Nouvelle Série, Tome XII, Fasc. 3-4
1977
REVUE
ALGOLOGIQUE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12, RUE DE BUFFON - 75005 PARIS
\ Mit: -• .
\ {Sorti.
>s presses le 30 septembre 1977
Publication Trimestrielle
COMITÉ DE LECTURE
F. ARDRÉ, M. CHADEFAUD, A. COÛTÉ, J. FELDMANN, F. GASSE, P. GAYRAL
M.T. L’HARDY, F. MAGNE, R. MESLIN, A. SOURNIA
Copyright © 1977. Revue Algologique.
Éditeur : A. D. A. C.
v # .
Source MNHN, Paris
Nouvelle Série, Tome XII, Fasc. 3-4
1977
REVUE
ALGOLOGIQUE
Fondée en 1922 par P. ALLORGE et G. HAMEL
Directeurs : P. BOURRELLY et R. LAMI
Secrétariat de Rédaction : M. RICARD
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VT 3 /
LES PEUPLEMENTS DE DIATOMÉES
DES LAGONS DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
(POLYNÉSIE FRANÇAISE)
Floristique, Écologie, Structure des Peuplements
et Contribution à la Production Primaire
M. RICARD *
SOMMAIRE
1. INTRODUCTION.143
2. LE MILIEU.145
2.1. Description géographique.145
2.1.1. Localisation et Description. 145
2.1.1.1. Les Terres. 145
2.1.1.2. Le Lagon. 145
2.1.2. Conditions Climatiques. 147
2.1.2.1. Pluviosité.147
2.1.2.2. Température.149
2.1.2.3. Insolation et Nébulosité.149
2.1.2.4. Évaporation.149
2.1.2.5. Régime des Vents. 151
2.1.2.6. Hydrographie.151
2.2. Conditions Hydrologiques. 152
2.2.1. Circulation des Eaux dans les Lagons.152
2.2.2. Caractéristiques Physico-Chimiques des Eaux.152
2.2.2.1. Transparence et Turbidité.152
2.2.2.2. Température.154
2.2.2.3. Salinité. 154
2.2.2.4. Oxygène Dissous.155
2.2.2.5. Sels Nutritifs.155
2.2.2.6. Mesures de Lumière.156
* Laboratoire de Cryptogamie. Muséum d’Histoire Naturelle, 12 rue Buffon, 75005 Paris.
L. A. n° 257 (C.N.R.S.); et Antenne du Muséum et de l’EPHE, B. P. 562, Papeete, Tahiti,
2.3. Faune et Flore Associées.156
2.3.1. Parties récifales.156
2.3.2. Zones récifales.157
2.3.2. Zones sableuses.157
3. ÉTUDE FLORISTIQUE
3.1. Historique.158
3.2. Matériaux et Méthodes.159
3.2.1. Prélèvements.159
3.2.1.1. Matériel de Prélèvement.159
3.2.1.2. Techniques de Prélèvement.159
3.2.1.3. Lieux de Prélèvement.161
- Tahiti et Moorea.161
- Iles sous le Vent.161
- Haute Mer.161
3.2.2. Préservation et Montage.163
3.2.2.1. Préservation des Récoltes.163
3.2.2.2. Montage des Échantillons. 163
- Traitement à l’Eau Oxygénée.163
- Traitement par Carbonisation. 164
3.3. La Flore à Diatomées.164
3.3.1. Observations.164
3.3.2. Terminologie. 165
3.3.2.1. Aires de Répartition Biogéographiques.165
3.3.2.2. Fréquences des Taxons.166
3.3.2.3. Écologie.167
3.3.3. Biotopes Explorés. 167
3.3.3.1. Lacs et Rivières. 167
3.3.3.2. Lagons et Baies.169
3.3.3.3. Lagunes.171
3.3.3.4. Haute Mer.171
3.3.4. Liste des Taxons Récoltés (Annexe 1)
3.4. Conclusions - Caractères de la Flore.171
4. STRUCTURE DES PEUPLEMENTS
4.1. Introduction. 176
4.2. Analyse Statistique des Données. 177
4.2.1. Méthodes et Techniques. 177
4.2.2. Résultats. 179
4.2.3. Conclusions.197
4.3. Analyses Multidimensionnelles.201
4.3.1. Choix des Méthodes.201
4.3.1.1. Analyse Factorielle des Correspondances.201
4.3.1.2. Classification Hiérarchique.201
4.3.2. Historique.202
4.3.3. Résultats.204
4.3.3.1. Introduction.204
Source : MNHN, Paris
4.3.3.2. Comparaison des Lagons de Faaa et de Vairao.206
4.3.3.2.1. Influence de la Pluviosité.206
4.3.3.2.2. Influence de la Température.218
4.3.3.2.3. Influence des autres Paramètres.224
4.3.3.3. Groupes d’Espèces Associées.225
4.3.3.3.1. Introduction.225
4.3.3.3.2. Lagon de Faaa.227
4.33.3.3. Lagon de Vairao .232
4.3.33.4. Groupes d’Espèces Associées Communes aux deux
Lagons.237
4.4. Conclusions - Signification Ecologique des Groupes - Méthodologie. . . 240
5. PRODUCTION PRIMAIRE
5.1. Introduction.243
5.2. Historique.243
53. Méthodes.246
5.3.1. Comptages Cellulaires.246
5.3.2. Pigments Photosynthétiques.247
5.33. Production Primaire.247
5.4. Résultats.249
5.4.1. Caractéristiques Physico-chimiques.249
5.4.2. Comptages Cellulaires.251
5.43. Chlorophylle a.257
5.4.4. Carbone 14.262
5.5. Conclusions.266
6. CONCLUSIONS GÉNÉRALES.269
7. BIBLIOGRAPHIE.272
8. ANNEXES.281
A.1. Liste des Taxons Récoltés (Écologie et Biogéographie).281
A.2. Microphotographies.297
A3. Espèces Récoltées dans les lagons de Faaa et de Vairao : Répartition
en fonction de la Pluviosité et de la Température.317
A.4. Espèces Dominantes et/ou Caractéristiques des Lagons de Faaa et
Vairao.325
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
141
RÉSUMÉ
La première étude floristique du phytoplancton de la Polynésie Française a été réalisée
grâce à l’observation de plus de 200 récoltes effectuées, au filet ou par bouteilles hydro¬
logiques, dans les eaux douces, marines et saumâtres des iles hautes de l’archipel de la
Société. Les populations de diatomées ont plus particulièrement été étudiées; elles sont
caractérisées par une grande diversité taxinomique puisque 70 genres ont été répertoriés :
ils incluent 580 taxons dont 44 sont nouveaux. Ces diatomées appartiennent tout autant
au phytoplancton qu’au phytobenthos en raison des conditions hydrologiques particulières
qui régnent dans les lagons d’iles hautes. Dans une liste récapitulative, chaque taxon iden¬
tifié est accompagné de remarques sur sa fréquence dans les différents biotopes, sur son
écologie et sur sa distribution géographique mondiale.
L’étude des structures des peuplements de diatomées est fondée sur la comparaison
des fréquences relatives de 314 taxons provenant de 48 récoltes au filet, réalisées mensuel¬
lement à la surface des lagons de Faaa et de Vairao de janvier 1972 à décembre 1973.
Dans l’analyse statistique, les récoltes ont été étudiées au moyen des indices de diversité
et de dominance, ce qui a permis de dégager une évolution cyclique des différentes popu¬
lations. Cette évolution, conditionnée par la présence d’un petit nombre d’espèces domi¬
nantes, est caractérisé par le passage progressif d’une population à faible dominance et à
forte diversité, vers une population à forte dominance et à faible diversité. Grâce à l’Ana¬
lyse Factorielle des Correspondances, les différences de composition et d’évolution des
populations des deux lagons ont pu être mises en évidence en relation avec les conditions
écologiques : la pluviosité est le facteur prépondérant mais la température de l’eau joue
également un rôle important. La classification hiérarchique ascendante des récoltes des
deux lagons confirme la séparation fondamentale des populations de Faaa et de Vairao;
en outre ont été précisés des groupes d’espèces associées caractéristiques de Faaa et de
Vairao, ou bien communs à ces deux lagons : ces groupes sont définis en fonction de leurs
exigences vis à vis de la température et de la pluviosité.
La production primaire micro- et nannoplanctoniquc a été mesurée par la technique
du carbone 14 incubé in situ dans les lagons de Tahiti (Vairao et Faaa) et Moorea (Tiahura)
afin d’évaluer la part des diatomées dans la production carbonée totale des eaux de ces
lagons. Les mesures de Carbone 14 ont été complétées par des comptages cellulaires au
microscope inversé, par des dosages de chlorophylle a en fluorimétrie et^par des pesées
de seston recueilli par filtration. Les lagons de Tahiti (80 à 850 mgC m' j' ) sont plus
productifs que celui de Moorea (4 à 40 mgC m' 2 j’ 1 ); les eaux de la frange océanique ont
une production carbonée élevée (485 mgC m' 2 j" ) stable tout au long de Tannée contrai¬
rement à celle des lagons qui est plus forte en été qu’en hiver en raison de l’influence pré¬
pondérante de la pluviosité. Les diatomées représentent une part importante du micro¬
plancton mais ne participent que très peu à l’élaboration de la matière carbonée alors que
le nannoplancton entre pour 70 à 90% dans la production primaire du phytoplancton :
celui-ci ne contribue que pour une faible part à la production carbonée totale des écosys¬
tème coralliens.
142
M. RICARD
SUMMARY
The first floristic study of the phytoplancton of thc French Polynesia was realized
from the observations of more than 200 samples collected in fresh, marine and brackish
waters of the high islands of the Society Archipelago. The diatom population was mainly
studied. It is characterized by a large taxinomie diversity, almost 70 généra were reported ;
this includes 580 species of which 44 arc new. The diatoms came as much from the phyto¬
plancton as from the phytobenthos because of thc particular hydrodynamical conditions
wich prevails in the lagoons of high islands. In a recapitulary list, the identified species
are accompanied with rcmarks about their frequencies in the different biotopes, their
ecology and their world géographie distribution.
The study of the diatom population was based on the comparison of thc relative fre¬
quencies of 314 species which came from 48 net samples realized monthly on the surface
of the lagoons of Faaa and Vairao from January 1972 to Dccember 1973. The samples
were statistically analyzcd by mcans of the diversity and dominance index which permitted
to point out a cyclic évolution of the different populations. This évolution is conditioned
by the présence of a small number of dominant species : it is characterized by the progres¬
sive passage of a population of wcak dominance and strong diversity towards a population
of strong dominance and wcak diversity. Thanks to use of factor analysis of correspondcn-
ces, the différence in composition and évolution of the populations of the two lagoons was
shown to correspond to ecological conditions : rainfall is thc prépondérant factor but
température of the water plays an important rôle too. An ascending hierarchical classifi¬
cation of the samples from the two lagoons confirms the fundamental séparation of the
populations of Faaa and of Vairao. It also shows the characteristic spécifie associations
in Faaa and Vairao and those which are common to both lagoons. These groups are defincd
according to their rcquircments with respect to température and rainfall.
The primary micro- and nannoplancton productions were measured in situ by the
Carbone 14 method in thc lagoons of Tahiti (Faaa and Vairao) and Moorea (Tiahura) in
order to estimatc thc part devoted to diatoms in the total carbon production ofthe waters
of the lagoons. The Carbon 14 measurcments were complcted by cellular counts obtained
from an inverted microscope, by chlorophyll a concentrations estimated with the fluori-
metric method and by total particlcs weights collected by filtration. The lagoons ofTahiti
are more productive (80 to 850 mgCm' 2 j' 1 ) than that of Moorea (4 to 40mgCm~ 2 j' 1 )
and the oceanic fringing waters hâve a high carbon production (485 mgC m' 2 j' 1 ) which
is stable ail year long contrary to those of the lagoons which are stronger in summer than
winter because of thc preponderating influence of the rainfall. The diatoms represent
an important part of the microplancton but participate very little in the élaboration of
carbon matter. On the other hand, the nannoplancton enters for 70-90% in the primary
production of the phytoplancton, but the phytoplancton as a whole contributes only
a small part of thc total carbon production of the coral Systems.
143
INTRODUCTION
Le phytoplancton des lagons des îles hautes de la Polynésie française n’avait
fait l’objet d’aucune étude qualitative ou quantitative et ceci vraisemblablement
en raison du peu d’intérêt apporté par les chercheurs à ces eaux oligotrophes
(Anonyme, 1972). Les eaux océaniques de la Polynésie n’ont été que sommai¬
rement prospectées au cours de campagnes transpacifîques (FORSBERGH et
BROENKOW, 1965; JONES, 1962), et peu de chercheurs, à l’exception de l’é¬
quipe ORSTOM de Nouméa (LE BOURHIS et al, 1967; MICHEL, 1969; DES¬
ROSIERES, 1971), ont étudié les populations planctoniques au voisinage des
atolls.
Les recherches réalisées dans les eaux tropicales fournissent de nombreuses
informations sur les aspects qualitatifs et quantitatifs du phytoplancton océani¬
que, mais les écosystèmes étudiés n’ont que peu de rapports avec ceux de la Po¬
lynésie française. Dans l’Océan Indien, SOURNIA (1966, 1968a, b, c et d, 1972a
et b) et ANGOT (1966, 1967) ont étudié la biomasse et la production primaire
du phytoplancton de Nosy-Bé (Madagascar) et du canal du Mozambique. Dans
l’océan Pacifique, MARSHALL (1933) s’intéresse à la composition qualitative
et quantitative du phytoplancton de la Grande Barrière et AIKAWA (1936)
décrit la composition et la distribution des communautés phytoplanctoniques
de différentes régions côtières du Japon. MALONE (1971a et b) étudie l’impor¬
tance relative du microplancton et du nannoplancton dans la production primai¬
re des eaux de la côte de Californie, tandis qu’aux Hawaii, DOTY et OGUR1
(1956) ainsi que G1LMART1N et REVELANTE (1974) ont cherché à mettre en
évidence un effet de masse insulaire en mesurant la concentration en chlorophyl¬
le et la productivité des eaux côtières et océaniques.
Les recherches portant sur les îles Marshall, les îles de la Ligne et certaines
îles de l’archipel des Hawaii sont effectuées en milieux récifaux comparables à
ceux de la Polynésie et présentent, par conséquent, un grand intérêt. Ces recher¬
ches fournissent, en effet, des indications sur les teneurs en pigments et la pro¬
ductivité des eaux des lagons mais elles sont plus particulièrement axées sur l’é¬
tude du métabolisme des communautés récifales car les écologistes ont été intri¬
gués de bonne heure par le paradoxe résidant dans la présence d’écosystèmes
coralliens biologiquement riches au sein d’un océan relativement improductif
(ODUM et ODUM, 1957; KANWISHER et WAINWR1GHT, 1967). Ces écologis¬
tes ont donc cherché à savoir si une telle communauté se nourissait à partir des
matières organiques contenues dans les eaux qui la baignent ou si elle photosyn-
thétisait, et dans quelle proportion, une partie des matières carbonées qui lui
sont nécessaires. Cette dernière hypothèse serait plausible en raison du grand
nombre d’algues unicellulaires symbiotiques (zooxanthelles) et de chlorophycées
filamenteuses ( Oestrobium) vivant dans la chair ou le squelette des coraux ou
Source : MNHN, Paris
144
M. RICARD
bien dans le manteau de certains bivalves ( Tridacna ). Le métabolisme de ces
récifs a été étudié par la méthode des flux et les résultats obtenus confirment
ceux fournis par les mesures de productivité qui soulignent la faible part prise
par le phytoplancton dans la production carbonée des écosystèmes coralliens.
De 1969 à 1975, nous avons réalisé une étude du phytoplancton de la Poly¬
nésie française afin de préciser son rôle au sein des eaux des lagons de l’archipel
de la Société. Nous avons successivement étudié :
- la composition qualitative des récoltes réalisées par filet et par bouteille
hydrologique dans différents lagons de l’archipel, en nous attachant plus particu¬
lièrement aux diatomées qui forment la plus grande part du microplancton;
une liste taxonomique a été établie et chaque taxon accompagné de considéra¬
tions écologiques et biogéographiques.
- les groupes d’espèces associées en analysant et comparant, au moyen des
traitements mathématiques de données, les diatomées récoltées pendant 24 mois
consécutifs dans deux lagons de Tahiti : Faaa et Vairao.
- l’importance de la biomasse phytoplanctonique par dosage fluorimétrique
de la chlorophylle a, et celle de la production primaire par la méthode du 14 C
incubé in situ dans deux lagons de Tahiti (Faaa et Vairao) et un lagon de Moorea
(Tiahura) au cours de la saison sèche et à la fin de la saison des pluies.
145
LE MILIEU
2.1. DESCRIPTION GÉOGRAPHIQUE
2.1.1. LOCALISATION ET DESCRIPTION
La Polynésie française est formée par un ensemble d’archipels situés dans
l’océan Pacifique entre les longitudes 135 et 165 W et les latitudes 10 et
27 S. Ces archipels comportent des îles hautes d’origine volcanique et des îles
basses coralliennes; ils se répartissent sur une superficie de 4000 km 2 et se
nomment : Marquises, Australes ou Tubuai, Tuamotu, Gambier, et la Société
avec Tahiti.
2.1.1.1. Les terres
L’archipel de la Société est compris entre les longitudes 147 et 155 W et
les latitudes 15 et 18 S, c’est-à-dire entre l’équateur et le tropique du Capri¬
corne, et à mi-distance entre les îles Hawaii et la Nouvelle Calédonie. L’archipel
est formé principalement de 6 îles hautes groupées en 2 ensembles : les îles du
vent avec Tahiti et Moorea, et les îles sous le vent avec Raiatea, Tahaa, Bora
Bora et Huahine (Cartes 1, p. 146).
Les îles sont d’origine volcanique et bâties sur le modèle de Tahiti : le centre
de l’île est occupé par un cône volcanique, entaillé de profondes vallées radiales,
bordé par une étroite plaine côtière. L’île est entourée par un récif barrière
corallien qui sépare et protège le lagon de la haute mer.
Mises à part les îles de Moorea et de Bora Bora qui forment chacune un bloc
homogène, les îles de Tahiti, Huahine et Raiatea-Tahaa présentent trois différen¬
tes étapes dans l’évolution géologique de deux appareils volcaniques juxtaposés
appartenant au type Hawaien. A Tahiti, les deux appareils volcaniques sont pro¬
fondément érodés et joints par l’isthme de Taravao (Carte 2, p. 160) tandis que
à Huahine les deux ensembles sont séparés par un étroit chenal (Carte 3, p. 162)
alors qu’à Raiatea-Tahaa cette séparation est beaucoup plus marquée : les deux
îles sont distantes de 3 kilomètres mais restent entourées par une barrière coral¬
lienne commune.
2.1.1.2. Le lagon
Les îles hautes sont entourées par le lagon qui est une étendue d’eau salée
limitée, vers la mer par un récif barrière et, vers la terre, par un récif frangeant
Source : MNHN, Paris
146
M. RICARD
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Carte la! POLYNESIE FRAN
Miyuroa O®
I.GAMBIER.
Cartes la et lb. — Polynésie Française et Archipel de la Société.
Source : MNHN, Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
147
ou par le littoral.
Le récif barrière est une formation corallienne qui affleure à la surface de
l’eau et qui longe le littoral à plus ou moins grande distance de la côte. Cette
barrière est entaillée par des passes de dimensions variables mais les plus impor¬
tantes sont généralement situées face à l’embouchure de rivières dont les apports
en eau douce et en particules terrigènes ont empêché le développement des co¬
raux. Parfois cette barrière est absente et la haute mer est alors directement en
contact avec la côte; sur la côte Nord-Est de Tahiti la barrière récifale n’est pas
absente mais enfouie sous plusieurs mètres d’eau par suite d’un enfoncement
de la zone côtière (Carte 2, p.160 )• La partie externe du récif barrière présente
une pente très abrupte, 30 à 40 , tandis que la partie interne se poursuit, à
l’intérieur du lagon, par un platier résultant de la juxtaposition de pâtés coral¬
liens qui émergent à marée basse.
Le rôle du récif barrière est double : physique, puisqu’il protège les eaux du
lagon et le littoral des actions hydrodynamiques violentes de la haute mer, biolo¬
gique, car, à son niveau, les eaux sont fortement brassées et la vie animale et
végétale y est très développée.
Le récif frangeant résulte de la formation, par les madréporaires et les algues
calcaires, d’une ceinture côtière plus ou moins continue dont la largeur peut aller
de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres; ce récif est le plus souvent
immergé et rend les approches par bateau très délicates. Parfois le platier issu du
récif barrière et le platier issu du récif frangeant prennent une très grande exten¬
sion et ne laissent entre eux qu’un étroit chenal navigable parallèle à la côte.
2.1.2. CONDITIONS CLIMATIQUES
Le climat de Tahiti est caractérisé par l’alternance d’une saison de relative
sécheresse et d’une saison pluvieuse. L’influence de la mer est à l’origine d’une
importante humidité ambiante et d’une faible amplitude thermique. L’humidité
moyenne est de 80% dans la plaine bordière et seules quelques zones situées sous
le vent de la montagne ont une humidité moindre; cette valeur moyenne est la
même que celle de Colombo (Ceylan) ou Hilo (Hawaii) (PETIT, 1972). Le climat
de Tahiti est un climat tropical océanique.
