supporter des émersions
plus ou moins fréquentes et plus ou moins longues.
Parmi ces dernières, il y a lieu également de distinguer, d’une
part, des espèces littorales facultatives pour lesquelles l’émersion n est
pas nécessaire, bien qu’elles la supportent facilement, et qui peuvent se
rencontrer au-dessus du niveau dans des stations toujours immeigees,
et d’autre part, des espèces littorales exclusives pour lesquelles des alter¬
natives d’émersion et d’immersion paraissent être une nécessité vitale.
C’est le cas des espèces localisées dans 1 étage littoral, comme le
Rissoella verruculosa dans la Méditerranée ou le Pelvetia canaliculata
dans l’Atlantique, qui ne se rencontrent que dans des stations pério¬
diquement émergées et font même défaut dans les cuvettes littorales
et partout où l’eau séjourne à basse mer. Il semble que, pour ces
espèces, l’émersion périodique soit un besoin physiologique dont 1 étude
serait à faire.
CHAPITRE V
LA PROFONDEUR ET LA PRESSION
On a longtemps attribué un rôle important à la profondeur dans
I 'T' tltK:,n des a ^' ues marines, comme le prouvent les nombreuses
classifications bionomiques divisant la région habitée par les algues
en zones ou étages superposés et caractérisés chacun par une flore de
composition déterminée. Certains auteurs, au contraire, comme Ber-
TH0L D (1883), refusent à la profondeur toute importance dans la
répartition des algues. Néanmoins, l’observation montre que la flore
de profondeur est nettement différente de celle qui se rencontre au
voisinage de la surface, mais ces différences ne sont pas exclusivement
fonction de la profondeur. En effet, le seul facteur variant régulière¬
ment avec la profondeur et directement fonction de celle-ci : la pres¬
sion, ne semble pas avoir une importance très grande sur la végétation
des algues.
On sait que, dans l'eau, la pression augmente environ de une
atmosphère par 10 mètres de profondeur. A 100 mètres, elle est donc
riQgm° n ° atmo , sphère f- Les recherches récentes de M. Fontaine
( 030) ont montre que de telles pressions n'avaient aucune influence
sensible sur le métabolisme des algues marines. Ce n'est que pour des
pressions beaucoup plus considérables que l'on observe une influence
e la pression sur les échangés gazeux de l’algue étudiée (Uha lac-
tuca). L augmentation de la pression entraîne une diminution de la
consommation d oxygéné (de I I % pour une pression de 50 kg. par
cm , jusqu a 60 % pour une pression de 800 kg.). La photosynthèse
P i contre, est augmentée pour les pressions comprises entre 100 kg et
400 kg pour devenir ensuite inférieure à la normale. Pour une pres-
M 2 d g " . augmentat | on de la quantité d'oxygène est de 48 %
• a ‘ S dans *? nature, les algues ne sont jamais exposées à ces
pressions puisque, a la profondeur correspondante (1.000 à 4 000 m )
elles ne pourraient se développer par suite de l'absence de lumière '
profond?,!* “cT d “T comme vivant exclusivement en
profondem dans une localité déterminée peuvent, dans d’autres loca-
grace a des conditions particulières, se rencontrer près du ni-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
49
veau C’est ainsi qu’à Banyuls j’ai récolté, sous des surplombs ou
même dans des cuvettes très ombragées, des especes que 1 on ne ren¬
contre généralement qu’à une certaine profondeur. Il existe pourtan
un certain nombre d’espèces qui n’ont été observées jusqu ici qu a une
profondeur plus ou moins grande. Il semble bien que cette localisa
en profondeur ne soit pas due à des exigences particulières v.s-a-v s de
la pression, mais bien plutôt au fait que c est seulement a une certaine
profondeur que ces algues rencontrent les conditions d eclairement
de températures favorables à leur développement.
C’est eni effet à ces deux facteurs : éclairement très faible et
température beaucoup moins variable qu'en surface, qu il faut attribuer
les caractères particuliers que présente la flore profonde. A ces deux
facteurs principaux, il faut ajouter l’agitation beaucoup moindre de
l’eau en profondeur. C’est ce qui explique que des algues de profon
deur puissent, dans certains cas, rencontrer près du niveau des stations
favorables à leur développement.
La qualité de la lumière en profondeur où elle est dépourvue de
rayons rouges, très rapidement absorbés par les premières couches
superficielles d’eau, ne paraît pas, quoiqu en aient dit certains auteurs
et ainsi que je l’indiquerai dans le chapitre suivant, jouer un rôle im¬
portant dans la répartition des algues. ^
La localisation des espèces en profondeur peut, peut-etre, dans
certains cas, s’expliquer par les caractères de leurs organes reproduc¬
teurs Chez les Floridées, par exemple, beaucoup d algues de profon¬
deur présentent des spores (tétraspores et carpospores) relativemen
grosses par rapport à celles des espèces vivant près du niveau. C est
ainsi que les tétrasporanges du Crouama procera espece locahsee en
profondeur entre 20 et 30 mètres, mesurent 150 ^ de long et 120 p.
de large, alors que ceux du Crouama attenuata, qui vit près du niveau
de l’eau, ne mesurent que 50-60 p de long. De même e Sarospora
sphaerospora qui, à Banyuls, vit en profondeur, possédé des d,spo¬
ranges très volumineux par rapport à la taille de la plante. Il est permis
de supposer que les grosses spores plus denses que 1 eau des algues de
profondeur contribuent, pour une part, à la localisation de ces especes,
mais il faut reconnaître qu’il y a beaucoup d’exceptions.
La grosseur des spores chez ces espèces de profondeur, généra¬
lement très riches en matières de réserve (amidon flondeen en parti¬
culier), est sans doute liée également au fait qu’elles doivent se déve¬
lopper dans des stations peu éclairées et que des matières de reserve
abondantes sont nécessaires à leur premier développement avant
qu’elles soient capables de fabriquer elles-mêmes, par protosynthese,
. les substances ternaires dont elles ont besoin.
50
/. FELDMANN
Ce serait évidemment aller beaucoup trop loin que d’expliquer
par la biologie de leurs organes reproducteurs la répartition de toutes
les algues, et d y voir la cause de la répartition en zones successives
de la surface vers la profondeur des Chlorophycées, Phéophycées et
Rhodophycées, que les anciens auteurs expliquaient par une adaptation
des divers pigments de ces algues à des lumières d’intensité et de qua¬
lité différentes (adaptation chromatique complémentaire). On sait
d ailleurs qu il y a trop d exceptions à cette prétendue règle pour
quelle puisse être prise en considération. En effet, il ne semble pas y
avoir de relation bien nette entre la nature des organes reproducteurs :
zoospores ou zoogamètes mobiles et le plus souvent positivement pho¬
totactiques des Chlorophycées et des Phéophycées, spores immobiles
et plus denses que l’eau des Rhodophycées, et la répartition en fonction
de la profondeur des espèces appartenant à ces différents groupes.
Néanmoins, la localisation près du niveau de certaines Chloro¬
phycées, comme les Ulves et les Entéromorphes, peut sans doute
s expliquer de cette façon. Ces algues sont en effet localisées près du
niveau, bien que, à priori, on ne voit pas bien ce qui peut les empêcher
de se développer en profondeur. Ce n’est certainement pas la tempé¬
rature plus faible de l’eau qui les en éloigne, car ces algues cosmo¬
polites sont éminemment eurythermes et peuvent supporter aussi bien
des températures très élevées (j’ai observé Y Enteromorpha compressa
bien vivant dans de l’eau à + 40" C en Algérie (Feldmann, 1931,
p. 190) que des températures très basses, elles prospèrent en effet dans
les mers polaires, où la température de l’eau est voisine et parfois
inferieure a 0° C.
Ce n est pas non plus le faible éclairement régnant en profondeur
qui serait un obstacle à leur développement, car l’éclairement intense
qu elles subissent au voisinage de la surface leur est souvent nuisible,
et, en tous cas, nullement nécessaire. KjELLMAN (1875) a en effet
observe, a Mosselbey (Sp.tzberg), que Y U ha latissima prospérait dans
cette région pendant la nuit polaire.
La teneur de l’eau en oxygène ne peut pas non plus être invo¬
quée, car s il y a généralement saturation à la surface, il y a sursatura-
on entie 25 et 30 métrés de profondeur Qacobsen, 1912) Aussi
d me semble permis de supposer que la localisation de ces espèces près
du niveau doit etre attribuée au phototactisme positif très intense de
leurs zoospores et de leurs zoogamètes.
va tin Le tab | leaU SUiVant ( T ableaU !) résume ^'ensemble de mes obser-
en fonction de ^profondeur. & SUCS ” la * Banyuls
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
51
Les variétés ne sont mentionnées que lorsque leur répartition en
profondeur est différente de celle de la forme type.
TABLEAU I
Répartition des algues de la région de Banvuls
EN FONCTION DE LA PROFONDEUR
ETAGES
INFRALITTORAL
Slip'
0-5 m
Inférieur
5 10 10-15115 20 20-30 30-40
CYANOPHYCEAE
Merismopedia glauca f. méditer■
ranea .
Aphanocapsa Raspaigellae .
_ Feldmanni .
— marina .
_ liltoralis .
Comphosphaeria aponina .
Gloeocapsa deusta .
_ crepidinum .
Entophysalis granulosa .
Placoma vesiculosa .
Pleurocapsa amethÿstea .
— crepidinum .
Xenococcus Schousboei .
— acervatus .
Hyella caespitosa .
Dermocarpa minima .
— sphaerica .
— prasina .
— Leibleiniae .
Microcoleus ienerrimus .
— W uitneri .
— Codii .
— Voulfi .
Hydrocolcum lyngbyaceum . . •
— glutinosum .
52
]. FELDMANN
ETAGES
s |
INFRALITTORAL
o «
/s : o
« 1 -ti
a -J
|Sup r j
Inférieur
CO
|0-5 m. 5-1
10
5115
20(20 -
0 ( 30 - 40 ,
Hydrocoleum glutinos. f. purpurea.
1
1 —
1
1 1
1
Symploca hydnoides .
Phormidium Spongeliae .
— fragile .
— Feldmanni .
1
Plectonema Battersii ....
?
— terebrans .
1 J
Lyngbya Agardhii .
1 1
— gracilis .
—
— sordida .
—
1
— — f. maxima .
— aestuarii .
! j
ZI
— majuscula .
— confei-voides .
— lutea .
— infixa .
—
_
-
-
Trichodesmium erythraeum . .
I
— Thiebautii .
Oscillatoria miniata .
1
— margaritifera ....
I
— nigro-viridis .
— Corallinae .
— simplicissima ....
— amphibie .
>.
— Cortiana .
— phycophytica ....
I
Spirulina miniata .
!
— subtilissima . . .
1
— tenerrima ....
_j
— subsalsa . . .
_
_
Amphithrix violacea .
Calothrix parasilica .
— aeruginea .
1 ~
-1 1
1
1
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
53
ETAGES
INFRALITTORAL
| Sup r i Inférieur
0 5m.! 5-10 110-15j 15-2.0 20-30|30-41
Calothrix confervicola .
— Contarenii . .
— crustacea . ■ ■
— proliféra ....
Isactis plana .
Rivularia Biasoleltiana
— air a .
— nitida .
— mesenterica .
— polpotis .. . .
Brachytrichia Balani ..
f. purpurea.
Nostoc entophÿtum . . .
Mastigocoleus testarum
CHLOROPHYCEAE
Siephanoptera gracilis .
Brachiomonas submarina .
Car ter ia sp.
Plalymonas teiraihele .
Palmophyllum crassum tppicum.. .
— — orbiculare.
Chlorochptrium Cohnii .
Ulolhrix flacca .
— pseudoflacca .
— subflaccida .
Phaeophila dendroides .
Ectochaete leptochaete .
Gomoniia polyrhiza .
Tellamia contorla ..
Endoderma viride .
— majus .
Did'pmosporangium repeins
54
]. FELDMANN
Ulvella lens .
— Setchellii .
Pringsheimiella scutata ....
— conchyliophila
Pseudoprmgsheimia confluens
Blastophysa rhizopus .
Enleromorpha micrococca . . .
— inlestinalis .. . .
— compressa .. . .
— flexuosa .
— Linza .
— ramulosa .
— clathrata .
Ulva lactuca .
— rigida .
Valonia uiricularis .
— macrophpsa .
Cladophora pellucida .
— proliféra .
— calenata .
— Hutchinsiae ....
— utriculosa .
— ramulosa .
— dalmatica .
— sericea .
— Ruchingeri .
— crystallina .
— Rudolphiana .
— expansa .
— hamosa .
— albida .
— repens .
— coelothrix .
Chaetomorpha aerea .
ETAGES
INFRALITTORAL
Sup r
0-5 m-
Inférieur
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
Chaetomorpha Linum .
— capillaris typica ..
_ — crispa .. .
— gracilis .
— Adriani .
Rhizoclonium Kochianum . ■ ■ ■
— Kerncri .
Siphonocladus pusillus .
Aceiabularia mediterranea . . . .
Halicystis parvula .
Br])Opsis plumosa .
— pennala .
— adriatica .
— cupressoides .
— Balbisiana .
— corymbosa .
— monoica .
— hypnoides .
— muscosa .
Pseudobryopsis m])ura .
Derbesia Lamourouxii .
— tenuissima .
Pseudochlorodesmis furcellala
Udotea petiolata .
Halimeda Tuna f. typica . . .
— — f. platydisca
Codium difforme .
— Bursa .
— dichotomum .
Ostreobium Que1(etti .
PH AEOPH Y CE AE
ETAGES
INFRALITTORAL
Sup r
Inférieur
5-10 10-15 15-20 20-30 30-
Ectocarpus siliculosus
56
J. FELDMANN
ETAGES
INFRALITTORAL
D.
I
J
Sup
Inférieur
CO
0-5 nr
• 5-1
10-15 j15-2
3120-30 j 30-40
Ectocarpus confervoides .
— fasciculatus .
— Mitchellae .
— granulosus .
— Lebelii .
— paradoxus .
— irregularis .
— Ballersii var. méditer-
|
I
J
J
I
1
— V aliantei .
— criniger .
S treblonema sphaericum ....
Streblonemopsis irritons .
Acinetospora Vidovichii . . .
Myrionema strangulans .
Ascocyclus orbicularis .
— conchicola .
Compsonema Liagorae .
—
Nemoderma tingitanum ....
Ralfsia verrucosa .
Mesospora mediterranea . . .
Lilhoderma adriaticum ....
Elachista intermedia ....
—
—
Myriaciula stellulala ....
— Rivulariae .
Corynophlaea umbellata ....
— Hamelii . i
Leathesia mucosa ....
Cylindrocorpus microscopicus .... I
Sirepsithalia Liagorae . . .
Liebmannia Leveillei
Castagnea mediterranea . . .
— irregularis .
— cylindrica .
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
57
ETAGES
Spermatochnus paradoxus .
Nemacysius ramulosus .
Stilophora rhizodes .
Giraudya sphacelarioides .
Punclaria laiifolia .
Petalonia Fascia .
Scystosiphon Lomentaria .
Colpomenia sinuosa .
Myriotrichia adriatica .
Asperococcus scaber .
— bullosus .
— — f. profundi
—- compressas .
Sticlyosiphon adriaticus .
— soriferus .
Sphacelaria Plumula .
— tribuloides .
— hÿslrix .
— cirrosa .
Halopteris filicina .
— scoparia .
Cladostephus verticillatus ....
Arthrocladxa villosa .
Sporochnus pedunculatus .
Carpomitra costata .
Nereia filiformis .
Phyllaria reniformis .
Zanardinia prototypus .
Cuileria multifida .
— monoica .
— adspersa .
Aglaozonia parvula .
— chilosa .
— melanoidea .
INFRAL1TTORAL
Sup r
Inférieur
0-5m.| 5-10 |l0.15|l5-2o|20-30|30-*oj
58
J. FELDMANN
Taonia atomaria .
Padina pavonia .
Diclpopleris membranacea
Diclpoia dichotoma .
— linearis .
Dilophus ligulatus .
— Fasciola .
— — v. repens .
Sargassum vulgare v. megalophpl-
lum .
Sargassum linifolium ..
— salicifolium v. diversifo-
lium .
Sargassum Hornschuchii .
Cpstoseira barbata .
— medilerranea .
— v. Valiantei
— selag'moides .
— elegans .
— spirtosa .
— opuntioides .
— caespitosa .
— crinita .
— discors .
— abrotanifolia .
RHODOPHYCEAE
Bangia fusco-purpurea .
Porphyra leucosticta .
— umbilicalis .
— linearis .
Erythrotrichia carnea .
— investiens .
— reflexa .
ETAGES
INFRALITTORAL
Sup 1
Inférieur
5-10|10-15 15-20:20-30
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
59
ETAGES
Supralittoral
Littoral
INFRALITTORAL
Sup r
Inférieur
0-5 m.
5-10jl0 15 15-20120-30 30-40
Erythrotrichia discigera .
— obscura .
— ciliaris .
Erylhrocladia subintegra .
Goniotrichum Abidii .
— Comu-Cervi . . .
Aslerocytis ornata .
4crochaetium microscopicum . .
— trifilum .
— moniliforme ....
— Duboscqii .
— Nemalionis ....
— virgatulum .
— secundaium ....
— Daviesii .
-— Savianum .
Rhodochorton membranaceum
— Haucfyii .
— velutinum ....
Nemalion helminthoides .
Liagora viscida .
— distenta .
— tetrasporifera .
Scinaia furcellata .
— complanata var. intermedia
Bormemaisonia asparagoides ..
— clavata .
Asparagopsis armata .
Gelidiella lubrica .
Gelidium melanoideum .
— pusillum .
— spathulatum .
— crinale .
— pulchellum .
60
J. FELDMANN
Celidium latifolium .
— peclinalum .
Pterocladia capillacea .
Wurdematmia miniala .
Dudresnaya verticillata ....
Acrosymphyton purpuriferum
Rhizophyllis Squamariae . . . ,
— Codii .
Peyssonnelia Squamaria . . . .
— rubra .
— atropurpurea .. . .
— Harveyaria .
— polymorpha . . . .
Cruoriella Dubyi
Cruoriopsis cruciata .
— Rosenvingii .
Ethelia Van-Bosseae .
Hil denbrandia prototypus
Choreonema Thureti
Epilithon membranaceum .
Lithothamnium Philippi .
Lenormandi .. .
ETAGES
INFRALITTORAL
Sup r |
Inférieur
0-5 rn 5 10 10 -15 15-20 20-30|30-40
I
— Sonderi .
— tenuissimum .. .
— subtenellum .. .
— calcareum ....
Mesophyllum lichenoides .
Lithophyllum incrustons
dentatum .
pustulatum .
Hapalidioides var.
confiais .
Lithophyllum papillosum
var. Cystoseirae\
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
ETAGES
Supralittoral
Littoral
INFRALITTORAL
Sup r
Inférieur
0-5 m
5 10
10-15
15 - 20120-30
30-40
;
!
Lilhophyllum macrocarpum f. in¬
termedia .
Lithophyllum (?) Hauclfi .
— Notarisii ....
Tenarea toriuosa .
Pseudolithophyllum expansum . .
Melobesia farinosa .
_ — var. Solmsiana
— Lejolisii .
(Pliostroma) zonalis .. .
— ( Litholepis ) mediterra-
nea .
Amphiroa rigida .
— cryptarthrodia .
— Beauvoisii .
Corallina mediterranea .
— oficinalis .
— virgata .
Jania longifurca .
— rubens .
— corniculata .
Thuretella Schousboei .
Halymenia dichoioma .
— Floresia .
— latifolia .
— Rodrigueziana .
— ulvoidea .
Craieloupia dichotoma .
— filicina .
Cryptonemia Lomaiion .
— tunaeformis .
Acrodiscus Vidovichii .
Callymenia ienuifolia .
— Requienii .
62
]. FELDMANN
ETAGES
Meredithia microphylla .
Cruoria purpurea .
Calosiphonia vermicularis
Nemasloma dichotoma .
/V eurocaulon reniforme .
— grandifolium ....
Rissoellfi verruculosa .
Rhodophyllis bifida .
— appendiculala .. . ,
H\)pnea musciformis .
Plocamium coccineum .
S phaerococcus coronopifolius . . .
Cracilaria confervoides .
— armala .
— dura .
— compressa .
— corallicola .
Phyllophora nervosa .
— Heredia .
Gymnogongrus Griffithsiae .
— norvegicus .
— nicaeensis ..
Gigartina acicularis .
Fauchea repens .
Gloiocladia furcata .
Chrysymenia venlricosa .
Bolryocladia botryoides .
— Chiajeana .
— Boergesenii .
Rhodymenia Ardissonei .
Lomentaria articulata .
— linearis .
clavellosa var. conferta
— uncinata .
INFRALITTORAL
ë
J
Sup r
Inférieur
0-5 m.
5 10 110-15115 2o|2C 30|30-40l
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
63
1
ETAGES
1
INFRALITTORAL
.g
1
3up r
Inférieur
en
-5»
5-10 110-15
5-20
0 - 30(3
0 -40;
Champia parvula .
Chylocladia Kaliformis .1
— squarrosa .
—
Sphondylothamnion multifidum .. .
Spermolhamnion repens .
— irregulare .
flabellatum .
Ptilothamnion micropterum .
Lejolisia mediterranea .
Griffithsia arachnoidea .
—
Schousboei .
— opuniioides .
Bometia secundiflora .
Monospora pedicellala .
Pleonosporium Borreri .
Callithamnion iripinnatum .
— scopulorum .
— telragonum .
—
—
—
_
— Brodiaei .
— granulatum .
Seiros,pora Griffithsiana .
— humilis .
— sphaerospora .
Compsothamnion thuÿoides .
Cymnothammon elegans .
Dohmiella neapolitana .
J
>—
64
J. FELDMANN
ETAGES
INFRALITTORAL
o
a
c n
Antithamnion plumula .
— spirographidis .
— cruciatum .
— tertuissimum .
Platythamnion crisp'um .
Hymenoclonium serpens .
Crouania attenuala .
— bispora .
— procera .I
Wrangelia multifida .
Ceramolhamnion adrialicum . j
Ceramium tertuissimum ..
— echiortotum . .
— robuslum ....
— Bertholdi . . .
— elegarts .
— diaphartum . .
— circinatum .. .
— striclum ....
— tenue .
— barbatum . . .
— transversale ..
— orthocladum .
— leptocladum .
Centroceras cinnabarinum
Microcladia glandulosa .
Spyridia filamentosa . . .
Laurencia papillosa .
— paniculala ....
— obtusa .
— pinnatifida ....
Rodriguezella StrafforelUi
— Pelagosae .
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
ETAGES
INFRALITTORAL
Sup r
Inférieur
5-10 10-15 15-20 20
lanczetvskia verrucaeformis .
Ricaraia Montagnei .
Chondria tenuissima .
_ Boryana .
Alsidium corallinum .
_ He'.minihochorlon
Polysiphonia sertularioides .
_ ienerrima ....
— deusta .
— subulata ....
— elongata ....
— pulvinata . ■ ■
— dichotoma . ■ ■
— sanguinea . . .
— Derbesii ....
b.formis . ■ ■ ■
— flocculosa . ■ ■
— furcellata . . .
— subulifera .. ■
— opaca .
— Brodiaei ... .
— deludens .. . .
— fruticulosa . .
Pterosiphonia pennata . . .
— parasilica . .
Brongniartella byssoides .
Dipterosiphonia rigens . . .
Herposiphonia tenella . . .
— secunda . .
Lophosiphonia obscur a . .
Halopilys incurvus .
Rytiphlaea lincioria ....
Vidalia volubilis .
Dasyopsis cervicornis ....
66
J. FELDMANN
Dasyopsis spinella .
— plana .
Dasya rigidula .
— corymbifera .
— arbuscula .
— ocellata .
Heterosiphonia Wurdemanni
Halodictyon mirabile .
Falfyenbergia Hillebrandii . .
Hypoglossum Woodxvardii .
4poglossum ruscifolium . . . .
Erylhroglossum Lenormandi
— Sandrianum .
— balearicum ..
Myriograme minuta .
Nilophyllum punctalum ....
Acrosorium reptans .
— uncinalum .
— venulosum .
ETAGES
_ 1
INFRALITTORAL
! su P
« _j
Inférieur
| |05m
| 5-10
j 10-15 J 45-2C
j20-30 30-40
1 1
|
1
|
_
| |
—
—
J
_
_
|
1 j
|
Notæ — Le point d'interrogation, à la place d’un trait fort, dans le
tableau precedent, indique qu’il s’agit d’espèces que je n’ai pas observées person¬
nellement dans la région de Banyuls et pour lesquelles les auteurs de la récolte
n ont pas fourni de renseignements précis. Le même signe indique également les
algues que je n ai pas récoltées dans la nature et que je n’ai observées que dans
les bacs de I aquarium du Laboratoire Arago.
CHAPITRE VI
LA LUMIÈRE
Généralités
Pourvues de chlorophylle, associée ou non à d autres pigments,
les algues ont besoin de lumière pour pouvoir assimiler, par photo¬
synthèse, le gaz carbonique dissous dans 1 eau. Aussi 1 intensité lumi¬
neuse aux différentes profondeurs, et peut-être aussi la nature des
radiations qu’elles reçoivent, jouent-elles un rôle important dans leur
répartition.
On sait depuis longtemps que l’eau de mer, bien que transpa¬
rente, n’est pas un milieu optiquement vide, aussi 1 intensité lumineuse
diminue-t-elle progressivement à mesure que 1 on s enfonce en pro¬
fondeur. De plus, les différentes radiations du spectre sont diversement
absorbées par l’eau de mer. Les radiations les plus réfrangibles dis¬
paraissent les premières.
Avant d’examiner l’action biologique des variations quantitatives
et qualitatives de la lumière sur les algues et sur leur répartition, il est
nécessaire de rappeler ici ce que les physiciens et les océanographes
nous apprennent de ces variations.
Variations quantitatives de l’intensité lumineuse
Il y a lieu de considérer d’une part les variations d’intensité en
fonction de la profondeur et, d’autre part, les variations de la durée
d’éclairement en fonction de ce même facteur.
a) Variations de l’intensité lumineuse en fonction de la profondeur
Les variations de l’intensité lumineuse en fonction de la profon¬
deur ont été l’objet de nombreuses recherches. Après celles du capi¬
taine de vaisseau BÉRARD, faites dans le Pacifique, à bord du Rhin
(1845), et qui ont été exposées par Arago, et celles du P. SECCH1
et du Command. ClALDI, exécutées en 1865, au large de Civita-Vec-
/. FELDMANN
chia, à bord de Y/mmacolata Concezione, de la marine pontificale, il
y a lieu de citer celles de FoREL, de H. Fol et Sarasin, de Re-
GNARD, etc... Ces auteurs ont employé différentes méthodes pour
mesurer ou apprécier la pénétration de la lumière et la diminution
progressive de son intensité en fonction de la profondeur : disque de
Secchi, plaque photographique, cellule photo-électrique, quantité
d’acide chlorhydrique formé dans un mélange à parties égales d’hy¬
drogène et de chlore, etc...
La question a été reprise plus récemment par divers auteurs. En
1922, Shelford et Gail ont étudié la pénétration de la lumière
dans l’eau de mer sur les côtes pacifiques des Etats-Unis, au Puget-
Sound, à l’aide d’une cellule photo-électrique de Kunz. Ils ont re¬
connu que, par temps clair et par mer calme, entre 10 heures du matin
et 2 heures de l’après-midi, 25 % environ de la lumière solaire est
refléchie à la surface de 1 eau et n y pénètre pas. Par mauvais temps,
la quantité de lumière ne pénétrant pas dans l’eau peut atteindre 60 à
70 % et même plus.
En réalité, d’après PooLE et Atkins (1926), les chiffres obte¬
nus par Shelford et Gail seraient trop faibles pour les mesures
faites en surface. Cela tiendrait à la construction de l’appareil, la
surface de la cellule photo-électrique exposée à la lumière étant sphé¬
rique et pouvant, près de la surface, fonctionner comme une lentille
divergente à court foyer. Avec un appareil modifié, PooLE et Atkins
ont observé que la perte de lumière, par réflexion à la surface de
l’eau, variait de 5 à 30 % selon l’état de la mer.
Néanmoins, par une méthode différente (emploi de plaques pho¬
tographiques panchromatiques), A.-B. Klugh (1925) a constaté
une absorption de la lumière encore plus grande que celle indiquée
par Shelford et Gail. Ses expériences ont été faites à Saint-
Andrews, dans la baie de Fundy (Canada).
Klugh a constaté que, par temps clair ensoleillé et par mer
calme, la quantité de lumière à 2 centimètres de profondeur n’est que
de 77 % de ce qu’elle est dans l’air, ce qui correspond bien aux indi¬
cations de Shelford et de Gail. Mais à 10 mètres de profondeur,
elle ne serait plus que de 1,5 % de ce quelle est à 2 centimètres de
profondeur, c est-à-dire dix fois moins forte que ne l’indiquent SHEL¬
FORD et Gail.
La présence de matières en suspension, bien que non signalée par
I auteur, est peut-etre la cause des différences existant entre les ré¬
sultats obtenus par Klugh et ceux de SHELFORD et Gail.
Le tableau suivant (Tableau II) indique, d’après SHELFORD et
L.AIL, la quantité de lumière parvenant aux différentes profondeurs.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
TABLEAU II
Éclairement aux différentes profondeurs
(D’après SHELFORD et Gail in AtkINS, 1926)
PROFONDEUR
ÉCLAIREMENT
EN BOUGIES-MÈTRES
(m- yenne de tous les résultats)
0/0
0/0
93,100
100
132
0
70,500
75,7
100
10
8,930
9,6
12,7
25
3,605
4,0
5,1
35
2,217
2,4
3,1
50
1,388
1,5
2,0
75
0,796
0,88
1,1
100
0,408
0,44
0,58
120
0,150
0,16
0,21
Ces chiffres montrent la diminution rapide de 1 éclairement avec
la profondeur; c’est ainsi qu’à 10 mètres de profondeur, 1 éclairement
n’est plus que le dixième environ de ce qu’il est à la surface.
Bien entendu, ces chiffres ne sont exacts que pour les régions où
les mesures ont été effectuées; pour d’autres régions, ils n’ont qu’une
valeur relative; il est possible, en effet, que la diminution de 1 intensité
lumineuse soit moindre en Méditerranée qu au Puget-Sound ou à
Plymouth, par suite de la teneur moindre de matières en suspension
(matières inertes et plankton), qui peuvent faire varier dans de grandes
proportions la quantité de lumière absorbée à une profondeur déter¬
minée. Il y a lieu de noter également que les matières minérales en
suspension absorbent la lumière non sélectivement, c est-à-dire que
toutes les radiations sont absorbées d une manière égale.
D’autre part, les particules en suspension diffusent la lumière
incidente et produisent un éclairement général diffus de 1 eau de la
mer. Le plancton, souvent coloré, ajoute une absorption sélective
propre qui modifie la coloration de l’eau.
En résumé, l’intensité lumineuse dans la mer est non seulement
inversement proportionnelle à la profondeur, mais varie aussi avec
l’intensité de la lumière incidente, et, par conséquent, dans les régions
où l’insolation est forte comme dans la Méditerranée, 1 éclairement est
plus intense, à profondeur égale, que dans les régions moins isolées,
celles, par exemple, où la nébulosité est élevée. Elle varie également
avec l’état plus ou moins agité de la surface de l’eau et la quantité
de matières en suspension.
70
J. FELDMANN
b) Variations de la durée de l’éclairement
De même que l’intensité lumineuse, la durée de l’éclairement est
plus faible dans l’eau que dans l’air. Ce fait s’explique facilement :
vers le lever et le coucher du soleil, lorsque celui-ci est très bas sur
l’horizon, ses rayons subissent une réflexion à la surface de l’eau,
d’autant plus grande que le soleil est moins élevé au-dessus de l’ho¬
rizon. De plus, l’intensité lumineuse variant avec la hauteur du soleil
au-dessus de l’horizon, la durée de l’éclairement varie avec la profon¬
deur, la lumière ne pénétrant à une profondeur donnée que lorsque
celle-ci est assez intense pour que ses rayons ne soient pas tous absorbés.
C’est ce que montrent nettement les expériences de Regnard (1891,
p. 203), effectuées en rade de Funchal (Madère), en mars 1889,
à 1 aide d un appareil constitué d’un cylindre enregistreur recouvert
d une feuille de papier sensible et renfermé dans un cylindre métal¬
lique étanche, pourvu d’une fente étroite devant laquelle tourne le
cylindre enregistreur. Deux appareils identiques fonctionnent simulta¬
nément, l’un à bord, l’autre immergé à une profondeur déterminée.
Par cette méthode, Regnard a pu constater que la durée du jour
qui, dans l’atmosphère, était de 1 I h. 1/2 à 12 heures, était réduite à
8 heures à 20 mètres de profondeur, et à 5 heures à 30 mètres ; enfin,
à 40 mètres, le papier sensible ne présentait qu’un léger voile vers
\ heure de l’après-midi, indiquant un éclairement très faible et qui
n avait duré que 10 minutes environ.
Variations qualitatives de la lumière en fonction
DE LA PROFONDEUR
Outie la diminution quantitative de 1 intensité lumineuse en pro¬
fondeur la lumière, à mesure qu elle pénètre dans l’eau, subit égale¬
ment des modifications dans sa composition spectrale.
Toutes les radiations lumineuses, de l’infra-rouge à l’ultra-violet,
qui composent le spectre solaire, ne sont pas absorbées également par
1 eau. Les rayons à plus grande longueur d’onde (rouge, orange et
jaune) sont très rapidement absorbés, alors que les rayons bleus et
violets, dont la longueur d’onde est plus faible, pénètrent plus profon¬
dément. Les deux tableaux ci-joints (Tableaux III et IV), empruntés
à K. Grein (1913-1914), mettent bien en évidence la différence
d absorption des divers rayons du spectre.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
71
TABLEAU III
Diminution de l’intensité lumineuse avec la profondeur
Exprimée en millième de l’intensité qui persiste après la traversée
d’une couche de 1 mètre
(D’après K. Grein)
Profondeur
(en mètres)
1
5
10
20
50
75
100
200
Rouge
Orangé-
jaune
Vert
Bleu-vert
Bleu
Bleu-
violet
.000
1.000
1.000
1.000
1.000
1.000
3,7
2,5
250
250
450
866
2,7
2,
166
166
437
800
0,03
1,2
5,8
21
277
666
0,0021
0,032
2,2
2,5
201
200
—
0,008
0,75
2,2
25,6
100
—
0,001
0,03
0,033
5,5
10
—
—
0,004
0,01
0,04
1
TABLEAU IV
Proportion des diverses radiations spectrales
aux différentes profondeurs
L’intensité de la lumière totale parvenue à chaque profondeur étant 1.000
(D’après K. Grein)
Profondeur
(en mètres)
Rouge
Orangé-
jaune
Vert
Bleu-vert
Bleu
Bleu-
violet
1
96,7
165,7
165,7
156,7
198,9
207,3
5
0,98
1,18
117,3
117,3
254
508,8
10
0,34
1,06
89,64
89,64
282,2
537,1
20
0,018
1,05
4,68
17,26
279,71
697,2
50
0,0025
0,069
4,73
5,04
486
504
75
—
0,054
4,53
14,2
193,6
787,5
100
—
0,0052
1,56
1,73
347,2
650,8
200
—
3,18
8,06
37,16
952
Action biologique de la lumière sur la répartition
DES ALGUES
Limite inférieure de la végétation marine
L’un des effets les plus importants de l’action de la lumière sur
72
J. FELDMANN
les algues réside dans la limitation en profondeur de la végétation
marine, qui n’occupe qu’une étroite bordure autour des continents et
des îles, limitée à une profondeur relativement faible par rapport à
celle qu’atteignent les océans.
Cette limite de la végétation est d’ailleurs très variable selon les
régions considérées, car d’autres facteurs que la lumière entrent en
jeu pour faire varier cette limite.
On admet généralement qu’une profondeur de 200 mètres marque
la limite extrême atteinte par les végétaux photosynthétiques; à cette
profondeur, en effet, l’éclairement est extrêmement faible.
Cette limite ne semble d’ailleurs être atteinte qu’exceptionnelle-
ment. C’est le cas, par exemple, aux Baléares, où la flore de profon¬
deur a été soigneusement étudiée par RODRIGUEZ (1889), qui a
montré qu’au delà de 100 mètres se rencontrait une végétation excep¬
tionnellement développée et représentée par de nombreuses espèces,
dont certaines se rencontrent jusqu’à 180 mètres : Halÿmenia balearica
Rodriguez msc., Fauchea repens Mont., Lomentaria linearis (cf. Sau-
VAGEAU, 1912, p. 177).
La limite de la végétation est plus faible dans le golfe de Naples,
où, près de Capri, les algues descendent jusqu’à 120-130 mètres
(Falkenberg, Berthold).
Dans le golfe de Quarnero, au nord de l’Adriatique, LORENZ
fixe la limite de la végétation algale à 60-70 mètres. Cette limite
semble, en général, plus faible dans les mers boréales. C’est ainsi que,
dans la Manche, d après G. Hamel (1923), on ne trouve plus, au-
dessous de 33 mètres, que quelques rares Mélobésiées qui disparaissent
vers 45 mètres.
D’après les recherches de KjELLMAN, RoSENVINGE, B 0 RGE-
SEN, etc., il semble que, sur les côtes Scandinaves, au Groenland et aux
Foeroé, la limite de la végétation soit généralement comprise entre
40 et 60 mètres (1).
La limite inférieure de la végétation ne paraît d’ailleurs pas être
beaucoup plus grande dans les régions tropicales soumises à un éclaire¬
ment intense, et où les eaux sont très transparentes. C’est ainsi qu’aux
Dry-Tortugas, à 1 extrémité de la Floride, les algues descendent,
d après R. Taylor (1928), jusqu à une centaine de mètres.
A Banyuls, la limite inférieure de la végétation est beaucoup
moins profonde. On peut la situer à environ une quarantaine de mètres
de profondeur au maximum.
(1) Cependant, au Sp.tzberg, Kjellman aurait dragué le Ptilola peclinala par 270 mètres
e protondeur. Ce qui parait bien surprenant et mériterait d'être confirmé par de nouvelles
(X T. G.sS S 1930 d °i te p d n7) ndlV ' dU dé,aché de 50,1 substratum et entraîné en profondeur
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
La cause de cette limite relativement élevée n est pas, semble-t-i ,
k rechercher dans des conditions défavorables d éclairement, 1 eau de
la mer à Banyuls étant relativement limpide et transparente, mais dans
la nature physique des fonds. Quarante métrés marquent en effet la
limite supérieure de la vase infralittorale qui, a Banyuls, est entière-
ment dépourvue de végétation.
Algues pholophiles ei algues sciaphiles
La simple observation montre que les diverses espèces d’algues
se comportent d’une manière très différente vis-à-vis de la lumière.
Certaines semblent supporter indifféremment une forte intensité lumi¬
neuse ou un éclairement faible, mais la plupart sont localisées soit dans
les stations bien éclairées, soit dans les stations ombragées. 11 y a donc
lieu de diviser les algues en espèces photophiles et en especes scia-
P Ces dernières ne se rencontrent que dans les stations obscures
(surplombs, grottes) situées près du niveau, ou bien elles constituent une
strate inférieure à l’abri d’algues de plus grande taille (Cÿstosara en
général) formant écran au-dessus d’elles. Ces algues sciaphiles com¬
posent enfin la végétation de profondeur. Mais dans ce cas un autre
facteur intervient, c'est la nature des radiations lumineuses. hUNK, en
effet, distingue d'une part : les algues vivant en « lumière blanche »,
c’est-à-dire près du niveau, et, d’autre part, celles vivant en « lumière
bleue ». Dans ces deux catégories, il reconnaît des espèces exposées
à la lumière directe du soleil et d’autres ne recevant que de la lumière
diffuse. ,
Mais la nature des radiations lumineuses a-t-elle une si grande
importance sur la répartition des algues ? Le fait n est pas démontie,
et la localisation dune espèce à une profondeur donnée n est pas ab¬
solue. Certaines espèces, souvent considérées comme vivant exclusive¬
ment à une grande profondeur, peuvent, dans certaines stations
(grottes, surplombs très ombragés), se rencontrer près du niveau.
Il est probable que la localisation de beaucoup d espèces en
profondeur doit, pour une bonne part, être attribuée à d autres causes
qu’à une intolérance pour les radiations lumineuses peu pénétrantes.
En particulier, le fait que les variations de température sont très atté¬
nuées en profondeur permet de supposer que la localisation de ces
espèces de profondeur est due à leur sténothermie.
La majorité des algues supportent généralement mal une lumière
trop intense. C’est sans doute à ce fait qu il faut attribuer la raréfaction
de la flore des rochers de l’étage littoral et infralittoral supérieur, en
74
]. FELDMANN
été, dans la Méditerranée, la flore de ces étages étant constituée sur¬
tout par des espèces à développement hivernal ou vernal.
A une certaine profondeur, c’est le contraire, la végétation est
beaucoup plus développée en été qu’en hiver, époque à laquelle règne
un éclairement trop faible en profondeur.
Adaptation des algues aux différents éclairements
D une manière générale, les algues marines résistent mal à un
éclairement trop intense, et l’on a décrit divers dispositifs considérés
comme des adaptations contre l’influence néfaste de la lumière trop
vive.
Le rôle de ces adaptations n est d ailleurs pas prouvé et semble
même, dans beaucoup de cas, très douteux.
On considère généralement que les épiphytes peuvent jouer un
rôle protecteur pour les algues qu’ils recouvrent. Ce serait le cas, en
particulier, pour les épiphytes qui se fixent sur le Digenea simplex et
1 HalopitXjs incurvus, et qui les masquent souvent complètement, ce
qui leur permettrait de se développer dans des stations fortement
éclairées.
De nombreuses Floridées portent des poils hyalins unicellulaires
(RosENVINGE, 1911), dont l’abondance varie selon l’âge des indi¬
vidus et les stations où ils vivent. Berthold (1882, p. 419) avait
admis que ces poils jouaient un rôle dans la protection de la plante
contre une lumière trop intense. Aucun fait ne permet de confirmer
cette hypothèse, et il est plus vraisemblable de supposer, avec Kylin
que ces poils constituent des organes d’absorption des substances nutri¬
tives dissoutes dans l’eau.
L'Iridescence
Certaines algues présentent, par réflexion et sous certaines inci¬
dences, des colorations vives de teinte variable, bleu intense, violette
parfois doree. ’
Le vif éclat et les teintes changeantes de ces couleurs d’irides¬
cence rappellent parfois celles que présentent les écailles de certains
papillons exotiques ( Morpho ). MANGENOT (1933) les compare aux
insations tegumenta.res de certains poissons produites par des cristaux
de guanine, auxquels PouCHET a donné le nom de corps irisants.
L iridescence serait due a la structure Iamelleuse de ces corps, généra-
.nce de couleurs par interférence.
Source : MNHN, Paris
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
75
Les corps irisants se rencontrent chez des Chlorophycees
(Bryopsis, Derbesia), des Phéophycées ( Cystoseira , Zonana, Utc-
l V ota), et chez de nombreuses Flondées.
Chez les Chlorophycees, il s’agit d’inclusions vacuolaires. Chez
les Phéophycées, les corps irisants sont constitués par des corpuscules
de nature sans doute protéique, inclus dans le cytoplasme et distincts
à la fois du vacuome et des physodes. CHADEFAUD (1935, p. 231),
qui les a particulièrement étudiés, les compare aux « oleocorps » ou
« élaioplastes » des Hépatiques. ,
Les corps irisants des Floridées ont déjà ete étudiés par de
nombreux auteurs : Kny (1870), BERTHOLD (1882), SvEDELlUS
(1909), VON Faber (1913), et plus récemment par MANGENOT
(1933) et P. Dangeard (1933). ,
Ces corps irisants sont très variables selon les especes. U apres
leur structure et leur nature chimique, on peut en distinguer quatre
types.
I. — Type Callithamnion.
J’ai particulièrement étudié ce type de corps irisant chez le Calli-
thamnion caudatum, dont OLLIVIER (1929, p. 154) a déjà signale
)’« iridescence violacée très particulière, comme si la touffe venait
d’être plongée dans le pétrole ». Mes échantillons de cette espèce ont
été récoltés à Banyuls, en juin 1933, près du niveau de l’eau, sur les
rochers toujours à l’ombre de la grotte du Troc.
Une cellule de la fronde (fig. 2) montre un cytoplasme pariétal
assez mince, dépourvu d’amidon et de cristalloïde protéique, renfer¬
mant de nombreux chromatophores rouge foncé, de forme irrégulière
et généralement allongés parallèlement à 1 axe longitudinal de la cel¬
lule. Il existe un seul noyau pourvu d’un nucléole facilement obser¬
vable sur le vivant, et situé panétalement dans la partie médiane de
la cellule. La partie centrale de la cellule est occupée par une grande
vacuole souvent divisée en deux par un trabécule cytoplasmique au
niveau du noyau.
C’est dans cette vacuole que se trouvent les corps irisants. Ceux-
ci sont le plus souvent au nombre de deux, situés de part et d autre du
centre de la cellule et occupant toute la longueur de la vacuole.
D’autres corps plus petits peuvent se rencontrer, irrégulièrement ré¬
partis dans la vacuole, mais situes surtout vers les extrémités de la
cellule, à la périphérie de la vacuole et en contact avec 1 enveloppe
cytoplasmique de celle-ci.
A l'examen direct, les corps irisants se présentent comme des
corps sphériques, à structure homogène finement granuleuse, de cou-
76
J. FELE MANN
leui jaunâtre pâle. Examinés sur fond noir, en lumière réfléchie, ces
corps présentent une forte iridescence bleu vert très intense. Les chro-
matophores fortement colorés en rouge par le phycoérythrine, qui
forment écran au-dessus des corps irisants, donnent à l’iridescence de la
plante une teinte violette.
g. 2 Corps msants du Calhlhammon caudatum : A. cellule de la fronde montrant les
plastes pariétaux sous lesquels on distingue deux corps irisants X 525. B. coupe optique
une cellule analogue montrant la situation intravacuolaire des corps irisants X 525.
Le bleu de crésyle, en coloration vitale, colore rapidement et in-
tensement les corps irisants en bleu, alors que la vacuole centrale prend
une coloration violette plus claire. Le rouge neutre colore également
les corps msants en rouge. Ils ne réduisent pas l’acide osmique; ils
sont insolubles dans l’alcool à 95”. Le sulfate ferreux et le bichromate
de potassium les coagulent sans les colorer. Par la solution iodo-
îoduree, ils prennent une coloration brun clair et présentent un aspect
granuleux. Us se colorent par l’éosine, le vert lumière et l’acide pi-
, pré5entent la faction xanthoprotéique, et le réactif
de Millon les colore en rouge. Je n’ai pas réussi à obtenir la réaction
u biuret sur des échantillons conservés dans l’eau de mer formolée.
1.1 lÏ ensemble de reactions montre que ces corps irisants sont vrai¬
semblablement constitués par des protides.
La vanilline chlorhydrique, après un contact d’une nuit, leur
communique un aspect granuleux et une coloration violette très pâle.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
77
Par sa lenteur et la faible intensité de la teinte violette obtenue, cette
réaction est bien différente de celle produite par la phloroglucine (et
les corps phénoliques en général), où la coloration est rapide et in¬
tense. Dans le cas présent, il semble qu’il faille l’attribuer à l’existence
du tryptophane dans la molécule protéique du corps irisant.
Au moment de la mort de la cellule, on observe une coloration
rose presque instantanée du suc vacuolaire, par suite de la diffusion
de la phycoérythrine des chromatophores. Les corps irisants ne se
colorent pas, mais ils semblent augmenter légèrement de volume et
souvent se déplacent dans la vacuole d’une extrémité à l’autre de celle-
ci.
Les corps irisants se rencontrent dans presque toutes les cellules
du Callithamnion caudatum, à l’exception des rhizoïdes, qui cortiquent
les filaments inférieurs de la fronde, des tétrasporanges et de leurs
cellules mères. Ils font également défaut dans les cellules terminales
des rameaux en voie de croissance, qui ne possèdent comme éléments
colorables vitalement par le bleu de crésyle que de nombreuses petites
vacuoles colorées en violet. Les corps irisants apparaissent seulement
dans la troisième ou quatrième cellule des rameaux. D’abord de petite
taille, ils croissent avec la cellule.
Des corps irisants analogues se rencontrent chez une autre espèce
de Callithamnion méditerranéen : Callithamnion granulatum, dont
Ollivier (1929) et moi (1931) avons déjà signalé l’iridescence et
dont les corps irisants ont été étudiés par MANGENOT (1933).
Cette algue est moins favorable que le C. caudatum à l’étude des
corps irisants, car ils sont généralement plus nombreux dans chaque
cellule. En juin et juillet, à Banyuls, on rencontre souvent des Calli¬
thamnion granulatum , qui présentent à l’extrémité de leurs rameaux
des ramilles de couleur blanchâtre à peine iridescents ; les cellules de
ces ramules sont bourrées de corps irisants présentant les mêmes réac¬
tions chimiques que ceux du Callithamnion caudatum, mais leur abon¬
dance dans les cellules ne permet pas de se rendre compte nettement
de leur situation dans la cellule, qu’ils paraissent remplir complète¬
ment.
Enfin, MANGENOT (1933) a également observé chez le Calli¬
thamnion lelragonum des corps iridescents qui semblent analogues aux
précédents.
J’ai observé des corps irisants du même type chez un Seiro-
spora que je rapporte au Seirospora Griffithsiana. Ce Seirospora avait
été dragué le 28 juin 1934 par 25-28 mètres de fond, au cap Béar.
Les cellules de cette algue présentent la même structure que celles du
Callithamnion caudatum. Les chromatophores sont seulement plus
78
J. FELDMANN
petits, plus courts, de forme ovale et de couleur plus pâle. Le cyto¬
plasme renferme en outre de nombreux petits grains d’amidon flori-
déen. Toutes les cellules de la fronde, sauf les rhizoïdes cortiquants
de la base, les tétrasporanges et leurs cellules mères et les cellules
des extrémités des rameaux contiennent des corps irisants.
Ces corps présentent le même aspect et les mêmes réactions colo¬
rantes et microchimiques que ceux du Callilhcmnion caudatum , mais
dans les rameaux principaux, il n’]
a généralement qu’un seul corps
irisant de grande taille, parfois
sphérique et situé vers l’une des
extrémités de la vacuole cen¬
trale de la cellule. Très sou¬
vent aussi, le corps irisant pré¬
sente une forme allongée, irré¬
gulière, ayant l’aspect d’un
boudin parfois mamelonné et
situé dans la vacuole, dans
l’axe longitudinal de la cellule.
Il paraît résulter de la fusion
de plusieurs sphéroïdes plus
petits (fig. 4, B).
Dans les rameaux en voie
de croissance, on assiste à la
formation des corps irisants
(fig. 4, A ) ; la cellule termi¬
nale des rameaux présente à
son sommet une vacuole assez
grosse, et dans sa partie proxi¬
male se trouve le noyau entouré
de plusieurs vacuoles plus pe¬
tites. Ces vacuoles sont colo¬
rées en violet par le bleu de
crésyle et présentent alors une
coloration beaucoup plus in¬
tense que celle des cellules des
parties adultes, mais elles ne
contiennent aucun corps irides-
cent.
Dans les cellules situées
au-dessous, on observe deux
grandes vacuoles situées de
part et d’autre du noyau qui
.VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
79
occupe le centre de la cellule. Par suite de l’accroissement du volume
des vacuoles, le noyau est ensuite repoussé vers la périphérie de la
cellule et devient pariétal. C’est à ce moment qu’apparaissent les corps
irisants sous forme de petites sphères situées dans les vacuoles; ils
augmentent de taille au fur et à mesure que la cellule grandit.
Cette situation intravacuolaire, très nette chez le Seirospora, est
beaucoup moins évidente chez les Callithamnion.
Chez le C. caudatum, en particulier, les corps irisants sont tou¬
jours en contact avec la face interne du cytoplasme. Il est donc possible
qu’ils se forment d’abord dans le cytoplasme et que, lorsqu’ils parais¬
sent situés dans la vacuole, ils restent encore entourés d’une mince
pellicule cytoplasmique. Néanmoins, le fait qu’au moment de la mort
de la cellule j’ai pu observer des déplacements de ces corps irisants
d’une extrémité à l’autre de la vacuole permet de supposer qu’ils sont
bien réellement situés dans la vacuole, au moins lorsqu ils ont acquis
une grande dimension.
On peut peut-être rapprocher des corps irisants des Callithamnion
et des Seirospora ceux décrits par SvEDELlUS (1909) chez le Nito-
phyllum tongatense Grunow, et par Von Faber (1913) chez le
Taenioma.
En résumé, les corps irisants du type Callithamnion , ceux du
C. caudatum étant pris comme exemple, sont constitués par des masses
sphériques ou de forme irrégulière, qui semblent composées de protides
et vraisemblablement situées dans les vacuoles.
Ils constituent en somme des sphéroïdes vacuolaires comparables,
jusqu’à un certain point, à ceux décrits par CHADEFAUD (1933,
p. 104) chez de nombreuses Chlorophycées. Ils s’en rapprochent par
leur aspect, leur situation dans la cellule et leur composition chimique,
mais s’en distinguent par leur pouvoir irisant et leur labilité beaucoup
moins grande. Cette analogie des corps irisants des Callithamnion avec
les sphéroïdes vacuolaires des Chlorophycées avait d’ailleurs déjà été
signalée par CHADEFAUD (loc. cit., p. 113).
II. — Type Laurencia.
L’iridescence des Laurencia a déjà été signalée par divers au¬
teurs, mais la nature de leurs corps irisants n’a pas encore été étudiée
en détail.
MANGENOT (1933) a observé chez le Laurencia pinnatifida ,
dont la fronde présentait des irisations argentées, des corps irisants très
semblables, dit-il, à ceux du Callithamnion granulatum, mais il ne les
décrit pas et n’indique pas avoir effectué sur eux des réactions micro¬
chimiques.
Source : MNHN, Paris
80
]. FELDMANN
Peu après, P. DANGEARD, dans son Traité d'Algologie, signale
en quelques mots que les corps irisants des Laurencia sont de nature
phénolique.
J’ai récolté en mai-juin 1934 et 1933, à Castiglione (Algérie),
vivant sur les rochers au niveau de l’eau, un petit Laurencia que je
crois pouvoir rapporter au Laurencia paniculata.
Ce Laurencia présentait sur ses rameaux de petites taches irides-
centes d’un beau vert brillant, tranchant nettement sur la pourpre
sombre du reste de la fronde.
L’examen microscopique montre que ces taches iridescentes sont
dues à la présence de corps irisants dans certaines cellules de l’assise
corticale externe, groupées en plages irrégulières (fig. 4).
Fig. 4. — CeJIules externes de Laurencia paniculata J. Ag. A et fl, cellule non iridescente;
en A, mise au point à la surface supérieure, pour montrer la disposition des plastes,
en fl. coupe optique montrant la grande vacuole centrale. C, cellule dont la vacuole
renferme de nombreux petits corpuscules sphériques colorés par le bleu de crésyle.
ü, cellule iridescente renfermant de nombreux corps irisants. A, fl, C, D X 700.
Ces cellules iridescentes ont extérieurement à peu près la même
forme que les cellules non iridescentes, elles sont toutefois générale¬
ment un peu plus petites et apparaissent, en coupe transversale, plus
allongées radialement et à paroi externe plus bombée faisant ainsi lé¬
gèrement saillie à la surface de la fronde.
Vue par sa face externe, une cellule corticale non iridescente du
Laurencia paniculata montre une couche relativement mince, le cyto¬
plasme pariétal entourant une grande vacuole centrale colorable vita-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
lement en violet par le bleu de crésyle. Dans le cytoplasme pariétal se
trouvent des chromatophores colorés en rouge, en forme de bandelettes
irrégulières, qui convergent vers le centre de la partie supérieure de la
cellule.
Dans les cellules non iridescentes, le liquide vacuolaire paraît
homogène et dépourvu de granulations. Dans certains cas, toutefois,
la grande vacuole centrale, colorée en violet par le bleu de crésyle,
montre de nombreux granules teints en bleu foncé par le même colo¬
rant, et des granules sphériques plus gros que les précédents et immo¬
biles.
Dans les cellules des territoires iridescents, toute la partie cen¬
trale de la cellule est remplie de corps sphériques parfois plus ou
moins confluents entre eux en une masse unique de couleur jaune
orangée et se colorant en bleu par le bleu de crésyle. Il semble bien
que ces corps irisants soient situés dans la vacuole centrale, dont ils
occupent toute la cavité ; en tous cas, il n’est pas possible de distinguer
de suc vacuolaire violet dans lequel baigneraient ces corps irisants.
L’aspect des cellules remplies de corps irisants est assez semblable à
celles des Callithamnion lorsque leurs corps irisants remplissent complè¬
tement la vacuole.
Il est possible que ces corps irisants dérivent, comme 1 a montré
MaNGENOT (loc. cit.) dans le cas du Chondria caerulescens, des pe¬
tites sphères colorées en bleu par le bleu de crésyle existant dans la
vacuole de certaines cellules non iridescentes, mais je n ai pas vu de
stades intermédiaires assez nets pour pouvoir être affirmatif. Peut-etre
ces petites sphères sont-elles plutôt des précipités vacuolaires dus à la
floculation, par le bleu de crésyle, des colloïdes du suc vacuolaire.
Les caractères microchimiques et de coloration des corps irisants
du Laurencia paniculata montrent qu’ils sont bien différents chimique¬
ment de ceux des Callithamnion.
Le bleu de crésyle et le rouge neutre les colorent respectivement
en bleu et en rouge. Ils sont solubles dans l’alcool à 95°. Ils réduisent
l’acide osmique en prenant une teinte noir brunâtre. La solution îodo-
iodurée les colore en brun clair. Le sulfate ferreux leur communique
une coloration rouge violacé foncé et le bichromate de potassium une
couleur jaunâtre. Enfin, ils prennent par la vanilline chlorhydrique une
coloration bleu violacé foncé très intense.
L’ensemble de ces réactions montre que ces corps irisants ne sont
pas formés de protides comme ceux des Callithamnion , mais de tan-
noïdes. C’est ce qu’avait déjà reconnu P. DANGEARD pour les corps
irisants d’un Laurencia indéterminé. D’après la description et les fi¬
gures publiées par MaNGENOT (1933) des corps irisants du Chondria
82
J. FELDMANN
caerulescens (Crouan) Falk. Il semble que ces corps soient analogues
à ceux du Laurencia paniculata, que j’ai étudiés.
Il en est de même sans doute des corps irisants du Laurencia
pinnatifida signalés par MANGENOT. Je les ai également observés à
Banyuls, chez un Laurencia pinnatifida présentant une iridescence
blanc violacé. Leur aspect rappelle tout à fait ceux du Laurencia
paniculata de Castiglione; ils fixent le bleu de crésyle, qui les colore
en bleu. Malheureusement, je n’ai pas eu le loisir d’essayer d’autres
réactions.
III. — Type Castroclonium.
Ce type de corps irisant a été étudié par Mangenot (1933),
chez le Castroclonium clavatum (Roth) Ardiss. (= Chylocladia cla-
vata Bliding), espèce fréquente en Méditerranée, au printemps, et pré¬
sentant une belle iridescence de teinte variable, souvent vert doré. Je
n ai rien a ajouter aux observations de Mangenot. Il décrit ces corps
jusants comme formant « un rideau ou écran superficiel et continu,
localise, semble-t-il, directement sous la paroi et recouvrant ainsi le
corps protoplasmique depuis l’extrémité distale de la cellule jusqu’au
tiers ou à la moitié de celle-ci ».
Che f. le , s , al S ues captives, ces écrans, très fragiles, acquièrent un
aspect ride, fibrilleux. Us ne fixent, semble-t-il, ni le rouge neutre ni
e bleu de cresyle. L’interprétation de ces corps irisants, très particu-
liers, est encore réservée.
Chez le Chylocladia Kaliformis (Good. et Wood.) Grev., Man¬
genot (loc. cit.) a également observé des corps irisants qui se rap¬
prochent de ceux du Castroclonium clavatum par leur non colorabilité
par le bleu de crésyle, mais s’en distinguent, très nettement, par leur
situation mtra-vacuolaire. Ils mériteraient de nouvelles recherches
Alors que tous les autres corps irisants des Floridées sont incolores
ou legerement jaunâtre en lumière transmise, ceux des Champiacées
(Castro omum et Chyloclad,a ) sont brillamment colorés. Chez des
Chÿlocladia squarrosa (Kütz.) U Jolis, présentant une belle irides¬
cence moidoree, les corps irisants qui ressemblent à ceux décrits par
MANGENOT chez le Chylocladia Kaliformis sont d'un bleu vert au
centre et d un beau rose vif à la périphérie.
IV. — Type Ochtodes.
I A y^ Cht °i eS SeCUn f?? ea (^‘agne) Howe (O. filiformis
deta fa^ilt d "'RF f ?, 'T- M ° nt ’ ) eSt Une P etite Rhodophycée
de la famille des Rhizophyllidacees, assez commune aux Antilles, au
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
83
niveau des basses mers, sur les rochers fortement battus dans les sta¬
tions ombragées. Par son aspect extérieur, cette algue rappelle un
peu le Sphaerococcus coronopifolius de nos côtes européennes. Ainsi
que l’a signalé HoWE (1920, p. 583), elle est généralement indes¬
cente. Je l’ai observée en mars et avril 1936, dans diverses localités
de la Guadeloupe (Antilles françaises), où sa belle iridescence vio¬
lacée avait attiré mon attention.
Examinée en lumière réfléchie, à un faible grossissement, la sur¬
face de l’algue vivante paraît ponctuée de petits points brillants, forte¬
ment iridescents, se détachant nettement sur le fond rouge sombre de
En coupe transversale, on constate que les cellules iridescentes
sont constituées par des cellules spéciales plus grosses que les cellules
du cortex qui les entoure et allongées radialement. Elles présentent
un contenu homogène réfringent et iridescent dont je n ai pu malheu¬
reusement rechercher la nature.
Il s’agit en somme de cellules sécrétrices particulières (Diusen-
zellen), comparables par leur situation et leur forme à celles décrites
chez diverses Flondées, en particulier chez les Schizymenia. Des cel¬
lules sécrétrices analogues se retrouvent aussi chez les Rhizophylli-
dacées méditerranéennes ( Rhizophyllis Squamariae et R.. Coda ), mais
chez ces deux espèces leur contenu, vraisemblablement lipoïdique,
n’est pas iridescent.
La présence de cellules sécrétrices particulières chez YOchiodes
secundiramea n’avait pas encore été signalée, à ma connaissance.
J. Agardh, qui a publié une étude anatomique de cette espèce (Flori-
deernes Morphologi, 1879, tab. XXI, fig. 1 -8), ne les figure pas.
L ’Ochtodes secundiramea est jusqu’ici la seule Rhodophycée iri-
descente dont les corps irisants soient localises dans des cellules paiti-
culières spécialisées.
Les caractères des quatre types de corps irisants connus jusqu ici
chez les Rhodophycées peuvent se résumer ainsi :
Type Callithamnion : Corps irisants intra-vacuolaires, de nature
vraisemblablement protéique, situés dans des cellules non
différenciées.
Type Laurencia : Corps irisants vraisemblablement mtra-vacuo-
laires, de nature tannoïdique, situés dans des cellules non
différenciées.
Type Gastroclonium : Corps irisants de nature non définie, for¬
mant un écran mince sous la membrane de cellules non dif¬
férenciées.
Source : MNHN, Paris
84
/. FELDMANN
Type Ochtodes : Corps irisants de nature non définie, localisés
dans des cellules sécrétrices spéciales.
OLTMANNS avait admis que 1 iridescence constituait un mode de
protection contre la trop forte intensité lumineuse, et comme un moyen
d’éliminer les radiations nocives à la vie de la cellule.
Il ne semble pas que ce rôle soit très efficace, ainsi que l’ont
remarqué Sauvageau (1911) et Ollivier (1929).
Beaucoup de Floridées iridescentes ( Callithamnion caudalum,
Ochtodes secundiramea par exemple) sont des espèces sciaphiles vi¬
vant dans les grottes ou sous les surplombs jamais exposés à la lumière
directe. Enfin, j ai observé, à Banyuls, chez un Seirospora Griffith-
siana dragué par 25 mètres, au cap Béar, des inclusions iridescentes
très bien développées, bien que faiblement iridescentes.
Ollivier (1929, p. 73), pour le Callithamnion caudatum, avait
supposé que l’iridescence qu’il considère, à tort selon moi, comme le
premier stade d’une altération profonde de la cellule, était plutôt
attribuable à l’émersion. Mais la présence de corps irisants chez des
algues de profondeur, comme c’est le cas pour le Seirospora Griffith-
siana cité plus haut, est en contradiction avec cette hypothèse.
Colorations des algues
On a longtemps admis que les différentes colorations que pré-
sentent les algues^ colorations dues aux pigments surajoutés aux pig-
ments habituels (Phycoxanthine chez les Phéophycées, Phycocyanine
et Phycoérythrine chez les Cyanophycées et les Rhodophycées)
étaient en relation avec le niveau que ces algues occupent par rapport
a la surface de la mer.
Les algues bleues seraient celles qui seraient situées au niveau
le plus eleve puis les algues vertes, brunes et rouges, se succéderaient
a des profondeurs croissantes. En réalité, il n’existe pas de relation
absolue entre le niveau occupé par une algue et la couleur de ses pig-
Certaines Rhd f S P° sslble b éta blir de règle précise à ce sujet
Certaines Rhodophycees sont des espèces de grand soleil, vivant à
“pidet 5 qUe CertameS a ' gUeS VerteS 5C ' aphileS 5 ° nt 1°“-
Rodriguez aux Baléares, a constaté à plus de 100 mètres de
profondeur la presence de Chlorophycées ( Codium Bursa Codium
™ orbiculare), ainsi que de Phéophycées
k£oZcL UmmaHa ***** Born.) mêlées à des
Dans le golfe de Naples, Funk (1927, p. 287) a établi le pour-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
85
centage des Chlorophycées, Phéophycées et Rhodophycées existant
aux diverses profondeurs. Les chiffres obtenus montrent que, dans cette
région, la proportion des algues de ces trois groupes existant à une
profondeur donnée est toujours à peu près la même.
Aux Dry-Tortugas (Floride), W.-R. Taylor (1928, p. 35)
cite, comme ayant été draguées à 91 m. 50, dix espèces parmi les¬
quelles neuf sont des Chlorophycées et la dixième une Phéophycée;
il n’y avait aucune Rhodophycée à cette profondeur.
Les deux graphiques (fig. 5 et 6) suivants, établis pour la flore
des environs de Banyuls, montrent bien qu’il n’existe pas de parallé¬
lisme absolu entre la couleur des algues et la profondeur où elles
vivent.
St L ILS ILI SL L ILS ILI
Cyanophycées Chlorophycées
73
SL L ILS ILI SL L ILS IU
Phéophycées Rhodophycées
Fig. 5. — Graphiques de la répartition des espèces des différents groupes d'algues, d'après les
étages où elles vivent sur la côte des Albères. Les colonnes indiquent le pourcentage des
aloues d'un même groupe existant dans chaque étage par rapport au nombre total es
espèces de ce groupe existant à Banyuls. 11 faut remarquer que d'assez nombreuses
espèces existant dans plusieurs étages entrent plusieurs fois en ligne de compte. Ce qui
explique que le total des pourcentages soit supérieur à 100.
SL = Etage supralittoral. L = E. littoral. ILS = E. infralittoral supérieur. ILI = E. m-
fralittoral inférieur.
Si l’on examine la figure 5, montrant la répartition des espèces
des différents groupes d’algues d’après l’étage où elles se trouvent,
on voit, abstraction faite de l’étage supralittoral, où le facteur émersion
est prépondérant, que les quatre grands groupes d’algues (Cyanophy-
cées, Chlorophycées, Phéophycées et Rhodophycées) présentent le
maximum d’espèces dans l’étage infralittoral supérieur, c est-à-dire
à moins de 5 mètres de profondeur, le nombre des espèces existant dans
l’étage infralittoral inférieur (entre 10 et 40 mètres de profondeur)
est toujours inférieur à celui de 1 étage infralittoral supérieur, mais,
pour les quatre groupes d algues, il dépassé celui des especes du meme
groupe existant dans l’étage littoral.
La figure 6, donnant ce que 1 on pourrait appeler le « spectre
biologique » de chaque étage, est peut-être moins démonstrative. Llle
]. FELDMANN
montre une progression très nette du nombre des Rhodophycées vers
la profondeur, alors que, pour les autres groupes, il n’apparaît aucun
rapport évident entre la profondeur et la couleur des algues, toujours
en faisant abstraction de l’étage supralittoral et en partie de l’étage
littoral, où le facteur émersion intervient et favorise le développement
de beaucoup de Cyanophycées et de Chlorophycées, mieux adaptées
en général que les Phéophycées et les Rhodophycées à résister à
l’émersion.
Fig. 6. — Graphiques du pourcentage des espèc:s des diffé
la flore de chaque étage sur la côte des Albères. — Cy
rophycées. Ph = Phéophycées. Rh = Rhodophycées.
rents groupes d'algues constituant
- Cyanophycées. Chl == Chlo-
En somme, il existe, aussi bien chez les Cyanophycées et les
Chlorophycées que chez les Phéophycées et les Rhodophycées, des
algues photophiles et des algues sciaphiles, et leur photophilie ou leur
sciaphilie ne semble pas être en rapport direct avec la nature de leurs
pigments.
Néanmoins, si beaucoup de Rhodophycées vivent près du niveau
et sont photophiles, un certain nombre d’entre elles sont vertes et non
rouges, ne contenant que peu ou pas de phycoérythrine. Ce pigment
étant facilement détruit par la lumière, il s'agit là plutôt d’une consé¬
quence de l’éclairement très vif que d’une adaptation vis-à-vis de ce
facteur Cela est particulièrement net pour le Rissoella verruculosa ,
qui, de brun violacé foncé en hiver, devient en été, à la fin de sa végé¬
tation, d’un beau jaune d’or par suite de la destruction d’une grande
partie de sa phycoérythrine. De même, le Laurencia obtusa, d’un beau
rouge carmin en hiver, se décolore partiellement en verdissant pendant
ete dans es stations bien éclairées. Par contre, d’autres espèces telles
que e Laluthammon granulatum, qui vivent au début de l’été en plein
fi, ne . subl5sent en général aucune décoloration et conservent une
belle couleur rouge.
Le < : as ^ es Ç>' a . n0 P llycées est plus complexe, et, pour certaines
d entre elles, la theone de l’adaptation chromatique d’ENGELMANN et
de CjAIDUKOV semble se vérifier.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
C’est ainsi qu’à Banyuls, le Lyngbya sordida est d une teinte
vert brunâtre lorsqu’il vit près du niveau, alors que les échantillons
de cette espèce, récoltés par 25 à 30 mètres de profondeur, sont d une
belle couleur rouge carmin (FeldmaNN. 1932), par suite du rempla¬
cement de la phycocyanine par la phycoérythrine. ,
c U r les dix-neuf espèces de Cyanophycees pourvues de phycoéry¬
thrine existant à Banyuls, une (Amphilhrix vwlacea) vit dans les
cuvettes supralittorales exposées en plein soleil, sept se rencon rent près
du niveau, dans les stations ombragées et peu éclairées, saut 1 Usalta-
toria minialc, qui vit en été dans les stations ensoleillées ; enfin, paimi
les vingt et une espèces de Cyanophycées existant en profondeur (entre
IC et 40 mètres), quinze sont colorées en rouge.
Comme on le voit, les Cyanophycées rouges dominent en proron-
deur, mais le fait que plusieurs d’entre elles vivent près du niveau cans
les stations ombragées montre que la formation de la phycoérythrine
est plutôt en rapport avec l’éclairement faible qu’avec la nature des
radiations lumineuses. . , n
L’existence de Chlorophycées rouges vivant en profondeur (Us-
treobium, Ulvella ), signalées par Nadson (1932) et par M” Ko-
CHL1NA (1932), mériterait d’être confirmée, et il y aurait lieu de
rechercher si le pigment rouge de ces algues est bien de la phyco-
eiythrine-n, ^ de ment ; om:e ; que la phycoérythrine n’est nulle¬
ment indispensable à l’assimilation des algues de profondeur. Lubi-
MENKO et TlCHOVSKAIA (1928) ont en effet montré que, maigre la
faible intensité lumineuse et l’absence de radiations rouges à 50 métrés
de profondeur, la photosynthèse des algues de toutes couleurs s y
effectue normalement.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE VII
LA TEMPERATURE
Généralités
Variations annuelles de la température de l'eau de mer
Des mesures de température de 1 eau de mer ont été autrefois
effectuées à Banyuls par Pruvot. Les résultats de ces observations
nous sont connues grâce à Sauvaceau (1912, p. 40), qui a publié
les moyennes mensuelles de la température de l'eau de mer prise en
surface, à 1 extrémité de la jetée du Laboratoire, quotidiennement
pendant cinq années, de 1901 à 1905.
Ces moyennes mensuelles sont
les suivantes :
Janvier.
. 11-7C.
Juillet.
P évrier .
Août.
Mars.
Septembre.
.. . 20 "8
Avril .
Octobre.
Mai .
. 16»3
Novembre.
... 15°5
Juin .
Décembre.
... 13“4
rm J ( ?T me , ° n , ie Voit : ! e mois le p |us froid celui de février
, Ao _ Jf, pus chaud, juillet (22°8). La moyenne annuelle est de
16 5 et I écart entre la température moyenne du mois le plus froid
et celle du mois le plus chaud de 1 I “9
Il est intéressant de comparer ces chiffres avec ceux publiés pour
differentes régions de la Méditerranée : Monaco (Richard, Oxner
et SlRVENT, 1923), Palma de Mallorca (Navarro, 1931), Malaga
(K DE Buen) les côtes d’Algérie (Bounhiol, 1910), Naples
(Schott, 1926), Rovigno (Vatova, 1930).