2.1.2.1. Pluviosité
La saison la plus humide est de novembre à avril et la saison sèche de mai à
octobre (Tableaux 1 et 2, p. 148 et 150). Cette définition des deux saisons,
valable si l’on considère les moyennes pluviométriques mensuelles uniquement,
ne l’est plus du tout si l’on tient compte des variations importantes qui peuvent
exister d’un mois à l’autre d’une même année et, pour le même mois, d’une
année à l’autre :
- district de FAAA : 29,9 mm en mai 1966 et 260,1 mm en mai 1967;
61,7 mm en janvier 1967 et 417,9 mm en janvier 1968 (PETIT, 1972).
148
M. RICARD
Tableau 1. — Variations saisonnières de divers facteurs climatologiques mesurés dans le
lagon de Faaa, Tahiti.
Source : MNHN. Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
149
La pluviosité varie également beaucoup d’une partie de l’île à l’autre en fonction
de l’exposition du relief au vent dominant (PETIT, 1972) :
- district de FAAA : 2 m par an,
- district de PAPEARI : 2,6 m par an,
- district de HITIAA : 3 m par an.
L’intensité des précipitations est variable, mais, pendant les orages de l’été
austral, les pluies tombent en violentes averses durant lesquelles la valeur de
1 mm à la minute est souvent dépassée.
2.1.2.2. Température
Les écarts moyens de température sont de 2 5 C entre les mois les plus
chauds et les mois les plus froids alors que l’amplitude journalière est de 6 C
environ. Les moyennes journalières peuvent atteindre 28 8 C et ne descendent
pas au-dessous de 25 5 C; les températures maximales sont de 31 à 33 C de
décembre à avril, et les minimales de 19 à 20 C au cours du mois d’août qui
est le mois le plus froid de l’année (Tableau 1, p. 148) (PETIT, 1972).
2.1.2.3. Insolation et nébulosité
La nébulosité moyenne est faible mais elle devient importante à la saison des
pluies où elle atteint 6/8 octas (Tableau 1, p. 148). L’augmentation de la nébulo¬
sité à la saison des pluies est accompagnée d’une diminution de la durée moyen¬
ne d’ensoleillement qui passe de 7 heures en août à 4 heures en février (Ta¬
bleau 1, p. 148), ce qui se traduit par une réduction de la quantité d’énergie lumi¬
neuse utilisable par le phytoplancton et une diminution de la hauteur de la cou¬
che euphotique. Cependant, malgré l’augmentation de la nébulosité, la tempéra¬
ture croît de novembre à février et les fluctuations de la couverture nuageuse ne
provoquent que de faibles variations de température (PETIT, 1972).
2.1.2.4. Évaporation
Les mesures faites à Tahiti (Service de l’Agriculture, données non publiées)
permettent de penser que la valeur de l’évaporation atteindrait 30 à 50% de celle
de la pluviométrie (Tableau 1) :
• à FAAA, d’avril 1969 à mai 1970, l’évaporation aurait été de 1116 mm
d’eau pour une pluviométrie de 2104 mm.
Ces valeurs élevées sont à prendre en considération car l’évaporation, au mê¬
me titre que la vitesse de renouvellement des eaux, peut expliquer l’amortisse¬
ment des variations de salinité des eaux des lagons lors de pluies diluviennes :
en effet, l’évaporation concerne plus particulièrement les couches superficielles
de faible salinité.
150
M. RICARD
1972 1973 mois
jafmamjjtasond jafmamj jtasond
Vents à FAAA-TAHITI
du 1 Avril 1969 au 31 Mars 1970
NE
s
Tableau 2. — Précipitations mensuelles relevées en 1972 et 1973 dans les lagons de Vairao
et Faaa (Tahiti) et dans le lagon de Tiahura (Moorea). Régimes des vents dans le district
de Faaa (Tahiti), d’avril 1969 à mars 1970.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
151
2.1.2.5. Régime des vents
L’archipel de la Société est dans la zone des alizés du secteur Est à Nord-Est.
Ces vents peuvent atteindre, à Tahiti, la vitesse de 40 à 50 km/h, mais leur régi¬
me n’est pas homogène car il est très influencé par le relief des îles : dans le dis¬
trict de Faaa, abrité par les montagnes (Carte 5, p. 170), les alizés ne représentent
que 17% du régime global des vents contre 45% pour l’île de Bora-Bora (PETIT,
1972) (Tableau 2).
2.1.2.6. Hydrographie
Les îles de Tahiti et de Moorea possèdent un réseau hydrographique dévelop¬
pé et permanent alors que les rivières des îles sous le vent sont le plus souvent
temporaires. Les rivières de Tahiti ont un régime torrentiel en raison de la nature
des précipitations et leur débit est conditionné par l’exposition de leur bassin
aux vents dominants. La rivière Papenoo (Carte 2, p. 160), exposée aux vents
dominants, présente, au cours de la saison sèche, un débit supérieur à celui de
la Punaruu à la saison des pluies, car celle-ci est située «sous le vent». D’autre
part, les différences de débit entre deux rivières, au cours de la saison sèche,
peuvent disparaître à la saison des pluies :
- la Papenoo et la Fautaua ont à l’étiage un débit respectif de 3 m 3 /sec.
et 0,2 m 3 /sec., mais le même débit de crue, 300 m 3 /sec.
En conclusion de ces données climatologiques, nous pouvons dire que deux
facteurs influeront principalement sur le biotope des lagons : les pluies diluvien¬
nes qui conditionnent le régime torrentiel des rivières et l’évaporation. Par l’in¬
termédiaire des rivières en crue, les pluies entraînent dans les lagons un grand
volume d’eau douce et une grande quantité de matières terrigènes, ce qui aura
une triple conséquence : l’abaissement de la salinité, l’augmentation de la turbi-
dité au détriment de la quantité de lumière disponible pour le phytoplancton,
l’enrichissement des eaux en sels minéraux et plus particulièrement en silice.
L’évaporation jouerait, à la saison des pluies, un rôle régulateur mal défini en
évitant une dessalure trop importante des eaux des lagons.
Nous ne possédons pas de mesures de ruisssellement se rapportant à la Poly¬
nésie, mais, dans les îles Hawaii, en période humide, au moins 40% des eaux de
pluie se déverse dans la mer. Ces grandes quantités d’eau douce apportent dans le
milieu marin d’importantes quantités de sels nutritifs, de matières colloïdales,
de particules terrigènes et d’oligo-éléments à partir des sols volcaniques (GIL-
MART1N et REVELANTE, 1974).
152
M. RICARD
2.2. CONDITIONS HYDROLOGIQUES
2.2.1. CIRCULATION DES EAUX DANS LES LAGONS
Le schéma de la circulation des eaux à l’intérieur du lagon est classiquement
le suivant (Rapport interne S.M.C.B.) : les eaux du large pénètrent dans le lagon
en innondant la barrière récifale et ressortent par la passe. Si le lagon ne possède
qu’une passe profonde, les eaux utilisent cette passe pour sortir; si les passes
sont plus nombreuses, la ou les passes les plus importantes fonctionnent en cou¬
rant sortant tandis que l’eau du large pénètre dans le lagon par-dessus le récif et
par les autres passes. Ce schéma simplifié se complique sous les actions conju¬
guées du vent, de la houle et des fortes marées.
La durée de renouvellement complet des eaux d’un lagon varie avec sa topo¬
graphie : cette durée serait de 24 heures pour le lagon de Vairao (données
CNEXO/COP, non publiées), de 10 jours pour celui de Faaa (Rapport interne
S.M.C.B.) et de 39 jours pour le lagon de l’atoll de Bikini (VON ARX, 1954).
Les principales mesures de courant ont été réalisées dans le lagon de Faaa au ni¬
veau de la passe de Taapuna (Carte 5, page 170) et montrent que c’est au début
du jusant que les vitesses sont les plus élevées : à 5 mètres de profondeur, le cou¬
rant sortant, dont la vitesse moyenne est de 0,5 km/h à l’étale, varie entre 5 et
10 km/h selon les conditions météorologiques (Rapport interne S.M.C.B.). Dans
l’archipel des Tuamotu nous avons noté des courants sortants de 20 km/h dans
la passe du lagon de Fangataufa lorsque la marée et une très forte houle provo¬
quent un remplissage excessif du lagon.
En Polynésie, les marées sont régulières et de type semi-diurne : les marées
basses se situent entre 05h00 et 08h00 et entre 17h00 et 20h00, les marées
hautes entre llhOO et 14h00 et entre 23h00 et 02h00. Leur amplitude dépasse
rarement 0,40 mètre, ce qui provoque un affleurement à peine plus marqué du
platier corallien.
2.2.2. CARACTÉRISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES DES EAUX
2.2.2.1. Transparence et turbidité des eaux
Pendant la saison sèche, de mai à septembre, les eaux des lagons sont claires
et peu chargées en particules terrigènes : la limite de visibilité du disque de
Secchi est alors de 30 mètres dans le lagon de Vairao, de 25 mètres dans celui
de Faaa et de 40 mètres en haute mer. Par comparaison, dans les îles Marshall
(SARGENT et AUST1N, 1949), la limite maximale de visibilité du disque de
Secchi est de 11 m dans l’Océan et de 18 m dans le lagon de Rongelap, ce qui
correspond à des eaux peu claires et chargées en matières organiques et miné¬
rales.
Source : MNHN, Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
153
T«mpératur«oc
Tableau 3. — Variations de la température et de la salinité relevées à 0 m, 10 m et 20 m,
dans les eaux du lagon de Vairao (Tahiti) de mars 1972 à mars 1973.
154
M. RICARD
A la saison des pluies, les rejets d’eaux douces chargées de particules terri-
gènes provoquent une augmentation de la turbidité des eaux du lagon selon le
nombre et le débit des affluents : de octobre à avril, le disque de Secchi n’est
habituellement plus visible à 15-18 m dans le lagon de Faaa, à 20 m dans celui
de Vairao et à 27-30 m dans la frange océanique. Lors de pluies très importantes,
les apports argilo-latéritiques peuvent donner aux eaux une teinte rougeâtre
plus ou moins marquée : dans le lagon de Faaa, en avril 1972, la limite de visibi¬
lité du disque de Secchi était de 5 mètres seulement en raison de la turbidité.
Des facteurs biologiques peuvent également intervenir pour limiter la transparen¬
ce de l’eau : pontes massives (lagon de Vairao en octobre 1968) ou bien eaux
vertes à Rhizosolenia imbricata (lagon de l’île de Tahaa en mai 1972).
2.2.2.2. Température
La température et la salinité ont été mesurées au moyen d’une sonde à induc¬
tion BECKMAN, modèle RS5-3, cjui était étalonnée avant chaque sortie; la pré¬
cision de cette sonde est de ± 0,5 C pour la température et de ± 0,3 %o pour la
salinité.
La température des eaux des lagons est maximale en février et mars avec
32 C et minimale en août avec 25 C. Ces températures, à l’instar de celles
relevées dans l’air, diffèrent d’une année à l’autre pour une même période.
Dans les lagons, les écarts de température sont faibles entre les eaux de surface
et les eaux profondes. En 1972, la moyenne minimale mensuelle des eaux de
Vairao était de 26 1 C et la moyenne maximale mensuelle de 29 6 C pour une
température minimale de 25 5 C et une température maximale de 31 2 C
(Tableau 3, page 153; données CNEXO/COP non publiées).
Les écarts entre les moyennes maximales et minimales de l’eau et de l’air sont
sensiblement les mêmes, 3 C environ; par contre l’amplitude journalière est de
7 C en moyenne pour l’air et seulement de 1 C pour l’eau, exception faite des
eaux peu profondes qui baignent les platiers coralliens et dont l’amplitude est
même ordre que celle de l’air.
La température moyenne des eaux du large est de 27°5 C à la saison chaude
et de 25 7 C à la saison froide : l’écart entre les deux valeurs est plus faible de
1 C que celui des eaux des lagons.
2.2.2.3. Salinité
Dans les lagons des îles de la Société, la salinité varie entre 30 et 36%o en
fonction des conditions météorologiques et topographiques (Tableau 3, p. 153);
ailleurs ces valeurs peuvent être plus élevées, puisque dans le lagon de l’atoll de
Tabapoto (Archipel des Tuamotu) des salinités de 39%o ont été relevées en
août 1975. La salinité des eaux du large est beaucoup plus constante car elle
est comprise entre 35,90 et 36,25%o.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
155
2 .2.2.4. Oxygène dissous
Les valeurs varient entre 6,42 et 8,20 ml/l dans les lagons de Faaa et de
Vairao et entre 5,58 et 8,30 ml/l dans le lagon de Tiahura (Moorea), pour des
valeurs à saturation comprises entre 6,00 et 7,5 ml/l. Ces valeurs ont été mesu¬
rées dans les eaux profondes du lagon, mais, dans le récif frangeant et dans le
récif barrière, le métabolisme des coraux est à l’origine d’importantes variations
de la teneur en 0 2 dissous des eaux qui les baignent, de 4,18 à 9,20 ml/l.
2.2.2.5. Sels nutritifs
Les valeurs suivantes ont été relevées dans les lagons de Faaa et de Vairao à
Tahiti (mesures CNEXO/COP, non publiées) et dans le lagon de Tiahura à Moo¬
rea (mesures CEA/DPr, non publiées).
Nitrates : de 0,40 à 2,9 //g.at N 2 par litre dans le lagon
0,10//g.at N 2 par litre dans l’océan.
Nitrites : les valeurs ne dépassent jamais 0,15 //g.at N 2 par litre dans les
lagons et dans l’océan.
Phosphates : 0,17 à 5,2 //g.at P par litre à Vairao
0,14 à 1,31 //g.at P par litre à Tiahura
0,37 à 0,55 /ig.at P par litre dans l’océan.
Silicates : 1,2 à 35 //g.at Si par litre dans le lagon de Vairao
2,1 à 2,9 //g.at Si par litre à Tiahura et dans la frange océanique.
156
M. RICARD
Comme cela est généralement le cas dans la zone in ter tropicale, les eaux de la
Polynésie sont pauvres en sels nutritifs dissous, cependant les eaux des lagons
sont sensiblement plus riches que celles de l’océan. Dans les lagons, à la saison
sèche, les taux de phosphates sont particulièrement bas comme en témoignent
les valeurs des rapports P/N qui varient de 0,3 à 1,70 (ces rapports ne font pas
intervenir N-NH 4 , mais seulement N-N0 2 et N-NO 3 ).
A la saison des pluies, les teneurs en sels nutritifs peuvent augmenter rapide¬
ment : ceci est particulièrement net pour les silicates, lessivés par les eaux de
ruissellement sur les terrains volcaniques, et pour les phosphates. En période de
crues, les valeurs de 214 £ig.at de Si-Si0 4 et de 71 /ig.at de P-P0 4 par litre ont
été mesurées dans les eaux superficielles du lagon de Vairao, près de l’embouchu¬
re de la rivière Vaipohe (Fig. 4); parallèlement, les taux de nitrates augmentent
faiblement, 3,0 à 3,5 /ig.at N 2 par litre et les taux de nitrites restent inchangés.
Dans ces conditions exceptionnelles, les rapports P/N sont élevés puisqu’ils
peuvent atteindre 20 , sans tenir compte toutefois de l’azote ammoniacal.
2.2.2.6. Mesures de lumière
Les mesures de lumières faites, dans la colonne d’eau, au moyen d’un appa
reil enregistreur sensible aux radiations comprises entre 425 et 950 Â, indiquent
que la luminosité atteint son intensité maximale entre 11 heures et 13 heures
(JAUBERT, non publié).
Pour le lagon de Vairao, au cours du mois de juillet 1975, alors que la limite
de visibilité du disque de Secchi était de 20 mètres à 12 heures, la décroissance
de l’intensité lumineuse était la suivante dans la colonne d’eau : 100 % à 0 m,
17,8% à 5 m, 11,5% à 10 m, 5,5% à 20 m, 1,8% à 30 m.
2.3. FAUNE ET FLORE ASSOCIÉES
Les lagons sont caractérisés par la prépondérance des formes calcaires qui par¬
ticipent à la construction des récifs au sein desquels se concentrent la vie animale
et végétale; les parties sableuses sont beaucoup plus pauvres et sont principale¬
ment peuplées par une faune rampante ou interstitielle.
2.3.1. PARTIES RÉCIFALES
Elles résultent de la juxtaposition de madréporaires calcaires ( Acropora, Mon-
tipora, Pocillopora, Porites ), de Chlorophycées calcifiées ( Halimeda ), et de
Rhodophycées calcaires ( Lithothamnion, Porolithon et Neogoniolithon).
Parmi ces édifices calcaires, plus ou moins compacts selon que l’on s’adresse
au récif barrière proprement dit ou au platier corallien, se développe une vie
végétale et animale libre ou fixée.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
157
Les algues sont essentiellement des Cyanophycées ( Lyngbya ), des Chlorophy-
cées ( Caulerpa, Microdictyon, Codium, Ulva, Enteromorpha) et des Phaeophy-
cées ( Padina, Turbinaria). Les Coelentérés sont cachés dans les cavités récifales :
ce sont surtout des Échinides ( Echinotrix diadema, Echinometra mathei, Hetero-
centrus mamillatus) et des Astérides ( Linckia multifora et Acanthaster planci).
Les Mollusques Bivalves et Gastropodes sont très nombreux et nous ne citerons
que les plus connus : Turbo, Patella, Drupa, Cypraea, Conus, Trochus, Tridacna,
Area.
La zone du récif barrière est très riche en poissons, plus particulièrement au
point de déferlement des vagues; quand il n’y a pas de récif barrière les poissons
se retrouvent dans la zone de déferlement. De nombreuses espèces passent leur
stade juvénile dans les eaux calmes du récif frangeant puis, à l’état adulte, vivent
dans le récif barrière. Les principales familles de poissons sont les suivantes :
Acanthuridés (chirurgiens), Carangidés (carangues), Holocentridés (rougets),
Labridés (labres), Murénidés (murènes), Scorpénidés (rascasses), Serranidés (mé¬
rous), Tétraodontidés (tétraodons).
2.3.2. ZONES SABLEUSES
Elles comprennent essentiellement les parties situées entre les platiers coral¬
liens du récif frangeant et du récif barrière ainsi que les petites plages sableuses
intercalées entre les formations coralliennes des platiers. Les algues sont des Cya¬
nophycées {Lyngbya), des Chlorophycées ( Caulerpa, Codium, Microdictyon),
des Phéophycées ( Turbinaria) et quelques Rodophycées encroûtantes ( Litho-
thamnion, Porolithon).
La faune benthique est représentée par des Madréporaires, principalement
Eungia dont les individus jeunes sont fixés et les adultes libres, par des Astérides
avec Culcita schmideliana et des Holothurides avec Halodeima atra et Synapta
sp. caractéristique des eaux troubles et polluées de certains lagons.
La faune interstitielle comprend principalement des Échinides ( Metalia, Spa-
tangus ), des Mollusques Bivalves {Pinna) ou Gastropodes {Terebra, Mitra, Ceri-
thium), et surtout une importante faune annélidienne.
158
ÉTUDE FLORISTIQUE
3.1. HISTORIQUE
Nombreux sont les auteurs qui se sont intéressés à la composition qualitative
du phytoplancton des eaux tropicales marines et spécialement dans l’océan In¬
dien, le canal de Mozambique et la côte occidentale de l’Afrique.
SUBRAHMANYAN a décrit les diatomées de Madras (1946) et de la côte
Ouest de l’Inde (1958a et b, 1959a et b) mais ne donne que des indications très
sommaires sur les conditions écologiques; en I960, SUBRAHMANYAN et
SARMA étudient les variations annuelles quantitatives de 164 taxons et fournis¬
sent pour chaque mois les paramètres physico-chimiques et la liste des espèces
dominantes dans chaque récolte. MANN décrit les nombreuses espèces nouvelles
de diatomées récoltées dans le Pacifique (1907) et dans les Philippines (1925).
Dans le canal de Mozambique, citons les travaux de SILVA, ANGOT, TRA¬
VERS et SOURNIA. SILVA (1956, 1960) a étudié le microplancton marin du
Mozambique, et plus particulièrement celui de la baie de Lourenço Marquès
tandis que SOURNIA s’est intéressé au phytoplancton de l’île Maurice (1966) et
du canal de Mozambique (1966, 1968a, b et c, 1970, 1972a) et a indiqué la
répartition mondiale et les caractéristiques écologiques de certains taxons. A
Madagascar, TRAVERS (1965) a décrit le phytoplancton de Tuléar et ANGOT
(1966) a comparé les récoltes au filet et par bouteille du phytoplancton de sur¬
face de la baie d’Ambaro.
Les travaux de REYSSAC (1966a et b, 1969) portent sur la mise en évidence
des cycles annuels des diatomées et des dinoflagellés dans la baie du Lévrier
(Mauritanie) : les conditions hydrologiques y sont très différentes de celles de
la Polynésie car cette région est située à une zone de confluence des eaux tropi¬
cales et tempérées et les diatomées n’ont que peu de rapport avec une flore tro¬
picale typique. REYSSAC indique la distribution géographique des différents
taxons mais ne définit pas les termes employés.