On peut constater que, pour le mois le plus froid, la température
de 1 eau de mer a Banyuls est inférieure à celle de la plupart des
autres localités méditerranéennes (de 2°04 pour Monaco, de 5“4 pour
Cherchell, en Algérie). Elle est par contre supérieure de 1 "7 à celle
de Kovigno, dans le nord de l’Adriatique.
89
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
Le mois où la température de l’eau de mer est la plus élevée est,
« rr tJs stts
maxima. ...
La température estivale de l’eau de mer est sensiblement
pl- 5 faible à Banyuls que dans les autres localités considérée .
de 3"Cl par rapport à Palma de Mallorca de 1”7 par rapport a
Naples et de C"9 par rapport à Cherchell. La température de o
vïï plus basse en'hiver'que celle de Banyuls, lu, est supérieure de
0”79 en été.
Par comparaison avec l’Atlantique voisin, il faut d abord noter
que, dans la Méditerranée, l’écart entre la moyenne du mois le plus
froid et celle du mo.s le plus chaud est relativement eleve. Il est de
| | 9 à Banyuls et s'élève à 14”39 à Rovtgno, pour s abaisser a 7 4
à Cherchell, qui, comme toute la côte algérienne jouit de 1mfluena
modératrice du courant océanique pénétrant par le détroit de G,b, a
tar Alors que, dans le nord de l'Adnatique, le climat plus << conti¬
nental » entraîne un écart plus grand que dans la Méditerranée occi¬
dentale.
Dans l’Atlantique, l’écart annuel de la température de^ 1 eau e
mer n’est que de 8" sur les côtes sud de l'Angleterre, de 5-8 aU F ° r '
tugal, et s’abaisse à 3-5° aux Canaries (ScHOTT, 19-6).
L’écart plus grand dans la Méditerranée s’explique surtout par
la température estivale, plus élevée que dans l’Atlantique sous a meme
latitude. La moyenne du mois le plus froid étant de 8-9 sur les cotes
sud de l’Angleterre, de 13-15” au Portugal, alors que la température
moyenne du mois le plus chaud n’atteint que 16" sur les cotes sud de
l’Angleterre, et 19° au Portugal.
Variations nycthémérales de la température
Les différences de température de l’eau, entre le jour et la nuit,
sont relativement faibles en Méditerranée.
En Algérie, à Fouka (baie de Castiglione), BoUNHIOL a ob¬
servé, pour l’eau littorale, une variation maxima de 3°1 en février,
et une variation minima de l°3 en juillet.
A Banyuls, en juillet, la différence de température au cours
d’une même journée (de 5 heures du matin à minuit) ne dépasse pas
1°5 pour l’eau de surface, à l’extrémité de la jetee de 1 île Grosse
(üg. 7).
90
/. FELDMANN
H T
Fig- 7. Graphique des variations de la
comparées à celles de la température
le 19 juillet 1933.
température de l’eau de mer littorale en surface
et de I état hygrométrique de l’air, à Banyuls,
. Température de la mer.
T mpérature de l'air
- Etat hygrométrique de l'ai, à quelques mètres au-de.rus du „„ea„.
(D après Feldmann et Davy DE Virville, 1933.)
y anations de la température en jonction de la profondeur
On sait que la température de la mer diminue rapidement à me¬
sure que 1 on s enfonce en profondeur. Dans les grands océans la
àTaqueTlë r i' dC ““ S aba,S !, e jUSqU ’ aU V ° isinage de 4 °’ température
il • eau Pimente sa densité maximum. Dans la Méditerranée
il n en est pas de meme, et la température aux plus grandes profon-
deurs n est pas inferieure à 13° C. F
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
le n’ai pas eu la possibilité d’étudier les variations de température
en fonction de la profondeur à Banyuls, mais les résultats obtenus
dans d’autres régions de la Méditerranée peuvent vraisemblablemen
«’annliauer aux environs de Banyuls.
Voici, d’après F. Wendicke (1914), la température de la mer
à différentes profondeurs (de C à 1 OC m.) dans la baie de Naples,
mesure effectuée les 5 et 7 juin 1913
0 m. 22-7 C.
2 m. 22-46
5 m . 21“/1
10 m. 19-20
15 m. ' 8 °29
20 m. 17 " 67 c -
25 m. ' 7 °05
35 m. ' 7 ' 85
50 m . 14-88
ICO m. 13-85
Des chiffres très comparables à ceux-ci ont été publiés par Ri¬
chard, Oxner et SlRVENT, pour les environs de Monaco. C est ainsi
qu’en ioût (moyenne des années 1907 à 1914), la-température de
beau en surface est de 24"42, et, à 50 mètres, de 15 67. En hiver, la
différence entre la température de surface et de profondem est plus
faible. En février, la température est de 12 94 en surface, I- /9 a
25 mètres, et I2°97 à 50 mètres.
En résumé, l’écart annuel de la température entre le mois le plus
froid et le mois le plus chaud, assez grand en surface, s atténué très
notablement en profondeur jusqu’à devenir presque nul.
Les algues vivant en profondeur sont donc placées dans des condi¬
tions de température très différentes de celles de surface. Le sont, pour
la plupart, des espèces sténothermes, et si un grand nombre d entie
elles se développent surtout en été, cela tient sans doute beaucoup
plus à l’éclairement plus fort dont elles jouissent à cette époque qu a
la faible augmentation de température qui se produit au meme mo-
ment.
Variations locales de la température
La température de l’eau de mer au voisinage de la cote présente,
en outre, de fortes variations locales en corrélation avec la topographie
du rivage. Dans les stations peu profondes où l’eau s’étend en couches
minces, sa température subit des variations beaucoup plus grandes que
dans les stations plus profondes. Dans ces conditions, 1 eau a une
température plus élevée en été et plus basse en hiver.
Ces variations de température sont encore exagérées dans les
flaques et les cuvettes isolées de la mer. En hiver, la température y est
très inférieure à celle de la mer libre. C’est ainsi que, le 3 février 1932,
entre 9 et 10 heures du matin, par temps calme (pas de vent), la
température de la mer en surface dans une station abritée de 1 anse
Source : MNHN, Paris
92
/. FELDMANN
de la Ginestère, au-dessus d’u:i fond situé environ à 40 c/m. de
profondeur, était de 10°. Au même moment, dans une cuvette située
à 0 m. 25 au-dessus du niveau moyen, entièrement isolée de la mer et
à l’ombre, dont la végétation était constituée de Mélobésiées encroû¬
tantes et de Polysiphonia subulata, j’ai noté une température de 4°5
seulement. Le même jour, dans une autre cuvette également isolée de
la mer et située à l’ombre, dont le fond était tapissé de Chaetomorpha
Adriani et de Chaetomorpha aéra, la température était de 5°. Le
lendemain, à 2 heures de l’après-midi, la température de la mer étant
j ai noté 6° dans une des flaques à Platymonas tetrathele de
1 île Grosse.
, Pendant l’été, la température des cuvettes est généralement très
supérieure à celle de l’eau de mer.
Dans un mémoire précédent, nous avons indiqué, Davy DE
Virville et moi (1933), de nombreuses mesures de température de
cuvettes effectuées en juin et juillet. Je rappellerai seulement ici que
nous avons noté fréquemment des températures dépassant 30” (maxi¬
mum 33°), et des écarts considérables de température au cours d’une
meme journée : 10” dans les cuvettes à Phéophycées et Rhodophy-
cees, et jusqu à 18” dans les cuvettes à Chlorophycées.
Déjà, dans d’autres régions de la Méditerranée, divers auteurs
avaient signale les températures élevées des cuvettes isolées de la mer
en ete C est ams. que Techet (1904), dans l’Adriatique, a mesuré,
dans des flaques des températures de 36 à 38”. Moi-même, à Cher-
chell en Algérie (1931, p. 190), j’ai observé, fin juin 1930, dans une
grande cuvette tapissée d un épais gazon d’ Enteromorpha compressa
bien vivant, une température de 40°.
Comme on le voit, la température maxima des cuvettes isolées de
la mer, en ete, a Banyuls, est nettement inférieure à celle des cuvettes
analogues dans d autres régions de la Méditerranée. Ce fait s’expliqu»
par 1 état hygrométrique de l’air, relativement peu élevé à Banyuls
qui entraîne une évaporation plus intense de l’eau des cuvettes, ce qui
tend a s opposer a 1 élévation de la température.
Action de la température sur la répartition des algues
La température élevée de l’eau de mer agit directement sur le
Ü 13 CeTait t TV" l'intensité des échanges
température P^^ent net dans les cuvettes littorales à
in fort d ' 7 leaU Se 5ature d ’ 0X ^ ène et ° ù l’ on observe
fort dégagement de ce gaz, résultat d’une photosynthèse intense.
Mais s. la température élevée favorise certaines algues (quelques
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
Chlorophycées, beaucoup de Cyanophycées), qui prospèrent en ete
dans les stations peu profondes où l'eau s'échauffe, elle est nettemen
défavorable pour beaucoup d’autres especes, qui disparaissent pendant
l'été du voisinage de la surface où la température des eaux est trop
élevée pour elles. j
Nous verrons plus loin que la température elevee de 1 eau de
surface, en Méditerranée, comparée à celle des eaux de la Manche,
entraîne de grandes différences dans les périodes de végétation et la
phénologie des organes reproducteurs des algues communes a ces deux
Les algues marines peuvent être divisées en espèces eurythermes
et en espèces sténothermes. -ai
Les espèces eurythermes sont généralement localisées près de la
surface et se rencontrent toute l’année; elles possèdent souvent une
vaste aire de répartition, certaines mêmes ( Ulva , Enleromotpha) étant
cosmopolites. . v ,
Les espèces sténothermes, au contraire, sont souvent localisées en
profondeur, où la température est moins variable, et celles qui se ren¬
contrent en surface ne se développent que pendant une saison déter-
minée. . , .
L’écart relativement considérable existant entre la température
de l’eau de mer de la Méditerranée en été et en hiver, écart beaucoup
plus grand que celui qui existe dans l’Océan, est une conséquence de
la situation de mer fermée qu’occupe la Méditerranée. Cet écart pei-
met de considérer la Méditerranée comme une mer tempérée pendant
l’hiver, et comme une mer subtropicale pendant l’été. Ce double carac¬
tère influe nettement sur la flore algale, qui présente, en hiver, une
végétation où dominent les types à affinités tempérées ou même bo¬
réales ( Uloihrix , Bangia , Nemalion ), alors qu’en été on y observe de
nombreux représentants de la flore tropicale ( Acetabulana , Anadyo-
mene, Halimeda, Digenea , etc.).
CHAPITRE VIII
LA COMPOSITION CHIMIQUE DE L'EAU DE MER
Il ny a pas lieu, ici, d’insister beaucoup sur la composition chi¬
mique de 1 eau de mer. Si sa composition saline, que l’on trouvera
indiquée dans tous les traités d’océanographie, est bien connue, il
n en est pas de même du rôle biologique de ses différents constituants.
L)e nombreuses recherches sont encore à faire dans cette voie; on
trouvera de bons résumés de nos connaissances actuelles sur la question
dans les ouvrages de Lecendre (1925), H.-W. Harvey (1928) et
A. Labbé (1932). ’
La Salinité
Un des caractères chimiques les plus évidents de la composition
chimique de 1 eau de mer est sa forte teneur en sels halogénés, et, en
particulier en chlorure de sodium. Cette teneur, qui varie selon les
meis du globe, en particulier dans les mers fermées, est relativement
elevee dans la Mediterranée.
Aux environs de Banyuls, l’eau de mer littorale renferme, en été,
envnon 38 grammes de chlorures (exprimés en NaCl) par litre. Les
variations de la salinité de l’eau de mer libre sur la côte des Albères
sont relativement très faibles, du fait de l'absence de grands fleuves
t de pluies abondantes. Mais, dans les cuvettes isolées de la mer les
variations sont considérables. Elles peuvent avoir lieu dans le sens de
a concentration qui peut aller jusqu’à l’évaporation complète, et à
danTî 7 , 7 ek par 5Uite de ou, au contraire,
ans sens de la dilution, par suite de l’apport d’eau douce par les
m™u’à°l P d r d 7 S T tements , : cette dilu tion Pouvant également aller
jusqu a la dessalure a peu près complète.
Action biologique des variations de salinité
Les faibles variations de la salinité de l’eau de mer libre ne
paraissent avoir aucune action biologique sur les algues fixées Les
les algues exposées a de grandes variations de salinité sont celles
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
95
vivant dans les étages littoraux et supralittoraux et celles des cuvettes
isolées. , v ,, .
Les algues littorales et supralittorales demeurent exposees a 1 air
pendant assez longtemps, subissant un commencement de dessiccation
ainsi qu’une concentration de l’eau qui les mouille. Par contie, en
cas de pluie, elles sont mouillées d’eau douce, qui dilue 1 eau de mer
qu’elles retenaient par capillarité. Aussi, la plupart des algues littorales
et supralittorales sont-elles très euryhalines et capables de sup¬
porter, sans dommage, des variations de salinité souvent très considé¬
rables. Il en est de même des espèces submergées vivant dans les
cuvettes isolées, dont l’eau est susceptible de se concentrer fortement,
par évaporation. C’est ainsi que j’ai observé, le 25 juillet 1933, à
Collioure, des Acetabularia mediterranea (Photo 38, PI. XIX) en
parfait état, dans une grande cuvette dont l’eau contenait 47 gr. 62
de NaCl par litre, soit 10 grammes de plus que la normale. A la même
époque, dans d’autres cuvettes, j’ai rencontré le Chaetomorpha aerea
dans de l’eau contenant 64 gr. 52 de NaCl par litre, et Cladophora
Rudolphiana dans de l’eau renfermant 53 gr. 70 de NaCl par litre.
Toutes ces espèces étaient parfaitement normales et ne paraissaient
nullement souffrir de la forte concentration du milieu où elles vivaient.
Il en est de même du Platymonas tetrathele, que j’ai trouvé dans
des cuvettes contenant, seulement en hiver, 32 grammes de NaCl par
litre, et qui, en été, était non moins abondant dans la même cuvette
dont l’eau contenait 77 gr. 36 de NaCl par litre. J’ai même observé
cette espèce, en petite quantité, il est vrai, dans une cuvette dont l’eau
contenait plus de 100 grammes de chlorures par litre.
Par contre, certaines espèces, comme le Stephanopiera grac.ilis,
ne vivent que dans des eaux fortement sursalées (plus de 150 grammes
de chlorures par litre), et d’autres sont localisées dans les eaux très
dessalées ne contenant que quelques grammes de sels ( Brachiomonas).
Toutes les espèces ne sont pas aptes à supporter ces grandes
variations de la salinité, et il est intéressant de remarquer, à ce propos,
que ce sont souvent les mêmes espèces qui se rencontrent dans les eaux
sursalées comme celles des marais salants, et dans les eaux plus ou
moins dessalées des estuaires. Ce sont donc des espèces essentiellement
euryhalines.
Pour les espèces euryhalines, il existe une salinité optima, va¬
riable avec chaque espèce, pour laquelle les algues présentent leur
maximum de développement.
C’est ainsi que YEnleromorpha intestinalis, qui est susceptible de
vivre à la fois dans les eaux très sursalées, l’eau de mer normale et
l’eau tout à fait douce, présente son optimum de développement dans
96
]. FELDMANN
de l’eau de mer diluée (Lola B. Brown, 1915). De nouvelles re¬
cherches seraient à entreprendre à ce sujet.
La teneur en oxygène de l’eau de mer
L’existence d'oxygène dissous dans l’eau de mer est une condition
indispensable à la vie des êtres marins, et, de fait, l’eau de mer de
surface en contient toujours. Les recherches de J.-P. Jacobsen
(1912), qui, au cours de la croisière océanographique danoise du
Thor , en Méditerranée, a effectué de très nombreux dosages d’oxy¬
gène, ont montré que, dans toutes les régions de la Méditerranée
explorées, 1 eau de mer de surface était toujours saturée d’oxygène et
que, vers 50 mètres de profondeur, il y avait même sursaturation.
Aussi, il ne semble pas qu’il existe dans la mer libre, vers la sur¬
face, des variations assez considérables de la teneur en oxygène dis¬
sous, pour que ce facteur puisse avoir une influence quelconque sur le
développement des algues. On a longtemps admis que les eaux très
agitées étaient plus riches que les autres en oxygène. Les recherches
de E. Fischer (1930) ont montré qu’il n’en était rien.
i C est seulement dans les cuvettes isolées de la mer, où l’influence
de 1 activité respiratoire des animaux et des algues peut entraîner, pen¬
dant la nuit, une diminution considérable de la teneur de l’eau en
oxygène dissous, que les variations de ce facteur peuvent jouer un rôle
important sur la végétation des algues. Pendant la journée, dans les
cuvettes ou la végétation est abondante, il y a, au contraire, sursatura¬
tion, 1 oxygène résultant de la photosynthèse se dégage en petites
bulles qui entraînent parfois à la surface de l’eau les touffes d’algues
mal fixées.
Le gaz carbonique et le pH
On sait depuis longtemps que l’eau de mer est légèrement alca-
hne, et que le gaz carbonique quelle contient s’y trouve en partie à
1 état dissous, en partie à l’état combiné, sous forme de carbonates et
de bicarbonates, ces derniers étant susceptibles de dissociation.
La teneur de 1 eau de mer en gaz carbonique dissous ou combiné
est très variable, et, en grande partie, fonction de l’activité des êtres
vivants : végétaux et animaux. Ces derniers dégagent du gaz carbo¬
nique par leur respiration, tandis que, chez les algues, la photosynthèse
entraîne une disparition du CO 2 et la respiration une mise en liberté
de ce gaz. D apres PaNTANELU (1923), la pauvreté en CO 2 de l’eau
de mer en profondeur serait un facteur de limitation pour la distribu-
tion des algues.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
97
L’étude des variations de la concentration en ions hydrogène
(pH) de l’eau de mer permet de se rendre compte des variations de la
teneur en CO 3 libre et combiné de l’eau de mer. La diminution de la
quantité de CO 3 entraîne une dissociation des bicarbonates qui, en se
transformant en carbonates, augmentent le pH de l’eau de mer.
A Banyuls, l'eau de mer libre, en surface, présente, en été, un
pH voisin de 8,2, et ses variations sont relativement très faibles.
11 en est tout autrement dans les cuvettes isolées, où l’eau de mer
ne se renouvelle que rarement, ainsi que je l’ai montré dans un travail
antérieur, publié en collaboration avec Ad. Davy DE VtRVILLE
(1933), qui a ultérieurement (1935) confirmé et étendu aux côtes
atlantiques de France nos premières observations faites sur la côte des
Albères.
Je rappellerai seulement sommairement ici les conclusions de ce
travail.
Fig. 8. — Graphique des varialions de la température et de l'alcalin,té (pH)
d'une cuvette littorale à Enlcromorpha compressa, à Banyuls, le ou juin ivro.
.Température de 1 eau
-pH
(D’après Feldmann et Davy de Virville, 1933.)
Dans les cuvettes littorales à Chlorophycées ( Enteromorpha ,
Cladophora, Chaetomorpha ), l’alcalinité de l’eau subit des variations
considérables au cours d’une même journée. Sensiblement égale au
7
Source : MNHN, Paris
98
J. FELDMANN
lever du soleil à celle de l’eau de mer libre (pH 8,2), elle s’élève
rapidement pour atteindre et même dépasser, après quelques heures
d’insolation, pH 9,4 (fig. 8).
Dans les cuvettes infralittorales, dont l’eau est plus fréquemment
renouvelée et dont la végétation est surtout constituée par des Phéo-
phycées et des Rhodophycées présentant un métabolisme moins actif
que les Chlorophycées, le pH est beaucoup moins variable et ne
s’éloigne guère de ce qu’il est dans la mer libre.
L’hyperalcalinité des cuvettes littorales à Chlorophycées a cer¬
tainement une influence très grande sur la composition de la flore de
ces cuvettes. C’est sans doute à elle qu’il faut attribuer la rareté, dans
ces cuvettes, des algues fragiles, qui ne peuvent supporter une forte
élévation du pH ; néanmoins, la température élevée et la forte salinité
de l’eau de ces cuvettes doivent aussi entrer en ligne de compte, mais
à un degré moindre, semble-t-il.
L influence néfaste de l’augmentation du pH pour beaucoup
d’algues a été nettement mise en évidence par ATKINS (1922). C’est
avec raison que cet auteur conclut que les Ulves (et aussi les Entéro-
morphes et les Cladophora) constituent, dans les cuvettes, pour les
autres algues, « a highly indésirable neighbour ».
Matières organiques
On sait peu de choses sur la nature et la quantité des matières
organiques dissoutes dans l’eau de mer.
L’existence de ces substances est néanmoins indiscutable et elles
doivent jouer un rôle important dans la nutrition et le développement
des algues, comme dans celle des animaux marins (Théorie de
Putter) .
Malheureusement, les méthodes de dosage habituellement em¬
ployées ne permettent pas de se rendre compte exactement de la nature
précise et de la quantité exacte des matières organiques dissoutes.
La mesure du pouvoir réducteur de l’eau de mer vis-à-vis du
peimanganate de potassium à chaud et en milieu alcalin, préconisée
en particulier par Ed. FlSCHER (1930) et par P. CHAUCHARD
(1933), ne fournit que des résultats difficiles à interpréter, car toutes les
matières organiques ne réduisent pas également le permenganate dans
ces conditions, et des eaux ayant même pourvoir réducteur peuvent
renfermer des matières organiques très différentes en quantité et en
qualité.
Des dosages de 1 ammoniaque (ammoniaque libre et saline d’une
part, et ammoniaque organique d autre part) seraient beaucoup plus
intéressants.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERR ANÉE 99
Nous sommes également mal renseignés sur le mode d'utilisation
oar les algues des substances azotées dissoutes. Les expenences de a
anciennes de Vernon (1899) à ce sujet sont intéressantes, mais la
quasi-impossibilité d'opérer sur des algues marines en culture pure a
K exclusion de tous autres organismes, rend les résultats obtenus jus-
qU ' C D'aprèfp S ANTANELLl (1923), quelques algues, surtout celles
qui sécrètent du mucus, seraient capables d'utiliser indirectement 1 azote
élémentaire dissous dans l’eau par 1 intermediaire des bactéries qui
vivent dans leur mucus. , ,, . .
L’abondance des matières organiques, surtout azotees, d ongin
animale a une influence très nette sur le développement de certaines
aLues Les Ulves, en particulier, deviennent luxuriantes dans les sta
lions où se rencontrent de telles matières organiques (embouchures
d’égouts, etc...). L’action favorisante des substances azotees a d ail¬
leurs été mise expérimentalement en évidence par les recherches e
Letts et de Richards (1911), et par celles de Foster (1914).
Lorsque l’abondance des matières organiques devient trop
grande, ce sont surtout les bactéries dont le développement est favorise.
Seules, quelques Cyanophycées sont susceptibles de vivre dans ce
milieu trop riche, où s’opèrent des fermentations putrides néfastes a
la plupart des algues (faciès sapropéhque des auteurs).
Sels divers
Outre les chlorures et les sulfates, qui constituent la majeure
partie des sels dissous de l’eau de mer, d’autres sels jouent un rôle
important dans la nutrition des algues.
C’est le cas, en particulier, des nitrates et des phosphates, dont
Harvey et ATKINS ont étudié les variations au cours de 1 année.
PanTANELLI (1923) a examiné l’action de ces sels sur les
algues du golfe de Naples. Il a observé que les espèces accoutumées
à une faible teneur en nitrates et en phosphates réagissent fortement a
l’addition de ces sels à leur milieu normal.
Les nitrates favorisent le développement des organes végétatifs,
mais suppriment la tendance à la reproduction, tandis que les phos¬
phates favorisent la formation des organes reproducteurs.
Ces sels (nitrates et phosphates) doivent être abondants dans les
eaux chargées de matières organiques d’origine animale (eau de mer
mêlée d’eau d’égout par exemple), et leur abondance a certainement
une influence notable dans l’action de ces eaux polluées sur la végé-
tation des algues.
100
/. FELDMANN
On trouvera également, dans le mémoire de PANTANELLI, des
observations sur l’action de différents sels dissous de l’eau de mer sur
la végétation des algues.
Les sels de calcium et de magnésium sont indispensables à cer¬
taines algues capables de les fixer en quantité énorme dans leurs mem¬
branes (algues calcaires, Corallinacées).
Il en est de même des sels de potassium dont on retrouve des
quantités relativement considérables dans les analyses de cendres
d’algues marines (Phéophycées en particulier).
Le rôle de l’iode et du brome est également à signaler puisque
l’iode est accumulé par certaines espèces soit à l’état organique ou
d’iodures dans tout le thalle des algues, soit à l’état libre dans les
cellules spécialisées de certaines espèces (Ioduques des Asparagopsis,
etc., etc...).
La question de la présence du brome libre dans les bromuques
des Antithamnion et des Ceramium mériterait de nouvelles recherches.
DEUXIÈME PARTIE : LA VÉGÉTATION
CHAPITRE IX
HISTORIQUE DE LA PHYTO-OCEANOGRAPHIE
MÉDITERRANÉENNE
Grâce à l’existence de marées d’amplitude notable, laissant à
basse mer une large étendue facile à parcourir et où les algues se
répartissent en zones d’aspect très différent et facilement visibles, même
pour un œil non prévenu, les côtes de 1 Atlantique et de la mer du
Nord ont attiré les premières l’attention des algologues et les ont inci¬
tés à étudier la répartition des algues suivant les différentes stations et
les différents niveaux où elles se rencontrent.
On sait que c’est à Wahlemberg (1812), en Noivège, à Ch.-
M. d’Orbigny (1820) et à Lamouroux (1825-1826), en France,
que l’on doit les premiers documents sur la répartition des algues
marines et les premiers essais de divisions bionomiques des régions
marines occupées par la végétation.
Ce serait sortir du cadre de ce travail que d’énumérer les nom¬
breux travaux bionomiques et écologiques auxquels a donné lieu,
dans les différentes régions du globe, 1 étude de la répartition des
algues. Pour les côtes du nord de l’Europe, qui ont été les plus étudiées
à ce point de vue, on consultera avec fruit l’important historique publié
par Sernander (1917), ainsi que celui de Torsten GlSLEN (1930),
plus récent et étendu à toutes les mers du globe.
Je me contenterai seulement, ici, de passer en revue les princi¬
paux travaux ayant trait à la végétation marine de la Méditerranée,
végétation d’ailleurs sensiblement differente de celle des côtes nor¬
diques et se rapprochant, par certains côtés, de celle des régions tio-
picales, dont l’étude écologique est beaucoup moins avancée.
102
J. FELDMANN
Les premiers naturalistes océanographes qui explorèrent la Mé¬
diterranée ne nous fournissent guère de documents utilisables sur sa
végétation. A l’époque où L.-F. DE MARSILI faisait connaître, dans
son Histoire physique de la mer (1 725), le résultat de ses observations
faites sur les côtes de Provence et du Languedoc, nos connaissances
botaniques sur les algues marines étaient encore embryonnaires; aussi,
n’est-il pas étonnant que la quatrième partie de son ouvrage, dans
laquelle il traite des plantes marines (parmi lesquelles il range d’ailleurs
les éponges et les polypiers), soit bien inférieure à celles qui traitent
de l’océanographie physique proprement dite, et ne nous fournisse
aucun document utile au point de vue phyto-océanographique. Il en est
de même, d’ailleurs de VlTALIANO DoNATI, qui, dans son ouvrage inti¬
tulé Délia storia naturale marina dell' Adriatico, publié à Venise
en 1750, décrivit quelques algues récoltées par lui.
Les algologues de la fin du XVIII e et du début du XIX e siècle
négligèrent également l’étude de la répartition et de l’écologie des
algues qu’ils étudiaient. Les uns, comme Roth, vivant éloignés de la
Méditerranée, se contentaient d’examiner les algues renfermées dans
la « mousse de Corse » des pharmacies ( 1 ). De nombreuses espèces
méditerranéennes furent ainsi primitivement décrites d’après des échan¬
tillons de cette provenance. Les autres naturalistes, vivant au bord de
la Méditerranée, négligeaient la recherche des algues en place, pour
préférer la récolte des échantillons détachés et rejetés en épaves sur les
plages après les tempêtes.
J. -G. Agardh, dans ses Algae maris Mediterranei et Adriatici ,
publiées à Paris en 1842, au retour d’un fructueux voyage algologique
sur les côtes méditerranéennes de France et d’Italie, donna le premier
quelques indications écologiques précises, en signalant sommairement,
pour chaque espèce, les conditions de milieu dans lesquelles elles
vivent. Dans la préface de cet ouvrage, il souligne la différence de
végétation entre les côtes battues et les côtes abritées, ainsi que l’in¬
fluence de 1 éclairement plus ou moins intense sur la végétation, mais
sans tenter de présenter un tableau d’ensemble de la végétation médi¬
terranéenne en fonction des différents facteurs, et, en particulier, par
rapport au niveau où vivent les algues, comme il l’avait fait, quelques
années auparavant (1836), pour les côtes de Suède.
C est au zoologiste Ed. F ORBES que nous devons le premier essai
de division de la Méditerranée en « zones » superposées, possédant
chacune une faune et une flore différentes et caractéristiques.
(I) On sait que cet anthe.lminthique, presque inusité actuellement et constitué théori-
quement par des frondes sèches d 'Alsidium Hclminthochorlon. est généralement composé d'un
grand nombre d algues variées ainsi que d'animaux (Mollusques, Crustacés, Bryozoaires,
Hydraires, etc...) provenant du raclage des rochers de la Méditerranée. Le plus souvent,
I Alsidium Helminthochorton y fait entièrement défaut.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
103
Ses observations, faites en mer Egée, sur les cotes d Asie Mi¬
neure lui permettent de diviser la région comprise entre le niveau de
l’eau et la profondeur de 300 brasses (environ 550 métrés), profon¬
deur qui, pour lui, représentait la limite inférieure de la vie animale,
en huit « régions » dont chacune est caractérisée par la presence de
certaines algues et d’animaux, et par la nature lithologique des tonds.
Les cinq premières régions distinguées par FoRBES renferment
des algues caractéristiques : les régions VI et Vil (entre 55 et 105 fa-
thoms, 100-190 m.) ne renferment plus que des « Nullipores >> (Li-
thothamniées). Au delà, la VIII' région, de 105 a 230 fathoms
(190-420 m.), est caractérisée par l’absence de végétaux.
Plus tard, FoRBES substitua, à cette première classification en
huit régions, une division en quatre « zones », basée sur ses observa¬
tions faites sur les côtes d’Angleterre, mais qui fut ensuite admise,
même pour la Méditerranée, par divers zoologistes. Les quatre zones
distinguées par FoRBES sont les suivantes :
1 ° Zone littorale comprise dans la zone de balancement des
marées ;
2° Zone circumliltorale ou des Laminaires, s’étendant du zéro
des cartes marines, limite inférieure des marées, jusqu a
15 brasses (27 m.) de profondeur;
3“ Zone médiane ou des Corallines, de 15 à 50 brasses de
profondeur (91 m.) ;
4° Zone inframédiane ou des Coraux de mer profonde, à partir
de 50 brasses jusqu'au point d’extinction de la vie animale.
Pour la Méditerranée, FoRBES admettait que la zone littorale
était comprise entre 0 et 2 brasses (3 m. 65). Les auteurs qui admirent
la classification de FoRBES ne conservèrent pas toujours cette limite;
P. FlSCHER, en particulier (1887), la réduisit, avec juste îaison, « a
la courte zone comprise entre le flux et le reflux ».
Vingt ans après le premier mémoire de FoRBES, dans une étude
océanographique et biologique très détaillée du golfe de Quarnero,
J.-R. LORENZ (1863) distingue, dans cette région, six étages super¬
posés présentant chacun une flore et des caractères océanographiques
particuliers (température de l’eau principalement).
Ces six régions sont, de haut en bas, les suivantes .
1. Région supralittorale, située au-dessus du plus haut niveau
de la mer.
Il et III. Région littorale, divisée elle-même en :
104
/. FELDMANN
Région littorale émergente et
Région littorale immergée, jusqua 2 brasses de pro¬
fondeur (3 m. 60).
Région IV. De 2 à 15 brasses (3 m. 60 à 27 m.).
Région V. De 15 à 30-35 brasses (27 m. à 55-64 m.).
Région VI. De 35 à 60 brasses (64-110m.).
Chacune de ces régions est subdivisée selon l’éclairement, la na¬
ture du fond, 1 agitation et la composition chimique de l’eau (eau
polluée, eau saumâtre) en « Faciès », dont Lorenz indique la végé¬
tation caractéristique.
En 1877, Ardissone et Stafforello, dans leur étude des
algues de Ligurie, divisent la région marine peuplée d’algues en trois
zones :
/ Zone : Du plus haut niveau de la mer jusqu’à la profondeur
de 3 brasses (5 m. environ).
2 Zone : De 3 à 20 brasses (5-35 m.).
3' Zone : De 20 brasses à la limite de la végétation.
La première zone est elle-même subdivisée en trois sous-zones :
/ " Sous-zone : Depuis le plus haut niveau de la mer jusqu’au
niveau moyen.
2 Sous-zone : Du niveau moyen au niveau des plus basses mers.
3 Sous-zone : Du niveau le plus bas jusqu’à 3 brasses de pro¬
fondeur.
La première zone, ajoutent Ardissone et STRAFFORELLO,
pourrait être appelée celle des Confervoidées, ou mieux des algues
vertes; la troisième, celle des Halyméniées, et la seconde, « par absence
de genre d’algue caractéristique », celle des Zostères.
Comme on le voit, Forbes, Lorenz, Ardissone et Straffo-
RELLO attribuent tous à la profondeur une importance capitale comme
facteur de la distribution des algues, ainsi que le montrent les nom¬
breuses divisions en tranches horizontales limitées par des isobathes
déterminés.
Cette tendance à accorder un rôle prépondérant à la profondeur
se retrouve également chez les bio-océanographes de l’Atlantique nord,
KJELLMAN (1877), en particulier, continuant les recherches inaugu¬
rées par J.-G. Agardh, Orsted, Areschouc, etc., distingue, dans
ses etudes sur la végétation marine des régions arctiques et de la Scan¬
dinavie, une région (Cebiet) littorale s’étendant depuis le niveau le
Source : MNHN, Paris
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
105
plus haut jusqu’au niveau le plus bas atteint par la mer ; une région
sublittorale jusqu’à 20 brasses de profondeur, et, enfin, au-dessous
de ce niveau jusqu’à la limite de la végétation, une région elittorale.
K.JELLMAN a cherché à étendre cette classification aux mers sans
marées ou à marées de peu d’amplitude, et, sur les côtes occidentales
du Skager-Rack, il fixe la limite inférieure de la région littorale a la
profondeur de 3 à 4 mètres, en se basant sur le niveau supérieur atteint
par les Laminaires.
En France, le zoologiste VAILLANT (1873-1891) restreint un
peu les limites de la région littorale de K.JELLMAN, en se basant sur
les niveaux atteints par les maxima et les mimma des hautes et des
basses mers aux divers moments de la marée (morte-eau, vive-eau,
marée d'équinoxe). C’est ainsi qu’il distingue une zone subterrestre
depuis le niveau des pleines mers maxima d’équinoxe jusqu au niveau
des pleines mers minima de vive-eau; une zone littorale, de ce niveau
à celui des basses mers maxima de vive-eau, et une zone sublittorale
de ce niveau à celui des basses mers minima d’équinoxe. La zone lit¬
torale étant elle-même subdivisée en trois sous-zones.
Cette classification marquait déjà un progrès sur les précédentes,
puisqu’elle substituait à la notion de niveaux bathymétnques inva¬
riables, celle de niveaux cotidaux, ce qui permet des comparaisons plus
faciles entre des régions où l’amplitude de la marée est différente.
Reprenant les recherches floristiques entreprises peu avant par
Falkenberg (1879), Berthold publie, en 1883, un important mé¬
moire sur la flore et la répartition des algues dans le golfe de Naples.
Contrairement aux auteurs précédents, BERTHOLD n accorde
qu’une faible importance à la profondeur dans la répartition des
algues. Les deux facteurs qui lui paraissent les plus importants, et
auxquels il subordonne les autres, sont : l’agitation de l’eau et la
lumière. Il groupe en tableau les différentes algues du golfe de Naples
en fonction de ces deux facteurs, et en distinguant seulement une région
émergeante et une région émergée. Cette classification biologique des
algues, basée sur leur comportement vis-à-vis de deux facteurs seule¬
ment qui, s’ils sont parmi les plus importants, ne sont pas les seuls, est
incomplète, et les différents groupes d’algues distingués par BERTHOLD
ne constituent pas des groupements naturels et ne donnent pas une
idée bien claire de ce qui s’observe dans la nature, comme pourrait
le faire un groupement en « associations ». Aussi, comme 1 indique
Ollivier (1929, p. 66), « son œuvre, dont on ne peut nier la haute
importance, vaut plus par les principes directeurs et les observations
de détail que par la synthèse qui en découle, et celle-ci n a pu servir
de méthode de travail ».
106
/. FELDMANN
Vers la même époque, Marion (1883) étudie la répartition des
animaux marins et, accessoirement, des végétaux, dans le golfe de
Marseille. Il distingue les différents groupements animaux suivant la
classification suivante :
I. — Ports.
II. — Zone littorale :
a) Zone littorale émergée.
b) Zone littorale immergée (0-2 m.)
c) Région des plages.
III. — Prairies de Zostères (1) :
a) Fond des calanques dans les eaux pures (3 à 4 m. de
prof.). Transition de la faune littorale à celle des
prairies de Zostères.
b) Prairies littorales (4-10 m.).
c) Prairies profondes (10-20 m.).
IV. — Faune du pourtour des prairies de Zostères :
« Broundo » des pêcheurs de Marseille. Graviers coralli-
gènes.
V. — Fonds vaseux.
Comme on le voit, cette classification est hétérogène, puisque les
différents types de stations distingués sont caractérisés, tantôt d’après
leur niveau, tantôt d après la nature du substratum, ou encore d’après
leur situation topographique ou la pureté de l’eau. Il était néanmoins
intéressant de rappeler ici le travail de Marion, qui constitue la pre¬
mière contribution importante à l’étude bionomique d’une localité des
côtes françaises de la Méditerranée. Ce travail renferme de nombreuses
obseï vations intéressantes et fournit d utiles points de comparaison
avec le peuplement de la région de Banyuls.
Vers la même époque, PicCONE (1883) publiait un résumé des
connaissances acquises sur la répartition et 1 écologie des algues ma¬
rines.
Bien qu’il s’agisse d’un travail de floristique plutôt que de phy-
to-océanographie, il y a lieu de citer ici les recherches de J.-J. Ro-
DRIGUEZ (1888-1889) aux Baléares. Dans son catalogue, cet auteur
fait connaître la végétation remarquablement riche qui existe à une
profondeur relativement considérable autour de Minorque, et il donne.
(I) Il s'agit en réalité de prairies de Posidonies (Posidonia oceanica).
} fond du golfe.
( eau-vive.
Source MNHN, Paris
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE _ 107
pour chacune des espèces, des indications précises sur les profondeurs
° Ù 6 Les V mémoires de Pruvot (1894-1898) marquent un important
progrès en bio-océanographie et sont particulièrement intéressants a
citer ici, puisqu'ils reposent sur des observations faites dans lajegmn
de Banyuls. Après avoir étudié la topographie et la bathyllthologl
des ronds (1894), Pruvot consacre un premier memone
l'étude de la distribution des invertébrés marins dans la région de ° a '
nyuls Dans ce travail, Pruvot divise le fond die la mer en trois
grandes régions : I. Région littorale; II. Région cotiere ; III. Région
profonde. Ces trois régions sont elles-mêmes subdivisées en zones aux
limites supérieures et inférieures assez imprécises, car, dit-il : « partout
nous avons trouvé les associations animales en rapport, non avec la
profondeur absolue, mais la nature meme des fonds, et, secondai!
ment, avec les conditions physiques ; repos ou agitation des eaux. »
Enfin, chaque zone est divisée en « faciès » ; faciès sableux, locheux
et vaseux selon la nature du fond.
Des trois régions : littorale, côtière et profonde, seule la pre¬
mière est habitée par des algues.
La région côtière, comprenant la zone de la vase cotiere et d
sables du large, est, dans la région de Banyuls, dépourvue d algues,
ainsi que la région profonde. . ... ■
La région littorale « comprenant 1 étroite bande soumise a agi
talion des vagues superficielles qui y empêchent le depot de la vase »
est ainsi subdivisée par PRUVOT :
Région littorale
1 " Zone subterrestre
i a) Horizon supérieur.
/ 2° Zone littorale. \ b) Horizon moyen.
I c) Horizon inférieur.
« La zone subterrestre est caractérisée par le fait que les etres
qui l'occupent passent la plus grande partie de leur vie réellement a
sec, exposés à l’air et aux rayons du soleil » ; elle comprend les rocheis
émergés et la surface supérieure des trottoirs d algues calcaires
La zone littorale de PRUVOT comprend toute la partie du tond,
généralement immergée, qui s’étend jusqu’à la région cotiere, c est-a-
dire jusqu’au point où commence à se déposer la vase, niveau d ail¬
leurs variable suivant la nature du littoral.
Dans la zone littorale, PRUVOT distingue les quatre faciès sui¬
vants : sable pur des plages, sable fin couvert d’herbiers, trottoirs et
roche vive couverte d’algues, ces différents faciès étant caractérisés
par des associations animales différentes.
108
]. FELDMANN
La zone littorale est elle-même subdivisée en trois « horizons ».
L’horizon supérieur s’étend depuis le niveau jusqu’à 2 ou 3 mètres de
profondeur en moyenne, l’horizon moyen est particulièrement caracté¬
risé par la présence des herbiers de Posidonies; enfin, l’horizon infé¬
rieur comprend les graviers à Amphioxus et les fonds coralligènes.
La profondeur à laquelle se rencontrent ces fonds coralligènes est très
variable; généralement localisés entre 30 et 40 mètres, ils peuvent
remonter plus près du niveau, et Pruvot les signale par une dizaine
de mètres seulement dans l’anse de Paulilles, alors qu’ils descendent
jusqu’à 70-80 mètres contre l’île Masa de Oro, à la pointe du cap
de Creus.
L’idée principale qui se dégage du mémoire de Pruvot est que
la profondeur n’intervient que très secondairement dans la répartition
des êtres marins, et qu’on ne peut l’utiliser pour diviser les fonds marins
en zones naturelles; ces zones doivent être, au contraire, basées unique¬
ment sur la composition des associations biologiques animales et végé¬
tales, qui caractérisent des zones d’étendue et de hauteur variables
selon les points considérés, et qui coïncident souvent dans les grandes
lignes avec les subdivisions fondées sur la nature physique du substra¬
tum telle que la révèlent les sondages.
Ce sont ces idées que devait développer Pruvot deux ans après
(1897), dans son mémoire classique sur les fonds et la faune de la
Manche occidentale comparés à ceux du golfe du Lion. Dans ce tra¬
vail, il insiste surtout sur la bionomie des côtes de la Manche et
montre, en particulier, que la zone intercotidale ne constitue pas une
unité bionomique, les conditions étant très différentes entre les stations
situées à un niveau relativement élevé et qui découvrent tous les jours,
et celles situées près du bas de 1 eau et qui ne découvrent qu’excep-
tionnellement. Pruvot établit enfin un parallélisme entre les diffé¬
rentes zones et horizons distingués dans la Méditerranée avec ceux
qu il décrit dans la Manche. C’est ainsi qu’il rapporte à la zone sub¬
terrestre les rochers couverts de Balanes et de Pelvetia. Dans la zone
littorale, l’horizon supérieur est en particulier représenté, dans les faciès
rocheux, par les rochers couverts de Fucus; l’horizon moyen par les
cailloutis à Cystos&ra , et les rochers à Himanthalia. Enfin, il rattache
a l’horizon inférieur les rochers couverts de Laminaires et les fonds
graveleux à Bryozoaires, ainsi que le Maerl (fonds à Lithothamnium
calcareum ).
Le grand mérite de Pruvot a été de substituer, en bio-océano-
graphie, la notion de niveau bionomique à celle de niveau bathymé-
trique, ou de niveau cotidal, en montrant que la profondeur n’a pas
1 importance prépondérante que lui avaient attribuée ses prédécesseurs
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
dans la distribution des êtres marins, et que la nature du substrat un,
l'agitation de l'eau et d’autres facteurs viennent détruire le parallé¬
lisme que l’on avait cru pouvoir établir entre les niveaux bathymetnques
OU cotidaux et les niveaux occupés par tel ou tel etve marin.
En 1901 Ch. FlahAULT décrit, dans ses grandes lignes, la
végétation marine des côtes françaises de la Méditerranée. Sa classi¬
fication en zones superposées est inspirée de celle de Pruvot et basee
sur ses observations personnelles faites, en particulier, dans la région
de Banyuls, qu’il avait explorée à plusieurs reprises.
FLAHAULT distingue les cinq zones suivantes :
a) Zone halophile littorale.
b) Zone subterrestre (au niveau moyen de la mer).
c) Zone marine littorale divisée en :
1. Horizon supérieur, découvert parfois sans interruption
pendant plusieurs jours;
2. Horizon inférieur, toujours immergé jusqu à 5 mètres de
profondeur.
d) Zone marine sublittorale de 5 mètres de profondeur environ,
à 200 mètres.
e) Zone abyssale. Végétation inconnue.
Pour chacune de ces zones, il indique les différentes stations
représentées, qui correspondent à peu près aux faciès de PRUVOT, et
donne une liste des espèces les plus caractéristiques.
La zone halophile littorale n’appartient pas à la végétation ma¬
rine proprement dite, et comprend seulement la flore, surtout constituée
de phanérogames et de lichens, des falaises et des dunes, ainsi que
celle des marais salants.
La distinction entre la zone subterrestre et l’horizon supérieur de
la zone marine littorale est peu précise; c’est ainsi que FLAHAULT
indique comme caractéristique de la zone subterrestre le Porphyra
leucosticta et le Nemalion lubricum , que l’on retrouve ensuite cités
parmi les caractéristiques de la zone littorale. Une partie de la zone
subterrestre doit donc être comprise dans l’étage littoral tel que je le
définirai plus loin.
K. TECHET (1906) donna une bonne description de la flore du
golfe de Trieste accompagnée de remarques intéressantes, notamment
sur les variations saisonnières de la flore. Etudiant la répartition ver¬
ticale des algues, il admet trois régions principales : région supralitto-
rale, région émergeante et région submergée, cette dernière étant sub¬
divisée en deux sous-régions séparées par 1 isobathe de 5 mètres. La
Source : MNHN, Paris
110
J. FELDMANN
flore de l’Adriatique fut également étudiée par de nombreux auteurs
qui, dans des travaux d’importance variable, complétèrent, à certains
égards, les recherches de LORENZ et de TECHET. Citons en parti¬
culier : Schiller (1907-1915), Schiffner (1916), Tobler
(1906), Vouk (1915), Vatova (1928).
Il y a lieu de mentionner également les recherches de GlNZBER-
GER (1925) et surtout celles d’ERCEGOVIC, qui portèrent leur atten¬
tion sur la flore endohthe de l’étage supralittoral, composée surtout de
Cyanophycées (Chroococcales et Chamaesiphonales en particulier).
Cette végétation endohthe trouve des conditions particulièrement
favorables à son développement sur les côtes dalmates. On doit à
Ercegovic (1932) plusieurs travaux importants sur la composition
floristique de cette végétation et une étude minutieuse des associations
qu’il a cru pouvoir distinguer.
Ces recherches, dont certains détails ont été contestés, mérite¬
raient d’être reprises dans d’autres régions de la Méditerranée; je n’y
insisterai pas ici car, par suite de l’absence de rochers calcaires dans
la région de Banyuls, ces algues font défaut dans cette région.
Les facilités de travail accordées aux botanistes par le Labora¬
toire Arago, à Banyuls, attirèrent plusieurs algologues dans cette ré¬
gion; j’ai déjà cité C. FLAHAULT, il convient de mentionner aussi le
botaniste belge J. Chalon, qui fit connaître, par une note sommaire
(1900), les principaux caractères de la flore de Banyuls, en insistant
surtout sur la flore des algues calcaires, dont il avait confié la déter¬
mination à Heydrich.
Mais c’est surtout à C. SAUVAGEAU que nous devons d’impor¬
tants renseignements écologiques sur la flore marine de Banyuls, qu’il
a eu 1 occasion d observer souvent au cours de ses nombreux séjours au
Laboratoire Arago.
Dans plusieurs de ses travaux sur la morphologie et le dévelop¬
pement de Phéophycées de Banyuls, on trouve de précieux renseigne¬
ments d ordre écologique et phyto-océanographique. Son mémoire
classique, A propos des « Cystoseira » de Banyuls et de Guéthary ,
est particulièrement important à cet égard. On y trouve, en effet, outre
es renseignements inédits sur les conditions physiques et la flore ma¬
nne de la région de Banyuls, une étude détaillée, à la fois systématique,
morphologique et écologique des Cystoseira de la région de Banyuls,
que 1 auteur a étudiés pendant de longues années et aux différentes
saisons. La place prépondérante qu’occupent les Cystoseira dans la
végétation marine de la Méditerranée donne au mémoire de Sauva-
GEAU un intérêt phyto-océanographique considérable.
Depuis le travail de Marion et la disparition des algologues
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE "1
marseillais, DerBÈS, SoLlER, GlRAUDY, qui, aux alentours de 1850,
étudièrent en détail, mais seulement au point de vue systématique et
morphologique, la flore marine des environs de Marseille, cette région
avait été un peu négligée des algologues.
Dans une étude générale de la flore du département des Bouches-
du-Rhône, DECROCK (1914) réserve un chapitre à la flore marine
de cette région. Après avoir passé en revue les différents facteurs éco¬
logiques influant sur la répartition des algues, DECROCK étudié la ré¬
partition des algues suivant le niveau où elles vivent. Sa classification
est calquée sur celle de Flahault, mais au lieu de conserver le terme
de zone adopté par cet auteur, il emploie celui d’« étage », par ana¬
logie avec les étages de la végétation terrestre sur le flanc des mon¬
tagnes. Il distingue donc quatre étages :
1) Etage subterrestre;
2) Etage littoral;
3) Etage sublittoral;
4) Etage abyssal.
Ces étages ont à peu près les mêmes limites que les zones homo¬
nymes de Flahault. Dans chacun de ces étages, DECROCK établit
des subdivisions, soit d’après le niveau, en distinguant dans 1 étage lit¬
toral une ceinture littorale supérieure et une ceinture littorale inférieure
correspondant aux deux « horizons » de FLAHAULT, soit d après
l’agitation de l’eau, la nature du substratum, l’éclairement, la concen¬
tration en sels, etc...
Pour chacune des stations considérées, il donne une liste des
espèces classées en espèces dominantes, abondantes et clansemees.
Malheureusement, ces listes ne sont guère utilisables, car elles ren¬
ferment, outre des indications d’espèces non méditerranéennes et mani¬
festement mal déterminées (1) et des synonymes désuets, beaucoup
de noms sans doute inédits et sans indication d’auteurs, puisés vraisem¬
blablement dans des herbiers et qui doivent être des synonymes d’es¬
pèces bien connues (2). L’ensemble donne plutôt 1 impression dune
compilation que d’une étude personnelle originale.
La seule chose à retenir du mémoire de DECROCK est 1 adoption
du terme d’étage pour désigner les subdivisions verticales du domaine
marin, terme qui a l’avantage d’homogénéiser la nomenclature phyto-
géographique et phyto-océanographique en abandonnant le terme de
zone, qui doit être pris dans un sens différent.
(1) Par exemple, Hildenbrandtia rosea, Bryopsis Rosae, Derbesia marina, Griffithsia
confervoides et sans doute aussi : Nilophyllum Hilliùe, laceratum et Cmelini, etc...
(2) Chrysymenia lactuca, Vaucheria mediterranea, Laurencia Iruncatiramea, Rivularia
Mesogloicte, Crouania implexa et iniricata, etc...
112
/. FELDMANN
Ce terme d’étage a été d’ailleurs adopté également par les zoolo¬
gistes, en particulier par SEURAT dans ses études bionomiques sur les
côtes de la petite Syrte (1924, 1929, 1933), et celles d’Algérie
(1927, 1935).
L'existence de marées importantes dans le golfe de Gabès a per¬
mis à SEURAT une étude détaillée des différents étages bionomiques
de cette région. II divise le « district littoral », seul représenté dans
la Syrte mineure, en trois étages :
1) Etage intercotidal ou étage de balancement des marées;
2) Etage littoral jusqu’à la profondeur de 50 à 60 mètres, l’ho¬
rizon supérieur de celui-ci étant la prairie de Posidonies et de Cau-
lerpes ;
3) Etage côtier, caractérisé par un éclairement beaucoup moins
intense et un appauvrissement notable de la flore.
L’étage intercotidal est lui-même subdivisé en trois horizons :
1 ) Horizon supérieur correspondant à la zone subterrestre de
Pruvot;
2) Horizon moyen;
_ 3) Horizon inférieur, caractérisé par sa végétation de Cymo-
docées.
Dans chacun de ces étages et de ces horizons, Seurat distingue
plusieurs faciès selon la nature du substratum.
Etudiant également les côtes d’Algérie, il établit un parallé¬
lisme entre les divisions qu’il avait précédemment établies pour le
golfe de Gabès et celles qu’il distingue aux environs d'Alger, où l’am¬
plitude de la marée est beaucoup plus faible.
C est ainsi que, dans le faciès des rochers battus, il cite comme
caractéristique de l’horizon supérieur de l’étage intercotidal un cer¬
tain nombre d’algues : Lithophvllum (?) Notarisii, Nemalion lubri-
cum, Polvsiphonia sertularioides, Tenarea tortuosa, etc... Cette der¬
nière espèce se retrouve également citée dans l’horizon moyen, avec le
Cpstoseira mediterranea (1). Enfin, l'étage littoral est caractérisé, en
particulier, par la prairie de Posidonies.
En 1927, G. Funk publie un important et volumineux travail sur
la végétation marine du golfe de Naples, qui complète utilement le
mémoire de Berthold. Dans cette étude, Funk décrit d’abord la
végétation des différentes localités explorées à l’aide de très nombreux
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VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
113
relevés. Ceux-ci auraient gagné à être groupés d’une maniéré synthé¬
tique, ce qui, en évitant beaucoup de répétitions, aurait rendu plus
claire’ la signification des associations distinguées par cet auteur.
Après avoir fait quelques intéressantes remarques sur 1 écologie
des algues marines, Funk tente de grouper celles qui constituent la
végétation du golfe de Naples en un système de « formations » et
d’« associations » selon le tableau suivant :
a) Formation de petites algues mélangées.
A. De la ceinture littorale.
1. Dans les eaux impures (région
des ports).
a) Régions battues.
. fortement éclairées.
.. ombragées.
b) Dans les eaux calmes.
. fortement éclairées.
.. ombragées.
2. Dans les eaux pures (extérieur
du golfe).
a) Régions battues.
. fortement éclairées.
* .. ombragées.
b) Eaux calmes.
. fortement éclairées.
.. ombragées.
... grottes.
B. Des moyennes et
1. Bangia-Enteromorpha-Corallina.
2. Hildmbrandtia-Graleloupia Co-
sentinii.
3. Ulva-Gigartina-Chaetomorpha.
4. Nitophyllum punclatum, Codium
elongatum, Sebdenia.
5. Hemalion, Laurencia pap'illosa.
6. Phyllophora palmettoides, V alo-
nia utricularis.
7. Enteromorpha Lirtza, Cladosle-
phus, Laurencia obtusa.
8. Halimeda iuna, Codium tomenlo-
sum.
9. Plumaria, Halopteris.
Vidalia,
grandes profondeurs.
10. Halimeda platydisca,
Ph'pllophora nei~vosa.
b) Formation de buissons de Cystoseira.
A. De la ceinture littorale.
1. Dans les eaux impures.
a) Région battue.
1 1. Cystoseira abrotanifolia.
114
/. FELDMANN
b) Dans les eaux calmes.
2. Dans les eaux pures.
a) Région battue.
b) Dans les eaux calmes.
B. De la région profonde.
1. Dans les eaux impures.
2. Dans les eaux pures.
12. Cpsloseira abrotanifolia, barbota,
Sargassum linifolium.
1 3. Cpstoseira mediterranea.
14. C. barbala.
15. C. discors.
16. C. Montagnei, Sargassum Horns-
chuchii.
1 7. C. dubia.
c) Formations de prairies sur sol sableux ou vaseux.
A. Phanérogames.
1. Sur sable: 18. Posidmia.
2. Sur vase : 1 9. Zoslera.
B. Algues.
1. Sur sable :
2. Sur vase :
20. Cracilaria conjervoides.
2 1. Caulerpa.
d) Formations d'algues calcaires.
A. De la ceinture littorale.
1. Seulement en eau pure : 22. Lilhothamnion tortuosum. Lenor-
martdi.
2. A l’intérieur et à l’extérieur 23. Coralüna mediterranea, Litho-
du golfe : thamnion incrustons.
B. Des moyennes et grandes profondeurs.
24. Liihoph-pllum expansum f. ge-
nuina.
25. Lithothamnion Philippii.
26. Lithophyllum racemus.
27. Lilhophyllum incrustons.
28. Peyssonnelia polymorpha, Litho¬
thamnion Philippii.
29. Lithothamnion fruticulosum, cal-
careum.
1. Sur fonds rocheux.
2. Sur fonds meubles.
a) fonds coquilliers :
b) fonds de galets :
c) boules mamelonnées creu¬
ses :
3. Sur fonds de sable.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
e ) Formations mêlées d’animaux et de plantes fixées.
A. Sur fonds de vase. 30. Bryozoaires.
B. Sur galets de Pozzuoli. 31. Ascidies.
C. Sur rochers. 32. Coraux.
33. Eponges.
f) Amas déchirés et arrachés d’algues et autres plantes (1).
34.
Le groupement de ces diverses associations en formations ne me
paraît pas une innovation heureuse; ces formations sont caractérisées
tantôt par la nature des algues associées (petites algues [Klemtang 1,
Cvstoseira. algues calcaires), tantôt d'après la nature du substratum
(formations de prairies sur sol sableux ou vaseux), tantôt enfin, d apres
la nature des animaux associés aux algues. Cette classification est dé¬
fectueuse, non seulement par son hétérogénéité, mais encore par e tait
que petites algues, Cÿsloseira. et algues calcaires, par exemple, ne
vivent généralement pas isolées les unes des autres, mais font souvent
partie, ensemble, d’une même association.
Malgré ses imperfections, le travail de FuNK constitue une contri¬
bution importante à l’étude de la végétation de la Méditerranée, et
dans laquelle on trouve un grand nombre de renseignements utiles.
On doit toutefois regretter qu’au point de vue systématique,
FUNK n’ait pas cru devoir donner des descriptions précises des especes
signalées sans aucune diagnose par BeRTHOLD, et qu’il a eu 1 occasion
de retrouver, mais encore qu’il ait lui-même augmente le nombre de
ces nomina nuda, qui demeurent des énigmes pour les algologues qui
ne peuvent aller à Naples, où les échantillons doivent être conserves.
En 1929 parut un important mémoire de G. OLLIVIER sur la
flore marine de la Côte d’Azur, travail malheureusement inachevé par
suite de la mort prématurée de son auteur.
Dans ce travail, OLLIVIER donne une bonne étude des differents
facteurs de la répartition des algues, qu’il divise en facteurs physiques:
a) profondeur et pression; b) émersion ; c) composition de 1 eau ;
d) lumière; e) température; f) agitation de l’eau; g) substratum;
facteurs biologiques externes, facteurs spécifiques et facteurs histo¬
riques. , .
Pour la distinction des différentes stations occupées par les algues,
il adopte les principales divisions horizontales et verticales proposées
(H Ce groupement comprend les"végétaux saprophytes, qui sa développent sur les
algues, et les Pos.donie. rejeter, en épave et qui sont représentées presque exclusivement par
des Bactéries suJfureuses.
116
/. FELDMANN
par PRUVOT, ainsi que leur division en faciès (rocheux, sableux, va¬
seux), mais il repousse la distinction dans ces différents faciès des
« modes » (battus, semi-battus, abrités, etc.) proposés par DE Beau-
CHAMP (1914). Cette superposition des modes aux faciès réintrodui¬
sant, selon lui, l’agitation de l’eau comme facteur nouveau, bien que
ce facteur ait déjà été implicitement employé pour la distinction des
faciès, ce qui surchargerait inutilement la classification des faciès en
lui enlevant beaucoup de netteté. Il divise donc les faciès de PRUVOT
en sous-facies, dont la distinction repose sur la notion de vitesse actuelle
d’érosion et de sédimentation.
Sa classification est la suivante :
I. Zone littorale.
a) Faciès rocheux :
1. Sous-facies rocheux d’érosion : roche dépourvue de sédi¬
ments.
2. Sous-facies rocheux de sédimentation : roche plus ou
moins couverte de sédiments.
3. Sous-facies rocheux malpropre : roche recouverte de
matières organiques.
b) Faciès des sédiments grossiers.
c) Faciès sablo-vaseux et vaso-sableux.
d) Faciès sapropélique.
II. Zone côtière.
Faciès vaseux.
Ainsi que je 1 ai déjà indiqué (ch. III), on ne constate pas tou¬
jours un parallélisme aussi étroit que l’indique OLLIVIER entre la
nature du substratum et l’intensité de l’agitation de l’eau, et la distinc¬
tion en « modes » proposée par DE BEAUCHAMP mérite, me semble-t-il,
d etre conservée.
Dans le sous-facies rocheux d érosion de la région littorale, le
seu , etudle en détail dans son travail, OLLIVIER distingue un horizon
supérieur correspondant à mon étage littoral, un horizon moyen depu.s
e niveau des plus basses mers jusqu'aux fonds coralligènes, et un
horizon intérieur.
Il décrit, en détail, les associations caractéristiques de ces divers
onzons et fait d intéressantes observations sur les rapports entre la
végétation et le « profil d'érosion » de la côte, La partie systématique
renferme de nombreux documents intéressants sur la biologie des
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE H7
algues de la région étudiée. Ce travail est accompagné de cartes indi¬
quant sommairement la répartition des différents types de végétation.
L’intérêt de ce mémoire fait vivement regretter que son auteur
n’ait pu l’achever complètement, mais, tel qu il est, il constitue une
contribution importante à la phyto-océanographie de la Méditenanée.
Plus récemment, L. BERNER (1931) a publié une Contribution
à l'étude sociologique des algues marines dans le golfe de Marseille ,
où il tente de décrire, en partie, la végétation marine de cette région,
en adoptant les méthodes phyto-sociologiques en vogue, et surtout en
s’inspirant, peut-être an peu trop aveuglément, des directives exposées
par Braun-Blanquet et PaVILLARD, dans leur Vocabulaire de So¬
ciologie végétale (1928). Les résultats n’en sont pas très heureux, et
ce n’est sans doute pas ce travail qui encouragera les phyto-océano-
graphes à adopter les méthodes et le vocabulaire compliqués utilisés
par les phytosociologues pour des recherches sur les plantes terrestres,
et qui demandent, pour être appliqués aux végétaux marins, d être
modifiés en vue de cette étude.
Enfin, dans un mémoire sur les algues marines de Cherchell
(1931), j’ai étudié sommairement les conditions du milieu et les asso¬
ciations végétales marines des étages suprahttoral, littoral et infra-
littoral supérieur de cette région d’Algérie, dont la végétation présente
de nombreuses analogies avec celle de la côte des Albères.
Rappelons, enfin, que la Mer Noire dont la végétation marine,
par suite de conditions océanographiques spéciales, est assez particu¬
lière, a été l’objet de divers travaux de la part des algologues russes
et roumains. Citons en particulier ceux de WoRONICHlN (1908), de
M me Morosewa-Wodjanitkja (1930) et de M" e M. Celan
(1935, 1936).
Le tableau suivant (Tableau V) indique la concordance des
différents systèmes de classification bionomique proposés par divers
auteurs.
Source : MNHN, Paris
tableau V
Concordance des différents systèmes de déification de s étages de la végétation marine de la Médtterranée
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE X
LES DIVISIONS BIONOMIQUES
ET LES GROUPEMENTS VEGETAUX MARINS
A. — Divisions bionomiques
On peut, avec Pruvot (1896, p. 574), diviser au point de vue
bionomique le domaine marin en trois « systèmes » caractérisés par
une similitude des conditions générales d’existence des êtres vivants qui
s’y rencontrent. De ces trois systèmes : système littoral, système abys¬
sal et système pélagial, le premier seul nous intéresse ici ; le second,
qui comprend tout le fond des océans situé au-dessous du système lit¬
toral, est caractérisé par l’absence de lumière et, par conséquent, de
végétaux autotrophes. Le système pélagial ne comprend que des êtres
planctoniques (animaux et végétaux) qui sortent également du cadre
de cette étude.
Le système littoral est, d’après PRUVOT, « l’étroite bande de pla¬
teau continental bordant les terres immergées jusqu’à la profondeur
de 200 ou 250 mètres environ... Il a, comme caractères primaires, com¬
mandant sa faune spéciale, la présence du sol sous-marin et de la lu¬
mière du jour, qui permet la vie des végétaux... auxquels il faut ajou¬
ter l’amplitude considérable des oscillations saisonnières et autres dans
les conditions physiques. »
Mais les conditions physiques sont loin d’être homogènes dans
toute l’étendue du système littoral, et il y a lieu d établir dans cet
ensemble des subdivisions.
J’ai indiqué, dans le tableau V, les principales subdivisions du
système littoral proposées pour la Méditerranée par divers auteurs;
on voit que l’accord est loin de régner entre eux. Pour les meis à
marées et pour l’Atlantique nord, les classifications sont encore plus
nombreuses.
Si les divisions du système littoral sont très diverses, les noms
qu’on leur attribue sont également très variés selon les auteurs. Les
premiers phytogéographes, Œ.RSTEDT, J.-G. Agardh, etc., ont
adopté le terme région, terme qui est conservé par des auteurs plus
120
J. FELDMANN
récents comme KjELLMAN (1878) et CoTTON (1912). Plus ré¬
cemment, le terme de zone a semblé l’emporter et a été adopté par
plusieurs auteurs. Flahault (1901), à la suite de PruvOT, a adopté
ce terme et en a donné la définition suivante : « Ce mot est appliqué
aux étages de la végétation superposés en altitude (zone alpine, sub¬
alpine) et en profondeur (zone halophile littorale, marine littorale,
sublittorale, abyssale), présentant d’une manière générale des tranches
plus ou moins horizontales de même caractère phytogéographique. »
Depuis, le terme de zone a été abandonné par les phytogéographes
pour la subdivision en tranches plus ou moins horizontales de la végé¬
tation des montagnes, pour lesquelles ils ont adopté le terme d’étage.
Néanmoins, certains auteurs comme Braun-Blanquet et Pavil-
LARD (1928) continuent à appliquer le terme de zone aux « ceintures
de végétation sur les rivages de l’Océan, les berges ou les rives des
lacs, des grands fleuves, etc. ». De même, GaUSSEN (1933) conserve
le terme de zone pour la « zone littorale », comme l’avait fait égale¬
ment Ollivier (1929).
Le terme d’étage me paraît néanmoins préférable à celui de zone
pour désigner les subdivisions principales du système littoral. Ce terme
a d ailleurs déjà été employé dans ce sens en phyto-océanographie, en
particulier par Decrock (1913) et par Seurat (1923).
Du Rietz (1930) a adopté le terme de « Stufe », traduction
allemande du mot étage.
Quant aux termes de zone et de région, il y a lieu, à l’exemple
des phytogéographes, de réserver leur emploi à la désignation des
divisions chorologiques du globe terrestre, en adoptant les définitions
qu’en a données SeTCHELL (1917) :
« Une zone constituant 1 ensemble des régions marines d’un même
hémisphère, dont la température du mois le plus chaud est comprise
dans un intervalle de 5°. »
9 es J a * ns ^ quon P eut distinguer, avec Setchell (1914), dans
1 hémisphère nord :
— Une
arctique (Upper Boréal zone de SETCHELL)
limitée au sud par l’isotherme estival (isothère) de 10°
Une zone boréale comprise entre les isothères de. . 10-15°
Une zone tempérée nord — 15-20°
Une zone subtropicale — 20-25°
Une zone tropicale _ 25-30°
La région marine constituant une simple subdivision géogra¬
phique dans une zone, c’est ainsi qu’on pourra parler de la région
méditerranéenne de la zone subtropicale nord.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
Dans certains cas, il peut être nécessaire de distinguer des sub¬
divisions dans chaque étage. Dans ce cas, on peut adopter le terme
d'horizon employé en particulier par Pruvot, Flahault et Seurat.
Des Abbayes (1934, p. 182) a adopté comme subdivision de
l’étage le terme d’« échelon », qui lui-même peut être subdivise en
horizons.
Le terme de ceinture, synonyme étymologiquement du mot zone,
pourra être adopté comme subdivision d’un étage ou d’un horizon,
pour qualifier une association formant une bande bien délimitée
caractéristique d’un niveau déterminé. Ex. : Ceinture à Rissoella venu-
culosa de l’étage littoral, Ceinture à Pelvetia canaliculala de l’horizon
supérieur de l’étage littoral, etc...
Etages
Le « système » littoral tel que l’a défini PRUVOT peut être divisé
en cinq étages :
Etage supralittoral.
Etage littoral.
Etage infralittoral supérieur.
Etage infralittoral inférieur.
Etage élittoral.
L’étage supralittoral comprend la partie du rivage habituel¬
lement exondée, mais plus ou moins mouillée par les vagues et les em¬
bruns lors des tempêtes. La faune, très réduite, est composée d ani¬
maux redoutant l’immersion, mais que leur besoin d humidité empêche
de s’éloigner du voisinage de la mer. C est le cas des Lygies (Lygia
italica ) sur les côtes rocheuses, et des Tahtres ( Talitrus saltator ) sur
les plages de sable.
La flore de l'étage supralittoral est constituée d’espèces qui, bien
que ne pouvant vivre loin de la mer, ne supportent pas non plus une
immersion prolongée.
La limite supérieure de cet étage est très variable ; très élevée
relativement, au-dessus du niveau de la mer, dans les régions où 1 humi¬
dité atmosphérique est forte, elle est beaucoup plus basse dans la Mé¬
diterranée. Aux environs de Banyuls, on peut fixer sa limite supérieure
extrême, et d’ailleurs rarement atteinte à environ 3 mètres au-dessus
du niveau moyen. C’est la hauteur maxima atteinte par le Verrucana
symbalana Nyl., sur la face exposée au nord des rochers très battus.
En règle générale, la limite supérieure de cet étage peut être
fixée (sauf le long des hautes falaises verticales dépourvues de végéta¬
tion) à la limite inférieure atteinte par les phanérogames halophiles.
122
]. FELDMANN
La limite inférieure de l’étage, très nette dans les stations calmes
des mers sans marées appréciables, où elle coïncide presque avec le
niveau moyen de la mer, est beaucoup moins précise sur les côtes des
mers à marées, ainsi que dans les stations battues de la Méditerranée,
où l’existence du ressac permet à la végétation littorale de s’élever
au-dessus du niveau moyen. Cette limite est très variable, on peut la
fixer, à Banyuls, au niveau inférieur atteint par le Verrucaria symba-
lana, et au niveau supérieur des Chtamales et des Bangia, qui appar¬
tiennent à l’étage littoral.
Les limites de l’étage littoral sont également difficiles à définir
clairement, car les auteurs n’attribuent pas tous au terme littoral la
même signification. Pour la plupart des auteurs, l’étage (ou zone)
littoral correspond à peu près à la zone intercotidale d’autres auteurs,
en restreignant toutefois, à la suite de PRUVOT, les limites de cette
« zone » aux régions soumises aux alternatives biquotidiennes ou tout
au moins fréquentes d’émersion et d’immersion.
Ainsi que 1 a montré Pruvot, les parties de la côte qui
n’émergent qu’aux marées d’équinoxe, c’est-à-dire quelques heures,
deux fois par an, ne diffèrent guère par leur flore et leur faune de
celles situées plus bas et ne découvrant jamais. Elles ne doivent donc
pas être rattachées à l’étage littoral, mais au sublittoral. Pour les côtes
de la Manche, on s accorde, en général, à faire coïncider la limite
inférieure de 1 étage littoral avec celle qui sépare l’association à Fucus
serratus des associations à Laminaires.
Néanmoins, certains auteurs, surtout zoologistes, font descendre
beaucoup plus bas le littoral, en y comprenant ce que j’appelle l’étage
infralittoral. Dans la Méditerranée, en particulier, où l’étage « inter-
cotidal » est très étroit, beaucoup d’auteurs attribuent au littoral des
stations toujours immergées. Il en est de même dans la Baltique, où
les marées sont de très faible amplitude.
Sernander (1917, p. 90) a parfaitement caractérisé l’étage
littoral, qu’il définit comme situé au-dessous du niveau moyen des
hautes mers, et laissé découvert régulièrement pendant les basses mers,
ou, dans les mers sans marées, par le ressac dû aux vagues, aux tem¬
pêtes et^ aux courants. Néanmoins, il faut considérer comme apparte¬
nant à l’étage littoral les régions situées au-dessus du niveau des hautes
mers, mais qui sont néanmoins constamment humides, ce qui a lieu
dans les grottes^ ou dans le cas de rochers poreux ou recouverts de
Chtamales, où l’eau monte par capillarité.
Dans ces conditions, il y a lieu de considérer ce que Kylin
( 1918, p. 67) nomme la ligne physiologique de haute mer, terme
critiqué par SjoSTEDT (1928, p. 4), qui a proposé de le remplacer
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
123
par celui de « litus line », ligne qui coïnciderait avec la limite inferieure
de l'association à Varucaria maura.