Dans l’océan Pacifique, WOOD (1961a-b, 1963a-b) décrit le phytoplancton
des côtes d’Australie et de Nouvelle Zélande mais ne fournit aucun renseigne¬
ment écologique ou biogéographique. ALLEN (1937, 1938) et CUPP (1943)
étudient les diatomées du Golfe de Californie et de la côte Ouest des États-Unis
en indiquant leur répartition géographique et leur domaine d’appartenance. Plus
près de Tahiti, dans l’archipel des Hawaii, GILMARTIN et REVELANTE (1974)
ont cherché à mettre en évidence un «effet de masse insulaire» en mesurant la
productivité primaire et en établissant la composition qualitative du phytoplanc¬
ton.
Source : MNHN. Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
159
Tous ces travaux, et en particulier ceux de SOURNIA, REYSSAC, SUBRAH-
MANYAN et CUPP, rendent possibles des comparaisons entre les différents
taxons récoltés dans les eaux tropicales des trois océans. Toutefois, il est impor¬
tant de souligner qu’aucun des écosystèmes étudiés dans les recherches précitées
ne peut se comparer à un milieu récifal de type polynésien.
3.2. MATÉRIAUX ET MÉTHODES
3.2.1. PRELEVEMENTS
3.2.1.1. Matériel et prélèvements
Les prélèvements ont été réalisés au moyen de filets en gaze de nylon et de
bouteilles d’hydrologie en métal ou en matière plastique. Les dimensions et la
taille de la maille des filets utilisés ont été choisis d’après les indications fournies
par TREGOUBOFF et ROSE (1959) et adaptées au conditions locales. Les filets
utilisés en pleine mer avaient 4 m de long, 1 m de diamètre, 40 microns de vide
de maille; les filets de lagon avaient le même vide de maille mais étaient plus
petits, 2,5 m de long et 0,5 m de diamètre, afin de faciliter leur manipulation. En
eau douce, les filets mesuraient 1,50 m de long et 0,30 m de diamètre; la gaze
utilisée avait un vide de maille de 30 microns.
Les organismes pris dans les filets étaient récupérés dans un collecteur cylin¬
drique en matière plastique, de type TREGOUBOFF, muni de deux ouvertures
latérales comportant un filtre en gaze de nylon de même vide de maille que le
filet. Un débitmètre à hélice était placé au centre de l’ouverture du filet et per¬
mettait de connaître approximativement la quantité d’eau filtrée.
Les bouteilles d’hydrologie métalliques étaient des bouteilles MECABOL1ER,
d’une contenance de 2,5 litres, équipées de thermomètres à renversement. Les
bouteilles en matière plastique (altuglass transparent) étaient de type VAN
DORN de 8 litres de contenance : elles étaient équipées d’un thermomètre droit
indiquant le 1/10 de degré.
3.2.1.2. Techniques de prélèvement
Dans les lagons nous n’avons réalisé que des traits de surface en raison de la
topographie très accidentée du fond. Les filets étaient traînés pendant 10 minu¬
tes, à la vitesse de 1 nœud, à l’arrière d’une embarcation à moteur de type Zo¬
diac; en fin de trait, le matériel récolté était récupéré et le nombre marqué par
le compteur du débitmètre noté, afin de permettre des comparaisons avec les
autres prélèvements. Pendant le trait de filet, 1 litre d’eau de mer était collecté,
à 0,50 mètre au-dessous de la surface, au moyen d’une bouteille en matière plas¬
tique; cette eau de mer était destinée aux comptages quantitatifs réalisés selon la
ILES DU VF1MT
160
M. RICARD
Carte 2. — Iles du Vent
Source : MNHN. Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
161
technique d’UTERMOEHL.
En mer, les traits horizontaux et verticaux étaient effectués grâce à des filets
de grand diamètre afin de récolter le plus possible de spécimens en raison du
faible nombre de sorties en haute mer que nous pouvions réaliser. Ces sorties
avaient lieu à bord de bateaux rarement adaptés à un travail océanographique,
ce qui explique la disparité des récoltes et des résultats. Les traits horizontaux
étaient réalisés à 0, 10, 25, 50, 75 et 100 mètres au moyen de filets lestés munis
d’étrangleurs accrochés à un déclancheur actionné par un messager. Les échan¬
tillons d’eau de mer étaient collectés à ces mêmes profondeurs an moyen de bou¬
teilles Mécabolier.
En eau douce, les filets utilisés étaient calés dans le lit des rivières et la durée
de la filtration était fonction du débit de la rivière. Les prélèvements en eau
douce étaient réalisés par beau temps uniquement car, en période de pluies, les
filets étaient immédiatement colmatés par des particules terrigènes et les récoltes
étaient inexploitables.
3.2.1.3. Lieux de prélèvement
- TAHITI ET MOOREA
Nous avons pu obtenir grâce au Service Mixte de Contrôle Biologique, des
récoltes au filet provenant des lagons de Faaa et de Vairao. Ces prélèvements,
irréguliers de 1968 à 1971, ont été mensuels de 1972 à 1975 et nous ont permis
d’étudier les cycles saisonniers des diatomées dans ces deux lagons. A ces récoltes
de Faaa et de Vairao se sont ajoutés des prélèvements réalisés dans les autres
lagons de Tahiti au cours de différentes missions (Carte 2).
Les lagons, baies et rivières de Moorea ont été explorés pendant plusieurs sé¬
jours de 1968 à 1975. Ces récoltes, sporadiques et ponctuelles, ont été complé¬
tées par des traits de filets et des stations hydrologiques bi-hebdomadaires
effectués à l’antenne de Tiahura en 1974 et 1975 (Carte 2).
- ILES SOUS LE VENT
Les lagons de Bora-Bora, Raiatea, Tahaa et Huahine ont été explorés au cours
de deux missions de mars 1971 et avril 1972. Ces îles ne possèdent pas de réseau
hydrographique important dans lequel on puisse réaliser des prélèvements, par
contre des échantillons planctoniques et benthiques ont été récoltés dans la la¬
gune de Maeva à Huahine, en avril 1972 (Carte 3, p. 162).
- HAUTE MER
Des récoltes au filet et des stations hydrologiques ont été effectuées à l’occa¬
sion des transits en bateau entre les différentes îles. Ces trop rares prélèvements
de haute mer n’ont pas permis de réaliser une étude complète du plancton
océanique.
Source : MNHN. Paris
ILES SOUS LE VENT
162
M. RICARD
Carte 3. — Iles sous le Vent
Source : MNHN, Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
163
3.2.2. PRÉSERVATION ET MONTAGE
3 .2.2.1. Préservation des récoltes
Les récoltes par filet ont été conservées par du formol à 4% neutralisé par du
borate de sodium. Les échantillons destinés à l’étude quantitative ont été conser¬
vés par du formol neutre à 4% ou bien par quelques gouttes de solution de Lugol
(UTERMOEHL, 1958).
3.2 . 2 . 2 . Montage des échantillons
Chaque fois que cela fut possible les récoltes ont été observées à l’état frais,
mais cela n’a jamais pu être réalisé en routine en raison des conditions de travail;
dans la majorité des cas, ce n’est qu’au retour de mission que les échantillons
formolés ont été examinés.
Afin de permettre une meilleure observation microscopique, les diatomées
ont été débarrassées de leur matière organique par différents traitements afin
d’obtenir des frustules siliceux parfaitement nettoyés. Ces frustules ont été mon¬
tés dans une résine dont l’indice de réfraction élevé facilite l’observation; cet
indice varie entre 1,55 et 1,77 suivant la nature chimique de la résine utilisée.
Cette résine, liquide, durcit à la chaleur et permet l’obtention de préparations
inaltérables.
- TRAITEMENT A L’EAU OXYGÉNÉE
Ce traitement, inspiré de SCHRADER (1970), fournit des spécimens très
propres, observables aussi bien en microscopie photonique qu’en microscopie
électronique, mais seuls résistent à ce traitement les organismes fortement sili-
cifiés.
Après avoir été rincés à 5 reprises dans de l’eau déminéralisée afin d’éliminer
le formol et les sels hydrosolubles, la récolte est mise à décanter, débarrassée
de son surnageant et placée 3 jours dans de l’eau oxygénée à 130 volumes portée
à une température de 70 à 80 C: Le reliquat est ensuite rincé 5 fois dans de
l’eau déminéralisée, afin d’éliminer l’eau oxygénée, et plongé dans une solution
de Na 2 HP0 4 à 1%. L’action du Na 2 HP0 4 en solution a le même rôle que les
ultrasons c’est-à-dire qu’il disperse les constituants du milieu, mais il n’en a pas
les inconvénients puisqu’il ne brise pas les tests rendus fragiles par l’action de
l’eau oxygénée.
Après avoir éliminé le Na 2 HP0 4 par 5 rinçages successifs dans de l’eau démi¬
néralisée, les diatomées sont montées dans la résine. Pour ce faire, plusieurs
gouttes d’eau contenant des diatomées en suspension sont déposées sur une la¬
melle placée sur une platine chauffante, jusqu’à évaporation du liquide; à ce
moment-là, une goutte de résine est versée sur la lamelle qui est retournée sur
la lame après évaporation presque totale du solvant. Après refroidissement
164
M. RICARD
de l’ensemble, la résine est solidifiée et les diatomées prêtes à l’observation.
Pour obtenir des préparations pour l’observation en microscopie électronique
à balayage il suffit de modifier le mode opératoire précédent : les diatomées en
suspension dans l’eau ne sont pas placées sur une lamelle de verre chauffée sur
une platine mais déposées sur une lamelle de verre de 12 millimètres de diamètre
qui sera placée dans une boîte de Pétri jusqu’à totale évaporation de l’eau. Les
lamelles portant les échantillons sont ensuite fixées sur des portoirs en alumi¬
nium par une colle du type rubber cernent et métallisées sous vide par un mélan¬
ge or-palladium.
Les préparations ont été examinées à 30 Kilovolts et photographiées au moyen
du Microscope électronique à balayage «Cambridge Stereoscan Mark II» du labo¬
ratoire de Géologie du Muséum National d’Histoire Naturelle.
TRAITEMENT PAR CARBONISATION
Cette technique n’est pas aussi parfaite que celle qui fait appel à l’eau oxygé¬
née pour nettoyer les diatomées, mais elle présente deux avantages : d’une part
elle permet d’obtenir très rapidement des diatomées identifiables montées dans
de la résine, d’autre part elle préserve les spécimens fragiles, appartenant aux
genres Chaetoceros et Rhizosolenia, qui ne résistent pas à l’action brutale de
l’eau oxygénée.
La récolte formolée est rincée cinq fois avec de l’eau déminéralisée afin d’éli¬
miner le formol et les sels hydrosolubles, ensuite une goutte d’eau contenant les
organismes en suspension est déposée sur une lamelle placée sur une plaque de
fer de 1 centimètre d’épaisseur chauffée à feu très vif pendant 1/4 d’heure.
Après ce laps de temps, durant lequel la plus grande partie de la matière orga
nique a été carbonisée, les diatomées sont montées dans de la résine puis obser
vées.
3.3. LA FLORE A DIATOMÉES
3.3.1. OBSERVATIONS
L’étude des échantillons prélevés au filet dans les lagons montre que ceux-ci
sont composés de diatomées et de péridiniens planctoniques, ainsi qu’on était
en droit de s’y attendre, mais également d’une très forte proportion de diato¬
mées benthiques. Cette particularité s’explique par les conditions hydrodyna¬
miques particulières qui existent à l’intérieur d’un lagon en raison du brassage
intense des eaux et des actions animales. Ce brassage est principalement dû aux
courants marins causés par le jeu des marées et au déferlement des vagues qui
viennent se briser sur la barrière récifale. Aux actions des vagues et des courants
viennent s’ajouter celles des poissons brouteurs d’algues, des Gastropodes fouis-
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
165
seurs et des Holothuries filtreurs de sédiments. Tout cela explique que les diato¬
mées benthiques puissent être arrachées à leur substrat et venir se mélanger au
phytoplancton pour former le tychoplancton.
D’autre part, la présence de diatomées d’eau douce est fréquente dans les la¬
gons de Tahiti et Moorea, plus particulièrement à la saison des pluies, et il n’est
pas rare d’en récolter en haute mer où elles sont transportées par les courants.
3.3.2. TERMINOLOGIE
Dans la liste produite en annexe sont énumérés tous les taxons récoltés dans
les eaux douces, marines et saumâtres de l’archipel de la Société. Dans cette liste
figurent, aussi souvent que possible, des commentaires sur l’aire de répartition,
le domaine et l’écologie de chaque taxon (cf. Annexe 1, p. 281).
3.3.2.1. Aires de répartition biogéographiques
Les aires de répartition des diatomées et des dinoflagellés sont assez mal
définies et chaque auteur donne une signification différente aux termes anté¬
rieurs ou bien en introduit de nouveaux. DEACON (1933) et HENDEY (1937)
parlent de formes antarctiques, subantarctiques et subtropicales, alors que
KARSTEN (1907) préfère parler d’espèces ubiquistes, tempérées, tempérées
tropicales et tropicales, et STEEMAN-N1ELSEN (1939) de formes tropicales
et subtropicales. VAUGHAN (1940) définit 5 types de zones en fonction de la
température de l’eau. ANGOT (1961) considère que les mers tropicales sont
celles dont la température des eaux de surface ne descend jamais au-dessous de
22 C et SOURNIA (1969) reprend et complète cette définition en s’appuyant
sur les travaux de VAUGHAN (1940).
Afin d’essayer d’harmoniser la nomenclature, nous avons considéré l’existence
de trois aires géographiques principales. Ces trois aires ont été définies en fonc¬
tion de la température moyenne de l’eau de surface et elles sont délimitées
naturellement par les principales convergences océaniques (SVERDRUP et al,
1946; SEWELL, 1948).
- aires arctiques et antarctiques
Ces deux aires s’étendent dans l’hémisphère Nord et Sud, respectivement de la
banquise à la convergence subpolaire Nord pour l’aire arctique et de la banquise
à la convergence subpolaire Sud pour l’aire antarctique. La température de l’eau
de surface varie de - 1 9 à + 5 C. Ces deux aires correspondent aux anciennes
aires arctiques et antarctiques et en partie aux aires subarctiques, subantarc¬
tiques et subpolaires.
- aires tempérées Nord et Sud
sous-aires tempérées froides Nord et Sud : ces deux aires s’étendent des conver-
166
M. RICARD
gences subpolaires aux convergences subtropicales. La température de l’eau de
surface varie de + 5° C à + 10 C en moyenne. Les sous-aires tempérées froides
correspondent en partie aux aires boréales et aux aires tempérées Nord et Sud.
sous-aires tempérées chaudes Nord et Sud : chacune de ces deux aires s’étend
des convergences subtropicales aux convergences tropicales. La température de
l’eau varie en moyenne de + 10 C à + 22 C en surface. Les sous-aires tempé¬
rées chaudes Nord et Sud correspondent, en partie, aux anciennes aires tempé¬
rées Nord et Sud ainsi qu’aux zones tempérées tropicales.
- aire intertropicale
L’aire intertropicale s’étend approximativement entre les convergences tropicales
Nord et Sud. Dans cette aire, la température superficielle de l’eau ne descend
jamais en dessous de + 22 C, à l’exception de régions où, en raisons de phéno¬
mènes saisonniers locaux la température de l’eau descend au-dessous de cette
valeur (SOURN1A, 1959). L’aire intertropicale correspond aux anciennes aires
tropicales, équatoriales et à une partie des aires tempérées tropicales.
Cette distribution des différentes espèces à l’intérieur de 3 principales aires de
répartition ne fait pas intervenir les formes de transition, qu’elles soient subtropi¬
cales, subantarctiques ou subtempérées. Sans nier l’existence de formes de tran¬
sition entre les différentes aires de répartition, nous considérons qu’une espèce
de transition peut être classée comme appartenant en propre aux deux aires.
3.3. 2 . 2 . Fréquence des taxons
Sur la liste taxonomique sont indiquées les fréquences respectives de chaque
taxon pour les récoltes réalisées dans les lagons, en haute mer et en eau douce.
La fréquence s’exprime en pourcentage et correspond au rapport entre le nom¬
bre des individus d’un même taxon et le nombre total des individus observés
dans la récolte (REYNAUD-BEAUVERIE, 1936). La fréquence s’oppose à l’a¬
bondance qui est une notion d’appréciation quantitative qui s’exprime en degrés
d’abondance allant de 1 à 5.
La fréquence de chaque taxon a été calculée après un comptage effectué sur
1000 individus dénombrés sur 4 lames différentes pour remédier le plus possible
à une répartition non homogène des diatomées sur la préparation. Il apparaît
expérimentalement qu’il est nécessaire de compter un certain nombre d’individus
pour obtenir des fréquences stables : au-delà de 500 individus dénombrés, les
fréquences se stabilisent et se répètent si plusieurs comptages sont effectués
sur une même récolte, alors que pour des valeurs inférieures ces fréquences
oscillent largement. Pour des facilités de calcul et d’écriture nous avons compté
1000 individus par récolte.
Les fréquences indiquées correspondent aux fréquences cumulées des taxons
inventoriés dans tous les lagons de Tahiti et de Moorea, soit 115 récoltes. Nous
n’avons pas pris en considération les populations des lagons de îles sous le Vent
en raison du faible nombre de récoltes.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
167
Nous avons choisi 3 écarts de pourcentage pour définir les fréquences sui¬
vantes (Annexe 1) :
Très fréquent
50 à
100%
TF
Fréquent
10 à
50%
F
Rare
0 à
10%
R
Absent
0%
(-)
3.3.2.3. Écologie
Chaque fois que cela a été possible, l’écologie de chaque taxon a été précisée
et en particulier la salinité, la température et l’éclairement. Pour la salinité nous
avons complété la classification de GASSE (1975) qui s’appuie sur les travaux de
KOLBE (1927), HUSTEDT (1953, 1957), SCHACHTER (1950) et AGUESSE
(1957). Cette classification se rapporte aux eaux continentales et se base sur la
teneur totale en sels dissous; pour les eaux euhalobes nous n’avons tenu compte
que de la teneur en NaCl car ce sel est prédominant. Les espèces euryhalines
peuvent supporter sans dommages de larges variations de salinité et sont oppo¬
sées aux espèces sténohalines qui ne tolèrent que de faibles variations de salinité.
Les espèces sténohalines sont ainsi classées en fonction de la qualité des eaux
où elles vivent :
- eaux euhalobes :
hyperhalobes
équihalobes
polyhalobes
mésohalobes
+ 36% NaCl
36% NaCl
16,5 à 36% NaCl
2 à 16,5% NaCl
- eaux oligohalobes : 0,2 à 2% NaCl et autres sels
- eaux douces : moins de 0,2% NaCl et autres sels.
Les mots sténothermes et eurythermes, sténophotes et euryphotes indiquent
le degré de tolérance de chaque taxon à l’égard des variations de température
(-therme) ou de lumière (-phote); par ailleurs, suivant leurs exigences particuliè¬
res, certains taxons sont appelés euthermes ou euphotes si leur développement
nécessite une température élevée ou un fort éclairement, et oligothermes ou oli-
gophotes dans le cas contraire.
3.3.3. BIOTOPES EXPLORÉS
Les biotopes explorés se classent en 4 catégories : les lacs et les rivières, les
lagons et les baies, les lagunes, la haute mer.
3.3.3.1. Lacs et rivières
Le lac de Vahiria est un lac de cratère qui se trouve à 432 mètres d’altitude
dans l’île de Tahiti (Carte 2, p. 160) et qui est entouré par des montagnes culmi-
168
M. RICARD
Carte 4. — Lagon de Vairao - Ile de Tahiti.
passe
tapuaeraha
nu Barrière corallienne
w/ÆA Ilots coralliens
Terre ferme
Sens de circulation de l'eau
Source : MNHN. Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
169
nant à 1800 mètres. Des pluies très fréquentes et très abondantes tombent sur
cette partie de l’île et sont à l’origine des apports terrigènes importants qui don¬
nent aux eaux vertes du lac une teinte rougeâtre sur sa bordure. La population
algale unicellulaire est très riche, 2.10 5 cellules par litre, et les algues filamenteu¬
ses vertes et bleues sont nombreuses mais sans originalité. Il en est de même
pour la végétation des rivières de Tahiti dont la densité en algues unicellulaires
est plus faible, 3.10 3 à 8,7.10 3 cellules par litre. Les algues filamenteuses sont
essentiellement des Cyanophycées appartenant aux genres Lyngbya, Anaboena,
Calothrix, Nostoc, Scytonema, et des Chlorophycées du genre Cloniophora.
3.3.3.2. Lagons et baies
D’après leurs diverses caractéristiques ils ont été classés en trois catégories.
La le catégorie comprend des lagons étendus et profonds dont les échanges
avec la haute mer sont intenses et le renouvellement des eaux rapide. Le récif
barrière est continu avec une ou deux larges passes et les platiers coralliens sont
modérément développés. Les variations physico-chimiques des eaux sont rapides
et importantes au débouché des rivières, mais elles sont amorties dans le lagon
proprement dit en raison de son volume. Un exemple parfait est fourni par le
lagon de Vairao (Carte 4, p. 168) : il est très étendu, 8 kilomètres de long et 2 de
large, relativement profond, 43 mètres, et ses eaux se renouvellent en 24 heures
ce qui implique une circulation d’eau très importante. Les eaux de Vairao sont
riches en silicates et en oxygène dissous et relativement riches en nitrates et
phosphates. Comme exemples citons également les lagons de Paea (Tahiti) et
d’Afareitu (Moorea) (Carte 2, p. 160), les lagons de Fare (Huahine) et d’Uturoa
(Raiatea-Tahaa) (Carte 3, p. 162).
Les lagons de la 2e catégorie sont également largement ouverts aux échanges
avec la haute mer mais ils sont plus influencés par les facteurs climatologiques en
raison de leur faible profondeur due à un important développement des platiers
coralliens. C’est le cas des lagons de Faaa (Carte 5, p. 170 ) et Punauia (Tahiti)
(Carte 2, p. 160) et de Tiva (Tahaa) (Carte 3, p. 162). Parfois les platiers coral¬
liens du récif frangeant et du récif barrière prennent une grande extension et ne
laissent entre eux deux qu’un étroit chenal navigable parallèle à la côte : c’est le
cas du lagon de Tiahura (Moorea) (Carte 6, p. 172).
La 3e catégorie est celle des lagons et des baies peu ouverts aux influences
océaniques et par conséquent plus soumis aux influences continentales. Les baies
pénètrent profondément à l’intérieur des terres, comme la baie de Cook ou de
Papetoai à Moorea (Carte 2, p. 160) ou celle de Haopu à Huahine (Carte 3,
p. 162); les fonds de ces baies sont couverts de sable ou de vase apportée par les
ricières et on n’y observe pas de madrépores en raison de la turbidité et des
apports d’eau douce. Les diatomées benthiques des sédiments des baies diffèrent
notablement de celles peuplant les sables des lagons. En raison de l’importance
de la barrière récifale, les lagons sont en partie soustraits aux influences océani¬
ques : l’île de Bora-Bora est en grande partie entourée par une barrière récifale
170
M. RICARD
Carte 5. — Lagon de Faaa - Ile de Tahiti.
Source : MNHN, Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
171
qui émerge de 2 à 3 mètres, sur laquelle poussent des cocotiers (Carte 6, p. 172),
et qui empêche toute communication entre les eaux du lagon et les eaux océani¬
ques. Les échanges ne sont possibles que dans la partie sud de l’île où le récif
barrière est réduit et dans la partie ouest au niveau de la seule passe. A Bora-
Bora, les eaux sont caractérisées par une teneur en oxygène dissous plus faible
que dans les autres lagons : 4,7 à 5 ml/litre au lieu de 6,5 ml/litre à Vairao (Ta¬
hiti) et 7,1 ml/litre à Tiahura (Moorea).
3.3.3.3. Lagunes
Les deux lagunes importantes de l’archipel de la Société sont celles de Miti-
rapa (Tahiti) (Carte 2, p. 160) et celle de Maeva (Huahine) (Carte 3, p. 162). Les
apports en eau de mer sont limités et l’évaporation pourrait entraîner une
sursalure importante s’il n’y avait d’importants apports d’eau douce.
Les lagunes sont peu profondes, riches en diatomées benthiques, et les teneurs
en sels minéraux et en matières organiques sont élevées. La forte densité cellulai¬
re, 3,2.10 s par litre, explique la présence de nombreux mollusques bivalves :
huîtres à Mitirapa et palourdes à Maeva.
3.3.3.4. Haute mer
La population phytoplanctonique est essentiellement composée de dinofla-
gellés et de diatomées centriques qui contrastent avec la flore récoltée dans les
lagons. Les paramètres physico-chimiques sont beaucoup plus stables que dans
les lagons et les teneurs en sels dissous plus faibles.
Certaines parties du rivage des îles de la Société, la côte Est de Tahiti par
exemple, ne possèdent pas de lagon en l’absence de toute barrière récifale. Dans
ces conditions est créé un biotope particulier résultant du contact direct du
rivage avec la haute mer : la faune et la flore, habituellement présentes sur la
partie externe du récif barrière, se retrouvent en bordure du rivage qui présente
un faciès battu inhabituel.
3.3.4. LISTE DES TAXONS RÉCOLTÉS (Annexe 1, p. 281).
3.4. CONCLUSIONS - CARACTERES DE LA FLORE
L’examen détaillé de l’inventaire floristique amène les remarques suivantes :
- l’inventaire floristique, arrêté à la fin de 1974, fait état de 70 genres regrou¬
pant 580 taxons dont 55 d’eau douce et 525 marins. Parmi ces 580 taxons, 44
sont nouveaux pour la science dont 30 espèces, 9 variétés, 5 formes et 3 combi-
172
M. RICARD
Carte 6. — Lagon de Tiahura - Ile de Moorea.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
173
naisons nouvelles : 1 Amphiprora, 3 Amphora, 3 Campylodiscus, 1 Cocconeis, 1
Gomphonema, 8 Gyrosigma, 1 Licmophora, 16 Mastogloia, 2 Navicula, 6 Pleuro-
sigma, 2 Surirella, 1 Trachyneis, 1 Biddulphia, 1 Ethmodiscus, 1 Triceratium
(RICARD, 1970a, 1974, 1975a et b).
- 121 taxons sont nouveaux pour l’aire intertropicale, soient 22 taxons
d’eau douce et 99 d’eau de mer, qui se répartissent ainsi dans les différents
genres : en eau douce, 4 Achnanthes, 1 Caloneis, 4 Epithemia, 1 Eunotia, 1 fra-
gilaria, 6 Gomphonema, 1 Hantzschia, 1 Surirella, 2 Pinnularia, 1 Cyclotella ; en
eau de mer, 1 Amphiprora, 15 Amphora, 1 Auricula, 2 Caloneis, 6 Campylodis¬
cus, 2 Cocconeis, 2 Dimeregramma, 3 Diploneis, 3 Gyrosigma, 5 Licmophora,
2 Licmosphenia, 17 Mastogloia, 14 Navicula, 10 Nitzschia, 1 Podocystis, 5 Pleu-
rosigma, 1 Rhabdonema, 1 Rhaphoneis, 1 Stauroneis, 5 Surirella, 4 Synedra,
1 Thalassiothrix, 1 Biddulphia, 4 Coscinodiscus, 2 Triceratium.
- certains taxons sont endémiques des lagons ou de l’océan alors que d’autres
peuplent indifféremment l’un et l’autre : 366 taxons ne sont récoltés que dans
les lagons (327 pennées et 39 centriques), 19 taxons ne peuplent que le domaine
océanique (2 pennées et 17 centriques) et 140 taxons sont récoltés aussi bien
dans le lagon que dans l’océan (82 pennées et 58 centriques).
- parmi les 55 taxons répertoriés en eau douce, 51 sont benthiques et 4 planc-
toniques.
Certains genres prédominent dans les récoltes; ceci est dû à leur grande
taille, c’est le cas du genre Ethmodiscus, ou bien à leur diversité, c’est le cas du
genre Mastogloia. Le genre Ethmodiscus ne compte que deux espèces en Poly¬
nésie mais leur grande taille leur confère une place importante au sein de la
biomasse planctonique. Ethmodiscus gazellae et E. appendiculatus forment
d’importants dépôts marins (RICARD, 1970b; RICARD et GASSE, 1972) mais
ils ne sont que très rarement récoltés à l’état vivant, exception faite pour les
eaux de Tahiti où ils sont pérennants.
Parmi les 71 genres répertoriés dans les lagons de Tahiti, 10 genres prédomi¬
nent car ils englobent 326 taxons, soit 55% du nombre total; ces genres sont les
suivants : Mastogloia (71 taxons), Navicula (57 taxons), Amphora (47 taxons),
Nitzschia (40 taxons), Campylodiscus et Diploneis (22 taxons), Triceratium
(18 taxons), Pleurosigma (17 taxons), Coscinodiscus (16 taxons) et Biddulphia
(15 taxons). Avec 71 taxons représentant 13% du total, le genre Mastogloia est
particulièrement bien représenté; cette abondance et cette diversité ne sont pas
très surprenantes car le genre est habituellement abondant dans les eaux inter¬
tropicales du Pacifique et de l’océan Indien, mais ce qui est étonnant c’est
l’abondance de ce genre, essentiellement benthique, dans le plancton. Les sables
et vases des lagons et des baies sont riches en espèces, variétés et formes du genre
Mastogloia dont nous n’avons pas fait état car nous ne les avons pas récoltées
dans le plancton.
Mises à part quelques petites poussées algales limitées dans le temps et cir¬
conscrites à quelques espèces, ainsi que nous le verrons dans les chapitres sui¬
vants, les eaux des lagons sont peuplées de diatomées dont la caractéristique
174
M. RICARD
principale réside dans leur grande diversité.
A biomasse égale, rien ne devrait s’opposer à ce que les lagons comptent une
grande quantité d’individus appartenant à un nombre limité d’espèces, plutôt
que des diatomées très diversifiées dont chaque taxon ne serait représenté que
par quelques individus : les conditions écologiques particulières qui régnent à
l’intérieur des lagons semblent pouvoir expliquer cette diversité taxonomique.
En effet l’antagonisme ou la synergie des différents facteurs climatologiques,
physico-chimiques, topographiques et hydrodynamiques sont à l’origine des
changements, parfois profonds et soudains, qui ne sont guère favorables au déve¬
loppement intensif d’espèces vivant dans un milieu d’adoption. Les spécimens
récoltés proviennent soit du benthos du lagon d’où elles ont été arrachées par
les actions mécaniques du milieu, soit du plancton de la haute mer. En fait les
diatomées seraient piégées dans la nasse formée par le lagon où elles pourraient
survivre et se reproduire mais où elles ne pourraient pas, en général, former
de populations importantes.
Du point de vue floristique, le lagon de Vairao est le plus intéressant car tous
les genres et presque tous les taxons y sont représentés; parmi ces taxons 75%
sont des diatomées pennées et 25% des diatomées centriques, ce qui indique
une prédominance des diatomées benthiques et tychoplanctoniques des genres
Mastogloia, Navicula et Nitzschia sur les genres planctoniques. Cette prédomi¬
nance des diatomées pennées est très nette dans les lagons de la côte ouest de
Tahiti et de sa presqu’île, ainsi que dans les lagons d’Afareitu (Moorea) et de
Fare (Huahine).
Dans la plupart des lagons de la deuxième catégorie (cf. p.169 ), des différen¬
ces notables apparaissent quand on compare leurs populations avec celles de
Faaa et de Vairao. Les diatomées des lagons des îles sous le Vent, à l’exception
de Bora-Bora, sont beaucoup plus riches en diatomées planctoniques : 45% à
65% selon les récoltes. Les genres Rhizosolenia, Chaetoceros et Asterolampra
sont prépondérants, et les diatomées pennées des genres Mastogloia, Navicula et
Nitzschia sont peu représentées, à l’exception du genre Diploneis. Cette abon¬
dance de formes planctoniques met en évidence une influence océanique très
marquée sur les eaux de ces lagons.
A Moorea, la population de diatomées planctoniques et tychobenthiques varie
selon les conditions écologiques : en fonction de l’importance des influences
océaniques la composition des populations se rapproche tantôt de celle de Vai¬
rao, riche en espèces benthiques, et tantôt de celle des îles sous le Vent dominée
par les formes planctoniques (RICARD, 1976b).
Les populations de Bora-Bora et des baies de Moorea comptent, comme à
Vairao, un fort pourcentage de diatomées benthiques. Dans les baies, les apports
en eaux douces prennent plus d’importance que dans les lagons car le renouvelle¬
ment des eaux y est beaucoup plus lent en raison de leur topographie et de l’éloi¬
gnement de la barrière récifale. Les diatomées dulçaquicoles, transportées par
les rivières, y sont nombreuses et les espèces saumâtres se développent abondam¬
ment dans les eaux polyhalobes.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
175
Les populations phytoplanctoniques des lagons d’îles hautes sont caractéri¬
sées par le mélange de formes planctoniques et benthiques. Ce mélange résulte
des conditions hydrodynamiques propres aux lagons et sa composition reflète
l’influence des masses insulaires et océaniques. Le phytoplancton des lagons des
îles hautes et des atolls ouverts se différencie de celui des lagons d’atolls fermés
où les formes benthiques, particulièrement les diatomées, ne représentent qu’une
faible part du plancton en raison de l’hydrodynamisme différent des masses
d’eau (SOURNIA et RICARD, 1975a). Dans les lagons des îles de l’archipel de
la Société, la flore des diatomées est très riche en formes planctoniques et
benthiques qui présentent des variations qualitatives et quantitatives que nous
étudierons dans les chapitres suivants.
176
STRUCTURE DES PEUPLEMENTS
4.1. INTRODUCTION
Au moyen de l’analyse statistique et des traitements mathématiques des don¬
nées, ont été étudiées les structures des peuplements de diatomées de deux
lagons de Tahiti : Faaa et Vairao.
Cette étude est basée sur la comparaison des fréquences relatives de 314
taxons provenant de 48 récoltes au filet réalisées mensuellement, dans les eaux
superficielles des deux lagons, de janvier 1972 à décembre 1973 (cf. p. 166). Le
but de cette recherche était de vérifier si l’évolution qualitative et quantitative
des populations de diatomées suivait l’évolution annuelle de la production pri¬
maire qui augmente au cours de la saison des pluies mais décroît fortement
au cours de la saison sèche. En d’autres termes, était-il possible de définir des
cycles saisonniers et pouvait-on relier leur évolution à celle de la pluviosité ?
D’autre part, quelle pouvait être l’évolution mensuelle des populations de diato¬
mées qui participent très peu à la production carbonée dans les écosystèmes
coralliens et quels pouvaient être les facteurs qui induisent cette évolution ?
Le choix des deux lagons a été guidé par les deux raisons suivantes : d’une
part, le plupart des récoltes effectuées à Tahiti, de 1968 à 1971, l’avaient été
dans les lagons de Faaa et de Vairao ce qui avait permis de constater la richesse
et la diversité de leurs populations; d’autre part, ainsi que l’expliquera le chapitre
suivant consacré à la productivité primaire, les mesures réalisées dans ces deux
lagons mettaient en évidence leurs similitudes de teneur en chlorophylle et de
production carbonée.
Dans un premier temps les populations ont été étudiées et comparées au
moyen des techniques statistiques classiques pour l’étude du phytoplancton, en
particulier en utilisant les indices de diversité spécifique et les indices de diversité
relative comme la dominance.
Ensuite, grâce à l’analyse factorielle des correspondances, nous avons compa¬
ré entre elles les populations des deux lagons de façon à mettre en évidence les
similitudes et souligner les différences. Pour chaque lagon a été effectuée une
classification hiérarchique des récoltes et des taxons pour tenter de dégager des
groupes d’espèces associées (sociabilité spécifique).
Source : MNHN. Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
177
4.2. ANALYSE STATISTIQUE DES DONNÉES
4.2.1. MÉTHODES ET TECHNIQUES
Les techniques utilisées pour récolter, nettoyer, monter et dénombrer les dia¬
tomées ont été précédemment décrites dans le deuxième chapitre.
Afin d’éliminer les espèces rares ayant une faible valeur indicatrice et faciliter
le dépouillement des résultats, seules ont été conservées les espèces dont la fré¬
quence relative était supérieure à 1% de la fréquence totale, non sans avoir
préalablement vérifié si ces diatomées ne caractérisaient pas la population d’un
des deux lagons à un moment donné. Cette barre de 1% a permis d’éliminer,
lors d’un premier passage sur ordinateur, 200 espèces et de n’en retenir que 314
dont certaines ne sont représentées que dans un des deux lagons.
Les fréquences de chaque espèce varient selon que l’on s’adresse à des récoltes
mensuelles, annuelles, propres à un lagon ou ayant trait à l’ensemble des récol¬
tes. En conséquence nous avons été amenés à définir les fréquences suivantes :
Fm : fréquence totale mensuelle de chaque espèce dans la récolte considérée.
FV : fréquence totale dechaqueespècedansles24récoltesdeVairao(2FmVairao)
Ff : fréquence totale de chaque espèce dans les 24 récoltes de Faaa (SFm Faaa)
Ft : fréquence totale de chaque espèce dans les 4 8 récoltes des 2 lagons (Fv + Ff)
fm : fréquence relative mensuelle de chaque espèce (Fm/FT)
fv fréquence relative de chaque espèce à Vairao (Fv/Ft)
ff : fréquence relative de chaque espèce à Faaa (Ff/Ft)
Les récoltes ont été étudiées au moyen de divers indices afin de tenter de
mettre en évidence une évolution cyclique des diatomées au sein des deux la¬
gons. Les indices utilisés décrivent soit la diversité spécifique qui donne une ex¬
pression quantitative de la structure d’un peuplement, soit la dominance qui
chiffre la représentativité d’une ou plusieurs espèces par rapport à la popula¬
tion globale. Les indices de diversité spécifique sont au nombre de trois : deux
ont été définis par MARGALEF (1951 et 1961) et un par MENHINICK (1964) :
Dj = s ~ 1 MARGALEF 1951
log N
D 2 = _S__ MENHINICK 1964
Vn
D 3 = 1 log2 N! MARGALEF 1961
N ni!n 2 !...n s !
S = nombre d’espèces récoltées
N = nombre total d’individus récoltés
nj = nombre d’individus de la ième espèce, les espèces étant
classées suivant leur fréquence décroissante.
178
M. RICARD
Dans les résultats exprimés, tous les comptages ont été ramenés à la valeur
1000, et les formules ci-dessus ont été modifiées en conséquence puisque N est
toujours égal à 1000, ceci afin de comparer plus facilement les différentes
récoltes entre elles. En effet dans certaines récoltes, une espèce pouvait être
à ce point dominante qu’il était alors nécessaire de compter plusieurs milliers
de cellules pour pouvoir dénombrer les autres espèces présentes dans la récolte,
qui, sans cela, n’auraient pas pu être prises en compte. Ceci s’est produit à
plusieurs reprises, en particulier à Vairao en avril 1973 lorsque Chaetoceros
curvisetum et Rhizosolenia imbricata var. shrubsolei représentaient 85% de la
population du lagon.
TRAVERS (1971) constate que les indices Ü! et D 2 apportent presque
autant de renseignements que l’indice D 3 compte tenu de sa complexité; néan¬
moins nous avons préféré utiliser D 3 qui est plus précis dans la description de
la composition qualitative de la récolte puisqu’il fait intervenir les factorielles
du nombre d’individus de chaque espèce et accorde une moindre importance
au nombre total d’espèces récoltées S.
Dans le calcul de la dominance, les formules de TRAVERS (1971) et de
HULBURT (1963) sont les suivantes :
d, _ 100 • n i TRAVERS 1971
N
d 2 = 100 (n t +n 2 ) HULBURT 1963
N
Ces deux formules ne décrivent pas avec suffisamment de précision l’évolu¬
tion de la dominance dans les récoltes de Faaa et de Vairao et nous avons essayé
de dégager une formule, tout aussi simple, mais mieux adaptée à notre recher¬
che. Les formules dj et d 2 ont été élargies aux 3, 4, 5 et 6 premières espèces les
plus fréquentes de chacune des 48 récoltes.
Si, sur un graphique, l’on place les récoltes avec, en abscisse, les valeurs de la
diversité D 3 et, en ordonnée, celles de la dominance, les 48 récoltes se répartis¬
sent autour d’une droite dont la définition est optimale pour une dominance
calculée à partir de la fréquence des 4 premières espèces selon la formule suivan¬
te :
d 4 _ 100 K +n 2 ,+ n 3 + n 4 )
N
Au moyen de la diversité spécifique D 3 et de la dominance d 2 et d 4 d’une
part, de la classification des espèces de chaque récolte selon leur fréquence
d’autre part, nous avons essayé, sans succès, de mettre en évidence les 3 stades
successifs des populations phytoplanctoniques ainsi que l’indique FRONT1ER
(1969). Par contre, la courbe obtenue en cumulant successivement la fréquence
des 60 premières espèces de chaque récolte a une forme indicatrice de l’évolution
de la population des deux lagons.
Parmi les nombreux indices de diversité spécifique et de diversité relative
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
179
(dominance, redondance, équitabilité), seuls ont été utilisés les indices de diversi¬
té spécifique D 3 (MARGALEF, 1961), en raison de sa grande précision et d’au¬
tres caractéristiques que nous exposerons plus loin, et la dominance d 4 du fait
de sa parfaite adaptation à la description des populations du phytoplancton.
4.2.2. RÉSULTATS
Chacune des 48 récoltes de Faaa et de Vairao possède plusieurs caractéristi¬
ques qui les différencient les unes des autres ou qui, au contraire, les rappro¬
chent. Ces caractéristiques sont les différents indices de diversité spécifique et
la dominance :
- S qui représente le nombre total d’espèces récoltées (espèces au sens strict,
variétés et formes).
- la diversité spécifique D et en particulier la diversité D de MARGALEF
(1961).