A Banyuls, la limite supérieure de 1 etage littoral, qui, dans les
stations tout à fait calmes, coïncide presque avec le niveau supérieur
moyen de la mer, peut être fixée, dans les stations battues, a la lmu
supérieure atteinte par le Bangia jusco-purpurea qui, dans certains
cas, remonte jusqu'à 1 m. 50 au-dessus du niveau, sur les rochers lisses
fortement battus et dont la limite supérieure coïncide avec celle de
l'atteinte des vagues pendant les tempêtes, au cours de sa période de
végétation (hiver et printemps). Sur les rochers moins abrupts et a
surface plus «régulière, la limite de 1 etage littoral est celle atteinte
par le cirripède Chtamalus stellalus, qui, bien que pouvant vivre très
longtemps émergé (pendant 140 jours consécutifs, Rivant MoNTE-
ROSSO, 1929), ne peut néanmoins se développer qu a la taveur d îm
mersions plus ou moins espacées. Ses larves pélagiques et son mode de
nutrition ne lui permettent pas de s’élever dans les stations que les
vagues n'atteignent qu’exceptionnellement. La limite inferieure de
l’étage littoral est fixée par le niveau occupé par les algues qui ne sont
pas soumises habituellement à l’émersion, et qui ne la supportent pas
lorsqu'un abaissement plus grand du niveau de la mer les laisse a sec
quelque temps.
L'étage infralittoral est caractérisé par l’immersion constante.
Cet étage est généralement qualifié de sublittoral par la plupart des
auteurs, mais je crois préférable d'adopter le terme infralittoral, qui
présente plus d'analogie avec supralittoral. 11 y a lieu, d ailleurs, de
remarquer que le mot sublittoral est parfois employé par les phyto-
géographes dans un sens tout à fait différent, pour désigner la région
terrestre située au voisinage de la mer au delà et a 1 intérieur de la
« zone halophile terrestre » (1). .
A Banyuls, la limite supérieure de l’étage infralittoral est
marquée, sur les rochers battus, par celle de l'association a Cÿs/oseira
mediterranea. Ce Cystoseira, qui couvre d’une végétation dense et
continue les rochers battus jusqu’à quelques mètres de profondeur,
s’arrête brusquement vers le haut à un niveau horizontal, qui corres¬
pond au niveau habituellement atteint par les basses mers 11 peut
arriver, exceptionnellement, que, par suite d’un abaissement plus consi¬
dérable du niveau, les individus de Cystoseira mediterranea situes le
plus haut se trouvent exondés, mais ce fait se produit rarement, et les
(|) Les Ormes de littoral et de subi,.total étant employés tantôt pour les étages de
végéta,ion marine .1 ter,.*.,a. il serait, me semble-,-il. préférahle. pour evtter toute conf,
d adopter 1- terme d'étage adlittoral employé par JOHNSON et SKUTCH (1928) p
halophile littorale » de F LA H AU LT et de CherMLZON et celui
« zone littorale parvienne » de CHERMEZON (1920), ou zone sublittorale de
phytogéographes.
124
/. FELDMANN
individus qui se trouvent ainsi exposés à l’air ne survivent généralement
pas à cette émersion, pour peu qu’elle soit de quelque durée.
On peut diviser l’étage infralittoral en un étage infralittoral su-
Perieui et un étage infralittoral inférieur. On a vu, dans les chapitres
précédents, que les conditions physiques et la végétation variaient consi¬
dérablement selon la profondeur, ce qui justifie cette division. Mais
la limite entre ces deux étages infralittoraux, supérieur et inférieur,
est situee, selon les stations, a des niveaux très variables, et le passage
graduel de la flore de surface à celle de profondeur rend souvent cette
limite imprécise. Très voisine du niveau (parfois moins de 1 mètre)
dans les grottes et sous les surplombs des rochers battus, elle descend,
au contraire, beaucoup plus bas dans les stations calmes et bien éclai¬
rées.
Piatiquement, on peut fixer à 5 à 10 mètres de profondeur la
limite qui sépare l’étage infralittoral supérieur de l’étage infralittoral
inférieur. C est vers ce niveau, en effet, que disparaissent la plupart
des espèces photophiles, localisées au voisinage du niveau, et
qu apparaissent les espèces caractéristiques des stations profondes.
Enfin, on peut réserver le terme d’étage élittoral, proposé d’a¬
bord par KJELLMAN, pour désigner les parties du fond de la mer qui
succèdent en profondeur à 1 étage infralittoral inférieur, et qui sont pra¬
tiquement dépourvues de végétation. Cet étage correspond à la région
cotiere de PruvoT. La limite supérieure de l’étage élittoral, coïncidant
avec la limite inférieure de 1''étage infralittoral inférieur, est très va¬
riable selon les régions, pouvant atteindre et meme dépasser 150 mètres
dans certains points de la Méditerranée. Dans la région de Banyuls,
elle est situee environ à 40 mètres de profondeur, qui marque la limite
supérieure de la vase dépourvue de végétation.
Cuvettes
Dans l’étage littoral et supralittoral, on observe souvent des cavi¬
tés rocheuses plus ou moins profondes et plus ou moins étendues, rem-
plies d eau de mer, qui constituent les cuvettes ou flaques (rock-pools
et tide-pools des auteurs anglais).
Bien que situées généralement au-dessus du niveau, les algues qui
y vivent étant toujours immergées, se trouvent dans des conditions
il u* i e j Ce ^ fixeeS SUr ’ eS r ° chers émer 8 és au même niveau;
semblerait donc logique, à priori, de considérer toutes ces cuvettes
comme appartenant à 1/étage infralittoral supérieur. Néanmoins, les
conditions physiques qui régnent dans ces cuvettes, par suite de l’ab¬
sence ou de la rarete du renouvellement de l’eau, sont assez particu-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
125
lières pour qu’il soit préférable de considérer certaines de ces cuvettes
comme appartenant à l’étage littoral, et même supralittoral.
On peut donc distinguer, avec T. GlSLEN (1930, II, p. 5), trois
types de cuvettes :
Le premier type est constitué par les cuvettes situées le plus bas
dans l’étage littoral, et communiquant normalement avec la mer libre
par un chenal toujours ouvert ou séparées d’elle par un seuil peu élevé,
que peuvent franchir facilement les vagues du ressac dans les stations
battues. Les caractères physico-chimiques (température, salinité, pH,
teneur en oxygène) de l’eau de ces cuvettes ne sont pas sensiblement
différents de ceux de l’eau de mer libre dans les stations peu profondes.
La salinité et le pH sont à peu près les mêmes, seule la température
y subit des variations de plus grande amplitude; mais de telles varia¬
tions s’observent aussi en mer libre, dans les stations calmes et très peu
profondes. La végétation de ces flaques a beaucoup d’analogie avec
celle de l’étage infralittoral supérieur : on y observe des Cvstoseira
ainsi que de nombreuses espèces de Phéophycées et Rhodophycées
caractéristiques des stations calmes, qui, grâce à l’abri qu’elles trouvent
dans les cuvettes, peuvent se rencontrer même en des points particu¬
lièrement battus.
Ces cuvettes correspondent à ce que De VlRVILLE et moi avons
précédemment appelé « flaques à Phéophycées et à Floridées » ; on
peut les qualifier de cuvettes mfralittorales. Généralement situées au
niveau de la mer, avec laquelle elles communiquent largement, elles
peuvent se trouver à un niveau un peu plus élevé dans les stations
fortement battues, où le ressac les atteint et permet un renouvellement
plus ou moins régulier de l’eau qu’elles contiennent.
Un second type de cuvettes est constitué par celles qui, situées
au-dessus des cuvettes infralittorales, sont complètement isolées de la
mer par temps calme, et dont l’eau ne se renouvelle que lors des tem¬
pêtes. Dans ces conditions, l’eau qu’elles contiennent subit des modi¬
fications importantes. En été, la salinité et la température s’élèvent
notablement, alors qu’en hiver la température s’abaisse au-dessous de
celle de la mer libre, et les pluies entraînent une dessalure notable de
l’eau de ces cuvettes.
Bien que le renouvellement de l’eau de ces cuvettes soit relative¬
ment peu fréquent, il est néanmoins assez régulier pour qu’une flore
d’algues fixées puisse s’y établir et y persister assez longtemps. Cette
flore est constituée surtout d’algues vertes, euryhalines et eurythermes
(Enteromorpha, Cladophora , Chaetomorpha, etc.), qui, par leur actif
métabolisme, élèvent considérablement le pH de l’eau de ces cuvettes.
126
J. FELDMANN
Celles-ci correspondent à ce que nous avions appelé « flaques à Chlo-
rophycées » (FELDMANN et De VlRVILLE, 1933, p. 628).
Bien que les algues vivant dans ces cuvettes soient toujours
immergées, les conditions biologiques où elles se trouvent sont très
différentes de celles de l’étage infralittoral ; la vie n’y est possible que
pour des espèces particulièrement résistantes, qui s’y trouvent exposées,
comme les algues littorales, à des conditions biologiques dépendant
intimement du climat aérien (température de l’air, pluies entraînant
une dessalure de l’eau, etc.). On peut donc qualifier ces cuvettes de
cuvettes littorales.
Enfin, à un niveau plus élevé que les cuvettes littorales, parfois
même plus haut que les limites de l’étage supralittoral, on trouve
d’autres cuvettes, généralement de faible étendue, qui constituent les
cuvettes supralittorales. On peut en distinguer deux types :
Les unes sont temporaires, remplies d’eau de mer lors des fortes
tempêtes. Selon la saison, elles évoluent vers un type de cuvettes à
eau presque douce, par suite de la dessalure produite par les pluies,
ou vers un type à eau de plus en plus concentrée, allant jusqu’à la
cristallisation du sel et l’évaporation complète. Ces deux modes d’évo¬
lution peuvent d’ailleurs se combiner ensemble au cours de l’évolution
d’une même cuvette. La flore de ces cuvettes est constituée par des
organismes à évolution rapide et adaptés aux conditions très particu¬
lières qu’ils y rencontrent. Ce sont surtout des algues unicellulaires
(Volvocales et Protococcales) associées le plus souvent à d’autres
protistes, qui se succèdent dans une même cuvette au fur et à mesure
que la salinité varie.
Tous les intermédiaires existent d’ailleurs entre les cuvettes à
forte salinité allant jusqu’à la saturation et la cristallisation des sels,
et les cuvettes de plus en plus dessalées; dans certaines même, l’eau
qu’elles contiennent peut être considérée comme pratiquement douce.
Dans ces dernières, la flore ne renferme plus d’espèces marines ou
même halophiles; on n’y rencontre plus que les espèces banales des
cuvettes rocheuses temporaires, remplies d’eau de pluie, loin de la mer.
A Collioure, sur la presqu’île de Saint-Vincent, des cuvettes de ce
type renfermaient, fin juillet 1933, à peu près uniquement des Scene-
desmus quadricauda en quantité extraordinaire.
D’autres cuvettes supralittorales sont plus ou moins permanentes
et alimentées par des suintements continus d’eau douce, au moins pen¬
dant la saison pluvieuse. Dans ce cas, leur flore est formée d’espèces
spéciales aux eaux saumâtres (Cyanophycées en particulier), qui ne
réclament qu’une faible teneur en sels. Ces cuvettes sont situées géné¬
ralement plus haut que les précédentes, et ne sont guère alimentées
VÉGÉTÂT,ON MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
127
en eau de mer que par les embruns et non par les vagues, qui ne les
atteignent généralement pas. Leur flore appartient à peine à la végé¬
tation marine.
Les faciès et les modes
Dans un même étage, les conditions physiques sont loin d être
toujours identiques, et l’on peut distinguer dans chacun d’eux des
faciès déterminés.
Ce terme a été introduit en bioocéanographie par WaLTHER
(1893), et adopté par PRUVOT (1894) et ÜRTMANN (1896) dans un
sens assez comparable à celui que lui donnent les géologues (1 ).
Bien que le terme de faciès soit employé dans un sens tout à fait
différent par les phytogéographes modernes, son emploi courant en
phyto-océanographie milite en faveur de sa conservation. Les bio¬
océanographes et les phytogéographes ont généralement travaillé in¬
dépendamment les uns des autres, et sans se préoccuper beaucoup de
mettre en accord leurs terminologies respectives. Bien que ces diver¬
gences de nomenclature soient regrettables et qu’elles doivent être évi¬
tées le plus possible, je crois que l’emploi du terme faciès dans le sens
bioocéanographique habituel s’impose ici.
PRUVOT (1896, p. 577) a défini les faciès comme étant « les
différenciations locales du fond ou du milieu dans le sens horizontal ».
Plus récemment, De BeaUCHAMP (1914, I, p. 30) a restreint un peu
la signification de ce terme, en lui donnant une signification plus pré¬
cise : « Le faciès, dit-il, comprend exclusivement, pour moi, les varia¬
tions du substratum, surtout dans son état de division. » C’est ainsi
qu’il distingue, dans la région de Roscoff (1914, II, p. 253), deux
faciès : faciès rocheux et faciès non rocheux; le premier étant sub¬
divisé en plusieurs sous-facies : roche compacte, blocs détachés,
grottes, cuvettes; et le faciès non rocheux en : vase et sable vaseux,
sables purs et légèrement vaseux, graviers sableux et vaseux, cuvettes
de sable et cuvettes à fond de gravier.
De plus, dans chaque faciès. De BeaUCHAMP distingue diffé¬
rents modes qu’il définit comme étant « les variations du milieu liquide
dans sa composition et son agitation ». C’est ainsi qu’il distingue des
modes : saumâtre, demi-saumâtre, très abrité, abrité, battu et très
battu.
OLLIVIER (1929), estimant la distinction des modes de De
BeaUCHAMP inutile, a adopté le terme de faciès dans le sens large
que lui donnait PRUVOT. Il divise le faciès rocheux en trois sous-facies
(I) Antérieurement, Lorenz (1863) avait déjà employé le terme de faciès dans un
sens différent. Pour lui, il était à peu près synonyme d'association.
128
]. FELDMANN
établis d’après l’influence de l’agitation de l’eau, comme les modes de
De BEAUCHAMP. C’est ainsi qu’il distingue :
I ) Le sous-facies rocheux d’érosion caractérisé par l’absence
de sédiments mobiles ;
2) Le sous-facies rocheux de sédimentation sableuse : roche
plus ou moins recouverte de sable;
3) Le sous-facies rocheux de sédimentation vaseuse : roche
recouverte de vase et de détritus organiques.
Le terme de mode ne me paraît pas mériter les critiques que lui
adresse OLLIVÏER (1929, p. 66). C’est à tort qu’il considère que la
subdivision des faciès en modes « réintroduit l’agitation de l’eau
comme facteur nouveau, alors qu’elle est déjà l’élément principal de
la distinction des faciès ». S’il y a parfois un certain parallélisme entre
la nature du substratum (rocheux, sableux ou vaseux) et l’intensité
de l’ag.tation de l’eau, ce parallélisme est loin d’être absolu, et l’on
peut observer des côtes rocheuses dans le mode très abrité, alors que
les faciès sableux et vaseux peuvent présenter des modes battus.
La classification des stations en faciès et modes telle qu’elle a
été proposée par Df. BEAUCHAMP me paraît donc mériter d’être
conservée.
Les groupements végétaux marins
Les indications d’étage, de faciès et de mode telles qu’elles ont
été définies plus haut permettent de caractériser biologiquement les
différentes stations occupées par les végétaux marins. Dans chacune
de ces stations peuvent se rencontrer un ou plusieurs groupements
végétaux (associations), caractérisés par une composition floristique
analogue dans les différentes localités d’une même région florale.
Parmi les espèces constituant ces associations, certaines font défaut
ou sont plus rares dans les groupements voisins, elles constituent les
caractéristiques de l’association. Souvent, l’une de ces caractéristiques
domine par sa taille ou l’abondance de ses individus, elle peut alors
servir à nommer l’association à laquelle elle appartient.
Bien que d’un usage très ancien en phytogéographie, puisque le
terme d’association a été adopté dès 1801 par A. DE HuMBOLDT, la
signification de ce mot a beaucoup varié suivant les auteurs. En phy-
to-océanographie, en particulier, le terme d’association a été employé
à peu près dans le sens moderne, en 1863, par LORENZ, pour caracté¬
riser les groupements de végétaux et d’animaux marins du golfe de
Quarnero. Ce même auteur fait un fréquent usage du suffixe - etum ,
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
129
accolé au nom d’un genre de plante ou d’animal, pour nommer ces
associations; c’est ainsi qu’il parle de Balanetum, de Zosterelum,
d’Enleromorphetum, etc...
L’emploi du terme d’association a été récemment 1 objet de di¬
verses critiques, dont certaines, d’ordre étymologique, sont justifiées.
Il n’v a pas lieu néanmoins d’abandonner ce terme, d un usage univer¬
sellement admis. Le terme de synécie, préférable étymologiquement,
a contre lui sa tournure pédante et son emploi peu répandu
L’interréaction, qui, pour certains auteurs (Picard), est une
condition sine qua non de l’existence d’une véritable « association »,
parfois assez faible entre les espèces d’une même association végé¬
tale terrestre, est généralement encore plus faible dans les associa-
tions marines. ,
Ainsi que je l’ai déjà signalé, il existe une différence capitale
entre les végétaux marins et les végétaux terrestres. Le sol qui constitue
le substratum de la végétation terrestre est constamment modifie par
les végétaux qu’il porte (formation d’humus, etc.). Les plantes marines,
au contraire, ne modifient pas, en général, la nature du substratum
sur lequel elles se fixent, et ce n’est que dans les cuvettes littorales et
supralittorales de capacité restreinte que la végétation peut entraîner
des modifications sensibles du milieu liquide où elles se développent.
Les rapports existant entre les différentes algues d’une meme
association sont surtout ceux résultant de l’épiphytisme de certaines
espèces sur d'autres, et de la situation respective les unes a 1 abri des
autres, permettant de distinguer dans une même association plusieurs
strates. Les strates inférieures, dépendant de 1 existence de la strate
supérieure, qui leur fournit une protection contre 1 agitation des vagues,
l’éclairement trop intense et, dans le cas d’associations littorales, contre
la dessiccation trop rapide.
L’absence d’action de la végétation marine sur son substratum
explique aussi la rareté des successions biotiques. De même, l’action
de l’homme, si importante dans l’évolution de la végétation terrestre,
est le plus souvent négligeable dans le cas de la végétation manne.
L’action des animaux est peut-être plus importante (cas de
l’éponge Cliona viridis Schm. détruisant les Lithothamniées de pro¬
fondeur; action destructive des Mollusques phycophages sur les jeunes
plantules, etc), mais elle est en général mal connue.
Les seuls exemples de succession que l’on peut citer sont ceux
que l’on observe, par exemple dans les cuvettes supralittorales tem-
poraires peuplées de Volvocales, dont la flore se modifie selon les
variations de la salinité de l’eau de ces cuvettes (dessalure par les
pluies, concentration par évaporation). Et encore, dans ces cas, 1
130
]. FELDMANN
ne s’agit pas à proprement parler de successions telles que les
comprennent les phytcgéographes.
En somme, la végétation marine paraît très stable, et il n’est
pas possible d’observer, comme dans le cas de la végétation terrestre,
une évolution des groupements végétaux marins vers un stade clima¬
tique final, ce stade étant, en général, atteint d’emblée.
Il ne peut guère y avoir de successions que dans le cas de peu¬
plements de surfaces vierges résultant, par exemple, d’éboulements de
falaises ou de constructions nouvelles de quais, jetées, etc., sur les¬
quelles s’installent d’abord des espèces annuelles, à croissance rapide,
mais dès que les espèces pérennantes ont pris possession de ce subs¬
tratum, le « stade climatique final » peut être considéré comme atteint.
Je n’ai pas eu l’occasion d’étudier, aux environs de Banyuls, de
tels peuplements de surfaces vierges. On trouvera sur ce sujet d’inté¬
ressantes observations dans le mémoire de O.-T. WlLSON (1925).
Le terme d’association n’a pas toujours été adopté par les phyto-
océanographes pour désigner les groupements végétaux marins. Plu¬
sieurs, en effet, ont adopté le terme de « formation », créé par Gries-
BACH en 1838, et qui, aussi bien en phytogéographie qu’en phyto-
océanographie, a été employé dans des sens très divers.
Ce terme a été introduit dans la littérature phyto-océanographique
par KjELLMAN (1878), dans son mémoire sur la végétation marine du
Skagerrack. La définition qu’il en donne montre qu’il emploie le terme
dans le sens d’association.
A la suite de KjELLMAN, le terme de formation a été adopté
dans ce sens par la plupart des algologues Scandinaves; il est encore
employé par K.YLIN en 1907.
Néanmoins F. B0RGESEN, deux ans auparavant (1905, p. 707),
avait proposé, avec raison, de désigner les formations de KjELLMAN
sous le nom d’associations. Il remarquait, de plus, que ces associations
sont souvent réunies d’une manière naturelle en « communities » plus
vastes, vivant ensemble dans des conditions biologiques et écologiques
identiques ou très semblables, et il propose d’appliquer à ces groupes
plus étendus le terme de formation. C’est ainsi, qu’aux Fœroé, il
décrit une « Chlorophyceae -formation » des côtes exposées, qui
comprend les Prasiola stipitata- association, Rhizoclonium-ass., Ente-
romorpha-ass., etc. Le terme de formation est donc, dans ce cas, syno¬
nyme de groupe d’associations.
COTTON (1912, p. 16), après avoir critiqué l’emploi du terme de
formation dans le sens que lui donne B0RGESEN, estime que ce terme
serait plus correctement appliqué à la végétation couvrant des subs¬
trata déterminés. Il emploie donc le terme de formation dans un sens
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
131
à peu près synonyme de celui de faciès de Pruvot. C’est ainsi qu’il
distingue, dans la région de Clare Island, sur la côte ouest de 1 Irlande,
trois formations :
1. The rocky-shore formation;
2. The sand and sandy-mud formation;
3. The salt-marsh formation.
Plus récemment, O.-C. SCHMIDT (1931, p. 69), dans une étude
de la végétation marine des Açores, attribue un autre sens au terme
de formation, qu’il emploie comme synonyme d’étage, en distinguant
trois formations : E.pihtoral, Litoral et Subhtoral.
Le terme de formation a été employé d une façon plus exacte
par SETCHELL (1917), qui le définit ainsi : « Aggregation of algae
of same general form, depending particulary upon substratum. »
Funk (1927) a également employé le terme d association dans
un sens analogue.
Une formation constitue une « unité physionomique » caracté¬
risée par des végétaux présentant à peu près la même forme et le même
mode de vie. C’est ainsi, par exemple, que les prairies sous-marines
de Posidonia oceanica de la Méditerranée, et celles de Thalassia tes-
tudinum des côtes des Antilles, qui constituent des associations tout à
fait distinctes, présentent une très grande similitude d’aspect et ré¬
clament, pour se développer, à peu près les mêmes conditions de
milieu; elles appartiennent à une même formation.
De même, les groupements de Cystoseira et de Sargassum, de
la Méditerranée et des différentes régions chaudes du globe, bien que
différant floristiquement, sont analogues par leur aspect et par les
conditions écologiques qui les régissent : ils constituent également une
même formation.
Ce terme de formation, d’un emploi commode pour des compa¬
raisons entre les végétations de régions éloignées, différant floristique¬
ment mais présentant des exigences écologiques comparables n est
guère utile dans une étude limitée à une région floristiquement homo¬
gène, aussi ne l’emploierai-je pas ici.
*
Depuis quelques dizaines d’années, la phytogéographm a été
l’objet d’un nombre considérable de travaux ayant permis d établir
des méthodes d’études précises et utilisant une terminologie spéciale,
d’ailleurs assez compliquée.
132
J. FELDMANN
La phyto-océanographie est, à ce point de vue, bien en retard
sur la phytogéographie, et ses méthodes d etude et de description des
associations végétales marines sont, il faut le reconnaître, bien moins
précises que celles adoptées par les phytogéographes. Tenter d’appli¬
quer strictement les méthodes et la terminologie phytosociologique à
la phyto-océanographie, comme 1 a fait BERNER ( 1931 ), ne donne pas
des résultats très heureux. Les conditions biologiques étant très diffé¬
rentes entre le milieu marin et le milieu continental, les méthodes
d’étude ne peuvent être exactement les mêmes.
Il est certain que les associations végétales marines, telles que je
les décris dans un chapitre suivant, pourront être, à l’avenir, étudiées
d’une manière plus précise dans certains détails. Les essais tentés par
Torsten GlSLÉN (1930), pour préciser la composition quantitative
des diverses associations biotiques du fjord Gullmar, par des prélève¬
ments de tous les êtres vivants (animaux et végétaux) vivant sur une
surface de superficie déterminée, dont on détermine ensuite le nombre
des individus et le poids de chacune des espèces représentées, sont inté¬
ressants mais difficilement praticables sur une grande échelle ou en
profondeur (à moins d’opérer en scaphandre, comme l’a fait GlSLÉN).
De plus, la précision des pesées doit être rendue souvent illusoire par
l’existence d’épiphytes difficiles à éliminer, et dans le cas de groupe¬
ments constitués par de nombreuses espèces de petite taille, impossibles
à séparer et à peser isolément.
Ce sont là, en tous cas, des recherches de détail qui mériteront
d’être faites pour certaines associations choisies, mais ce qui importe
pour l’instant c’est, je crois, de définir dans leurs grandes lignes les
caractères écologiques des principales associations et leur composition
floristique; l’analyse quantitative détaillée de ces différents groupe¬
ments, ainsi que l’étude physiologique précise de leurs principaux
constituants, sera l’œuvre de l’avenir.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE XI
LES FORMES BIOLOGIQUES DES ALGUES MARINES
On sait l’intérêt que présente, pour l’étude de la végétation ter¬
restre, la distinction de types biologiques (life-forms growth-forms).
La division des végétaux terrestres en arbres, arbustes et herbes,
qui remonte à l'antiquité, représente déjà un essai de classification des
types biologiques. Depuis, de nombreuses classifications ont ete pro¬
posées- il n’y a pas lieu de les rappeler ici, on les trouvera exposées
dans le mémoire de E. Du RlETZ (1931). Parnu toutes ces classi¬
fications, celle de RauNKIAER (1903) a eu une grande influence sui
le développement de la phytogéographie et a été adoptée par la majo¬
rité des auteurs.
Historique
Il n’existe malheureusement pas, jusqu ici, de classification ana¬
logue des algues marines. Les quelques tentatives qui ont été faites a
ce propos n’ont pas eu le succès désirable, et les classifications pro¬
posées jusqu’ici n’ont guère été utilisées que par ceux qui les avaient
imaginées. . , ,
Une classification des types biologiques d algues mannes, basée
sur leurs formes de croissance (growth-forms), est en effet très difficile
à établir par suite de leurs structures et de leurs formes extérieures
très variées, qui entraînent une multiplication des types biologiques
méritant d’être distingués, ce qui rend, par cela même, une telle classi¬
fication difficilement utilisable. .
OlTMANNS, dans la première édition de son traité d algologie
(1905, II, p. 276), avait proposé une classification des types biolo¬
giques ou formes d’adaptation (Anpassungen) d après leur aspect
extérieur. C'est ainsi qu'il distingue, pour les algues benthiques : la
forme en buisson ou en arbre (Strauch und Baumform), la forme en
buisson mucilagineux (Gallertbüsche), les formes en filaments (Peit-
schenformen), la forme en réseau (Netzalgen), les formes en feuilles
(Blattformen), les formes en sac (Sackformen), les formes dorsiven-
trales (Dorsiventrale Algen), les formes en coussinets, en disques et
134
J. FELDMANN
en croûtes (Polster, Scheiben und Kruster), et enfin les épiphytes,
endophytes et parasites.
Cette classification, très superficielle, n’est guère utilisable. La
réunion dans un même type d’algues aussi différentes morphologique¬
ment et biologiquement que les Bangia, YHimanthalia et le Codium
elongatum, comme appartenant tous trois aux « Peitschenformen »,
montre bien les défauts de cette classification.
La classification des formes biologiques ( Lebensformen ) propo¬
sée par Funk (1927, p. 220) s’inspire de celle d’OLTMANNS et s’ap¬
plique particulièrement aux algues du golfe de Naples. Il distingue
d’abord, d’après la taille, la consistance et l’existence d’une calcifi¬
cation, quatre grands groupes :
I. « Tange ».
II. « Kallçalgen ».
III. « Feinalgen ».
IV. « Kleinalgen ».
Termes qu’il est difficile de traduire par un seul mot. « T ange »,
que l’on paraît traduire en français par varech ou goémon, s’applique
aux algues relativement grandes, de consistance cartilagineuses ou
coriaces. Il s’agit en somme de ce que les auteurs du XVI II e siècle et
du début du XIX e rangeaient dans le genre Fucus, par opposition aux
Ulva et Conferva, qui correspondent aux « Feinalgen » de Funk.
Parmi les «Tange », Funk distingue trois subdivisions :
a) Grosstange (algues de plus de 1 m. de long), comprenant le
type Macrocyslis (>5 m.) et le type Laminaria (1-5 m.).
b) Mitteltange (algues de 1/2 à 1 m.), comprenant le type
Fucus et le type Cÿstoseira-Sargassum.
c) Kleintange (1-50 cm.), parmi lequel il distingue :
1. Thalle en cordon non ramifié : Nemalion.
2. Thalle en cordon ramifié : Codium tomentosum et elon¬
gatum, Gracilaria confervoides.
3. Thalle en buisson : Gelidium, Hypnea, Rhytiphloea,
Halopitÿs, Chondria, Laurencia, Digenea, Alsidium,
Chrysymenia, Cordylecladia, Sphaerococcus, Gracila¬
ria, Grateloupia, Gigartina, Calliblepharis, Gÿmno-
gongrus, Caulacanthus, Sebdenia dichotoma.
4. Thalle foliacé ou en buisson de feuilles : Caulerpa, Hali-
meda, Anadyomene, Asperococcus, Pundaria, Spa-
VÉCÉTA TION MARINE DE LA MÉDITERRANÉEl _ 135
tboglossum, Padina, Zonaria, Haliseris, Vidalia,
Gracilaria corallicola, Sebdana MonardianaCrypto-
nemia , Aeodes, Meredithia, Rissoella Caüymema,
Neurocaulon, Acrodiscus, Phyllophora, Rodngue-
zella.
5. Thalle rampant : Rhodymenia, Fauchea, Aglaozoma.
6 Thalle en croûte : Palmophÿllum, Ralfsia, Valoma,
Codium adhaerem, Zanardmia, Aglaozoma, bquama-
riacées.
7. Thalle en boule creuse : Codium Bursa, Colpomema.
Les « Kalkalgen » (algues calcifiées), « Feinalgen » (algues de
petite taille), et « Kleinalgen » (algues microscopiques mesurant moins
d'un centimètre), sont également subdivisées d’apres les memes pnn-
C1Pe5 pius récemment, T. GlSLEN (1930, II, p. 85) a proposé une
autre classification des formes de croissance (Growth-forms) des etres
marins, animaux et végétaux; pour ces derniers, il s inspire egalement
d’OLTMANNS. La plupart des types biologiques qu il distingue son
caractérisés par un mot latin. Ces types biologiques (non compris ceux
représentés exclusivement par des animaux) sont les suivants .
I Crustida. Forme de croûte, de coussinet, de bourgeon ou de doigt.
1. Eucrmlida (forme encroûtante): Lithothamnion, Calothrix,
Ralfsia, Verrucaria.
2. Torida (forme de coussinet).
II. CORALLIDA. En forme d’arbre, de feuille, d’ombrelle, de colonne
ou d’éventail. Squelette plus ou moins développé.
1. Dendrida (en forme d’arbre ou de buisson) : Halimoda, Co-
rallina.
2. Phyllida (en forme de feuille) : P adina.
3. Umbraculida (en forme d’ombrelle); Acetabularia.
III. SlLVIDA. En forme d’arbre, de feuille, de réseau, de sac ou de
filament, pas de squelette.
a) Magnosilvida, formes robustes à rameaux de plus de 1 m/m.
d’épaisseur ou hautes de plus de 1 d/m.
1. Cramimda : Zostera, Posidonia, Caulinia.
2. Foliida : Laminaria , Agarum, Ulva, Porphyra et Cau-
lerpa proliféra.
136
/. FELDMANN
3. Forme de sac : Enteromorpha intestinalis.
4. Forme de palmier : Lessonia.
3. Forme de bouée : Nereocÿslis.
6. Forme de fouet : Chorda, Himanthalia, Nemalion.
7. Forme d’arbrisseau : Ruppia, Chordaria, Furcellaria.
8. Forme de Sargassum : a) type Cystoseira; b) type
Fucus.
9. Forme de Caulerpa radial (cf. B0RGESEN, 1907).
b) Parvosilvida, formes petites et délicates, composées de fila¬
ments ramifiés ou de feuilles ne dépassant pas 10 c/m. de
haut. Diamètre des branches inférieur à 1 m/m. Petites
Chlorophycées ( Chara , Caulerpa verticillata, Cladophora ),
Phéophycées ( Ectocarpus Pylaiella) , Rhodophycées (Ce-
ramium, Polÿsiphonia, Phyllophora).
Toutes ces classifications de types biologiques, basées uniquement
sur 1 aspect extérieur des plantes considérées, sont toujours incomplètes
et de plus réunissent souvent, dans un même type, des algues très dif¬
férentes au point de vue biologique et qui n’ont guère de commun
entre elles qu’une ressemblance extérieure souvent très vague.
La classification des types biologiques utilisée par SETCHELL
dans ses études sur la végétation marine des îles Samoa (1924) et de
Tahiti (1926) est plus intéressante. Elle est basée d’ailleurs sur un
principe tout à fait différent des précédents, puisqu’elle place, en pre¬
mier lieu, les caractères écologiques des algues. Malheureusement, elle
est mcomplète car elle ne comprend que les types biologiques repré¬
sentés dans la flore des récifs coralliens. De plus, les termes dérivés
du grec, forgés par SETCHELL, pourront paraître un peu compliqués.
Qualifier, comme le fait SETCHELL (1926, p. 304), le Porolithon
onkodes de^ « Lepyrodophytic - lithacophytic - heliazophytic - cumato-
phyte » précise bien les caractères écologiques de cette algue, mais ne
peut être compris facilement du lecteur, qui ignore la définition de tous
ces termes. Néanmoins, il y a là une idée intéressante, et la classifica¬
tion proposée par SETCHELL mériterait d’être étendue à tous les types
biologiques d’algues marines, en même temps que les dénominations de
ces types seraient simplifiées.
Aux Samoa, SETCHELL (1924, p. 30) distingue d'abord des
especes skiarophiles ou héliophobes fuyant la lumière et comprenant :
Les Pholadophytes, pour les espèces nichant dans les petites
cavités des récifs et les anfractuosités des coraux, et qui se divisent en
macro- et microphytes;
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
137
Et les Sfcîarop/ipfes, vivant sous les rochers ou à leur ombre.
Parmi les espèces héliophiles ou Heliazophytes, SETCHELL dis¬
tingue :
Les Métarrhéophyies. Ce sont les algues ondulant dans les cou¬
rants. Elles sont attachées à une extrémité qui peut être large ou
étroite, d’où s’élève une fronde plus ou moins gélatineuse et toujours
très flexible, qui ondule au gré des courants.
Les Lépyrodophytes sont les espèces en forme de croûte (Mélo-
bésiées et Squamariacées).
Les Herpophytes, constitués par les petites algues rampantes
(Gelidium, Lophosiphonia, Ceramium).
Les Tranophytes. Ce sont les algues perforantes vivant dans les
coquilles ou dans le squelette des coraux, dont elles dissolvent le cal¬
caire ( Ostreobium , Gomontia ).
Les Cumatophytes , qui sont les algues vivant dans les stations
fortement exposées au choc des vagues (« surge-plants ») ; elles sont
en forme de rosette et fixées par une large base.
En 1926, Setchell, dans un mémoire sur la végétation ma¬
rine de Tahiti, signale en outre :
Les Chordophytes , algues en forme de corde, et les Lithal^o-
phytes, ou algues incrustées de calcaire (Corallinacées), ainsi que les
Epiphytes et les Endophytes, termes qui n’ont pas besoin d’explication.
En résumé, de toutes les classifications de types biologiques
d’algues marines proposées par divers auteurs, aucune jusqu ici n a
réussi à s’imposer. Il faut reconnaître que le problème est difficile et
que les principes sur lesquels doit être basée une telle classification
n’ont pas été clairement établis.
Classification des types biologiques d’algues marines
La classification que je propose d’adopter ici repose sur des prin¬
cipes comparables à ceux utilisés par RaunkiaER pour sa classification
des types biologiques des phanérogames, c’est-à-dire la durée de la
vie des algues et l’état sous lequel elles passent leur période de repos
pendant la saison défavorable.
Cette classification n’a évidemment pas la prétention d être défi¬
nitive, car, pour beaucoup d’algues, nous manquons encore des don¬
nées biologiques nécessaires pour pouvoir les rapporter à tel ou tel
type biologique, et l’établissement, d’après ces types, de « spectres
biologiques » comme ceux construits par les phytogéographes serait
138
]. FELDMANN
encore prématuré. Néanmoins, cette classification constitue un cadre
dans lequel pourront venir se placer les différentes espèces et qu il sera
possible d’élargir en subdivisant ultérieurement les divers types biolo¬
giques fondamentaux, soit d’après la forme extérieure des algues, soit
d’après leur mode de fixation au substratum, caractère qui, ainsi que
je l’ai indiqué précédemment (ch. II), est en relation avec la plus ou
moins grande résistance à l’arrachage par les vagues.
Les renseignements sur la durée de la vie des algues des mers
boréales sont assez nombreux.
Les anciens auteurs comme Dawson TuRNER (1808-1819),
Lyngbye (1819), Greville (1830) et Harvey (1846-1831) indi¬
quaient soigneusement, pour chacune des espèces citées dans leurs
ouvrages, si elles étaient annuelles ou pérennantes. Plus récemment,
R.OSENVINGE (1909-1931) et Printz (1926), en particulier, nous
fournissent de précieux renseignements. L’ouvrage de RosENVINGE
sur les Rhodophycées du Danemark est à ce point de vue tout à fait
remarquable, l’auteur ayant disposé d’un matériel considérable accu¬
mulé pendant de longues années et ayant suivi le développement
complet de la plupart des espèces, dont il a étudié les germinations et
les jeunes individus, tant en culture au Laboratoire que dans la nature.
Margery Knight et Mary Parke (1931), dans leur mémoire
sur les algues marines de l’île de Man, ont noté avec soin la durée
de la vie de chaque espèce. Elles classent les algues étudiées en trois
groupes :
I. Algues pérennantes (Perennials). — Thalle seulement par¬
tiellement détruit en automne, reproduction par spores et prolifération
de la partie basale des plantes, également effective dans la production
de nouvelles plantes.
II. Algues pseudopérennantes (Pseudo-perennials). — Thalle
presque complètement détruit en automne, majorité des nouvelles
plantes dues au développement des spores, mais la prolifération des
parties basales et des fragments fixés est également fréquente.
III. Algues annuelles (Annuals). — Thalle entièrement détruit
en automne, nouvelles plantes dues entièrement au développement des
spores.
Il y a heu de remarquer que tous les intermédiaires peuvent exister
entre les especes perennantes et les pseudoperennantes, et que, vraisem¬
blablement, une même espèce peut être pérennante ou pseudopéren-
nante selon les localités et selon les années. Dans les localités où les
conditions de température de l’eau, en particulier, sont défavorables à
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
139
certaines algues, celles-ci, normalement pérennantes, peuvent dispa¬
raître en majorité pendant la mauvaise saison; il en est de meme lors
des années où le froid est exceptionnel et les tempêtes violentes.
En ce qui concerne les algues de la Méditerranée, nous sommes
encore bien pauvres en documents sur la durée de leur vie et leur mode
de végétation. Le fait que le Rissodla venuculosa, espèce si commune
et si caractéristique de la végétation méditerranéenne, était considéré
jusqu'ici comme annuel, alors qu’il est en réalité pérennant par son
disque basal, montre combien nous savons peu de choses et combien
il reste à faire dans cette voie. J'espère que la classification suivante
des types biologiques pourra y aider utilement.
Il y a d'abord lieu de distinguer d’une part les especes annuelles,
dont le développement complet, de la germination à la fructification,
s’effectue en un an ou moins d’un an, et qui disparaissent apres avoir
fructifié, et les espèces pérennantes, qui peuvent vivre plusieurs années
en produisant chaque année des organes reproducteurs.
Algues annuelles
Les espèces annuelles peuvent être réunies en plusieurs groupes,
selon qu’elles se rencontrent toute 1 année ou bien qu elles n existent,
sous un état apparent, que pendant une période définie de 1 année.
Ephémérophycées
On peut tout d’abord citer celles qui se rencontrent toute 1 année
en plus ou moins grande abondance, et dont les spores ou les œufs
germent aussitôt leur émission et se développent immédiatement, de
telle sorte que plusieurs générations se succèdent au cours d une année,
ce qui permet d’observer à la fois des individus à tous les états de
développement.
C’est le cas, par exemple, du Polysiphonia subulata et du Cera-
mium robustum , qui, à Banyuls, se rencontrent à toutes les époques
de l’année en état de fructification. Il en est de même de l 'Entero-
morpha compressa, de divers Cladophora, et sans doute aussi de beau¬
coup de petites Flondées. Toutes ces espèces présentent, à une cer¬
taine époque de l’année (l’hiver pour les espèces localisées près de la
surface de l’eau), un maximum d’abondance; elles sont plus rares
pendant le reste de l’année, mais en les recherchant attentivement on
peut les découvrir dans les stations favorables, par exemple sui les
rochers battus et ombragés pour les algues littorales ou infralittorales
supérieures à maximum hivernal. Dans ces stations, les individus qui
140
J. FELDMANN
persistent ainsi fourniront les spores nécessaires au développement d’un
grand nombre d’individus, lors du retour de la saison favorable.
La durée de la vie de ces espèces annuelles est relativement
courte, quelques mois en général, mais pour certaines, telles que les
petits Acrochaetium par exemple, le développement complet de 1 algue
de la spore à la spore ne doit pas dépasser quelques semaines. On
peut qualifier d’Ephémérophycées ces espèces à développement ra¬
pide, présentant plusieurs générations annuelles sans posséder de stade
de repos.
Eclipsiophycées
D’autres espèces annuelles ne se rencontrent qu’à une saison
déterminée et font défaut pendant le reste de l’année.
Parmi celles-ci, il en est qui passent le reste de l’année sous une
forme microscopique différente morphologiquement de la forme ma¬
croscopique. C’est le cas des espèces à prothalle ou à pléthysmothalle.
On peut qualifier ces espèces d’Eclipsiophycées, en étendant aux es¬
pèces à prothalle ce terme créé par SAUVAGEAU (1927) uniquement
pour les espèces à pléthysmothalle. Ces Eclipsiophycées sont toutes des
Phéophycées.
Les Eclipsiophycées à prothalle existant à Banyuls appartiennent,
en particulier, aux Laminariales et aux Sporochnales. Au premier de
ces deux ordres appartient le Phyllaria reniformis, dont SAUVAGEAU
(1918) a décrit le prothalle microscopique vivant en parasite dans
une algue calcaire (M esophyllum lichenoides) . Le sporophyte ma¬
croscopique se rencontre à Banyuls à partir du mois d’avril ; il dispa¬
raît fin juillet, après avoir émis les zoospores en juin et juillet; celles-ci
germent en donnant naissance aux gamétophytes (prothalle), d’où
naîtront l’année suivante de nouveaux sporophytes.
Le cas des Sporochnales est comparable à celui du Phyllaria.
Le Sporochnus pedunculalus, par exemple, ne se rencontre dans la
Méditerranée que d avril à octobre, le reste de l’année il n’existe qu’à
l’état de gamétophyte microscopique.
La durée de végétation de l’état macroscopique (Délophycée)
des Eclipsiophycées à pléthysmothalle est également très réduite. Un
bon exemple de ce type est fourni, à Banyuls, par le Liebmannia Le-
veillei, étudié par SAUVAGEAU (1929, p. 272). Cette espèce est très
fréquente à Banyuls, sur les rochers, les algues (Cÿstoseira en parti¬
culier) et les feuilles de Posidonies, du mois d’avril au mois de juillet.
En dehors de ces quatre mois, 1 algue est absolument introuvable et
n existe plus qu à 1 état de pléthysmothalle microscopique.
L existence de ces pléthysmothalles explique, comme l’a montré
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDI TERRANÉE _^
SAUVACEAU (1928), le cas curieux, et jusque là inexplicable, des
espèces épiphytes strictement localisées sur un hôte détermine lui-mem
éphémère. Ces épiphytes passent vraisemblablement la saison de annee
où leur hôte fait défaut à l’état de pléthysmothalle.
Dans le cas des phéophycées filamenteuses, dont l'organisation
est relativement simple, la distinction d’un pléthysmothalle est souvent
malaisée. C’est ce qui a lieu, par exemple, pour le Strepsithaha Lia
g orne, qui se rencontre en été, à Banyuls, d une maniéré assez cons¬
tante sur les Liagora, Helminthocladiacées annuelles, ^PP a ^ sa ^ “
avril-mai pour disparaître en octobre. Les observations de SAUVAGEAU
(1925) ont montré que cette espèce se développait sans arrêt en cul
ture et il en a obtenu deux et peut-être même trois générations succes¬
sives. L’épiphytisme ne semble donc pas absolument necesseire au
Strepsithaha et pendant la période ou les Liagora font defau ,
vivre sur les rochers en attendant le retour de la saison favorable au
développement de son hôte habituel.
Si l’on ne considère pas ces formes non épiphytes (qui d ailleurs
n’ont pas encore été observées dans la nature) comme des plethysmo-
thalles, il faudrait ranger les Strepsithalia parmi les Ephemerophycees
à plusieurs générations annuelles, dont certaines seulement, plus appa¬
rentes, seraient épiphytes sur les Helminthocladiacees annuelles.
Hypnophycées
Un autre groupe d’algues annuelles ne se rencontrant qu a une
époque définie de l’année, passant la saison défavorable sous une forme
de repos, peuvent être qualifiées d’Hypnophycées Les formes de repos
que présentent ces algues sont de natures très diverses. Nous allons
les examiner successivement.
Forme de repos constituée par des spores
Un exemple très caractéristique de ce type, assez rare parmi les
algues marines, est fourni par le Cladophora (Spongomorpha) lanosa
(Roth) Kützing. Cette algue est fréquente en Bretagne, epiphyte sur
diverses algues et plus particulièrement sur le Polyides rotundus. hile
ne se rencontre que de février à juin et disparaît ensuite complètement
jusqu’au printemps suivant.
THURET et BORNET (1878, p. 76) ont montré que les zoospores
émises à la fin du printemps se fixent sur les rameaux du Polyides ro¬
tundus, et passent plusieurs mois immergées dans le tissu cortical du
142
J. FELDMANN
Polyides sous forme de grosses embryospores (1 ) ovoïdes qui, au prin¬
temps suivant, donneront naissance à un nouveau Spongomorpha.
Il est probable que le cas du Spongomorpha lanosa n’est pas
isolé et que d’autres espèces passent la saison défavorable à l’état de
spores fixées. Malheureusement, la reconnaissance d’une spore isolée
est à peu près impossible dans la nature, et ce n’est que par suite de
leur localisation très particulière dans les tissus du Polyides que Thu-
RET et BoRNET ont réussi à établir la nature c!e celles qu’ils y avaient
observées.
Forme de repos constituée par des oospores
Ce cas, relativement fréquent chez les algues d’eau douce (Zy-
gnémales), est beaucoup plus rare chez les algues marines. Un exemple
très net en est fourni par le Vaucheria piloboloides Thuret. Cette
siphonée n’existe pas à Banyuls, mais je l’ai observée à plusieurs re¬
prises en Algérie, à Cherchell et à Castiglione, où elle forme sur la
vase, à moins d’un mètre de profondeur, des coussinets hémisphériques
à surface veloutée.
Elle apparaît en janvier pour disparaître complètement en juin.
En janvier-février, elle émet de nombreux aplanospores, qui germent
immédiatement, puis, à la fin de la période de végétation (mai-juin),
il n y a plus formation d aplanospores, mais d’organes sexuels (anthé-
ridies et oogones). Les oospores de forme lenticulaire sont libérées par
destruction de la paroi de l’oogone et passent l’été et l’automne en¬
fouies dans la vase, pour ne germer que l’hiver suivant (2).
Forme de repos constituée par des acinètes
Les Ulothrix marins vivant à Banyuls ( Ulothrix flacca, pseudo-
fiacca et subflaccida ) se rencontrent sur les rochers au-dessus du ni¬
veau, fortement battus et atteints par les vagues lors des tempêtes. Ils
ne vivent que pendant la saison froide, en hiver et au printemps (de
janvier à avril), et font défaut le reste de l’année.
L une au moins de ces espèces passe cette période de repos à
1 état d acinètes, c’est YUlothrix pseudoflacca, qui, ainsi que je l’ai
(I) Le terme d embryospore a été créé par C. Sauvaceau (1918) pour désigner l’état
des zoospores de Laminaires ayant perdu leurs cils et s'étant fixées, mais n’ayant pas encore
'cUj'ophora'lanosr 1099 ^^' ^ terme PCUt également s ' a PpHquer aux zoospores fixées du
(2) Mes observations sur cette espèce sont en accord avec celles de Ernst (1904)
qui indique que le Vaucheria piloboloides apparaît à Naples en février et disparaît en avril,’
en produisant d abord des aplanospores, puis, en fin de végétation, des organes sexuels. Je
suis, au contraire, en contradiction avec Oluvier (1929, p. 105), qui signale qu’à Ville-
tranche la reproduction sexuee s observe en février et les aplanospores en mai.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
143
indiqué précédemment (ch. IV) forme, en fin de végétation et lors¬
qu’il subit un début de dessiccation, des acinètes qui persistent vraisem¬
blablement dans les fentes des rochers pendant tout l’éte, pour se
développer l’hiver suivant, lorsque les tempêtes hivernales viennent de
nouveau mouiller les rochers où il vit.
Forme de repos constituée par des hormogonies
Ce type se rencontre chez les Cyanophycées. Un bon exemple
en est fourni par le Rivularia bullata Berk., étudié par Thuret et
Bornet (1878, p. 2), ou encore par le Rivularia mesenterica Thuret,
qui remplace le Rivularia bullata dans la Méditerranée et lui res¬
semble beaucoup, tant par sa forme que par sa biologie.
Le Rivularia mesenterica apparaît à Banyuls au début d août,
sur les rochers émergés; il atteint son maximum de développement en
septembre, et il disparaît fin octobre. A cette époque, la gelée qui
entoure les trichomes se ramollit, devient diffluente, les tnchomes se
fragmentent en hormogonies, qui sont libérées. Celles-ci se fixent sur
les rochers, subissant parfois un commencement de division et de mul¬
tiplication, et passant ainsi les neuf mois qui les séparent de la période
où elles se développeront rapidement en de nouveaux thalles. Beaucoup
de Cyanophycées abondantes seulement pendant une partie de 1 année
sont dans le même cas que le Rivularia mesenterica.
Néanmoins, le cas de ces Cyanophycées est bien différent de
celui des autres Hypnophycées par l’absence de reproduction sexuée
ou par spores. La plupart pourront être considérées comme des plantes
pérennantes, avec des périodes de multiplications plus intenses. Diveis
Lÿngbÿa et Oscillatoria, dont on ne remarque l’existence que pendant
une époque définie de l’année, persistent néanmoins pendant le reste
du temps à l’état de trichomes isolés, et dont la multiplication est très
ralentie.
Forme de repos constituée par des germinations quiescentes
Les spores de beaucoup d’espèces annuelles, n’existant à 1 état
macroscopique que pendant une certaine période de l’année, germent
immédiatement après leur émission, mais au lieu de se développer
immédiatement, passent une partie de l’année (l’hiver ou l’été selon les
espèces) à l’état de vie ralentie, leur développement ultérieur ne se
produisant que lorsque les conditions de température et d’éclairement
(ou autres) sont redevenues favorables. Il semble que, pour ces algues,
le développement complet de l’individu ne puisse se produire que
144
/. FELDMANN
lorsque la température de l’eau est comprise entre des limites déter¬
minées et assez fixes pour une espèce donnée.
Les spores commencent à germer dès leur émission, puis leur dé¬
veloppement s’arrête lorsque la température s’élève s’il s’agit d’algues
hivernales, ou s’abaisse s’il s’agit d’algues estivales. Le développe¬
ment reprend lorsque les conditions de température sont redevenues
favorables. Aussi certaines espèces qui, dans la Méditerranée, se com¬
portent comme des Ephémérophycées et se multiplient toute l’année
sans présenter de périodes de repos, peuvent se comporter en Hypno-
phycées à germinations quiescentes dans les mers boréales, où la tem¬
pérature trop basse de l'eau en hiver arrête leur développement.
A Banyuls, beaucoup d’algues annuelles de profondeur sont des
Hypnophycées à germinations quiescentes fructifiant en été et faisant
défaut en hiver, et dont 1 apparition au printemps, aux dépens de ger¬
minations quiescentes, est généralement très rapide. C’est le cas, par
exemple, pour certains Halymenia (H. Floresia, H. Rodrigueziana),
pour le Dudresnaya verticiLlata, le Crouania procera , etc... La durée
de la période de repos est d’ailleurs assez variable. Dans certains cas,
elle est relativement courte, il en est ainsi pour le Chrysymenia ven-
tricosa.' Cette espece est abondante en été, en profondeur, jusqu’au
mois d octobre, les spores, carpospores et tétraspores, émis à partir
de juillet germent immédiatement. Pendant l’automne, l’algue est inob¬
servable dans la nature, étant réduite à cette époque à l’état de ger¬
mination quiescente dont le développement se poursuit dès le mois de
janvier d’abord lentement, puis plus rapidement. En 1932, des indi¬
vidus dragués le 28 janvier mesuraient 14 m/m. de haut et avaient la
forme d un sac oblong non ramifié. Ceux récoltés le 25 mars attei¬
gnaient 40 m/m. Trois mois après, les individus dragués le 28 juin
avaient atteint leur taille adulte, et les plus développés mesuraient
14L) m/m. de haut.
La plupart des Floridées annuelles n’existant à l’état macrosco-
pique que pendant une période déterminée de l’année, appartiennent
vraisemblablement au type des Hypnophycées à germinations quies-
C’est le cas, en particulier, pour trois Rhodophycées étudiées en
detail par Lew.s t (1912 1914) à Woods Hole : Dasya e/eguTs A g
CD. pedicellata Ag.), Cnffithsia Rormtmna Farlow (C. g lobulifera
HarvO et Polysiphonm vwlacea (Roth.) Grev. Les carpospores de
ces especes, emises en août, germent en automne, puis passent l’hiver
a 1 état de germinations quiescentes, qui se développent au printemps
pour donner des tetrasporophytes fertiles en juillet. Les tétraspores se
développent immédiatement et rapidement, et les carposporophytes
145
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
produits portent en août les carpospores qui donneront au printemps
suivant de nouveaux tétrasporophytes. Il existe donc une très grande
inégalité de durée entre les tétrasporophytes et les carposporophytes,
l’existence des premiers s’étendant d août à juillet, alors que le déve¬
loppement complet des seconds se fait en deux mois (juillet-août).
Il y a là ce que SvEDELIUS (1927) a appelé une alternance saison¬
nière de générations, dont il serait intéressant de rechercher s il existe
des exemples parmi les algues méditerranéennes.
Un cas un peu particulier est présenté par le Brongniartella bys-
soides , étudié par E. CHEMIN (1928, p. 104). C’est une algue saison¬
nière qui, dans la Manche, comme du reste dans la Méditerranée,
apparaît au printemps et disparaît à la fin de 1 été (avril à septembre).
Les spores émises en été germent immédiatement. Ayant conservé en
aquarium des germinations du mois de septembre au mois de juillet
suivant, CHEMIN signale qu’à cette époque les germinations ne dépas¬
saient pas, à ce moment, 1 m/m. de long. Elles étaient constituées
par un massif cellulaire portant un ou plusieurs filaments rampants re¬
présentant les stolons que l’on observe sur les jeunes plantes et sur les
plantes adultes; il n’y avait pas encore formation de rameau dressé.
Comme on le voit, en culture en aquarium, le développement est
très lent, et le stade de germination quiescente paraît très prolongé.
Dans les conditions naturelles, le développement doit être un peu
plus rapide. Néanmoins, d’après CHEMIN, le développement d une
pousse adulte ne peut se réaliser en un an : « Les jeunes spécimens
ramenés de dragages au milieu d’août ne peuvent provenir de spores
émises en juillet de la même année, car, au bout de quelques semaines,
elles ne pourraient avoir atteint la taille de 4 à 6 m/m. que je leur
ai vue. Ils ne pouvaient provenir que des spores de l’année précédente,
qui, après avoir végété tout l’hiver, avaient repris leur croissance au
printemps. Après un nouveau ralentissement hivernal, leur développe¬
ment s’achèverait l’été suivant. Brongniartella serait donc une plante
bisannuelle. »
D’autre part, KoLDERUP-RosENVlNGE, qui avait étudié les
Brongniartella byssoides dans son grand ouvrage sur la biologie des
Rhodophycées danoises (1923-24, pp. 445-430), d’ailleurs non cité
par CHEMIN, arrive à des conclusions un peu différentes. RoSENVINGE
n’a pas réussi à observer de germinations dans la nature, mais il a
trouvé, en hiver et au printemps, des filaments rampants donnant nais¬
sance à de courts rameaux dressés. Il se demande si ces filaments ram¬
pants proviennent de germinations de spores produites l’été précédent
ou de plantes plus vieilles. Dans le premier cas, l’espèce serait annuelle,
et pérennante dans le second. Il semble que ce soit à cette dernière
146
/. FELDMANN
hypothèse que s’arrête RoSENVINGE, car il indique plus loin que la
plante meurt à la fin de 1 année, à 1 exception, dans beaucoup de cas,
des filaments rampants d où s élèveront, au printemps suivant, des
rameaux dressés. Le Brongniartella byssoides serait donc, dans ce
cas, une Hémicryptophycée.
Je me suis un peu étendu sur la biologie du Brongniartella pour
montrer combien il est parfois difficile d arriver à des conclusions pré¬
cises sur le mode de vie d’une espèce et sur la place à lui assigner
dans la classification proposée ici.
Forme de repos constituée par un protonema
Le Porphyra leucosticta qui, en hiver, couvre les rochers litto¬
raux, est également une espèce annuelle saisonnière; elle apparaît en
novembre-décembre et disparaît vers le mois de mai. Les observations
de P. Dangeard, en particulier (1931, p. 87), nous font connaître
sous quelle forme les Porphpra végètent pendant les mois où ils ne
sont pas apparents. Alors que les monospores (spores neutres) des
Porphyra germent en donnant directement et très rapidement un nou¬
vel individu à fronde membraneuse, les carpospores, au contraire,
donnent naissance à un protonema filamenteux, à développement plus
lent, portant des bourgeons qui se développent ensuite en jeunes plan-
f, Pendant toute la période où les Porpbyra ne sont pas apparents,
i s sont donc représentés par ce protonema, qui constitue leur forme
de repos.
Algues pérennantes
Les algues pérennantes sont constituées par celles dont le déve¬
loppement s’échelonne sur plusieurs années. Alors que les algues
annuelles ne fructifient généralement qu'une seule fors et disparaissent
ensuite les especes perennantes sont le plus souvent polycarpiques. La
duree de leur vie est variable, mais n’est sans doute pas très longue en
general, comparée aux végétaux terrestres vivaces. Dans la plupart
des cas, elle ne dépassé pas quelques années. Néanmoins, pour certains
Lystoseira (C. sedo,Jes [Desf.] ) Ag„ elle doit vraisemblablement dé-
passeï dix ans. Dans certains cas, les parties âgées de l’algue se dé¬
truisent progressivement, alors que les parties plus jeunes continuent à
s accroître. C est ce qu, a lieu, par exemple, chez le Ralfüa verrucosa
dont la fronde en croûte circulaire s'accroît à la périphérie, tandis
qu elle se détruit vers le centre, de telle sorte que les individus âgés
se pi esentent souvent sous 1 aspect d’une couronne circulaire dont la
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
147
partie centrale a disparu. De même, les stolons des Caulerpa se dé¬
truisent à une extrémité, tandis qu’ils continuent à s accroître par
l’extrémité opposée.
On peut, parmi les algues pérennantes, distinguer plusieurs types,
selon que la totalité de la fronde ou une partie seulement de celle-ci
est pérennante. Dans chacun de ces deux groupes, on distinguera,
d’une part, les algues dont la partie pérennante est dressée au-dessus
du substratum, et, d’autre part, celles où elles sont appliquées en forme
de croûte ou rampantes à la surface du substratum.
Phanérophycées
Les Phanérophycées sont les algues dont la fronde, dressée au-
dessus du substratum, est entièrement pérennante. C’est le cas, par
exemple, du Codium dichotomum et de YHalimeda tuna parmi les
Chlorophycées, du Laminaria sac-
charina (L.) parmi les Phéophy-
cées, de YAhnfeltia plicata
(Huds.) Fr. parmi les Rhodo-
phycées. L’accroissement de la
fronde des Phanérophycées est
tantôt intercalaire, tantôt terminal.
Il est intercalaire et non localisé
dans une région déterminée de la
fronde chez les Codium (SHAN-
NON et Altman, 1930), ou loca¬
lisé au point de jonction du stipe
et de la lame (zone stipo-fron-
dale) chez les Laminaires. Dans
le cas de YHalimeda tuna, au
contraire, l’accroissement est ter¬
minal. La figure 9 représente un
individu cYHalimeda tuna voisin
de la forme platydisca, dragué
au cap Béar en avril.
Les articles en forme de disques ou réniformes, incrustés de cal¬
caire et d’une teinte vert blanchâtre, sont de consistance ferme; les
plus âgés, situés à la base, portent en outre des Mélobésiées et des
Bryozoaires. A l’une des extrémités, on distingue un des articles qui
vient de se former, il est de consistance plus molle, de couleur vert
sombre et encore dépourvu de calcification. Il se distingue très nette¬
ment des articles déjà calcifiés, qui se sont formés les années précé¬
dentes.
Fig. 9. — Halimeda tuna (Eli. et Sol.)
Lamx var. platÿdisca, (Decsne) Barton,
individu dragué au printemps (avril) mon¬
trant les articles calcifiés datant de l’année
précédente et (à gauche) un article en voie
de développement non encore calcifié (en
noir sur la figure), 2/3 gr. nat.
148
]. FELDMANN
Parmi les Rhodophycées appartenant au groupe des Phanéro-
phycées, on peut citer YAhnfeltia plicata (Huds.) Fr. Chez cette
espèce, étudiée en détail .sur la côte danoise par K. ROSENVINGE
(1931, pp. 554-568, fig. 542-563 bis), l’accroissement annuel serait,
d’après cet auteur, d’environ 3 centimètres. Les plus grands individus
observés par lui atteignaient 16 centimètres. Ils devaient donc être âgés
d’environ 5 ans. Sur la côte basque, j’ai récolté, aux environs de Biar¬
ritz, des Ahnfeltia plicata dépassant 35 centimètres. Ils devaient être
encore plus âgés, même en supposant que la vitesse de croissance soit
plus grande sur la côte basque qu’au Danemark.
Dans les parties âgées de sa fronde, YAhnfeltia plicata montre,
en section transversale, des zones de croissance concentriques, qui ne
sont pas sans ressemblance avec les anneaux concentriques de bois pré¬
coce et de bois tardif que l’on observe dans les tiges ligneuses des
Dicotylédones et des Gymnospermes. Ces zones de croissance ont été
décrites en particulier par B. JoNSSON (1891 ) et K. ROSENVINGE (loc.
cit.). PRINTZ (1926, p. 63) considère ces couches comme correspon¬
dant chacune à une période de croissance annuelle. Néanmoins, RO¬
SENVINGE fait quelques réserves à ce sujet. Dans mes échantillons
hauts de 35 centimètres, récoltés à Biarritz, j’ai observé jusqu’à six
zones de croissance concentriques vers la base des rameaux les plus
développés. Ils seraient donc âgés, si l’on admet la conception de
PRINTZ, de 6 ans.
Chaméphycées
On peut ranger dans ce groupe les algues pérennantes pour leur
fronde entière ayant la forme de croûtes plus ou moins épaisses, étroi¬
tement appliquées sur le substratum. Parmi les espèces appartenant à
ce type, on peut citer Palmophyllum crassum et Codium adhaerens
(Chlorophycées), Ralfsia verrucosa et Nemoderma tingitanum (Phéo-
phycées), la plupart des Mélobésiées et des Squamariacées, ainsi que
le genre Hildenbrantia (Rhodophycées).
Chez les Ralfsia et les Mélobésiées, en particulier, on peut dis¬
tinguer des zones d accroissement annuelles à la fois en épaisseur et
en largeur. Chez le Ralfsia verrucosa, en particulier, une coupe ver-
t;cale d une fronde âgée, faite en hiver, montre très nettement une
couche inférieure datant de l’année précédente, surmontée d’une couche
d aspect different, en voie de développement. A la périphérie de la
fronde, on n observe que des tissus jeunes. De même chez certains
1 eyssonnelw s’observe un accroissement en épaisseur avec formation
d hypothalles secondaires, tandis que ce mode d’accroissement fait dé¬
faut chez d’autres espèces, qui restent toujours minces et ne s’accroissent
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
149
que par le fonctionnement de l'assise des cellules qui bordent la pen-
phérie de la fronde Cet accroissement marginal périodique donne sou¬
vent à la fronde de ces espèces un aspect zoné concentriquement : les
parties les plus jeunes situées à la périphérie présentant, en general, une
couleur plus vive et plus claire que les parties âgées.
Chez beaucoup de Chaméphycées, les parties centrales, plus
âgées, meurent les premières, ainsi que je 1 ai signalé plus haut chez
le Ralfsia verrucosa.
Les Mélobésiées pérennantes, chez lesquelles 1 accroissement en
épaisseur est relativement important, meurent par leur partie inférieure,
tandis que la partie supérieure, qui la recouvre, reste vivante. Une
fronde âgée de Mélobésiée est alors constituée d’une portion inferieure
morte, souvent très épaisse et plus ou moins perforée par les algues
endolithes et les animaux perforants, tandis que la partie vivante est
réduite à la partie extérieure relativement très mince.
Hémiphanérophycées
Sous le nom d’Hémiphanérophycées, je propose de désigner les
algues pérennantes dont une partie de la fronde dressée se détruit tous
les ans. Un bon exemple de ce type est fourni par le Cÿsfoseira se-
doides (Desf.) C. Ag., espèce spéciale aux cotes d'Algérie et du nord
de la Tunisie, et que j’ai eu l’ocasion d étudier à Cherchell (rELD-
MANN, 1931, p. 219).
Cette algue est constituée par une tige dressée, épaissie, simple ou
peu ramifiée, pouvant atteindre, dans les très vieux individus, 1 mètre
de long. Cette tige, fortement fixée aux rochers par un large disque
charnu, est couverte de la base au sommet de rameaux courts, ramifiés
et hérissés d’épines. Ces rameaux, au début de l’été, atteignent 10 cen¬
timètres de long, et l’ensemble de la plante a alors, selon^la compa¬
raison de C. SaUVAGEAU, l’aspect d’un « écouvillon ou d une brosse
à bouteilles ». Au cours de l’été, l’algue perd progressivement tous
ses rameaux, de telle sorte qu’à la fin de l’automne elle est réduite
à sa tige vivace, couverte des cicatrices des rameaux, et présentant
alors l’aspect d'une grosse corde noirâtre généralement recouverte
d’épiphytes variés (Jania rubens, en particulier). E.n janvier, cette tige
se recouvre sur toute sa longueur de petits bourgeons destinés à donner
de nouveaux rameaux annuels; ils ne dépassent pas, à cette époque,
I centimètre de long; ils atteignent 3 centimètres en mars, 6 à 8 en
mai; en juin, ils présentent leur taille définitive (fig. 10).
Le Cÿstoseira sedoides est donc constitué par une partie péren-
nante, le tronc, portant de nombreux rameaux annuels, disparaissant à
150
}. F EL D'. J ANN
Fig. 10. Cÿstoseira sedoides (Desf.) Ag., forme d'hiver récoltée en janvier 1930
à Cherchell. Les rameaux secondaires commençant à se développer. Réduit de moitié.
Source : MNHN, Paris
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
Fig. II. — Cÿstoseira sedoides (Desf.) Ag., ferme d été,
récoltée fin juin à Cherchell. Réduit de ir.o:t:c.
152
]. FELDMANN
l’automne. Ce mode d’évolution se retrouve chez beaucoup d’autres
Cystoseira d’une manière plus ou moins nette. Dans le cas des Cys-
toseira à tophules (C. spinosa, par exemple), chez lesquels les rameaux
naissent d’un renflement appelé tophule, inséré sur la tige, il y a for¬
mation, pendant la période de végétation, de tophules vierges groupés
au sommet de la tige et dépourvus de rameaux, alors qu’au-dessous
les tophules formés l’année précédente portent des rameaux épineux
fertiles. Ces rameaux disparaissent au début de l’automne, et les to¬
phules vierges donnent naissance, au printemps suivant, à de nouveaux
rameaux épineux, qui disparaîtront à l’automne.
Le Laminaria Cloustonii Ldmst. est également une hémiphanéro-
phycée a stipe pérennant et à lame annuelle. Le mode de renouvelle¬
ment de cette lame est classique, et il n’y a pas lieu d’y insister ici.
Parmi les Rhodophycées hémiphanérophycées, on peut citer le
Rodriguezella Strafforellii, constitué par une partie pérennante dressée,
cylindrique, ramifiée, donnant naissance à des frondes annuelles folia¬
cées apparaissant au prin¬
temps et se détruisant à
l’automne. De même, le Po-
lysiphonia elongata présente
une partie inférieure forte¬
ment cortiquée, qui seule
persiste en automne et en
hiver, et qui, au printemps
(février-mars), redonne de
nouveaux ramules fructi¬
fères. Il en est également
de même pour le Sphaero -
coccus coronopifolius, dont
tous les rameaux fins, géné¬
ralement chargés de cysto-
carpes, disparaissent à l’au¬
tomne ; seuls, les rameaux
principaux persistent pen-
vrier, montrant les gros rameaux datant de l'année dant 1 hiver. Ail printemps,
precedente portant de jeunes ramules plus grêles et l’acnprl rL la . . x
de couleur rose plus pale (gr. nat.). 1 aS P eC ^ de la P^nte est très
caractéristique (fig. 12); la
partie pérennante. de consistance dure et de couleur sombre, se dis¬
tingue nettement par son aspect des jeunes ramules en voie de déve¬
loppement, qui sont d’une belle couleur rose clair et d’un aspect plus
fragile.
Alors que le Sphaerococcus coronopifolius est pérennant dans la
Fig. 12. — Sphaerococcus coronopifolius (Good. et
Wood.) Ag., fragment d’un individu rérnlté f*.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
153
Méditerranée, .1 serait annuel à l’île de Man (Mer d'Irlande) , d'après
Margery Knight et Mary Parke (1931, p. 83). Si le fait est exact,
(Harvey, dans le Phycologia Britannica, indique cette espece comme
pérennante), le Sphaerococcus se comporterait comme certains phané¬
rogames, qui sont annuels dans les régions froides et vivaces dans les
régions chaudes. Ce qui a lieu, par exemple, pour le Ricin (Ricmus
commuais L.). , , , n
Un type intéressant d’Hémiphanérophycee est fourni par le Ue-
lesseria sanguinea (L.) Lamour., étudié en particulier par k. RosEN-
V1NGE (1923-1924, p. 475). C’est une espèce perennante pouvant
vivre, d’après RoSENVINCE, quatre à cinq et peut-être meme sept ans.
Chaque année, le limbe des « feuilles » de cette algue se détruit en
général au début de l’automne, tandis que la « nervure médiane >> aux
cellules bourrées d’amidon persiste. C’est sur cette nervure médiane
que naîtront en automne et en hiver les petites folioles portant les
organes reproducteurs. Au printemps, de nouvelles pousses dévelop¬
pées sur la nervure médiane de l’ancienne feuille redonneront les larges
feuilles nervées caractéristiques de cette espèce. Dans le cas du Deles-
seria sanguinea, la période de fructification ne coïncide donc pas avec
la période végétative, et l’apparition des organes reproducteurs a lieu
après la disparition des organes assimilateurs, le développement des
organes reproducteurs s’effectuant aux dépens des matières de reserve
accumulées pendant l’été dans la nervure médiane pérennante.
Hémicryptophycées
Ije propose de réunir sous ce nom les espèces pérennantes dont
les parties dressées de la fronde se détruisent entièrement chaque
année, vers la fin de la période de végétation. On peut distinguer deux
types d’Hémicryptophycées, selon que la partie pérennante de 1 algue
est constituée par un disque charnu généralement susceptible d’assimiler
pendant la période où il représente à lui seul la plante, ou par des
rhizomes ou des stolons rampants, généralement chargés de matières
de réserve et chez lesquels l’assimilation est arrêtée, ou du moins forte¬
ment ralentie pendant la période de repos.
Parmi les Hémicryptophycées à disque, on peut prendre comme
type le Rissoella verruculosa, espèce commune sur les côtes méditer¬
ranéennes, et qui a été jusqu’ici considérée à tort comme annuelle.
Les frondes dressées de cette espèce (PI. VIII, photo 15), si
caractéristiques des stations battues de 1 étage littoral, minuscules au
début de l’hiver, s’accroissent rapidement pendant l’hiver et le prin¬
temps, pour atteindre leur taille maximum en mai ou juin et disparaître
progressivement au cours de 1 ete. Si 1 on examine un Rissoella a cette
154
]. FZLDMANN
époque (août, septembre), on constate que les frondes dressées, en
voie de destruction, sont insérées sur un large disque brunâtre, étroite¬
ment appliqué sur les rochers, ressemblant à une fronde de Ralfsia,
et pouvant atteindre 4 à 5 centimètres de diamètre. En septembre, ce
disque est couvert de nombreuses petites pousses cylindriques, hautes
à pæine d’un millimètre, qui se développeront ultérieurement en de nou¬
velles lames dressées (fig. 13). En octobre, les vieilles frondes du
Rissoella ont complètement
disparu, et la plante n’est plus
représentée, à cette époque,
que par ses disques assimila¬
teurs, couverts de petites
pousses dressées.
Une autre Rhodophycée
méditerranéenne ( Alsidium co-
rallinum ) présente le même
mode de développement et pos¬
sède un large disque charnu,
assimilateur, pérennant, portant
des pousses dressées annuelles.