- la dominance dj et d 2 , mais plus encore la dominance d 4 telle qu’elle a été
définie à la page 178,
mais ce sont également les fréquences propres à chaque espèce, que ces espèces
soient communes et présentes dans toutes ou presque toutes les récoltes, ou bien
qu’elles ne soient représentées que dans quelques prélèvements qu’elles caracté¬
risent du fait de leur rareté. Dans l’annexe 4 figurent, pour chaque récolte de
Faaa et de Vairao, deux listes se rapportant aux espèces les plus caractéristiques :
- dans la liste située sur la partie gauche de la page sont indiquées les dix espè¬
ces ayant la fréquence mensuelle Fm la plus élevée de la récolte étudiée. La va¬
leur de la fréquence est importante, mais le rang l’est tout autant car il permet
d’avoir une idée de la succession des différentes espèces et de l’évolution des po¬
pulations.
- dans la liste placée dans la partie droite de la page figurent les dix espèces
les plus caractéristiques de chaque récolte dont la fréquence relative mensuelle
fm est maximale dans la récolte étudiée par rapport à toutes les autres récoltes
où cette espèce est présente.
Une espèce peut figurer dans deux colonnes en même temps lorsque, tout à la
fois, elle domine et caractérise une population. Ceci est particulièrement le cas
des espèces dont la fréquence mensuelle est élevée mais qui ne sont présentes
que dans un faible nombre de récoltes : à Vairao en mars 1973, Rhizosolenia
imbricata var. shrubsolei est dominante (colonne de gauche) et se trouve égale¬
ment être la 3e espèce la plus caractéristique de cette même récolte (colonne de
droite); en avril 1973 à Vairao, Chaetoceros curvisetum et Rhizosolenia imbrica¬
ta var. shrubsolei sont à la fois les deux espèces dominantes et les deux espèces
les plus caractéristiques de la population du lagon.
A partir des valeurs de la diversité et de la dominance ont été tracées les cour¬
bes correspondant aux 4 séries de récoltes annuelles (Fig. 5) : la courbe 1 corres¬
pond à la diversité spécifique de chaque récolte, les courbes 2, 3 et 4 représen-
Fig. 5. - Courbes décrivant l’évolution, de janvier 1972 à décembre 1973, de la diversité
spécifique S, des indices de diversité Dj, D 2 , D 3 et de la dominance dt, d 2 et d 4 .
Source : MNHN, Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
181
tent les variations des indices de diversité Dj, D 2 et D 3 , et les courbes 5, 6 et 7,
celles des dominances di, d 2 et d 4 . L’examen des courbes 1 à 4 et 5 à 7 ne mon¬
tre aucune répétition ni alternance des minimums et des maximums qui puisse
suggérer l’existence de cycles saisonniers, mais souligne la nette opposition entre
les populations de Faaa et de Vairao : l’augmentation de la diversité ou de la
dominance de la population d’un des deux lagons correspond très souvent à une
baisse de la dominance ou de la diversité dans l’autre lagon et inversement.
Les populations de Faaa présentent deux importants minimums de la diversi¬
té. Le premier, en août 1972, n’est pas mis en évidence par la courbe 4 relative
à la diversité D 3 car il ne correspond pas vraiment à la forte dominance d’une
espece, mais plutôt à une pauvreté de l’échantillon étudié : il n’est pas exclu
que cette pauvreté soit due à un sous-échantillonnage lors de la récolte ou lors
du nettoyage des diatomées et du montage des préparations. Le deuxième mini¬
mum de diversité, plus marqué que le précédent, correspond à une évolution de
la population sur 7 mois, de février à novembre 1973 : après le maximum de jan¬
vier 1973, la diversité décroît progressivement jusqu’en juillet et août 1973
où elle atteint sa valeur minimale. Ces deux minimums de juillet et août corres¬
pondent à une forte dominance d’Asterolampra marylandica associé à Gyrosig-
ma balticum, Nitzschia valida, Coscinodiscus nodulifer.
A Vairao, la diversité est minimale en avril 1973 en raison de la présence de
Chaetoceros curvisetum et de Rhizosolenia imbricata var. shrubsolei qui appa¬
raissent en mars 1973 et se développent abondamment en avril comme en témoi¬
gne la valeur de la dominance d 4 ( cf. Fig. 5).
Les maximums de diversité se situent, à Faaa, en juillet et octobre 1972 et
en septembre et décembre 1973. A Vairao, les maximums se correspondent
d’une année sur l’autre : en août-septembre et décembre pour 1972, en août et
en décembre pour 1973. A l’exception des mois de décembre où les mêmes
espèces sont présentes dans les récoltes homologues de 1972 et 1973 à Vairao, il
n’y a pas de relation directe entre la diversité et la présence de certaines espèces
bien définies.
L’étude des 7 courbes (Fig. 5) permet de constater que la dominance d 4 ,
calculée selon une formule très simple (cf. p. 178) reflète parfaitement la com¬
position de la récolte au même titre que l’indice de diversité D 3 de Margalef,
contrairement aux formules simplifiées Dj et D 2 . En effet, les indices D! et D 2
reflètent précisément la diversité spécifique S et donnent la même importance
aux deux minimums de juillet 1973 à Faaa et d’avril 1973 à Vairao (Fig. 5,
courbes 2 et 3) tandis que l’indice D 3 (Fig. 5, courbe 4) diminue l’importance du
minimum de Faaa mais conserve celle du minimum observé à Vairao. Propor¬
tionnellement la valeur de la dominance des différentes récoltes de Faaa décroît
sur les courbes 5 et 6 pour atteindre sa valeur minimale sur la courbe 7 alors que
la dominance des récoltes de Vairao augmente de la courbe 5 à la courbe 7. Il y
a donc un réajustement de la valeur de l’indice D 3 par rapport aux indices Dj et
D 2 , ce réajustement étant dû au mode de calcul de D 3 qui, par l’intermédiaire
des factorielles, prend en compte toutes les espèces même les moins fréquentes,
comme pour Ü! et D 2 , mais ne leur donne que peu d’importance. Au contraire,
182
M. RICARD
les formules permettant de calculer D, et D 2 font également appel à toutes les
espèces mais ne tiennent pas compte de leur fréquence au sein de la récolte et,
par conséquent, leur accordent la même importance.
Ceci explique également que la dominance reflète plus ou moins la composi¬
tion de la population selon qu’elle est calculée à partir d’une ou plusieurs espèces
ayant une fréquence élevée : quand une espèce est très fortement dominante, la
fréquence des espèces suivantes est très faible; par contre, quand la dominance
de la première espèce est faible, la dominance des autres espèces est comparative¬
ment plus élevée. Afin de déterminer avec précision le nombre des espèces les
plus fréquentes devant intervenir dans le calcul de la dominance, nous avons étu¬
dié l’évolution de la régression entre les différentes valeurs de l’indice de diversité
D 3 et les différentes dominances calculées en sommant successivement les fré¬
quences des le, 2e, 3e, 4e, 5e et 6 e espèces les plus fréquentes de chaque récolte.
Les différents points obtenus s’alignent plus ou moins suivant une droite dont
l’équation est :
y = ax + b .
Les principales caractéristiques des 6 droites de régression entre D 3 d’une
part, et di, d 2 , d 3 , d 4 , ds et dg d’autre part, sont résumées dans le tableau sui¬
vant :
dominance
coeff. de
corrélation
ordonnée
à l’origine
coefficient
directeur
coeff. de détermination
de la régression
d
r
b
a
r2
di
- 64,7
875
- 129,9
0,85
d2
- 86,3
1190
- 173,2
0,92
d3
- 86,9
1231
- 173,3
0,93
d4
- 87,9
1286
-176,5
0,96
ds
- 87,8
1316
- 176,3
0,95
dé
- 86,3
1328
- 173,2
0,94
C’est la formule d 4 , tenant compte des 4 espèces les plus fréquentes de la
récolte, qui a la corrélation la plus forte avec la diversité (corrélation inverse :
— 87,9) et le coefficient de détermination le plus élevé (0,96). Cela signifie que
les espèces les plus fréquentes de chaque récolte déterminent la représentativité
des autres espèces et par conséquent la diversité de la récolte : il est donc possi¬
ble de prévoir la diversité d’uné population en connaissant la valeur de la domi¬
nance. Ceci se conçoit très bien pour les populations des lagons de Polynésie
Française où quelques dizaines d’espèces constituent la quasi totalité du peuple¬
ment tout au long de l’année, les variations des espèces sporadiques ou de faible
représentativité ne jouant qu’un rôle mineur. A ce propos, il nous paraît inté¬
ressant de faire trois remarques concernant les indices précités :
- la valeur de S (nombre total d’espèces dénombrées dans chaque récolte) et
la valeur des deux indices de diversité spécifique D! (MARGALEF, 1951) et D 2
(MENHINICK, 1964), tels que nous les utilisons, est inférieure à la réalité puis¬
que les espèces ayant une fréquence inférieure à 1 % de la fréquence totale de
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
183
Fig. 6-2. — Droite de régression entre la dominance d 2 et l’indice de diversité D 3 .
184
M. RICARD
Fig. 6-3. — Droite de régression entre la dominance d 3 et l’indice de diversité D 3 .
Fig. 6-4. — Droite de régression entre la dominance et l’indice de diversité D 3 .
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
185
Fig. 6-5. — Droite de régression entre la dominance ds et l’indice de diversité D3.
Fig. 6-6. — Droite de régression entre la dominance dg et l’indice de diversité D3.
186
M. RICARD
toutes les espèces ont été retirées de l’analyse (cf. p. 177).
- les indices S, Dj et D2 ont en commun deux inconvénients majeurs par
rapport à l’indice D3 (MARGALEF, 1961) et aux dominances dj, dj et d 4
(cf. p. 178) : d’une part S, Dj et D2 accordent la même importance aux espèces
prédominantes ayant des fréquences élevées et aux espèces rares et sporadiques;
d’autre part S, Dj et D2 dépendent tout particulièrement de la personne qui
étudie les récoltes et de sa conception toute personnelle du taxon, ce qui fait
que, pour une même récolte, S, Dj et D2 peuvent présenter d’importantes varia¬
tions. Dans ces conditions le calcul de la diversité d’après la formule D3 de Mar-
galef et les diverses dominances dj, d 2 et d 4 évitent, en partie tout au moins, cet
aspect subjectif de la détermination des spécimens puisque l’indice de diversité
D 3 prend en compte toutes les espèces, et que, d’un autre côté, les diverses
formules de calcul de la dominance ne prennent en compte que les espèces les
plus fréquentes de chaque récolte.
- D3 mesurant l’entropie d’une population phytoplanctonique assimilée à un
système particulaire n’est pas vraiment un indice de dominance mais n’est pas
non plus un indice de diversité spécifique tel que défini par MARGALEF (1951)
ou par MENH1NICK (1961) : D3 se trouve à mi-chemin entre ces deux indices et
fournit un schéma théorique d’un ensemble phytoplanctonique.
D’un autre côté, d 4 n’est plus un indice de dominance tel que le représentent
dj et d 2 , mais se rapproche de D3 ainsi que nous l’avons vu précédemment
(cf. p. 181).
D 3 reflète donc à la fois la diversité spécifique et la dominance de la popula¬
tion étudiée mais d 4 , qui représente une bonne approximation de D 3 , est d’une
simplicité de calcul telle qu’il est plus intéressant à utiliser en routine que la
formule de Margalef. Néanmoins, pour des populations phytoplanctoniques
autres que celles des lagons de Tahiti, il serait nécessaire de vérifier si d 4 fournit
une aussi bonne approche de D 3 .
L’examen des listes des 10 espèces les plus fréquentes de chaque récolte
permet de constater que 72 espèces seulement sur 314 s’associent pour consti¬
tuer les 48 groupes de 10 espèces soit 480 espèces (Tableau 7). Parmi ces 72
espèces, 29 sont communes aux deux lagons et 49 sont caractéristiques d’un des
deux lagons, 22 à Faaa et 21 à Vairao. 22 espèces ne sont représentées qu’une
seule fois, ce qui signifie que 50 espèces seulement forment la population de base
des deux lagons. A l’exception de 11 espèces de petite taille dont 9 n’ont été
récoltées qu’une seule fois, et de 15 espèces de taille moyenne, les 46 autres
espèces sont des diatomées de grande et même de très grande taille ( Ethmodis-
eus, Rhizosolenia) ou bien des diatomées coloniales ( Chaetoceros , Triceratium,
Melosira, Asterionella ) qui sont particulièrement bien représentées dans le
plancton végétal où elles constituent la quasi totalité de la biomasse.
Si l’on étudie plus particulièrement les 20 espèces les plus fortement représen¬
tées dans les lagons de Faaa et de Vairao, on constate que ces espèces ont une
évolution spatio-temporelle qui diffère selon le lagon considéré (Fig. 3 à 6). Ces
espèces comprennent 3 espèces tychoplanctoniques de petite taille (T, PT),
3 espèces tychoplanctoniques de taille moyenne (T, TM), 2 espèces planctoni-
ques coloniales (P, Col.) et 12 espèces de grande taille dont 5 sont planctoniques
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
187
TAXONS RECOLTES
FAA
1972
lA
1973
VAIR
1972
AO
1973
^PARTITION DES TAXONS
COMMUN FAAA VAIRAO
Aotinocyalus ehrenbergii
-
2
5
7
+
Aotinocyalus subtilis
3
3
9
8
+
Amphora eoffeaeformis
"
-
1
+
Amphora oymbifera
4
4
-
"
+
Amphora mexioana
1
-
-
+
Amphora probosoidea
-
"
-
1
+
Amphora obtusa
3
1
5
-
+
Amphora securicula
-
-
1
+
Aaterionella notata
1
-
"
-
Asterolampra marylandioa
-
5
-
-
+
Biddulphia aurita
-
1
"
-
+
Biddulphia pulchella
"
"
1
5
+
Caloneis liber
4
-
-
-
+
Chaetoaero8 atlanticum
-
-
1
"
+
Chaetooero8 curvisetum
3
1
6
2
+
Chaetooero8 messanense
-
-
1
-
+
Chaetoceros peruvianum
-
-
2
2
+
Campylodi8CU8 inoertus
-
-
"
1
+
Coooonei8 heteroidea
-
-
-
3
Cocoonei8 pelluoida
2
1
1
4
+
Cooconeis plaoentüla
1
-
-
"
+
Cooconei8 vairaense
-
-
-
1
+
Co8oinodi8ou8 nitidus
-
-
-
1
Co8cinodi8cus nodulifer
-
2
-
-
+
Dimeregramma dubium
1
"
2
1
+
Diplonei8 bomboides
1
-
1
1
+
Diploneis bombus
-
-
8
6
+
Diploneis crabro
-
-
-
1
+
Diploneis smithii
"
1
1
"
+
Ethmodiscus appendiculatus
9
10
-
-
+
Grœmatophora marina
1
-
1
2
+
Gyrosigma balticum
3
7
1
1
+
Gyrosigma gibboswn
-
-
1
1
+
Licmophora mediterranea
-
-
1
-
+
Mastogloia binotata
4
1
1
-
+
Mastogloia crucicula
5
2
-
1
+
Tableau 7-1. — Répartition des 10 espèces les plus fréquentes des 48 récoltes des lagons de
Faaa et Vairao en 1972-1973.
188
M. RICARD
FAAA
VAIRAO
REPARTITION DES
TAXONS
TAXONS RECOLTES
1972
1973
1972
1973
COMMUN
FAAA
VAIRAO
Mastogloia crucicula
5
2
-
1
+
Melosira sulcata
6
3
5
5
+
Navicula eancellata
5
2
3
1
+
Navicula confervacea
-
-
1
1
+
Navicula cyprinus
Navicula granulata
1
1
1
1
+
+
Navicula long a
8
4
10
10
+
Navicula lyra
9
4
5
3
+
Navicula lyroides
1
1
-
-
+
Navicula perobesa
-
1
-
-
+
Navicula robertsiana
-
2
-
-
+
Nitzschia graeffii
-
4
-
1
+
Nitzschia longissima
1
2
-
1
+
Nitz8chia maxima
3
4
1
3
+
Nitzschia valida
-
6
-
-
+
Nitzschia vitrea
-
1
-
-
+
Pleuro8igma formosum
-
4
-
-
+
Podocy8ti8 spathulata
7
8
-
-
+
Rhabdonema adriaticum
1
1
6
6
+
Rhizosolenia alata
1
-
-
-
+
Rhiz.hebetata v .semispina
-
-
1
-
+
Rhiz. imbricata v.shrubsolei
-
1
3
3
+
Surirella fastuosa
9
5
10
4
+
Synedra acus
-
1
-
-
+
Synedra crystallina
2
2
1
5
+
Synedra hennedyana
4
6
4
3
+
Synedra laevigata f.hyalina
1
1
-
2
+
Synedra rumpens
1
-
-
-
+
Synedra ulna
-
-
5
2
+
Synedra undulata
1
-
-
2
+
Trachyneis aspera
6
2
9
5
+
Triceratium formosum
1
3
1
1
+
Triceratium calvescens
-
-
-
1
+
Triceratium réticulum
-
2
-
-
+
Tropidoneis lepidoptera
Trop.lepidoptera v.robusta
1
1 |
1
'
1
1
+
Tableau 7-2. — Répartition des 10 espèces les plus fréquentes des 48 récoltes des lagons de
Faaa et Vairao en 1972-1973. (suite)
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
189
au sens strict (P, GT) et 9 sont tychoplanctoniques (T, GT).
Actinocyclus ehrenbergii (T, GT)
Actinocyclus subtilis (T, GT)
Amphora obtusa (T, GT)
Climacosphenia moniligera (T, GT)
Chaetoceros curvisetum (P, Col.)
Diploneis bomboides (T, PT)
Diploneis bombus (T, PT)
Ethmodiscus appendiculatus (P, GT)
Gyrosigma balticum (T, GT)
Melosira sulcata (P, Col.)
Navicula longa (T, TM)
Navicula lyra (T, TM)
Nitzschia maxima (T, GT)
Podocystis spathulata (T, GT)
Rhabdonema adriaticum (T, GT)
Surirella fastuosa (P, GT)
Synedra hennedyana (T, TM)
Synedra ulna (T, PT)
Trachyneis aspera (T, GT)
Triceratium shadboltianum (P, GT)
Les diagrammes annuels (Tabl. 8 et 9) soulignent la répartition des espèces
en deux groupes d’inégale importance suivant les lagons : le premier groupe
comprend des espèces aux maximums très accentués et décalés dans le temps les
uns par rapport aux autres et se relayant au cours des 24 mois pour dominer les
récoltes à tour de rôle; le deuxième groupe est formé d’espèces n’ayant pas de
maximums bien accentués mais possédant une excellente représentativité tout au
long de l’année.
A Faaa, le premier groupe est composé de 10 espèces qui se succèdent dans
l’ordre suivant : Navicula longa, Actinocyclus subtilis de janvier à mai 1972,
Navicula lyra, Surirella fastuosa, Melosira sulcata de juin à décembre 1972,
Gyrosigma balticum, Ethmodiscus appendiculatus, Nitzschia maxima, Chaetoce¬
ros curvisetum de janvier à décembre 1973. Les espèces du 2e groupe sont
pérennantes mais ne présentent pas de maximums bien marqués : Actinocyclus
ehrenbergii, Amphora obtusa, Diploneis bomboides, Diploneis bombus, Climaco¬
sphenia moniligera, Podocystis spathulata, Rhabdonema adriaticum, Synedra
hennedyana, Synedra ulna, Triceratium shadboltianum.
A Vairao, 13 espèces se succèdent ainsi au sein du 1er groupe : en 1972,
Navicula longa, Diploneis bombus, Synedra ulna, Surirella fastuosa, Rhabdone¬
ma adriaticum, Trachyneis aspera, en janvier et février 1973, Actinocyclus sub¬
tilis, puis de mars à décembre 1973, Nitzschia maxima, Chaetoceros curvisetum,
Actinocyclus ehrenbergii, Melosira sulcata, Triceratium shadboltianum. Les 7
espèces du 2e groupe sont les suivantes : Amphora obtusa, Climacosphenia moni¬
ligera, Ethmodiscus appendiculatus, Gyrosigma balticum, Navicula lyra, Podo¬
cystis spathulata, Diploneis bomboides.
190
M. RICARD
SURIRELLA
FASTUOSA
Trachyneis
ASPERA
MELOSIRA
SULCATA
Gyrosigma
BALTICUM
Etvmodiscus
APPENDICULAUJS
NlTZSCHIA
MAXIMA
Chaetoceros
CURVISETUM
JFMAMJJASONDJFMAMJJASOND
Tableau 8-1. — Variations des fréquences des 20 espèces dominant les récoltes de Faaa 1972-
1973.
Source. MNHN. Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
191
1 9 7 2 F_A_A_A 19 7 3
Rhabdonema
ADRIATICUM
PODOCYSTIS
SPATHULATA
Diploneis
BOMBÜS
Diploneis
BOMBOIDES
4 Amphora
^ OBTUSA
Actinocyclus
EHRENBERG II
Climacosphenia
MONILIGERA
Synedra
ULNA
Synedra
hennedyana
Triceratium
SHADBOLTIANLM
JFMAMJJASONDJFMAMJJASOND
Tableau 8-2. — Variations des fréquences des 20 espèces dominant les récoltes de Faaa 1972-
1973.