Parmi les Phéophycées,
il y a lieu de mentionner le
Cladostephus verticillatus, qui
est également une Hémicrypto-
nhycée à disque. Cette espèce,
étudiée en détail par SAUVAGEAU (1900-1914, p. 488), possède un
disque pérennant plus ou moins circulaire, large de 1 à 3 centimètres
et même plus, dont 1 aspect et le mode de développement rappellent
beaucoup ceux d un Ralfsia. De ces disques s’élèvent, au printemps,
des pousses indéfinies, dressées, pourvues de verticilles de rameaux.
La destruction de ces parties dressées se fait en deux temps; à l’au¬
tomne, la plante perd la plus grande partie de ses rameaux verticillés,
en même temps que se développent d’autres rameaux très courts por¬
tant des sporanges et réunis en manchons denses sur certaines parties
des pousses dressées (manchons microblastiques). La fructification a
heu en hiver, et c est seulement au printemps suivant que disparaissent
les pousses indéfinies produites à la même époque l’année précédente.
Alors que, dans les Hémicryptophycées à disque, cet organe, qui
îepresente à lui seul la plante pendant la saison défavorable, continue
a assinruler pendant cette période, les stolons et les rhizomes, qui consti¬
tuent la partie perennante des Hémicryptophycées, que nous allons
examiner maintenant, sont surtout des organes de réserve. Ces stolons
Fig. 13. — Rissoella verruculosa (Bertol.) J. Ag.
Fiat de I algue à la fin de septembre; on dis¬
tingue deux frondes dressées en voie de des¬
truction au sommet et les disques vivaces cou¬
verts de jeunes pousses cylindi
(Gr. nat.).
a-comques.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
et ces rhizomes, souvent pauvres en pigments assimilateurs, couverts
d’épiphytes et à demi enfouis dans le sable ou la vase, doivent pré¬
senter des phénomènes d’assimilation très ralentis. Ils sont, par contre,
riches en matières de réserve susceptibles de fournir, aux jeunes pousses
auxquelles ils donnent naissance, les matériaux nécessaires à leur pre¬
mier développement.
Parmi les Hémicryptophycées à rhizomes et à stolons rampants,
on peut citer l 'Udotea petiolala , dont les lames flabellifoimes, dressees,
ne persistent guère plus d’une année et disparaissent en hiver, alors
Fia. J 4 . — Acanthophora Delilei Lamour.
Individu récolté en juin à Carthage (Tunisie). Réduit de moitié.
que les stolons formés de filaments blanchâtres, enchevêtrés, sont pé-
rennants et donnent naissance au printemps à de nouvelles lames pe-
tiolées. De même, dans la Méditerranée tout au moins, le Caulerpa
proliféra (Forsk.) Lamour. perd en automne la plupart de ses frondes
foliacées et est réduit, pendant une grande partie de l’hiver, à ses
rhizomes jaunâtres enfouis dans la vase (RaphÉLIS, 1925, p. 1 70) ( h
On peut rattacher à ce type le Bryopsis muscosa, qui apparaît à
Banyuls en novembre-décembre pour disparaître en juin-juillet. Les
observations de FoTT (1933) ont montré qu’à la fin de la-période de
végétation tous les filaments dressés disparaissent après avoir perdu
peu à peu toutes leurs pinnules (Feldmann, 1929, p. 729), et il ne
subsiste de la plante que les rhizoïdes rampants dans les anfiactuosités
(1) Il n’en est vraisemblablement pas de même dans les régions tropicales où cette
espèce existe (Antilles) et où la température de l’eau demeure élevée pendant toute 1 annee.
De même sur les côtes tunisiennes, le Caulerpa proliféra ne perd pas complètement ses frondes
foliacées en hiver.
Source : MNHN, Paris
156
J. FELDMANN
du substratum. Ces rhizoïdes présentent souvent des cloisonnements,
et des kystes se forment à leur intérieur.
Parmi les Phéophycées, on peut citer le cas du Dictvopteris mem-
branacea, dont la fronde dressée est annuelle, la seule partie péren-
nante étant constituée par la base de la fronde entourée d’un feutrage
dense de rhizoïdes d’où s’élèvent, à la fin de l’automne, de nouvelles
Fi”. 15. — Acanlhophora Delilei Lamour.
Individu de la même localité que le précédent, récolté en janvier. Réduit de moitié.
Parmi les Rhodophycées, l’exemple du Gpmnogongrus nicaeensis
est également très caractéristique. Chez cette algue, la partie péren-
nante est constituée par des stolons allongés, peu colorés, rampant sou¬
vent à l’intérieur d’éponges encroûtantes et du Palmophpllum crassum,
alors que les frondes dressées, membraneuses, sont annuelles, appa¬
raissant en hiver et se détruisant au cours de l’été.
Dans certains cas, la destruction des parties annuelles a lieu en
deux temps, c’est ce qui se produit chez l’ Acanlhophora Delilei La¬
mour., Rhodomélacée tropicale assez commune aux environs de Tunis.
La partie pérennante de cette algue est constituée de rhizomes courts
et charnus, portant des frondes annuelles dressées, formées de rameaux
pourvus eux-mêmes de ramules secondaires épineux. La frg. 1 4 donne
1 aspect de la plante encore jeune, d'après un échantillon récolté en
juin. Au début de l’hiver, les ramules secondaires tombent d’abord,
en commençant par les ramules les plus âgés situés vers la base, c’est
à cet état que se trouve l’échantillon figuré ci-joint (fig. 15), récolté
en janvier. On voit que les rameaux sont à peu près dépourvus de
ramules, sauf au sommet; les rameaux primaires eux-mêmes ne tardent
pas a disparaître pour être remplacés par de nouveaux rameaux
annuels issus des rhizomes, et dont on distingue le début vers la base
de la touffe.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
L_e tableau suivant (Tableau VI) résume les caractères distinctifs
des principaux types biologiques d’algues marines.
TABLEAU VI
Types biologiques des algues marines
I. — ALGUES ANNUELLES.
Algues se rencontrant toute l’année. Plusieurs
générations annuelles en général. Les spores ou
les œufs germent immédiatement sans présenter
de période de repos.
Eclipsiophycéea.
Ephémérophycée
Algues pré¬
sentes le reste
| de l'année sous
jne forme mi¬
croscopique
particulière
I (prothalle ou
I >léthy‘m'•thalle) i
|Algues passant j Elvpnnphyc^es.
| la saison defa- p orme repos cons tituée
vorable sous 1
forme de repos)
prothalle
. Enteromorpha compressa.
’ Cladophora sp.
I Polysiphonia subulala.
Ceramium robustum.
i Phyllaria.
Sporochnus.
' Nereia.
... ( Liebmannia.
à plethysmothalle . ( „ oml)rense , phéosporée,.
des spores : Spongomorpha lanosa.
des œufs : Vaucheria piloboloides.
des hormogonies : Rivularia bullata. R. mesenierica.
des acinètes : Ulqthrix pscudoflaeca.
des germinations quiescentes : Halymenia Rodrigueziana.
Dudresnaya.
un protonema : Porphyra.
IL — ALGUES PERENNANTES.
La fronde
entière
B
Fronde dressée au-
dessus du substratum. Phanérophycées
Fronde en croûte ap¬
pliquée sur le substra-
Une partie de
la fronde, à
Chaméphycées. ■
Une partie seulement
de la fronde dressée
(tronc, stipe ou ra¬
meaux principaux)...
La partie basale de la
fronde seulem' (toute
la partie dressée étant
Hémiphanérophycées..
J
Un disque
charnu assimi¬
lateur .
la parue uicaacc nom i
annuelle). Hémicyptophycée. ^ rlt | zom « |
Partie pérennante / ou des stolons
constituée par . ' rampants riches
1 en réserve . . . '
( Codium dichotomum.
) Halimeda tuna.
i Vidalia volubilis.
' Phyllophora nervosa-
i Palmophyllum crassum.
) Hildcnbrandia.
j Peyssonnelia.
■ Mélobésiées.
i Cladophora pellucida.
[ Cystoseira , Sargassum.
Laminaria Cloustonü.
Polÿsiphonia elongata.
Rodriguezella.
Sphaerococcus.
Cladostephus.
Rissoella.
Alsidium corallinum.
Cymnogongrus Criffithsiùe.
Udotea.
) Acetabularia.
) Bryopsis muscosa.
Cymnogongrus nicaeensis.
CHAPITRE XII
PÉRIODES DE VÉGÉTATION ET PHÉNOLOCIE
PÉRIODES DE VÉGÉTATION
L’examen de la végétation marine d’une même région, aux diffé¬
rentes époques de l’année, montre que la composition de la flore algale
varie beaucoup selon les saisons. Si certaines espèces se rencontrent
dans toutes les saisons sous le même aspect et dans le même état
(Ephémérophycées, Phanérophycées, Chaméphycées), beaucoup
d autres, au contraire, ne se rencontrent à l’état de végétation active
que pendant certaines saisons, passant le reste de l’année à l’état de
repos. Pendant ce temps elles peuvent subsister sous un aspect différent
de celui qu’elles présentent pendant les périodes de végétation active
(Hémiphanérophycées et Hémicryptophycées), ou disparaître com¬
plètement comme beaucoup d’espèces annuelles (Eclipsiophycées et
Hypnophycées).
Mes fréquents séjours à Banyuls à tous les mois de l’année,
complétés par des observations faites en Algérie, m’ont permis de
suivre 1 évolution annuelle de beaucoup d’espèces et de me rendre
compte de la durée et de l’époque de leurs périodes de végétation.
Si l’on compare la flore hivernale (janvier, février) et la flore
estivale (juillet, août), on est frappé par les différences qui existent
dans la composition floristique de la végétation marine à ces deux sai¬
sons de l’année.
En hiver, dominent les espèces atlantiques boréales, qui, grâce
à la faible température de l’eau à cette époque, peuvent effectuer leur
développement dans des conditions favorables. C’est le cas, par
exemple, des Ulothrix flacca , pseudoflacca, subflaccida, Bangia fusco-
purpurea, Porph^ra leucosticta, umbilicalis, linearis, etc. En même
temps, on note l’absence de la plupart des espèces d’affinité tropicale,
qui caractérisent la végétation estivale.
En été, en effet, ces espèces tropicales et subtropicales présentent
leur maximum de développement, alors que les espèces boréales et
subarctiques ont, pour la plupart, disparu.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
159
Parmi ces espèces d’affinité tropicale et à végétation estivale, on
peut citer : Siphonocladus pusillus, Acetabularia mediterranea, Pseu -
dobryopsis myura, Liagora viscida et distenta, Scinaia complanata,
Hypnea musciformis, etc...
L’influence de la température sur la période de végétation des
algues est tout à fait nette, tout au moins en ce qui concerne les algues
vivant près de la surface (étages littoral et infralittoral supérieur). En
ce qui concerne les algues de profondeur, un autre facteur joue le îôle
principal, c’est la lumière, trop peu intense en hiver pour permettre à
beaucoup d’algues de se développer, alors que la température, peu
variable en profondeur, ne joue qu’un rôle secondaire. Aussi la flore
de profondeur est-elle beaucoup plus riche en été qu’en hiver. A cette
dernière saison, elle ne présente qu’un nombre assez restreint d’espèces,
la plupart pérennantes et en état de repos à cette époque.
Comparaison des périodes de végétation de quelques algues
dans la Méditerranée et dans l’Atlantique boréal
La comparaison des périodes de végétation d algues de la Mé¬
diterranée, existant aussi dans la Manche et 1 Atlantique boréal, vient
confirmer l’importance du rôle que la lumière et surtout la tempé¬
rature jouent dans les périodes de végétation des algues marines. Cette
comparaison met en particulier en évidence que, pour beaucoup d es¬
pèces, le développement ne peut s’effectuer complètement qu’entre
certaines limites de température, maxima et minima, limites assez pré¬
cises et qui sont à peu près les mêmes dans la Méditerranée et 1 Atlan¬
tique boréal. Ce fait explique que certaines espèces soient hivernales
et vernales dans la Méditerranée, où la température, trop élevée pour
elles en été, s’oppose à leur développement pendant cette saison ; alors
que ces mêmes espèces sont estivales dans 1 Atlantique boréal, où leur
absence en hiver s’explique par la trop faible température de l’eau
à cette époque.
On peut distinguer plusieurs types d’algues dont les périodes de
végétation comparées dans la Manche et la Méditerranée sont tantôt
les mêmes, tantôt différentes.
I. Algues à période de végétation estivale dans la Méditerranée
et dans la Manche
A ce type appartiennent un certain nombre d’algues localisées en
profondeur, où les variations de température sont relativement faibles,
mais qui ne peuvent se développer que pendant la période où 1 éclaire-
160
/. FELDMANN
ment est assez intense, c’est-à-dire pendant l’été. C’est donc au facteur
lumière qu’il faut attribuer l’absence de ces espèces en hiver.
C’est le cas, par exemple, du Sporochnus pedunculatus, qui, dans
la Méditerranée, apparaît en avril et se rencontre à l’état fertile de
juin à octobre, et qui, dans la Manche, ne se rencontre également qu’en
été. Il en est de même de VArthrocladia villosa , qui, dans la Méditer¬
ranée et dans la Manche, ne s’observe que de juin à septembre.
II. Algues à période de végétation hivernale et vernale
dans la Méditerranée et dans la Manche
Ce sont des espèces d’eau froide, qui disparaissent dès que la
température devient trop élevée. Un bon exemple de ce type est fourni
par les Ulothrix.
L 'Ulothrix flacca, en particulier, ne se rencontre à Banyuls que
de décembre à avril. Dans la Manche, il a été observé de janvier à
avril, à Cherbourg (Thuret in herb.). Dans les régions plus septen¬
trionales, cette espèce est plus tardive; c’est ainsi qu’à l’île de Man,
M. KNIGHT et M. Parke (1931, p. 48) le signalent en été; au nord
de la Scandinavie (Finmark), FoSLIE (1890) l’a récolté en août; au
Groenland, K. RosENVlNGE (1893) l’a observé de mars à juillet.
III. Algues à période de végétation hivernale et vernale
en Méditerranée et estivale dans la Manche
Comme dans le cas de YUlothrix flacca, il s’agit ici d’espèces
boréales, mais remontant moins haut vers le nord et n’exigeant pas
des températures aussi basses que celles du groupe précédent.
C est le cas, par exemple, du Nemalion helminthoides, Ephémé-
rophycée à germinations quiescentes qui, dans la Manche, apparaît
en juin pour disparaître en octobre et y est, par conséquent, exclusi¬
vement estival. Au contraire, à Banyuls, le Nemalion helminthoides
apparaît en novembre-décembre et atteint sa taille maximum (jusqu’à
60 centimètres de long) en avril ; il disparaît ensuite peu à peu par
destruction progressive de sa partie distale. En juillet, il a souvent
complètement disparu des localités où il était abondant en avril, mais
dans les stations fortement battues où 1 eau ne s’échauffe pas et qui
sont protégées de 1 insolation directe, certains individus peuvent per¬
sister jusqu en octobre. Dans ces mêmes stations, on observe parfois,
à la fin de 1 été et au début de 1 automne, des individus jeunes, compa-
îables, par leur état de développement, à ceux que l’on observe nor¬
malement en février-mars, et qui proviennent vraisemblablement de
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE 161
germinations issues de plantes ayant fructifié à la fin du printemps
précédent, et dont la période de repos à l’état de germination quies¬
cente a été raccourcie grâce aux conditions favorables (faible échauf-
fement de l’eau et intensité lumineuse réduite).
IV. Algues à période de végétation estivale dans la Manche
et se rencontrant toute l'année en Méditerranée
A ce groupe appartient le Padina Pavonia. Dans la Manche,
cette espèce est uniquement estivale, apparaissant en juin pour dispa¬
raître en octobre. Dans la Méditerranée, au contraire, cette espèce se
rencontre toute l’année; les spores émises en été germent au début
de l’automne, et, fin novembre, j’ai récolté à Banyuls des individus
atteignant déjà 2 cm. 5 de haut. La plante se développe ensuite,
d’abord lentement pendant l’hiver, puis plus rapidement, et présente
son maximum d’abondance en mai-juin. Après cette époque, beaucoup
d’individus, surtout parmi ceux situés à très faible profondeur et dans
les stations très ensoleillées, disparaissent. Ceux situés dans les stations
plus abritées persistent jusqu’en septembre; ils atteignent alors une
très grande taille, mesurant jusqu’à 24 centimètres de diamètre. Au
cours de l’été, les spores émises au début de la période de fructification
germent en donnant de petits individus moins développés et moins
nombreux que ceux nés à l’automne précédent, et qui persistent jus¬
qu’en hiver. La période de végétation du Padina Pavonia à Banyuls
est donc beaucoup plus longue que dans la Manche, et il existe deux
générations annuelles au lieu d’une, la génération estivale, moins fa¬
vorisée par les conditions de température, étant moins développée que
la génération hivernale et vernale.
V. Algues à période de végétation hivernale et vernale dans la
Méditerranée, se rencontrant toute l'année dans la Manche
Les espèces de ce groupe sont à comparer avec celles du
groupe II. On peut prendre, comme exemple, le cas du Porphyra um-
bilicalis, qui, à Banyuls, apparaît en décembre et disparaît fin avril,
alors que, dans la Manche, il se rencontre à peu près toute l’année
en présentant un maximum d’abondance au printemps.
Un autre exemple du même type est fourni par le Callithamnion
corymbosum, espèce uniquement hivernale à Banyuls, où je ne l’ai
observée que pendant les mois de janvier et de février, époque à la¬
quelle elle est relativement abondante. Dans la Manche, au contraire,
ainsi que dans les régions plus septentrionales, comme au Danemark
11
Source ; MNHN, Paris
162
/. FELDMANN
(K. RoSENVINGE, 1917), le Callithamnion corymbosum se rencontre
toute l’année en présentant un maximum d’abondance en juillet et
août. Dans ces régions, cette algue présente plusieurs générations
annuelles et se comporte comme une Ephémérophycée, alors que dans
la Méditerranée elle ne possède peut-être qu’une seule génération
annuelle avec une très longue période de repos : elle doit alors être
considérée comme une Hypnophycée.
Alternance saisonnière de végétation et dimorphisme
saisonnier (Espèces jumelles)
L’expression d’alternance saisonnière de générations (Seasonal
alternation of générations) a été créée par SvEDELIUS en 1927, pour
définir le phénomène présenté par le Ceramium corticatulum Kylin
dans la Baltique, et par plusieurs autres Floridées annuelles.
Chez le Ceramium corticatulum, les individus tétrasporiques
existent seuls à la fin de l’automne et en hiver, et les individus sexués
se rencontrent seulement à la fin de l’été. Ces plantes sexuées doivent
dériver des tétraspores émis au printemps et au début de l’été par les
individus tétrasporiques ayant passé l’hiver. Les carpospores émises
par les individus sexués à la fin de l’été donnent naissance à des indi¬
vidus tétrasporiques qui passent l’hiver.
Ces individus tétrasporiques présentent donc une période de végé¬
tation beaucoup plus longue que les individus sexués, dont la durée est
éphémère. « L’alternance de générations du Ceramium corticatulum
a donc le caractère d une alternance saisonnière de générations dont
le gamétophyte est une algue éphémère et estivale, et la plante tétras-
porique une algue hivernale à durée de vie plus longue. »
Je n ai pas observé de tels cas d’alternance saisonnière de géné¬
rations dans la Méditerranée, où ils seraient à rechercher.
Certaines algues méditerranéennes présentent, par contre, un
« dimorphisme saisonnier », en attribuant à ce terme le sens que lui a
donné R. VON WETTSTEIN (1906), au cours de ses recherches sur les
phanérogames présentant des phénomènes analogues.
On sait, en effet, que certains phanérogames, comme par exemple
les Euphrasia et les Centiana, présentent, à l’intérieur d’une même
espèce hnnéenne, des jordanons se correspondant deux à deux, mais
dont l’un se développe et fleurit au printemps, et l’autre à la fin de
l’automne. Ils se trouvent donc isolés sexuellement par suite de leur
époque de floraison différente, ce qui favorise la fixation de leurs
caractères différentiels. Le terme de dimorphisme saisonnier appliqué
à ce phénomène a donc un sens bien différent de celui que lui attri-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
163
buent les entomologistes pour certains Lépidoptères, dont les individus,
présentant des caractères différents aux diverses saisons, appartiennent
à la même lignée. Chez les Euphrasia, au contraire, comme dans le
cas des Seiches étudiées par CuÉNOT (1933), les formes saisonnières
appartiennent à des lignées différentes et n ont entre elles d autre^ lien
génétique qu’une même origine phylogénétique présumée. CuÉNOT
(1936) propose d’adopter pour ces formes saisonnières l’expression
d’espèces jumelles. De telles espèces jumelles existent aussi chez les
algues marines.
C’est ainsi que deux Polysiphonia méditerranéens : P. sertula-
rioides et P. tenerrima constituent deux espèces voisines 1 une de 1 autre
(le Polysiphonia tenerrima étant même considéré par certains auteurs,
Hauck en particulier, comme une simple variété du P. sertularioides),
se développant à deux époques différentes de l’année.
Le Polysiphonia sertularioides est commun à Banyuls, en hiver
et au printemps, de décembre à mai, sur les rochers battus situés au-
dessus du niveau et dans les cuvettes littorales. En été, il a générale¬
ment complètement disparu, et sa récolte à cette saison est tout à fait
exceptionnelle.
Le Polysiphonia tenerrima, au contraire, de plus petite taille et
toujours épiphyte sur les vieux individus de Nemalion helminthoides,
à l’intérieur des tissus duquel il envoie des rhizoïdes, ne se rencontre,
à Banyuls, que de juin à septembre. Ces deux espèces, bien que très
voisines l’une de l’autre, sont nettement distinctes. Toutes deux pré¬
sentent en abondance des tétrasporanges et des organes sexués. Il ne
s’agit donc pas là d’une alternance saisonnière de générations, mais
d’espèces jumelles.
Dans certains cas, les espèces jumelles sont encore plus voisines
morphologiquement que dans le cas précédent. C’est ainsi qu’il existe
dans la Méditerranée deux espèces voisines de Cutleria : Cutleria mul-
tifida et Cutleria monoica, qui ont été longtemps confondues.
La première de ces deux espèces vit au printemps (avril-mai),
près du niveau; la seconde en été, à une profondeur plus grande. Ces
deux espèces, ainsi que leurs sporophytes ( Aglaozonia parvula et Agla-
ozonia chilosa), se ressemblent beaucoup et leur distinction, d’après
leur morphologie externe, est souvent difficile. Le Cutleria monoica
diffère du Cutleria multifida par la structure anatomique de son gamé-
tophyte, dont les cellules internes sont plus grandes et les cellules corti¬
cales externes disposées généralement en une seule assise de cellules,
alors qu’il y en a plusieurs chez le Cutleria multifida. De plus, le
Cutleria monoica est monoïque, alors que le Cutleria multifida est
dioïque. Néanmoins, les caractères distinctifs de ces deux espèces ne
164
J. FELDMANN
sont pas toujours constants. J’ai, en effet, récolté à plusieurs reprises,
en été, à Banyuls, à une profondeur de 25 à 28 mètres, un Cutleria
tout à fait identique morphologiquement au Cutleria multifida, et
dioïque comme lui, mais qui présente les caractères anatomiques du
Cutleria monoica. Dans la même localité vit un Aglaozonia, qui
semble se rapprocher plus de Y Aglaozonia chilosa que de Y Aglaozonia
parvula. C. Sauvageau, que j’avais consulté à ce sujet, avait estimé
qu’il s’agissait de Cutleria monoica exceptionnellement dioïque. C’est
également mon avis, mais ces échantillons montrent que les caractères
de l’espèce Cutleria monoica ne sont pas encore bien fixés, à Banyuls,
et qu’il y a lieu de le considérer comme une forme estivale et de pro¬
fondeur du Cutleria multifida, qui, par suite de son isolement du type
dans l’espace et dans le temps, est en voie de devenir une espèce
distincte pour constituer avec lui un couple de formes saisonnières, ou
mieux d’espèces jumelles.
Un autre exemple de ces formes jumelles m’a été fourni par
YAsperococcus bullosus. Cette Phéophycée est abondante à Banyuls,
dans les stations calmes situées près du niveau, de janvier à mai. Elle
fait complètement défaut dans ces stations pendant l’été, mais, à cette
saison, j’ai fréquemment dragué en août et septembre, par 18 à 30 m.
de profondeur, un Asperococcus que je rapporte également à Y Aspe¬
rococcus bullosus, dont il présente tous les caractères principaux. Il ne
diffère de la forme hivernale de surface que par sa taille plus réduite,
sa teinte plus claire et son aspect plus fragile. La structure, et notam¬
ment la disposition des sores de sporanges pluriloculaires, est identique
dans les deux formes. La seule différence réside dans la taille des cel¬
lules corticales externes, qui sont beaucoup plus grandes dans la forme
de profondeur que dans la forme de surface. Dans la forme de surface,
ces cellules mesurent 20-30 F dans leur plus grande largeur, alors que,
dans la forme de profondeur, elles atteignent et même dépassent 50 F.
Cette forme estivale de profondeur ( Asperococcus bullosus f. profundus
nob.) constitue, avec la forme hivernale de surface, un couple de
formes jumelles qui, vraisemblablement sans rapports génétiques directs
entre elles, mériteraient peut-être d’être considérées comme deux pe¬
tites espèces distinctes.
Phénologie des organes reproducteurs des algues marines
DE LA COTE DES ALBÈRES
La phénologie des organes reproducteurs des algues de la Médi¬
terranée est encore assez mal connue. Les travaux de De ToNI (1922-
1923) fournissent quelques renseignements intéressants sur ce sujet.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
165
malheureusement ils ne portent que sur quelques familles de Flondées,
et, de plus, ils ne sont basés que sur les renseignements puisés dans la
bibliographie et l’examen d’échantillons d’herbier d’origines variées.
Pour arriver à établir d’une manière précise les périodes de reproduc¬
tion des algues d’une région donnée, il est nécessaire d y effectuer de
nombreuses récoltes à toutes les périodes de l’année, et de ne pas se
fier uniquement au matériel d’herbier, réuni le plus souvent dans un
but différent et provenant souvent de récoltes effectuées à certaines
époques de l’année seulement, et toujours les mêmes.
Funk (1927), à Naples, a donné un intéressant tableau des
saisons de fructification de bon nombre d’algues de cette région ;
malheureusement, beaucoup d’espèces n’y figurent pas ou n y sont
indiquées que par le nom de genre.
Dès mes premiers séjours à Banyuls, j’ai noté avec soin, à chaque
excursion, la nature des organes reproducteurs présentés par les algues
que je récoltais; chaque fois que cela a été possible, des échantillons
d’herbier ou dans des liquides conservateurs ont été préparés, qui
m’ont permis une vérification ultérieure de la détermination spécifique
et de la nature des organes reproducteurs. Ces observations m ont per¬
mis de dresser les tableaux annexés à ce chapitre, comprenant toutes
les Chlorophycées, Phéophycées et Rhodophycées de la côte des
Albères, chez lesquelles j’ai observé des organes reproducteurs, classées
d’après leur saison de fructification et indiquant également la nature
des organes observés lorsqu’une espèce en présente plusieurs.
Il y a lieu de noter, toutefois, que ces tableaux ne sont pas limi¬
tatifs, et qu’il est très possible que certaines espèces soient observées à
l’état fertile à d’autres époques que celles indiquées sur ces tableaux,
car je n’y ai mentionné que les données certaines que j’ai pu réunir
personnellement et sans tenir compte des documents bibliographiques,
ni même de mes observations personnelles faites dans des régions de
la Méditerranée autres que celle de Banyuls.
Certaines espèces, vivant à la fois près du niveau et en profon¬
deur, présentent dans ces deux stations une phénologie différente. Dans
les tableaux suivants, un astérisque précédant le nom d’espèce indique
qu’à l’époque considérée ce sont seulement les individus vivant en pro¬
fondeur qui étaient fertiles.
On comparera avantageusement ces tableaux avec ceux dressés,
pour les algues de l’île de Man (Mer d’Irlande), par Misses KNIGHT
et Parke (1931), et par Funk (1927) pour le golfe de Naples. Cette
comparaison mettra en évidence les différences et les analogies exis¬
tant dans la phénologie des espèces communes à ces régions.
166
]. FELDMANN
TABLEAU VII
Epoques de fructification des Chlorophycées, Phéophycées
ET RhODOPHYCÉES DE LA COTE DES ALBÈRES
Printemps (Mars, Avril, Mai)
CHLOROPHYCÉES
Platymonas tetrathele.
Ulothrix flacca (gamètes).
Ulolhrix pseudoflacca (acinètes).
Endoderma viride.
Enleromorpha intestinalis.
Enteromorpha compressa.
Enleromorpha Linza.
Ulva lactuca.
Cladophora dalmatica.
Cladophora crystallina.
Chaelomorpha aerea.
Bryopsis muscosa.
Derbesia Lamourouxii.
PHÉOPHYCÉES
Ectocarpus siliculosus oo.
Ectocarpus confervoides oo.
Ectocarpus irregularis oo.
Ectocarpus Baltersii oo.
Ectocarpus Valiantei oo.
Streblonema sphaericum O.
Myrionema strangulans oo.
Ascocyclus orbicularis oo.
Nemoderma tingilanum.
Ralfsia verrucosa Ç).
Liebmannia Leveillei Q.
Castagnea medilerranea oo.
Ciraudia sphacelarioides.
Scytosiphon Lomenlaria co.
Asperococcus bulLosus oo.
Asperococcus compressus Q.
Sphacelaria hystix 9 et propag.
Sphacelaria cirrosa propag.
Phyllaria reniformis.
Cutleria multifida ? $ .
Cutleria adspersa 9 $ .
Dilophus Fasciola 0.
Dilophus ligulatus 0.
Cystoseira barbata.
Cystoseira medilerranea.
Cystoseira spinosa.
Cystoseira caespitosa.
Cystoseira crinita.
Cystoseira abrotanifolia.
RHODOPHYCÉES
Bangia fuscopurpurea 9 S .
Porphyra leucoslicta 9 <5 .
Porphyra linearis 9 $ .
Porphyra umbilicalis 9 $ .
Erythr otrichia camea Q.
Erythr otrichia ciliaris Q.
Erythrocladia subintegra O-
Acrochaetium moniliforme Q-
Acrochaetium Duboscqii O-
Acrochaetium virgatulum O-
Acrochaetium Daviesii Q.
Nemalion helminthoides 9”.
Bonnemaisonia asparagoides ç?.
Asparagopsis arma ta $ 9 .
Peyssonnelia rubra 0.
Hildenbrandia prototypus 0.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
167
Lithothamnium Philippii.
Mesophpllum lichenoides 2 .
Lilhophyllum ( Dermalolilhon) pustu -
latum.
Lithophpllum ( Dermalolilhon) hapali-
dioides.
Lilhophyllum ? Nolarisii.
Mehbesia ( Lilholepis) mediterranea^)
Amphiroa Beauvoisii.
Corallina mediterranea.
Corallina officinalis.
Jania longifurca.
Halymenia dichotoma 2 .
Rhodophyllis bifida 0.
Rhodophyllis appendiculala 2 •
Gymnogongrus nicaeensis 2 •
Chylocladia Kaliformis 2 0.
Griffithsia sphaerica 0 2 .
Griffithsia barbaia 0.
Monospora pedicellata 0.
Callithamnion granulatum 0.
Gymnoihamnion elegans 0 5 2.
Ceramium gracillimum 0 2 .
Ceramium echionolum 0.
Ceramium robustum 0.
Polysiphonia serlularioides 0 2 .
Polysiphonia subulata 0.
Polysiphonia elongala 0 2 .
Polysiphonia flocculosa 0.
Polysiphonia opaca 0.
Polysiphonia fruliculosa 0.
Laurencia pinnatifida 0.
Ricardia Montagnei 0.
Herposiphonia secunda 0 2 .
Lophosiphonia obscura 0.
Eryihroglossum (?) Lenormandi 0.
Hypoglossum Woodrvardii 0.
Apoglossum ruscifolium 0.
Eté (Juin, Juillet, Août)
CHLOROPHYCÉES
Stephanoptera gracilis.
Plaiymonas tetrathele.
Endoderma majus.
Didymosporangium repens.
Blastophysa rhizopus.
Enteromorpha compressa.
Enteromorpha ramulosa.
Cladophora albida.
*Rhizoclonium Kerneri.
S.phonocladus pusillus.
Acetabularia mediterranea.
*Halicystis parvula.
Bryopsis monoica.
Pseudobryopsis myura.
Derbesia Lamourouxii.
Derbesia lenuissima.
Codium difforme.
Codium dichotomum.
PHÉOPHYCÉES
Eclocarpus siliculosus oo.
*Ectocarpus confervoides oo
Eclocarpus granulosus oo.
Eclocarpus Lebelii oo.
Eclocarpus paradoxus oo.
Eclocarpus Baltersii oo.
Eclocarpus Valiantei oo.
Streblonema sphaericum Q.
Acinetospora Vidovichii Ç).
Myrionema strangulans Ooo.
Ascocyclus orbicularis oo.
Ascocyclus conchicola oo.
Compsonema Liagorae oo.
Mesospora mediterranea Ooo.
Nemoderma tingitanum.
Elachista intermedia Q.
168
/. FELDMANN
Myriactula slellulaia coÇ).
Myriactula Rivulariae Q.
Corynophlaea Hamelii Q.
Lealhesia mucosa 0.
Cylindrocarpus microscopicus Qoo.
Strepsilhalia Liagorae Q oo.
Liebmannia Leveillei 0oo.
Stilophora rhizodes 0.
Giraudia sphacelarioides.
Colpomenia sinuosa oo.
*Myriotrichia adrialica Q oo.
*Asperococcus bullosus f. profundaÇ).
*Stictyosiphon adriaticus co.
Stictyosiphon soriferus Q.
Spbacelaria plumula propag.
Sphacelaria tribuloides propag.
Spbacelaria cirrosa propag.
Arlhrocladia villosa.
Sporochnus pedunculatus.
Carpomitra costata.
Nereia filiformis.
Phyllaria reniformis.
Cutleria monoica 2 .
Dilopbus Fasciola 0.
Dilophus ligulatus 0.
Dictyota dichotoma 02 3.
Padina pavonia 0.
Taonia atomaria 0.
Dictyopieris membranacea 0.
Sargassum vulgare.
Sargassum linifolium.
Sargassum Hornschuchii.
Cysloseira barbata.
Cystoseira mediterranea.
^Cystoseira spinosa.
Cysloseira opuniioides.
Cystoseira crinila.
Cystoseira discors.
Cystoseira abrotanifolia.
RHODOPHYCÉES
Erylhrotrichia carnea O.
Erytbrocladia subintegra 0.
Asterocyiis ornala Q.
Acrochaelium Duboscqii Q.
^Acrochaelium Daviesii.
Nemalion helminthoides g".
Liagora viscida g".
Liagora distenta 2 .
Liagora lelrasporifera 3 2 0.
Scinaia furcellata 2 3 .
Scinaia complanala 2 .
Bonnemaisonia asparagoides g”.
Bonnemaisonia clavala $ .
Asparagopsis armata 2 .
Gelidiella lubrica 0.
Gelidium pulvinalum 0.
Gelidium crinale 0 2 .
Gelidium latifolium 0.
Pterocladia capillacea 2 .
Dudresnaya verticillala 2 0.
Rhizopbyllis Squamariae 2 •
Hildenbrandia prototypus 0.
Epilithon membranaceum 0.
Lilhophyllum (Dermalolithon)
tulalum.
^Lilhophyllum Hauclçi.
Lilhophyllum ? Notarisii.
Amphiroa cryplarlhrodia.
A mpbiroa Beauvoisii.
Halymenia Floresia 2 .
Halymenia Rodrigueziana 0.
Crateloupia filicina 0 2 .
Calosiphonia vermicularis 2 .
Gracdaria compressa 0 2 .
Plocamium coccineum 0 2 .
Sphaerococcus coronopifolius 2
Neurocaulon grandifolium $ .
Rissoella verruculosa 0 2 .
Hypnea musciformis 0 2 .
Gymnogongrus Gnffilhsiae 0.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
169
Cymnogongrus norvegicus ®.
Chrysymenia venlricosa 0Î î.
Botiyocladia boiryoides 9 .
Champia parvula 9 .
Chÿlocladia Kaliformis $ ©.
Chylocladia squarrosa ®.
Gastroclonium clavalum ®.
Spermothamntoft flabellaium 9 ©.
Sphondylolhamnion muliifidum ©.
*Pleonosporium Borreri ©.
Callithamnion letragonum 05 î.
Callithamnion lenuissimum ©.
Callithamnion caudatum ©.
Callithamnion granulalum ® 9 .
Seirospora Griffîthsiana 09 5.
Seirospora sphaerospora © parasp.
Dohrniella neapolitana ® parasp.
* Anlithamnion Plumula ©.
Anlithamnion plumula var. Bebbii
© 5 3 •
* Anlithamnion lenuissimum ® $ .
Antithanmion Spirographidis ®.
Wrangelia mullifida 9 ©•
Ceramolhamnion adriaticum ©.
Ceramium Berikoldi ®.
Ceramium orthocladum © 9 •
Crouania bispora ©.
Crouania procera © 9 $ •
Polysiphonia tenerrima © $ .
Polysiphonia subulata ®.
Polysiphonia elongala ® 9 •
Polysiphonia Derbesii ®.
Polysiphonia subulifera ®.
Laurencia oblusa ©.
Rodriguezella Strafforellii 9 .
Ricardia Montagnei ®.
*Chondria lenuissima $ 9 .
Chondria Boryana ©.
Brongniartella byssoides ©.
Herposiphonia secunda ®.
Lophosiphonia obscura ©.
Rytiphlaea tinctoria 9 .
Dasyopsis spinella ©.
Dasya arbuscula ®.
Dasÿa corymbifera ®.
Dasya ocellata ®.
Erythroglossum ( ?) Lenormandi ©.
Erplhroglossum Sandrianum ®.
Nilophyllum punctatum $ •
Hypoglossum Woodxvardii 9 .
AUTOMNE (Septembre, Octobre, Novembre)
CHLOROPHYCÉES
Plafÿmonas tetrathele.
Enteromorpha compressa.
Bryopsis Balbisiana.
Brÿopsis monoica.
Pseudobryopsis myura.
Derbesia Lamourouxu.
Derbesia lenuissima.
Codium Bursa.
Codium dichotomum.
PHÉOPHYCÉES
Ectocarpus paradoxus oo.
M\)rionema strangulans oo
Compsonema Liagorae oo.
Elachista intermedia O-
M^riactula Rivulariae Q.
Myriaclula stellulala ©oo.
Strepsithalia Liagorae O 00 -
Spermalochnus paradoxus Ç).
*Stilophora rhizodes O-
Sphacelaria plumula propag.
170
/. FELDMANN
Sphacelaria cirrosa propag.
Halopleris scoparia O.
Cladostephus verlicillatus O 00 -
Sporochnus pedunculatus.
Padina pavonia 0.
Sargassum vulgare.
Cpsloseira barbala.
Cystoseira mediterranea.
Cpstoseira discors.
Cvsioseira abrotanifolia.
RHODOPHYCÉES
Erythrotrichia carnea O-
Acrochaetium nemalionis Ç).
Liagora viscida 2’’.
Liagora dislenta 9 .
Scinaia complanala ? .
Celidium melanoideum 0.
Celidium spalhulatum 0.
Celidium pulchellum 0.
Celidium latifolium 0 9 .
Plerocladia capillacea 0.
Acrospmphpton purpuriferum 2”.
Peyssonnelia squamaria 0.
Cruoriopsis cruciata 3 ■
Hildenbrandia prototypus 0.
Lithothamnium Lenormanda Ç .
Lithophpllum (Dermaloliihon) pus-
tulatum.
Lithophÿllum ? Nolarisii.
Amphiroa rigida.
Amphiroa cryptarthrodia.
Corallina granifera.
Halymenia dichotoma 9 .
Halymenia Floresia 9 .
Halymenia latifolia 9 .
Gralcloupia dichotoma 0.
Crateloupia filicina 0.
Sphaerococcus coronopifolius $ .
Rhodophyllis appendiculata Ç .
Hypnea musciformis 0 ? .
Chrysymenia venlricosa 9 •
Rhodymenia Ardissonei 0.
Spermothamnion flabellatum ÿ 1 .
Criffithsia opuntioides 0.
Criffithsia Schousboei $ .
Bometia secundiflora 0 2 *.
Call thamnion tenuissimum 0.
Sarospora humilts parasp.
Seirospora sphaerospora 0 parasp.
Dohrniella neapolitana 0 parasp.
Ceramium tenuissimum 0.
Ceramium circinatum 0 $ .
Ceramium robustum ? .
Microcladia glandulosa 0.
Spyrldia filamentosa 0.
Polysiphonia lenerrima 0 3 9.
Polysiphonia subulata 0.
Polysiphonia subulifera 0.
*Janczervslfia verrucaeformis 0.
Ricardia Montagnei $ .
Chondria Boryana 0.
Herposiphonia secundo 0.
Dasyopsis plana 0.
Halodictyon mirabile 0.
Erylhroglossum Sandrianum 0.
Nitophyllum punclatum 9 0.
Apoglossum ruscifolium 9 3 .
Hiver (Décembre, Janvier, Février)
CHLOROPHYCÉES
Platymonas tetrathele.
Ulothrix subflaccida.
Phaeophila dendroides.
Enteromorpha compressa.
Chaetomorpha aerea.
Chaetomorpha Adriani.
Cladophora sp. plur.
Bryopsis adrialica.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
171
PHÉOPHYCÉES
Eclocarpus siliculosus oo.
Ectocarpus confervoides co.
Ectocarpus fasciculatus ooO-
Ectocarpus virescens oo.
Ectocarpus irregularis ooO-
Ascocyclus conchicola oo.
Ralfsia verrucosa O-
Pelalonia Fascia oo.
Scylosiphon Lomerttaria oo.
Asperococcus scaber co.
Asperococcus bullosus Q.
Sphacelaria cirrosa propag.
Haloptcris filicina O-
Halopteris scoparia O-
Cladoslephus verticillatus O 00 -
Zanardinia prololypus.
Aglaozonia parvula.
Aglaozonia melanoidea.
Cystoseira barbota.
RHODOPHYCÉES
Bangia fuscopurpurea 9 3 •
Porphyra leucosticta 9 3 .
Porphyra linearis 9 3 •
Porphyra umbilicalis 9 3 •
Erythrotrichia carnea O-
Erythrotrichia investiens O-
Erythrotrichia ciliaris.
Erythrotrichia subintegra Q.
Acrochaetium microscopicum O*
Acrochaetium trifilum O-
Acrochaetium moniliforme Q.
Acrochaetium Duboscqii O-
Acrochaetium virgalulum O-
Acrochaetium secundatum Ç).
Acrochaetium Daviesii O-
Acrochaetium Savianum O-
Rhodochorton velulinum O*
Bonnemaisonia asparagoides Çp .
Asparagopsis armata 9 .
Gelidium pectinatum 0.
Pterocladia capillacea 0.
Peyssonnelia squamaria 9 0.
Peysonnelia alropurpurea 9 .
Peyssonnelia polymorpha 9 •
Cruoriella Dubyi 0.
Cruoriopsis Rosenvingii 0.
Hildenbrandia protoypus 0.
Choreonema Thureti.
Amphiroa Beauvoisii.
Corallina mediterranea.
Corallina officinalis.
Jania corniculata.
Halymenia dichotoma 9 .
Cruoria purpurea 9 .
Calosiphonia vermicularis 9 .
Plocamium coccineum 0 2 .
Sphaerococcus coronopifolius 9 .
Phyllophora nervosa 0.
Fauchea repens 0.
Botryocladia botryoides 9 •
Lomentaria articulata 0.
Lomentaria clavellosa 9 0.
Chylocladia squarrosa 0.
Lejolisia mediterranea 0 2 3.
Ptilothamnion microplerum 0.
Spermothamnion repens 0.
Spermothamnion irregulare 0.
Criffilhsia sphaerica 0 2 .
Criffilhsia irregularis 0.
Criffilhsia Schousboei 9 $ .
Griffithsia barbala 0.
Monospora pedicellata Q.
Pleonosporium Borreri 02 3.
Callithamnion tripirmalum 02 3.
Callithamnion Brodiaei 9 .
Callithamnion byssoides 0 3 .
172
J. FELDMANN
Callithamr.ion corymbosum 0.
Callilhamnion granulatum 0.
Anlithamnion Plumula 0.
Anlithamnion tenuissimum 05.
Plalythamnion crispum 0 ? .
Ceramium transversale 0.
Ceramium tenuissimum $ .
Ceramium strictum 9 .
Ceramium barbatum 0.
Ceramium tenue 0.
Ceramium echionotum 0.
Ceramium robuslum 0 9 .
P olysiphonia sertularioides 0 9 5.
Polysiphonia subulata 5 9 •
Polysiphonia furcellata 0 9 .
Laurencia pinnatifida 9 .
Ricardia Montagnei 9 .
H erposiphonia secundo $ .
Dasyopsis plana 0.
Fallçenbergia Hillebrandii 0.
Acrosorium uncinatum 0.
Nilophyllum punctatum 0.
Hypoglossum 17bodvjardii 0 3 9 .
Apoglossum ruscifolium 05 2.
Explication des signes employés dans le tableau précédent
O — Sporanges uniloculaires (Phéophycées) ou monosporanges (Rhodophy-
cées).
oo — Sporanges pluriloculaires (Phéophycées).
0 — Tétrasporanges et polysporanges (Dictyotales et Rhodophycées).
5 — Anthéridies.
? Oosporanges (Phéophycées). Procarpes et cystocarpes (Rhodophycées).
propag. — Propagules (Sphacélariacées).
parasp. — Paraspores (Rhodophycées).
Les espèces ne possédant qu un seul type d’organes reproducteurs, ou celles
pour lesquelles la nature des organes reproducteurs n’a pu être précisée, ne sont
suivies d’aucun signe.
CHAPITRE XIII
ETUDE DES ASSOCIATIONS
Ainsi qu’on l’a vu dans le chapitre X, on peut distinguer, dans
la partie du fond de la mer et du rivage habitée par les végétaux
marins, d’une part : deux faciès principaux caractérisés par la nature
du substratum rocheux ou meuble, et, d’autre part, un certain nombre
d’étages superposés, plus ou moins directement en relation avec leur
situation par rapport au niveau moyen de la mer et caractérisés chacun
par un ensemble de conditions écologiques dépendant plus ou moins
directement de la profondeur (émersion, eclairement, tempéiatuie), et
qui se retrouvent dans toutes les stations appartenant à un même étage.
Dans ce chapitre, j’étudierai les diverses associations végétales
marines que j’ai pu distinguer sur la côte des Albères, en envisageant
successivement celles du faciès rocheux et du faciès meuble. Dans
chacun de ces faciès, je passerai en revue les associations des étages
supralittoral, littoral, infralittoral supérieur et infralittoral inférieur.
Pour chaque association, on examinera sa composition floristique
et son aspect physionomique, les conditions écologiques nécessaires à
son développement dans une station déterminée, ainsi que les exigences
particulières de ses principaux constituants. Enfin, on étudiera les
variations de l’aspect et de la composition floristique de 1 association
selon les saisons, et, chaque fois que cela sera possible, on comparera
ces associations telles qu’elles se présentent sur la côte des Albères,
avec celles qui ont déjà été décrites dans d’autres régions de la Médi¬
terranée ou dans l’Océan.
Bien que fondées plus particulièrement sur mes observations faites
aux environs de Banyuls, la plupart des associations que je décris ici
se retrouveront sans doute sur une grande partie des côtes de la Médi¬
terranée. C’est ainsi, par exemple, que beaucoup d’entre elles se ren¬
contrent, avec la même composition floristique et les mêmes caractères
écologiques, sur les côtes méditerranéennes de l’Afrique du Nord.
La description de ces associations n’a donc pas seulement une
portée locale, mais doit être considérée comme un exemple caracté¬
ristique de la végétation marine de la Méditerranée, dont il y aura lieu
174
/. FELDMANN
d’étudier ultérieurement les variations dans les différentes régions de
cette mer.
Par suite de la nature de la côte, les associations du faciès
meuble sont relativement mal représentées sur la côte des Albères, et
il sera nécessaire de les étudier dans d’autres régions de la Méditer¬
ranée, où elles sont mieux développées. Les associations du faciès
rocheux, par contre, sont beaucoup mieux représentées et tout à fait
bien caractérisées.
Le tableau ci-joint (Tableau VIII) groupe les diverses asso¬
ciations végétales marines que j’ai pu distinguer sur la côte des Albères.
TABLEAU VIII
Associations végétales de la côte des Albères
I. — FACIES ROCHEUX
A. — ETAGE SUPRAL1TTORAL.
U S
J
I Cuvettes temporaires à . Salinité très faible .
\ salinité très variable et ' Salinité moyenne ou forte.
riches en matières orga- j Salinité très forte (> 100 gr. NaCl
] BK > UCS . par litre) .
I Cuvettes permanentes ou semi-permanentes, à salinité faible
( (suintements d'eau douce).
Rochers verticaux moyennement V Stations éclairées .
exposés, sans suintement d'eau < Stations très ombragées
douce . ( (grottes) .
Rochers ombragés avec suintements d'eau douce.
1. A. à Brachiomonas submarina
2. A. à Platymonas tetralhele.
3. A. à Stcphanoptera gracilis.
4. A. à Rivularia nitida.
5. A. à Verrucaria sÿmbalana.
6. A. à Hildenbrandia proiolÿpu .
7. A. à Rivularia Biasoletliana.
B. — ETAGE LITTORAL.
j \ Rochers plats et lisses .
(Rochers couverts de Chtamales.
Mode battu : ^! aUt
en bas
Mode
abrité
s
I
\
Rochers
plats
Cuvettes
Stations ensoleillées, exposées à Ja dessiccation. .
Stations peu exposées à la dessiccation, au moins
pendant la période de végétation (hiver) ....
Cuvettes à eau saumâtre ou sursalée, générale¬
ment souillée de matières organiques; suinte¬
ments d'eau douce .
Cuvettes à eau pure, à salinité moins variable. .
8. A. à Bangia-Ulolhrix.
9. A. à Brachÿlrichia Balani et £/:-
tophÿsalis granulosa.
10. A. à Porphyra Icucoslicla.
11. A. à Rissoella verruculosa.
12. A. à Tenarea iorluosa.
13. A. à Nemodcrma lingilanum.
14. A. à Corallina medilerranca.
15. A. à Ralfsia verrucosa.
16. A. à Scÿtosiphon Lomentaria.
17. A. à Enteromorpha inlestinalis.
18. A. à Cladophora Rudolphiana.
Source : MNHN, Pans
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
175
Stations très i Stations battues par le ressac,
ombragées '
(grottes et
surplombs)
Eau polluée, riche en ( Stations fortement éclairées, calmes,
matières organiques.. ( Stations ombragées, assez battues...
D. - ETAGE INFRALITTORAL INFERIEUR.
/ Fonds rocheux (roche vive).
' Fonds coralligènes .
__ ETAGE INFRALITTORAL SUPERIEUR.
Stations fortement battues .
Rochers horizontaux
i . \ fortement éclairés. ..
V Stations moyenne-
Stations bien ment battues . . . / Rochers verticaux plus
. \ . } ombrages .
eclairees
I Rochers couverts de
1 sédiments .
Cuvettes profondes e
communication con
tante avec la mer. .
Stations abritées
Fonds de graviers ou de petits galets.
19. A. à Cystoseira mediterranea.
20. A. à Cystoseira elegans.
21. A. à Dictyopteris membranaeea
et Phyllaria reniformis.
22. A. à Padina pavonia et Cladoste-
phus verlicillatus.
23. A. à Cystoseira discors et C.
barbota.
24. A. à Cyranogongrus ru'caeensis et
Phyllophora nervosa.
25. A. à Peyssonnelia Squamairia.
26. A. à Ulva lactuca.
27. A. à Petalonia fascia.
28. A. à Cystoseira spinosa et C.
opuntioides.
29. A. à JPseudolilhophyllum expan-
sum et Lithophyllum (?) Hau-
cfci.
30. A. à Arthrocladia villosa et Spo-
rochnus pedunculalus.
II. — FACIES MEUBLE
A. - ETAGE LITTORAL.
Bancs de vase ou de sable vaseux émergeant à marée basse. . [A. à Microcoleus chtonoplastes et
Lyngbya aestuariï.]
B. - ETAGE INFRALITTORAL.
Fonds de sable vaseux ou de vase. 31. A. à Cymodocea nodosa.
Fonds de sable graveleux . 32. A. à Posidonia oceanica.
I. — Faciès rocheux
A. — Etage supralittoral
1. — Association à Brachiomonas submarina
Je n’ai pas observé moi-même cette association aux environs de
Banyuls, et je ne la mentionne ici que d’après les renseignements ver¬
baux fournis par M. P. DANGEARD, qui a observé à Collioure le
Brachiomonas submarina dans des cuvettes supralittorales temporaires.
Source: MNHN. Paris
176
]. FELDMANN
Cette Volvocale constitue généralement, à elle seule ou associée
à quelques Chlamydomonas, une association très caractéristique des
cuvettes supralittorales temporaires à eau fortement dessalée par les
eaux de pluie. D’après les observations de GABRIEL (1924, p. 307),
faites à Marseille, le Brachiomonas submarina vit dans des eaux
contenant 1 gr. 20 à 1 gr. 50 de Cl par litre. Expérimentalement,
son optimum de végétation a été constaté dans de l’eau contenant
2 gr. de Cl par litre.
Dans les petites cuvettes supralittorales dessalées, le Brachio¬
monas submarina est généralement assez abondant pour colorer l’eau
en vert.
J’ai observé au Croisic (Loire-Inférieure) une association à Bra¬
chiomonas très comparable sans doute à celle que constitue le B. sub¬
marina sur les côtes de la Méditerranée. Cette association se rencon¬
trait dans de petites cuvettes situées à un niveau très élevé, et dont
l’eau était fortement dessalée; la flore de ces cuvettes était exclusive¬
ment formée par un Brachiomonas très voisin du B. submarina , le Bra¬
chiomonas Westiana Pascher (FELDMANN, 1931).
Les cuvettes où se développent les Brachiomonas sont situées,
en général, à des niveaux très élevés dans l’étage supralittoral, et qui,
par conséquent, sont exposées à se dessécher rapidement. Aussi, le
développement des Brachiomonas est-il très rapide, et la durée d’exis¬
tence de l’association qu’ils forment est-elle très irrégulière. Les Bra¬
chiomonas peuvent disparaître complètement en quelques jours des
localités où ils étaient abondants auparavant. Leur réapparition est
également irrégulière, étant liée à l’existence de cuvettes temporaires
à faible salinité.
2. — Association à Platymonas tetrathele
Cette association est beaucoup plus fréquente et beaucoup plus
constante que la précédente aux environs de Banyuls. Elle est carac¬
térisée par la présence de nombreuses volvocales nageantes, dont le
Platymonas tetrathele est l’espèce la plus caractéristique et celle qui
domine nettement, constituant même parfois des peuplements purs, mais
souvent associée à des Chlamydomonas, des Carteria, et à divers pro¬
tistes toujours moins nombreux que les Platymonas.
Cette association, comme la précédente, se rencontre dans les
cuvettes supralittorales temporaires, mais seulement dans celles où
1 eau présente une salinité relativement voisine de la normale ou supé¬
rieure à elle. Le développement de cette association est favorisé par
la présence de matières organiques; à ce point de vue, elle mériterait
presque d’être qualifiée de rudérale.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
177
L’abondance de substances azotées entraîne souvent une multi¬
plication intense des Platÿmonas, qui forment alors une mousse verte
à la surface de l’eau de la cuvette.
Très eurytherme et très euryhalin, le Platÿmonas tetrathelese
rencontre à toutes les époques de l’année dans les memes cuvettes. Ln
hiver, la température de ces cuvettes est inférieure à celle de la mer
libre. C’est ainsi que, le 4 février 1932, l’eau d’une grande cuvette
supralittorale à Platÿmonas, située à l’île Grosse, avait une tempe-
rature de + 6° C seulement, alors que la température de la mer libre
était de -!- 1 1° C au même moment. En été, au contraire, la tempe-
rature de l’eau des cuvettes à Platÿmonas peut dépasser + 30° C. ^
La salinité de l’eau des cuvettes à Platÿmonas est également très
variable en hiver; après les pluies, elle est un peu inférieure à la nor¬
male; elle s’élève au contraire assez fortement pendant 1 été. C est
ainsi que l’eau d’une cuvette à Platÿmonas de l’île Grosse ne conte¬
nait que 32 gr. de chlorures par litre en janvier 1932, alors que, 1 ete
précédent (août 1931), cette même cuvette, qui renfermait toujours
de nombreux Platÿmonas, possédait, après une longue période de forte
chaleur sans pluie, une eau dont la salinité atteignait 77 gr. de chlo¬
rures par litre, c’est-à-dire près du double de la salinité normale.
En juillet 1933, à Collioure, j’ai observé une cuvette supra¬
littorale à Platÿmonas, qui, outre cette espèce, renfermait diverses
Volvocales et des Bactéries roses, et dont l’eau contenait 100 gr. de
chlorures par litre. Ces fortes salinités sont d’ailleurs exceptionnelles,
et, en général, la teneur en chlorures de 1 eau des cuvettes où se déve¬
loppe l’association à Platÿmonas letralhele est comprise entre 30 et
50 grammes par litre.
Bien que rarement signalée, cette association doit être très large¬
ment répandue dans la Méditerranée et sur les côtes européennes de
l’Atlantique nord. Je l’ai observée dans les mêmes conditions que sur
la côte des Albères, en Algérie, à Cherchell (FelDMANN, 1931,
p. 195), ainsi que dans la Manche, à Saint-Malo.
3. — Association à Stephanoptera gracilis
Dans les cuvettes supralittorales temporaires, dont 1 eau est forte¬
ment concentrée par évaporation, on peut rencontrer une association
à Volvocales caractérisée par le Stephanoptera gracilis (Asteromonas
gracilis Artari), Polyblépharidée à cellules pourvues de six côtes, et
qui ne se rencontrent que dans les eaux sursalées.
Je n'ai observé qu’une seule fois cette association à Stephanoptera
gracilis, aux environs de Banyuls : en août 1931, à 1 île Grosse, dans
178
J. FELDMANN
une petite cuvette supralittorale contenant moins d’un litre d’eau et
située à 0 m. 50 environ au-dessus du niveau. Le Stephanoptera y était
extrêmement abondant et colorait l’eau en vert. Il n’était associé qu’à
des bactéries et à de rares individus d’un Spirulina à spires lâches.
L’eau de cette cuvette contenait 150 grammes de chlorures par litre.
Depuis, malgré mes recherches, je n’ai pu retrouver cette asso¬
ciation, dont l’existence est liée à des conditions écologiques assez rare¬
ment et temporairement réalisées, l’évaporation entraînant rapidement
une dessiccation complète de ces petites cuvettes.
Cette association à Stephanoptera gracilis est caractéristique des
eaux sursalées contenant entre 100 et 200 grammes de chlorures par
litre. C’est dans ces conditions que je l’ai observée dans les marais
salants du Croisic (FELDMANN, 1931) et dans des cuvettes d’eau, au
bord du lac de Tunis; dans cette localité, la température de l’eau où
vivait le Stephanoptera atteignait -f- 36° C (FELDMANN, 1931).
Cette association doit être très largement répandue partout où
les conditions écologiques qu’elle exige se trouvent réalisées, aussi bien
dans les cuvettes supralittorales que dans les eaux sursalées continen¬
tales. Le Stephanoptera gracilis est en effet connu depuis la Russie
jusqu’en Californie.
Ces trois associations à Volvocales des cuvettes supralittorales
(Ass. à Brachiomonas, Ass. à Plat\)monas, Ass. à Stephanoptera)
peuvent vraisemblablement se succéder dans une même cuvette, selon
les variations de salinité subies par l’eau de celle-ci. Après une tem¬
pête, les vagues ayant rempli un creux de rocher et ayant constitué
ainsi une cuvette supralittorale, le Platymonas tetrathele s’installe
d abord si 1 existence de matières organiques favorise son développe¬
ment. Si après, par suite de pluies abondantes, la salinité de l’eau de
la cuvette s abaisse très fortement, le Platymonas disparaît pour faire
place à l’association à Brachiomonas. Au contraire, si l’absence de
pluie et la chaleur favorisent l’évaporation de l’eau de la cuvette,
1 association à Platymonas sera remplacée par celle à Stephanoptera ,
lorsque la salinité dépassera 100 grammes de chlorures par litre.
Il est meme possible, bien que je ne l’ai pas observé, qu’une
nouvelle association apparaisse lorsque la salinité continuant à aug¬
menter, par suite de l’évaporation, la saturation de l’eau en sels se
produit. Dans ce cas, il est probable que l’association à Stephanoptera
disparaît pour faire place à l’association à Dunaliella salina Teodo-
resco, caractéristique des eaux saturées de chlorure de sodium. Une
évolution dans le sens inverse est sans doute également possible : l’as¬
sociation à Stephanoptera disparaissant d’une cuvette dont l’eau se
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
179
dessale, par suite de pluies abondantes, et étant remplacée par 1 asso¬
ciation à Plaiymoms ou à Brachiomonas.
4 _ Association à Rivularia nitida
Dans les cuvettes supralittorales atteintes par Ja mer seulement
lors des fortes tempêtes, mais que des suintements d’eau douce entre¬
tiennent en permanence remplies d’eau saumâtre souvent à peine salee,
une Cyanophycée, Rivularia nitida, couvre les rochers de ses minus¬
cules thalles sphériques. Associé à elle se rencontre également, en
moindre quantité, un Nostoc de petite taille, Nostoc entophÿtum, fixe
sur les rochers ou sur les feuilles mortes de Posidonies accumulées
dans ces cuvettes par le vent.
Je n’ai observé cette association à Rivularia nitida que dans
quelques cuvettes de l’anse du Troc, situées à 3 ou 4 mètres au-dessus
du niveau moyen. L’espèce caractéristique de cette association, Rivu¬
laria nitida, vit généralement dans les eaux saumâtres ou même presque
douces, mais sans s’éloigner, toutefois, beaucoup du bord de la mer.
Néanmoins, cette association à R. nitida appartient à peine à la flore
marine.
5. — Association à Verrucaria symbalana
Alors que, sur les côtes du nord de 1 Europe, les Lichens
occupent une place importante dans la végétation de 1 étage supra-
littoral et de l’étage littoral supérieur, ils sont beaucoup plus rares
et beaucoup moins abondants sur les côtes méditerranéennes de France,
sans doute à cause de la plus faible humidité atmosphérique.
Outre le Xanthoria parietina L., qui forme rarement une cein¬
ture aussi nette sur les côtes méditerranéennes que dans la Manche,
mais que j’ai observé couvrant un large pan de rocher exposé au
nord du cap Doune, vers 3-6 mètres au-dessus du niveau, et qui n’ap¬
partient pas à l’étage supralittoral, mais à 1 étage adlittoral, le seul
lichen occupant une place importante dans la végétation marine de
la côte des Albères est un Verrucaria : le V. symbalana Nyl. Ce
lichen est très voisin, tant au point de vue morphologique qu’au point
de vue écologique, du Verrucaria maura Wahlenb. des régions bo¬
réales, et dont il constitue vraisemblablement une forme méridionale.
Le V. symbalana a été découvert par Nylander, à Collioure
(1873, p. 204) ; il forme sur les rochers des croûtes noires, minces et
continues, épousant toutes les irrégularités de la surface de la roche;
ces croûtes sont parsemées de périthèces de petite taille. Le V. sym¬
balana se distingue du V. maura par ses croûtes continues, dépourvues
180
]. FELDMANN
d’aréoles, et ses périthèces à ostiole irrégulière. Le V. maura sensu
stricto ne semble d’ailleurs pas exister dans la Méditerranée; en tous
cas, Zschacke (1925, p. 46), dans sa révision des Vermcaria euro¬
péens, ne le cite pas dans cette mer où existent, outre le V. sÿmbalana,
d’autres Verrucaria marins (V. ligurica Zschacke et V . adriatica
[Zahlbr.] Steiner).
Nylander, en décrivant le V. symbalana, dit : « Imam partem
scopulorum ab ispsa aqua marina lavatam vel submersam illiniens. »
Et WEDDEL (185, p. 7301), qui a retrouvé dans l’Atlantique, à l’île
d’Yeu, le Verrucaria de Collioure et le considère comme une variété
du V. maura (V. maura var. symbalana [Nyl.] Weddell), dit à ce
sujet : « La continuité du thalle dans les variétés memnonia et symba-
lana, en particulier, dépend, si je ne me trompe, de ce que l’une et
l’autre sont moins souvent exondées que les formes à thalle aréolé.
C’est pour cette raison que l’on voit la première de ces formes associée
fréquemment au Lichina pÿgmaea, sur les plages de l’île d’Yeu, tandis
que le type se trouve au contraire, le plus souvent, dans la zone du
L. confiais. Les conditions dans lesquelles végète le V. maura symba-
lana sont faciles à rencontrer sur les bords de la Méditerranée, par
suite du défaut de marée. Sur ceux de l’océan, au contraire, où les
plages se trouvent tous les jours à sec, cette forme ne peut se présenter
qu’accidentellement. »
Ces remarques ne correspondent pas avec ce que j’ai observé sur
la côte des Albères. En effet, si le Verrucaria sÿmbalana peut se trou¬
ver à très peu de hauteur au-dessus du niveau moyen de la mer, dans
des stations où le ressac le mouille fréquemment (et je l’ai observé dans
de telles conditions à moins de 10 centimètres au-dessus du niveau, à
Collioure et à Port-Vendres), il peut aussi se développer beaucoup
plus haut. Au cap du Troc, sur des parois rocheuses plus ou moins
verticales et exposées au nord, le Verrucaria remonte jusqu’à 3 mètres
au-dessus du niveau, ce qui est assez exceptionnel, mais, par contre, il
est fréquent de l’observer formant une ceinture très nette, à un niveau
situé entre 50 centimètres et 1 m. 50 au-dessus du niveau de la mer,
dans des stations assez abritées pour que l’atteinte par les vagues soit
exceptionnelle au niveau où il vit.
J avais pensé que le Verrucaria vivant à ce niveau élevé, et tou¬
jours émergé, pouvait être différent de celui qui vit beaucoup plus bas,
dans les stations que le ressac mouille continuellement et où les Verru¬
caria se trouvent parfois associés à YHildenbrandia prototypus. Les
conditions écologiques où vivent ces derniers paraissant seules concor¬
der avec celles que les auteurs indiquent pour le Verrucaria sÿmbalana.
Néanmoins, M. Bouly DE LESDAIN, qui a bien voulu étudier une
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
181
dizaine d'échantillons de Ferrucaria de la région de Banyuls et de
Collioure, que je lui avais communiqués et qm avaient ete recol es
dans des stations et à des niveaux aussi variés que possible, les a tous
rapportés au Verrucaria symbalana Nyl. .
L'association à Verrucaria sÿmbalana, comme celle a Verrucaria
maura de l’Atlantique nord, est surtout bien représentée sur les pans
de rochers verticaux un peu abrités; elle fait defaut dans les stations
fortement battues, ainsi que dans celles qm sont trop abritées; elle es
surtout bien développée sur les rochers verticaux exposes au nord, ou
l’éclairement n’est pas trop intense. Dans les stations plus ombragées,
elle peut se trouver en concurrence avec l’association a Hddenbrandia
prototÿpus. Ses limites, inférieure et supérieure extrême, sont a lü cen¬
timètres et 3 mètres au-dessus du niveau moyen, mais elles sont plus
généralement comprises entre 30 à 40 centimètres et 1 m. 50.
Le Verrucaria sÿmbalana constitue la seule espèce de cette asso¬
ciation dans la région de Banyuls, où les Lichina sont inconnus. Il
se rencontre toute l’année sous le même aspect, et presque toujours
pourvu de périthèces.
Cette association à Verrucaria sÿmbalana doit être largement
répandue sur les côtes de la Méditerranée. C’est sans doute a elle
qu’il faudra attribuer la ceinture de Verrucaria maura, que j’ai signa¬
lée (1931, p. 189) en Algérie, à Cherchell, et qui s’observe fréquem¬
ment aux environs d’Alger.
Elle est à comparer avec la ceinture de Verrucaria maura, signa¬
lée depuis longtemps sur les côtes du nord de 1 Europe et étudiée en
particulier dans ces dernières années par Davy DE VlRVILLE (1932)
et des Abbayes (1935), en France, et en Scanie par SjôSTEDT
(1928).
5 _ Association à Hildenbranclia prototÿpus
Cette association est assez fréquente aux environs de Banyuls,
elle est caractérisée par VHildenbrandia prototÿpus, qui forme des
croûtes minces et luisantes, souvent très étendues, et de teinte rouge
brunâtre sur les rochers ombragés au-dessus du niveau. A cette algue
sont parfois associées des Cyanophycees (Apbanocapsa marina ), et
une algue calcaire ; L.ithothamnium Lenormandi, souvent abondante
et formant des croûtes minces et roses, dans les stations très ombragées
de l’étage supralittoral. Cette association peut également se retrouver
dans des stations immergées à peu de profondeur, et dans des cuvettes,
mais elle est surtout bien développée dans les grottes très obscures où
toute autre végétation fait défaut.
On se rendra compte de la faible lumière nécessaire au dévelop-
182
]. FELDMANN
pement de cette association par l’examen de la photo 3 (PI. II) repré¬
sentant la grotte de Cerbère. Au point où a été prise cette photogra¬
phie, les parois et le plafond de la grotte étaient recouverts d’un revête¬
ment continu d'Hildenbrandia prototypus et de Lithothamnium Lenor-
mandi. Alors que, dans les stations mieux éclairées, l’association à Hil-
denbrandia ne s’élève que très peu au-dessus du niveau, d’une dizaine
de centimètres tout au plus, dans les grottes très sombres et où le degré
hygrométrique de l’air est élevé, l’association remonte beaucoup plus
haut et YHildenbrandia et le Lithothamnium Lenormandi peuvent se
rencontrer jusqu’à I m. 30 au-dessus du niveau, comme c’est le cas
dans la grotte de Cerbère. D’ailleurs, le Lithothamnium Lenormandi
peut, d’après SoLMS-l_AUBACH (1881, p. 13), remonter encore plus
haut; il a en effet été observé par FALKENBERG, dans une grotte ma¬
rine près de Cajola (golfe de Naples), jusqu’à 3 mètres au-dessus
du niveau.
Dans ces stations très obscures, le L. Lenormandi est stérile.
Par contre, YHildenbrandia prototypus fructifie bien dans ces condi¬
tions, et pendant toute l’année.
Cette association se rencontre généralement dans les stations assez
battues ou un peu abritées, mais fait défaut sur les rochers couverts
de sédiments, ainsi que dans les grottes où existent des suintements
d’eau douce trop importants.
L. association à Hildenbrandia prototypus est très répandue dans
la Méditerranée. C’est à elle qu’il faut rapporter le Catenelletum dé¬
crit par Lorenz (1863, p. 193), dans le golfe de Quarnero, et
caractérisé par la présence, associée à YHildenbrandia, du Catenella
opuntia Grev., espèce qui fait défaut à Banyuls.
Sous le nom de groupe d’associations : Hildenbrandia-Grate-
loupia Cosentinii, Funk (1927, p. 257) a signalé, à Naples, l’asso¬
ciation à Hildenbrandia, mais en y joignant, à tort, des espèces stricte¬
ment infralittorales appartenant à l’association à Gymnogongrus ni-
caeensis.
L association à Hildenbrandia prototypus est également très ré¬
pandue sur les côtes du nord de 1 Europe. C’est à elle que correspond,
en partie tout au moins, 1 « Hddenbrandia-FormdXion » décrite par
Borgesen (1905, p. 711), aux Foeroé, ainsi que l’« Hildenbrandia-
Kerrucana-Association », signalée à Clare Island (Irlande) par Cot-
TON (1912, p. 19), qui groupe l’association à Verrucaria maura et
1 association à Hildenbrandia prototypus, associations présentant toutes
deux les mêmes exigences écologiques, sauf en ce qui concerne la lu-
mièie. L association à Verrucaria maura se rencontrant sur les rochers
bien éclairés ou seulement légèrement ombragés, tandis que l’associa-
V ÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE _ 183
lion à Hildenbrandia prototypes est très nettement sciaphile et n at¬
teint un beau développement que dans des stations très ombragées ou
le plus souvent, le Vtrruoaria maum ne pourrait vivre. Il arrive bmn
parfois que Verrucaria et Hildenbrandia coexistent dans une meme
station et entrent alors en concurrence, mais le fait est plutôt excep¬
tionnel, tout au moins à Banyuls, et ,1 me para* préférable de cens¬
urer ces deux espèces comme caractérisant deux associations dis
tinctes.
7 _ Association à Rivularia Biasolettiana
Cette association, souvent constituée exclusivement par le Rivu-
laria Biasolettiana, est caractéristique des suintements d eau douce des
falaises au niveau atteint par les vagues, ou les embruns seulement,
lors des tempêtes.
Dans ces stations, le Rivularia Biasolettiana forme des masses
confluentes, mamelonnées, très dures, d'une teinte vert sombre, ^ar
son écologie, le R. Biasolettiana se rapproche du R. mtida, qui vit
également dans les eaux saumâtres, mais alors que ce dernier vi
immergé dans des cuvettes, le R. Biasolettiana se rencontre dans des
stations mouillées seulement par le ruissellement.
Je n’ai observé l’association à Rivularia Biasolettiana, aux envi¬
rons de Banyuls, que dans l’anse du Troc, dans une fente verticale
ombragée, à 2 ou 3 mètres au-dessus du niveau. Le Rivularia Biaso¬
lettiana y était associé à de nombreuses diatomées, à quelques coussi¬
nets de mousses et à de petits individus rabougris d’Adiantum capil-
lus-Veneris. ,
A Banyuls, je n’ai observé cette association qu en hiver (.jan¬
vier 1931 ), le suintement qui permettait son développement n’étant pas
permanent, mais dans les cas où le suintement est continu, cette asso¬
ciation peut se rencontrer en toute saison. _
Bien qu’à ma connaissance cette association à Rivularia Biasolet¬
tiana n’ait pas été envisagée jusqu’ici comme une association distincte,
elle me paraît mériter d’être distinguée. Elle est sans doute largement
répandue, je l’ai observée, en particulier, dans les mêmes conditions
qu’à Banyuls, à l’île de la Galite, au nord de la Tunisie, où le Rivu¬
laria est associé au Schizothrix coriacea Gomont, et sur la côte basque,
à la falaise Sainte-Anne, à Hendaye. Dans cette localité, le Rivularia
Biasolettiana formait des coussinets étendus dans un suintement d eau
douce situé à 2 mètres environ au-dessus du niveau des hautes mers.
Ses thalles étaient envahis par le Schizothrix vaginala Gomont, dont
les trichomes étaient étroitement associés à ceux du Rivularia, formant
des colonies mixtes d’un beau vert émeraude.
Source : MNHN, Paris
184
J. FELDMANN
B. — Etage littoral
8 . — Association à Bangia-Ulothrix
L’association à Bangia-Ulothrix est caractérisée, aux environs de
Banyuls, par les espèces suivantes :
^Bangia fusco-purpurea (1).
^Ulothrix flacca,
* — subflaccida,
* ■— pseudoflacca,
Lyngbya confervoides,
Caloihrix crustacea,
auxquelles se mêlent parfois des Entéromorphes et le Dermocarpa
spherica, épiphyte sur le Lyngbya confervoides.
Cette association est constituée par des algues de petite taille
appartenant à des groupes variés, mais présentant le même aspect fila¬
menteux et formant des gazons ras et denses, d’aspect muqueux, grâce
à 1 eau qu ils retiennent entre leurs filaments. Ces gazons sont parfois
très étendus, ils se rencontrent dans les stations battues, ou tout au
moins dans celles où existe un ressac assez constant, depuis le niveau
de 1 eau jusqu à 0 m. 50 ou 0 m. 75 au-dessus. Exceptionnellement,
on peut les rencontrer jusqu’à I m. ou 1 m. 50 au-dessus du niveau,
sur des parois de rochers verticales et un peu ombragées, dans des
stations très battues. Ce sont surtout les Bangia et les Ulothrix qui
remontent à cette hauteur, les Lyngbya et les Calothrix étant géné¬
ralement limités à un niveau moins élevé. Cette association est carac¬
téristique des^ rochers lisses, où les Bangia et les Ulothrix réussissent
à se fixer et à se maintenir grâce à leur structure filamenteuse et leur
mode particulier de fixation identique, morphologiquement, chez ces
algues si éloignées l'une de l’autre, dans la classification.
Dans la Méditerranée, l’association à Bangia-Ulothrix est sur¬
tout développée en hiver et au printemps. A l’automne (octobre-no¬
vembre), les rochers plats et lisses situés au-dessus du niveau se
recouvrent, après les premières tempêtes automnales, d’un gazon court,
d un vert noirâtre, constitué en particulier par le Lyngbya confervoides
et le talothnx crustacea, au milieu desquels commencent à se déve¬
lopper de jeunes Bangia qui, bientôt, supplantent complètement les
Cyanophycees, qui disparaissent au cours de l’hiver. C’est à ce moment
qu apparaissent les Ulothrix, qui disparaîtront dès le début d’avril
alors que les Bangia persistent généralement jusqu’en mai et même
0) Dam cette liste, comme dans les suivantes, les espèces caractéristinues de
ctatton etudiee sont précédées d'un astérisque. caractéristiques de
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
185
parfois jusqu’en juillet, après avoir perdu leur couleur pourpre vio¬
lette, presque noire, pour prendre une teinte jaunâtre.
De juillet à septembre, l’association n est plus représentée. Les
espèces qui la constituent étant toutes des hypnophycées passant l’été
sous une forme de repos : acinètes ( Ulothrix) ou protonema ( Bangia).
Les espèces qui constituent l’association à Bangia-Ulothrix sont
également capables de résister victorieusement à la dessiccation, soit
grâce à leur membrane muqueuse (Bangia), leur permettant de sup¬
porter des émersions prolongées et de subir sans périr une dessiccation
assez avancée, soit (Ulothrix) en produisant des acinètes lorsque la
dessiccation les menace. De toutes les espèces de l’association, le
Bangia fusco-purpurea est le plus résistant. Néanmoins, sa disparition
au début de l’été doit être attribuée à la dessiccation due à la séche¬
resse et à la température élevée de l’air, à une époque où la mer étant
généralement calme, les vagues ne viennent plus le baigner à inter¬
valles assez rapprochés.
Le développement de l’association à Bangia-Ulothrix est très
variable selon les années. Certaines années, elle est très fréquente et
occupe de larges espaces, alors que, pendant d autres années, elle est
très rare et fait complètement défaut dans des localités où elle était
bien développée l’année précédente. Il est difficile de donner une expli¬
cation précise de ces irrégularités, qui ont d ailleurs déjà été observées
et signalées à plusieurs reprises dans l’Atlantique nord.
Cette association à Bangia-Ulothrix est connue depuis longtemps.
Elle correspond aux « Bangieta » signalés par Lorenz (1863,
p. 197) dans l’Adriatique. Je l’ai observée bien développée sur les
côtes algériennes. A Naples, Funk (1927, p. 256) a malheureuse¬
ment confondu, sous le nom de Groupe d Associations : Bangia-Ente-
romorpha-Corallina, trois associations bien distinctes n ayant entre
elles aucun rapport, tant par leur composition floristique différente
que par leurs exigences écologiques particulières.
Dans l’Atlantique nord, des Associations à Bangia, très voisines
de celles qui se rencontrent à Banyuls, ont été décrites par divers
auteurs. L’association à Bangia et Cyanophycées, signalée par
O.-C. Schmidt (1931), aux Açores, rappelle le stade automnal de
l’association à Bangia-Ulothrix de Banyuls, elle correspond, sans
doute, à un type méridional de Bangietum. Dans les régions plus
septentrionales, au contraire, on observe une association à Bangia-
Urospora (B0RGESEN, 1905, p. 719), ou association à Bangia-Uros-
pora-Ulothrix (CoTTON, 1912, p. 30), qui diffère du Bangietum mé¬
diterranéen par la présence de Chlorophycées du genre Urospora,
Urospora mirabilis Aresch. en particulier, algues boréales des régions
froides, qui font défaut dans la Méditerranée.
186
]. FELDMANN
Cette association à Bangia-Urospora est connue depuis la côte
cantabrique (MlRANDA, 1931, p. 83) jusqu’au Groenland. Dans les
régions boréales, les associations à Bangia se rencontrent pendant
toute l’année, alors qu’elles sont uniquement hivernales et vernales
dans les régions plus chaudes et dans la Méditerranée.
9 — Association à Brachytrichia Balani
et Entophysali* granulosa
Alors que l’association à Bangia-Ulothrix est généralement loca¬
lisée sur les rochers lisses, l’association à Brachytrichia Balani et
Entophysalis granulosa est caractéristique des rochers anfractueux
généralement couverts de Balanes ( Chtamalus stellatus Ranz.), qui
contribuent, avec les aspérités de la roche, à maintenir une certaine
humidité sur ces rochers généralement émergés.
Cette association présente, comme espèces caractéristiques, des
Cyanophycées :
*Brachytrichia Balani,
^Entophysalis granulosa,
*Gloeocapsa crepidinum,
*Calothrix crustacea,
*Rivularia atra,
et, plus rarement, * Placoma vesiculosa, qui recherche les stations un
peu plus calmes.
Toutes ces Cyanophycées sont généralement fixées soit sur les
rochers, soit sur le test même des Balanes, mais ne constituent pas, le
plus souvent, une végétation très apparente, la plupart de ces algues
étant localisées dans les anfractuosités où l’humidité persiste plus long¬
temps. Le test lui-même des Chtamales est envahi d’algues perfo¬
rantes (tranophytes) :
Mastigocoleus testarum,
Hyella caespitosa,
Gomontia polyrhiza.
La première de ces trois espèces est la plus abondante, et sa pré¬
sence dans le test des Balanes vivantes est à peu près constante. Elle
y est parfois associée à un pyrénomycète dont les périthèces consti¬
tuent de minuscules points noirs à la surface du test des Chtamales.
Cette association algo-fungique constitue un lichen voisin de l’espèce
Arlhopÿrenia litoralis (Leight.) Arn. (A. consequens [Nyl.J Arn.),
espèce commune sur les Chtamales des côtes de l’Atlantique nord.
Le lichen de Banyuls, que j’avais cru pouvoir lui rapporter, en diffère.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
187
en réalité, par quelques caractères (taille des périthèces et des spores,
etc., etc...).
C’est également à l’association Brachÿtrichia-Entophÿsalis qu ap¬
partient la curieuse Phéophycée Mesospora medilerranea dont les
thalles, en croûtes confluentes, recouvrent les rochers entre les Balanes.
L’association à Brachÿtrichia-Entophÿsalis est caractéristique
des rochers anfractueux fortement battus, habituellement atteints par
les vagues, mais jamais immergés d’une façon constante.
Bien qu’il s’agisse d’un animal et non d'une plante, on pourrait
très justement qualifier cette association d’association a Chtamalus
stellaius, car ce cirripède constitue le biote le plus caractéristique et le
plus constant de l’association, dont il conditionne, pour une grande
part, l’existence.
Parmi les algues, le Brachytrichia Balani et Y Entophysalis gra-
nulosa sont les espèces les plus caractéristiques et les plus constantes.
Le Rivularia atra est également très constant, mais moins caracté¬
ristique, se rencontrant également dans 1 association à Tenarea tor-
tuosa sur la face supérieure du trottoir, ainsi que sur les rochers vaseux,
en somme, dans toutes les stations de l’étage littoral, aussi bien battues
qu’abritées.
Les limites supérieure et inférieure de 1 association à Brachytri-
chia-Entophysalis sont très variables selon les localités, 1 inclinaison
des rochers, le degré d’exposition, etc... Sa limite inférieure est mar¬
quée par l’association à Porphyra leucosticta, qui lui succède vers le
bas. Sa limite supérieure, qui est à peu près celle de la limite extrême
des Chtamales, peut atteindre exceptionnellement 1 m. 50 et même
plus au-dessus du niveau. Elle coïncide souvent avec la limite infé¬
rieure de l’association à Verrucaria symbalana , qm, malgré son nom,
n’est généralement pas associé aux Balanes.
L’association à Brachyiricbia-Eniophysalis se rencontre toute
l’année, mais elle est plus évidente et les espèces qui la constituent
sont mieux développées pendant l’hiver et le printemps.
Cette association des rochers couverts de Chtamales est sans
doute très répandue dans la Méditerranée. Je 1 ai en effet observée
également en Algérie, à Cherchell (1931, p. 186), où elle
comprenait :
*Brachytrichia Balani,
*Entophysalis granulosa,
Oscillatoria nigroviridis,
Rivularia atra,
188
J. FELDMANN
ainsi que les tranophytes habituels du test des Chtamales :
Hyella caespitosa ,
Mastigocoleus teslarum,
Gomontia polyrhiza.
Enfin, j’ai observé, aux environs de Malaga (Espagne), à La
Caleta, en septembre 1928, une association de Cyanophycées très
semblable, sur les rochers battus de l’horizon supérieur de l’étage lit¬
toral, qui comprenait intimement mêlées les espèces suivantes :
*Brachytrichia Balani,
^Entophy salis granulosa,
Calothrix crustacea,
Rivularia alra,
Rivularia bullata.
La présence du Rivularia bullata Berk., qui existe également en
Algérie, mais qui semble faire défaut dans le reste de la Méditer¬
ranée, s’explique par le voisinage relatif de l’Atlantique, où cette
espèce est très répandue. J’ignore si, à Malaga, ces espèces étaient
associées à des Chtamales, car mes notes ne le mentionnent pas.
Il est vraisemblable que l’association à Brachytrichia-Entophy-
salis se rencontrera également sur les côtes atlantiques d’Europe, sur
les rochers couverts de Chtamales, car la plupart des espèces caracté¬
ristiques de l’association possèdent une large aire de répartition.
L association à Brachytrichia et Entophy salis des rochers sili¬
ceux à Chtamales, telle que je 1 ai observée à Banyuls, est à comparer
aux associations de Cyanophycées lithophytes étudiées par Ercegovic
(1932) sur les côtes calcaires de Dalmatie, parmi lesquelles il a cru
pouvoir distinguer de nombreuses associations. Ces associations dif¬
fèrent de celle étudiée ici par l’abondance des formes endolithes, dont
le développement est rendu possible par la nature calcaire des rochers.
Les tranophytes vivant à Banyuls dans le test des Balanes pourraient
être îegardes comme formant une association spéciale, comparable au
Masiigoleetum teslarum d’ERŒGOVlc, mais il me semble préférable
de les considérer plutôt comme formant une strate endolithe de l’asso¬
ciation à Brachytrichia-Entophysalis.
10. Association à Porphyra leucostiçta
Cette association est caractérisée par trois espèces du genre
Porphyra :
^Porphyra leucosticia,
— umbilicalis,
* — linearis.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
189
De ces trois espèces, la première est la plus constante et généra¬
lement la seule dominante. Néanmoins, le Porphyre umbdicahs peut
dans certains cas, dominer en hiver (janv.er-fevrier) mais .1 disparai
en mars-avril, ainsi que le P. lineans, tandis que le P. leucosticta per¬
siste jusqu’en juin et parfois même, dans certaines stations particuliè¬
rement favorables, jusqu’en juillet.
L’association à Porphyre leucosticta forme, sur les rwihers battus
situés au-dessus du niveau, une association très dense et d aspect très
homogène. Généralement émergés, les Porphyre se présentent sous
l’aspect de fines membranes minces et luisantes, etroitement appliquées
sur les rochers et se recouvrant les unes les autres. Ainsi que 1 a observe
Berthold, à Naples (1882), les Porphyre peuvent supporter plu¬
sieurs jours et même plusieurs semaines d'émersion consecutifs, sans
être atteints par les vagues. Dans ces conditions, les frondes des / or-
phyra deviennent friables et cassantes, mais grâce à eur épaisse mem¬
brane externe (uniquement pectique), qui protège le contenu cellu¬
laire contre la dessiccation, elles restent néanmoins vivantes et re¬
prennent rapidement leur aspect normal dès que la mer vient a les
submerger de nouveau. Les Porphyre sont également euryhalms et
résistent parfaitement aux grandes variations de pression osmotique
dues en particulier à la pluie, à laquelle ils sont fréquemment exposes
et qui ne paraît pas leur être nuisible.
Les Porphyre, malgré leur aspect fragile et délicat, sont donc
capables de supporter victorieusement la dessiccation et la pluie, si
nuisibles à beaucoup d’algues marines. Le Porphyre leucosticta peut
également vivre dans des eaux polluées par des matières organiques,
et il y atteint souvent une grande taille.
De teinte violette livide (F. leucosticta) ou rose pâle (F. lineans)
en hiver, les Porphyre ne tardent pas, par suite cle l'exposition à une
vive lumière pendant les périodes d’émersion, à prendre une teinte
jaunâtre à la fin de la végétation, et, au moment de disparaître, ils
sont souvent complètement blanchis.
Les trois Porphyre cités ci-dessus constituent généralement à eux
seuls l’association, mais, parfois, d’autres espèces se mêlent à eux :
Bangia fusco-purpurea, et aussi, dans les stations modérément exposees,
Enteromorpha compressa. Les frondes de Porphyra portent égale¬
ment divers épiphytes ou endophytes de petite taille, appartenant aux
genres : Endoderma, Cladophora, Ectocarpus et Acrochaetium, ainsi
que de nombreuses diatomées.
L’association à Porphyra leucosticta s’observe sur les rochers
battus de l’étage littoral, où elle constitue une ceinture au-dessous de
l'association à Brachytrichia Balani et Enlophysalis granulosa. Elle
se rencontre tout le long de la côte des Alberes.
190
/. FELDMANN
Bien que particulièrement développée sur les rochers battus, elle
existe aussi dans des stations calmes. C’est ainsi que je l’ai observée
le long des quais du port de Port-Vendres. Selon le degré d’agitation
de l’eau, la hauteur de la ceinture des Porphyra et le niveau qu’elle
occupe par rapport au niveau moyen sont très variables. Sur les rochers
fortement exposés au choc des vagues, elle atteint généralement
0 m. 50 au-dessus du niveau, et peut même, dans certaines stations
particulièrement battues, dépasser 1 mètre. (Aux Fœroé, d’après
B0RGESEN [ 1905 ], la « Porphyra- Association » se rencontre sur les
côtes exposées jusqu’à 40 à 50 pieds [12-15 mètres environ] au-dessus
du niveau des hautes mers.) Dans les stations calmes, la hauteur occu¬
pée par l’association devient beaucoup plus faible, et son niveau se
rapproche du niveau moyen. C’est ainsi que, dans le port de Port-
Vendres, les Porphyra ne forment plus qu’un mince liseré de quelques
centimètres de hauteur, et situé au niveau de l’eau.
La limite inférieure de l’association à Porphyra leucosticta est
généralement marquée sur les rochers battus par l’associ tion à
Pissoella verruculosa, tout au moins en hiver, car, plus tard, on observe
souvent une seconde ceinture de Porphyra située au-dessous de celle
constituée par les Rissoella. La ceinture des Rissoella, très dense, ne
permettant pas l’établissement des Porphyra sur la surface qu’elle
occupe, divise ainsi en deux la ceinture des Porphyra.
A la fin du printemps, la ceinture supérieure des Porphyra a
complètement disparu; on n’observe plus alors que la ceinture infé¬
rieure, située au-dessous des Rissoella et qui subsiste plus longtemps,
étant fréquemment submergée; elle peut se rencontrer jusqu’en juin-
juillet. Cette ceinture inférieure est composée uniquement de Por-
phyra leucosticta.
Il s’agit donc d’une association hivernale, qui débute en au¬
tomne (de jeunes plantules de Porphyra hautes de moins d’un milli¬
mètre sont abondantes en octobre-novembre) et disparaît dans le
courant de juin. Elle est pa.ticulieïement bien développée en janvier
et février.
L association à Porphyra leucosticta paraît être répandue dans
la plus grande partie de la Méditerranée. Je l’ai précédemment signa¬
lée à Cherchell (1931, p. 186), en Algérie, où l’on rencontre seule¬
ment le Porphyra leucosticta, les deux autres espèces existant à
Banyuls paraissant assez rares dans la Méditerranée. Bien que Funk
et Ollivier ne la signalent pas comme association distincte, elle
semble exister dans les régions (golfe de Naples et côte d’Azur) qu’ils
ont étudiées.
Dans 1 Atlantique nord, on a signalé à plusieurs reprises des
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
191
associations comparables à l’association a Porphÿraleucosticta de
Méditerranée.C’est le cas, par exemple, de la « Porpfiÿra-Formation »
de K.JELLMANN et K.YLIN (1907), sur les côtes suédoises, de la « / or-
p/ipra- Association » de B0RGESEN (1905), aux îles Fceroe de
lOHNSON (1912) en Islande, et de Miss GrUBB (1924) au Sud de
l’Angleterre, ainsi que de la « P. umM.WiVAssoc.ation » de
COTTON, à Clare Island, en Irlande (1912), et du « Porphyredim »,
décrit par F. MlRANDA, à Gijon, sur la cote cantabrique (1929).
L’association atlantique diffère de l’association méditerranéenne
par la prédominance des Porphÿra umbilicalis et Imearis, tandis que
le P leucosticta, contrairement à ce qui a lieu dans la Mediterranee,
est beaucoup plus rare dans l’Atlantique. Il est intéressant de noter
que ces trois espèces qui, dans la Méditerranée, vivent roelees au
même niveau, se rencontrent à des niveaux différents dans Atlan¬
tique. Le Porphÿra umbilicalis vit au niveau du Fucus platÿcarpus
Thur et au-dessus, tandis que le P. leucosticta ne se rencontre que
beaucoup plus bas, près de la ligne de basse mer, au niveau du Rho-
dymenia palmata, sur lequel il est souvent épiphyte.
De même, le Porphyra linearis, qui vit à Banyuls mêlé aux deux
autres espèces, forme, dans les régions septentrionales, une ceinture
distincte. Il est d’ailleurs difficile de comparer les niveaux où croit
une même algue, dans une mer sans marée notable comme la Médi-
terranée et dans l’Atlantique. CoTTON (1912) et HaMEL (1928) ont
déjà signalé que, dans l’Atlantique, 1 association à Porphÿra umbi¬
licalis se rencontre à des niveaux différents, selon les régions étudiées.
Alors que, dans la Méditerranée, l’association à P orphyra leu¬
costicta est toujours hivernale et vernale, 1 association à Porphvra
umbilicalis de l’Atlantique nord est tantôt hivernale, tantôt se^ ren¬
contrant toute l’année. C’est ainsi qu’elle fait complètement défaut,
en été, sur la côte cantabrique (MlRANDA, 1929), et que j’ai constaté
son absence sur la côte basque à cette epoque. Il en est de même sur
les côtes sud de l’Angleterre, à Swanage, où, d’après Miss GrUBB
(1924), les Porphÿra disparaissent complètement en mai-juin pour ne
réapparaître qu’en octobre-novembre.
Par contre, j’ai observé une association à Porphÿra umbilicalis
bien développée, et formée d’individus nombreux et en bon état, à
Praia de Maçàs, vers le Cabo da Roca, aux environs de Lisbonne,
le 31 août 1928. De même, le Porphÿra umbilicalis est abondant en
août-septembre sur les côtes bretonnes. Aux Fœroé et en Islande, il
persiste également toute l’année. Comme on le voit, la latitude n’est
pas seule en cause dans les variations de phénologie que présente le
Porphÿra umbilicalis selon les régions, puisque des localités où le
192
J. FELDMANN
Porphyra se rencontre toute l’année s’intercalent entre celles où il est
uniquement hivernal. L’influence des facteurs locaux, qui seraient à
déterminer et à étudier, expliquera sans doute ces anomalies.
La ceinture du Rivularia mesenterica. — Après la disparition
des Porphyra à la fin du printemps, l’emplacement qu’ils occupaient
sur les rochers battus reste presque entièrement dépourvu de végéta¬
tion pendant l’été, mais souvent l’on y rencontre une Cyanophycée
qui, par son abondance dans certaines localités, constitue une véritable
ceinture. Cette Cyanophycée, Rivularia mesenterica, se présente sous
forme de thalles creux, bulliformes et mamelonnés, de couleur ver¬
dâtre et de consistance gélatineuse ferme, isolés ou réunis en petits
groupes. Par leur aspect, ces thalles rappellent beaucoup ceux du
Rivularia bullata Berk. de l’Océan, mais s’en distinguent par leur
consistance plus ferme, leur teinte moins érugmeuse.
Le Rivularia mesenterica apparaît à Banyuls en juillet; son
maximum d’abondance est en août-septembre; il disparaît à peu près
complètement en octobre. Il passe vraisemblablement sa longue
période de repos comme son congénère de l’Atlantique, le Rivularia
bullata, à l’état d’hormogonies.
La ceinture de Rivularia mesenterica se rencontre sur les rochers
moyennement exposés, au-dessus de la ceinture du Rissoella. Dans
sa partie supérieure, elle se mêle parfois à l’association à Brachy-
trichia-Entophysalis. Elle fait defaut aussi bien sur les rochers for¬
tement battus que dans les stations trop calmes, ainsi que sur les
parois de rochers verticales.
La ceinture de Rivularia mesenterica se rencontre sans doute
dans beaucoup de régions de la Méditerranée, bien que seul
Lorenz (1863) la mentionne dans l’Adriatique, sous le nom de
faciès à Heteractis mesenterica.
Je 1 ai observée, très bien caractérisée, au cap d’Antibes, en
octobre 1925. Elle paraît plus rare en Algérie, où je ne l’ai pas
encore observée jusqu’ici.
Cette ceinture de Rivularia mesenterica se rencontre également
dans les régions de l’Atlantique voisines de la Méditerranée; c’est
ainsi que je l’ai observée en septembre 1928, à Cadix (Espagne), où
le Rivularia mesenterica formait, à basse mer, sur les rochers battus de
la Caleta, une ceinture très nette, qui rappelait tout à fait la ceinture
de Rivularia bullata signalée, en particulier par Davy DE VlRVILLE
(1930), sur les côtes bretonnes, mais était située à un niveau plus
bas que celle-ci (i)
dehor, '' n ' aïai ' P8S “““ “ -
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
193
La ceinture de Rivularia mesenterica peut être considérée comme
un aspect estival de l’association à Porphyra leucosticta , bien que les
exigences écologiques du Rivularia soient plus grandes que celles des
Porphyra, et que, pour cette raison, il fasse défaut dans des stations
où prospèrent ces derniers.
H. — Association à Rissoella verruculosa
Au-dessous de la ceinture supérieure des Porphyra, 1 on observe
une autre association très constante et très caractéristique des rochers
littoraux battus. L’espèce qui caractérise cette association, dont la pré¬
sence est absolument constante et qui constitue souvent à elle seule
une ceinture, est une Rodophycée, le Rissoella verruculosa. Le Ne-
malion helminthoides est également caractéristique de cette association,
mais les limites de niveau entre lesquels il peut croître sont moins pré¬
cises que pour le Rissoella. Tantôt il vit au niveau du Rissoella,
lorsque les individus de ce dernier ne sont pas trop denses; tantôt il
constitue une ceinture distincte au-dessus ou au-dessous de celle du
Rissoella (PI. VIII, photo 16).
A ces deux espèces, qui sont les seules caractéristiques de grande
taille de l’association, il faut ajouter un certain nombre d’épiphytes.
Ceux-ci sont rares pour le Rissoella, sur lequel on ne rencontre que
quelques Enteromorpha, Ectocarpus et Acrochaetium. Le Nemalion
helminthoides est plus riche en épiphytes variées, qui abondent en fin
de végétation. Parmi ces épiphytes :
*Calothrix parasitica,
* Acrochaetium Nemalionis,
*Pol))siphûnia tenerrima.
se rencontrent exclusivement sur le Nemalion et sont, par conséquent,
caractéristiques de l’association.
D’autres épiphytes sont plus banaux et se rencontrent dans
d’autres associations de l’étage littoral et supralittoral supérieur. Ci¬
tons, parmi les plus fréquents :
Calothrix crustacea,
Isactis plana,
Ectocarpus irregularis.
Coniotrichium Alsidii,
Ceramium strictum,
— barhatum.
Au niveau occupé par l’association à Rissoella verruculosa, on
rencontre souvent, en hiver et dans les stations favorables où l’inclinai-
194
/. FELDMANN
son des rochers est faible, un certain nombre d’espèces appartenant
plutôt à l’association à Tenarea tortuosa, et en particulier :
Polysiphonia sertularioides,
Callitbamnion granulatum,
Ceramium robustum.
L’association à Rissoella verruculosa est absolument caractéris¬
tique des rochers battus. A l’encontre de l’association à Porphyra leu-
coslica, qui peut subsister dans les stations calmes, elle y fait totale¬
ment défaut.
Succédant à l’association à Porphyra leucosticta, elle est limitée,
à sa partie inférieure, par l’association à Tenarea tortuosa ou à Coral-
lina mediterranea. Elle n’est que très exceptionnellement submergée,
étant située au-dessus du niveau moyen, mais, vivant dans les stations
très battues, elle est généralement mouillée par les vagues; néanmoins,
par temps très calme, elle peut rester plusieurs jours et même une
semaine sans recevoir une goutte d’eau. Les Rissoella présentent alors
un aspect recroquevillé tout à fait caractéristique, ils deviennent secs
et cassants et prennent une teinte noire. Ces émersions prolongées ne
paraissent pas d’ailleurs leur être nuisibles.
La hauteur occupée par l’association à Rissoella verruculosa,
ainsi que l’abondance et le développement des individus, sont très
variables selon les stations. Généralement très développée sur les
rochers fortement battus, elle diminue progressivement de hauteur à
mesure que l’on s’éloigne d’un point très battu (l’extrémité d’un cap)
pour se diriger vers des stations plus abritées (l’intérieur d’une baie).
En général, la limite supérieure de l’association à Rissoella paraît
être celle que les vagues atteignent habituellement lorsque la mer est
agitée.
C est ainsi qu’en mai 1929, à l’extrémité de la jetée de l’île
Grosse, à Banyuls, la limite supérieure des Rissoella dessinait sur les
parois verticales de la jetée une courbe très régulière, dont le sommet
était situé à 1 extrémité de la jetée et s’abaissait régulièrement des deux
côtés; par mer agitée, il était facile de constater que la région occupée
par le Rissoella était celle que les vagues mouillaient continuellement.
t L’inclinaison des rochers influence également le développement
de 1 association à Rissoella. Sur les rochers horizontaux ou peu incli¬
nés, 1 association peu développée en hauteur est composée d’individus
bien développés, de grande taille et couvrant une large surface de
rochers d’un revêtement dense et continu (PI. VIII, photo 15). Sur
les rochers verticaux, la hauteur occupée par l’association est beaucoup
plus grande, sa limite supérieure peut être, dans certains cas, à 1 m. 50
et même plus au-dessus du niveau moyen.
195
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
Contrairement à ce que l'on pensait jusqu'ici, le Rissoella verru-
culosa est une espèce vivace, dont les frondes dressees sont annuelles.
C’est une Hémicryptophycée à disque vivace, qui porte en au¬
tomne de nombreuses petites pousses dressées, cylindriques, qui se déve¬
loppent, pendant l'hiver, en frondes foliacées destinées a disparaître
au cours de l’été suivant.
De couleur brun pourpre sombre en hiver, la teinte du Rissoella
verruculosa s’éclaircit au printemps, pour prendre, au début de ete,
une teinte jaune orangée. Il forme alors tout autour des rochers battus,
au-dessus du niveau, une « ceinture dorée » très caractéristique. Les
frondes dressées du Rissoella. adultes et fertiles en mai-juin, se dé¬
truisent progressivement par leur partie distale pendant le cours de
l’été et, fin septembre, elles ont à peu près complètement disparu. La
ceinture de Rissoella n'est plus indiquée alors que par les larges
disques vivaces étroitement adhérents aux rochers et hérissés de nom¬
breuses petites pousses dressées, minuscules.
L’association à Rissoella verruculosa est exclusivement méditer¬
ranéenne et elle constitue l’une des associations les plus caractéristiques
de cette mer. Elle est bien développée sur toutes les côtes méditerra¬
néennes de la France. Elle a été particulièrement étudiée sur la côte
d’Azur par Ollivilr (1929, p. 84), qui, d’ailleurs, considéré cette
association d’une manière plus large que je ne le fais ici. Je 1 ai ega¬
lement signalée en Algérie, à Cherchell ( 1931, p. 187), où elle pré¬
sente le même aspect et la même composition floristique qu a Banyuls.
L’association à Rissoella verruculosa fait sans doute défaut dans le
nord de l’Adriatique, où cette espèce n’a pas été signalée, a ma
connaissance.
Par contre, le Nemalion helminthoides y existe, mais j’ignore
s’il constitue, dans cette région, une ceinture distincte et bien caracté¬
risée. Cette espèce, en effet, est beaucoup moins exclusive que le Ris¬
soella et peut se rencontrer jusqu’au niveau du Tenarea tortuosa. C est
ce qu’avait d’ailleurs observé LORENZ (1863), qui range cette espèce
parmi les caractéristiques de son « Hieroglyphyco-Lithophÿlletum »,
qui correspond à l’association à Tenarea tortuosa.
La comparaison de l’association à Rissoella verruculosa et à
Nemalion helminthoides de la Méditerranée avec les associations à
Nemalion, décrite dans l’Atlantique nord par KjELLMAN, CoTTON,
etc., etc... est assez difficile à établir, les conditions étant trop diffé¬
rentes, ainsi que je l’ai déjà fait remarquer, dans une mer sans marées
notables et un océan à fortes marées.
196
J. FELDMANN
12. — Association à Tenarea tortuosa
Avec l’association à Rissoella verruculosa, l’association à Tena¬
rea tortuosa est une des plus caractéristiques des rochers battus de la
côte catalane. Les algues calcaires qui la caractérisent y constituent
des massifs souvent très développés formant un encorbellement le long
de la côte et désignés sous le nom de « Trottoir ».
L’espèce la plus abondante et la plus caractéristique de cette
association, le Tenarea tortuosa, se présente sous l’aspect de masses
hémisphériques souvent confluentes, formées de lamelles dressées ver¬
ticalement, constituant des crêtes anastomosées et plissées, d’aspect
méandriforme (f. crassa ) ; ces crêtes sont parfois interrompues et
prennent alors l’aspect de pointes ou d’épines : c’est alors la forme
cristata.
L’association à Tenarea tortuosa se rencontre sur les rochers for¬
tement battus, au-dessus du niveau, entre la ceinture de Rissoella au-
dessus, et la ceinture de Nemoderma au-dessous. Elle se présente sous
différents aspects selon l’inclinaison des rochers. Lorsque les rochers
sont verticaux et plongent directement dans la mer (PL III, photo 5;
PL IV, photo 7), le Tenarea tortuosa forme une ceinture d’individus
confluents constituant véritablement un trottoir ; lorsqu’au contraire les
rochers, au lieu d’être verticaux, sont plus ou moins inclinés en pente
douce (PL III, photo 6; PL VI, photo 1 1 ), les Tenarea se rencontrent
en individus isolés.
Nous allons décrire successivement ces deux aspects de l’asso¬
ciation.
Sur les rochers verticaux fortement battus, à l’extrémité des caps
en particulier (cap Béar, cap l’Abeille, etc...), où l’on observe un
trottoir bien caractérisé, le Tenarea tortuosa forme une bordure en
surplomb, à surface supérieure à peu près plane, pouvant mesurer
jusqu à 55 centimètres de large. La partie inférieure se raccorde obli¬
quement au rocher en formant une voûte. La hauteur totale de ce
trottoir peut atteindre 1 mètre. Les individus de Tenarea, qui consti¬
tuent ce trottoir, appartiennent le plus souvent à la forme crassa à
lamelles courtes et épaisses, parfois presque nulles et réduites à de
simples bourrelets à la surface supérieure du trottoir, et constituant
alors la forme decumbens. Les individus de T enarea sont agglomérés
entre eux en une masse résistante, creusée de cavités irrégulières
(PL IV, photo 8). Seul le revêtement extérieur du trottoir est consti¬
tué d algues calcaires vivantes; toute la partie intérieure est formée
d algues mortes, dont le squelette calcaire subsiste et dont les interstices
sont colmatés par divers débris : fragments d’algues calcaires, co¬
quilles, grains de sable fortement cimentés entre eux, de telle sorte
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
que l’ensemble arrive à constituer une véritable roche compacte d une
grande dureté.
Dans les interstices du trottoir vit une faune très remarquable,
bien connue des zoologistes, qui l’ont étudiée à plusieurs reprises A
côté d'espèces nettement marines (mollusques, crustacés, annelides,
sipunculides), cette faune renferme également des animaux appar¬
tenant à des groupes d’origine terrestre : insectes, myriapodes et même
une araignée ( Desidiopsis Racovilzai Fage).
D’après Pruvot, la présence du trottoir à Tenarea à 1 extré¬
mité des caps et le long des côtes battues jouerait un rôle de protection
très efficace vis-à-vis de la falaise, en s’opposant à son abrasion par
les vagues.
Au Tenarea tortuosa s’associent souvent d autres Lithotham-
niées. A la surface supérieure du trottoir, on rencontre souvent :
Lithophyllum incrustant,
Lilhophyllum dentatum,
Lithophÿllum (?) Notarisii.
Dans les parties surplombantes et ombragées, Lithophyllum
inçrustans et Pseudolithophyllum expansum sont fréquents. Les cavi¬
tés obscures du trottoir sont généralement tapissées par le thalle violet
du Lithophyllum (Dermatolithon) hapalidioides var. confinis, souvent
associé au Gymnolhamnion elegans (Plumaria Schousboei) formant
un velours pourpre foncé.
La surface supérieure du trottoir, toujours émergée mais à sur¬
face souvent un peu concave et où 1 eau stagne en couche mince, se
couvre, en hiver et au printemps, de nombreuses algues, qui prospèrent
dans cette station tant que la mer agitée vient les mouiller fréquem¬
ment. Elles disparaissent, pour la plupart, en été, la surface supérieure
du trottoir étant à cette époque desséchée et exposée à un soleil ardent,
qui décolore même le Tenarea, qui, de gris violet qu’il était en hiver,
devient d’un blanc éclatant.
Les algues qui se rencontrent ainsi en hiver à la surface supé¬
rieure du trottoir sont les suivantes :
Symploca hydnoides,
*Bryopsis muscosa,
*Chaetomorpha capillaris var.
Cladophora hamosa, [crispa,
Nemalion helminthoides,
Corallina mediterranea.
Polysiphonia sertularioides,
Polysiphonia subulaia,
Callithamnion granulatum,
Ceramium robustum,
Ceramium circinatum,
Ceramium echionotum.
198
/. FELDMANN
Cette dernière espèce est localisée dans les stations ombragées.
Enfin, un certain nombre d’espèces, mieux adaptées pour résister a la
dessiccation par leur forme en croûte ou grâce au mucilage qui entoure
leurs filaments, subsistent toute l’année. Ce sont :
Isactis plana,
Rivularia atra,
Rivularia polyotis,
Ralfsia verrucosa.
Dans cette station, le Rivularia atra, au lieu de se présenter en
petites colonies sphériques isolées (var. hemisphaerica) , comme c’est
le cas dans l’association à Brachytrichia-Entophysalis, s’y étale en
larges plaques formées par la confluence de nombreuses colonies sphé¬
riques, c’est la var. confluens.
Dans certains cas, les Moules (Mÿtilus galloprovincialis) sont
très abondantes et servent elles-mêmes de support à de jeunes individus
de Tenarea (PI. IX, photos 17 et 18).
Parmi les espèces hivernales citées plus haut, beaucoup se
retrouvent dans d’autres stations rocheuses battues, au-dessus du
niveau, et ne sont pas strictement liées à l’association à Tenarea tor-
tuosa. Deux espèces seulement sont absolument caractéristiques de
cette association et se trouvent presque exclusivement sur le Tenarea,
ce sont : Bryopsis muscosa et Chaetomorpha capillaris f. crispa.
Le Bryopsis muscosa apparaît en automne pour disparaître à la
fin du printemps; il forme de grosses touffes spongieuses, d’un vert
sombre, atteignant la grosseur du poing et absolument gorgées d’eau
(PI. VI, photo 11). Il porte de nombreux épiphytes microscopiques
appartenant au groupe des Bangiales et au genre Acrochaetium.
Citons, en particulier :
Erythrotrichia investiens,
Erythrotrichia obscura,
Erythrocladia subintegra,
Goniotrichium Cornu-Cervi,
* Acrochaetium Duboscqii.
Ces épiphytes se retrouvent également sur le Chaetomorpha
capillaris var. crispa, sur lequel on observe également :
Acrochaetium microscopicum,
— trifilum,
— moniliforme,
— secundatum.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
199
Le Chaetomorpha capillaris var. crispa est également très carac¬
téristique de l'association à Tenarea, il forme de petites touffes de
filaments, simples, crépus, fortement fixés sur le Tenarea; il se ren¬
contre toute l’année.
Il y a lieu de noter, enfin, que, comme toutes les substances cal¬
caires (roches, coquilles de mollusques, tests de cirr.pèdes, sque ettes
de polypiers et de bryozoaires), le Tenarea tortuosa est envahi d algues
perforantes. Celles-ci produisent des taches souvent Retendues d un
beau bleu vert tranchant vivement sur la teinte blanchâtre de 1 algue
calcaire J'ai observé, dans le Tenarea tortuosa, les espèces suivantes,
qui sont d’ailleurs celles que l’on rencontre le plus communément :
Hyella caespitosa,
Mastigocoleus testarum,
Gomontia polyrhiza.
Sur les rochers horizontaux ou peu inclinés, le Tenarea tortuosa
ne constitue pas de trottoirs, les individus de l’algue sont isoles, toi-
mant des masses hémisphériques d’abord pleines, puis creuses par
suite de la destruction, au fur et à mesure de 1 accroissement péri¬
phérique, des parties mortes situées au centre. On obtient ainsi des
dômes hémisphériques creux et fragiles, atteignant jusqu a 15 cen i-
mètres de diamètre et qui, finalement, se trouvent défoncés a leur
partie supérieure, moins résistante; il ne subsiste plus alors qu une cou-
lonne, plus ou moins interrompue, de fragments susceptibles de régé¬
nérer chacun une nouvelle masse hémisphérique. Ainsi, sur les rochers
peu inclinés, le trottoir fait défaut par suite de l’isolement des individus
de Tenarea, isolement dû à la destruction rapide des parties mortes
qui ne se colmatent pas par des débris et ne sont pas unies entre elles
et protégées par des parties vivantes.
Entre les individus du T enarea, se retrouvent les autres especes
citées plus haut; celles-ci sont plus abondantes dans ce type d asso¬
ciation, où le T enarea joue un moins grand rôle que dans le cas d un
trottoir bien caractérisé.
Les deux principales causes qui favorisent 1 établissement d un
trottoir sur les rochers verticaux sont donc les suivantes ; d abord
la plus forte agitation de l’eau le long des rochers verticaux, contre
lesquels les vagues viennent se briser, alors que leur violence est sensi¬
blement atténuée lorsqu’il s’agit de rochers peu inclinés, qui opposent
une moindre résistance aux vagues, et, enfin, la plus faible quantité
de lumière reçue sur les rochers verticaux. En effet, bien que vivant
souvent dans des stations fortement ensoleillées, ce qui le distingue de
la plupart des autres Lithothamniées, le T enarea tortuosa paraît pre-
200
/. FELDMANN
férer les stations un peu ombragées. C’est ainsi que, sur les rochers
peu inclinés où il ne constitue pas de trottoir, le Tenarea acquiert un
grand développement dès qu’il existe une crevasse ombragée. Dans
ces conditions, il peut se former localement un véritable trottoir le long
des deux bords de la crevasse ; ces deux trottoirs arrivent même souvent
à se réunir, ainsi que l’avait déjà observé OLLIVIER, à Villefranche,
pour former un véritable dôme sous lequel la mer s’engouffre et fuse
à travers les mille cavités de la masse d’algues calcaires.
L’association à Tenarea tortuosa paraît être largement représen¬
tée dans toute la Méditerranée. Elle a été décrite de l’Adriatique
(golfe de Quarnero) par LORENZ (1863, p. 197), sous le nom de
Hieroglyphico-Lithophylletum ( Lithophyllum hieroglyphicum Za-
nardini = Tenarea tortuosa).
De nombreux auteurs ont signalé en divers points de la Médi¬
terranée l’existence d'un trottoir à 1 enarea, en particulier OLLIVIER
(1929), sur la Côte d’Azur, et Seurat (1933), en Algérie. A
Naples, où l’association à Tenarea tortuosa paraît assez peu déve¬
loppée, elle se rencontre seulement à l’extérieur du golfe, Funk (1927,
p. 272) la signale sous le nom d’association à Lithothamnion tor-
tuosum.
L association à T enarea tortuosa a été également signalée dans
l’Atlantique. A Tanger, elle a été étudiée par KUCKUCK, qui a
publié une bonne figure (1904, fig. 15) de l’aspect de l’association
sur les rochers horizontaux.
Le Tenarea se retrouve, au nord du détroit de Gibraltar, sur les
côtes d Espagne, du Portugal et du golfe de Gascogne, sa limite sep¬
tentrionale est 1 île d Y eu (LLOYD). 11 est abondant sur la côte basque,
où il forme, près du niveau de la haute mer, sur les rochers battus,
une ceinture bien caractérisée, mais moins nettement limitée que dans
la Méditerranée et sans former jamais un véritable trottoir.
Le terme de trottoir, adopté par les bionomistes français (Pru-
VOT, etc.) pour désigner la masse surplombante que constitue le
Tenarea, est emprunté à De QuATREFAGES, qui l’a le premier
employé (1854, p. 2C8) pour désigner un type de formation analogue,
observé par lui sur les côtes de Sicile. Néanmoins, le trottoir de De
QuATREFAGES paraît, d’après la description qu’il en donne, assez
différent du trottoir à T enarea ; il n’est pas, en effet, constitué par des
algues calcaires, mais par des Vermets. Il semble donc se rapprocher
des récifs à Vermets ou à Serpules, décrits par divers auteurs. Ces
récifs à Vermets paraissent situés à un niveau plus bas que le trottoir
a Tenarea, qui ne descend jamais au-dessous du niveau moyen, le
VÉCÉTATION
marine de la Méditerranée
201
re dans les stations toujours immergées (1).
en console qu'il prend lorsqu'il est bien deve-
tuer de véritables récifs.
13 __ Association à Nemoderma tingitanum
Il COIISLILUC UUO r-oimuiv “ -.— ’ . , 1
rochers horizontaux, il couvre de très larges surfaces situées entre la
ceinture du Tenarea lortuosa et celle du Cÿstosara medderranea,
mais il est surtout abondant dans les stations un peu abritées, ou le
Tenarea fait défaut. 11 remplace alors ce dernier et constitue une cein¬
ture entre celle du Rissoella et celle du Cystoseira medderranea
(PI. VII, photos 13-14). . ,
Le Nemoderma est souvent émergé, mais ne se desseche jamais
comme le Rissoella et les Porphÿra. « Il est essentiellement eurytherme
et euryhalin. Quand, par une journée chaude et une mer basse, 1 eau
vient lécher sa surface, il l’absorbe comme une éponge et celle-ci, en
s’évaporant, se concentre entre ses filaments.» (SAUVAGEAU, 19IZ,
Le Nemoderma iingitanum constitue, à lui seul, une ceinture,
car ses thalles étendus, qui recouvrent entièrement la roche, s opposent
à l’établissement d’autres algues au niveau qu il occupe. Il ne porte
que rarement des épiphytes, à part quelques touffes d Eclocarpus et
des Diatomées.
La ceinture de Nemoderma s’observe à toutes les époques de
l’année, toujours semblable à elle-même.
Le Nemoderma est souvent brouté par des Patelles, qui vivent
au niveau qu’il occupe. Comme cela a été observé dans le cas des
Patelles vivant parmi des Lithothamniées incrustantes, leur heu habi¬
tuel de repos n'est pas recouvert par le Nemoderma, qui dessine exac¬
tement le contour de leur coquille. Les coquilles de ces Patelles portent
(1) Sauf toutefois dans les cuvettes littorales, mais il n'y atteint jamais un grand déve-
loppeir.?nt (PI. XIV, photos 27 et 28).
202
]. FELDMANN
fréquemment des Cyanophycées, dont la plus commune est 1 Isactis
plana.
L’association à N emoderma tingitanum est assez répandue dans
la Méditerranée occidentale; outre la côte catalane, où le N emoderma
a été découvert pour la première fois dans la Méditerranée par Sau-
VAGEAU (1907), elle a été signalée également à Porquerolles (OLLI-
VIER, 1929), et aux environs d’Alger (SAUVAGEAU, 1912), ainsi
que sur la côte nord de Tunisie (île de la Galite), par moi-même
(1931). Elle paraît faire défaut en Italie, où l’espèce n’a jamais été
signalée.
Dans l’Atlantique, le N emoderma se retrouve à Tanger et aux
Canaries. A Tanger, d’après KuCKUCK (1912), il forme une ceinture
sur les rochers mêlé au Tenarea tortuosa. Aux Canaries, d’après
SAUVAGEAU (1912), il croît sur les rochers fortement battus, où il
forme des plaques d’un décimètre de diamètre.
14. -— Association à Corallina mediterranea
Cette association est caractérisée par le Corallina mediterranea,
floridée calcaire, à frondes articulées, formant de petites touffes com¬
pactes souvent associées en gazons étendus. Mêlées à cette espèce, on
rencontre, soit fixées sur les rochers entre les touffes de Corallines,
soit épiphytes sur celles-ci, les algues suivantes :
Sÿmploca hydnoides,
U ha lactuca,
Cladophora repens,
*Chaetomorpha capillaris var.
crispa,
alonia utricularis,
Bryopsis adriaiica,
*Brÿopsis Balbisiana,
Ectocarpus irregularis,
*Acinetospora Vidovichii,
Sphacelaria cirrosa,
Halopteris scoparia,
Dict\)ota dichotoma var. in
plexa,
*Dilophus Fasciola var. repens,
Padina Pavonia,
Cystoseira abrotanifolia, | Polysiphonia opaca.
Asparagopsis armata,
Gelidium crinale,
Gelidium spathulatum,
*Gelidium pusillum var.
natum,
Gelidium melanoideum,
Cigartina acicularis,
Jania rubens,
Jania corniculata,
*Lithophÿllum pusiulatum
Corallinae,
Lithophÿllum incrustans,
Ricardia Montagnei,
Laurencia obtusa,
J,amenda pinnatifida,
Herposiphonia secunda,
Herposiphonia tenella.
*Lophosiphonia obscura,
*Polx)sit)honia furcellata.
pulvi-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
203
Falkenbergia Hillebrandii,
*Halodictyon mirabile.
Polysiphonia fruticulosa,
Polysiphonia flocculosa,
Dasya arbuscula ,
Antithamnion cruciatum,
Crouania attenuata.
Callithamnion granulation,
Callithamnion sp.,
Grifflthsia sphaerica,
Ceramium robustum,
Ceramium echionotum,
Ceramium transversale,
Ceramium barbatum, etc., etc...
de l\aijsia venucutu. * i
souvent intrication de l'association à Corallma medüerranea avec les
associations sublittorales, qui lui succèdent au-dessous du niveau (asso¬
ciation à Cystoseira mediterranea, association a Gymnogongrus nt-
caeensis, etc.). . . ,, ,
L'association à Corallma mediterranea est surtout bien dévelop¬
pée sur les rochers verticaux ou assez fortement inclines, elle est plus
îabougrie sur les rochers plats, presque horizontaux.
Représentée toute l'année par ses espèces vivaces et sociales
(Corallma, Jania, Gelidium), cette association montre des aspects
saisonniers assez variés, dus aux^ différents épiphytes qui se succeden
sur les Corallines au cours de 1 année. ,
En hiver, ce sont les petites Céramiacées ( Ceramium , Antitham¬
nion, Callithamnion, Spermolhamnion) qui dominent, ainsi que les
Polysiphonia. A la fin de l'hiver et au début du printemps, le h ah
kenbergia Hillebrandii, peu développé à la fin de 1 automne, prend
un développement exubérant et recouvre souvent complètement les
Corallines de ses petites touffes roses. Dans certaines stations, Lau-
rencia pinnatifida domine au début du printemps et constitue alors,
au niveau de l’eau, une véritable ceinture.
Toutes ces espèces fragiles disparaissent souvent en quelques
jours, à la fin du printemps, lorsqu’une suite de journées ensoleillees
et un temps calme coïncident avec une mer basse. La disparition de ces
204
]. FELDMANN
épiphyte: découvre aiors les Corallines, qui, de roses qu’elles étaient,
deviennent bientôt, sous l’action du grand soleil, d’un blanc jaunâtre.
L’association à Corallina forme alors, près du niveau de l’eau,
une ceinture blanche rappelant un peu celle constituée par le Tenarea
tortuosa.
Un peu plus tard, à la fin de juillet ou au commencement d’août,
selon les années, un nouvel épiphyte apparaît sur les Corallines et
devient rapidement très abondant dans beaucoup de localités. C’est
le Bryopsis Balbisiana , qui forme sur les Corallines un gazon extrême¬
ment dense, qui les masque complètement et constitue alors, au niveau
de l’eau, une ceinture continue, nettement délimitée, d’un beau vert.
Le Bryopsis Balbisiana disparaît fin octobre, il est alors remplacé
par les Floridées hivernales.
Cette association à Corallina mediterranea, fréquente à Banyuls,
doit se rencontrer également dans d’autres régions de la Méditerranée,
bien quelle n’y ait pas toujours été spécialement signalée.
Dans le golfe de Quarnero, Lorenz (1863, p. 21 1 ) décrit, sous
le nom de « Corallinetum », une association comparable, au moins en
partie, à l’association à Corallina mediterranea décrite ici. A Naples,
cette association est sans doute comprise dans le groupe d’associations
Bangia-Enteromorpha-Corallina , signalé par Funk (1927, p. 256).
Sur la côte d’Azur, OLLIVIER (1929, p. 85) la réunit à l’association
à T enarea tortuosa.
Dans 1 Atlantique nord, on a signalé à plusieurs reprises des
associations à Corallines, qui sont à comparer avec l’association à
Corallina mediterranea de la Méditerranée, mais la composition flo¬
ristique de ces associations diffère beaucoup de celle de la Méditer¬
ranée. Il s’agit d’associations distinctes, mais présentant le même aspect
physionomique et des exigences écologiques comparables. On pourrait
les considérer comme appartenant à une même « Formation », en
employant ce terme dans le sens habituel des phytogéographes.
15. — Association à R alfsia verrucosa
Au-dessus du niveau, sur les rochers trop abrités pour permettre
1 etablissement de l’association à T enarea tortuosa, le Ralfsia verru¬
cosa constitue une ceinture souvent très développée. Cette Phéophycée
forme des croûtes noirâtres, tantôt isolées et à contour circulaire, tantôt
confluentes et constituant une large bande continue. Ces croûtes éten¬
dues, qui recouvrent presque toute la surface de la roche, s’opposent
généralement à 1 établissement d’autres espèces. Lorsque ses thalles
ne sont pas confluents, le Ralfsia verrucosa est assez souvent associé
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
205
au Lithoderma adriaticum et au Placoma vesi culosa, petite chroococ-
cacée formant des thalles globuleux, olivâtres, de consistance gélati¬
neuse et constituant souvent un revêtement continu.^
Le Ralfsia verrucosa porte rarement des épiphytes, a part
quelques Ectocarpm, E. irregularis en particulier, et aussi, au début
de l’hiver, de nombreuses plantules de Porphyra leucostwta dont les
rhizoïdes pénètrent parfois à l’intérieur de la fronde des Ralfsia, mais
qui n’arrivent généralement pas à 1 état adulte.
Fertile en hiver et au printemps, c’est également à cette époque
que le Ralfsia, espèce vivace (Chaméphycée), présente sa période de
végétation active, ses croûtes présentent alors une teinte claire, souvent
jaune olivâtre, due aux jeunes tissus qui se développent a ce moment
à la partie supérieure des croûtes des années précédentes, qui, seules,
s’observent pendant l’été et qui présentent, à cette époque-la, une
couleur noire.
L’association à Ralfsia verrucosa est surtout bien developpee sur
les rochers horizontaux lisses et bien éclairés. Elle fait défaut sui les
rochers à surface très irrégulière et dans les stations ombragées.
Constituant à elle seule, dans les stations très calmes, toute la
végétation littorale au-dessus du niveau, l’association à Ralfsia verru¬
cosa forme, dans les stations moins abritées, une ceinture définie, située
au-dessous de celle du Rissoella verruculosa et au-dessus de celle du
Nemoderma tingitanum. Cette situation correspond donc à celle occu¬
pée par l’association à Tenarea tortuosa, et 1 on pourrait, à la rigueur,
considérer l’association à Ralfsia verrucosa comme une « variété »
propre aux stations abritées de 1 association à Tenarea tortuosa. On
pourrait dire également, en employant la terminologie utilisée par
Ad. Davy DE VlRVILLE (1932), pour les lichens marins, que 1 asso¬
ciation à Ralfsia verrucosa constitue une zone ou ceinture de rempla¬
cement.
Très développée dans certaines stations de la côte catalane, et
en particulier dans l’avant-port de Port-Vendres, 1 association à Ralf¬
sia verrucosa, que j’ai observée également en Algérie (1931, p. 210),
doit être répandue dans toute la Méditerranée occidentale, bien quelle
n’ait jamais été considérée comme une association distincte.
Dans l’Atlantique nord, où le Ralfsia verrucosa est fréquent, il
ne paraît avoir été considéré comme formant une association distincte
que par MlRANDA (1931, p. 87), sur la cote cantabnque.
J (). — Association à Scytosiphon Lomentaria
Cette association est caractérisée par le Scytosiphon Lomentaria ,
205
J. FELDMANN
qui forme souvent des peuplements presque purs, mais auxquels s’ajou¬
tent souvent les espèces suivantes :
Enteromorpha compressa,
Enteromorpha Linza,
Ectocarpus confervoides,
— siliculosus.
*Chaetomorpha aerea,
"’Cladophura dalmatica,
Ectocarpus irregularis,
virescens.
Porphyra leucosticta, | Ceramium tenuissimum.
Le Scytosiphon Lomentaria, associé à ces diverses espèces, se
rencontre dans les stations abritées, soit émergées, soit immergées.
Sur les rochers horizontaux et abrités, il forme, en hiver, un re¬
vêtement dense, soit à lui seul, soit associé à d’autres espèces de 1 asso¬
ciation, et notamment aux Enteromorpha et à Y Ectocarpus irregularis,
qui, ainsi que le Chaetomorpha aerea, vivent fixés sur les rochers,
tandis que la plupart des autres espèces sont généralement épiphytes
sur le Scytosiphon.
L’association à Scytosiphon Lomentaria se rencontre générale¬
ment à une faible hauteur au-dessus du niveau, et dans des stations
continuellement mouillées par le ressac, car les espèces qui la consti¬
tuent supportent mal la dessiccation.
Cette association peut également s’observer dans des stations
continuellement immergées, ce cas s’observe, en particulier, à Banyuls,
dans le vivier du Laboratoire Arago, dont le fond est couvert, par
endroits, par le Scytosiphon Lomentaria. Dans ces conditions, cette
algue se rencontre, non seulement sur les rochers, mais aussi sur les
cailloux et les graviers, ainsi que sur les rhizomes et les feuilles de
Zostera et de Cymodocea.
L’association à Scytosiphon Lomentaria est, à Banyuls, exclu¬
sivement hivernale et vernale. Le développement du Scytosiphon Lo¬
mentaria débute en novembre, et il atteint son complet développement
en quelques semaines. Ainsi que l’ont déjà observé plusieurs auteurs,
la croissance de cette algue est extrêmement rapide, et l’on est tout
surpris de la voir couvrir les rochers dans des localités où l’on n’avait
pas noté sa présence peu de jours auparavant.
Sur les rochers émergés, le Scytosiphon Lomentaria et les algues
qui lui sont associées commencent à disparaître en avril. Générale¬
ment, il n’en reste plus trace à la fin de mai, et les rochers qu’elles
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
207
couvraient de leurs frondes pendant l’hiver sont, le plus souvent, en¬
tièrement dépourvus de végétation pendant 1 été.
Dans les stations immergées, la période de végétation est plus
longue; plus précoce et déjà adulte et de grande taille fin novembre,
le Scytosiphon Lomentaria persiste dans ces conditions jusqu en juin
et même jusqu'au début de juillet, lors des années froides et lorsque
l’agitation de la mer a retardé son échauffement dans les stations
calmes et peu profondes où vit le Scytosiphon.
L’association à Scytosiphon Lomentaria est répandue dans toute
la Méditerranée, je l’ai en particulier observée en Algérie et sur la
côte d’Azur, où OLLIV1ER (1929, p. 75) l’a signalée sous le nom
d’association a Scytosiphon-Enteromorpha.
Dans l'Atlantique nord, CoTTON (1912) et Hamel (1928) in¬
diquent surtout le Scytosiphon Lomentaria dans 1 association des cu¬
vettes littorales, et particulièrement dans les cuvettes à fond de sable.
Aux Fœroé, BoRGESEN (1905) cite cette espèce parmi les caractéris¬
tiques de sa « Slic(ÿosif)/ion-Association » des côtes abritées au-dessous
du niveau de l’eau.
Ces associations atlantiques diffèrent trop, au point de vue de
la composition floristique et des caractères écologiques, de l’association
à Scytosiphon Lomentaria de la Méditerranée, pour qu’un rapproche¬
ment étroit puisse être fait.
1 7. — Association à Enteromorpha intestinalis
On peut réunir sous ce nom les différents groupements d algues
vivant dans les stations saumâtres ou sursalées de l’étage littoral, et
constitués presque exclusivement de Chlorophycées ( Enteromorpha et
Cladophora , en particulier).
Ce type d’association peut se rencontrer soit dans les cuvettes
isolées au-dessus du niveau, où une lente évaporation entraîne une
élévation de la salinité, soit dans les suintements d’eau douce, dont
l’eau peut également diluer celle des cuvettes. Le développement de
cette association est également favorisé par la pollution de 1 eau.
U Enteromorpha intestinalis est l’espèce la plus caractéristique
de cet ensemble de stations. Elle se présente tantôt sous sa forme ty¬
pique avec sa fronde de grande taille, bulleuse et întestiniforme, sou¬
vent remplie de gaz, c’est la forme la plus fréquente dans les cuvettes
sursalées, tantôt sous la forme cornucopiae plus caractéristique des
suintements d’eau douce, chargée de matières organiques. Mêlées à
/. FELDMANN
Y Enteromorpha intestinalis, ou le remplaçant complètement, on ren¬
contre d’autres espèces du même genre :
* Enteromorpha micrococca,
— compressa,
— flexuosa.
Aux Entéromorphes s’associent souvent des Cladophora ( Cia-
dophora expansa en particulier), qui vivent tantôt mêlés aux Entero¬
morpha, tantôt formant à eux seuls des peuplements à peu près purs.
Toutes ces algues d’eau saumâtre peuvent se rencontrer toute
l’année, mais elles sont généralement plus développées en hiver et
au printemps; elles sont plus rares en été, où l’absence de pluie est
la règle.
Je n’insisterai pas ici sur ce groupe d’associations d’algues d’eaux
saumâtres. A part quelques suintements d’eau douce et polluée, à
Banyuls et à Cerbèie, et les cuvettes à eau souillée et à salinité va¬
riable, fréquentes à Collioure, les eaux saumâtres sont peu abondantes
et leur flore assez pauvre dans les limites de la région étudiée.
Ces associations d’algues vivant dans les eaux polluées et à
salinité variable semblent être cosmopolites et se rencontrent à peu près
semblables à elles-mêmes sous toutes les latitudes, partout où les
conditions écologiques favorables se trouvent réalisées, aussi bien dans
les eaux dessalées par apport d’eau douce que dans les eaux sursalées
par évaporation, comme dans les marais salants, par exemple. Les
algues qui constituent la végétation de ces stations sont remarquable¬
ment euryhalines et eurythermes.
18. — Association à Cladophora Rudolphiana
On peut désigner sous ce nom la végétation caractéristique des
cuvettes littorales peuplées de Chlorophycées, que j’ai antérieurement
étudiées en collaboration avec Davy DE VlRVILLE (1933, p. 628),
sous le nom de flaques à Chlorophycées.
Les algues constituant cette association sont toutes (si l’on ne
tient pas compte des Diatomées) des Chlorophycées :
*Cladophora Rudolphiana,
* — crystallma,
— Hutchinsiae,
* — Ruchingeri,
— dalmatica,
* — hamosa var. réfracta,
* — albida et sa var. réfracta.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
209
Chaetomorpha aerea,
* — Adriani,
Enteromorpha compressa,
— flexuosa,
Ulva lactuca.
Cette association se rencontre dans les cuvettes littorales peu pro¬
fondes, situées à un niveau assez élevé et exposées au soleil. La vaste
surface de ces cuvettes et leur peu de profondeur permettent a l eau
qu’elles contiennent de suivre facilement les variations de tempéra¬
ture de l’air. Celle-ci est plus froide en hiver que celle de la mer libre,
et, au contraire, beaucoup plus élevée en été.
Les variations de salinité sont également considérables : dessa¬
lure due aux pluies en hiver, augmentation de la salinité par évapo¬
ration en été. Néanmoins, ces variations de la salinité sont moins fortes
que celles qui s’observent dans les cuvettes où s installe 1 association a
Enteromorpha mtestinalis. De plus, l’association à Cladophora Rudol-
phiana se rencontre surtout dans les eaux pures et non polluées par des
matières organiques.
Les algues sont généralement très abondantes dans ces cuvettes,
par rapport à la quantité d’eau; de plus, leur métabolisme très actif,
favorisé encore par la chaleur en été et l’éclairement intense, entraîne
une alcalinisation souvent très forte de 1 eau de ces cuvettes, dont le
pH peut atteindre et même dépasser 9,4 pendant la journée.
Si l’on compare les conditions écologiques régnant dans ces
cuvettes en hiver et en été, on voit qu elles sont très différentes pen¬
dant ces deux saisons. En hiver, la température de 1 eau est basse et
la salinité le plus souvent faible, alors qu’en été la ^ température est
très élevée et la salinité forte. Dans ces conditions, il n est pas étonnant
que les végétations estivale et hivernale présentent des différences très
grandes dans leur composition floristique.
En hiver et au printemps dominent les Cladophora crystallina,
Cl. dalmatica, Chaetomorpha Adriani. La première de ces trois
espèces est la plus abondante et constitue souvent, dans les cuvettes
situées très haut, des peuplements à peu près purs. Ces espèces dispa¬
raissent rapidement au cours du printemps, alors que les Cladophora
Hutchinsiae et Ruchingeri persistent plus longtemps dans les cuvettes
inférieures.
En été, les espèces les plus abondantes sont les Cladophora Ru-
dolphiana et Cl. albida var. réfracta, qui manquaient en hiver.
Etant donné cette différence de végétation pendant ces deux pé¬
riodes de l’année, il y aurait peut-être lieu de distinguer deux associa¬
tions distinctes, l’une hivernale et vernale, l’autre estivale, susceptibles
de se succéder dans une même cuvette selon les saisons.
210
y. FELDMANN
L’association à Cladophora Rudolphiana est très largement ré¬
pandue dans la Méditerranée. Je l’ai observée en Algérie, à Cherchell
(1931, p. 191), et elle correspond sans doute, au moins en partie, au
« Refracto-Cladophoretum » signalé par LORENZ (1863, p. 204)
dans le golfe de Quarnero. Dans l’Atlantique nord, on a décrit sou¬
vent des associations de cuvettes à Cladophora plus ou moins compa¬
rables à l’association à Cladophora Rudolphiana de la Méditerranée.
C. — Etage infralittoral supérieur
19. — Association à Cystoseira mediterranea
Sur les rochers battus, au-dessous du niveau moyen, se rencontre
une importante association dont l’espèce dominante et la plus caracté¬
ristique est le Cystoseira mediterranea. Cette Sargassacée vivace forme
une ceinture continue sur les rochers, et ses larges haptères, recouvrant
en grande partie la roche, s’opposent à la fixation d’autres espèces de
grande taille; aussi l’aspect de l’association est-il très homogène et
sa composition floristique peu variée (PI. XI, photo 21). Dans les
stations moins exposées au choc des vagues, les Cystoseira abrotanifolia
et elegans se mêlent au Cystoseira mediterranea.
Les algues associées au Cystoseira mediterranea peuvent se di¬
viser en deux groupes : d’une part, les épiphytes et les parasites fixés
sur le tronc et les rameaux du Cystoseira; d’autre part, les espèces
sciaphiles formant une strate inférieure sous les rameaux du Cystoseira
et fixées sur ses haptères ou sur la roche même.
Parmi les épiphytes, il en est de très caractéristiques de l’asso¬
ciation, qui ne se retrouvent qu’exceptionnellement sur d’autres hôtes
que le Cystoseira mediterranea; c’est le cas des Phéophycées suivantes:
*Edocarpus paradoxus,
*Streblonema Valiantei,
*Sphacelaria hystrix.
La première de ces algues est un épiphyte à peu près constant
en été, et qui recouvre les rameaux du Cystoseira mediterranea de ses
petites touffes muqueuses, globuleuses. Les deux autres espèces sont
moins frequentes. Le Streblonema Valiantei est une algue endophyte
produisant des galles mamelonnées sur les rameaux du Cystoseira.
Le Sphacelaria hystrix est également une espèce à base endophyte,
vivant uniquement sur certains Cystoseira, en particulier sur C. medi-
ierranea, C. stricto et C. ericoides.
Outre ces épiphytes localisés à la partie supérieure des rameaux
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
211
du Cvstoseira, on rencontre d’autres espèces qui trouvent un abri contre
le soleil sur la tige dressée ou la partie inferieure des rameaux pri¬
maires du Cystoseira. C'est le cas des Floridées suivantes ■
*Gelidium latifolium,
Asparagopsis armata,
Jartia rubens,
*Gastroclonium clavatum,
Polysiphonia fruticulosa.
*P olysiphonia deludens,
Ceramium diaphanum,
Ceramium tenue,
Callithamnion tetragonum, etc...
La tige dressée est souvent recouverte également de petites Squa-
mariacées formant des croûtes minces et adhérentes.
Sous la puissante végétation du Cÿsfoseiru medit&Tanea, sur ses
haptères et sur le rocher, à l’abri du choc des vagues et de 1 eclairement
trop intense, s’établit une strate protégée d’algues sciaphiles. Parmi
elles, les Corallinacées viennent en premier heu et, en particulier, es
Mélobésiées (Lithothamniées), qui recouvrent souvent en partie les
haptères du Cystoseira meditenanea :
Pseudolithophyllum expansum,
Lithophyllum incrustons,
— dentatum,
Mesophÿllum lichenoides.
Corallina meditenanea,
Jania longifurca,
— rubens,
Amphiroa rigida.
auxquelles s’ajoutent de nombreuses Floridées sciaphiles, parmi les-
quelles :
Gigartina acicularis, I Peyssonnelia Squamana,
Pterocladia capillacea, | Callithamnion granulatum.
sont les plus caractéristiques et les plus abondants. Il faut y joindre
également plusieurs petites Céramiacées fragiles, Callithamnion sp.
pl., Anlithamnion crucialum et plumula, Crouania attenuata, Pleonos-
porium Borreri, Ceramium sp. pl. et le FaU^enbergia Hillebrandii,
ainsi que bon nombre d’espèces citées à propos de l’association a
Corallina mediterranea.
L’association à Cystoseira mediterranea est l’une des plus carac¬
téristiques des rochers battus de 1 étage mfralittoral supérieur, et se
rencontre tout le long de la côte catalane, dans les stations favorables.
Sa limite supérieure, très nettement délimitée, est située au niveau
moyen des basses eaux, de telle sorte qu’elle ne se trouve qu excep¬
tionnellement émergée lors d une mer très basse. Dans ces conditions,
surtout si l’émersion se prolonge un peu et coïncide avec un temps
chaud et un ciel pur, les individus de Cystoseira meditenanea, situés
au-dessus du niveau à ce moment, meurent et prennent une teinte noire
caractéristique avant de se décomposer.
212
/. FELDMANN
La limite inférieure de cette association est beaucoup moins nette
et varie sensiblement selon les localités. Elle est généralement située
à quelques mètres au-dessous du niveau moyen, mais au-dessous de
I mètre, le Cystoseira mediterranea devient moins abondant et ne
constitue plus un revêtement dense et continu sur les rochers, comme
plus haut.
L’association à Cÿstoseira meditenanea est, ainsi que je l’ai in¬
diqué plus haut, caractéristique des rochers battus. Elle est surtout bien
développée sur les rochers peu ou moyennement inclinés. Sur les ro¬
chers verticaux, l’association est moins vigoureuse et elle fait défaut
sur les rochers en surplomb. Elle manque également dans les grottes
et les stations très ombragées. Son espèce la plus caractéristique, Cps-
toseira meditenanea est, en effet, une algue photophile.
Bien que surtout développée dans les stations fortement battues,
cette association peut se rencontrer dans des stations relativement
calmes, où les associations littorales à Tenarea tortuosa et à Rissoella
venuculosa font défaut. Il semble bien que le Cystoseira mediterranea
recherche surtout une eau bien éclairée, mais ne subissant pas de fortes
élévations de température. Ces conditions sont réalisées dans les sta¬
tions calmes lorsque la nature du rivage met en contact le Cystoseira
meditenanea avec une grande quantité d’eau. C’est ainsi que cette
algue est fréquente sur les rochers isolés au milieu des baies, où l’eau
est calme mais s’échauffe peu; par contre, elle souffre manifestement
dans des stations relativement plus battues, mais peu profondes, où
l’eau s’échauffe facilement par mer calme. Dans ces conditions, le
Cÿstoseira meditenanea peut mourir même sans avoir subi d’émersion.
En résumé, le Cystoseira meditenanea est surtout une algue pho¬
tophile, mais sténotherme, ne supportant ni une émersion de longue
durée, ni une forte élévation de la température de l’eau. La constance
de la température paraît être une condition plus importante pour cette
algue que l’agitation de l’eau, qui favorise surtout son développement
en s’opposant à l’élévation de la température.
Ces conclusions sont analogues à celles auxquelles était arrivé
Ollivier (1929, p. 119) pour le Cystoseira stricta Sauv., sur la
côte d’Azur.
L’association à Cystoseira mediterranea s’observe toute l’année,
le Cÿstoseira mediterranea et les Corallinacées, en particulier, étant
des algues pérennantes; mais l’aspect de l’association varie suivant les
saisons. Le Cÿstoseira mediterranea est, en effet, une hémiphanérophy-
cée, qui perd presque tous ses rameaux à l’automne. Il est alors réduit
à sa tige tronciforme, courte, portant seulement quelques rameaux
grêles et courts. Ces rameaux se développent pendant l’hiver et pré-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITER RANÉ E
sentent à cette époque une belle iridescence violacée assez vive, qu'ils
"eut pas à perdre. LW.ation est surtout b.en developpee au
printemps et au début de 1 été. . ,
L’association à Cÿstoseira mediterranea est_ exclusivement med-
terranéenne, elle a été sommairement décrite a Naples pa, FuNK
(1927 p. 267 ), mais c’est a C. Sauvageau (1912, p. q
tout particulièrement étudié le Cÿstoseira mediterranea a Banyuls
que nous devons les indications les plus complétés et les plus précisés
sur la biologie de cette espèce.
11 faut rapprocher étroitement de l’association à Cÿstoseira medi-
lerranea l’association à Cÿstoseira striata Sauv., décrite sur k cote
d’Azur par Olliv.ER (1929, p. 86). J'ai pu moi-meme, tant a Ville-
franche et à Antibes que sur les côtes nord-africaines, constater la
grande ressemblance de ces deux associations.