Source : MNHN, Paris
192
M. RICARD
Synedra
ULNA
SURIRELLA
FASTUOSA
Rhabdonema
ADRIATICUM
Trachyneis
ASPERA
Actinocyclds
SUBTILIS
Nitzschia
MAX I MA
Chaetoceros
CURVISETUM
Actinocyclds
EHRENBERGII
Tableau 9-1. - Variations des fréquences des 20 espèces dominant les récoltes de Vairao
1972-1973.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
193
Synedra
HENNEDYANA
PODOCYSTIS
SPATHULATA
Gyrosigma
BALTICUM
__ Climacosphenia
MONILIGERA
Navicula
LYRA
Amphora
OBTUSA
PODOCYSTIS
SPATHULATA
^ , _ Etwodiscus
►-^■■1^APPENDICULATUS
JFHAHJJASONDJFMAMJ JASOND
Tableau 9-2. — Variations des fréquences des 20 espèces dominant les récoltes de Vairao
1972-1973.
194
M. RICARD
Non seulement les maximums d’une même espèce ne se situent pas au même
moment à Faaa et à Vairao, mais encore ce ne sont pas les mêmes espèces qui
composent les deux premiers groupes de Faaa et de Vairao : en particulier,
Navicula longa, Ethmodiscus appendiculatus, Gyrosigma balticum, qui ont
de très fortes fréquences dans certaines récoltes de Faaa, ont une importance
beaucoup plus faible à Vairao. Inversement, Diploneis bombus, Synedra ulna, se
développent beaucoup plus dans le lagon de Vairao que dans celui de Faaa, le
cas extrême étant représenté, en avril 1973, par Chaetoceros curvisetum.
La liste des espèces les plus caractéristiques indique dans quelles récoltes
certaines espèces présentent leurs fréquences maximales. La comparaison de
cette liste avec celle des espèces dominantes permet de différencier les espèces
toujours dominantes des espèces fortement représentées dans quelques récoltes
qu’elles caractérisent avant de disparaître rapidement. Quand une espèce a simul¬
tanément la fréquence la plus élevée dans les deux listes, elle est particulièrement
caractéristique de la récolte étudiée : c’est le cas à Faaa en juillet 1973 d ’Aste-
rolampra marylandica, et en avril 1973 à Vairao de Chaetoceros curvisetum et
de Rhizosolenia imbricata var. shrubsolei (Annexe 4).
Cette succession des espèces dans le temps suggérait l’existence de cycles qui
ont été recherchés au moyen de diagrammes de fréquences cumulées construits
en sommant successivement, pour chaque récolte, les 60 espèces les plus fréquen¬
tes. Ces diagrammes ont donné de bien meilleurs résultats que ceux obtenus en
utilisant la méthode des fréquences relatives préconisée par FRONTIER (1969).
L’examen de ces diagrammes a permis de mettre en évidence une évolution
cyclique des différents peuplements selon le schéma suivant (Tableaux 10 et 11
et Fig. 12) :
initialement, existe une population à forte diversité et faible dominance au
sein de laquelle une espèce va se développer, prendre de l’extension, entraînant
une augmentation de la dominance liée à une baisse de la diversité. Cette premiè¬
re espèce va atteindre un maximum de croissance puis va être relayée par une
deuxième espèce, généralement bien représentée dans les récoltes antérieures
où elle figure le plus souvent parmi les quatre espèces les plus fréquentes. Cette
deuxième espèce sera à son tour relayée par une troisième appartenant au même
groupe des espèces les plus fréquentes. Lorsqu’une espèce à très forte dominance
est installée, deux phénomènes peuvent se produire : ou bien il y a une chute
brutale de la dominance, comme cela se produit à Vairao en mars et avril 1972,
ou bien cette dominance décroît progressivement comme pour les récoltes
d’avril et mai 1973 à Vairao. Dans les deux cas ces processus aboutissent à
l’installation d’une population à forte diversité à partir de laquelle démarrera
un nouveau cycle. Lorsque la dominance baisse progressivement, il existe une
certaine similitude entre les différents stades car les espèces présentes dans la
phase ascendante du cycle ont également des fréquences élevées lors de la phase
descendante. A Faaa (Tableau 10), l’espèce la plus fréquente de février 1972,
Actinocyclus subtilis, est remplacée en mars 1972 par Ethmodiscus appendicula¬
tus, mais redevient prédominante en avril 1972; parallèlement, la valeur de la
dominance décroît progressivement pour atteindre sa valeur minimale en mai
1972 lorsque Ethmodiscus appendiculatus remplace Actinocyclus subtilis.
JANVIER 340
.otinocyol. subt.
Synedra ulna
i avioula longa
Chaet.peruvian.
VAIRAO 1972
Chaet.aurviset.
Diplon.bonbus
Navioula longa
Synedra ulna
MARS 211
Aotinoayol.sub.
Meloeira suloa.
Nao. conferoacea
AVRIL 181
Uao.confervacea
Bidd.pulchella
Synedra ulna
Aatinocyal. sub.
MAI 199
Actinocycl.sub.
Aotinoayol.ehr.
Surirella fast.
Meloeira suloa.
Traohyn.aspera
Gyrosigma balt.
Gyrosigma gibb.
Aatinocyal. ehr.
JUILLET 292
Chaet. aurvieet.
Traahyn.aspera
Chaet. atlantia.
Rhabdon.adriat.
AOUT 136
rachyn. aspera
iploneie bombus
''astogl. binotat.
PTEMBRE 149
av. confervacea
rirella fast.
nphom obtusa
•aohyn- aspera
OCTOBRE 280
Baateriastr.del.
Navioula longa
Traahyn.aspera
Surirella fast.
NOVEMBRE 326
Aotinooyolu8 sub
Surirella fast.
Navioula longa
Trachyn. aspera
DECEMBRE 205
Surirella fast.
Diplon. bombus
Tr aohyn. aspera
Aatinocyal. sub.
JANVIER 394
Aotinoayol. sub.
Tropidon.lepid.
Trie.formosum
Bidd.pulchella
VAIRAO 1973
FEVRIER 293
Aotinoayol.sub.
Diplon.bombus
Amphora probos.
Chaet.peruvian.
MARS 626
Rhizo. irrbr. shru
Chaet.aurviset.
Meloeira suloa.
Navioula lura
AVRIL 833
Chaet. curviset
Rhizo.imb.shru
Chaet.peruvian
Actinocycl. sub
MAI 188
Meloeira suloa.
Naoioula longa
Diplon.bombue
Rhizo.imb.ehru.
JUIN 236
Aotinoayol. ehr.
Nitzsah.maxima
Bidd.pulchella
Diplon.bombus
JUILLET 174
Aotinooyo l.ehr.
Diplon.bombus
Navioula longa
AOUT 192
Aatinocyal. ehr.
Dimeregr. dubi.
Synedr.henned.
Coecinod. noduli
PTEMBRE 137
abdon. adriati.
vioula longa
aooneie pell.
OCTOBRE 191
Navioula longa
Cooooneie pell.
Rhabdon. adriat.
NOVEMBRE 234
Tria.ehadbolti.
Cooooneie pell.
Surirella fast.
DECEMBRE 178
Navioula longa
Synedra henned.
Surirella faet.
Diplon.bombus
Tableau 10. — Succession des 4 espèces dominant les récoltes de Faaa 1972-1973 et varia¬
tion de l’indice de dominance à/\ .
JANVIER 22
Navioula longa
Ethmodieoua ap.
Nav. oancellata
Meloaira suloa.
FEVRIER 228
Aotinooyo l.aub
Ethmodieoua ap.
Navioula longa
Trio, formoaum
MARS 219
Ethmodiscue ap.
Atinooycl.sub.
Mastogl.binot.
Navioula longa
FAAA 1972
AVRIL 240
Aotinocycl.8ub.
Ethmodiaoua ap.
Amphora oymbif.
MAI 170
Ethmodiaoua ap.
Meloaira aulca.
Chaet. curvieet.
Dimerear.dubi.
JUIN 181
Navioula lyra
Podocyatis epa.
Surirella fœt.
Nav.canoëllata
Caloneia liber
Navioula lyra
Chaet. ourvi8et.
Gyroaigma balt.
SEPTEMBRE 204
Trachyn.aapera
Amphora cymbif.
Maatogl.crucio.
OCTOBRE 158
Meloaira aulca.
Trachyn.aepera
Navioula lyra
Navioula longa
NOVEMBRE 172
Meloaira suloa.
Navioula longa
Navioula lyra
Podocy8tie apa.
DECEMBRE 166
Trachyn.aepera
Navioula longa
Surirella faet.
Amphora oymbif.
JANVIER 136
Gyroaigma balt.
Navioula longa
Pleuroaig. formo.
FEVRIER 199
Ethmodieoua ap.
Navioula longa
Maetogl.binota.
Podoauetie ava.
FAAA 1972
MARS 237
Gyroaigma balti.
Nitz8ch.graeffii
Ethmodi8cu8 ap.
Trio.réticulum
AVRIL 250
Ethmodiaoua ap.
Gyroeigma balt.
Nitzaoh. maxima
Rhtizo.imb.shr.
MAI 237
Nitzaoh.valida
Trie. formo8um
Gyroaigma balt.
Podooyeti8 epa.
JUIN 207
Nitzaoh. valida
Trio, formoaum
Gyroaigma balt.
JUILLET 360
A8terol.maryl.
Nitzaoh.valida
Coaoin. nodulif.
AOUT 376
A8terol.maryl.
Gyroaigma balti.
Htz8ch.valida
SEPTEMBRE 148
Melosira suloat.
Synedra hertned.
Ethmodiscua ap.
Mastogl. crucio.
OCTOBRE 444
Synedra acua
Chaet. aurviaet.
Ethmodiaoua ap.
itinooycl. eubt.
OVEMBRE 252
thmodiecue ap.
aviaula longa
'rie. ehadboltia.
DECEMBRE 122
Climaooeph.moni.
Navioula longa
Mastogl. crucio.
Nitzaoh.longiss.
Tableau 11. — Succession des 4 espèces dominant les récoltes de Vairao 1972-1973 et varia¬
tion de l’indice de dominance d 4 .
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
197
Le schéma de base décrit ci-dessus peut subir de nombreuses modifications. Tout
d’abord, des espèces absentes ou très peu représentées dans les récoltes peuvent
soudain devenir très fortement dominantes comme cela se produit à Vairao, en
mars et avril 1973 (Tableau 11), quand Rhizosolenia imbricata var. shrubsolei et
Chaetoceros curvisetum se succèdent pour constituer deux populations à très
forte dominance. Également, un cycle peut avorter en raison de la chute brutale
de la dominance d’une récolte par suite de la disparition ou de la régression des
espèces les plus fréquentes : il y a alors apparition d’un nouveau cycle avant
que le cycle précédent soit arrivé à terme. En 1973, à Faaa, les 4 espèces les plus
fréquentes sont les mêmes pour juillet et août : Asterolampra marylandica,
Nitzschia valida, Coscinodiscus nodulifer, Gyrosigma balticum. En septembre,
ces espèces disparaissent simultanément et sont remplacées par des espèces
aux fréquences plus basses ce qui entraîne une baisse sensible de la dominance
et l’apparition d’un nouveau cycle.
Les populations de Vairao, en 1972, illustrent bien le mécanisme de ces
successions dans les lagons de Tahiti. La population de janvier 1972 a une forte
dominance et une faible diversité (Tableau 11) : Actinocyclus subtilis dominant
en janvier, est remplacé en février par Chaetoceros curvisetum au sein d’une
population dont la dominance et la diversité sont moyennes. De mars à mai,
s’installent des populations de transition à forte diversité et faible dominance,
puis, la 6e espèce la plus fréquente de mai, Trachyneis aspera, devient dominante
en juin pour être remplacée, en juillet, par Chaetoceros curvisetum, qui était la
5e espèce la plus fréquente de juin. Ce dernier disparaît en août pour laisser à
nouveau la place à Trachyneis aspera ce qui marque la fin de ce cycle de succes¬
sions au cours duquel la dominance la plus élevée fut relevée en juillet 1972. En
septembre 1972, s’installe une population dont l’indice de diversité est proche
de celle du mois d’août mais dont la composition est différente. Ensuite, la
dominance croît jusqu’en novembre 1972, décroît rapidement en décembre et
augmente à nouveau tout aussi rapidement en janvier. Navicula confervacea,
faiblement représentée en septembre 1972, disparaît au profit d e Bacteriastrum
delicatulum en octobre, puis d’Actinocyclus subtilis en novembre. En septembre
et octobre, ce sont donc des espèces peu communes qui dominent, mais en asso¬
ciation avec des espèces très communes qui confèrent à la population sa stabilité.
Actinocyclus subtilis, très fréquent en novembre, rétrograde à la 4e place en
décembre, mais domine à nouveau en janvier 1973.
Les diagrammes décrivent parfaitement l’évolution et la succession des popu¬
lations (Fig. 12-1 et 12-2) : en début de cycle, la courbe correspondant à des po¬
pulations à faible dominance est plate (Fig. 12-2, août 1972), puis au fur et à
mesure de l’accroissement de la dominance, la concavité de la courbe s’accentue
et devient de plus en plus marquée (Fig. 12-2, avril 1973) (p.199).
4.2.3. CONCLUSIONS
Les cycles ainsi définis se répartissent sur plusieurs mois et ne correspondent
fréquences cumulées
rang des espèces
AOUT
DECEMBRE -* \ \\\\ '" MA ^ S
JUILLET OCTOBRE-* \\\''-FEVRIER
NOVEMBRE J l w JANVIER
AVRIL MAI JUIN SEPTEMBRE
rang des espèces
JANVIER SEPTEMBRE ; ",
NOVEMBRE-*
OCTOBRE -*
j JUILLET
l aout
FEVRIER MARS AVRIL
MAI JUIN
Fig. 12-1. — Diagrammes des fréquences cumulées des 60 premières espèces dominantes
des récoltes de Faaa 1972 et 1973 (les flèches décrivent les variations mensuelles de la
dominance d,*).
Source : MNHN, Paris
VA IR AO 72
fréquences cumulées
rang des espèces
JANVIER
JUILLET
AOUT \ \ \ \ \ '-MARS
DECEMBRE -* \ \ \ ^-FEVRIER
SEPTEMBRE -1 \ LaVRIL MAI JUIN
OCTOBRE 'NOVEMBRE
Fig. 12-2. — Diagrammes des fréquences cumulées des 60 premières espèces dominantes
des récoltes de Vairaol972 et 1973 (les flèches décrivent les variations mensuelles de la
dominance d 4 ).
200
M. RICARD
pas aux cycles de Margalef qui décrivent l’évolution d’une population, initiale¬
ment peu diversifiée comportant principalement des diatomées de petite taille
à potentiel de multiplication élevé, vers une population fortement diversifiée
comprenant des cellules de grande taille et notamment des dinoflagellés. Sans
vouloir écarter la possibilité de l’existence de tels cycles dans les lagons de la
Société, notons cependant que ces cycles ont été définis dans des eaux tempérées
et à partir de populations ayant une diversité bien plus faible que celles relevées
dans les lagons.
L’évolution cyclique des populations d’une dominance faible vers une forte
dominance suivie d’un retour à une faible dominance peut être considérée
comme un mode de succession caractéristique des populations de diatomées des
lagons de la Société. Cette évolution spatio-temporelle des populations résulte du
mécanisme suivant : une espèce augmente sa fréquence, ce qui entraîne une
augmentation de la dominance de la population à laquelle elle appartient; quand
cette espèce atteint sa croissance maximale, elle est relayée par une autre espèce
qui était auparavant au début de sa croissance. Cette succession se poursuit
jusqu’au moment où la dominance, ayant atteint une valeur élevée, baisse soit
progressivement soit au contraire rapidement : à ce moment-là, les populations à
forte dominance sont remplacées par des populations à forte diversité qui seront
à l’origine d’un nouveau cycle.
Ce schéma général peut subir des modifications mais, à l’exception des
poussées de certaines formes planctoniques ordinairement peu fréquentes, c’est
habituellement un petit groupe d’espèces aux fréquences élevées qui se relaient
et forment ainsi un cadre qui conditionne l’évolution de la population du lagon,
laquelle est peu influencée par les autres espèces dont la représentativité est
faible.
Les raisons de cette succession des différentes espèces ne sont pas clairement
définies pour ce qui concerne les lagons de Faaa et de Vairao; elles résultent
vraisemblablement de la combinaison de plusieurs facteurs : épuisement de
certains sels nutritifs, affinités ou antagonismes entre les différentes espèces,
passage d’une multiplication végétative à un autre mode de reproduction, etc...
La dominance apparaît comme un outil parfaitement adapté à l’étude des po¬
pulations des lagons de Tahiti. Cet indice de diversité relative permet, à partir
des fréquences relatives des 4 espèces dominantes, d’avoir une idée générale de la
composition de la population à laquelle elles appartiennent et dont il est possible
de déterminer la diversité en se rapportant à la droite de régression qui définit
les relations entre la diversité D 3 et la dominance d 4 .
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
201
4.3. ANALYSES MULTIDIMENSIONNELLES
4.3.1. CHOIX DES MÉTHODES
Deux méthodes complémentaires ont été utilisées pour analyser et comparer
les populations des deux lagons :
- l’Analyse Factorielle des Correspondances
- la Classification hiérarchique
4.3.1.1. Analyse Factorielle des Correspondances
Les fréquences des 314 espèces ont été traitées avec l’aide des traitements ma¬
thématiques des données qui seuls permettent de comparer et de quantifier les
relations entre les différentes espèces tout en faisant intervenir les variations
spatio-temporelles de chaque espèce et les fluctuations physico-chimiques du
milieu.
La méthode de traitement que nous avons utilisée est l’Analyse Factorielle
des Correspondances (A.F.C.) dont les principes ont été exposés par BENZECRI
(1973). Cette méthode d’analyse a été choisie parmi les autres méthodes car c’est
la plus adaptée à l’étude envisagée. La particularité de cette méthode (métrique
du khi 2 ) permet de regrouper dans la même analyse, la méthode Q qui permet de
classer les individus (récoltes) et la méthode R qui permet de classer les caractè¬
res (espèces) (cf. SOKAL et SNEATH,1963) tout en rendant possible la repré¬
sentation simultanée des espèces et des récoltes sur le même diagramme.
Chacune des 48 récoltes correspond à 48 axes différents entre lesquels sont
distribués, en fonction de leur fréquence, chacun des taxons appartenant aux
différentes récoltes. Dans l’espace défini par ces 48 axes, les individus forment
un nuage de points dont l’étude est dirigée de façon à découvrir les principaux
axes d’étirement ou axes factoriels. Ces axes sont numérotés selon leur représen¬
tation décroissante dans l’étirement du nuage, c’est-à-dire dans la description des
facteurs régissant l’évolution des peuplements. La distance entre les points cor¬
respondant aux taxons et les points correspondant aux récoltes est matérialisée
par la distance entre la projection de ces points sur les différents plans construits
par les axes principaux : une espèce sera d’autant plus liée avec une autre espèce
qu’elle se trouvera près de celle-ci sur différents plans.
4.3.1.2. Classification hiérarchique
Afin de compléter les résultats de l’Analyse Factorielle des Correspondances,
une classification hiérarchique a été effectuée sur les récoltes et sur les espèces
récoltées. La classification hiérarchique ascendante étudie les liaisons entre les
espèces en calculant la distance entre celles-ci et en construisant une arborescen-
202
M. RICARD
ce qui porte à sa base les espèces individualisées et à son sommet l’ensemble des
espèces qui ont été progressivement regroupées suivant leurs affinités décroissan¬
tes. Les données relatives aux 48 récoltes et les fréquences des différentes espè¬
ces ont servi de bases à un programme de construction ascendante d’une classifi¬
cation hiérarchique. La distance du khi 2 a été choisie pour calculer la distance
entre les récoltes en utilisant soit les fréquences brutes soit le logarithme de ces
fréquences. Le critère d’agglomération choisi est celui de la maximisation du
moment d’ordre 2 d’une partition qui semble le mieux adapté à cette étude
(BENZECRI, 1973; JAMBU, 1975).
4.3.2. HISTORIQUE
En 1966, MARGALEF étudie les communautés du phytoplancton méditerra¬
néen et propose 136 espèces en 15 groupes comme aptes à définir la valeur indi¬
catrice des communautés. Chaque récolte est assortie d’un indice de diversité
spécifique D et d’un indice d’association W qui permettent de définir ces 15
groupes ayant une distribution écologique bien définie. Ces 15 groupes peuvent
être combinés dans 5 super groupes qu’il est possible d’utiliser comme indica¬
teurs écologiques ou géographiques.