L’association à Cÿstoseira striata ne diffère en effet de la pré¬
cédente que par le remplacement du Cÿstoseira mechterranea pai le
C. stricto. Ces deux espèces, quoique bien distinctes, sont d ailleuis
morphologiquement très voisines l’une de l’autre et possèdent es
mêmes exigences écologiques. Elles constituent toutes deux des especes
vicariantes du Cÿstoseira ericoide s de 1 Océan (SAUVAGEAU, 1920,
p. 46).
Dans l’Adriatique, le Cÿstoseira corniculata, à en juger par les
observations de SCHILLER (1915), constitue, sur les rochers battus
au-dessous du niveau, une association comparable aux deux associa¬
tions précédentes de la Méditerranée occidentale.
20. _ Association à Cÿstoseira elegans
Dans les stations modérément battues ou assez calmes, au fond
des anses en particulier, le Cÿstoseira elegans forme des prairies éten¬
dues, soit seul, soit associé à d’autres espèces du même genre, et en
particulier aux :
^Cÿstoseira caespitosa ,
— abrotanifolia ,
* — crinita.
Comme le Cÿstoseira mediterranea, le Cÿstoseira elegans foime
des peuplements très denses et s’oppose ainsi au développement d une
flore abondante, sous son couvert.
Il porte néanmoins, ainsi que les autres Cÿstoseira qui lui sont
associés, un certain nombre d’épiphytes, en particulier :
214
J. FELDMANN
*Myriactula Rivulariae,
*Ectocarpus Lebelii,
*Sphacelaria tribuloides,
— cirrosa.
Stilophora rhizodes,
*Colpomenia sinuosa.
Halopteris scoparia,
Dictyota dichoioma var. implexa.
Asparagopsis armata,
Jania rubens,
Chylocladia Kaliformis,
Polysiphonia fruticulosa,
Ceramium circinatum,
Ceramium barbatum, etc...
auxquels il faut ajouter les *Chaetomorpha gracilis et *implexa, qui,
non fixés, vivent en grosses touffes enchevêtrées parmi les rameaux de
Cystoseira elegans et C. abrotanifolia.
L’association à Cystoseira elegans se rencontre près du niveau
de l’eau, jusqu’à quelques mètres au-dessous. A 2 ou 3 mètres de
profondeur, le Cystoseira caespitosa l’emporte en abondance sur le
C. elegans. La limite supérieure du Cystoseira elegans est moins élevée
que celle du Cystoseira mediterranea, et il ne se rencontre jamais
émergé, même exceptionnellement.
L’association à Cystoseira elegans est caractéristique des stations
un peu abritées, où les rochers s’enfonçent en pente douce, comme
c’est le cas, par exemple, dans l’anse du Sanatorium, où l’association
est bien développée.
Cette association se rencontre dans des stations fortement éclai¬
rées et fait défaut dans les stations ombragées, mais à l’inverse de
l’association à Cystoseira mediterranea, elle peut supporter des élé¬
vations de température assez fortes, comme il s’en produit sur les fonds
horizontaux de peu de profondeur dans les anses abritées, ainsi que
dans les grandes cuvettes peu profondes et en communication à peu
près constante avec la mer, où l’association peut également se ren¬
contrer (PI. XV, photo 30).
En d’autres termes, l’association à Cystoseira elegans remplace
l’association à Cystoseira mediterranea dans les stations trop calmes,
et où l’eau s’échauffe trop pour permettre à cette dernière association
de s’établir. C’est ce qu’avait déjà observé SauvaGEAU (1912,
p. 160), qui écrit : « A l’entrée de la baie du Troc, le C. mediter¬
ranea abonde, à l’exclusion du C. elegans; puis celui-ci se mélange à
lui en proportion de plus en plus grande, et finalement le remplace
dans les points abrités. »
Le Cystoseira elegans et le C. caespitosa, qui sont les deux
espèces les plus caractéristiques de cette association, ne sont connus
avec certitude que sur les côtes catalanes. J’ignore quelle association
remplace l’association à Cystoseira elegans dans les autres régions de
la Méditerranée. D’après ce que j’ai observé en Algérie, ces stations
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
215
calmes et peu profondes doivent être généralement occupées par des
associations où dominent d'autres espèces de Cystoseua (C. seing,-
noides en particulier) et des Sargasses.
21 _ Association à Dictyopteris membranacea
et Phyllaria reniformis
Cette association est caractérisée par les espèces suivantes :
*Dictyopteris membranacea,
*Taonia atomaria,
Dictyota dichotoma.
*Dilophus Fasciola,
* — ligulalus,
*Phyllaria reniformis.
auxquelles s'ajoutent les algues suivantes, moins constantes et moins
exclusives :
*Ulva rigida ,
| Codium dichotomum.
Cladostephus verticillatus.
Celidium pcctinatum,
Pterocladia capillacea,
Phÿllophora nervosa,
Sphaerococcus coronopifolius,
Falkenbergia Hillebrandii,
Mélobésiées.
Ce sont surtout les trois Dictyotales : Dictyopteris, Taonia et
Dictyota qui dominent et donnent à cette association son aspect carac¬
téristique. La Laminariale Phyllaria reniformis, bien que plus raie,
est également une des espèces très caractéristiques de cette association.
Toutes ces algues sont généralement presque dépourvues d epi-
phytes macroscopiques, sauf le Phyllaria reniformis, dont la fronde
est souvent envahie par des Ectocarpus (£. siliculosus en particulier) ,
et le Taonia atomaria, qui porte presque constamment, en hn de végé¬
tation, VEctocarpus Batlersii var. mediterranea, petit épiphyte spécial
à cette espèce. .
Il est intéressant de noter l’aspect homogène de cette association,
composée de plusieurs espèces, souvent mêlées, mais ayant la meme
couleur et un aspect morphologique assez analogue, telles que les
Dictyopteris, Taonia, Dictyota et Dilophus.
Cette association s'observe dans l’étage infralittoral supeneui,
toujours au-dessous du niveau de l’eau et succédant généralement vers
le bas à l’association à Corallina mediterranea, ou à l’association a
Ralfsia verrucosa. Elle s’étend jusqu’à plusieurs mètres de profondeur.
Elle est particulièrement développée dans les stations un peu abritées
du choc des vagues, mais pas trop calmes. Elle supporte bien un éclai-
Source : MNHN, Paris
216
J. FELDMANN
rement assez intense, mais elle prospère surtout dans les stations où
la lumière est un peu atténuée, telles que les parois verticales des ro¬
chers ou l’entrée des grottes marines (PI. X, photo 20).
La plupart des espèces de cette association peuvent également se
rencontrer dans les cuvettes moyennement ombragées et toujours en
communication avec la mer (PI. XVI, photo 32). Bien que vivant
surtout dans l’eau pure, quelques espèces de ce groupement sont sus¬
ceptibles de se développer dans les stations où l’eau est fortement
polluée; c’est le cas, en particulier, du port de Port-Vendres, où les
parois verticales des quais sont couvertes, en juin-juillet, d’une végé¬
tation continue de Taonia atomaria qui, dans cette localité, atteint une
grande taille et présente des segments très étroits qui le font ressembler
à un Dictyota. Dans cette localité, il vit mêlé à des Entéromorphes,
des Ulves et au Codium dichotomum.
L’association à Dictyopteris membranacea et Phÿllaria renifor-
mis est surtout bien développée au printemps et au début de l’été.
Composée en majeure partie d’algues annuelles (Hypnophycées ou
Eclipsiophycées) et d’algues pérennantes à frondes dressées, annuelles
(Hémicryptophycées), dont la période de repos a lieu à la fin de l’été
et au début de l’automne, l’association se présente à cette époque sous
un aspect décrépit. Déjà, en juillet, le T aonia atomaria est en voie
de disparition. Les Dictyota et les Dilophus résistent plus longtemps.
En octobre-novembre, la fronde du Dictyopteris membranacea
est réduite à ses nervures, tandis que de la base spongieuse s’élèvent
de nouvelles pousses.
En hiver, l’association se présente sous l’aspect d’un gazon ras
composé de jeunes pousses des différentes espèces de Dictyotales, qui
atteindront leur taille adulte en mai-juin. Dans certains cas, le Ptero-
cladia capillacea est dominant en hiver, dans les stations les plus
ombragées. Il peut parfois former des peuplements assez étendus, à
1 exclusion de toute Dictyotale. Il est souvent associé au Celidium
pectinatum, comme c’est le cas en particulier dans la grotte du cap
Béar.
22. — Association à Padina pavonia
et Cladostephus verticillatus
Alors que les associations littorales sont composées le plus sou¬
vent d un petit nombre d espèces, dont la présence est généralement
constante dans toutes les stations favorables au développement de
I association, dans l’étage infralittoral supérieur, la flore, plus riche et
plus variée, se prête beaucoup moins bien à la distinction d’associa¬
tions caractéristiques d une station donnée, la flore variant souvent
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
217
beaucoup dans diverses localités d’une même station, sans qu’il soit
toujours possible de saisir les relations qui peuvent exister entre ces
variations et l’influence du milieu.
Aussi, l’association à P aima pavonia et Cladostephus verhcüla-
tus, que je propose de distinguer ici, groupe-t-elle peut-être plusieurs
petites associations élémentaires, qu’il y aura sans doute lieu de dis¬
tinguer ultérieurement, mais que, pour le moment, je crois préféiable
de réunir en une seule association synthétique, caractéristique des ro¬
chers ensoleillés peu profonds, couverts de sédiments, des stations
Les espèces les plus caractéristiques et les plus fréquentes de
cette association sont les suivantes :
Merismopedia glauca,
Spirulina miniata,
— tenuissima,
Oscillatoria nigroviridis.
*Hÿdrocoleum glutinosum,
*Isactis plana,
Calothrix aeruginea,
— confervicola.
Ulva lactuca,
Enteromorpha Linza ,
1 — clathraia.
*Cladophora utriculosa,
*Acetabularia mediterranea.
*Strepsithalia Liagorae,
*Compsonema Liagorae,
*Liebmania Leveillei,
*Colpomenia sinuosa,
Sphacelaria cirrosa.
*Halopteris scoparia,
*Cladostephus verticillatus,
Dict\)oia dichotoma,
* Padina pavonia,
Cystoseira abrotanifolia.
*Liagora viscida,
— distenta,
Gelidium crinale,
Hypnea musciformis,
*Gracilaria compressa,
*Lithophyllum (?) Notarisii,
Jania rubens,
— corniculata,
Amphiroa rigida.
Laurencia obtusa,
* — papillosa,
Herposiphonia secunda,
Lophosiphonia obscura,
Rxitiphlaea tinctoria,
*Halopitys incurvus,
Falkenbergia Hillebrandii,
Acrosorium uncinatum, etc...
Cette association se rencontre dans toutes les stations calmes et
bien éclairées, depuis le niveau moyen de la mer jusqu à la profondeur
de 4 à 5 mètres. Elle se rencontre aussi dans les cuvettes profondes
218
]. FELDMANN
toujours en communication avec la mer. Elle est bien développée sur
les rochers couverts de sédiments (sable ou vase sableuse), sur lesquels
la base, formée de rhizoïdes enchevêtrés des Halopteris scoparia et
des Padina pavonia, se fixe solidement. Tandis que d’autres espèces
(Gelidium crinale, Lophosiphonia obscura, etc...) vivent à demi en¬
terrées dans le sable qu’elles contribuent à maintenir entre leurs fila¬
ments.
L’aspect de l’association à Padina-Cladostephus est très hétéro¬
gène, et, selon les localités, c’est tantôt l’une ou l’autre des espèces
caractéristiques qui domine. Parmi celles-ci, les Padina pavonia ,
Cladostephus verticillatus, Halopteris scoparia , Liagora viscida et
disienta et Laurencia obtusa sont les plus fréquents et forment parfois
des peuplements purs assez étendus ; mais la plupart des espèces de ce
groupement ne sont pas des caractéristiques exclusives de l’association.
Un des principaux caractères écologiques de l’association à
Padina-Cladostephus réside dans sa résistance aux températures éle¬
vées et à l’éclairement intense. Elle se développe surtout sur les rochers
horizontaux, depuis le niveau de l’eau jusqu’à quelques mètres de
profondeur, dans les stations où les Cÿstoseira sont rares ou absents
et ne peuvent pas, par conséquent, permettre à une flore moins hélio-
phile de se développer sous leur ombre. A ce point de vue, Halopteris
scoparia et Padina pavonia sont particulièrement résistants et subsistent
pendant tout le cours de l’été, lorsque les autres espèces ont été tuées
par la trop grande lumière ou la température trop élevée.
Certaines espèces plus sciaphiles, comme le Jania corniculata,
trouvent un abri relatif dans les touffes denses de l 'Halopteris scoparia
et du Cladostephus verticillatus, qui portent généralement une riche
flore d’épiphytes. Certains auteurs (BERNER, 1932) ont voulu attri¬
buer à ces épiphytes le rôle d’écran protecteur contre la grande lumière.
Dans ces conditions, les épiphytes joueraient un rôle utile vis-à-vis de
leur support.
Cette hypothèse finaliste ne me paraît nullement justifiée. D’ail¬
leurs, les épiphytes, bien loin d être utiles à l’algue qui les porte, lui
sont nuisibles en facilitant, à la fin de la végétation, l’arrachement, par
les vagues, des touffes qu’ils alourdissent. Ce fait est particulièrement
net en ce qui concerne le Cladostephus verticillatus couvert de Jania
corniculata; dans ce cas, le poids des épiphytes dépasse de beaucoup
celui de l’hôte, ce qui entraîne une rupture prématurée de la base de
la touffe.
C est également à 1 influence de la lumière très intense qu’il faut
sans doute attribuer la faible teneur en pigments de beaucoup des
algues de cette association, dont certaines présentent en outre une
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
calcification plus ou moins grande, qui les font P«« tre * e "^ a
rement blanches, comme c est le cas, par exemple, de 1 /Icefabulnna
mediierranea (PI. XIX, photo 38), parmi les Chlorophycees, du
Padina pavonia, parmi les Phéophycees, et des Liagom, parmi
Floridées. De même, les Laurencm obtusa, d un beau rouge en hiver,
se décolorent au cours de l'été, en perdant la presque totalité de leurs
pigments normaux (Phycoérythrine et Chlorophylle) mais en acqué¬
rant, par contre, un pigment jaune d'or dissous dans les vacuoles des
cellules externes de leur fronde.
Beaucoup d’autres Rhodophycées de cette association presenten
également une teinte vert clair ou jaunâtre, bien differente de la cou¬
leur pourpre plus ou moins foncée qu'ils présentent dans les stations
ombragées ou à la base des touffes compactes (Hypnea musciformis).
Sur le fond de la végétation, uniformément de teinte claire, seules
les touffes noirâtres de Cladostephus verticillalus et d'Haloptens sco-
paria font des taches plus sombres, atténuées souvent, d ailleurs, par
la mince couche de sédiments vaseux qui les recouvre.
Située dans l'étage infralittoral, l'immersion est la règle pour la
plupart des stations où se développent cette association. Neanmoins,
il peut arriver que, pai mer très calme, les espèces situées le plus haut
se trouvent émergées. C'est ce qui a parfois lieu, en particulier pour le
Padina pavonia, qui forme souvent une ceinture assez nette au niveau
moyen de l’eau, mais néanmoins supporte assez mal une emersion un
peu prolongée et d’ailleurs toujours exceptionnelle (PI. XIX, photo
37). De même, le Laurencia obtusa, qui forme souvent des tapis
denses sur les rochers plats situés au niveau, est parfois exposé à 1 émei-
sion qui lui est néfaste. Par contre, les Haloptens, Cladostephus,
Liagora, etc., qui ne se rencontrent qu'à une profondeur un peu plus
grande, ne sont jamais exposés à l’émersion.
Les aspects saisonniers de cette association sont assez variables.
En hiver, les Cladostephus et Halopteris dominent, portant comme
épiphytes de nombreuses petites Floridées; à ce moment, les Padina
sont généralement peu développés, et les Liagora et Acetabularia
font entièrement défaut. Ce sont, au contraire, ces espèces qui dominent
en été, souvent engluées de Cyanophycées. Tandis qu’à la fin du prin¬
temps, la diatomée bleue ( Navicula ostrearia Gaill.) recouvre souvent
d’un enduit muqueux, tout à fait comparable par 1 aspect et la couleui
à celui que formerait une Cyanophycée, les extrémités du Liebmannia
Leveillei et du Cladostephus verticillalus.
L’association à Padina pavonia et Cladostephus verticillalus,
décrite ici, semble correspondre, au moins en partie, au « Zonarie-
tum » décrit par Lorenz (1863, p. 207) dans le golfe de Quarnero.
220
]. FELDMANN
Elle correspond bien également à l’association à Enteromorpha Linza-
Cladostephus-Laurencia obtusa signalée par FuNK (1927, pp. 254
et 261 ) dans le golfe de Naples.
Dans l’Atlantique nord, sur les côtes de France, plusieurs espèces
appartenant à cette association se retrouvent dans les cuvettes littorales
ensoleillées.
23. — Association à Cystoseira discors et Cystoseira barbata
Cette association se rencontre à peu près dans les mêmes stations
que l’association à Padina-Cladostephus, mais à condition que la pro¬
fondeur soit suffisante, car si l’association à Padina-Cladosiephus peut
se développer parfois sous quelques centimètres d’eau seulement, les
Cystoseira réclament, pour pouvoir vivre, une profondeur plus grande.
Les espèces les plus fréquentes et les plus caractéristiques de
cette association sont les suivantes :
*Oscillatoria miniata,
Symploca hydnoides.
Spirulina miniata.
*Enteromorpha ramulosa,
Enteromorpha Linza,
*Siphonocladus pusillus,
Halopteris scoparia ,
Sphacelaria cirrosa,
Colpomenia sinuosa,
Dictyota dichotoma,
Padina pavonia.
*Chaetomorpha Linum,
Halimeda Tuna.
Dictyopteris membranacea,
*Cystoseira discors,
* — barbata,
— crinita,
— abrotanifolia.
Celidium latifolium,
*Gelidiella lubrica,
Amphiroa rigida,
Jania rubens,
Epilithon membranaceum,
Laurencia pinnatifida.
Laurencia obtusa,
Rytiphlaea tinctoria,
Ÿ Alsidium corallinum,
* Alsidium Helminthochorton,
Polysiphonia fruticulosa,
Ÿ Polysiphonia flocculosa, etc...
Cette association se rencontre depuis une dizaine de centimètres
au-dessous du niveau jusqu’à 4 à 5 mètres de profondeur, sur les
fonds rocheux couverts de sédiments, dans les stations calmes et bien
éclairées. File peut supporter une certaine pollution de l’eau; dans
ce cas, c est surtout le Cystoseira barbata qui domine. L’association
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
221
peut également se rencontrer dans les larges cuvettes profondes, le
plus souvent en communication avec la mer ; néanmoins, a Colhoure,
dans de très vastes cuvettes isolées à basse mer, et où 1 eau s echaufte
beaucoup (pouvant atteindre 30”C), l’association à Cysloseira discors-
barbata est bien développée. Dans certaines cuvettes, le C.discors
forme des peuplements à peu près purs (PI. XV, photo 29) ; dans
d’autres, le Cÿstoseira barbota est dominant. Dans ces cuvettes, ou
l’eau atteint une température élevée, le C. barbata porte divers épi-
phytes particulièrement intéressants : Siphonocladus pusillus et Ce/i-
diella lubrica, algues d’affinité tropicale, que la haute température du
milieu favorise. Dans cette même cuvette de Collioure, le tronc du
Cÿstoseira barbata est recouvert d’une éponge en croûte, renfermant
dans ses tissus VAphanocapsa Raspaigellae, Cyanophycée rouge,
généralement localisée en profondeur.
Le Cÿstoseira abrotanifolia, bien que souvent abondant et même
parfois dominant dans l’association à Cÿstoseira discors-barbata, n en
est pas caractéristique, car il se retrouve à peu près dans toutes les
stations peu profondes. On le rencontre, en particulier, soit dans les
cuvettes (PI. XV, photo 30), soit dans la mer libre (PI. XVII,
photo 33). Dans ce dernier cas, cette algue atteint souvent un très
grand développement en été et ses rameaux, qui peuvent dépasser
1 mètre de long et qui sont pourvus de nombreux aérocystes, flottent
à la surface de l’eau, formant un écran très efficace à 1 ombre duquel
se développe une flore sciaphile formant une strate inférieure, où
dominent les Floridées : Rÿtiphlaea tincloria, A Isidiurn corallinum
et Helminthochorton, qui y rencontrent, à la fois, 1 éclairement faible
et la température élevée dont elles ont besoin.
L’aspect de l’association est assez homogène, ce sont les divers
Cÿstoseira, dont l’apparence est à peu près la même, qui donnent à
cette association sa physionomie particulière. En hiver, lorsque ceux-ci
sont, pour la plupart, à l’état de repos, et réduits à leurs troncs et à
quelques rameaux principaux peu développés, les Entéromorphes
dominent, tandis que les Cÿstoseira portent diverses Floridées épi-
phytes, Polÿsiphonia fruticulosa, Laurencia pinnatifda, etc., qui dis¬
paraissent bientôt. En été, par contre, les Cÿstoseira dominent, et les
longs rameaux flottants de couleur jaune clair des Cÿstoseira abrota¬
nifolia et barbata cachent la strate sciaphile des petites Rhodophy-
cées gazonnantes, bien développées à cette époque.
La disposition des rameaux pourvus d’aréocystes du Cÿstoseira
barbata, flottant horizontalement à la surface de l’eau, avait déjà été
signalée et figurée par TecHET (1906, p. 1 1, fig. 3) dans le golfe
de Trieste.
222
J. FELDMANN
L’association à Cystoseira discors-barbata, bien représentée éga¬
lement en Algérie et en Tunisie, correspond partiellement au « Li-
toral -Cystosiretum » dont LORENZ (1863, p. 217), dans le golfe de
Quarnero, a distingué plusieurs « Variations ». Cette association doit
également correspondre, au moins en partie, aux associations à Cyslo-
seira abrotanifolia, association à Cystoseira abrotanifolia-barbata-
Sargassum linifolium et association à Cystoseira barbata, signalées par
Funk (1927, pp. 266-267) dans le golfe de Naples, et dont la dis¬
tinction ne me paraît pas très claire.
Par contre, l’association à Cystoseira discors, signalée par FuNK
(1927, p. 268) dans la même région, diffère certainement de l’asso¬
ciation à Cystoseira discors-barbata décrite ici. L’association à Cysto¬
seira discors du golfe de Naples se rencontrant à une profondeur plus
grande (5-10 mètres). On sait d’ailleurs (SAUVAGEAU, 1912) que
les mêmes espèces de Cystoseira ne se rencontrent pas toujours au
même niveau à Banyuls et à Naples. A Banyuls, le Cystoseira discors
est localisé près du niveau et ne dépasse pas quelques mètres de pro¬
fondeur, tandis que dans le golfe de Naples, d’après VALIANTE
(1883, p. 18), il se rencontre jusqu’à 25-30 mètres de profondeur.
%
24. — Association à Gymnogongrus nicaeensis
et Phyllophora nervosa
L’association à Gymnogongrus nicaeensis et Phyllophora ner¬
vosa est caractéristique des rochers très ombragés et très battus, situés
entre le niveau de la mer et à 2-3 mètres de profondeur. Elle est
constituée surtout de Rhodophycées, le plus souvent de petite taille.
Les espèces appartenant à cette association sont les suivantes :
*Palmophyllum crassum var. or-
biculare,
*Cladophora coelothrix ,
Cladophora pellucida.
alonia utricularis,
Halicystis parvula ,
*Bryopsis plumosa ,
*Derbesia Lamourouxii.
Aglaozonia reptans,
Halopteris filicina ,
Bonnemaisonia asparagoides,
Asparagopsis armata,
Peyssonnelia polymorpha,
Mesophyllum lichenoides.
Dictyoia dichotoma.
Lithophyllum incrustans,
— papillosum,
— (?) Hauckii,
Pseudoliihophyllum expansum,.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
223
Melobesia farinosa ,
Epilithon membranaceum,
Corallina mediterranea,
Crateloupia filicina,
>{ 'Cr\)ptonemia Lomation ,
Cruoria purpurea,
Calosiphonia vermicularis ,
Plocamium coccineum,
*Sphaerococcus coronopifolius,
*Rhodophyllis bifida,
tPhyllophora nervosa,
*Gymnogongrus nicaeensis,
*Gigariina acicularis,
Rhodymenia Ardissonei,
*Lomentaria articulata.
^Lomentaria clavellosa var. con-
ferta,
Spermothamnion repens,
*Griffithsia sphaerica.
*Callithamnion caudatum,
*Gymnothamnion elegans,
*Antithamnion cruciatum,
Antithamnion Plumula,
H ymenoclonium serpens,
H erposiphonia secunda,
Dasya corymbifera.
Falkenbergia Hillebrandii,
*Hypoglossum Woodrvardii,
*Erythroglossum Lenormandi,
*Apoglossum ruscifolium.
Acrosorium uncinatum.
Toutes ces espèces forment sur les rochers verticaux ou en sur-
plomb, exposés au choc des vagues, un revêtement dense d'algues de
petite taille, en général mêlées à des animaux fixés : éponges, ascidies,
bryozoaires, etc... v
Bien que beaucoup d’algues de cette association soient très fra¬
giles (la plupart des Céramiacées et des Délessériacées), leur petite
taille leur permet de résister sans dommage aux chocs souvent violents
du ressac. Beaucoup d’espèces, bien que généralement très bien fructi¬
fies, ne possèdent, dans cette station, qu’une taille réduite : c est le
cas, en particulier, du Plocamium coccineum et du Sphaerococcus
coronopifolius. Les espèces plus développées, d ailleurs plus rares,
sont coriaces et extrêmement résistantes au déchirement et à 1 arrache¬
ment; tel est, par exemple, le Phyllophora nervosa, qui forme des
touffes denses, généralement couvertes d épiphytes (Mélobésiées en
particulier).
D’autres espèces forment des croûtes lisses et charnues, impos¬
sibles à détacher du substratum (Palmophyllum crassum var. orbi-
culare, Cruoria purpurea). D autres, enfin, sont fortement calcifiées
(Peyssonnelia polymorpha, Lithothammées).
Les facteurs écologiques nécessaires au développement de cette
association sont, d’une part l’éclairement relativement très faible, ce
qui explique que certaines especes de 1 association se retrouvent aussi
en profondeur, et, d’autre part, l’agitation très forte de l’eau, surtout
au pied des falaises verticales, où cette association est bien développée
à l’ombre du trottoir surplombant de Tenarea tortuosa, et où le ressac
est toujours très violent.
224
y. FELDMANN
Si le Gymnogongrus rticaeensis peut être considéré comme une
espèce caractéristique exclusive de cette association (car il ne descend
pas en profondeur et ne se rencontre que près du niveau dans les sta¬
tions battues et très faiblement éclairées), il n’en est pas de même du
Phyllophora nervosa, qui, lui, vit également en profondeur, où il
atteint un développement beaucoup plus grand que dans les stations
situées près du niveau. Il fait, par contre, généralement défaut dans
les stations obscures et calmes, situées près du niveau, ce qui est assez
curieux puisqu’il prospère en profondeur en l’absence de toute agi¬
tation importante de l’eau.
Cette association se rencontre toute l’année, néanmoins elle est
surtout bien développée en hiver, beaucoup de petites Floridées
annuelles disparaissant en été. Les espèces pérennantes elles-mêmes,
comme le Gymnogongrus rticaeensis, présentent leur période de repos
en été et sont alors réduites à leur partie basale ou à leurs stolons
rampants. Néanmoins, le Phyllophora nervosa, qui est une Phanéro-
phycée vivant plusieurs années, reste toujours à peu près semblable à
lui-même, présentant seulement en hiver de nouvelles pousses de teinte
claire, dépourvues des épiphytes (Mélobésiées en particulier), qui
envahissent le reste de sa fronde.
Cette association à Gymnogongrus nicaeensis et Phyllophora
nervosa se retrouve sans doute dans une grande partie de la Méditer¬
ranée. Je l’ai observée tout à fait semblable à ce qu’elle est à Banyuls,
en Algérie, à Cherchell (1931, p. 188). Dans l’Adriatique, l’iden¬
tification de cette association avec celles décrites par LORENZ est
assez difficile à établir.
A Naples, Funk (1927, p. 261) décrit une association à Phyl¬
lophora palmetioides-Valonia utricularis, qui correspond en partie à
l’association à Gymnogongrus nicaeensis-Phyllophora nervosa. Il en
est de même de son association des grottes à Plumaria-Halopteris
(1927, p. 263).
Sur la côte d Azur, OLLIVIER ne cite pas d’association iden¬
tique à l’association à Gymnogongrus nicaeensis et Phyllophora ner¬
vosa. Son association à Cladophora repens-Griffithsia phyllamphora,
qui semble s’en rapprocher par les conditions dans lesquelles elle se
rencontre (surplombs très exposés aux vagues, du niveau à plusieurs
mètres de profondeur), me paraît plutôt devoir être rattachée à l’asso¬
ciation à Peyssonnelia Squamaria.
A Marseille, le Phyllophoretum, étudié par Berner (1931,
p. 33), correspond, me semble-t-il, à mon association à Gymnogon¬
grus nicaeensis-Phyllophora nervosa.
Dans 1 Atlantique nord, cette association paraît faire défaut ;
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
225
on peut toutefois la comparer avec les associations de Floridées cou¬
vrant les parois rocheuses très ombragées et battues découvrant à basse
mer, telle que l’association à Plumaria elegans et Callithamnion tetri-
cum, décrite par MlRANDA (1931, p. 87).
25. — Association à Peysonnelia Squamaria
Cette association, qui n’est pas toujours facile à distinguer de la
précédente, et qui renferme également des espèces de l’association à
Dictyopteris membranacea et Phyllaria reniformis, comprend les
espèces suivantes :
*L))ngb))a sordida, Oscillatoria Corallinae,
Ulva rigida,
*Cladophora proliféra,
— repens,
*Br\)opsis h\)pnoides,
* — monoica,
*Pseudobryopsis m\)ura.
Halopteris scoparia,
— filicina,
Nereia filiformis,
Phyllaria reniformis,
*Scinaia furcellata,
Bonnemaisonia asparagoides,
Gelidium pectinatum,
Pterocladia capillacea,
Rhizophyllis Squamariae,
^Peyssonnelia Squamaria,
— rubra,
Mesophyllum lichenoides,
Corallina mediterranea,
*Grateloupia dichotoma,
* — filicina,
Cryplonemia Lomation,
*Thuretella Schousboei,
Plocamium coccineum.
Derbesia Lamourouxii,
— tenuissima,
Pseudochlorodesmis furcellata,
Udotea petiolata,
*Halimeda tuna,
Codium difforme,
— dichotomum.
Zanardinia protoiÿpus,
Dictyopteris membranacea,
Cystoseira spinosa.
Sphaerococcus coronopifolius,
*G\)mnogongrus Griffithsiae,
— norvegicus,
Gigariina acicularis,
Botryocladia botryoides,
Lomentaria clavellosa,
Sphondÿloihamnion multifidum,
*Griffithsia opuntioides,
*Bornetia secundiflora,
Monospora pedicellata,
Pleonosporium Borreri,
Callithamnion tripinnatum,
Platythamnion crispum,
Wrangelia penicillata.
15
226
]. FELDMANN
Microcladia glandulosa,
Polysiphonia opaca,
Pterosiphonia parasitica,
— pennata,
H eterosiphonia Wurdemanni ,
Halodictyon mirabile,
Fallçenbergia Hillebrandii,
Hypoglossum Woodrvardii,
Acrosorium uncinatum,
Nitophyllum punctatum.
L’association à Peyssonnelia Squamaria se rencontre, comme
celle à Gymnogongrus nicaeensis et Phyllophora nervusa, dans les
stations très ombragées situées près du niveau, soit sous les surplombs,
soit dans les cuvettes des rochers battus, toujours en communication
avec la mer et abritées de la lumière directe par des rochers surplom¬
bants. Alors que l’association précédente est caractéristique des rochers
battus, celle-ci ne se rencontre que dans les stations calmes et où la
roche est le plus souvent couverte de sédiments. Il existe, évidemment,
des stations intermédiaires dont la flore participe à la fois de celle des
deux associations, ce qui en rend la distinction parfois malaisée. Les
conditions écologiques particulières à cette association — faible éclai¬
rement et eaux peu agitées — expliquent qu’un certain nombre
d’espèces soient communes aux associations de profondeur (association
à Cystoseira spinosa et C. opuntioides ) et à l’association à Peysson-
nelia Squamaria. C’est le cas, en particulier, d’une des espèces les
plus fréquentes et les plus caractéristiques de ce groupement : le Peys-
sonnelia Squamaria, qui vit également en profondeur jusqu’à 30 m.
Son mode de fixation, peu résistant à l’arrachement par les vagues,
ne lui permet pas de se développer dans les stations battues. Cette
algue forme souvent, sous les surplombs abrités, des peuplements très
étendus; elle porte souvent deux épiphytes : Nereia filiformis et Rhi-
zophyllis Squamariae, qui ne se rencontrent qu’exceptionnellement sur
d’autres hôtes.
La composition floristique de cette association est très variée, et
le nombre des espèces élevé. Les Floridées n’y sont pas aussi abon¬
dantes proportionnellement que dans l’association précédente. On y
rencontre des Cyanophycées sciaphiles, en particulier Lyngbya sor-
dida, qui, dans cette association, possède une couleur brune et non la
belle teinte rouge carmin qu’elle présente en profondeur. Les Chloro-
phycées sont bien représentées, surtout par des Siphonales. Les Phéo-
phycées comprennent plusieurs espèces, surtout abondantes en pro¬
fondeur ( Zanardinia prototypus, Cystoseira spinosa), qui peuvent
cependant remonter près du niveau, dans les stations calmes et faible¬
ment éclairées.
Toujours immergée, soit dans la mer libre, soit dans les cuvettes
plus ou moins en relation avec la mer, les limites inférieures de cette
association sont assez difficiles à préciser; il est probable que cette
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
227
association passe insensiblement aux associations de profondeur, et en
particulier à l’association à Cystoseira spinosa et Cystoseira opun-
iioides, qui se développe à partir de 10 à 15 mètres.
L’aspect de cette association est assez différent de celui de la
précédente : les algues de grande taille sont plus nombreuses. En
hiver, les Rhodophycées dominent; c’est l’époque de fructification
et de végétation des Peyssonnelia, ainsi que de nombreuses autres
petites Floridées épiphytes. Tandis que d’autres espèces font défaut
à cette saison : Eclipsiophycées à prothalles comme le Nereia fih-
formis, ou Hémicryptophycées à rhizome comme YUdotea petiolata.
Comme dans le cas de la plupart des associations des étages
littoral et infralittoral supérieur, la flore est donc beaucoup plus riche
en hiver qu’en été, c’est ce que montrent les deux relevés suivants de
la flore des parties ombragées d’une même cuvette, située au cap du
Troc, dans une fente obscure, abritée de l’éclairement direct par un
rocher surplombant.
Relevé I (19 janvier 1932)
Cladophora proliféra,
Halimeda Tuna,
Codium difforme,
— dichotomum.
Dictyopteris membranacea,
Pterocladia capillacea,
Peyssonnelia Squamaria,
Cruoriopsis Rosenvingii,
Mesophyllum lichenoides,
Corallina mediterranea,
Plocamium coccineum,
Sphaerococcus coronopifolius,
Phyllophora nervosa,
Gymnogongrus nicaeensis,
Callithamnion tripinnatum,
Platyihamnion crispum,
Laurencia pinnatifida,
Rytiphlaea tinctoria,
Hypoglossum Woodrvardi,
Hypoglossum Woodrvardi,
Acrosorium uncinatum.
Relevé II (30 août 1932)
Pseudobryopsis myura,
Derbesia Lamourouxii,
Udotea petiolata,
Halimeda Tuna,
Codium difforme,
— dichotomum.
Dictyopteris membranacea,
Pterocladia capillacea,
Peyssonnelia Squamaria,
Mesophyllum lichenoides,
Corallina mediterranea,
Sphaerococcus coronopifolius,
Phyllophora nervosa.
228
/. FELDMANN
Il faut remarquer toutefois que, dans cette cuvette, comme c’est
souvent le cas dans ce type de station, la florule n’est pas homogène
et comprend un certain nombre d’espèces étrangères à l’association.
L’ensemble est intermédiaire entre l’association à Peyssonnelia Squa-
maria et celle à Gymnogongrus nicaeensis et Phyllophora nervosa.
Je crois néanmoins utile de donner ces deux relevés, comme
exemple de la végétation d’un point déterminé à deux époques très
différentes de l’année, car je ne possède pas d’autres relevés de flore de
surplombs toujours immergés faits exactement au même point à deux
saisons opposées de l’année.
Ainsi que je l’ai indiqué plus haut, l’association à Cladophora
repens-Griffithsia phyllamphora, signalée par OLLIVIER (1929, p.
86) sur la côte d’Azur, semble correspondre en partie à l’association
à Peyssonnelia Squamaria. Il faut vraisemblablement lui rapporter
aussi l’association à Halimeda tuna-Codium tomentosum décrite par
Funk (1927, p. 262), à Naples.
26. — Association à Ulva lactuca
Dans les stations peu profondes, fortement éclairées et où l’eau
est polluée par des apports de matières organiques, comme par
exemple dans le port de Port-Vendres et dans la baie de Banyuls,
près du cap Doune, la flore est constituée surtout d’Ulvacées, qui
dominent nettement. On y rencontre surtout Ulva lactuca, de très
grande taille, avec ses formes myriotrema et lacinulata, ainsi que les
Enteromorpha Linza et compressa.
Au printemps, le Scytosiphon Lomentaria est également abon¬
dant. Dans certaines stations, on peut rencontrer également le Cysto-
seira barbota, ainsi que diverses espèces appartenant à l’association à
Padina Pavonia et Cladostephus verticillatus, susceptibles de vivre en
eau polluée.
Comme on le voit, cette association est assez mal caractérisée flo-
ristiquement. Elle est constituée par les espèces eurythermes suscep¬
tibles de supporter un éclairement intense et une eau riche en matières
organiques.
Les Ulves, elles-mêmes, caractéristiques mais non pas exclusives
de ce groupement, se rencontrent dans presque toutes les associations
de 1 étage infralittoral supérieur, où la lumière est assez intense et l’agi¬
tation de l’eau faible.
L’aspect de l’association varie peu au cours de l’année, les Ulves
étant toujours présentes; néanmoins, celles-ci montrent un minimum
d abondance très net à la fin de l’automne et au début de l’hiver.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
229
On sait que le développement des Ulves est particulièrement fa¬
vorisé par la présence de matières organiques azotées dans l’eau de
mer. CoTTON (1911), ainsi que LETTS et RICHARDS (1911), en
particulier, ont signalé le développement exubérant de ces algues dans
les stations où l’eau de mer est mêlée d’eau d égout. Expérimentale¬
ment, Foster (1914) a d’ailleurs montré que la croissance des Ulves
est plus rapide dans les eaux dont la teneur en azote (ammoniacal, ni¬
trique et urée) est supérieure à la normale.
Cette association à Ulva lactuca peut donc être considérée comme
constituant une véritable association « rudérale », favorisée par 1 abon¬
dance des matières organiques.
27. _ Association à Petalonia Fascia
Cette association est également caractéristique des eaux polluées
de l’étage infralittoral supérieur, mais elle se rencontre dans des sta¬
tions moins éclairées et où l’eau est plus agitée que celle où s’observe
l’association à Ulva lactuca.
Je l’ai observée, en particulier, dans le port de Collioure, et surtout
à l’extrémité de l’égout du Sanatorium de Banyuls. Dans cette loca¬
lité, la végétation, en février 1932, était constituée par les espèces
suivantes :
Ulva lactuca ,
Ectocarpus fasciculatus,
*Petalonia Fascia ,
Colpomenia sinuosa,
Porphvra leucosticia,
*Er\)throtrichia ciliaris,
Gelidium crinale,
*Corallina officinalis ,
ainsi que par de nombreuses Diatomées épiphytes.
Les Moules ( M\)tilus gallo-provincialis) , également favorisées par
l’abondance des matières organiques, sont bien développées dans cette
localité.
Comme on le voit, la flore de cette localité est assez banale.
Les deux seules espèces caractéristiques sont Petalonia Fascia et Co¬
rallina officinalis , qui, dans la Méditerranée, semble remplacer le Co¬
rallina mediterranea dans les stations où l’eau est polluée.
| Enteromorpha Linza.
Scytosiphon Lomeniaria,
Cystoseira mediterranea.
Laurencia obtusa,
— pinnatifida,
Ceramium circinatum.
230
J. FELDMANN
\_ï Erpthrotrichia ciliaris, abondant sur le Corallina officinalis, est
également, à Banyuls, caractéristique de cette association. Je ne sais
s’il en est de même ailleurs. L’association à Petalonia Fascia est sur¬
tout bien développée en hiver, le Petalonia Fascia étant une Eclipsio-
phycée dont le stade délophycé est hivernal (décembre à mai).
D. — Etage infralittoral inférieur
L’étage infralittoral inférieur, à l’opposé des étages littoral et
infralittoral supérieur, est caractérisé par l’homogénéité des conditions
physiques : lumière, température, composition physico-chimique et agi¬
tation de l’eau, exposées à des variations beaucoup moins grandes selon
les stations que dans les étages supérieurs.
Aussi la flore de l’étage infralittoral inférieur est-elle très homo¬
gène, et il n’est pas possible d’y distinguer de nombreuses associations.
Il n’en existe que deux : l’une caractéristique des fonds de roche vive
(association à Cystoseira spinosa et C. opuntioides) , l’autre localisée
sur le pourtour des fonds rocheux, à une profondeur généralement plus
grande et constituant les « fonds coralligènes » de Pruvot (asso¬
ciation à Pseudolithophyllum expansum et Lithophyllum (?) Hauc-
k'ii ).
28 — Association à Cystoseira spinosa et Cystoseira opuntioides
Cette association, très riche en espèces, se rencontre sur les fonds
de roche vive à partir d’une dizaine de mètres de profondeur, jusqu’à
35 mètres environ. C’est-à-dire partout où les fonds sont rocheux, en
particulier, à l’extrémité des caps (caps Béar, Oullestreil, l’Abeille,
Peyrefite, Cerbère, etc.).
Les relevés suivants (Tableau IX) donnent la composition flo¬
ristique de cette association à diverses époques de l’année. Ces relevés
ont été établis par l’examen minutieux du produit de dragages exécu¬
tés en des points déterminés. En général, chaque relevé correspond au
produit de plusieurs coups de drague (trois ou quatre en général) exé¬
cutés sensiblement au même point et le même jour.
Les localités correspondant à ces relevés sont les suivantes :
I. Cap du Troc, par 12-15 mètres de profondeur, 20 janv. 1932.
II. Entre le cap Oullestreil et le cap Castell, par 20 à 25 mètres,
16 janvier 1932.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
231
III. Cap l’Abeille, entre le cap l’Abeille et le cap du Troc (devant
le Rech de Milan), par 20 mètres, 28 janvier 1932.
IV. Extrémité du cap Oullestreil, par 10-12 mètres, 30 janv. 1932.
V. Cap Béar, entre 15 et 25 mètres, 4 avril 1932.
VI. Cap Béar, par 20-25 mètres, 22 juin 1932.
VII. Cap Béar, par 25-28 mètres, I" septembre 1931.
VIII. Cap Cerbère, par 30-35 mètres, 21 septembre 1931.
IX. Cap Peyrefite, par 30-35 mètres, 21 septembre 1932.
X. Cap Béar, vers Paulilles, par 25-26 mètres, 26 novembre 1932.
XI. Cap Béar, par 30 mètres, 5 décembre 1932.
232
J. FELDMANN
TABLEAU IX
Association à Cÿstoseira spinosa et Cysloseira opuntioides
HIVER
1
ÉTÉ
1
I
II
II
l lV
V VI
VI
VII
IX
X
XI
Aphanocapsa Raspaigellae .
— Feldmanni .
— litoralis (?) .
Microcoleus Wuilneri .
-f
+
+
+
+
+
+ 4-
+ 4-
4-4-
4-
4-
+
4-
4-
4-
+
4-
— V ouJ(i .
T -
4-
Lÿngbÿa Agardhii .
— gracilis .
— sordida f. maxima .
Brachytrichia Balani f. purpurea. . . .
+
f
4-
4-
+
+
f 4-
+
4-
4-
4-
4-
4-
Endoderma majus .
Ulvella Selchellii ..
4-
Valonia macrophÿsa ..
+
+
+ "
1- 4-
~r
4-
+
4-
Cladophora pellucida .
+
i
4-
+
1-4-
4-
+
1-4-
-4-
4-
4-4- 4-4-
Halicystis parvula .
+ + +
+
4-
4-
4-
+
4-
4-
Pseudochlorodesmis furcellala . .
Udotea peiiolala .
+
+ +
J _L
4-
4-
4-
4-
4-
4-
+
4-
+
Halimeda Tuna f. plafydisca ....
Codium difforme .
+ + H
4-4-4-
Codium Bursa .
+
4-
4-
— dichotomum .
Eclocarpus confervoides . .
4-
Slreblonemopsis irritons . . .
4
Elachista intermedia ....
4-4-4-
4-4-
4-
Leathesia mucosa ....
Halopteris filicina .
Cladostephus verlicillatus . .
Arthrocladia villosa ....
+■
-f
+
+ 4
-1-
4-
-f
4-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
233
Zanardinia prototypus
Cutleria monoica
Aglaozonia chilosa
Taonia atomaria
Dictyopteris membranacea
Dictyota dichotoma
— linearis
Sargassum salicifolium f. diversifolia.
— Hornschuchii .
Cystoseira spinosa
— opuntioides
Rhodochorton HaücJiii .
— velutinum
Scinaia complanala
Bonnemaisonia asparagoides
— clavata
Asparagopsis armata
Gelidium pectinatum
Dudresnaya veriicillata
Acrosymphyton purpuriferum
Rhizophyllis Squamariae.
— Codii
Peyssonnelia Squamaria.
— rubra .
— alropurpurea
— Harveyana
— polymorpha
Ethelia Van-Bosseae
Mesophyllum lichenoides
Pseudolithophyllum expansum
Melobesia farinosa
Amphiroa cryptarthrodia
— Beauvoisii
Corallina mediterranea
Jania rubens
— longifurca
234
/. FELDMANN
Jania corniculata .
Halymenia dicholoma .
— Floresia .
— ulvoidea .
— Rodrigueziana .
Cryptonemia Lomation .
— tunaeformis .
Acrodiscus Vidovichii .
Callymenia tenuifolia .
— Requienii .
Calosiphonia vermicularis .
Plocamium coccineum .
Sphaerococcus coronopifolius .
Neurocaulon grandifolium .
Rhodophyllis bifida .
— appendiculata .
Phyllophora nervosa .
— Heredia .
Fauchea repens .
Cloiocladia furcata .
Chrpsymenia ventricosa .
Botryocladia botryoides .
— Chiajeana .
— Boergesenii .
Rhodymertia Ardissonei .
Lomentaria linearis .
Champia parvula .
Lejolisia mediterranea .
Ptilothamnion micropterum .
Spermoihamnion flabellatum .
Monospora pedicellala .
Pleonosporium Borreri .
Callithamnion tripinnatum .
— byssoides .
Seirospora sphaerospora .
Aniiihammon plumula .
— cruciaium var. radicans.
HIVER
I
ÉTÉ
I
I
II
III
IV
S; -
V VI
VI
VII
IX
X
XI
+
4
+
f
4-
4
4
4
4
4
+
+
+
f 4
4-
+
4-
4-
4
4
4
+
+
44
4
44-
4
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+ -
(-4
-4
4
4-
4
4
+
+
+
+
4-
4-
4-
+
+
+
4
-
4
4
+
4-
4-
+
+
+ 4
-4-
4
4
4
4
4-
4
4
4
-4
4
4
-4
4-
4
4
+
+
+
-f
+
4-
4
4
4
4
+
"h
+
+
+
-f
+
-f
4-
4
+
4
4-
4
4
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
Platylhamnion crispum .
Hymenoclonium serpens . . . .
Crouania attenuata .
— bispora .
— procera .
Wrangelia penicillata .
Ceramothamnion adriaticum .
Ceramium Bertholdi .
— transversale .
— lenuissimum .
Microcladia glandulosa . . . .
Laurencia paniculata .
— obtusa .
— pinnalifida .
Rodriguezella Strafforellii .
J anczetvsl(ia verrucaeformis
Chondria tenuissima .
Polysiphonia pulvinata ....
— elongata .
— subulifera ....
Herposiphonia secundo ....
Halopitys incurvus .
Rytiphlaea tinctoria .
Vidalia volubilis .
Dasyopsis plana .
— spinella .
Dasya ocellata .
Fallfenbergia Hillebrandii .
Hypoglossum IVoodrvardii .
Apoglossum ruscifolium . . .
Erythroglossum Sandrianum
Nilophÿllum punclatum . . .
Acrosorium uncinatum . . . .
— venulosum . . . .
I II III IV V
+
+
+ +
VI VII VIII IX X XI
+
+
+
+
■ +
- +
+ -
++++++
+
+
+
+
+
+
+
+
+ •
- +
+
+
+
+
+
+
1 +
+ +
+
+
+
+
+
236
]. FELDMANN
Aux espèces énumérées dans ces onze relevés, il y a lieu d’ajouter
les espèces suivantes, également caractéristiques de l’association, mais
qui ne figurent pas dans ces relevés :
*Phormidium Feldmanni,
*Didymosporangium repens,
Lithoderma adriaticum (?),
*Myriactula stellulata,
*Corynophlaea Hamelii,
*Sphacelaria Plumula,
Comme on le voit, cette association comprend plus de 150 es¬
pèces, parmi lesquelles beaucoup sont caractéristiques, ou tout au
moins, spéciales aux stations de profondeur.
Ainsi que je l’ai indiqué plus haut, cette association est caracté¬
ristique des fonds rocheux, sur lesquels les Cystoseira pérennants
peuvent s’implanter solidement. Ce sont eux qui dominent et qui doi¬
vent vraisemblablement former, sur ces fonds, des prairies continues
d’aspect homogène. Des deux Cystoseira, le C. spinosa est de beau¬
coup le plus abondant ; il est toutefois moins caractéristique de l’asso¬
ciation que le Cystoseira opuntioides, beaucoup plus rare, mais toujours
localisé en profondeur, alors que le C. spinosa peut, dans les stations
calmes et ombragées, remonter à quelques décimètres seulement au-
dessous du niveau. Avec les Cystoseira, ce sont les Lithothamniées
qui dominent, la plupart des autres algues étant, en général, de petite
taille et épiphytes.
Certains de ces épiphytes sont spéciaux à certaines espèces et ne
se retrouvent généralement pas sur d’autres hôtes. C’est ainsi que le
Didymosporangium repens ne se trouve que sur YAntithamnion cru-
ciatum; le Blastophysa rhizopus et l’ Endoderma majus , généralement
associés, sont localisés sur les Floridées gélatineuses ( Crouania procera,
Dudresnaya verticillata , Acrosymphyton purpuriferum) . C’est sur les
Cystoseira spinosa et opuntioides que se rencontrent presque exclusi¬
vement le Sphacelaria plumula et YElachista intermedia. De même le
Sphaerococcus coronopifolius est l’hôte exclusif, en hiver, du Rhodo-
chorton velutinum et du Ptilothamnion micropterum. Sur le Pseudo-
lithophyllum expansum, se rencontrent YHalicystis parvula ainsi que
des Phéophycées en boules gélatineuses ( Leathesia mucosa et Coryno-
phlaea Hameliï) . Le Lejolisia mediterranea croît en hiver, de préfé¬
rence sur les hydraires, et les Aphanocapsa Raspaigellae et Feld¬
manni se rencontrent exclusivement dans les tissus de diverses éponges
(Hircina variabilis et Petrosia ficiformis en particulier).
*Halymenia latifolia,
*Gracilaria corallicola,
*Neurocaulon reniforme ,
*Dohrniella neapolitana,
Antithamnion tenuissimum,
*Rodriguezella Pelagosae,
*Polysiphonia dichotoma,
*Dasyopsis cervicornis,
*Erythroglossum balearicum.
237
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
Enfin, les Codium difforme et Bursa hébergent, entre leurs utri-
cules, un certain nombre de Cyanophycées particulières à cette station
et colorées en rouge par la phycoérythrine ( Microcoleus Codii , Wuit-
neri, Voufçi, Hydrocoleum coccineum, Phormidium Feldmanni, Bra-
chytrichia Balani f. purpurea ), tandis que les minces disques festonnés
de couleur pourpre du Phizophyllis Codii se moulent etroitement sur
la surface externe des utricules du Codium Bursa.
L’aspect de la végétation, à en juger par le produit des dragages,
est assez différent selon les saisons. En hiver, les Cystoseira sont ré¬
duits à leur tige principale trunciforme, couverte de tophules ayant
perdu leurs rameaux à la base et de tophules vierges au sommet. A
l’exception de quelques espèces à frondes entièrement pérennantes
(Phanérophycées), la plupart des algues vivaces sont réduites, à cette
époque, à leurs rhizomes ou à la base pérennante de leurs rameaux
principaux. Seules quelques petites Floridées annuelles ne se déve¬
loppent qu’en hiver. En effet, contrairement à ce qui se passe dans
les étages littoral et infralittoral supérieur, c’est en été que les algues
de profondeur sont bien développées. A cette époque, les Cystoseira
sont puissamment développés et couverts d épiphytes nombreux. La
plupart des belles Floridées caractéristiques de l’association ne se
rencontrent que pendant les mois d’été. C’est également à cette saison
que la plupart des espèces sont pourvues d’organes reproducteurs.
Il est assez difficile d’établir une concordance exacte entre l’as¬
sociation à Cystoseira spinosa et Cystoseira opuniioides de la côte
des Albères, et les nombreuses associations de profondeur décrites par
LORENZ dans le golfe de Quarnero. Néanmoins, cette association
semble correspondre, au moins en partie, avec le Declivial-Cystosi-
retum (Lorenz, 1863, p. 236) et le Cystosiretum der Tiefe ( ibid .,
p. 247) de cet auteur.
Dans le golfe de Naples, on peut rapporter à cette association
l’association à Cystoseira Montagnei (1) décrite par Funk (1927,
p. 268).
L’association à Lithothamnion fruticulosum f. clavulata et à
Cystoseira spinosa , décrite par Ollivier, (1929, p. 87) sur la côte
d’Azur, rappelle bien par sa composition l’association à Cystoseira
spinosa et Cystoseira opuniioides des environs de Banyuls. Elle cor¬
respond, en fait, aux deux associations de profondeur : association à
(1) Le Cystoseira Montagnei, cité par Funk, n’est pas le vrai C. Montagnei (J. Ag.
pro parte ) Mont., espèce spéciale aux côtes d'Algérie. 11 s’agit de la plante désignée sous ce
nom par Valiante (1883), qui n’est, en réalité, que la forme de profondeur du Cystoseira
spinosa Sauv.
238
J. FELDMANN
C. spinosa et opuntioides et association à Pseudolithophyllum expan¬
sum et Lithophyllum (?) Haucfyii, qu’OLLIVIER ne distinguait pas.
Je manque de renseignements précis sur l’existence de cette asso¬
ciation sur les côtes nord-africaines de la Méditerranée, où elle doit
vraisemblablement se retrouver.
Cette association est spéciale à la Méditerranée, elle manque
dans les régions voisines de l’Atlantique, dont la flore profonde est
d’ailleurs fort mal connue.
29. — Association à Pseudolithophyllum expansum
et Lithophyllum Hauckii
Cette association est floristiquement très voisine de la précédente,
dont elle ne diffère que par le degré d’abondance des espèces carac¬
téristiques. Alors que l’association à Cystoseira spinosa et Cystoseira
opuntioides se développe sur les fonds de roche vive, où les Cystoseira
trouvent un substratum résistant leur permettant une fixation solide,
l’association à Pseudolithophyllum expansum et Lithophyllum (?)
Hauckii se rencontre sur le pourtour des fonds rocheux, en constituant
ce que PRUVOT a appelé les « fonds coralligènes ».
Les Cystoseira, qui dominaient dans la précédente association,
sont absents ou tout à fait exceptionnels dans celle-ci. La masse la
plus importante de la végétation est constituée par des blocs, souvent
très volumineux, d’algues calcaires : Pseudolithophyllum expansum,
Lithophyllum (?) Hauckii, Mesophyllum lichenoides, Peyssonnelia
polymorpha, sur lesquelles se développent des algues (surtout des
Floridées) de taille généralement assez petite. Ces blocs d’algues
calcaires constituent le fond de la mer, associés à des productions
calcaires d’origine animale (tubes d’annélides, squelettes de bryozoaires
et de coralliaires) d’ailleurs beaucoup moins abondantes que les algues
calcaires.
Ainsi que je l’ai déjà signalé plus haut, ces blocs de Lithotham-
niées sont détruits, d’une manière relativement rapide, par des éponges
perforantes ( Cliona viridis) , ainsi que par divers mollusques et vers
lithophages, qui y creusent leurs galeries. Il s’établit sans doute un
équilibre entre la croissance des algues calcaires et l’activité destruc¬
tive des animaux, qui doit maintenir à une épaisseur à peu près cons¬
tante la croûte calcifiée qui recouvre le fond.
Les espèces les plus caractéristiques de cette association sont les
suivantes :
*Palmophyllum crassum var. I *Valoma macrophysa,
typicum, | Cladophora pellucida.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
239
Halicÿstis parvula, *Pseudochlorodesmis furcellata,
Halimeda tuna var. platydisca, Codium Bursa.
Udotea petiolata,
*Zanardinia prototypus.
Gelidium pectinatum,
P ex>ssonnelia rubra,
Peyssonnelia polymorpha,
*Ethelia van-Bosseae ,
*Pseudolithophyllum expansum,
Mesophÿllum lichenoides ,
*Lithoph])llum (?) Hauckii,
Halymenia dichotoma,
Acrodiscus Vidovichii,
*Cî))plonemia tunaeformis ,
*Gracilaria corallicola.
*Rhodymenia Ardissonei ,
*Gloiocladia furcata,
*Lomenlaria linearis,
*Botr\)ocladia Boergesenii,
^Chrysymenia ventricosa ,
*Rodriguezella Straflorellii,
*Polx)siphonia elongala,
*Das\)opsis plana ,
*Erythroglossum Sandrianum ,
Etc...
Comme on le voit, cette association ressemble beaucoup, par sa
composition floristique, à la précédente, parmi les espèces communes
aux deux associations, mais qui sont surtout bien développées et abon¬
dantes dans celle-ci, il y a lieu de citer en particulier le Zanardinia
prototypus.
Cette association est surtout bien caractérisée à une profondeur
généralement un peu plus grande que l’association prézcdente, à partir
de 20 à 25 mètres jusqu’à la limite de la végétation marquée par
l’apparition de la vase, c’est-à-dire aux environs de 40 mètres.
Le nombre des espèces représentées diminue d ailleurs rapide¬
ment au fur et à mesure que l’on s’enfonce plus profondément.
Voici, à titre d’exemple, les relevés des deux dragages les plus
profonds qui m’aient rapporté des algues. Il s’agit de fonds coral-
ligènes peu étendus, situés sur rocher au milieu de fonds meubles;
bien que connus des pêcheurs, ils ne figurent pas sur les cartes du
service hydrographique de la marine, leur profondeur, qui m’a été
indiquée par les marins du Laboratoire Arago, est approximative :
I. — Rocher Coureilla, au large du cap l’Abeille, 24 brasses
de profondeur (40m. env.), 27 juin 1932.
Cladophora pellucidà.
Zanardinia prototypus,
Dictÿopleris membranacea.
Peysonnelia rubra,
Mesophÿllum lichenoides.
Botryocladia Boergesenii.
Rodriguezella Strafforellii,
Laurencia obtusa ,
Erythroglossum Sandrianum.
240
J. FELDMANN
II. — La Lioze du large, devant le cap Rédéris, 28 brasses de
profondeur (50 m. env.), 27 juin 1932.
Halimeda tima var. platydisca,
Pseudochlorodesmis furcellata,
Taonia atomaria (1),
Peyssonnelia polymorpha,
Peyssonnelia rubra.
Pseudolithophyllum expansum ,
*Botryocladia Boergesenii,
Laurencia obtusa,
Laurencia pinnatifida.
L’association à Pseudolithophyllum expansum et Lithophyl-
lum (?) Haucfçii présente à peu près le même aspect aux diverses sai¬
sons de l’année, les Lithothamniées qui constituent la masse la plus
importante de la végétation de ces fonds coralligènes étant des espèces
pérennantes (Chaméphycées) dont l’aspect varie peu au cours de
l’année. Comme dans l’association précédente, c’est également en été
que les petites Flondées épiphytes sur les Lithothamniées sont le
mieux développées.
Dans l’Adriatique, LORENZ (1863, pp. 245-246) a décrit, sous
le nom de « Faciès à Peyssonnelia orbicularis cum Lilhothamniis »,
une association de profondeur qui paraît correspondre, au moins en
partie, à l’association étudiée ici.
On peut également rapporter à cette association les associations
à Lithophyllum expansum et à Lithothamnion Philippii, décrites par
Funk (1927, p. 273) dans le golfe de Naples.
Ainsi que je l’ai déjà indiqué, l’association à Lithothamnion
fruticulosum f. clavulata-Cystoseira spinosa, décrite par OLLIVIER
(1929, p. 87) sur la côte d’Azur, correspond aux deux associations
de profondeur que je distingue ici (ass. à Cysioseira spinosa et C. opun-
tioides et ass. à Pseudolithophyllum expansum et Lithophyllum-
Hauclçii), dont la composition floristique est très semblable et qui se
distinguent surtout par leur physionomie différente.
Un fait intéressant à signaler, et d’ailleurs difficilement explicable,
est l’absence, sur la côte des Albères, des Lithothamniées à fronde
rameuse ( Lithothamnium fruticulosum Fosl. et Lithophyllum Racemus
Fosl.) ; si fréquentes en profondeur dans d’autres régions de la Médi¬
terranée et, en particulier, à Marseille (M n,e P. Lemoine).
30. — Association à Arthrocladia villosa
et Sporochnus peduncalatus
Sur les fonds de graviers, de petits cailloux et de coquilles bri¬
sées, on rencontre, entre 25 et 40 mètres de profondeur, une asso-
e^.0 U /à ) f,lt x “pt!Zn" à '* ■*“ T °°™
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
241
dation de Phéophycées annuelles
nant les espèces suivantes :
*Spermatochnus paradoxus,
Siilophora rhizodes,
^Stictxiosiphon adriaticus,
auxquelles s’ajoutent quelques Fie
tation estivale :
, à développement estival, compre-
* Arthrocladia villosa,
^Sporochnus pedunculatus,
*Carpomilra costata,
dées également à période de végé-
*Brongniartella byssoides, | P olysiphonia subulifera.
De toutes ces espèces, le Sporochnus pedunculatus et 1 Arthro-
cladia villosa sont les plus constants et les plus caractéristiques.
Cette association est sans doute assez répandue dans la Médi¬
terranée, néanmoins, elle n’est pas mentionnée par FuNK dans le
golfe de Naples. Sur la cote d’Azur, Ollivier (1929, p. 87) signale
une association à Arthrocladia-Sporochnus, Brongniartella-Polysi-
phonia flexella dont il dit ceci : « En été, à 10-20 mètres de pro¬
fondeur, dans le remous des courants de l’extrémité du cap Ferrât,
croissent en abondance Arthrocladia villosa, Sporochnus pedun¬
culatus, Brongniarteïla byssoides et P olysiphonia flexella; ces quatre
algues sont rares ou totalement absentes ailleurs. Le faubert, qui
remonte très propre, les arrache le plus souvent de leur support sans
détacher de fragment de celui-ci. J en conclus qu il s agit d une roche
compacte, assez pauvre en Lithothamniées, ou bien que celles-ci sont
encroûtantes et solidement fixées.
Si cette interprétation d’OLLIVIER est exacte en ce qui concerne
la nature du fond, il faut reconnaître qu’un tel substratum est excep¬
tionnel pour cette association très caractéristique des fonds graveleux.
En Algérie, dans la baie de Castiglione, par 20-30 mètres de
fond, sur des fonds de graviers, de coquilles brisées et de petits^ cail¬
loux, dénommés localement « gravelle », on rencontre, d après les
dragages effectués par MM. SEURAT et DlEUZEIDE, qui ont bien
voulu me communiquer leurs récoltes, une flore estivale appartenant
à cette association et qui comprend en particulier :
Spermatochnus paradoxus,
Arthrocladia villosa,
Sporochnus Caertnera,
Carpomitra costata,
Polÿsiphonia subulifera,
Halymenia latifolia.
L’association à Sporochnus pedunculatus et Arthrocladia villosa
se rencontre, représentée au moins par ces deux espèces, qui sont les
plus constantes et les plus caractéristiques, dans l’Atlantique nord,
sur les côtes de France et d’Angleterre. Il est très fréquent, en Bre-
242
y. FELDMANN
tagne, de recueillir, soit au dragage, soit en épave, le Sporochnus
pedunculatus et YArthrocladia villosa fixés ensemble sur le même
petit caillou.
L’« association » de ces deux algues avait déjà frappé les anciens
algologues. Dès 1811, D. Turner (Fuci, III, p. 126) écrivait à ce
propos : « It is far from uncommon- to find F. pedunculatus and
Conferva villosa growing from the same base; it very seldom indeed
happens that one of them is thrown upon the beach at Yarmouth
without the other. » Quelques années après, GREVILLE (1830, p. 43),
en rappelant l’observation de Turner, ajoute : « It does the same
in the Firth of Forth on the coast of which Mr. Hassel was so for-
tunate as to find them at the same time and place. »
De même Chauvin (1842, p. 67) fait, à propos de VArthro-
cladia villosa, qu’il avait observée sur les côtes du Calvados, la
remarque suivante : « Un fait à consigner ici, c'est que cette hydro-
phyte se trouve presque constamment mêlée avec le Sporochnus
pedunculatus; je n'ai jamais rencontré ces deux algues séparément. »
II. — Faciès meuble
Si la côte des Albères est très favorable à l’étude du faciès
rocheux, il n’en est pas de même pour le faciès meuble, beaucoup
moins bien représenté dans cette région, surtout dans l’étage littoral,
où les quelques stations appartenant à ce faciès sont trop peu étendues
pour présenter une végétation bien caractéristique où il soit possible
de distinguer des associations n ayant pas seulement un caractère
local. Aussi me suis-je abstenu de décrire ici les associations du faciès
meuble de l'étage littoral. Celles-ci seront étudiées ultérieurement,
dans d autres régions de la Méditerranée où le faciès meuble est
mieux représenté.
A. — Etage supralittoral
Dans la région de Banyuls, le faciès meuble de l’étage supra¬
littoral, représenté par les plages de sable situées au fond des anses
calmes, est, comme c’est le cas général, dépourvu de végétation. La
végétation phanérogamique halophile, existant dans la partie la plus
elevee de la plage, n’appartient pas à l’étage supralittoral, mais à
etage adlittoral, qui sort du cadre de cette étude.
B. — Etage littoral
Dans certaines régions de la Méditerranée, où les fonds meubles
(sables et vases) émergeant à marée basse sont largement représentés.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
243
ceux-ci peuvent être recouverts d'une végétation plus ou moins abon¬
dante où dominent les Cyanophycées. C'est ce qui s observe en par¬
ticulier en Tunisie, sur les côtes de la petite Syrte (golfe de Cabes),
où les fonds de vase et de sables vaseux, découvrant pendant les basses
mers, sont recouverts d’un feutrage dense et continu de Cyanophycées,
où dominent : Microcoleu s chtonoplastes Thur. et Lpngbya aestuaru.
Cette association (association à Microcoleus chtonoplastes et Lyngbya
aesluarii), que nous avons observée en Tunisie, ou M ' CaUTHIER-
LiÈVRE l'avait déjà signalée (1924) et qui se retrouve egalement a la
Guadeloupe (FELDMANN et LaMI, 1936), n est pas representee sur
la côte des Albères. On peut néanmoins y rattacher un groupement
de Cyanophycées, qui s’observe, en été, à Banyuls, sur les rochers
émergents, couverts d’une couche de vase et ou se rencontrent les
espèces suivantes
Hydrocoleum lyngbyaceum,
Phormidium fragile,
Spirulina subtilissima.
Oscillaioria margaritifera,
Oscillatoria nigroviridis.
Dans certains cas, le Chaetomorpha aerea, surtout fiéquent dans
les fonds rocheux, peut se développer au niveau de 1 eau ou dans les
cuvettes, sur fond de sable ou de petits graviers.
Il en est de même du Gelidium crinale, que j’ai observé à
Antibes (Alpes-Maritimes) en octobre 1925, formant une ceinture
très nette au niveau de l’eau dans des stations calmes, sur fond de
sable pur qu’il agglomérait entre ses filaments à la manière du Rho-
dochorton floridulum (Dillw.) Nâg. Je ne 1 ai pas rencontré dans
ces conditions dans la région de Banyuls.
C. — Etage infralittoral
Dans l’étage infralittoral, les fonds meubles présentent, dans la
région de Banyuls, une végétation caractéristique constituée par des
Monocotylédones marines, dont les rhizomes s enfoncent dans le
substratum, sable ou vase.
On peut, selon la nature de ce substratum, distinguer deux asso¬
ciations caractérisées : la première par le Cymodocea nodosa, et la
seconde par le Posidonia oceartica. Cette dernière association se ren¬
contre à la fois dans l’étage infralittoral supérieur et dans l’étage
infralittoral inférieur.
31. — Association à Cymodocea nodosa
Cette association est caractérisée par les trois monocotylédones
suivantes :
244
]. FELDMANN
Cymodocea nodosa (Ucria) Aschers.,
Zostera marina L.,
Zostera nana Roth,
qui se rencontrent soit ensemble, soit sous forme de peuplements isolés.
Cette association est caractéristique des fonds de sable vaseux ou de
vase, dans les stations calmes, depuis une dizaine de centimètres de
profondeur jusqu’à quelques mètres au plus.
Le Zostera nana, la plus rare des trois espèces, est localisé sur
les fonds les plus fortement vaseux, à peu de profondeur.
Le Cymodocea nodosa fleurit, à Banyuls, en mai-juin. J ai
observé les fleurs du Zostera marina le 14 avril 1932, dans le vivier
du Laboratoire. La floraison du Zostera nana est sans doute plus
rare, je ne l’ai pas observée.
En ce qui concerne le Zostera marina, on sait, grâce aux
recherches de SETCHELL, que la température de l’eau de la mer joue
dans la date de sa floraison; celle-ci se produit en avril ou mai en
Méditerranée, et seulement en juillet et août dans les régions plus
septentrionales. D’après SETCHELL (1929), l’intervalle de tempé¬
rature dans lequel peut se développer le Zostera marina est compris
entre 10° C. et 20° C. L’intervalle entre 10° C. et 13° C. correspond
au développement végétatif de la plante, la floraison n’ayant lieu que
lorsque la température de 15° C. est atteinte. Au-dessus de 20° C.,
la température redevient défavorable et les rameaux dressés florifères
disparaissent.
Ces faits correspondent bien, dans leurs grandes lignes, à ce que
j’ai observé à Banyuls. Je n’ai malheureusement pas noté la tempé¬
rature de l’eau au point où j’ai observé les Zostères en fleurs. Pour le
mois d’avril, la moyenne de la température de l’eau de mer, à Banyuls,
serait, d’après SAUVAGEAU, de 14°, c’est-à-dire un peu inférieure à
celle indiquée par SETCHELL, mais le Zostera marina vit, à Banyuls,
dans des stations abritées et peu profondes, où l’eau s’échauffe vite,
et la température de 15° C. était probablement atteinte ou dépassée
à l’époque où j’ai observé la floraison de cette plante.
Les Cymodocea et les Zostera forment des prairies toujours
immergées, assez denses; néanmoins, entre ces Phanérogames, on peut
rencontrer quelques algues non fixées, reposant sur le fond ou enche¬
vêtrées parmi les feuilles de ces plantes, ce sont surtout Chaetomorpha
Linum et Cracilaria dura. D’autres algues sont épiphytes sur les rhi¬
zomes peu enterrés ( Scytosiphon Lomentaria en particulier).
Les feuilles de Cymodocea et de Zostera portent de nombreux
épiphytes, surtout bien développés au printemps. On y rencontre en
particulier :
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
245
Edocarpus irregularis, j Scytosiphon Lo:nentana.
*Asperococcus scaber,
Erythrotrichia carnea, *Acrochaetium virgatulum var.
Coniotrichium Alsidii, luxurians,
Ceramiurr. tenuissimum.
A la fin du printemps, les Mésogloiacées (Castagnea) sont sou¬
vent très abondantes, mêlées à de nombreuses Diatomées dont beau¬
coup sont coloniales. ... ,
A la fin de l’été, il ne subsiste guère que des Melobesiees (Meio-
besia farinosa en particulier).
Assez mal représentée aux environs de Banyuls, dans quelques
stations calmes et peu profondes, l’association a Cymodocea nodosa
est largement répandue dans toute la Méditerranée; elle est, en par¬
ticulier, très bien développée en Algérie, avec à peu près la meme
flore d’algues épiphyles qu’à Banyuls, mais elle se distingue de 1 as¬
sociation de la côte des Albères par l’absence du Zosiera manna, qui
n’existe pas en Afrique du nord. ^ w
De plus, alors qu’à Banyuls l’association semble limitée à 1 étage
infralittoral supérieur, dans d’autres régions de la Méditerranée, la
limite inférieure de la végétation du Cymodocea nodosa est beaucoup
plus basse. OsTENFELD (1918, p. 6) signale cette espèce au cap de
Gata (Espagne) jusqu’à 20 mètres de profondeur.
Dans l’Adriatique, Lorenz (1863, p. 225) a décrit, dans le
golfe de Quarnero, un « Litoral -Zoslerelum », et Techet (I9C6),
dans le golfe de Trieste, une association à Zostera marina , où ils ne
signalent pas le Cymodocea nodosa.
L’association à Cymodocea nodosa est à comparer jusqu à un
certain point avec celle des herbiers de Zostères, qui se îencontient
dans l’Atlantique nord.
32. _ Association à Posidonia oceanica
Cette association est, comme la précédente, caractéristique des
fonds meubles de l’étage infralittoral, mais alors que 1 association à
Cymodocea nodosa est localisée sur les fonds de sable vaseux, 1 asso¬
ciation à Posidonia oceanica se rencontre surtout sur les sables purs
et les fonds de petits graviers.
Les puissants rhizomes des Posidonia n ont pas besoin d une
grande profondeur de sol meuble pour se fixer, et on peut rencontrer
cette espèce sur des fonds rocheux constitués par des blocs isolés, où
246
J. FELDMANN
elle se développe dans les interstices remplis de sable qui les séparent.
Cette association se rencontre à partir de 30 à 40 centimètres
au-dessous du niveau jusqu’à 25 ou 30 mètres de profondeur. Dans
les stations peu profondes, la plante est rabougrie, ses feuilles restent
courtes, atteignant la surface de l’eau et ne mesurant parfois que 10 à
20 centimètres de long, alors qu’en profondeur elles peuvent atteindre
60 centimètres de long et même plus.
En profondeur, le Posidonia oceanica est relativement peu
commun à Banyuls, alors que, dans d’autres régions, comme les envi¬
rons de Marseille (Marion, 1883) et la côte d’Azur (ÜLLIVIER,
1929), il descend beaucoup plus bas, formant jusqu’au delà de
50 mètres de profondeur de vastes prairies très étendues.
La floraison et la fructification de cette espèce sont assez rares et
ne se produisent pas tous les ans; je ne les ai jamais observées à
Banyuls. D’après les auteurs (cf. FLAHAULT, 1908), elle fleurirait
en automne, et les fruits atteindraient leur maturité au printemps sui¬
vant. J’ai récolté des fruits mûrs en mai aux environs d’Alger. Le
Posidonia perd ses feuilles en automne, elles s’accumulent alors sur
le rivage en masses souvent considérables, formant le long des plages
un cordon continu pouvant atteindre 1 mètre de haut. Les nouvelles
feuilles commencent à pousser au début de l’hiver.
D’après la flore des épiphytes, qui se développent sur ses feuilles
et ses rhizomes, on peut distinguer deux types dans l’association à Posi¬
donia oceanica, l’un s’observe dans les stations peu profondes de
l’étage infralittoral supérieur, l’autre dans l’étage infralittoral inférieur,
entre 15 et 25 mètres de fond.
Dans l’étage infralittoral supérieur, les épiphytes sont très abon¬
dants sur les feuilles de Posidonies, les plus fréquents et les plus carac¬
téristiques sont les suivants :
Ulvella Setchellii, I Cladophora sp.
Enteromorpha Linza,
Ectocarpus confervoides,
— irregularis,
*Ascocyclus orbicularis,
* Liebmannia Leveillei,
Acrochaetium secundatum,
— Daviesii,
Lithophyllum pustulaium,
— papillosum.
*Castagnea mediterranea,
* — irregularis,
* — cylindrica,
*Giraud\)a sphacelarioides.
Lithophÿllum macrocarpum,
Melobesia farinosa,
— Lejolisii.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
247
En hiver, au moment où se développent les nouvelles feuilles,
Y Ascocyclus orbicularis s’installe d abord et recouvre rapidement les
deux faces du limbe de ses thalles confluents, dont les nombreux poils
forment une auréole blanchâtre autour des feuilles de Posidonies, dont
la marge est bordée d’une frange rose constituée par des Acrochaetium.
Sur le velours de Y Ascocyclus s’installent des Phéophycées : Girau-
dya sphacelarioides d’abord, puis des Mésogloiacées, qui atteignent
leur maximum de développement a la fin du printemps (mai-juin).
Enfin, pendant l’été, il ne subsiste guère que les Mélobésiées, dont les
croûtes blanchâtres, plus ou moins confluentes, recouvrent presque
toutes les feuilles.
Dans l’étage infralittoral inférieur, les épiphytes sont beaucoup
moins abondants sur les feuilles de Posidonies. Ce sont surtout des
Rhodophycées, en particulier :
Laurencia obtusa,
Spermothamnion flabellatum ,
I Ceramium tenuissimum,
Acrosorium uncinatum.
Sur les rhizomes, moins profondément enfouis que dans 1 étage
infralittoral supérieur, on rencontre :
Peÿssonnelia Squamaria, Botryocladia botryoides ,
— rubra , Gloiocladia furcata,
Mesophÿllum lichenoides, Microcladia glandulosa, etc...
Enfin, les rhizomes de Posidonia oceanica sont très fréquemment
parasités par un pyrénomycète : Amphisphaeria Posidoniae (Durieu
et Montagne) Cesati et de Notaris.
L’association à Posidonia oceanica est très répandue dans toute
la Méditerranée, dont elle constitue une des associations les plus carac¬
téristiques. Elle fait défaut dans la mer Noire.
CHAPITRE XIV
LA SUPERPOSITION DES ASSOCIATIONS VÉGÉTALES
DANS L'ÉTAGE LITTORAL ET L'ÉTAGE SUPRALITTORAL
(Etude de quelques profils)
Dans le précédent chapitre, les diverses associations végétales
marines ont été envisagées successivement, indépendamment les unes
des autres. Parmi celles qui ont été distinguées dans l’étage littoral et
l’étage supralittoral, il en est beaucoup qui se rencontrent superposées
les unes aux autres, en formant des ceintures distinctes. Mais leur mode
de superposition est variable selon les stations, et il est exceptionnel
qu’elles puissent être toutes représentées en un même point. Le niveau
qu’elles occupent par rapport au niveau de la mer est également assez
variable.
Dans ce chapitre, nous allons étudier la manière dont ces associa¬
tions se succèdent en hauteur dans une même localité, selon les condi¬
tions physiques, agitation de l’eau et inclinaison des rochers en parti¬
culier.
Cette étude portera surtout sur les associations de l’étage littoral
et de l’étage supralittoral, qui sont les plus intéressantes à étudier à
ce point de vue, les associations de l’étage infralittoral étant moins
intimement liées à un niveau déterminé en rapport avec l’agitation de
l’eau et l’inclinaison des rochers.
Nous allons passer en revue successivement divers profils relevés
dans différentes localités des environs de Banyuls, et qui montrent bien
l’influence de l’agitation de l’eau et de l’inclinaison des rochers sur le
groupement des associations végétales de l’étage littoral et supralit¬
toral (1).
(I) Toutes les mesures de hauteurs indiquées dans ce chapitre se rapportent au niveau
moyen. Ainsi que je I ai indiqué précédemment, j'ai adopté, pour le fixer, le niveau marqué
par la limite supérieure de l'association à Cÿstoseira meditçrranca sur les rochers battus.
Dans les figures ci-jointes, le niveau de l'eau indiqué est celui atteint au moment de l'obser¬
vation, il ne coïncide pas toujours avec le niveau moyen (fig. 20, en particulier).
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
249
PROFIL / (Fig. 16)
Cap l’Abeille (10 juillet 1933)
Rocher isolé à l’extrémité du cap, côté du large.
Mode très battu, rochers presque verticaux et en surplomb.
De 110 cm. à 30 cm. . Association à Rissoella verruculosa.
De 30 cm. à 0 cm. . Association à Tenarea tortuosa.
Au-dessous de 0 cm.... Association à Cymnogongrus nicaeensis et Phÿllo-
phora nervosa.
Type de station très battue.
L’association à Tenarea tortuosa
constitue un trottoir extrêmement
développé, atteignant 33 c/m. de
large. Sur sa face supérieure hori¬
zontale on rencontre : Nemalion
helminthoides, Ceramium robus-
tum, Chaetomorpha capillaris f.
crispa. Sur la face inférieure (en
surplomb du trottoir, le Tenarea
est remplacé, en partie, par des
espèces plus sciaphiles : Litho-
phyllum incrustans et L. denta-
tum, mêlées à de nombreuses
moules.
Au-dessous du niveau s’ob¬
serve, dans la partie en surplomb
ombragée par le trottoir, l’associa¬
tion à Gymnogongrus nicaeensis
et Phyllophora nervosa, caracté¬
ristique des stations battues et om¬
bragées de l’étage infralittoral
inférieur. Plus bas, l’éclairement
devient trop faible pour les algues
et l’on ne rencontre plus, sur la
roche, qu’un épais revêtement
d’animaux fixés (Spongiaires,
Hydraires, Bryozoaires).
Au-dessus du trottoir à Tenarea, 1 association a Rissoella verru¬
culosa est bien développée sur une hauteur de 50 c/m. Au-dessus,
la roche est nue.
tortuosa ; c. Association à Gÿmnogongrus
nicaeensis et Phyllophora nervosa. Echelle
1 / 20 *.
250
]. FELDMANN
Un trottoir à Tenarea tortuosa, comparable par son développe¬
ment à celui étudié ici, est figuré PI. IV (photo 7).
PROFIL II (Fig. 17)
Anse du Troc (janvier 1931)
Station modérément battue, rochers verticaux.
De 60 cm. à 26 cm. . Association à Verrucaria symbalana.
De 26 cm. à 15 cm. . Association à Rissoella verruculosa.
De 15 cm. à 0 cm. . Association à Tenarea tortuosa.
Au-dessous de 0 cm. . Association à Gymnogongrus nicaeensis et Phÿllo-
phora nervosa.
La forme de la côte est ici compa¬
rable à celle du profil précédent. L’exis¬
tence d’un surplomb permet à l’associa¬
tion à Gymnogortgrus nicaeensis et Phyl-
lophora nervosa de s’installer. On y ob¬
serve en particulier les espèces suivantes :
Gÿmnogongrus nicaeensis , Phyllophora
nervosa, Peyssonnelia squamaria, Botry-
ocladia boiryoides , Hypoglossum Wood-
rvardii, Plocamium coccineum, etc.
Au niveau, le Tenarea tortuosa
forme un trottoir très net, mais beaucoup
moins développé que celui du profil pré¬
cédent, la station étant moins battue. Au-
dessus, l’association à Rissoella verrucu¬
losa est également moins développée et
remonte moins haut. Au-dessus d’elle,
l’association à Verrucaria symbalana, ca¬
ractéristique des stations un peu abritées,
est bien représentée.
Ces deux profils montrent bien l’as¬
pect de la végétation sur les rochers ver¬
ticaux ou en surplomb, où le nombre des
ceintures est réduit. On peut noter en
particulier l’absence des associations à Nemoderma tingitanum et à
Ralfsia verrucosa, qui caractérisent les rochers horizontaux ou un peu
inclinés. Par contre, le trottoir à Tenarea tortuosa est bien développé.
Fig. 17. — Profil II : a, Asso¬
ciation à Verrucaria symbalana;
b, Association à Rissoella verru¬
culosa; c. Trottoir à Tenarea
tortuosa; d, Association à Cym-
nogongrus nicaeensis et Phyllo-
phora nervosa. Echelle : 1 /20".
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
251
PROFIL III
Cap du Troc (19 janvier 1932)
Rochers presque verticaux, très battus. Mesures prises dans une
partie en retrait.
De 130 cm. à 85 cm. .
De 85 cm. à 55 cm. .
De 55 cm. à 25 cm. .
De 25 cm. à 0 cm. .
Au-dessous de 0 cm. .
Association à Brachÿtrichia-Entophysalis.
Association à Rissoella verruculosa.
Association à Tenarea tortuosa.
Association à Çorallina mediterranea avec Polysi-
phonia fruticulosa, Ceramium barbatum, Bryopsis
muscosa.
Association à Cystoseira medilerranea.
Il s’agit également ici de rochers très inclinés, presque verticaux,
mais où les parties immergées ne sont pas en surplomb, ce qui a permis
aux associations à Çorallina mediterranea et à Cystoseira mediterranea
de s’établir.
Dans l’étage littoral, les mesures ont été effectuées dans une
anfractuosité un peu en retrait, où l’eau s’engouffre, de telle sorte que
les niveaux indiqués pour les limites supérieures des associations sont
très élevés et supérieurs à la moyenne.
Ces hauteurs ne sont d’ailleurs pas des maxima, puisque 1 asso¬
ciation à Rissoella verruculosa peut, dans certains cas, atteindre 2 m.
au-dessus du niveau moyen.
PROFIL IV
Cap l’Abeille (21 août 1931)
Rochers moyennement inclinés, mode battu.
De 40 cm. à 20 cm. . Association à Brachytrichia-Entophysalis.
De 20 cm. à 10 cm. . Association à Rissoella verruculosa.
De 10 cm. à 0 cm. . Association à Nemoderma tingitanum.
Au-dessous de 0 cm. . . Association à Cystoseira mediterranea.
PROFIL V (Fig. 18)
Cap du Troc (19 janvier 1932)
Rochers assez inclinés, mode battu.
De 55 cm. à 20 cm. .
De 20 cm. à 13 cm. .
De 13 cm. à 0 cm. .
Au-dessous de 0 cm. . .
Association à Brachylrichia-Entophysalis.
Association à Rissoella verruculosa.
Association à Nemoderma tingitanum.
Association à Cystoseira mediterranea.
252
J. FELDMANN
Ces deux profils, très comparables, observés l’un en été, 1 autre
en hiver, montrent la disposition des différentes ceintures d’algues litto¬
rales sur les rochers modérément battus et assez inclinés. Dans les deux
cas, l’inclinaison est assez faible pour que l’association à Nemoderma
tingitanum puisse s’installer. Mais l’agitation de 1 eau n est pas assez
glande pour permettre l’existence d’un trottoir à Tenarea.
Profil V : a, Rivularia atra; b, As¬
sociation à Brachylrichia Balani et
Entophysalis g ranulosa (Chtamales) ;
c. Association à Rissoella verrucu-
losa; d, Association à Nemoderma
tingitanum ; e, Association à Cÿsto-
seira mediterranea. Echelle : 1/20 1 ’.
PROFIL VI (Fig. 19)
Cap Bear, flanc N. (6 septembre 1932)
Rochers très peu inclinés, ombragés, mode battu.
De 25 cm. à 18 cm.
De 18 cm. à 11 cm.
De 1 1 cm. à 5 cm.
De 5 cm. à—8 cm.
Au-dessous de — 8 cm.
Association à Rissoella verruculosa.
Association à Ralfsia verrucosa.
Association à Nemoderma tingitanum.
Ceinture de Brÿopsis Balbisiana.
Association à Corallina mediterranea.
Ce profil donne une bonne idée de la végétation estivale des
rochers plats modérément battus. L’association à Cÿstoseira mediter¬
ranea fait défaut, comme sur toute la face nord du cap Béar, peut-
être à cause de l’éclairement trop faible dû à l’exposition nord. L’as¬
sociation aCorallina mediterranea est, par contre, bien développée au
niveau de l’eau, le Brÿopsis Balbisiana forme une ceinture caracté¬
ristique, qui ne s’observe qu’en été. L’association à Nemoderma tingi-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
253
pj a 19 _ Profil VI : a. Association à Rissoella verruculosa; b. Association a
Ralfsia verrucosa; c, Association à Nemoderma tingitanum ; d. Ceinture de
Bryopsis Balbisiana ; e, Association à Corallina mediterranea. Echelle: 1/20".
ianum et celle à Ralfsia verrucosa sont bien représentées. La ceinture
de Rissoella verruculosa, située à un niveau assez élevé, est moins bien
développée par suite de l’éclairement peu intense et de l’agitation trop
faible.
PROFILS VU ET VIII
Cap l’Abeille (10 juillet 1933)
Station modérément battue. Deux profils observés au voisinage
l’un de l’autre. Profil VII : rochers à pente assez forte. Profil VIII :
rochers presque horizontaux.
Prof. VII
Manque
De 26 cm. à
De 12 cm. à
De 7 cm. à
De 3 cm. à
Au-dessous de
11
12 cm.
Association à Brachylrichia-Entophysalis.
— Rissoella verruculosa.
Prof. VIII.
Au-dessus de 25 cm
De 25 cm. à 20 cm
7 cm.
— Ralfsia verrucosa.
De 20 cm. à 11 cm
3 cm.
— Nemoderma tingitanum.
De 11 cm. à 4 cm
0 cm.
— Corallina mediterranea.
De 4 cm. à 0 cm
0 cm.
— Cystoseira mediterranea.
Au-dessous de 0 cm
Ces deux profils, observés au voisinage l’un de l’autre, mais dont
l’un (Profil VII) se rapporte à des rochers très inclinés (plus de 43°) ,
alors que l’autre (Profil VIII) se rapporte à des rochers presque hori¬
zontaux, toutes les autres conditions étant identiques, montrent bien
l’influence de l’inclinaison de la roche sur le développement des asso¬
ciations. Sur les rochers peu inclines, les associations occupent une
surface beaucoup plus large que dans le cas de rochers très en pente.
Un autre exemple de l’influence de l’inclinaison des rochers est
fourni par les deux îlots figurés planche III (photos 3 et 6). Le rocher
figuré dans la photo 5 présente des bords très inclinés, presque verti¬
caux par endroits. Le Tenarea tortuosa constitue un trottoir très dé¬
veloppé, tandis que l’association à Rissoella verruculosa ne forme
qu’une ceinture très étroite, interrompue par endroits. La partie gauche
de la photographie est tournée vers le large, elle est donc plus battue
que le reste de l’îlot, aussi, à cet endroit, le trottoir de Tenarea tor-
254
/. FELDMANN
tuosa et la ceinture de Rissoella atteignent-ils une hauteur plus élevée
au-dessus du niveau que le reste de l’îlot.
La photo 6 représente un îlot plat, à bords peu inclinés; l’asso¬
ciation à Tenarea tortuosa y est très mal représentée; par contre, la
ceinture de Rissoella verruculosa présente un grand développement,
s’étalant en largeur sur la surface peu inclinée des rochers.
Les deux profils suivants mettent en évidence l’influence du mode
plus ou moins battu de la station sur la répartition des associations.
Il s’agit des profils observés sur les deux faces opposées d’un
rocher isolé, allongé perpendiculairement à la côte et où l’inclinaison
des deux faces est à peu près la même.
PROFILS IX ET X (Fig. 20)
Cap du Troc (avril 1933)
Rocher isolé, allongé perpendiculairement à la côte ; mode battu.
Profil IX. Côté du large (exposé). Profil X. Côté de la terre (abrité).
Prof. IX
Manque
De 130 cm. à 45 cm.
Manque
De 45 cm. à 20 cm.
De 20 cm. à 0 cm.
Manque
Manque
Au-dessous de 0 cm.
Association à Verrucaria spmbalana.
— Brachplrichia. Entopbpsalis.
(Chtamalus slellaius).
Scptosiphon Lomentaria et Porphpra leucos-
licla.
Association à Rissoella verruculosa.
— Tenarea tortuosa.
— Nemoderma lingitanum.
— Corallina mediterranea.
— Cpstoseira mediterranea.
Prof. X
De 150 cm. à 65 cm.
De 65 cm. à 25 cm.
De 25 cm. à 15 cm.
De 15 cm. à 8 cm.
Manque
De 8 cm. à 2 cm.
De 2 cm. à — 10 cm.
Au-dessous de 10 cm.
Sur la face exposée au large (Profil X), la roche au-dessous du
niveau moyen est couverte d’une puissante végétation de Cystoseira
mediterranea, à l’ombre duquel se développent diverses Floridées :
Lithophyllum incrustons, Jania rubens, Laurencia pinnatifida, Poly-
siphonia fruticulosa, etc... Au-dessus, l’association à Tenarea tortuosa
est bien développée, mais l’inclinaison de la roche ne permet pas la
constitution d’un trottoir en console bien caractérisé; les individus de
Tenarea forment des boules hémisphériques isolées, entre lesquelles
s’étend en couche mince le Lithophyllum incrustans, ainsi que le Ralf-
sia verrucosa.
Sur le Tenarea s’observent les deux épiphytes les plus caracté¬
ristiques de l’association : le Brÿopsis muscosa, formant des touffes
spongieuses raides, et le Chaetomorpha capillaris f. crispa, aux fila¬
ments spiralés et enchevêtrés. Au-dessus, la ceinture de Rissoella verru¬
culosa est bien représentée. Au-dessus d’elle, la roche est couverte de
Chtamalus stellatus portant la végétation de Cyanophycées caracté-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
255
256
y. FELDMANN
ristique de l’association à Brachytrichia Balani et Entophysalis granu-
losa.
Enfin, les petites cuvettes, remplies par les embruns et situées
au sommet du rocher, à 1 m. 40 environ au-dessus du niveau moyen,
sont peuplées de quelques individus rabougris de Polysiphonia sertu-
larioides.
Sur la face abritée, tournée vers le rivage (Profil X), l’associa¬
tion à Cystoseira mediterranea est beaucoup moins bien caractérisée
que de l’autre côté; le Cystoseira mediierratiea y est rare, et on y
rencontre le Cystoseira abrotanifolia, indice d’un milieu plus abrité.
Associées à ces deux espèces se rencontrent diverses Corallinacées :
Amphiroa rigida, Jania rubens, Corallina mediterranea. Cette der¬
nière espèce formant au-dessus du niveau une ceinture continue. Au-
dessus, le N emoderma tingitanum, qui faisait défaut sur la face expo¬
sée, est bien représenté, occupant une hauteur verticale de 5 cm. en¬
viron. La ceinture de Rissoella verruculosa est par contre très réduite,
représentée par quelques individus de petite taille. Au-dessus d’elle,
la roche est couverte par des Scytosiphon Lomentaria et des Porphyra
Leucosticta, auxquels succèdent vers le haut des Chtamales (avec l’asso¬
ciation à Brachytrichia-Entophysalis) , beaucoup moins abondants que
sur la face exposée et remontant beaucoup moins haut. A partir de
65 cm. au-dessus du niveau, la roche est couverte par l’enduit noir,
mince et continu du Verrucaria symbalana, qui recouvre tout le
sommet du rocher.
On pourrait multiplier à l’infini ces exemples montrant combien
la succession des associations est variable selon les conditions locales
d’agitation de l’eau et d’inclinaison des rochers.
En ce qui concerne l’agitation de l’eau (modes plus ou moins
battus ou abrités), on peut résumer, dans le tableau suivant (Ta¬
bleau X), l’ordre de succession des principales associations des étages
supralittoral, littoral et infralittoral supérieur en fonction de ce facteur.
Les associations sont disposées, selon leur ordre de succession,
de haut en bas. Les associations réunies par une accolade sont celles
qui occupent 1 le même niveau et qui se remplacent l’une l’autre le
long d’un même niveau horizontal, selon le mode plus ou moins battu
de la station.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
257
TABLEAU X
Répartition des différentes associations en fonction du mode
ASSOCIATIONS
MODES
ÉTAGES
Très battu
Battu
Abrité
Très abrité
Verrucaria symbalana .
+
+
Hildenbrandia protolypus. . .
+
+
Supra-littoral
^ Brachytrichia - Entophysalis..
H-
+
+
.
1 Bangia - Ulothrix .
+
+
Porphyra leucosticla .
+
+
+
+
Riswella verruculosa .
+
+
^ Tertarea tortuosa .
+
+
Littoral
1 Ralfsia verrucosa .
+
+
1
Nemoderma tingitanum .
+
+
Corallina mediterranea .
+
+
+
^ Cysloseira mediterranea ....
+
+
( Cystoseira elegans .
+
^ Dictyopteris - Rhyllaria ....
. +
+
supérieur
? Padina - Cladostephus .
+
+
Source : MNHN, Paris
TROISIÈME PARTIE = LA FLORE
Dans les deux premières parties de ce travail, j’ai envisagé suc¬
cessivement le milieu marin, puis la végétation marine de la côte des
Albères. Dans cette troisième partie, j’examinerai la flore algale des
environs de Banyuls, dans sa composition et ses relations avec d’autres
régions de la Méditerranée, puis, dans un autre chapitre, j’essayerai de
déterminer l’origine et la composition de la flore algale de la Méditer¬
ranée dans son ensemble.
CHAPITRE XV
LA FLORE DES ALGUES MARINES
DE LA COTE DES ALBÈRES
La flore algale des environs de Banyuls avait été très peu étu¬
diée jusqu’ici, et mes recherches m’ont permis de récolter de nom¬
breuses espèces, non seulement nouvelles pour les côtes françaises ou
même pour la Méditerranée tout entière, mais encore pour la science.
La flore des algues marines de la côte des Albères, d Argèles à
Cerbère, comprend 496 espèces et 46 variétés ou formes. Je les ai
presque toutes observées moi-même; il n’y en a guère qu une quinzaine
que je n’ai pas récoltées personnellement, et qui m ont été indiquées ici
d’après divers auteurs ( SaUVAGEAU, P. Dangeard, ScHIFFNER,
etc., etc...).
Parmi les espèces que j’ai récoltées, 47 n’avaient pas encore été
signalées dans la Méditerranée, et 23 d’entre elles sont nouvelles
pour la science. Ces espèces nouvelles se décomposent en 6 Cyano-
phycées (décrites par M. l’Abbé P. FrÉMy), 3 Chlorophycées,
5 Phéophycées et 9 Rhodophycées, dont la plupart ont déjà été signa¬
lées dans une note préliminaire (FELDMANN, 1935).
260
J. FELDMANN
Dans la liste suivante, les espèces nouvelles pour la Méditerranée
sont précédées d’un astérisque. Celles nouvelles pour la science sont
imprimées en caractères gras, ainsi que les variétés et les formes
nouvelles.
J’ai cru inutile de signaler particulièrement les très nombreuses
espèces méditerranéennes, qui n’avaient pas encore été signalées sur
les côtes françaises. L’homogénéité de la flore méditerranéenne rendait
la présence de la plupart d’entre elles, sur les côtes de France, très
probable. Leur découverte, si elle apporte une contribution importante
à la liste des algues de France, n’augmente guère nos connaissances
sur leur répartition géographique générale, la plupart d’entre elles étant
déjà connues sur les côtes d’Italie ou des Baléares.
LISTE DES ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
CYANOPHYCÉES
Chroococcales
Chroococcacées
Merismopedia glauca (Ehrenb.) Nàg. f. mediterranea (Nàg.) Collins
Aphanocapsa Raspaigellae (Hauck.) Frémy
Aphanocapsa Feldmanni Frémy
— marina Hansg.
— liioralis Hansg.
Gomphosphaeria aponina Kütz.
Gloeocapsa deusla (Menegh.) Kütz.
Gloeocapsa crepidinum Thuret
Enthophysalidacées
Placoma vesiculosa Schousb.
Entophysalis granulosa Kütz.
Chamaesiphonales
Pleur ocapsacées
* Pleur ocapsa amethystea R. Rosenv.
* Pleur o cap sa crepidinum Collins
Xenococcus Schousboei Thuret
*Xenococcus acervatus Born. et Flah.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
261
Dermocarpacées
Dermocarpa minima Geitler
* — sphaerica Setch. et Gard.
Dermocarpa Leibleiniae (Reinsch) Born. et Thur.
Hormogonéales
Oscillatoriacées
Microcoleus tenerrimus Gom.
— Wuitneri Frémy
— Codii Frémy
— Vouki Frémy
Hÿdrocoleum lyngbvaceum Kiitz.
— glutinosum Gom.
— — f a pur pur ea Frémy
— coccineum Gomont
Symploca hpdnoides Kütz.
Phormidium (?) Spongeliae (Schulze) Gom.
Phormidium fragile Gom.
— Feldmanni Frémy
*Plectonema Battersii Gom.
— terebrans Born. et Flah.
Lyngbÿa Agardhii Gom.
— gracilis Rabenh.
— sordida Gom.
— — f Bostrychicola Gom.
—- — f a maxima Frémy
Lyngbya aestuarii Liebm.
majuscula Harv.
— confervoides C. Ag.
— lutea Gom.
— in fixa Frémy
Trichodesmium erytbraeum Ehrenb.
Trichodesmium Thiebautii Gom.
Oscillatoria miniata (Zanard.) Flauck
Oscillatoria margaritifera Kütz.
— nigro-viridis Twaites
— Corallinae (Kütz.) Gom.
— simplicissima Gom.
— amphibia C. Ag.
— Cortiana Menegh.
— phycophytica Frémy
Source : MNHN, Paris
262
J. FELDMANN
Spirulina miniata Hauck
— subtilissima Kütz.
tenerrima Kütz.
— subsalsa Oersted
Rivulariacées
*Amphithrix violacea (Kütz.) Born. et Flah.
Calothrix parasitica (Chauvin) Thuret
— aeruginea Thur.
— confervicola (Roth.) C. Ag.
— Contarenii (Zanard.) Born. et Flah.
— crustacea Thur.
— proliféra Flah.
Isactis plana (Harv.) Thur.
Rivularia Biasolettiana Menegh.
— atra Roth var. hemisphaerica (Kütz.) Born. et Flah.
— atra Roth var. confluens (Kütz.) Born. et Flah.
— nitida C. Ag.
— mesenterica Thur.
— polyotis (J.Ag.) Born.
Nostocacées
*Nostoc entophytum Born. et Flah.
Stigonématacées
Mastigocoleus testarum Lagerh.
CHLOROPHYCÉES
Volvocales
Volvocacées
Chlamydomonas sp.
Brachiomonas submarina Bohlin
Carteria sp.
PlatXjmonas tetrathele West.
Stephanoptera gracilis (Artari) Smith
Palmellacées
Palmophyllum crassum (Nacc.) Rabenh. var. typicum Feldm.
— — — var. orbiculare (Born.) Feldm.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
263
Chlorococcales
Chloroccacées
Chlorochytrium Cohrtii Wright
Ulotrichales
Ulotrichacées
Ulothrix flacca (Dillw.) Thur.
* — pseudoflacca Wille
— subflaccida Wille
Chaetophorales
Chaetophoracées
Phaeophila dendroides (Crouan) Batt.
Edochaete leptochaete (Huber) Wille
Gomontia polyrhiza (Lagerh.) Born. et Flah.
Tellamia contorta Batters
Endoderma viride (Reinke) Lagerh.
Endoderma majus Feldm.
Didymosporangium repens Lambert
*Ulvella lens Crouan
Ÿ — Setchellii P. Dang.
Pringsheimiella scutata (Reinke) Schm. et Pet.
Pringsheimiella conchyliophila Feldm.
Pseudopringsheimia confluens (Rosenv.) Wille
Blastopbysa rhizopus Reinke
Ulvales
Ulvacées
Enteromorpha micrococca Kütz.
— intestinalis (L.) Link.
— compressa (L.) Grev.
— flexuosa (Wulf.) J. Ag.
— Linza (L.) Ag.
— ramulosa Hook.
— clathrata (Roth) J. Ag-
Ulva Laduca L.
— — f a lacinulata (Kützing) Hauck
— Laduca f* myriotrema (Desm.) Le Jolis
— rigida C. Ag.
— rigida f a densa (Kjellm.) Feldm.
Source : MNHN, Paris
264
/. FELDMANN
Siphonocladales
Valoniacées
Valonia utricularis (Roth.) C. Ag.
— macrophysa Kütz.
Siphonocladacées
Siphonocladus pusillus (Kütz.) Hauck
Cladophoracées
Cladophora pellucida (Huds.) Kütz.
— proliféra (Roth.) Kütz.
— catenata (Ag.) Hauck
Hutchinsiae (Dillw.) Kütz. f“ genuina Hamel
Hutchinsiae (Dillw.) Kütz. f a distans Kütz.
— utriculosa Kütz.
— utriculosa Kütz. f a lutescens (Kütz.) Hamel
— ramulosa Menegh.
— dalmatica Kütz.
* — sericea (Huds.) Kütz.
— Ruchingeri Kütz.
— crystallina Roth.) Kütz.
— Rudolphiana (C. Ag.) Harv.
— expansa (Mert.) Kütz.
— hamosa Kütz.
hamosa Kütz. f a réfracta (Kütz.) Hamel
— albida (Huds.) Kütz.
— albida (Huds.) var. réfracta Thur.
— repens (J. Ag.) Kütz. f a t\jpica Hamel
— coelothrix Kütz.
Chaetomorpha aéra (Dillw.) Kütz.
— Linum (Muell.) Kütz.
capillaris (Kütz.) Borgs. var. typico Feldm.
— capdlaris (Kütz.) Borgs. var. crispa (Schousboe)
— gracilis Kütz. [Feldm.
— Adriani Feldm.
Rhizoclonium Kochianum Kütz.
— Kerneri Stockm.
Dasycladales
Dasycladacées
Acetabularia mediterranea Lamour
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
265
Siphonales
Halicystidacées
Halicystis parvula Schmitz
— — var. stipitata Feldm.
Bryopsidacées
*Br\)opsis plumosa (Huds.) C. Ag.
* — pennata Lamour.
— adriatica (J. Ag.) Menegh.
— cupressoides Kütz.
— Balbisiana Lamour.
— corymbosa J. Ag.
— monoica Berthold
— hypnoides Lamour.
— muscosa Lamour.
Pseudobryopsis mÿura (J. Ag.) Berthold
Derbesiacées
Derbesia Lamourouxii Solier
— tenuissima (De Not.) Crouan
Codiacées
Pseudochlorodesmis furcellata (Zanard.) Borgs.
Udotea petiolata (Turra) Borgs.
Halimeda Tuna (EU. et Sol.) Lamour. f. typica Barton
— — — f. platydisca (Decsne.) Barton
Codium difforme Kütz.
— Bursa (L.) C. Ag.
— dichotomum (Huds.) Setchell
Phyllosiphonacées
Ostreobium Quelçetti Born. et Flah.
PHÉOPHYCÉES
Ectocarpales
Ectocarpacées
Ectocarpus siliculosus (Dillw.) Lyngb.
— confervoides (Roth.) Le Jolis
266
/. FELDMANN
Ectocarpus fasciculatus Harv.
* — Mitchellae Harv.
— granulosus C. Ag.
* — Lebelii (Aresch.) Crouan
— paradoxus Mont.
— irregularis Kütz.
— Battersii Born. var. mediterranea Sauv.
— Valiantei Bornet
— (?) criniger Kuck.
Streblonema sphaericum Derb. e - : Sol.
Streblonemopsis irritans Valiante
Acinétosporacées
Acinetospora Vidovichii (Menegh.) Sauv.
Myrionématacées
Myrionema strangulans Grev.
Ascocyclus orbicularis (J. Ag.) Magnus
— conchicola Feldm.
Compsonema (?) Liagorae Feldm.
N emodermatacées
Nemoderma tingitanum Schousboe
Ralfsiacées
Ralfsia verrucosa (Aresch.) J. Ag.
Mesospora mediterranea Feldm.
Lithoderma adriaticum Hauck
Chordariales
Elachistacées
Elachista iniermedia Crouan
Corynophleacées
*M\)riactula stellulata (Griffiths) Feldm.
— Rivulariae (Suhr) Feldm.
Corynophloea umbellata (Ag.) Kütz.
— Hamelii Feldm.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
267
Leathesia mucosa Feldm.
— — var. condensata Feldm.
Cÿlindrocarpus microscopicus Crouan
*Strepsithalia Liagorae Sauv.
Mesogloiacées
Liebmannia Leveillei J. Ag.
Castagnea mediterranea (Kütz.) Hauck
— irregularis Sauv.
— cylindrica Sauv.
Spermatochnacées
Spermatochnus paradoxus (Roth.) Kütz.
Nemacystus ramulosus Derb. et Sol.
Stilophora rhizodes (Erhrt.) J. Ag.
Punctariales
Giraudyacées
Giraudya sphacelarioides Derb. et Sol.
Scytosiphonacées
Scystosiphon Lomentaria (Lyngb.) Endl.
Petalonia Fascia (Muell.) O. Kuntze
Colpomenia sinuosa (Mert.) Derb. et Sol.
Stictyosiphonacées
Stictyosiphon adriaticus Kütz.
* — soriferus (Reinke) Rosenv.
Punctariacées
Punctaria latifolia Grev.
Asperococcacées
Asperococcus scaber Kuck.
— bullosus Lamour.
— — f a profondus Feldm.
— compressus Griffiths
Striariacées
Myriotrichia adriatica Hauck
268
J. FELDMANN
Sphacélariales
Sphacélariacées
Sphacelaria Plumula Zanard.
— tribuloides Menegh.
— hÿstrix Suhr
— cirrosa (Roth.) C. Ag.
Halopteris filicina (Gratel.) Kütz.
Halopteris scoparia (L.) Sauv.
Cladostephus verticillatus (Light-foot) Lyngb.
Sporochnales
Sporochnacces
Sporochnus pedunculatus (Huds.) C. Ag.
Carpomitra costata (Stackh.) Batt. var. mediterranea Feldm.
Neria filiformis (J. Ag.) Zanard.
Desmarestiales
Arthrocladiacées
Arthrocladia villosa (Huds.) Duby f“ australis (Kütz.) Hauck
Laminariales
Phyllariacées
Phyllaria reniformis (Lamour.) Rostaf.
Cutlériales
Cutlériacées
Zanardinia prototypus Nardo
Cutleria multifida (Smith) Grev.
— monoica Ollivier
— adspersa (Roth.) De Not.
Aglaozonia parvula (Grev.) Zanard.
Aglaozonia chilosa Falk.
— melanoidea (Schousb.) Sauv.
Dictyotales
Dictyotacées
Taonia atomaria J. Ag.
Padina pavonia Gaillon
Dictyopteris membranacea (Stackh.) Batt.
Dictyota dichotoma (Huds.) Lamour.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
269
Dictyota dichotoma var. implexa (Lamour.)
— linearis (Ag.) Grev.
Dilophus Fasciola (Roth.) Howe
— — var. repens G- Ag.) Feldm.
— ligulatus (Kütz.) Feldm.
Fucales
Sargassacées
Sargassum vulgare C. Ag. var. megalophyllum (Mont.) Grun.
— lirtifolium (Turn.) Ag.
— salicfolium J. Ag. f* diversifolia (Bory) Grunow
— Hornschuchii C. Ag.
Cystoseira barbata J. Agardh
— mediterranea Sauvageau
— selaginoides Valiante non alior.
— elegans Sauvageau
— spinosa Sauvageau
— opuntioides Bory
— caespitosa Sauvageau
— criniia Bory
— discors C. Agardh
— abrotanifolia C. Ag.
RHODOPHYCÉES
Bangiales
Bangiacées
Bangia fusco-purpurea (Dillw.) Lyngb.
Porphyra leucostida Thuret
— umbilicalis (L.) J. Ag.
— linearis Grev.
Erpthrotrichia carnea (Dillw.) J. Ag.
Erythrotrichia irrvestiens (Zanard.) Born.
Erythrotrichia reflexa (Crouan) Thur.
Erythrotrichia discigera Berthold
— obscura Berthold
* — cilaris (Carm.) Batters
ErXjthrocladia subintegra Rosenv.
Goniotrichum Alsidii (Zanard.) Howe
Goniotrichum Cornu-Cervi (Reinsch) Hauck
Asterocytis ornata (C. Ag.) Hamel
Source : MNHN, Paris
270
/. FELDMANN
Némalionales
Chantransiacées
Acrochaetium microscopicum Nâg.
— trifilum (Buff.) Batt.
— moniliforme (Rosenv.) Borgs.
— Duboscqii Feldm.
— Ncmalionis (De Not.) Bornet
— virgatulum (Harv.) J. Ag.
— secundatum (Lyngb.) Nag.
— Daviesii (Dillw.) Nâg.
— Savianum (Menegh.) Nag.
Rhodochorton membranaceum Magnus
— Hauc^ii (Schiffn.) Hamel
— velut'num (Hauck) Hamel
Helminthocladiacées
Nemalion helminlhoides (Velley) Batt.
Liagora viscida (Forssk.) C. Ag.
— distenta (Mert.) C. Ag.
— tetrasporifera Borgs.
Chaetangiacées
Scinaia furcellata (Turn.) Biv.
* — complanata (Collins) Cotton var. intermedia Borgs.
Bonnemaisoniacées
Bonnemaisonia asparagoides (Woodw.) C. Ag.
— clavata (Schousb.) Hamel
Asparagopsis armata Harv.
Gélidiales
Gélidiacées
Gelidiella lubrica (Kiitz.) Feldm. et Hamel
*Gelidium melanoideum (Schousb.) Bornet var. gracile Feldm. et
[ Hamel
— pusillum (Stackh.) Le Jolis var. pulvinatum (Ag.) Feldm.
— spathulatum (Kütz.) Bornet
— crinale (Turn.) Lamour.
— pulchellum (Turn.) Kütz.
— latifolium (Grev.) Thur. et Born. var. typicum Feldm. et
— var. hx/strix Feldm. et Hamel [Hamel
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
Pterociadia capillacea (Gmel.) Born. et Thur.
IVurdemannia miniata (Drap.) Feldm. et Hamel
Cryptonémiales
Dumontiacées
Dudresnaya verticillata (Wither) Le Jolis
Acrosymphÿton purpuriferum (J. Ag.) Sjostedt
Rhizophyllidacées
Rhizophyllis Squamariae (Menegh.) K-ütz.
— Codii Feldm.
Squamariacées
Peyssonnelia Squamaria (Gmel) Decsne.
— rubra (Grev.) J. Ag.
— atropurpurea Crouan
* — Harveyana Crouan in J. Ag.
— polymorpha (Zanard.) Schm.
Cruoriella Dubyi (Crouan) Schm.
Cruoriopsis cruciata Dufour
* — Rosenvingii Borgs.
Ethelia Van Boaseae Feldm.
Hildenbrandiacées
Hildenbrandia prototypus Nardo
Corallinacées
Choreonema Thureti (Born.) Schm.
Epilithon membranaceum (Esp.) Heydr.
Lithothamnium Philippii Fosl.
— Lenormandi (Aresch.) Fosl.
— Sonderi Hauck
— tenuissimum Fosl.
— subtenellum (Fosl.) Lemoine
— calcareum (Pallas) Aresch.
Mesophyllum lichenoides (Ellis) Lemoine
Lithophyllum incrustons Phil.
— — f. depressa Crouan
/. FELDMANN
Liihophÿllum incrustons f. Harveyi Fosl.
— — f. angulata Fosl.
— — f. flabellata Heydr.
— — f. subdichotoma Heydr.
— — f. labyrinthica Heydr.
— dentatum (Kütz.) Fosl.
Lithophyllum ( Dermatolithon ) pustulatum (Lamour.) Fosl.
— — — var. Corallinae (Crouan)
[ Fosl.
— — hapalidioides (Crn.) Fosl. var. confi¬
ais (Crn.) Fosl.
— — papillosum (Zanard.) Foslie var. Cÿs-
[toseirae (Hauck) Foslie
— — macrocarpum (Rosanoff) Fosl. f. in-
Lithophyllum (?) Haucfyii (Rothpl.) Lemoine [termedia Fosl.
— Notarisii (Dufour) Lemoine
— — f. f. ptychoides Fosl.
— — f. insidiosa (Solms) Fosl.
— — f. Chalonii (Heydr.) Lemoine
Tenarea tortuosa (Esper.) Lemoine f. crassa (Lloyd) Lemoine
— — f. cristata (Menegh.) Lemoine
— — f. decumbens (Fosl.).
Pseudolithophyllum expansum (Phil.) Lemoine f. typica (Fosl.).
— — f. agariciforme (Hauck).
— — f. decumbens (Fosl.).
Melobesia farinosa Lamour.
— — var. Solmsiana Falk.
— Lejolisii Rosanoff
— ( Pliostroma ) zonalis (Crouan) Fosl.
— ( Litholepis ) mediterranea Fosl.
Amphiroa rigida Lamour.
— cryptarthrodia Zanard.
— Beairvoisii Lamour.
Corallina mediterranea Aresch.
— oflîcinalis L.
— granifera Eli. et Sol.
Jania rubens (L.) Lamour.
— longifurca Zanard.
— corniculata (L.) Lamour.
Grateloupiacées
Halymenia dicholoma J. Ag.
— Floresia (Clemente) C. Ag.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
Halymenia latifolia Crouan
— ulvoidea Zanard.
— Rodrigueziana Feldm.
Grateloupia dichotoma J. Ag.
— filicina (Wulf.) C. Ag.
Cryptonemia Lomation (Bertoloni) J. Ag.
— tunaeformis (Bert.) Zanard.
Acrodiscus Vidovichii (Menegh.) Zanard.
Gloiosiphoniacées
Thuretella Schousboei (Thur.) Schmitz
Callymeniacées
Callymenia tenuifolia Feldm.
— Requienii J. Ag.
Merediihia microphylla J. Ag.
Gigartinales
Cruoriacées
Cruoria purpurea Crouan
Calosiphoniacées
Calosiphonia vermicularis (J. Ag.) Schmitz
Nemastomacées
Nemastoma dichotoma J. Ag.
Gracilariacées
Gracilaria confervoides (L.) Grev.
— dura (C. Ag.) J- Ag.
— compressa (C. Ag.) Grev.
— armata (Ag.) J. Ag.
— corùllicola Zanard.
Plocamiacées
Plocamium coccineum (Huds.) Lyngb.
_ _ var. uncinatum J. Ag.
Sphaerococcacées
Sphaerococcus coronopifoliuz (Good. et Woodw.) C.
274
J. FELDM AN N
Furcellariacées
Neurocaulon reniforme (Post. et Rupr.) Zanard.
— grandifolium Rodriguez
Rissoellacées
Rissoella verruculosa (Bertoloni) J. Ag.
Rhodophyllidacées
Rhodophyllis bifida (Good. et Woodw.) Kütz.
— appendiculata J. Ag.
Hypnéacées
Hypnea musciformis (Wulf.) Lamour.
Phyllophoracées
Pbvllophora nervosa (D.C.) Grev.
— Heredia (Clemente) J. Ag.
Gymnogongrus Griffithsiae (Turner) Mart.
— norvegicus (Gunner) J. Ag.
nicaeensis (Duby) Ardiss. et Straff.
Gigartinacées
Gigartina acicularis Lamour.
Rhodyméniales
Rhodyméniacées
Fauchea repens (C. Ag.) Mont.
Gloiocladia furcata (C. Ag.) J. Ag.
Chrysÿmenia ventricosa (Lamour.) J. Ag.
Botrÿocladia botryoides (Wulf.) Feldm. comb. nov. (= B. maria
— Chiajeana (Menegli.) Kylin [Wulf.] Kylin).
— Boergesenii Feldm.
Rhodÿmenia Ardissoaei Feldm. nom. nov. (= R. corallicola Ardiss.).
Champiacées
Lomentaria articulata (Huds.) Lyngb.
— linearis Zanard.
— clavellosa (Turn.) Gaillon var .conferta (Menegh.)Feldm
— uncinata Menegh.
Champia parvula (C. Ag.) Flarv.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
275
Chylocladia J^alijormis (Good. et Woodw.) Grev.
— squarrosa (Kütz.) Le Jol.
Castroclonium clavatum (Roth.) Ardiss.
Céramiales
Céramiacées
Lejolisia mediterranea Born.
Ptilothamnion micropterum (Mont.) Born.
Spermoihamnion repens (Dillw.) Rosenv. var. Turneri (Mert.) Ro-
— flabellatum Born. [senv.
— irregulare G- Ag.) Ardiss.
Sphondylothamnium multifidum (Huds.) Nàg.
Griffithsia opuntioides J. Ag.
- — sphaerica Schousb.
— irregularis C. Ag.
— arachnoidea C. Ag.
— Schousboei Mont.
_ — var. minor Feldm. nov. var.
— barbata (Smith) C. Ag.
— sp. nov. ?
Bornetia secundiflora (J. Ag.) Thur.
Monospofa pedicellata (Smith) Solier.
Pleonosporium Borreri (Smith) Nàg.
Calliihamnion tripinnatum (Grat.) C. Ag.
— scopulorum C. Ag.
— tetragonum (Wither.) C. Ag.
* — Brodiaei Harv.
— byssoides Arnott
— tenuissimum (Bonnemaison) Kütz.
—- caudatum J. Ag.
— corymbosum (Smith) Lyngb.
_ — var. secundatum Harv.
Seirospora Griflithsiana Harv.
— humilis Kütz.
— sphaerospora Feldm.
Compsothamnion thuyoides (Sm.) Nàg.
Gymnothamnion elegans (Schousb.) J. Ag.
Dohrniella neapolxiana Funk.
Antithamnion Plumula (Ellis) Thur.
_ — var. Bebbii (Reinsch) Feldm. comb. nov.
— tenuissimum (Hauck.) Schiffner
— Spirographidis Schiffner
276
]. FELDMANN
Antithamnion cruciatum (Ag.) Nag.
— — var. radicans (J. Ag.) Hauck
Platythamnion crispum (Ducluz.) Feldm. comb. nov. (= Antitham -
Hymenoclonium serpens (C rouan) Batt. (1) [nion crispum Thur.)
Crouania attenuata (Bonem.) J. Ag.
— bispora Crouan
— procera Feldm. nov. sp.
IVrangelia penicillata C. Ag.
Ceramothamnion adriaticum Schiller
Ceramium Bertholdi Funk
— transversale Collins et Hervey
— tenuissimum (Lyngb.) J. Ag.
— elegans Ducluz.
— diaphanum (Lightf.) Roth
— strictum Grev. et Harv.
— orthocladum Schiffner
— circinatum (Kütz.) J. Ag.
— barbatum Kütz.
— tenue J. Ag.
— echionotum J. Ag.
— robustum J. Ag.
— leptocladum Schiffner
Centroceras cinnabarinum (Gratel.) J. Ag.
Microcladia glandulosa (Solander) Grev.
Spyridia filamentosa (Wulf.) Harv.
Rhodomélacées
Laurencia papillosa (Forsk.) Grev.
— paniculata (C. Ag.) J. Ag.
— obtusa (Huds.) Lamour. a genuina Kütz.
— — — — f. gracilis (Kütz.) Hauck
— — — — f. racemosa (Kütz.).
— (3. laxa (Kütz.) Ardiss.
— pinnatifida (Gmel.) Lamour.
Rodriguezella Strafforellii Schmitz
— Pelagosae Schiffner
Janczervsj^ia verrucaeformis Solms
Ricardia Montagnei Derb. et Sol.
Chondria tenuissima (Good. et Woodw.) C. Ag.
— Boryana (De Notaris) de Toni
(1) Des recherches récentes, entreprises en collaboration avec M"'' G. Mazoyer, nous
ont permis de constater que YHymenoclonium sèrpens (Crouan) Batt. est en réalité le proto-
néma du Bonnemaisonia asparagoidcs et non une espèce autonome.
VÉGÉTATION MARINE DE L A MÉDITERRANÉE
Alsidium corallinum C. Ag.
— Helminthochorton (La Tourette) Nutz.
Polysiphonia sertularioides (Grat.) J. Ag.
— tenerrima Kütz.
— pulvinata Kütz.
— dichotoma Kütz.
— deusta (Roth) J. Ag.
— sanguinea (C. Ag.) Zanard.
— subulata (Ducluz.) J. Ag.
— elongata (Huds.) Harvey
— flocculosa (Ag.) Kütz.
— Derbesii Solier
— biformis Zanard.
— furcellata (C. Ag.) Harv.
_ subulifera (C. Ag.) Harv.
_ opaca (C. Ag.) Zanard.
_ Brodiaei (Dillw.) Grev.
_ fruticulosa (Wulf.) Sprengel
— deludens Falkenb.
Pterosiphonia parasitica (Huds.) Falkenb.
_ pennata (Roth) Falkenb.
Brongniartella byssoides (Good. et Woodw.) Schmitz
Dipterosiphonia rigens (Schousb.) Falkenb.
Herposiphonia secunda (C. Ag.) Ambronn
tenella (C. Ag.) Ambronn
Lophosiphonia obscura Falkenb.
Halopitys incurvus (Huds.) Batters
Rytiphloea tinctoria (Clemente) C. Ag.
Vidalia volubilis (L.) J. Ag.
Dasyacées
Dasyopsis plana (C. Ag.) Zanard.
— spinella (C. Ag.) Zanard.
— cervicornis (J. Ag.) Schmitz
Dasya rigidula (Kützing) Ardiss.
— corymbifera J. Agardh
— arbuscula (Dillwyn) C. Ag.
_ ocellata (Grateloup) Harvey
Heterosiphonia Wurdcmanni (Bailey) Falkenb.
Halodictyon mirabile Zanard.
Falkenbergia Hillebrandii (Bornet) Falkenb.
277
Source : MNHN, Paris
278
J. FELDMANN
Delesseriacées
Hypoglossum IVoodtvardii Kütz.
Apoglossum ruscifolium (Turner) J. Ag.
Erythroglossum Lenormandi (Derb. et Sol.) Feldm.
— Sandrianum (Zanard.) Kylin
Balearicum (Rodriguez) J. Ag.
Myriogramme. minuta Kylin
Niiophyllum punctatum (Stackh.) Grev.
Acrosorium reptans (Crouan) Kylin
— uncinatum (J. Ag.) Kylin
— venulosum (Zanard.) Kylin
Caractères de la flore
Comme on le voit par la liste précédente, la flore des environs
de Banyuls est particulièrement riche. Elle est actuellement la plus
riche de toute la Méditerranée et dépasse même en nombre d’espèces
celle du golfe de Naples, qui a pourtant été l’objet, depuis près de
soixante ans, de multiples recherches par une pléiade d’algologues,
italiens et allemands en particulier, et qui a passé jusqu’ici comme
jouissant d’une richesse floristique exceptionnelle.
Le total des espèces observées (496) le long de la côte des
Albères, qui ne dépasse pas 20 kilomètres de longueur à vol d’oiseau,
est à peu près le même que celui indiqué par ARDISSONE en 1886 pour
1 ensemble de la Méditerranée tout entière, dans laquelle il signale
494 espèces.
Il faut toutefois remarquer que cette richesse n’est que relative
et due, pour la plus grande part, à l’exploration attentive effectuée à
toutes les périodes de 1 année, aussi bien en surface qu’en profondeur.
Je ne doute pas que beaucoup de localités méditerranéennes, minu¬
tieusement explorées, ne puissent fournir un contingent d’espèces égal
ou même supérieur à celui que j’ai obtenu à Banyuls.
Enfin, il y a lieu de noter que la flore marine de la Méditerranée
ne mérite nullement la réputation, qu’on lui attribue quelquefois, d’être
plus pauvre que les mers boréales, et que la Manche en particulier
bi les espèces sont de plus petite taille, de recherche et de récolte plus
îmciles, la flore n en est pas moins riche ni moins variée, au contraire.
Il est toujours assez difficile d établir des comparaisons précises
entre la flore de diverses régions dont l'exploration a été inégalement
approfondie. La découverte, aux environs de Banyuls, de nombreuses
especes nouvelles, ainsi que d’espèces qui n’étaient pas encore connues
279
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
dans la Méditerranée, mais seulement d'autres régions souvent éloi¬
gnées, montre que la flore algale de la Méditerranée est encore mal
Aussi, pour beaucoup d’espèces de petite taille susceptibles de
passer facilement inaperçues, il n'est pas possible de tirer des conclu¬
sions définitives de leur présence ou de leur absence dans une région
déterminée. Néanmoins, lorsqu'il s'agit d’espèces de plus grande taifle,
bien caractérisées morphologiquement, il est permis d etre plus attir-
matif sur la réalité de leur absence d’une région determinee, et de
tirer de ces faits des conclusions intéressantes.
En ce qui concerne les algues plus ou moins fréquentes en Medi¬
terranée, et que je n’ai pas réussi à trouver sur les côtes des Alberes,
bien qu’elles ne puissent passer facilement inaperçues, on peut citer
les espèces suivantes :
Dasycladu s vermicularis (Scopoli) Krasser,
Anadyomene stellata (Wulf.) Ag.,
Caulerpa proliféra Lamour.
Zonaria Tournefortii (Lamour.) Mont.,
Galaxaura oblongata (Eli. et Sol.) Lamour.,
Caulacanihus usiulaius (Mert.) Kütz.,
Digenea simplex (Wulf.) Ag.,
Acanihophora Delilei Lam.
Toutes ces espèces sont d’affinités tropicales. Leur absence aux
environs de Banyuls est sans doute imputable à la température rela¬
tivement basse de l’eau en hiver, la moyenne du mois e plus froid
étant de 10°9, inférieure de 2"4 à celle de 1 eau de Monaco et de
5“4 à celle des environs d’Alger. , .,
Par contre, on constate aux environs de Banyuls la presence d un
certain nombre d’espèces d’affinités boréales, qui sont rares ou font
défaut dans d’autres parties de la Méditerranée.
C’est le cas, par exemple, des espèces suivantes ;
Ulothrix flacca,
Ulothrix pseudoflacca,
Stictÿosiphon soriferus,
Peyssonnelia alropurpurea,
Peyssonnelia Harveyana,
Cymnogorigrus norvégiens.
La présence de certaines de ces espèces sur la côte des Albères
ne doit d’ailleurs pas être attribuée à la plus faible température e
l’eau dans cette région, mais plutôt au voisinage relatif de 1 AUan-
tique, car plusieurs d’entre elles se retrouvent sur les cotes d Algérie,
280
]. FELDMANN
alors qu’elles font défaut sur les côtes d’Italie, ainsi que dans la Médi¬
terranée orientale et l’Adriatique.
C’est également le cas pour les espèces suivantes :
Nemoderma tingitanum,
Phyllaria reniformis,
Dasyopsis cervicornis ,
qui ne peuvent être considérées comme des espèces de mer froide.
Il est assez curieux de noter à ce propos que l’aire de répartition
de certaines de ces espèces dans la Méditerranée se superpose très exac¬
tement. C’est le cas, en particulier, du Nemoderma tingitanum, du
Ph\)llaria reniformis et du Gymnogongrus norvegicus, qui sont loca¬
lisés dans la moitié ouest de la Méditerranée occidentale, sur les côtes
de France, d’Espagne et d’Algérie. Leur absence sur les côtes ita¬
liennes est très probable, car elles n’y ont jamais été signalées, bien
qu’il s’agisse d’espèces bien caractérisées ne pouvant pas passer faci¬
lement inaperçues. Ainsi que je l’ai indiqué dans un travail anté¬
rieur (1934), la localisation de ces espèces dans la moitié ouest de
la Méditerranée occidentale ne peut s’expliquer, me semble-t-il, que
par leur origine atlantique et leur pénétration à une date relativement
récente dans la Méditerranée, où elles se sont répandues de proche en
proche, à partir du détroit de Gibraltar, sur les côtes africaine et euro¬
péenne, sans avoir toutefois encore atteint l’Italie.
Comparaison du pourcentage du nombre des Chlorophycées,
Phéophycées et Rhodophycées sur la cote des
Albères, et dans différentes autres régions.
Le nombre des espèces appartenant aux trois grands groupes des
Chlorophycées, Phéophycées et Rhodophycées est proportionnelle¬
ment assez constant dans les différentes localités d’une même région
florale, mais il varie considérablement si l’on envisage la flore de
régions différentes. Le pourcentage des espèces de Chlorophycées,
Phéophycées et Rhodophycées permet de caractériser floristiquement
une région.
Il y a lieu de remarquer, en effet, que le pourcentage du nombre
des espèces des différents groupes est indépendant du nombre absolu
de ces espèces, lorsque ces groupes ont été étudiés d’une manière
homogène.
Un exemple très net, emprunté à Funk (1927, p. 281), met
bien en évidence ce fait.
Quatre listes d’algues marines du golfe de Naples ont été pu-
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
231
bliées à différentes époques par divers auteurs. Le nombre_des_ e^èces
sianalées par ces auteurs varie considérablement (de l/l a J,
néanmoins, le pourcentage du nombre des Chlorophycées, Pheop y-
c ées et Rhodophycées est sensiblement le meme.
C'est ainsi que la liste de Falkenberg (1879) pour
224 espèces, signale 13 % de Chlorophycées 23 % de Ph«i p hycees
et 64% de Rhodophycées^B^THO L D gW -P™
; “ririilï'f Sua y —
171 espèces, donne les pourcentages suivants : 15 %, 2U /c et 03 c
Enfin Funk (1927), avec 423 espèces, indique les pourcentages sui
vants : 15 %, 22 % et 63 %. i
Dans tous ces calculs de pourcentage, je n ai pas tenu comp
des Cyanophycées, groupe souvent négligé par les auteurs de cata¬
logues, qui tantôt le passent entièrement sous silence, tantôt n<
signalent qu’un nombre manifestement insuffisant d especes par P
port aux autres groupes, étudiés en général dune maniéré plus
h ° m °Si l'on examine le tableau ci-joint (Tableau XI), indiquant le
pourcentage des espèces de Chlorophycées, Pheophycees et Rhodo¬
phycées signalées dans différentes régions de 1 Atlantique de 1
Méditerranée, on voit que la proportion de ces differentes algues vane
grandement selon les localités. On constate une diminution Passive
du pourcentage des Phéophycées, et une augmentation parallèle de
celui des Rhodophycées, en allant de la zone arctique vers 1 equatem.
Le pourcentage du nombre des Chlorophycées est moins; variable.
Il est un peu plus faible dans la zone temperee et la Méditerranée
que dans la zone arctique et la zone boréale, par suite de la rarete ou
l'absence, dans ces régions, des espèces des genres Acrostp/ioma.
Spongomorpha, Monostroma, etc., qui caractérisent les meis froides.
Le pourcentage se relève ensuite dans la zone tropicale par app
rition des espèces caractéristiques des mers chaudes (Caulerpacees,
Dasycladacées, Codiacées de la tribu des Flabellanees).
L’étude du rapport du nombre des Rhodophycées à celui des
Phéophycées (£-) est également très démonstrative.
Voisin de l’unité dans la zone arctique et la “"e boreale
(Arctique, Islande, Trondhjem, Suede Fceroe), il atteint 1,5 en
moyenne dans la partie septentrionale de la zone tempeiee n
(Clare Island, île de Man, Cherbourg). Plus au sud. dans les régi
où la flore présente un caractère plus méridional, comme les enviions
de Saint-Malo et la côte basque, le rapport dépasse 2. Dans la
282
/. FELDMANN
TABLEAU XI
Pourcentage du nombre des Chlorophycées, Phéophycées
ET RHODOPHYCÉES DANS DIFFÉRENTES RÉGIONS DE L’ATLANTIQUE
et de la Méditerranée
Région arctique .
(Gain, 1912)
Islande .
(Jonsson, 1912).
Fjord de Trondhjem. . .
(Printz, 1926).
Nombre
des
Phéophycées 1 Rhodophycées
(Kylin, 1907).
(Boergesen. 1903).
re Island (O. de l'Ir
(Cotton, 1912).
(Van Goor, 1923).
Cherbourg et La Hougue
(Hariot, 1912).
Côte basque française . .
(Sauvaceau, 1897).
Gijon .
(Miranda, 1931).
(Feldmann).
lorque.
(Rodriguez, 1889).
fe de Naples.
(Funk. 1927).
(Feldmann).
igno . . .
(Vatova. 1930).
Tanger
(Bornet. 1892).
-anaries ..
(Boergesen, 1925-1930).
Açores .
(O.-C. Schmidt, 1931).
(Farlow, 1880).
ds-Hole (Massachus
(Davis. 1914).
fort (N.-Carol.) . .
(Hoyt, 1920).
Floride
(Taylor, 1928).
nas .
(Howe, 1918).
(Boergesen, 1913-1920).
Brésil .
(Taylor, 1931V
310
24,3
| 36,4
39,3
l.l
194
25,8
34,4
39,8
1.1
299
26,4
33.7
| 39,9
1,2
....
294
24,1
35,7
j 40,1
l.l
202
22,8
36,1
4,.,
1.1
nde) |
384
19,4
32,5
48,1
1.5
... |
).
326
16,9
1 31.9
! 51,2
1.6
162
30,2
1 30.2
1 39.5
1.3
423
22.5
29.3
48,2
1.6
337
18,9
23,3
56,8
2,2
212
10,4
28,3
1 61,3
2.3
276
14,9
25
60,1
2.4
18,6
20,6
60,8
2,9
13,6
18,9
j 67,6
3.5
15
22
63
2,9
18.2
20,2
1 61,6
3
I
25,6
20,8
53,6 |
2,6
•| 272
19,4
21,2
59,4
3.1
• 326
21,2
16,9
61.9
3,7
• | 145 1
20 : 6 1
23.5
55,9 1
I
2.4
i 198
|
20,7 i
29,3
50 J
1,7
•1 200 :
24
32.5
43,5 |
1.3
i 72
23,6 1
20,8
55,6 |
2,6
294 , 32,3 i
19
48,7 j
2.5
470 22,1 |
10,6
67,3 1
4.3
275 J 30,8
12 3
56.9
4,6
327 j 24.5
16,8
58,7
4,2
339 I 24
17,3
58.7
3,3
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
283
zone subtropicale nord, à laquelle appartient la Méditerranée, le rap¬
port—atteint et dépasse 3. Enfin, pour la zone tropicale américaine,
le rapport i est supérieur à 4. Il doit sans doute en être de même sur
la côte africaine, pour laquelle il n’existe malheureusement pas de
liste précise utilisable.
L’intérêt de ces rapports numériques pour caractériser la flore
d’une localité donnée est bien mis en évidence par quelques exemples.
C’est ainsi que Clare Island, au nord-ouest de l’Irlande, présente un
rapport -£■ plus voisin de celui de Cherbourg que de celui des Fœroe,
bien que plus voisin géographiquement de ces dernières îles. Or, la
flore algale de Clare Island possède, relativement à sa latitude, une
flore d’un caractère nettement méridional.
De même la comparaison des chiffres donnés pour Cherbourg et
Saint-Malo met bien en évidence les différences existant entre ces
deux localités voisines. Alors que la flore de Cherbourg est nettement
nordique, celle de Saint-Malo présente de nombreuses espèces d affi¬
nité méridionale (Zanard'mia prototypus par exemple).
Les chiffres donnés pour la Hollande sont un peu aberrants.
Cela tient à la pauvreté de la flore algale de cette côte, presque entiè¬
rement sableuse, où les algues rupicoles ne peuvent s’installer que sur
les digues et les estacades. Le peuplement de ces stations artificielles
s’est effectué récemment au hasard des apports de spores, ou de frag¬
ments d’algues par les courants.
Dans la Méditerranée, le rapport =3,5 pour Minorque est
également aberrant, il doit sans doute être attribué au fait que
RODRIGUEZ a porté plus particulièrement son attention sur les Rho-
dophycées.
Les chiffres donnés pour le nord de l’Adriatique (Rovigno)
d’après le catalogue de Vatova diffèrent sensiblement de ceux des
autres régions de la Méditerranée. Le chiffre très élevé des Chloro-
phycées tient sans doute aux nombreuses espèces microscopiques dé¬
crites par Hansgirg et dont plusieurs sont à rechercher.
Le rapport -5- = 2,6, assez faible, révèle une flore à caractère
plus boréal que dans d’autres régions de la Mediterranée.
CHAPITRE XVI
LES ÉLÉMENTS DE LA FLORE MARINE
DE LA MÉDITERRANÉE ET LEUR ORIGINE
Si nos connaissances sur 1 écologie des algues marines présentent
encore beaucoup de lacunes, celles sur leur chorologie sont encore
plus incomplètes.
Malgré les nombreux matériaux, récoltés sur tous les rivages du
globe, que renferment les herbiers et les nombreux catalogues flo¬
ristiques publiés, il est encore très difficile, à l'heure actuelle, de tracer
d’une manière précise l’aire de répartition d’une espèce.
Beaucoup d’anciens travaux sont d’ailleurs inutilisables à ce
point de vue, les premiers auteurs ayant eu tendance à attribuer à des
formes européennes, qui leur étaient familières, les espèces exotiques
que les voyageurs leur rapportaient de tous les points du globe.
D autres algologues, au contraire, mus par la tendance inverse,
considéraient systématiquement comme constituant des espèces dis¬
tinctes des échantillons d une même espèce provenant de régions éloi¬
gnées les unes des autres.
,^ a vénté est entre ces deux tendances, et, à l’époque actuelle,
1 étude morphologique et anatomique précise permet de séparer les
espèces voisines confondues par les anciens auteurs, et de réunir les
prétendues espèces fondées uniquement sur l’origine géographique
differente des échantillons.
Malheureusement, les monographies modernes sont peu nom¬
breuses, et, pour la plupart des espèces, une étude personnelle des
échantillons est nécessaire pour se faire une idée exacte de leur aire de
répartition. Néanmoins, quelques travaux modernes sur les régions
voisines ou dont la flore est comparable à celle de la Méditerranée,
ainsi que 1 étude du matériel renfermé dans les herbiers, permettent
de dehnir, dans leurs grandes lignes, les éléments principaux qui
constituent la flore algale de la Méditerranée, et de tenter de recher-
cher leur origine.
Dans cette étude, j'envisagerai en même temps que les algues les
monocotyledones marines. Ces dernières sont au nombre de cinq dans
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
285
la Méditerranée (Zoslem marina, Z. nana, Posidoma oceamca Cÿ-
modocea nodosa et Halophila süpulacea). Leur chorologie est d ail¬
leurs beaucoup mieux connue, en général, que celle des algues, grâce
aux travaux d’AscHERSON, d’OsTENFELD et de SETCHELL, et elle
éclaire souvent celle de ces dernières. . ,
En ce qui concerne les algues, les premiers travaux tra ' ta "\ !
leur répartition géographique, ceux de LAMOUROUX (1825-1826) et
de Bory de Saint-Vincent (1828) n’ont plus quun interet his o-
rique, car, à l’époque où ils ont été écrits, nos connaissances algolo-
giques étaient encore trop imparfaites pour permettre de tirer des
conclusions exactes et définitives. . . , .
Parmi les travaux modernes, il y a lieu de rappeler rapidement
ceux de KjELLMAN (1883) sur la flore de hocéan Arctique, de
BORGESEN et JONSSON (1905) sur l’Atlantique nord, de SvEDELIUS
(1924) sur la distribution géographique discontinue des algues mannes
tropicales et subtropicales, et enfin ceux de SETCHELL (1893, 1915,
l920 Siron ) excepte le mémoire de SvEDELIUS (1924), où l’auteur
étudie la distribution géographique de plusieurs especes méditerra¬
néennes, dont il signale l’origine indo-pacifique, il n existe pas, a ma
connaissance, de travaux d’ensemble sur la chorologie des algues mé¬
diterranéennes, et l’on n’a pas essayé, jusqu,ci, de rechercher quels
étaient les éléments qui constituent cette flore et quelle pouvait etre
leur origine. C’est ce que je vais tenter de faire dans ce chapitre. 11
eût été désirable de pouvoir distribuer toutes les especes méditerra¬
néennes dans les divers éléments qui constituent cette flore, et d attri¬
buer à toutes leur origine exacte. Mais un tel travail est encore irréa¬
lisable dans l’état actuel de nos connaissances, et je suis oblige de
m’en tenir à quelques exemples précis, autour desquels viendront s en
grouper d’autres, au fur et à mesure que nos connaissances sur la cho-
roloeie des algues marines deviendront plus précises.
On peut distinguer, dans l’ensemble de la flore marine de la
Méditerranée, cinq éléments principaux .
1. Elément cosmopolite.
2. Elément pantropical.
3. Elément indo-pacifique.
4. Elément atlantique, que l’on peut subdiviser en
a) Elément atlantique boréal;
b) Elément atlantique tropical.
5. Elément endémique.
2E6
/. FELDMANN
Élément cosmopolite. Cet élément comprend un petit nombre
d’espèces, la plupart ubiquistes, très eurythermes et très euryhalines,
qui se retrouvent dans toutes les mers du globe et sous toutes les lati¬
tudes.
A cet élément appartiennent par exemple l’Ulva lactuca, plu¬
sieurs Enteromorpha, etc. D’autres espèces, plus exigeantes vis-à-vis
de la température, font défaut dans les régions arctiques et antarc¬
tiques, mais sont largement répandues dans toutes les régions tropicales
et tempérées. C est le cas, par exemple, de nombreuses Cyanophycées
et d’un nombre plus restreint de Chlorophycées ( Codium dicho-
tomum), de Phéophycées (Colpomenia sinuosa sensu lato) et de
Rhodophycées. Quant aux genres cosmopolites, ils sont très nombreux.
Quelques espèces, parmi les cosmopolites, peuvent être qualifiées
de bipolaires, car elles se retrouvent dans toutes les mers froides et
tempérées des deux hémisphères, mais font défaut dans les régions
tropicales. C’est le cas, par exemple, du Scÿlosiphon Lomenlaria,
fréquent dans l’océan Arctique, l’Atlantique Nord (y compris la
Mediterranée) et le Pacifique Nord, qui fait défaut dans les régions
tropicales, mais réapparaît dans l’hémisphère austral sur les côtes de
1 Amérique du Sud, à 1 île Saint-Paul, à Kerguelen, ainsi qu’en Tas¬
manie et en Nouvelle-Zélande.
Le nombre des espèces cosmopolites est en somme très restreint,
et il a beaucoup diminué depuis que l’étude systématique des algues
est devenue plus précise.
Beaucoup d algues exotiques, primitivement identifiées à des
espèces européennes et considérées comme cosmopolites, se sont révé¬
lées différentes selon leur origine et devront constituer des espèces
distinctes, voisines les unes des autres, mais ayant chacune une aire
de répartition plus restreinte.
Élément oantropical. Cet élément est constitué par les espèces
reparties dans toutes les mers chaudes : Méditerranée, Atlantique
tropical et subtropical, mer Rouge, océan Indien, océan Pacifique
tropical et subtropical.
ec pèces de ce groupe sont relativement peu nombreuses dans
la Méditerranée, où la température hivernale est sans doute trop faible
pour beaucoup d’entre elles.
Paimi celles qui y sont fréquentes, on peut citer YHalimeda
I una (Chlorophycée), qui, ainsi que le montre la carte ci-jointe
(ng. 21), est répandue dans toutes les mers chaudes. C’est également
le cas de 1 Hydroclathrus clathratus, parmi les Phéophycées, et des
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
287
Source : MNHN, Paris
288
y. FELDMANN
Rhodophycées suivantes : Hypnea musciformis, Centroceras clavu-
latum, Digenea simplex (fig. 21), Taenioma perpusillum, etc.
Outre les espèces pantropicales, il existe, dans la Méditerranée,
un certain nombre de genres pantropicaux représentés dans les diffé¬
rents océans par des espèces distinctes.