Puis, en 1967, MARGALEF avance l’hypothèse d’un schéma unique de distri¬
bution qui aboutit à la formation d’une organisation répétitive interdépendante
d’une région à l’autre et qui met en évidence la notion concrète de communauté
phytoplanctonique. Il étudie cette organisation au moyen de l’indice de diversité
et utilise des matrices de corrélation construites à partir de la distribution et
de la densité des espèces à l’intérieur des groupes : une matrice Q exprimant les
coefficients de corrélation entre les récoltes et une matrice R exprimant les coef¬
ficients de corrélation entre les espèces. L’analyse de la matrice Q est utilisée
lorsque l’on cherche à définir les rapports entre les récoltes et regrouper entre
elles les récoltes affines, tandis que l’étude de la matrice R sert à analyser les
associations entre les espèces et dresser la liste des groupes d’espèces associées;
ces groupes, une fois définis, permettent une étude plus rapide des récoltes futu¬
res. Dans le cas de l’analyse de la matrice R, le choix de l’expression de l’associa¬
tion entre les espèces dépend de la qualité des données : pour CASS1E (1961,
1963), la corrélation entre les densités est la meilleure façon d’exprimer ces ré¬
sultats; si les densités ne sont pas connues, il est alors possible d’utiliser la pré¬
sence-absence ou une valeur approchée de l’abondance mais les indices obtenus
ne sont pas aussi satisfaisants (COLE, 1957; MARGALEF, 1966). En 1969,
MARGALEF et GONZALEZ-BERNALDEZ définissent les groupes d’espèces
associées du phytoplancton des Caraibes : les résultats des comptages au micros¬
cope inversé subissent une transformation logarithmique puis sont utilisés dans
le calcul d’une matrice de corrélation entre les différentes espèces. Seules 81
espèces caractéristiques sur 300 sont conservées afin de réduire la taille de la ma¬
trice : les espèces les plus rares ou de détermination incertaine sont ainsi élimi¬
nées. L’analyse de cette matrice par la méthode des composantes principales
avait pour but de définir des groupes d’espèces fortement associées puis d’utiliser
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
203
ces groupes pour une rapide classification des espèces appartenant à des récoltes
ultérieures. Les résultats obtenus soulignent le manque d’efficacité de l’analyse
en composantes principales qui n’arriva pas, à l’inverse de ce qui se produit
avec la végétation terrestre, à déterminer des directions préférentielles et à
extraire les composantes principales. En conséquence, il n’est pas possible de
définir parfaitement, comme pour les végétaux terrestres, des communautés
phytoplanctoniques bien tranchées, mais l’analyse en composantes principales
souligne la fréquence des associations entre espèces appartenant à des genres
différents et la forte compétition entre les espèces d’un même genre.
En 1971, DANDONNEAU réalise une classification écologique du phyto-
plancton à partir d’une matrice d’associations interspécifiques qui aboutit à la
définition de groupes caractéristiques des différentes conditions écologiques
rencontrées sur le plateau continental de la Côte d’ivoire. Cette classification est
vérifiée par une analyse factorielle en composantes principales et, à ce propos,
l’auteur signale la faible valeur indicatrice des espèces les plus fréquentes.
REYSSAC et ROUX (1972), travaillant sur les communautés phytoplanctoni¬
ques de la Côte d’ivoire, essaient de mettre en évidence les groupes d’espèces
associées. Ils calculent les coefficients de corrélation interspécifiques au moyen
de l’indice de Jaccard, lié à la présence-absence, et de l’indice de Bravais-Pearson,
lié à l’abondance des espèces. Les trois méthodes utilisées sont la méthode de
séparation des groupes d’espèces associées par la méthode de MARGALEF
(1966) et GONZALEZ-BERNALDEZ (1969), l’analyse en composantes princi¬
pales et l’analyse factorielle des correspondances : au moyen de ces trois métho¬
des ils individualisent deux grands groupes comportant chacun plusieurs sous-
groupes plus ou moins imbriqués et qui se définissent en fonction de la tempéra¬
ture de l’eau.
En 1973, ILTIS étudie le phytoplancton des eaux natronées du Kanem
(Tchad) : il utilise le coefficient de Bravais-Pearson pour calculer les corréla¬
tions entre les prélèvements mensuels après que les données brutes aient été nor¬
malisées par une transformation logarithmique et que les différents coefficients de
corrélation aient été regroupés dans une matrice interprétée sous forme de den-
drogramme.
IBANEZ (1973) définit une nouvelle méthode d’analyse spatio-temporelle du
processus d’échantillonnage du zooplancton. Pour caractériser le nuage des
points correspondants aux différentes récoltes, il considère 4 propriétés : la
taille qui décrit l’importance des récoltes dans le temps et dans l’espace, la
densité qui définit le nombre d’échantillons pour un intervalle dimensionnel
donné, l’orientation du nuage des points récoltes dans l’espace de cinq coordon¬
nées correspondant à la latitude, la longitude, l’épaisseur de la masse d’eau, la
date et la hauteur solaire, et enfin la forme du nuage formé par les points récol¬
tes. En 1974, ce même auteur propose une cotation d’abondance à trois niveaux,
absence ou rareté, présence, abondance qui permettrait d’utiliser l’analyse en
composantes principales aussi correctement que si l’on faisait appel aux compta¬
ges réels : cette méthode permettrait de réaliser une économie de temps très
importante par rapport à un dénombrement classique.
204
M. RICARD
En 1975, REYSSAC et ROUX, dans une étude statistique de l’hétérogénéité
phytoplanctonique de la baie du Lévrier (Mauritanie), chiffrent le degré de
similitude ou de différence de 6 stations au moyen de l’analyse factorielle des
correspondances. Ils concluent que la multiplication des prélèvements à une
même station apporte bien plus d’information que l’augmentation du nombre
des stations dans le même secteur. Ces mêmes auteurs (1975) appliquent au phy-
toplancton marin les méthodes statistiques utilisées en phytosociologie terrestre.
Grâce à l’analyse factorielle des correspondances des classes d’abondance, et de
la classification hiérarchique des récoltes vérifiées au moyen d’un tableau de
contingence entre stations et modalités des variables, ils réalisent une classifica¬
tion des différentes stations : cette étude, ainsi réalisée, pose le problème du
découpage des différentes variables en classes ainsi que celui du choix des bornes
des classes.
Enfin, en 1975, GASSE utilise l’analyse des correspondances pour comparer
l’évolution limnologique des bassins de l’Afar central au cours de l’holocène au
travers des successions d’associations de diatomées fossiles.
4.3.3. RÉSULTATS
4.3.3.4. Introduction
L’analyse des populations de Faaa et de Vairao a été réalisée en deux étapes
successives :
- tout d’abord, les populations ont été traitées simultanément et comparées
afin de confirmer ou infirmer les résultats de l’analyse statistique élémentaire qui
indiquaient des différences très accentuées dans la composition et l’évolution des
populations de Faaa et de Vairao.
- ensuite, les populations de chaque lagon ont été étudiées séparément en ne
conservant que les espèces dont les fréquences sont supérieures ou égales à 10%
de leur fréquence totale. Au moyen d’une classification hiérarchique ascendante,
ont été définis pour chaque lagon des groupes d’espèces affines dont la compa¬
raison a permis de dresser la liste des associations spécifiques communes aux
deux lagons.
Préalablement à toute analyse, les fréquences totales des récoltes ont été préa¬
lablement ramenées à 1000 et les fréquences de chaque espèce sont donc expri¬
mées en %o. Ces fréquences ont subi, en cours d’analyse, plusieurs traitements
destinés à définir la méthode la plus simple et la plus appropriée à notre recher¬
che. Après un premier passage effectué en utilisant les valeurs brutes, les données
ont subi trois traitements différents :
- une transformation logarithmique continue des fréquences, après avoir pris
la précaution d’ajouter une unité à la valeur de chaque fréquence pour éviter
d’avoir des fréquences égales à 0.
- une transformation logarithmique des fréquences préalablement découpées
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
205
en 4 classes : la classe 1 correspondant à la fréquence 0, la classe 2 aux fréquen¬
ces comprises entre 1 et 9, la classe 3 à celles comprises entre 10 et 99, et la
classe 4 aux fréquences comprises entre 100 et 999.
une transformation des données permettant une étude des récoltes en
présence-absence.
Dans le tableau ci-après, sont exprimées, pour chaque méthode utilisée, les
valeurs propres des 3 premiers axes et le pourcentage de contribution de chaque
axe à la représentation du phénomène étudié, en l’occurence le traitement simul¬
tané des récoltes de Faaa et de Vairao.
TRAITEMENT RÉALISÉ
AXE 1
AXE 2
AXE 3
CUMUL
DONNÉES BRUTES
valeurs propres
%
0,46
18,4
0,26
10,5
0,22
8,8
0,94
37,7
TRANSFORMATION
LOG. CONTINUE
valeurs propres
%
0,088
10,7
0,064
7,7
0,055
6,7
0,197
25,1
TRANSFORMATION
LOG. 4 CLASSES
valeurs propres
%
0,072
7,3
0,066
6,6
0,044
4,6
0,182
18,5
PRÉSENCE-ABSENCE
valeurs propres
%
0,067
6,6
0,057
5,6
0,046
4,5
0,170
16,7
Si l’on considère les pourcentages de représentativité et les valeurs propres
de chaque axe, l’analyse des données brutes permettrait une meilleure étude du
phénomène, mais alors l’axe 1 n’a pas de réelle signification. En effet, il ne fait
que souligner les aspects les plus apparents de ce phénomène mais pas obligatoi¬
rement les plus importants puisque ces aspects peuvent être mis en évidence
sans l’aide de l’analyse factorielle : dans le cas des récoltes de Faaa et de Vairao,
l’axe 1 exagère les particularités d’avril 1973 à Vairao et de juillet et octobre
1973 à Faaa qui se localisent à la périphérie des plans 1-2 et 1-3, mais fait
apparaître toutefois nettement la séparation des deux lagons. L’exagération de
l’importance de ces particularités et leur prise en compte par les premiers axes
aura pour conséquence un étirement important de ces axes afin d’englober les
récoltes périphériques : ceci entraînera la localisation de la majorité des récoltes
et des espèces dans la partie centrale, ce qui empêchera de les étudier convena¬
blement car les particularités seront mises en relief tandis que les caractéristiques
générales seront masquées et n’apparaîtront que sur les axes secondaires.
Ceci se confirme à l’observation de l’arbre de classification hiérarchique des
206
M. RICARD
48 récoltes de Faaa et de Vairao : l’analyse des fréquences brutes (Fig. 16-1),
aboutit à l’individualisation précoce des récoltes dont certaines espèces ont des
fréquences très élevées (avril 1973 à Vairao, juillet-octobre 1973 àFaaa). L’ana¬
lyse des fréquences ayant subi une transformation logarithmique continue
permet d’obtenir une classification hiérarchique bien plus homogène dans laquel¬
le aucune récolte ne se différencie exagérément (Fig. 16-2) : la correction loga¬
rithmique nivèle les valeurs extrêmes et permet d’obtenir de meilleures corréla¬
tions entre les différentes récoltes.
L’expression des données selon la méthode en présence-absence est bien
moins modulée que la méthode logarithmique puisqu’elle n’autorise que deux
possibilités d’écriture : la présence ou l’absence. Cependant cette méthode est
suffisamment précise pour donner une idée générale de l’évolution des récoltes
et de la succession des populations : le découpage préalable des données en
classe, avant de leur faire subir une transformation logarithmique, donne des
résultats à peu près équivalents à ceux fournis par la méthode en présence-
absence.
En conclusion, l’utilisation des données brutes ne nous semble pas une métho¬
de adaptée à l’étude qui nous occupe ici car elle exagère l’importance de certai¬
nes particularités des récoltes au détriment de leurs caractéristiques principales
dont elle empêche une étude approfondie. Les meilleurs résultats sont fournis
par la méthode de transformation logarithmique continue des données, puis par
la méthode de découpage des données en classes avant leur transformation loga¬
rithmique, et enfin par la méthode en présence-absence. Dans le cas d’une étude
préliminaire ou bien dans le cas d’une étude approfondie qui nécessite l’analyse
d’un grand nombre d’échantillons, la méthode en présence-absence est plus rapi¬
de et en même temps suffisamment précise pour que l’on préconise son utilisa¬
tion.
4.3.3.2. Comparaison des 2 lagons au moyen des analyses multidi¬
mensionnelles
Les récoltes et les individus se répartissent différemment sur les plans suivant
les axes considérés, car chaque axe correspond à un facteur déterminé dont
l’action est prépondérante sur l’évolution des populations des deux lagons.
Les résultats exposés ci-après proviennent d’analyses réalisées à partir de
fréquences ayant subi une transformation logarithmique continue.
4.3.3.2.1. Influence de la pluviosité
- ANALYSE FACTORIELLE DES CORRESPONDANCES
La séparation la plus évidente est réalisée par le premier axe qui sépare très
nettement les récoltes de Faaa et celles de Vairao : les 24 récoltes de Faaa se
répartissent le long de la partie positive de l’axe 1 tandis que les 24 récoltes de
Vairao se placent sur la partie négative du premier axe. De la même manière,
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
207
RECOLTES
Pluviosité
( mm )
Température|
( °c )
Salinité
(8-1- 1 )
02 dissous
( ml.l - )
P-P04
uat.g
N-N03
l -1 N2,
Si-Si04
P. Si )
Janvier 72
232.9
28°3
35.3
7.60
6.45
1.43
54.1
Février
345.3
28°4
35.4
6.40
1.85
2.45
58.3
Mars
227.5
28°5
35.9
7.10
0.58
0.46
34.3
Avril
162.1
28°0
36.1
8.01
0.43
0.75
44.7
Mai
167.8
27°7
35.7
8.03
0.43
0.43
58.5
Juin
111.2
27°2
35.5
8.13
0.90
0.86
44.9
Juillet
219.2
26*3
35.8
7.24
0.48
0.08
43.6
Août
107.1
26° 1
35.8
8.00
0.46
0.16
16.7
Septembre
280.6
25°8
36.3
6.98
0.46
3.37
15.8
Octobre
184.6
26°3
36.0
7.97
1.90
2.47
71.5
Novembre
394.4
26°9
35.9
6.30
0.89
0.50
22.5
Décembre
331.8
26.9
35.6
6.69
0.89
1.40
22.6
Janvier 73
157.5
29°5
34.5
8.01
1.47
1.37
61.3
Février
278.0
29°6
34.6
7.15
1.02
2.77
65.4
Mars
139.1
29.5
34.4
6.07
0.56
0.45
20.5
Avril
25.3
29°6
34.7
8.39
0.21
0.70
10.1
Mai
359.3
28°5
34.1
6.94
0.58
0.40
40.3
Juin
634.7
26°8
36.7
6.34
0.63
0.72
63.4
Juillet
415.6
26°6
36.2
6.73
0.58
0.11
53.1
Août
406.4
26° 1
35.5
6.77
0.57
0.08
60.9
Septembre
257.7
26°4
35.2
6.98
0.43
3.26
43.7
Octobre
452.6
27° 1
35.8
6.30
1 .03
2.53
58.2
Novembre
83.1
27°6
35.7
8.41
0.30
1.12
14.8
Décembre
206.0
27°7
35.7
7.26
0.52
1.48
43.6
REPARTITION DES CLASSES
Pluviosité (mm) : 1:
0 - 100
2:
101 - 200
: 201 - 300
4:301
400 5:
>400
Température ( °C ) : 1 :
25°8-26°5
2:
26°6-27°3 3:27°4-28°1
4:28°2-
28°9 5:
> 28°9
Salinité
g.l-') : 1:
34.1-34.6
2-
34.7-35.2 3:35.3-35.8
4:35.9-
36.4 5:
>36.4
02 dis.(ml. I -1 ) : 1:6.1 - 6.7
2:
6.8 - 7.2 3:7.3 - 7.7
4:7.8
8.2 5:
>8.2
P04 (yatg.P l -1 ) : 1:
0.2 - 0.4
2:0.5 - 0.7
:0.8 - 1.0
4:1.1
2.0 5:
>2.0
N03 (yatg.N l -1 ) : 1:
0.05-0.10
2:0.11-0.50
:0.51-1.00
4:1.01-
2.50 5:
>2.50
Si04(yatg.Si 1"0 : 1:
0.0-25.0
2:25.1-40.0
:40.1-55.0
4:55.1
70.0 5:
> 70.0
Tableau 13. — Valeurs des principaux paramètres physico-chimiques mesurés dans le lagon
de Vairao et découpage de ces différentes valeurs en 5 classes.
208
M. RICARD
l’axe 1 détermine deux groupes d’espèces qui sont particulièrement bien définis
dans le plan 1-2. Ces deux groupes sont les suivants :
- un groupe central regroupant la majorité des espèces et lui-même divisé en
deux sous-groupes : le premier composé d’espèces présentes dans toutes ou pres¬
que toutes les récoltes des deux lagons, le deuxième réunissant des espèces
présentes seulement dans certains prélèvements réalisés soit pendant les mois les
plus pluvieux soit, au contraire, pendant les mois les plus secs.
- un deuxième groupe d’effectif moins important que le précédent et localisé
à la périphérie du 2e quadrant du plan 1-2 et qui se divise également en deux
sous-groupes : le premier sous-groupe réunit des espèces caractéristiques des ré¬
coltes réalisées pendant les mois de moyenne pluviosité, tandis que le deuxième
sous-groupe est composé d’espèces présentes uniquement dans le lagon de
Vairao.
Les espèces appartenant à ces deux groupes ont été classées en quatre caté¬
gories qui englobent les différents groupes et sous-groupes décrits précédemment
(Annexe 3, p.317).
- le catégorie :
73 espèces communes et présentes dans toutes ou presque toutes les récoltes
des deux lagons (dans 40 récoltes, au minimum).
- 2e catégorie :
110 espèces classées en trois groupes de 63, 29 et 18 espèces selon les pluviosités
enregistrées pendant les mois auxquels appartiennent les récoltes où elles ont
leurs plus fortes fréquences relatives.
- 3e catégorie :
19 espèces caractéristiques d’un seul des deux lagons : soit deux espèces caracté¬
ristiques du lagon de Faaa et 17 espèces caractéristiques du lagon de Vairao.
- 4e catégorie :
131 espèces sporadiques dont les fréquences totales sont toujours faibles et qui
se répartissent dans les 4 quadrants.
. Espèces de la le catégorie
Les 73 espèces de cette catégorie ont été trouvées dans toutes ou presque
toutes les récoltes des deux lagons mais leurs fréquences sont très variables
comme l’indiquent les tableaux i4-1 et -2. Ces espèces communes constituent un
noyau d’espèces pérennantes, tolérantes vis à vis des conditions écologiques
environnantes, ce qui leur permet de s’adapter aussi bien aux variations progres¬
sives qu’aux altérations brutales du milieu.
Pour la plupart, 50 sur 73, ces espèces correspondent à celles qui ont été
définies dans l’analyse statistique élémentaire comme les espèces les plus fré¬
quentes des deux lagons (cf. p. 187 et 188). Les 22 autres espèces sont également
représentées dans les deux lagons mais sont beaucoup plus fréquentes dans l’un
des deux ce qui explique qu’elles soient absentes de ce tableau.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
209
ESPECES
NT
FT
NI
Fl
N2
F2
Nl/NT
N 2/NT
Fl/FT
F2/FT
Actinocyclus ehrenbergii
48
1059
24
297
24
762
50
50
28
72
Diploneis bombus
48
784
24
187
24
597
50
50
24
76
Navicula lyra
48
977
24
611
24
366
50
50
63
37
Podocystis spachulata
48
751
24
598
24
153
50
50
80
20
Rhabdonema adriaticum
48
774
24
282
24
492
50
50
36
64
Actinocyclus subtilis
47
1839
23
461
24
1375
48
42
25
75
Caloneis liber
47
465
24
339
23
126
51
49
73
27
Climacosphenia moniligera
47
758
23
432
24
326
49
51
57
43
Diploneis crabro
47
282
23
125
24
132
51
49
49
51
Gyrosigma balticum
47
911
24
662
23
249
51
49
73
27
Mastogloia fimbriata
47
368
24
265
23
103
49
51
72
28
Melosira sulcata
47
992
24
443
23
549
49
51
45
55
Synedra crystallina
47
689
23
345
24
344
49
51
50
50
Synedra undulata
47
519
23
256
24
263
51
49
49
51
Trachyneis aspera
47
1319
23
597
24
722
51
49
45
55
Amphora obtusa
47
636
23
274
23
362
51
49
43
57
Mastogloia binotata
46
387
24
281
22
105
50
50
73
27
Navicula granulata
46
369
24
179
22
190
48
52
49
51
Nitzschia longissima
46
384
24
233
22
151
49
51
61
39
Surirella fastuosa
46
1156
23
514
23
642
48
52
45
55
Synedra hennedyana
46
853
22
437
24
416
48
52
51
49
Triceratium shadboltianum
46
646
23
320
23
326
50
50
50
50
Tropidoneis lepidoptera
46
407
23
222
23
185
50
50
55
45
Amphora mexicana
45
225
23
108
22
117
51
49
48
42
Ethmodiscus appendiculatus
45
1195
24
1056
21
139
53
47
88
12
Grammatophora marina
45
338
22
93
23
245
49
51
28
72
Navicula longa
45
1481
21
641
24
840
47
53
43
57
Nitzschia maxima
45
729
22
428
23
301
49
51
59
41
Nitzschia panduriformis
45
235
23
127
22
108
51
49
54
46
Synedra laevigata v. hyalina
45
435
23
223
22
212
51
49
51
51
Diploneis smithii
44
274
22
113
22
161
50
50
41
59
Nitzschia valida
44
683
22
569
22
114
50
50
83
17
Pleurosigma rigidum
44
375
22
261
22
114
50
50
70
30
Pleurosigma speciosum
44
279
22
108
22
171
50
50
39
61
Achnanthes brevipes
43
135
19
45
24
90
44
56
33
67
Mastogloia baldjickiana
43
138
19
89
24
39
45
55
43
57
Navicula clavata
43
120
24
80
19
40
43
57
51
49
Tableau 14-1 : Fréquences relatives et nombre de prélèvements renfermant les
70 espèces de la le catégorie
NT : Nombre total de récoltes dans les quelles est présente l’espèce considérée.