Parmi les genres pantropicaux, on peut citer des Chlorophycées
( Acetabularia , Valonia, Anadyomene, Udotea, Caulerpa) , des Phéo-
phycées {Zonaria, Sargassum) et des Rhodophycées ( Liagora , Cala-
xaura, Wrangelia, Amphiroa ).
Les espèces pantropicales présentent actuellement une aire dis¬
jointe puisqu’elles ne remontent pas vers le nord jusqu’à l’océan Gla¬
cial Arctique, et qu’elles n’atteignent même pas, vers le sud, le cap de
Bonne-Espérance, ni le cap Horn. Leur aire de répartition actuelle
est donc constituée par deux domaines isolés l’un de l’autre : l’Atlan¬
tique tropical et la Méditerranée d’une part, l’océan Indien et le
Pacifique de l’autre, séparés par l’isthme de Suez et celui de Panama.
L’existence de ces espèces pantropicales suppose des communi¬
cations ouvertes entre ces différents océans. Elles existaient donc avant
l’établissement des barrières que constituent les isthmes de Suez et de
Panama, elles remontent par conséquent à l’époque où s’étendait
d’une rive à l’autre du Pacifique un grand océan transversal, et
peuvent être considérées comme représentant le reste de la végétation
de la Téthys.
Beaucoup d’espèces pantropicales, dont l’aire était alors conti¬
nue, ont dû disparaître de la Méditerranée pendant les périodes gla¬
ciaires, par suite du refroidissement des eaux à cette époque. C’est ce
qui a dû avoir lieu, par exemple, pour le Neomeris annulata, Dasy-
cladacée pantropicale à aire discontinue, actuellement, et dont l’aire
était autrefois plus étendue puisqu’elle est connue à l’état fossile des
dépôts lutétiens du bassin de Paris et auversiens de Bretagne et du
Cotentin (L. et J. Morellet).
La naturalisation de certaines espèces pantropicales dans la Mé¬
diterranée, comme par exemple celle du Caulerpa racemosa, qui s’y
est introduit récemment par le canal de Suez, montre qu’à l’époque
actuelle le réchauffement de la Méditerranée permettrait, à certaines
de ces espèces, de s y développer tout au moins dans les régions les
plus chaudes de cette mer (golfe de Gabès, côtes de Syrie).
Elément indo-pacifique- Cet élément ne renferme, dans la
Méditerranée, qu’un petit nombre d’espèces. La Méditerranée et
1 océan Indien et le Pacifique ayant surtout, en commun, des genres
représentés dans ces deux régions par des espèces différentes.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
289
Parmi les quelques espèces communes à la Mediterranee et a
l'océan Indien, et qui ne se retrouvent pas dans l’Atlantique, on peut
citer une Rhodomélacée, l ’Acanthophora Delüet Lamour., localisée
dans la Méditerranée, surtout dans la partie orientale de cette mer,
et qui se rencontre, en outre, dans la mer Rouge et 1 océan Indien
(fig. 22).
Contrairement à Y Acanthophora Delilei, dont l’existence dans
la Méditerranée est ancienne, certaines plantes marines communes à
la région indo-pacifique et à la Méditerranée sont d’importation ré¬
cente dans cette mer. Elles y ont pénétré depuis le percement du
canal de Suez, grâce à celui-ci. C’est ce qui a eu lieu, par exemple,
pour une Hydrocharitacée : Halophila stipulacea (Forsk.), plante de
la partie occidentale de l’océan Indien, de Suez aux Mascareignes, et
qui a été observée, pour la première fois, dans la Méditerranée, en
1894, par K. FRITSCH, dans le port de Rhodes, et retrouvée récem¬
ment par J. PoLIT 1S dans plusieurs localités de la mer Egée. La pré¬
sence de cette espèce dans le grand lac Amer (A. GrUVEl), sur le
trajet du canal de Suez, est d’ailleurs un témoin de sa migration
récente de la mer Rouge vers la Méditerranée.
Le cas de VHalophila stipulacea est à rapprocher de celui du
Caulerpa racemosa, signalé plus haut, et aussi de celui de la petite
Pintadine de la mer Rouge (Meleagrina albina) , qui, depuis le per¬
cement du canal de Suez, a pénétré dans la Méditerranée, où elle
s’est naturalisée et est devenue extrêmement abondante sur les côtes
de la petite Syrte (golfe de Gabès), ainsi que sur les côtes syriennes
19
Source : MNHN, Pans
290
l FELDMANN
jusqu’au nord de Beyrouth. Parmi les genres communs à la Méditer¬
ranée et à l’Indo-Pacifique, et représentés dans ces deux régions par
des espèces différentes, on peut citer deux genres d'algues crustacées,
qui n’étaient connus jusqu’ici que de l’Indo-Pacifique et dont j’ai
découvert des représentants méditerranéens à Banyuls.
Le premier de ces genres ( Mesospora Weber-van-Bosse) est une
Phéophycée de la famille des Ralfsiacées. On n’en connaissait
jusqu’ici que deux espèces : la première, Mesospora Schmidtii Weber
v.-B., est assez répandue dans l’archipel indo-malais; la seconde,
Mesospora Van-Bosseae Borgesen, n’est connue que du Pacifique
sud à 1 île de Pâques; la troisième espèce du genre, Mesospora medi-
terranea Feldm., se rencontre à Banyuls ainsi qu’aux environs d’Alger.
Le genre Ethelm a été créé par M" Weber van Bosse, pour
des Squamariacées de l’océan Indien et du Pacifique, que leur struc¬
ture anatomique distingue nettement des autres genres de cette famille.
Ce genre renferme cinq espèces dont quatre sont indo-pacifiques :
Ethelia biradiata Weber-v.-B., qui est connu de Bornéo et des
Seychelles, E. Fosliei Weber-v.-B., de la côte orientale de Timor,
E. australis (Harvey) Weber-v.-B., de Malaisie et d’Australie, et
£. pacifica Borgesen, décrit plus récemment de l’île de Pâques. La
cinquième espèce, E. Van-Bosseae Feldm. est méditerranéenne et
assez fréquente à Banyuls, en dragage, sur les fonds coralligènes.
Un autre genre de Rhodophycée peut être rapproché des deux
précédents : c’est le genre Rhizophyllis Kütz., dont pendant longtemps
on n a connu qu une seule espèce endémique dans la Méditerranée :
R. Squamariae Kütz. ; en 1924, F. Borgesen en a décrit une seconde
espèce de 1 île de Pâques : R. pacifica, très différente morphologi¬
quement de la précédente, et j'en ai trouvé à Banyuls une troisième
espece, épiphyte sur le Codium Bursa : R. Codii Feldm., qui pré-
sente beaucoup d affinités avec l’espèce pacifique.
On peut également citer, d’après SvEDELIUS (1924), comme
appartenant à des genres d'origine indo-pacifique, le Codium Bursa
et le Vidalia volubilis, espèces méditerranéennes dont les plus proches
parentes se rencontrent dans l’Indo-Pacifique, où vit la majorité des
espèces de ces genres.
Parmi les monocotylédones marines, le genre Posidonia fournit
egalement un exemple très net de genre commun à la Méditerranée
et a 1 Indo-Pacifique. Ce genre ne comprend, en effet, à l'époque
actuelle que deux espèces, l’une, Posidonia océanien, est très abon¬
dante dans toute la Méditerranée (sauf la mer Noire, où la tempé¬
rature hivernale est trop basse pour permettre le développement de
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
291
cette espèce), et qui s’étend au delà du détroit de Gibraltar, dans les
régions voisines de l’Atlantique.
L’autre espèce, Posidonia australis , est localisée le long des
côtes sud de l’Australie. On peut supposer avec OsTENFELD (1918)
que ces deux espèces de Posidonia représentent les derniers survivants
d’un genre originaire de l’océan Indien, et qui a disparu de sa patrie
d’origine après s'être répandu vers le nord et vers le sud.
Il en est de même pour le Cymodocca nodosa de la Méditerra¬
née et des côtes atlantiques de l’Afrique sub-tropicale. Le genre
Cymodocea est pantropical, mais le Cxirnodocca nodosa appartient au
sous-genre Phycagrosiis, dont toutes les autres espèces sont indo-paci¬
fiques. L’une d'elles, Cymodocea rotundala, très affine au Cymodocea
nodosa, est largement répandue dans la mer Rouge et 1 océan Indien,
depuis Suez jusqu’en Malaisie et en Nouvelle-Guinée.
L’existence dans la Méditerranée d’un élément indo-pacifique
notable suppose l’existence, à une certaine époque, d’une communi¬
cation ouverte entre la Méditerranée et la mer Rouge et 1 océan Indien.
C’est ce qui a eu lieu au tertiaire, c’est donc de cette époque qu il
faut dater l’immigration dans la Méditerranée des espèces indo-paci¬
fiques que l’on y rencontre actuellement.
Élément atlantique.— L’élément atlantique de la flore marine
méditerranéenne est de beaucoup le plus riche en espèces. On peut y
distinguer deux éléments d’origine différente : un élément atlantique
tropical et un élément atlantique boréal.
L’élément atlantique tropical est constitué par les espèces
communes à la Méditerranée et à 1 Atlantique tropical et subtropical.
Parmi ces espèces, on peut distinguer d’abord celles qui, en dehors
de la Méditerranée, se trouvent sur les côtes atlantiques du sud du
Portugal et de l’Espagne, sur les côtes occidentales d’Afrique (Maroc,
Mauritanie), ainsi qu’aux Canaries et aux Açores. Ces espèces,
communes à la Méditerranée et à la région lusitano-africaine, telle
que je l’ai définie dans un travail antérieur (1934), peuvent être qua¬
lifiées de méditerranéo-lusitano-africaines. Certaines d’entre elles, plus
eurythermes, remontent vers le nord jusque dans la Manche et sui les
côtes sud de l’Angleterre. Citons, parmi ces espèces méditerranéo-
lusitano-africaines : Acetabularia mediterranea, Udotea petiolata,
Pseudochlorodesmis furcellata (Chlorophycées), Nereia filiformis
(Phéophycées), Gracdana afmata, Alsidium cofallinum, Chtysyme-
nia Chiajeana (Rhodophycées).
Certaines de ces espèces ont vraisemblablement une origine médi¬
terranéenne et se sont répandues en dehors de la Méditerranée par le
détroit de Gibraltar. C’est le cas, par exemple, du Codium Bursa,
292
J. FELDMANN
qui, outre la Méditerranée, est connu sur les côtes d’Europe, en
Espagne, au Portugal, en France, et jusqu’au sud de l’Angleterre et
de l’Irlande, et sur les côtes africaines, au Maroc et aux Canaries.
Ainsi que l’a montré SvEDELlUS (1924), cette espèce est d’origine
indo-pacifique, toutes les autres espèces, sauf une : Codium Elisa-
bethae O.-C. Schmidt, récemment découverte aux Açores, appar-
Fig. 23. — Carte de la répartition du Caulerpa proliféra (Forsk.) Lamx.
Exemple d’espèce méditerranéo-atlantique tropicale.-
tenant à la section Bursae De Toni, étant localisées dans l’océan
Indien et l'océan Pacifique (C. pomoides J. Ag. d’Australie, C. ovale
Zanard. des Seychelles, de Malaisie et de Nouvelle-Guinée, C. Ma-
millosum Harvey du Cap, d Australie, de Tasmanie, de Nouvelle-
Zélande et du Japon). L'extension du Codium Bursa a donc dû se
faire d’est en ouest, en sortant de la Méditerranée par le détroit de
Gibraltar. D’autres algues, au contraire, ont sans doute une origine
atlantique, et leur extension a dû se faire de l’Atlantique vers la Médi¬
terranée, dans un sens opposé à celui des espèces précédentes.
Un cas plus intéressant à considérer est celui des espèces médi¬
terranéennes, qui se retrouvent sur les deux rives (africaine et améri¬
caine) de l’Atlantique tropical.
Un certain nombre d’algues de la Méditerranée existent en
effet à la fois sur les côtes occidentales d’Afrique et aux Canaries, et
dans la région caraïbe (Antilles, côtes atlantiques de l’Amérique
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
293
centrale. Floride, Bermudes). Citons, par exemple : Dasydadus ver-
micularis (Scopoli) Krasser, Halicystis parvula Schmitz (espece qm
n était connue jusqu’ici que dans la Méditerranée et que j ai decou¬
verte récemment à la Guadeloupe), Cauhrpa proliféra Lamour
(Fig. 23) parmi les Chlorophycées ; Galaxaura oblongata (bll. et
Sol.) Lamour. (C. adriatica Zanard.), Crateloupia dichotomaj. Ag.,
Lomentaria uncinata Menegh., Wurdemanma mmmta (Drap.)
Feldrn. et Hamel, Crouania attenuata (Bonnem.) J. Ag., Lophosi-
phonia obscura J. Ag., etc... parmi les Rhodophycées. ,
La présence de ces espèces à la fois sur les côtes tropicales de
l'ancien et du nouveau monde ne peut s expliquer par le transport e
spores ou de fragments fertiles par les courants. En effet, les especes
les plus favorisées sous ce rapport : les Fucacées, des genres Cpsfo-
seira et Sargassam, qui sont pourvues d’aérocystes pleins de gaz,
servant de flotteurs et leur permettant de se maintenir pendant très
longtemps à la surface de l'eau, sont localisées sur l’un ou l autrc
bord de l'Atlantique. Les Cystoseira, si abondants dans la Mediter¬
ranée et sur les côtes atlantiques du sud de l’Europe et du nord-ouest
de l’Afrique, font pratiquement défaut en Amérique, et le genre
Sargassum, bien représenté dans l'ancien continent et surtout en Amé¬
rique, l’est, dans ces deux régions, par des espèces, ou tout au moins
par des variétés différentes.
Les analogies existant entre la flore marine de la Mediterranee
et celle de l’Amérique tropicale ne peuvent s’expliquer qu’en suppo¬
sant l’existence de moyens de communications entre ces deux régions,
séparées à l’époque actuelle par un océan profond constituant une
barrière absolument infranchissable.
La biogéographie fournit beaucoup d’autres faits militant en
faveur de l’hypothèse de l’existence de communications terrestres entre
les deux rives de l’Atlantique subtropical. Parmi les êtres marins en
particulier, le cas des lamantins ( Manatus) , qui sont connus à la fois
dans la région caraïbe et sur les côtes occidentales d Afrique, est tout
à fait comparable à celui des algues. Les lamantins, en effet, sont des
mammifères marins herbivores, qui ne s’éloignent jamais des côtes et
sont incapables d’effectuer des voyages prolongés sans se reposer sur
la terre ferme. Leur aire de répartition, disjointe actuellement, sup¬
pose donc, comme dans le cas des algues, 1 existence, à une certaine
époque, d’une ligne de rivage ou d'une succession d îles peu éloignées
les unes des autres, unissant l’Afrique et 1 Amérique tropicale. On
sait que l’existence de telles communications entre 1 ancien et le nou¬
veau continent est généralement admise aujourd hui, et diverses hypo¬
thèses ont été envisagées pour les expliquer (hypothèse de 1 Atlan¬
tide, théorie de la dérive des continents de WEGENER).
294
]. FELDMANN
Fig. 25. Carte de Ja répartition du Cÿmnogongrus norvegicus (Gunn.) J. Ag.
Exemple d espèce atlantique boréale existant à la fois sur les côtes européennes et américaines,
et localisée, en Méditerranée, dans la partie occidentale de cette mer.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
295
L’élément atlantique boréal, le plus récent et le plus important,
comprend, soit des espèces boréales-atlantiques strictes, soit des
espèces circumboréales.
Les espèces boréales-atlantiques sont celles qui, outre la Médi¬
terranée, sont localisées dans : 1*Atlantique nord^ soit exclusivement
sur les côtes européennes, soit à la fois sur les côtes d Europe et de
l’Amérique du nord. Ce sont, en général, des espèces d’eau tempérée
ou froide, dont beaucoup atteignent, dans la Méditerranée, la limite
méridionale de leur aire.
Parmi les espèces localisées dans 1 Atlantique nord sur les côtes
européennes, on peut citer : Taonia atomaria (Phéophycée), Bonne-
maisonia asparagoides, Sphaerococcus coronopifolius (Fig. 24), Calli-
thamnion granulatum, Halopitys incurvus (Rhodophycees).
D’autres espèces sont communes aux deux rives européenne ^et
nord-américaine de l’Atlantique : c’est le cas, en particulier, des
Stilophora rhizodes , Cutleria multifida (Phéophycées), et des Cpm-
nogongrus norvegicus (Fig. 25), Chondria dasyphÿlla (Rhodophy-
cées).
Ces espèces, communes aux deux rives de 1 Atlantique, doivent
être considérées comme plus boréales que celles localisées sur les côtes
européennes, leur migration s’étant effectuée par le nord de 1 Atlan-
tique, par l’Islande et le Groenland, alors que beaucoup d’espèces
nord-atlantiques européennes ne dépassent pas, vers le nord, la
Grande-Bretagne.
Fes espèces circumboréales sont peu nombreuses dans la Médi-
terranée. Il s'agit d’algues de mers froides, qui se rencontrent dans
l’Atlantique nord, sur les côtes européennes et américaines, et dans
l’océan Pacifique, le long des côtes américaines (de l’Alaska a la
Californie), et des côtes asiatiques (Kouriles, Japon, Corée).
Parmi les espèces circumboréales existant dans la Méditerranée,
où elles atteignent, pour la plupart, la limite méridionale extrême de
leur aire, on peut citer : Ùlothrix flacca et Ulolhnx pseudoflacca
(Chlorophycées), Ralfsia verrucosa (Phéophycée), Porphyra umbi-
licalis, Cymnogortgrus Criffithsiae (Rhodophycées).
Parmi les espèces circumboréales, certaines se rencontrent encore,
à l’époque actuelle, dans l’océan Glacial Arctique ; leur aire est donc
continue.
Ces espèces arctiques ne vivant que dans des eaux à basse tem¬
pérature, ne dépassent guère, sur les côtes d Europe, le nord de la
Scandinavie, et il n’en existe aucune dans la Méditerranée. Un
nombre plus grand d’espèces circumboréales possèdent une aire discon¬
tinue, elles se rencontrent sur les deux rives de 1 Atlantique nord et
296
J. FELDMANN
du Pacifique nord, mais ne remontent pas jusqu’à l’océan Glacial.
Dans certains cas, il peut s’agir d’espèces originaires de l’océan Gla¬
cial Arctique, qui ont été repoussées vers le sud lors des périodes
glaciaires, et qui, moins aptes que les espèces exclusivement
arctiques à supporter les températures très basses de l'océan Glacial,
n'ont pu ensuite réoccuper vers le nord leur aire primitive, qui s’est
trouvée disjointe (K.JELLMAN, 1883). C’est à ce groupe d’espèces
qu’appartiennent vraisemblablement les Ulothrix flacca et pseudo-
flacca, qui, dans la Méditerranée, font figure de reliques glaciaires.
Le groupe des Ulothrix marins étant surtout bien représenté actuelle¬
ment dans les régions arctiques.
Dans d autres cas, les espèces communes à l’Atlantique et au
Pacifique nord, et n’existant pas dans l’océan Glacial, représentent,
sans doute, des espèces d’origine plus méridionale, qui se sont répan¬
dues de 1 Atlantique vers le Pacifique, ou vice versa, par l’océan
Glacial Arctique à des époques où sa température n’était pas trop
basse, et dont l’aire est devenue discontinue par suite de leur dispa¬
rition ultérieure de cet océan, disparition causée soit par son refroi¬
dissement, soit encore par 1 abaissement de sa salinité, produit par
1 afflux considérable d eau douce par les grands fleuves sibériens, par
exemple.
C est ce qui s est produit pour la monocotylédone marine
Zostera marina, espèce fréquente actuellement dans la Méditerranée,
sur les côtes européennes, mais qui fait défaut sur les côtes africaines
de cette mer. Dans 1 Atlantique, le Zostera marina se rencontre sur
toutes les côtes européennes, jusqu’au nord de la Scandinavie (côte
mourmane), en Islande et dans une localité isolée du sud-ouest du
Groenland, le long des côtes américaines du golfe du Saint-Laurent
à la Caroline du Nord.
Dans le Pacifique nord, cette espèce se retrouve le long des
cotes américaines, des îles Aléoutiennes à la Californie, et en Asie,
sur les côtes du Japon et de Corée.
Comme c est le cas pour la plupart des monocotylédones
mannes sinon de toutes, le Zostera marina est vraisemblablement ori¬
ginaire de la région indo-pacifique, peut-être du Japon, où KoRIBA
et Miki ont décrit, du crétacé supérieur, sept espèces d’Archaezoslera
quils considèrent comme étant les ancêtres du genre Zostera (cf
Setchell, 1935, p. 571).
Du Pacifique, le Zostera marina se serait donc étendu vers le
nord, jusque dans 1 océan Glacial Arctique, par où il aurait pu passer
du Pacifique dans l’Atlantique.
Les espèces atlantiques ont pu pénétrer dans la Méditerranée à
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
297
partir de la fin du tertiaire (Néogène supérieur). Les variations consi¬
dérables du climat, qui ont eu lieu au quaternaire, ont favorisé tantôt
l'immigration d’espèces boréales, tantôt celle d’espèces tropicales. Pen¬
dant les périodes glaciaires, le refroidissement considérable des eaux
de l'Atlantique nord et de la Méditerranée a favorisé l’extension vers
le sud et la pénétration, dans la Méditerranée, d’espèces boréales
telles que les Ulothrix, par exemple. Au contraire, lors des périodes
de réchauffement interglaciaire, des espèces tropicales, remontant le
long des côtes africaines, ont pu pénétrer dans la Méditerranée.
L’étude des faunes de mollusques, qui se sont succédées dans la
Méditerranée au cours du quaternaire, et pour lesquelles les docu¬
ments paléontologiques sont abondants, met nettement en évidence ces
alternatives de peuplement par des espèces boréales et tropicales.
Pour certaines espèces d’algues, il serait possible de déteiminer
l’ancienneté relative dans la Méditerranée, par l’examen de leur
répartition actuelle dans cette mer. Certaines, en effet, dont 1 immi¬
gration est sans doute récente (Callibtepharis jubata, par exemple),
ne se trouvent dans la Méditerranée que sur les côtes nord-africaines
et à Naples, où elles ont été amenées par le courant océanique péné¬
trant par le détroit de Gibraltar et longeant les côtes d Algérie et de
Tunisie, pour remonter ensuite vers l’Italie. D’autres espèces (Gymno-
gongrus norvegicus, par exemple) sont limitées à la Méditerranée
occidentale et font défaut dans la Méditerranée orientale, l’Adriatique
et la mer Egée, tandis qu’il en existe beaucoup répandues dans toute
la Méditerranée, où elles ont dû immigrer à une époque plus ancienne
que les précédentes. Il faut toutefois remarquer que la vitesse de
propagation doit être variable selon les espèces, et que, par conséquent,
les conclusions que l’on pourrait tirer de leur répartition géographique
actuelle restent hypothétiques.
Élément endémique. L’élément endémique est constitué par
les espèces qui sont localisées exclusivement dans la Méditerranée.
On peut y distinguer un élément paléoendémique et un élément néo¬
endémique.
L’élément paléoendémique comprend les espèces d’origine sans
doute très ancienne, qui ne montrent aucune parenté étroite avec
d’autres espèces existant dans les régions voisines. Si 1 on fait abstrac¬
tion d’un bon nombre d’espèces de taille réduite, qui n ont été
jusqu’ici observées que dans la Méditerranée, mais dont un certain
nombre se retrouvera sans doute ailleurs, où elles ont passé jusqu ici
inaperçues, on peut dire que l’élément paléoendémique méditerra¬
néen est assez réduit. A cet élément appartient le Rissoella verru-
298
]. FELDMANN
culosa, espèce monotype d’un genre constituant à lui seul la famille
des Rissoellacées (1). Le genre Rissoella est peut-être le seul que l’on
puisse considérer avec certitude comme endémique dans la Médi¬
terranée.
Parmi les espèces méditerranéennes paléoendémiques, on peut
citer le Laminaria Rodriguezii Bornet, espèce très différente de toutes
celles de 1 Atlantique nord et qui, par sa base stolonifère, se rap¬
proche par contre de certaines espèces du Pacifique nord.
On peut qualifier de néoendémiques les espèces et les variétés
localisées dans la Méditerranée, mais présentant des liens d’étroite
parenté avec d autres formes existant dans des régions voisines, et en
particulier dans l’Atlantique nord.
Il s agit alors d espèces vicariantes, dérivant d’espèces atlan¬
tiques qui, en pénétrant dans la Méditerranée, ont subi, sous l’in¬
fluence d un milieu différent de leur milieu originel, des modifications
morphologiques telles qu’elles constituent maintenant, soit des espèces
distinctes, soit des variétés des espèces atlantiques qui leur ont donné
naissance.
C’est ainsi qu’au Phyllophora epiphylla (Müll.) Batters (P.
rubens [L.] Grev.) de 1 Atlantique nord correspond, dans la Médi¬
terranée, le Phÿllophora nervosa (D. C.) Grev. (Fig. 26). De même,
le Polÿsiphonia fruticulosa de 1 Atlantique est représenté, dans la
Méditerranée, par la variété Wulfenii Born., variété qui, à Tanger,
au point de contact de 1 Atlantique et de la Méditerranée, coexiste
avec la forme atlantique (BoRNET, 1891).
Le Ceramium ciliatum Ducluz., très répandu dans l’Atlantique,
est représenté dans la Méditerranée par une forme spéciale, considérée
comme une espèce distincte par J. Agardh (C. robustum J. Ag.) et
qui se distingue, en particulier, de la forme atlantique par ses aiguil¬
lons, formés de cinq cellules en général, alors que ceux de la forme
atlantique n’en possèdent que trois.
Le cas des Cystoseira étudiés par Sauvageau (1912-1920) est
également très net. Les espèces de ce genre sont très nombreuses dans
la Méditerranée, la plupart d’entre elles y sont endémiques, mais il est
possible d établir leur filiation à partir des espèces atlantiques qui leur
ont donné naissance.
(Mont ) ' I Ar/r CSP T e . S de R p S ° cla été d6crites : Ris oeila Jenïculata
saœs i,énle - ne “ rab,c pas
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
299
Fig. 26. — Carte de la répartition du Phyllophora epiphylla (Müll.) Batt. (+)
et du Phyllophora ncrvosa (D.C.) Grsv. (•)
Exemple de répartition de deux espèces vicariantes : 1 une, atlantique boreale ;
l’autre, méditerranéenne.
C’est ainsi, par exemple, que du Cystoseira ericoides C. Ag.,
espèce atlantique qui ne pénètre dans la Méditerranée que sui les
côtes algériennes, dérivent, dans la h'iediterranee occidentale, le Ctps-
toseira mediterranea Sauv., qui en est très voisin, ainsi que le Cÿsto-
seira stricla Sauv. Le C. sedoides (Desf.) Ag., qui appartient au
même groupe d’espèces, et qui est spécial aux côtes d Algérie et du
nord de la Tunisie, est déjà très différent, morphologiquement, du
C. ericoides.
Une modification plus accentuée du C. ericoides a donné nais-
300
J. FELDMANN
sance au C. balearica Sauv. des Baléares, et au C. caespitosa Sauv.
des Baléares et des côtes catalanes, ainsi qu’au Cystoseira amentacea
Bory du Péloponèse.
Le cas de cet élément néoendémique, d’origine atlantique, est
à rapprocher de celui de l’élément atlantique, dont l’origine est la
même.
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Ce mémoire, consacré à l’étude de la végétation manne de la
Méditerranée occidentale, est le résultat de recherches entreprrses sur
la côte des Albères, entre Argelès et Cerbère. Il est divisé en trois
parties. _
La première est consacrée au milieu marin et à l’étude des diffe¬
rents facteurs agissant sur la répartition des algues.
Après avoir décrit (Chap. I) la topographie littorale, la géologie,
la bathymétrie et la bathylithologie de la région explorée, j’étudie
(Chap. II) le substratum en insistant sur l’indifférence des algues
marines à l’égard de la nature chimique de celui-ci et sur 1 importance
de sa structure physique; puis, j’apporte mes observations personnelles
sur l’épiphytisme des algues ainsi que sur les algues endophytes, para¬
sites et endozoïques. Parmi ces dernières, j insiste partrculièrement sur
les Cyanophycées spongicoles (Zioocyanelles).
Le Chapitre III est consacré à l’étude des mouvements de la mer
et de l’agitation de l’eau. Si l'influence biologique de la marée est peu
importante dans la Méditerranée, celle de l’agitation de l’eau est
considérable et je mets en évidence l’action mécanique et l’influence
de ce facteur sur la composition de l’eau et sa température.
L’étude de l'émersion et de son influence biologique constitue le
Chapitre IV ; j’y indique les différents modes d’adaptation à ce facteur.
La profondeur et la pression (Chap. V) ne semblent pas avoir
en eux-mêmes une importance biologique particulière, et les différences
considérables, existant entre la flore de surface et celle localisée en
profondeur, doivent être attribuées à la réduction de l’éclairement et
à la constance plus grande de la température. Un tableau résumant
la répartition en profondeur de toutes les algues de la côte des Albères
termine ce chapitre.
L’influence de la lumière (Chap. VI) est, au contraire, très
importante. Après avoir rappelé nos connaissances sur ce sujet (Vana¬
tions quantitatives et qualitatives de la lumière en fonction de la pro¬
fondeur, etc.), j’étudie l’action biologique de ce facteur sur la répar¬
tition des algues, en particulier, la limite inférieure de la végétation
marine dans différentes régions. L’étude de l’adaptation des algues
302
J. FELDMANN
aux différents éclairements m’a conduit à faire quelques observations
sur l’iridescence des algues et, en particulier, des Floridées. J’ai signalé
de nouveaux exemples d’algues iridescentes et indiqué les caractères
morphologiques, microchimiques et cytologiques des divers corps iri¬
sants des Floridées que l’on peut grouper sous quatre types (type
Callithamnion, type Laurencia, type Gastroclonium et type Och-
todes ). J’apporte également quelques observations personnelles sur le
rapport entre la coloration pigmentaire des algues et l’intensité de
l’éclairement qu’elles subissent, et j’attire l’attention sur la fréquence
des Cyanophycées à phycoérythrine vivant en profondeur à Banyuls.
Le Chapitre VII est consacré à l’étude de la température de
l’eau de mer à Banyuls (variations annuelles, nycthémérales, en fonc¬
tion de la profondeur, etc.) et j’indique que l’écart annuel de la tem¬
pérature de la mer dans la Méditerranée permet à la fois le dévelop¬
pement, à des saisons opposées, d’espèces à affinités tropicales et
d’espèces boréales.
L’étude de la composition chimique de l’eau de mer, qui constitue
le Chapitre VIII, renferme mes observations sur la salinité et le pH
des cuvettes littorales où les variations de ces facteurs sont considé¬
rables et influent d’une manière très notable sur la composition de la
flore de ces cuvettes. Je fais également quelques remarques sur la
teneur de l’eau de mer en oxygène et en matières organiques dissoutes.
La deuxième partie de ce mémoire est consacrée à l’étude de la
végétation manne. Il débute par un historique de la phyto-océano-
graphie méditerranéenne (Chap. IX) où je passe en revue tous les
travaux, zoologiques ou botaniques, se rapportant à la répartition des
plantes marines de la Méditerranée. Ce Chapitre se termine par un
tableau de concordance des différentes classifications des zones ou
étages, proposées par les différents auteurs.
Je présente ensuite (Chap. X) une nouvelle classification des
divisions bionomiques en quatre étages (étages supralittoral, littoral,
infralittoral supérieur et infralittoral inférieur), dont je justifie, par
des exemples, les limites proposées. Je définis également les différents
faciès et modes et termine ce chapitre par quelques remarques sur les
groupements végétaux marins.
Il n existait pas, jusqu ici, de classification logique des types bio¬
logiques d’algues marines réellement basée sur leur biologie, les clas¬
sifications proposées jusqu’ici par divers auteurs étant uniquement
morphologiques ou écologiques; aussi ai-je proposé une nouvelle clas¬
sification fondée comme celle de Raunkiaer, pour les végétaux
terrestres, sur la durée de la vie des algues et sur l’état sous lequel
elles passent la saison défavorable.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
303
D’après cela, on peut diviser les algues marines en deux groupes
principaux : les algues annuelles et les algues pérennantes. Les algues
annuelles pouvant être subdivisées en Ephémérophycées, Echpsio-
phycées et Hypnophycées, et les algues pérennantes en Phanérophy-
cées, Chaméphycées, Hémiphanérophycées et Hémicryptophycees.
Mes séjours au bord de la Méditerranée à toutes les époques de 1 an¬
née m’ont permis de préciser le mode de vie et le type biologique de
beaucoup d’espèces. C’est ainsi que le Rissoella verruculosa, consi¬
déré jusqu’ici comme une algue annuelle, est en réalité une algue
pérennante hémicryptophycée, possédant un thalle charnu, discoïde,
pérennant, appliqué sur les rochers, qui persiste seul à la hn de 1 été
et en automne pour donner naissance, en hiver, à de nouvelles frondes
dressées annuelles.
Le Chapitre XII est consacré à l’étude des périodes de végé¬
tation des algues dans la région de Banyuls, comparées à ce qu elles
sont, pour les mêmes espèces dans d’autres régions (Manche en parti¬
culier). Certaines espèces estivales dans la Manche sont hivernales,
dans la Méditerranée; d’autres, hivernales dans la Méditerranée, se
rencontrent toute 1 année dans la Manche.
J’étudie ensuite la phénologie des organes reproducteurs des
algues sur la côte des Albères en donnant des tableaux de toutes les
espèces que j’ai observées fertiles aux différentes saisons de 1 année et
en indiquant, pour chacune d entre elles, la nature des organes repro¬
ducteurs observés.
Le Chapitre XIII, le plus volumineux, renferme l’étude des
associations de plantes marines (Algues et Phanérogames) que j ai
reconnues dans la région de Banyuls. J y étudie successivement, dans
le faciès rocheux et le faciès meuble, les associations des étages supia-
littoral, littoral, infrahttoral supérieur et infralittoral inférieur, en indi¬
quant, pour chaque association, sa composition floristique, son aspect
physionomique, les conditions écologiques nécessaires à son dévelop¬
pement, ainsi que les exigences particulières de ses principaux consti¬
tuants.
J’examine ensuite les variations de composition floristique et
d’aspect qu’elles subissent au cours de l’année et, chaque fois que cela
a été possible, j’établis des comparaisons avec ce que j’ai observé dans
d’autes régions de la Méditerranée et avec les observations des auteurs
ayant traité d’associations comparables à celles que je décris.
Aussi, l’étude de ces associations n’a pas seulement une portée
locale, mais doit être considérée comme une étude d ensemble de la
végétation caractéristique de la Méditerranée occidentale, la côte des
Albères étant prise comme exemple.
304
/. FELDMANN
Un autre chapitre (Chap. XIV) est consacré à l’étude du grou¬
pement et de la superposition des associations (surtout de l’étage su-
pralittoral et de l’étage littoral) en fonction de la topographie de la
côte et du mode plus ou moins battu des stations. Des croquis sché¬
matiques, représentant des coupes de la côte, indiquent les principaux
types de superposition observés.
La troisième partie de ce mémoire est consacrée à l’étude de la
flore marine de la côte des Albères dont je donne (Chap. XV) un
catalogue énumérant 496 espèces qui, à l’exception d’une quinzaine
signalées par divers auteurs, ont toutes été récoltées par moi entre
Argelès et Cerbère. Parmi ces espèces, 47 n’avaient pas encore été
signalées dans la Méditerranée et 23 autres sont nouvelles pour la
science.
De nombreuses autres espèces sont nouvelles pour les côtes fran¬
çaises de la Méditerranée, mais avaient déjà été signalées dans cette
mer, soit sur les côtes d’Italie, soit sur celles d’Espagne.
J’étudie ensuite les caractères de la flore de la côte des Albères
en signalant l’absence d’un certain nombre d’espèces d’affinités tro¬
picales, fréquentes dans la Méditerranée, mais qui paraissent manquer
à Banyuls à cause de la température relativement faible de l’eau de
mer en hiver. C’est à cette même cause qu’il faut attribuer l’existence
à Banyuls d’espèces boréales telles que YUlothrix pseudoflacca, qui
n’avait pas encore été signalé dans la Méditerranée.
L’étude du pourcentage du nombre des Chlorophycées, Phéo-
phycées et Rhodophycées existant sur la côte des Albères et dans
diverses autres régions, ainsi que l’étude du rapport du nombre des
Rhodophycées à celui des Phéophycées montrent que ces rapports sont
relativement constants dans les limites d’une même région naturelle,
mais varient considérablement ailleurs et peuvent permettre ainsi de
caractériser la flore d’une région déterminée.
Enfin, un dernier chapitre (Chap. XVI) est consacré à
l’étude des éléments de la flore marine de la Méditerranée que l’on
peut diviser en éléments cosmopolite, pantropical, indo-pacifique,
atlantique et endémique. L étude de la chorologie d’un certain nombre
d espèces appartenant à ces différents éléments m’a permis d’indiquer
leur origine probable.
Dans 1 état actuel de la Phyto-océanographie, une étude comme
celle-ci ne peut avoir la prétention d’être définitive. Comme je l’ai dit
dans 1 introduction, mon but a été, en étudiant monographiquement
une région limitée, particulièrement favorable, de définir les principes
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
305
généraux de la phyto-océanographie avec l’espoir de pouvoir ultérieu¬
rement étendre à d’autres régions de la Méditerranée ces observations
faites sur la côte catalane française. Celle-ci, malgré sa diversité, ne
possède pas toutes les associations végétales marines existant dans la
Méditerranée. Celles du faciès meuble, en particulier, sont très mal
représentées et la flore profonde, bien que très riche, s’arrête à une
profondeur relativement peu considérable.
Il y aura lieu également de préciser, par des recherches expéri¬
mentales ultérieures, le rôle de certains facteurs dont le mode d’action
est encore mal connu.
De même, nos connaissances morphologiques et biologiques sur
les algues de la Méditerranée sont encore très imparfaites, et il serait
souhaitable de voir les botanistes des pays riverains de la Méditer¬
ranée porter plus d’intérêt à l’étude de la flore marine de cette mer,
berceau de l’Algologie, si variée et si intéressante, mais trop négligée
actuellement.
La connaissance du domaine marin, si riche en formes végétales
diverses, si particulier par ses conditions écologiques très différentes de
celles du domaine aérien et même des eaux douces, nécessitera encore
de nombreuses recherches.
Source : MNHN, Paris
EXPLICATION DES PLANCHES
Planche I
1. — Aspect de la côte des Albères vue de la terrasse du Laboratoire Arago
vers l’est. Au fond, le cap du Troc. Remarquer, au-dessus du niveau,
le liseré blanc que forme le trottoir à Tenarea tortuosa. (8 juillet 1933.)
2. — L’anse du Troc. Exemple caractéristique d’une petite anse de la côte
des Albères. Le fond de l’anse, formé de sable, est tapissé d’une prairie
de Posidonia oceanica. (8 juillet 1933.)
Planche II
3. — Grotte marine de Cerbère. Au fond, le cap Cerbère. Au point où a été
prise cette photographie, les parois et le plafond de la grotte sont tapissés
de Lithothamnium Lenormandi et d 'Hildenbrandia prototypus. (3 juil¬
let 1934.)
4. — Grotte du Troc. Vue prise de l’entrée vers le fond. (30 juin 1933.)
Planche III
5. — Végétation littorale d’un rocher isolé près du cap l’Abeille. Remarquer
le développement plus grand du trottoir à T enarea tortuosa, ainsi que
le niveau plus élevé qu’il occupe par rapport au niveau de la mer, sur la
partie gauche du rocher, qui est la partie exposée au large. Le Rissoella
verruculosa, très peu développé, forme une étroite ceinture noire inter¬
rompue cà et là au-dessus de la ceinture blanche du T enarea. (10 juil¬
let 1933.)
6. — Végétation littorale d’un autre rocher isolé près du cap du Troc. Les
bords de ce rocher sont beaucoup moins accores que ceux du rocher de
la photo 5. Noter le développement beaucoup plus grand du Rissoella
verruculosa et la réduction du trottoir à T enarea tortuosa. Au-dessus du
Rissoella, le rocher est couvert de Chtamalus stellatus. Au premier plan,
à droite, les individus supérieurs de l’association à Cÿstoscira medilerra-
nea émergent entre deux vagues. (24 juin 1933.)
Planche IV
7. — Trottoir à T enarea tortuosa particulièrement bien développé sur un
rocher isolé au cap l’Abeille. (10 juillet 1933.)
8. — Détail du trottoir à Tenarea tortuosa vu par sa face supérieure émergée.
Au centre, un individu âgé de Nemalion helminthoides. (Cap du Troc,
30 juin 1932.)
Source : MNHN, Paris
308
J. FELDMANN
Planche V
9. — Rochers surplombants avec trottoir à Tenarea tortuosa, dont le niveau
coïncide avec celui atteint par la vague qui déferle. (Cap du Troc,
juin 1932.)
10. — Végétation littorale du cap du Troc. Au-dessus du niveau, ceinture de
Rissoella verruculosa bien développée, puis Tenarea toriuosa. Au-
dessous, association à Cystoseira mediierranea. Au premier plan, l’eau
d’une cuvette infralittorale s’écoule pendant l’intervalle entre deux
vagues. (Avril 1932.)
Planche VI
11. — Aspect printanier de l’association à Rissoella verruculosa (vers le haut) ;
les individus de Rissoella sont encore jeunes et de couleur foncée. Au-
dessus, ceinture à T enarea tortuosa avec de grosses touffes spongieuses
de Bryopsis muscosa. Au-dessous, association à Cysloseira mediterranea.
(Cap du Troc, avril 1932.)
12. — Ceinture de Rissoella verruculosa et au-dessous Cystoseira abrolanifolia
et Mélobésiées. Photographie prise dans une station moins battue que
la précédente. La ceinture de Rissoella, très dense et formée d’individus
de petite taille, est remarquablement étroite. Au-dessous, le trottoir à
T enarea tortuosa n’existe pas. Il en est de même de l’association à
Cystoseira mediierranea. Les rochers situés au-dessous du Rissoella,
émergeant entre deux vagues, sont recouverts de Mélobésiées en croûtes
et de Corallinées, avec quelques touffes de Cysloseira abrolanifolia. A la
limite supérieure du Rissoella, quelques Porphyra leucoslicta persistent
encore. (Ile Grosse, avril 1932.)
Planche VII
13. — Végétation des rochers battus. De haut en bas, ceinture de Rissoella
verruculosa, association à Nemoderma lingitanum formant de larges
plaques veloutées, confluentes. Au-dessous, association à Corallina me¬
diterranea. (Cap du Troc, avril 1932.)
14. — id. De haut en bas : association à Porphyra leucoslicta, puis association
à Rissoella verruculosa, avec Nemalion helminthoides, surtout abondant
au-dessus des Rissoella. Plus bas, association à Nemoderma lingitanum
remarquablement bien développée. Au milieu, une petite touffe de
Gastroclonium clavalum. Au-dessous, association à Cystoseira mediter¬
ranea. Entre les deux associations, à gauche, quelques jeunes Padina
pavonia. L’absence complète du T enarea tortuosa et la présence du
Padina pavonia montrent qu’il s’agit d’une station relativement peu
battue. (Cap Castell, 9 avril 1932.)
Planche VIII
15. — Détail de l’association à Rissoella verruculosa montrant sa densité et
son homogénéité. Au centre, quelques individus de Rissoella sont cou¬
verts de cystocarpes. (Cap Doune, 3 juillet 1932.)
Source : MNHN, Paris
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
309
1 6. — Rissoella verruculosa et Nemalion helminlhoides sur un rocher plat. Le
Rissoella est localisé sur le bord supérieur du rocher. Le Nemalion
recouvre la partie plane sur laquelle des Lithothamniées forment une
croûte mince et continue. (Cap Castell, 9 avril 1932.)
Planche IX
1 7.— Trottoir à Tenarea tortuosa sur des rochers fortement battus, à Collioure
(5 juillet 1934). De haut en bas : Chtamalus slellatus, Rissoella
verruculosa, Tenarea torluosa avec moules (Mytdus gallo-provincialis).
Vers le bas du trottoir à Tenarea, grosses touffes de Callithamnion gra-
nulaium et de Ceramium robustum.
18.— Détail du trottoir à Tenarea; photographie prise au voisinage de la
précédente. Abondance du Mytilus gallo-provincialis en partie recouvert
par le Tenarea.
Vers le bas de la photographie (correspondant à la partie supérieure du
sujet), quelques touffes de Rissoella verruculosa et quelques Nemalion
helminlhoides; ces derniers en voie de disparition. (Collioure, 5 juillet
1934.)
Planche X
19. — Ceinture de Rissoella verruculosa et trottoir à Tenarea tortuosa. Vue
prise de la mer. (Environs du cap du Troc, juillet 1932.)
20. — Association à Dictyopteris membranacea et à Phyllaria reniformis, dans
la grotte du Troc (6 juillet 1933), sur une paroi verticale. On dis¬
tingue nettement : Dictyopteris membranacea, Taonia atomaria et
Diclyota dicholoma var. implexa. Plus près du niveau, quelques touffes
d'Ulva lacluca et association à Corallina mediterranea, avec Falken-
bergia Hillebrandii. Au-dessus du niveau, croûtes de Ralfsia verrucosa.
Planche XI
21. — Détail de l’association à Cysioseira mediterranea exceptionnellement
émergé. Sous le Cysioseira, on distingue, à droite de la photographie,
le Callithamnion granulaium. (Cap du Troc, 24 juin 1933.)
22. — Jeune individu de Cystoseira abrolanifolia dans une cuvette isolée.
(Cap du Troc, 24 juin 1933.)
Planche XII
23. _ Cuvette littorale à Enleromorpha compressa. Autour de la cuvette, les
rochers sont couverts de Balanes. (Collioure, 5 juillet 1934.)
24. — Cuvette à Ulva lacluca (anse du Troc, 8 juillet 1934). Remarquer le
liseré blanc bordant la fronde de plusieurs individus. Ce liseré est dû
à l’émission des zoospores ne laissant plus subsister que les membranes
des cellules vides sur tout le pourtour de la fronde.
310
]. FELDMANN
Planche XIII
25. — Cuvette littorale à eau dessalée et riche en matières organiques. Sa
végétation est constituée uniquement par YEnteromorpha intestinalis, en
partie fixé au fond de la cuvette et en partie flottant. (Collioure, 5juil¬
let 1934.)
26. — Petite cuvette infralittorale à végétation variée. On distingue : Cps/o-
seira elegans, Halopteris scoparia, Ulva lacluca. Sur le bord, en partie
émergé : Padiria pavortia. (Ile Grosse, 28 juin 1934.)
Planche XIV
Cuvette à Lithothamniées dans une station très battue, à Collioure
(10 juillet 1934). Autour de la cuvette, sur les rochers émergés, abon¬
dance de Chtamalus stellatus. A gauche, Rissoella verruculosa.
Détail de la cuvette précédente. A droite, au-dessus du niveau, deux
touffes de Rissoella verruculosa. Le fond de la cuvette est entièrement
tapissé de Mélobésiées en croûte ( Lithothamnium Lenormandi, Litho-
phyllum incrustons, Lithophyllum (?) Notarisii), qui recouvrent éga¬
lement les Patelles. Jeunes individus de Tenarea tortuosa en boules
méandriformes, également fixées sur les Patelles. Nombreux Troques.
Quelques touffes de Ceramium robuslum (en particulier vers le bord
de la photograpliie, à gauche).
Planche XV
29. — Grande cuvette profonde tapissée de Cystoseira discors. Tout autour,
près du niveau, ceinture de Lithothamniées. Les rochers littoraux sont
couverts de Chtamalus stellatus. (Collioure, 5 juillet 1934.)
30. — Petite cuvette sublittorale avec Cÿstoseira abrotanifolia (dominant) et
Cÿstoseira elegans (vers le bas de la photographie). (Banyuls, 3 juillet
1934.)
Planche XVI
Végétation des stations calmes et peu profondes : Padina pavonia,
Cysloseira abrotanifolia, Cladostephus verlicillatus, Halopteris scopa¬
ria, Ulva lactuca, Liebmannia Leveillei, etc.... (Casteillousous, 3 juil¬
let 1932).
Cuvette sublittorale communiquant avec la mer dans une fente pro¬
fonde : Dilophus Fasciola abondant, Padina pavonia, Dictÿota
implexa, Laurencia oblusa. Sur la face la plus ombragée : Dictyopteris
membranacea. Au-dessus du niveau (en haut sur la photographie),
Ralfsia verrucosa formant des croûtes noires et Tenarea tortuosa. Nom¬
breux Troques et Patelles. (Cap du Troc, 3 juillet 1932.)
Planche XVII
33. — Grands individus de Cysloseira abrotanifolia dont les rameaux pourvus
de nombreux aérocystes flottent à la surface de l’eau en constituant un
31. —
32. —
27. —
28. —
Source : MNHN[ Paris
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
311
écran au-dessous duquel se développe une flore sciaphile. (Ile Grosse,
8 juillet 1934.)
34._ Creux de rocher avec Hypnea musciformis (immergé). Sur les rochers
émergés, Pissoella verruculosa à demi desséché, et, au-dessous, gazons
spongieux de Lophosiphonia obscura. (Rech de Milan, 9 juillet 1934.)
Planche XVIII
35. — Creux de rocher dans une station calme et peu profonde avec Padina
pavonia, Halopteris scoparia recouvert de FaU(enbergia Hillebrandii en
grosses touffes mamelonnées, Taonia atomaria, Ulva lactuca. A droite
et en haut, ondulant dans le courant : Asparagopsis armala. (Anse du
Troc, juin 1933.)
36. — Cuvette infralittorale en communication avec la mer et située en arrière
de la ceinture du Cÿstoseira mediterranea. On distingue : Cystoseira
elegans (couleur claire), Diciyopteris membranacea, Dicfpota implexa
(couleur foncée), Asparagop'sis armala (en haut). (Cap du Troc,
24 juin 1933.)
Planche XIX
Padina pavonia exceptionnellement émergé sur des rochers plats et abri¬
tés. (Ile Grosse, 28 juin 1934.)
Touffe d 'Acelabularia mediterranea sur une pierre dans une cuvette
littorale isolée de la mer. (Collioure, 10 juillet 1934.)
Planche XX
39. — Prairie de Posidonia oceanica située à une profondeur relativement
faible, sur le sable graveleux, entre des blocs de rochers sableux comme
on en voit un à gauche, couvert de Padina pavonia. Les feuilles de
Posidonies portent des Mélobésiées encroûtantes ( Melobesia farinosa
et Lithophÿllum [ Dermaiolithon ] pustulatum). Les nombreuses co¬
quilles de Gastéropodes que l’on voit sur les feuilles de Posidonies sont
habitées par des Pagures. (Anse du Sanatoriums 3 juillet 1933.)
40. — Prairie de Posidonia oceanica et de Zostera marina devant le Labo¬
ratoire Arago (juillet 1932). Les feuilles de ces deux monocotylédones
sont couvertes d’épiphytes variés : Mesogloiacées, Ectocarpus, Diato¬
mées, etc...
37. —
38. —
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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TABLE DES MATIÈRES
Pages
INTRODUCTION . 1
PREMIÈRE PARTIE : LE MILIEU
CHAPITRE I. — Topographie littorale, géologie, bathymétrie, bathylitho-
logie . 9
Délimitation de la région étudiée. 9
Description de la côte. 10
Géologie . 13
Bathymétrie. 14
Bathylithologie.
Chapitre II. — Le substratum . 17
Indifférence des algues marines à l’égard de la nature chimique
du substratum . 17
Importance de la structure physique du substratum. 19
L’Epiphytisme. 22
Endophytisme et parasitisme. 26
Les algues endozoïques. 27
CHAPITRE III. — Les mouvements de la mer et l agitation de l eau. ... 30
Les marées et le niveau de la mer. 30
Les courants. 33
La houle et le ressac, les vents. 33
Action biologique de l’agitation de l’eau. 34
Action mécanique de l’agitation de 1 eau. 35
Action de l’agitation sur la température de l’eau. 35
Action de l’agitation sur la composition de l’eau. 36
Adaptation des algues aux eaux agitées. 37
Chapitre IV. — L'émersion . 41
Action biologique de l’émersion. 42
Adaptation des algues à l’émersion . 44
336
J. FELDMANN
CHAPITRE V. — La profondeur et la pression . 48
Répartition des algues de la région de Banyuls en fonction de la
profondeur. 5 |
Chapitre VI. — La lumière . 67
Généralités.67
Variations quantitatives de l’intensité lumineu. :
a) Variations de l’intensité lumineuse en ionction de la pro¬
fondeur . 67
b) Variations de la durée de l’éclairement. 70
Variations qualitatives de la lumière en fonction de la profondeur. 70
Action biologique de la lumière sur la répartition des algues. 71
Limite inférieure de la végétation marine. 7 |
Algues photophiles et algues sciaphiles. 73
Adaptation des algues aux différents éclairements. 74
L’iridescence . 74
Colorations des algues. ,34
Chapitre VII. — La température . 88
Généralités. 88
Variations annuelles de la température de l’eau de mer. ... 88
Variations nycthémérales de la température. 89
Variations de la température en fonction de la profondeur. . 90
Variations locales de la température. 91
Action de la température sur la répartition des algues. 92
Chapitre VIII. — La composition chimique de l'eau de mer . 94
La salinité . 94
Action biologique des variations de salinité. 94
La teneur en oxygène de l’eau de mer. 96
Le gaz carbonique et le pH. 96
Matières organiques. 9 g
Sels divers. 99
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
337
DEUXIÈME PARTIE : LA VÉGÉTATION
Chapitre IX. — Historique de la phyto-océanographie méditerranéenne
Chapitre X. — Les divisions bionomiques et les groupements végétaux
marins .
Divisions bionomiques .
^ tte .
Liages.
Cuvettes.
Les faciès et les modes.
Les groupements végétaux marins.
Chapitre XI. — Les formes biologiques des algues marines .
Historique.
Classification des types biologiques d’algues mannes.
Algues annuelles.
Epbémérophycées.
Eclipsiophycées .
Hypnophycées .
Algues pérennantes .
Phanérophycées.
Chaméphycées .
HémipHanérophycées .
Hémicryplophycées.
Chapitre XII. —Périodes de végétation et phénologie .
Périodes de végétation.
101
119
119
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148
149
153
158
158
Comparaison des périodes de végétation de quelques algues
dans la Méditerranée et dans l’Atlantique boréal.
Alternance saisonnière de végétation et dimorphisme saisonnier
(Espèces jumelles) .
Phénologie des organes reproducteurs des algues marines de la
côte des Albères.
Chapitre XIII. — Etude des associations .
I. Faciès rocheux .
A. — Etage supralittoral.
1. Ass. à Brachiomonas submarina .
2. Ass. à Plalpmonas tetrathele .
3. Ass. à Stephanoptera gracilis .
4. Ass. à Rivularia nitida .
159
162
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175
175
175
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338
J. FELDMANN
5. Ass. à Verrucaria symbalana . | 79
6. Ass. à Hildenbrandia prototypus . 181
7. Ass. à Rivularia Biasolettiana . 183
B. — Etage littoral. )84
8. Ass. à Bangia-Uloihrix . 184
9. Ass. à Brachytichia Balani et Enlophysalis gra-
nulosa . 186
10. Ass. à Porphyra leucosiicla . J 88
11. Ass. à Rissoella verruculosa . 193
12. Ass. à Tenarea iortuosa . 196
13. Ass. à Nemoderma tmgitanum . 201
14. Ass. à Ciorallina mediterranea . 202
15. Ass. à Ralfsia verrucosa . 204
16. Ass. à Scytosiphon Lomentaria . 205
17. Ass. à Enteromorpha iniestinalis . 207
18. Ass. à Cladophora Rudolphiana . 208
C. — Etage infralittoral supérieur. 210
19. Ass. à Cystoseira mediterranea . 210
20. Ass. à Cystoseira elegans . 213
21. Ass. à Diclyopleris membranacea et PhyÜaria re¬
ndormis . 215
22. Ass. à Padina pavonia et Cladoslephus verlicillatus 216
23. Ass. à Cystoseira discors et Cysloseira barbala. . . 220
24. Ass. à Gymnogongrus nicaeensis et Phÿllophora
nervosa . 222
25. Ass. à Peyssonnelia Squamaria . 225
26. Ass. à Ulva Laciuca . 228
27. Ass. à Petalonia Fascia . 229
D. — Etage infralittoral inférieur. 230
28. Ass. à Cÿstoseira spinosa et Cystoseira opimtioides. 230
29. Ass. à Pseudolilhophyllum expansum et Lilho-
pbyllum Hauc^ii . 238
30. Ass. à Arlhrocladia villosa et Sporochnus pedun-
culaius . 240
II. Faciès meuble. 242
A. — Etage supralittoral. 242
B. — Etage littoral. 242
C. — Etage infralittoral . 243
31. Ass. à Cymodocea nodosa . 243
32. Ass. à Posidonia oceanica . 245
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE
339
Chapitre XIV. — La superposition des associations végétales dans
l'étage supraliltoral et l’étage littoral (Elude de quelques profils) - 248
TROISIÈME PARTIE : LA FLORE
Chapitre XV. — La flore des algues marines de la côte des Alberes.
Liste des algues marines de la côte des Alberes.
Caractères de la flore..
Comparaison du pourcentage du nombre des CMorophycees,
Phéophycées et Rhodophycées sur la cote des Alberes et dans
différentes autres régions.
259
260
278
280
Chapitre XVI. — Les éléments de la flore marine de la Méditer¬
ranée et leur origine .
Elément cosmopolite .
Elément pantropical.
Elément indo-pacifique.
Elément atlantique.
Elément endémique ...
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS .
EXPLICATION DES PLANCHES .
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE .
TABLE DES MATIÈRES .
284
286
286
288
291
297
301
307
313
335
Source! MNHN. Paris
A New Nannandrous
Oedocladium from India
by
K. BISWAS.
Royal Botamc Gardens, Calcutta.
Oedocladium is one of the three généra of the family of Oedo-
goniaceae. Stahl established this genus in 1891 on an interesting
specimen which he named Oedocladium prolonema Stahl. This
species based on the new genus Oedocladium was published in lais
paper entitled « Oedocladium protonema, eine neue Oedogoniaceen
Gattung », Pringsheim’s Jahrb. fur wissensch. (1892), pp. 339-
348, pl. 16 und 17, 1891. The generic characters of Stahl’s, the
then monotypic species, is summarised by HlRN in his « Monograph
und Iconographie der Oedogoniaceen, p. 374. 1900 », in the following
description : « Tballus terrester, ramosus, e porte superlerranea, Chlo-
rophpllacea et porte subterranea , subhyalma, constans; cellulae vege-
tativae; cellulae terminalis apicae obtusae; plantea plerumque divi -
sione cellulae terminalis fili primarii et ramorum crescentes; m prima
zoosporae germinaüs partihonae ruptio membranae annuliformis in
parte fit cellulae angustiore, ciliala; oogonia divisione cellulae vegeta-
tivae simplici oriuntur. » This description was followed in othei litera-
ture by subséquent authors. W. Heering in Pascher s Die Süsswas-
serflora added Stahl’s and Hirn’s descriptions of the species in p.
244, Helft 6 together with the sketches as reproduced by Stahl
in Tab. LXIV, fig. 396 of his monograph noted aboyé. The species
is so far recorded only from one locality (Strasburgh, Europe).
342
K. BIS W A S
Stahl notes on the habitat « Germania : in terra humida, arenosi-
argillacea in pineto ad Gettertheim prope Slrassburg ».
The discovery of late of O. hazenii — an aquatic species of
Oedocladium y J. -F. Lewis of the University of Virginia necessi-
tated modifications of the generic characters as described by Stahl
to incorporate the diagnosis of O. hazenii Lewis, the new aquatic
species. Lewis has added along the with terrestrial species O. proto-
nema of STAHL two other terrestrial O. media Lewis nov. sp. mss.
The genus has not yet been reported species O. allumarlensis Lewis
and from other parts of the world.
The genus Oedocladium îs quite distinct and can easily be
distinguished from the two généra Bulbochaete and Oedogonium of
the family of Oedogoniaceae. The three généra are distinguished by
the following dichotomous key :
I. Thaï lus branched :
A- Végétative cells of the filaments without setae : Oedo¬
cladium.
B. — Végétative cells of the filaments with setae : Bulbochaete.
II. Thallus unbranched :
C. — Végétative cells of the filaments without setae, cylindrical,
capitate, nodulose or undulate : Oedogonium.
Prof. Lewis Hanford TlFFANY of the Ohio University in his
illuminating monograph « The oedogoniaceae » (1930) has added
a modified description of the genus Oedocladium mcorporating Lewis’
new aquatic nannandrous gynandrosporous species O. hazenii. The
characters incorporated in this Tiffany’s emended generic description
is further modified in the following details including the présent new
species discovered.
Plant terrestrial or aquatic, branched ; if terrestrial attached to
the substratum by means of long branched rhizoids which are partly
subaerial and partly subterranean ; underground portion subhyaline,
subaenal portion chlorophyllous, hence more or less green ; végéta¬
tive cells cylindrical or subcylindrical ; growth of them by division of
terminal cell of the primary filament or branch; asexual reproduction
by « afçinete » and zoospore; Oogonia formed from the division of
the végétative cell ; sexual reproduction by eggs and sperms produced
A NEW OEDOCLAD1UM
54 5
in Oogonia and antheridia; both monoecious and dioecious nannan-
drous species recorded.
The five species so far recorded are distinguished by fairly dis¬
tinct morphological characters :
I. Monoecious terrestrial :
A) Oospore smooth :
1. Végétative cells 20 m long and 7 broad : O. protonema.
2. Végétative cells 56-78 a long and 12-18 M broad : O. media.
3. Végétative cells 50-150 ^ long and 25-40 P broad : O. albe-
marlensis.
II. Dioecious nannandrous terrestrial :
B) Oospore smooth : O. terreslris.
III. Dioecious nannandrous aquatic :
C) Oospore angulate : O. hazenii.
The new species O. terrestris is therefore allied to O. hazenii
but it is distinctly demarcated by its oospore being not angulate and
the habit of the plant not aquatic. The spécifie description of the
plant includes other minor differentiating characters.
Oedocladium terrestris Biswas. Nov. sp.
Planta ramosa, dioica nannadria, gx>nandrospora, terrestris, e
parte super ter ranea, chlor ophylacea et parte subterranea, subhyalina
constans; fila plerumque divisione cellulae ierminalis fili primant et
ramosum cresceni cellula fili basait forma ut vulgo elongata, 6 ^ lata,
cellulis vegetativis 30-70 /-<• longis, 10-12 n latis, apicalis obtusae vel
aculae rotundatis; oogonies singulis, subglobosis, termmahtus, 40-50 n
longis, 26-36 p latis; poro superiore apertis; oosporis globosis vel sub¬
globosis, 30 m crassis; membrana tenui, 2 ^ crassa, laevi , haud lamel-
losa, maturis bruneis; androsporangiis 1-2 (?) subepigynis, 10 n latis.
Hab. : India (Bengaï) : in terra humida, arenosi argillacea,
Calcutta, lecta K. BlSWAS. 15th September, 1926.
Thallus terrestrial, dioecious, nannandrous gynadrospoious,
composed of branched filaments sometimes exhibiting false dichotomy,
basal portion rhizoidal partly underground hyaline, partly exposed.
344
K. BISWAS
pale green, growth by cell division of the terminal cells of the main
axis of the branches, apical cell surmounted by a somewhat conical
acutely or obtusely rounded cap. 10 a in length and 10 /* in width ;
végétative cells 30-70 /* long and 10-12 ^ broad; developing below
the septa of the distal end of the mother cell ; rhizoidal cells very
much elongated, 6/* in width; pyrenoides 1-2 in each cell; oogonium
terminal, subglobose, 40-50 a long, 26-36 m broad, pores superior;
oospores globose or oval 30 a* in diatemer, cellwall smooth, not lamel-
lose, not angulate, when mature becoming brown; androsporangium
1-2, subepigynous, about 10 ^ in width.
Hab. : On moist loose sandy or rubishy soil near the side of a
wall in shade; Ballygunge, Calcutta; collected by K. BlSWAS, I5th
September, 1936.
This specimen is distinguished from the al lied species O.hazenii
of Lewis by its smooth, thinner, nonangulate nature of the cell-
membrane; superior position of the pore in oogonium and distinctly
smaller dimensions of the végétative cells, oogonium and oospore.
The family of Oedogoniaceae, as far as my census goes, is represented
by up ti'll now about 32 Oedogonium species and 6 Bulbochaete spe¬
cies. No record of Oedocladium has so far been made from India
and Burma. The monoecious species Oedocladium protonema Stahl
is not unlikely to occur in this country.
The species here described is of an ephimeral type developing
undei suitable conditions of shade and moisture on somewhat aerated
(sandy) loose soil. During my search for the last nine years the
specimens could not be rediscovered. The fruiting period lasted only
for a few days and brown mature oospores were observed after two
days. The alga inhabiting, as ît is, on soil subject to quick évapo¬
ration hastens its life-history by expediting fructification and sub¬
séquent dispersai by wind or water and germination of the oospores
under favourable conditions.
This dioecious nannandrous gynandrosporous terrestnal species
daims a higher position than those of Oedogonium and Bulbochaete
of the family of Oedogoniaceae. The characters, life-history and
the biology of the new plant in relation to its habit hint a graduai
évolution of the simple unbranched Oedogonium to a poorly branched
Bulbochaete armed with setae to a fully branched Oedocladium
where the setae is suppressed to a somewhat conical cap at the apices
of the végétative cells and oogonium. Oedocladium bears an affinity to
the genus Bulbochaete but point at a higher stage of évolution. In
fact the genus Oedocladium exhibits advancement in three directions :
A NEW OEDOCLADIUM
345
first by developing branches of 1-3 orders; secondly by reducing
long haivs to its swollen cap-like basal portions at the apices of
végétative cells and Oogonia, and thirdly by producing much elon-
gated branched rhizoidal cells which are partly under ground and
partly subterranean on which develop akinetes either singly or in
short chains. It may therefore be concluded that the members of
the genus Oedocladium, particulary the new species described here,
indicate most highly advanced stage in the scale of évolution of the
généra of the family of Oedogoniaceae.
Herbarium,
Royal Botanïc Cardens , Calcutta.
The 24th June, 1936.
EXPLANATION OF FIGURES
Fig. 1. Portion of the branched’thallus of Oedocladium terresiris, X350.
Fig. 2. Basal portion with a rhizoidal cell, X400.
Fig. 3. Portion of the filament showing a latéral branch-cell arising below the septum of the
mother cell at the distal end, X800.
Fig. 4. A pseudo-dichotomous branch and a terminal oospore on a latéral branch of the
primary filament, X600.
Fig. 5. A terminal mature oogonium on a cell ot tertiary branch, X 750.
Fig. 6. A young oogonium, X650.
Fig, 7. An oogonium ready for fertilisation, X450.
Fig. 8. (a) A fertilised oogonium with a subepigynous androsporangium, X800.
(b) An oospore with partially disorganised empty cell, X300.
Source : MNHN. Paris
REVUE ALCOLOC1QUE
T. X, Pi 21
A NEW OEDOCLADIUM
Source : MNHN, Paris
NÉCROLOGIE
On nous annonce le décès récent de plusieurs algologues de répu¬
tation mondiale :
Le Professeur Dr. Gottfried Berthold, bien connu pour ses
recherches sur les algues du golfe de Naples, décédé le 7 janviei 1937,
à Gottingen.
Le Professeur D 1 Achille FoRTI, décédé à Vérone, le 2 fé¬
vrier 1937.
Le D' Marshall-Awery HoWE, directeur du Jardin botanique
de New-York, décédé le 24 décembre 1936, à Pleasantville, N.-Y.
Le Professeur D’ George K.ARSTEN, décédé le 7 mai 1937,
dont les travaux algologiques furent principalement des études de
plancton et de Diatomées.
Des notices détaillées paraîtront ultérieurement dans notre revue
sur Achille FoRTI et sur Marshall-A. HoWE.
Source : MNHN. Paris
TABLE DU TOME X
ARTICLES ORIGINAUX :
J. FELDMANN. — Recherches sur la végétation marine de la Méditer¬
ranée. La côte des Albères. . 1
K. BlSWAS. — A new nannandrous Oedocladium from India. 341
NÉCROLOGIE :
Décès de G. Berthold, A. Forti, M.-A. Howe et G. Karsten. . . 347
Le Gérant : P. WOLF.
Lalilude Nord
I Est du Méridien international (Greenwich)
Lonçritude Est < Pans
Si J'.vr
CARTE
BATHY-LITHOLOGIQUE
SOUS-MARINE
Côte des ALBÈRES
d’ARGELÈS à PORT-BOU
Le trait et les Sondes d’après la carte N» 1218
hydrographique de la Marine.
Les isobathes et les indications lithologiques,
d’après la carte de Thoulet (1912).
amplifiée:
Vase très sableuse
(de 25 à 50 % de vase)
Vase sableuse
(de 50 à 90 % de vase)
Vase
(plus de 90 % de vase)
49 Longitude Est (Paris)
Longitude à l'Est du Méridien international (Greenwich)
Roche
(moins de 5 % de vase) |
Sable vaseux
(de 5 à 25 % de vase)
I I HH
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. RL i.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. I.
i. — Aspect de la Côte des Albères vue du Laboratoire Arago
à Banyuls.
Ad. Davy de Virville, Phot. Bouan, lmp.
2 . — L’Anse du Troc.
Source : MNHN, Paris
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PI. 2.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. II.
I
Ad. Davy de Virville, Phot.
Bouan, lmp.
Source : MNHN. Paris
Grotte de Cerbère. 4- — Grotte du Troc.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PL 3 .
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. III.
S. — Végétation littorale d’un rocher isolé.
(Dominance du Tenarea tortuosa).
Ad. Davy de Virville, Phot. Bouan, lmp.
6. — Végétation littorale d’un rocher isolé.
(Dominance du Rissocllu uiytucii losu ).
Source : MNHN, Paris
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PL 4 .
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. IV.
Ad. Davy de Virville, Phot.
8. — Détail du Trottoir à Tenarea tortuosa.
Bouan, lmp.
Source : MNHN, Parts
REVUE ALGOLOGTQUE
Vol. X. PI.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. V.
Source ; MNHN, Parts
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PI. 6.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. VI.
ix. — Aspect printanier des associations à Rissoella verruculosa
et à Tenarea tortuosa.
J. Feldmann, Phot. Booan, lmp.
12 . — Ceinture de Rissoella verruculosa.
Au-dessous Cystoseira abrotanifolia et Mélobésiées.
REVUE ALGOLOGIQUE Vol. X. PI. 7 .
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI VII.
J. Feldmànn, Phot. Bouan, lmp.
Source ; MNHN, Paris
Associations à RissoelU verrucuhsa, à Ntmodirm a 14- - Associations à Porphym leucosticta, à Rissodla venucuhsa,
tingitanum et à Corallina medilerranea. à Nemcierma tingitanum et à Cystoseira tnedlU,r<mm.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PL 8.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. VIII.
Ad. Davv de Virville, Phot.
15 . — Association à Rissoella verruculosa.
J. Feldmann, Phot.
Bouan, lmp.
16 . — Rissoella verruculosa et Nemalion helminthoides.
REVUE ALG0L0G1QUE
Vol. X. PL 9 .
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PL IX.
17 . — Trottoir à Tenarea tortuosa avec Moules.
Ad. Davy de Virville, Phot.
18 . — Tenarea tortuosa et Moules (détail).
Bouan, lmp.
Source : MNHN, Paris
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PL io.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. X.
20 . — Association à Dictyopteris membranacea et à Phyllaria reniformis.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PI. ii.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. XI.
Ad. Davy de Virville, Phot. Bouan, lmp.
Source : MNHN. Paris
Association à Cystosdra meiitermma (détail). 22 . - Cystosàra abmtmifolia.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PL 12.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PL XII.
23. — Cuvette à Enteromorpha compressa.
Ad. Davt de Virville, Phot.
Bouan, lmp.
24. — Cuvette à Ulva lactuca.
Source : MNHN, Paris
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PL 13.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. XIII.
Ad. Davy de Virvillb, Phot. Bouan, lmp.
Source : MNHN. Paris
Cuvette littorale à Enteromorbha intestinalis. 26. Petite cuvette infralittorale à végétation variée
(Cystoseira elegans en particulier).
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PL 14.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. XIV.
27. — Cuvette à Lithothamniées (station battue).
Ad. Davy de Virviu.e, Phot.
28. — Détail de la cuvette précédente.
Bouan, lmp.
Source : MNHN. Paris
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. Pl. iy.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — Pl. XV.
29. — Grande cuvette à Cystoseira discors.
Ad. Davy de Virvilie, Phot.
Bouak, lmp.
3°. — Cuvette à Cystoseira abrotanifolia et C. elegans.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PI. 16.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. XVI.
Ad. Davy de Virville, Phot. Bouan, lmp.
32. — Cuvette infralittorale en communication avec la mer,
abondance du Dilophus Fasciola.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PI. 17.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. XVII.
33. — Cysloseira abrotanifolia.
Ad. Davy de Virville, Phot.
34. — Hypnea tmisciformis.
Source : MNHN. Paris
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PI. 18.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. XVIII
35. — Végétation de station calme et peu profonde avec Padina pavonia,
Halopteris scoparia couvert de Falkenbergia Hillebrandii et Asparagopsis annala.
Ad. Davy de Virville, Phot. Bouan, lmp.
36. — Cuvette infralittorale en communication avec la mer avec Cystoseira elegans,
Dictyota implexa, Asparagopsis armata, etc.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. X. PI. 19.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. XIX.
37. — Padina pavonia.
Ad. Davy de Virville, Phot.
Bouan, lmp.
38. — Acetàbularia mediterranea.
Source : MNHN, Paris
REVUE ALGOLOG 1 QUE
Vol. X. PL 20.
VÉGÉTATION MARINE DE LA MÉDITERRANÉE. — PI. XX.
39. — Posidonia océanien.