N1 : Nombre de récoltes du Lagon de Faaa; N2 : Nombre de récoltes du Lagon de Vairao.
FT : Fréquence totale de l’espèce dans l’ensemble des récoltes.
Fl : Fréquence de l’espèce dans les récoltes de Faaa; F2: Fréquence de l’espèce dans les
récoltes de Vairao.
210
M. RICARD
ESPECES
NT FT NI
Fl N2 F2 N l/NT N2/NT Fl/FT F2/FT
Amphora coffeaeformis
Biddulphia pulchella
Mastogloia crucicula
Nitzschia angularis
Nitzschia rigida
Trie, formosum fa quadrangulai
Trop, lepidoptera v. robusta
Amphora cymbifera
Campylodiscus latus
Cocconeis pellucida
Diploneis bomboides
Hemidiscus cuneiformis
Campylodisc. decorus v. pinnati
Navicula cancellata
Navicula consors
Nitzschia apiculata
Stauroneis polynesiae
Tabellaria fenestrata
Tropidoneis maxima
Amphora angusta
Amphora cingulata
Amphora spectabilis
Asterolampra marylandica
Biddulphia reticulata
Coscinodiscus nitidus
Diploneis subcincta
Navicula lyroides
Navicula robertsiana
Nitzschia constricta v. bomb.
Nitzschia graeffii
Stauroneis salin a
Navicula confervacea
Amphora schmidtii
Dimeregramma dubium
Synedra ulna
Plagiogramma staurophorum
43 144
43 446
43 520
43 117
43 175
43 506
43 256
42 424
42 253
42 462
42 322
42 171
41 112
41 610
41 211
41 162
41 128
41 471
41 287
40 162
40 194
40 167
40 563
40 214
40 197
40 115
40 191
40 269
40 163
40 401
40 156
40 410
40 129
40 412
40 195
40 298
21 52
21 92
22 309
21 72
22 94
22 379
21 108
23 327
23 175
22 191
23 152
23 105
22 70
22 411
19 82
20 52
21 69
22 306
20 154
21 110
21 98
19 81
21 442
21 183
20 95
21 55
21 109
20 175
21 82
20 263
21 103
19 32
20 60
21 125
20 91
19 90
22
22
21
22
21
21
22
29
19
20
19
19
19
19
22
21
20
19
21
19
19
21
19
19
20
19
19
20
19
20
19
21
20
19
20
21
92
354
311
45
81
127
148
97
78
272
170
66
42
199
129
110
59
165
133
52
96
86
71
31
102
60
82
94
81
138
53
271
69
287
104
208
48
49
51
49
51
51
49
55
55
52
55
55
54
54
46
49
51
54
49
53
52
45
52
52
50
53
53
50
52
50
53
47
50
47
50
47
52
51
49
51
49
49
51
45
45
48
45
45
46
46
54
51
49
46
51
47
48
55
48
48
50
47
47
50
48
50
47
53
50
53
50
53
36
21
59
61
54
75
42
77
69
41
52
61
62
67
41
32
54
65
54
64
50
48
83
85
48
48
57
65
50
65
66
10
46
30
47
30
64
79
41
39
46
25
58
23
31
59
48
39
38
33
59
67
46
35
46
36
50
52
17
15
52
52
43
35
50
35
34
90
54
70
53
70
Tableau 14-2 : Fréquences relatives et nombre de prélèvements renfermant les
70 espèces de la le catégorie (suite et fin).
NT : Nombre total de récoltes dans les quelles est présente l’cspccc considérée.
N1 : Nombre de récoltes du Lagon de Faaa; N2 : Nombre de récoltes du Lagon de Vairao.
FT : Fréquence totale de l’cspccc dans l’ensemble des récoltes.
Fl : Fréquence de l’cspccc dans les récoltes de Faaa; F2 : Fréquence de l’espèce dans les
récoltes de Vairao.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
211
Parmi ces 73 espèces, 5 ont la même fréquence dans les deux lagons, Ampho-
ra cingulata, Nitzschia constricta var. bombiformis, Synedra crystallina, S.
undulata, Triceratium shadboltianum. 35 espèces ont des fréquences relatives
(fp) plus élevées dans le lagon de Faaa et 33 ont des fréquences relatives (fv)
plus élevées dans le lagon de Vairao (Tableaux 14). Les fréquences relatives les
plus élevées sont celles à'Ethmodiscus appendiculatus (88,4% de sa fréquence
totale à Faaa), à’Asterolampra marylandica (87,4% de sa fréquence totale à
Faaa) et Synedra ulna (85,3% de sa fréquence totale dans les récoltes de Vairao).
Les espèces dont les fréquences relatives sont particulièrement élevées dans les
récoltes de Faaa sont localisées dans la 1er et le 4e quadrant du plan 1-2, et les
espèces dont les fréquences relatives sont très fortes dans le lagon de Vairao se
placent dans les 2e et 3e quadrants du plan 1-2. Les 5 espèces qui ont les mêmes
fréquences dans les deux lagons se répartissent approximativement le long de
l’axe 2 (Fig. 15, p. 212). Certaines de ces 73 espèces présentent des anomalies de
localisation : bien que possédant des fréquences élevées dans les récoltes d’un des
deux lagons, elles se mêlent aux espèces caractéristiques des récoltes de l’autre
lagon dans lesquelles elles présentent leurs fréquences relatives maximales.
Ainsi Melosira sulcata, Diploneis bombus, Amphora obtusa, sont fréquemment
récoltées dans le lagon de Vairao, mais se placent dans le quadrant 1 ou 4 car
leurs fréquences relatives maximales ont été relevées dans les récoltes effectuées
dans le lagon de Faaa. De même, Tropidoneis vitrea et Synedra hennedyana,
principalement récoltées à Faaa, se trouvent non pas dans le 1er ou 4e quadrant
mais dans le 2e quadrant, avec les espèces caractéristiques de Vairao.
Le taux des espèces tropicales et tropicales-tempérées appartenant à la pre¬
mière catégorie est élevé, 55%, comparé à celui des espèces tempérées, 13%,
ou des espèces cosmopolites, 33%. Les espèces tropicales ou tropicales tempé¬
rées sont plus nombreuses dans les récoltes du lagon de Faaa, 72%, que dans
celles du lagon de Vairao, 43%, ce qui semblerait indiquer que la température
moyenne des eaux du lagon, plus élevée à Faaa qu’à Vairao, faciliterait l’implan¬
tation et la croissance des diatomées caractéristiques des eaux chaudes.
. Espèces de la 2e catégorie
Les espèces de la 2e catégorie sont présentes dans de nombreuses récoltes
et afin de différencier les espèces caractéristiques des espèces ayant une faible
représentativité, seules ont été prises en considération celles dont la fréquence
relative était égale ou supérieure à 10% de la fréquence totale Fj-
En fonction de la pluviosité mensuelle et de leur fréquence relative, les espè¬
ces de la 2e catégorie ont été réparties en 3 groupes :
- groupe a : espèces ayant des fréquences relatives élevées au cours des mois
de forte pluviosité (pluviosité mensuelle égale ou supérieure à 300 mm).
- groupe b : espèces ayant des fréquences relatives élevées au cours des mois
de faible pluviosité (pluviosité mensuelle égale ou inférieure à 100 mm).
- groupe c : espèces ayant des fréquences relatives élevées au cours des mois
dont la pluviosité est intermédiaire (pluviosité mensuelle comprise entre 100
212
M. RICARD
Fig. 15. — Localisation des récoltes et des espèces présentes dans ces récoltes et regroupées
en fonction de la pluviosité grâce à l’Analyse factorielle des Correspondances des fré¬
quences ayant subi une transformation logarithmique continue (à l’exclusion des espèces
ayant une fréquence inférieure à 10%).
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
213
et 300 mm).
Le groupe a compte 63 espèces caractéristiques des mois pluvieux. Pour la
plupart, ces espèces ont été récoltées dans le lagon de Vairao et se placent dans
le 2e ou le 3e quadrant du plan 1-2 qui correspond à la portion négative de
l’axe 1 (Fig. 15).
Le groupe b est composé de 29 espèces dont la plupart a été récoltée dans le
lagon de Faaa : ces espèces se répartissent dans le 1er ou le 4e quadrant du
plan 1-2, sur la portion positive de l’axe 1 (Fig. 15).
A l’exemple de celle de la le catégorie, certaines espèces de la 2e catégorie
présentent des anomalies de localisation, particulièrement en ce qui concerne
les espèces des groupes a et b. Bien qu’appartenant au groupe b, plusieurs espèces
se placent dans le 1er ou le 4e quadrant, soit parce que leurs fréquences relatives
maximales ont été relevées dans des récoltes de Faaa, comme pour Amphora
e gg re gia et Triceratium formosum fa formosum, soit parce qu’elles ont une ou
plusieurs fréquences relatives élevées dans les prélèvements réalisés à Faaa pen¬
dant les mois pluvieux : c’est le cas de Auricula insecta, Gyrosigma elegans,
Hemidiscus cuneiformis. Le même décalage se produit avec Mastogloia exilis
qui présente des fortes fréquences relatives dans les prélèvements de certains
mois secs de Vairao et qui se localise dans le 4e quadrant avec les espèces carac¬
téristiques des mois peu pluvieux (Fig. 15).
Le groupe c comprend 18 espèces qui appartiennent pour la plupart aux
genres Amphora et Chaetoceros et qui se placent à la périphérie du 1er et du 2e
quadrant. Leurs fréquences relatives les plus fortes sont habituellement relevées
dans les récoltes de juin et de juillet, au cours de l’hiver austral lorsque la tempé¬
rature de l’eau est la plus basse, ou tout au contraire pendant la saison chaude :
- 9 espèces ont une meilleure croissance pendant l’hiver austral : Amphora
lineolata, Amphora arenaria, Amphora graeffii, Chaetoceros atlanticum, Chaeto¬
ceros compressum, Chaetoceros messanense, Gyrosigma reversum, Licmophora
mediterranea, Podosira stelliger.
- 8 espèces se développent mieux dans les eaux chaudes de l’été austral : Am¬
phora baccata, Amphora gigantea, Amphora janischii, Caloneis fossilis, Chaeto¬
ceros curvisetum, Chaetoceros peruvianum, Rhizosolenia imbricata var. shrub-
solei, Opephora pacifica.
- 1 espèce seulement, Diploneis splendidus, est indifférente à la température
de l’eau et se développe aussi bien durant la saison chaude que pendant la saison
froide.
Ces 18 espèces se placent dans le 2e quadrant du plan 1-2, à l’exception de
Chaetoceros curvisetum, Chaetoceros atlanticum, Opephora pacifica, qui ont
également de fortes fréquences dans les deux lagons et qui se répartissent appro¬
ximativement le long de la partie positive de l’axe 2, entre le le et le 2e qua¬
drant (Fig. 15).
Les groupes a et b sont principalement composés d’espèces d’eaux chaudes
qui peuplent les zones tropicales et tropicales-tempérées (65%), et d’un faible
214
M. RICARD
nombre d’espèces tempérées (14%) ou cosmopolites (21%). Le pourcentage des
espèces d’eau chaude est le même pour le groupe a et pour le groupe b, ce qui
semblerait indiquer que la température de l’eau influe sur leur développement
mais pas autant que sur celui des espèces du groupe c.
. Espèces de la 3e catégorie
La 3e catégorie compte 19 espèces caractéristiques d’un seul des deux lagons :
elles appartiennent soit à la 2e soit à la 4e catégorie, et se répartissent ainsi :
- 6 espèces, récoltées seulement à Vairao, ont de fortes fréquences dans des
récoltes réalisées pendant les mois de forte pluviosité et appartiennent également
au groupe a de la 2e catégorie : Amphora angularis, A. exigua, A. normanii, A.
triseriata, Campylodiscus fastuosus, C. wallichianus.
- 6 espèces, dont les fréquences sont élevées dans les récoltes réalisées pen¬
dant les mois de pluviosité intermédiaire, appartiennent également au groupe c
de la 2e catégorie et ont été exclusivement récoltées dans le lagon de Vairao :
Amphora arenaria, A. baccata, A. graeffii, A. lineolata, Caloneis fossilis, Diplo-
neis splendidus.
- 5 espèces sporadiques ont été récoltées à une seule reprise, selon des fré¬
quences variables, dans le lagon de Vairao -.Amphora lunula, A. proteus v. ocula-
ta, Biddulphia balaena, B. rhombus, Campylodiscus biangulatus v. lorenzianus.
1 espèce sporadique, Navicula disclusa, et une espèce caractéristique des
mois secs, Synedra robusta, ne sont présentes que dans quelques récoltes du la¬
gon de Faaa.
Ces 19 espèces se placent à la périphérie du nuage pluridimensionnel. Dans
le plan 1-2, les espèces caractéristiques de Faaa, Navicula disclusa et Synedra
robusta, se localisent dans le quadrant 1 et 4, de part et d’autre de la partie
positive de l’axe 1, tandis que les autres espèces, caractéristiques du lagon de
Vairao, se répartissent dans le quadrant 2 ou 3 (Fig. 15). Les espèces de Vairao
caractéristiques des récoltes de mois pluvieux sont situées dans le quadrant 2
(.Amphora exigua, A. normanii) ou dans le quadrant 3 (Amphora angularis,
A. triseriata, Campylodiscus fastuosus, C. wallichianus ); les espèces sporadiques
ou récoltées pendant les mois secs se trouvent placées à la périphérie du 3e qua¬
drant à l’exception de A. lineolata qui se situe à la bordure du 3e quadrant et
forme avec A. staurophora, A. grevilleoides, Navicula adumbrata et Rhizosolenia
setigera un petit noyau caractéristique de la récolte de février 1972.
• Espèces de la 4e catégorie
La 4e catégorie compte 131 espèces (Annexe 3) sporadiques dont les fré¬
quences relatives sont toujours basses. Ces espèces se distribuent dans les 4 qua¬
drants selon leurs fréquences et leurs corrélations mutuelles.
60% de ces espèces ont une distribution tropicale ou tropicale-tempérée,
20% une distribution tempérée et 20% sont cosmopolites.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
215
- CLASSIFICATION HIÉRARCHIQUE
La classification hiérarchique ascendante des 48 récoltes de Faaa et de Vairao
traitées simultanément confirme la séparation fondamentale qui existe entre les
populations des deux lagons. Cependant, les résultats obtenus dans la classifi¬
cation hiérarchique diffèrent sensiblement selon que l’on s’adresse aux fréquen¬
ces brutes des espèces ou aux fréquences ayant subies une transformation
logarithmique.
La classification réalisée à partir des fréquences brutes sépare nettement les
récoltes de Faaa de celles de Vairao, mais certaines récoltes s’individualisent
très tôt et ne sont pas corrélées avec les autres récoltes du lagon auquel elles
appartiennent : c’est le cas d’octobre 1973 à Faaa et c’est également celui
des récoltes de mars et avril 1973 à Vairao. L’individualisation précoce de la
récolte d’octobre 1973 à Faaa résulte de la présence de Synedra acus : cette
espèce ne fait pas partie des 73 espèces communes qui dominent les populations
des deux lagons et sa fréquence d’octobre 1973 représente 83% de sa fréquence
totale dans les 10 récoltes où elle est présente : cette forte dominance dans une
récolte ajoutée à sa rareté dans les autres explique la différenciation d’octobre
1973. En ce qui concerne mars et avril 1973 à Vairao, la séparation nette entre
ces 2 récoltes et les 22 autres résulte de la présence de deux diatomées centriques
planctoniques, Chaetoceros curvisetum et Rhizosolenia imbricata var. shrubsolei
qui sont absentes de la majorité des prélèvements et qui apparaissent soudain en
avril et mai avec une forte fréquence (Fig. 16-1, p. 216).
La transformation logarithmique diminue l’importance de la fréquence
comme critère de classification au profit de la composition spécifique de cha¬
que récolte : en conséquence, la classification hiérarchique obtenue donne de
meilleurs résultats que celle calculée à partir des données brutes. La séparation
des récoltes de Faaa et de Vairao est parfaitement réalisée et aucune récolte
ne s’individualise fortement (Fig. 16-2, p. 217).
Dans la classification hiérarchique, les 24 récoltes de chaque lagon se divisent
elles-mêmes en deux groupes dont l’importance varie selon le lagon considéré.
A Faaa, les groupes formés opposent la majeure partie des récoltes de 1973,
janvier à août, à toutes les récoltes de 1972 ainsi qu’aux récoltes des 4 derniers
mois de 1973, septembre à décembre. A Vairao, l’importance des deux groupes,
définis par la coupure au niveau de la deuxième ramification secondaire de
l’arbre de classification, est sensiblement égale : d’une part se regroupent 12 ré¬
coltes comprenant les 7 premières de 1972, janvier à juillet, et les 5 premières
récoltes de 1973, janvier à mai, et d’autre part se rassemblent les 5 dernières
récoltes de 1972, août à décembre, et les 7 dernières récoltes de 1973, juin à
décembre.
Ce découpage qui oppose, à Faaa 8 récoltes de 1973 à toutes les autres ré¬
coltes de 1972 et 1973, et à Vairao les premiers semestres de 1972 et 1973 aux
deuxièmes semestres de ces mêmes années, est réalisé par l’axe 2 sur le plan 1-2
et se confirmera lors de l’étude suivante.
216
M. RICARD
AVRIL +3
MARS +3
JUILLET +2
OCTOBRE *2
JANVIER +2
FEVRIER +3
JANVIER +3
NOVEMBRE +2
SEPTEMBRE +2
MAI +2
JUILLET +2
JUIN +3
JUILLET +3
AOUT +3
MARS +2
AVRIL +2
MAI +3
FEVRIER +2
AOUT *2
DECEMBRE +2
DECEMBRE +3
SEPTEMBRE +3
NOVEMBRE +3
OCTOBRE +3
MARS 73
JANVIER 73
AVRIL 73
MAI 73
JUIN 73
MARS 72
AVRIL72
FEVRIER 72
JANVIER 72
FEVRIER 73
NOVEMBRE 73
AOUT 72
JUILLET 72
MAI 72
JUIN 72
OCTOBRE 72
NOVEMBRE 72
SEPTEMBRE 73
DECEMBRE 73
SEPTEMBRE 72
DECEMBRE 72
JUILLET 73
AOUT 73
OCTOBRE 73
Fig. 16-1. — Classification hiérarchique des récoltes de Faaa 19+2-19+3 et de Vairao 1972-
1973, réalisée à partir des fréquences brutes.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
217
Fig. 16-2. — Classification hiérarchique des récoltes de Faaa 19+2-19+3 et de Vairao 1972-
1973, réalisée à partir des fréquences ayant subi une transformation logarithmique conti¬
nue.
218
M. RICARD
Si, préalablement à tout traitement, l’on retire les espèces caractéristiques de
chacun des deux lagons (espèces de la 3e catégorie), l’opposition entre les popu¬
lations de Faaa et de Vairao est aussi nettement marquée que lorsque toutes les
espèces sont présentes.
4.3.3.2.2. Influence de la température
- ANALYSE FACTORIELLE DES CORRESPONDANCES
Dans le plan 1-2, la répartition des récoltes en fonction du 2e axe n’apparaît
pas aussi clairement que celle réalisée par le le axe, et, par conséquent sa signi¬
fication est plus difficile à préciser. En effet le découpage qu’il réalise n’est pas
identique pour les récoltes des deux lagons et leur répartition se fait suivant
un modèle bien particulier pour celui de Faaa et pour celui de Vairao.
A Vairao, le découpage adopte un mode bisemestriel : dans le 2e quadrant
du plan 1-2 se placent les récoltes des premiers semestres de 1972 et 1973, et
dans le 3e quadrant les récoltes des derniers semestres. A Faaa le découpage
est très différent : dans le 1er quadrant se trouvent les récoltes de mai, juin,
juillet, août 1972 et de janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet et août
1973; dans le 4e quadrant sont localisées les récoltes de janvier, février, mars,
avril, septembre, octobre, novembre et décembre 1972 ainsi que celles de sep
tembre à décembre 1973.
A première vue, le découpage ainsi réalisé paraît étonnant, mais si l’on consul
te le tableau 13 où figurent les différents paramètres physico-chimiques relevés à
Faaa et à Vairao, il apparaît que la répartition des différents prélèvements suit
assez fidèlement celle de la température de l’eau de surface des deux lagons. Les
récoltes des 2e et 4e quadrants correspondraient à des prélèvements réalisés à
une période où la température de l’eau est élevée, alors que les récoltes des le e
3e quadrants correspondraient à des récoltes réalisées dans des eaux plus froides
Le découpage est différent suivant que l’on s’adresse aux récoltes de Faaa oi
de Vairao, mais cela s’explique à la lecture du tableau 13 (p. 207 ) : la température
moyenne des eaux superficielles du lagon de Faaa est plus élevée, 28° 1 C, que
celle des eaux de Vairao, 27 5 C; de plus, les variations annuelles de température
des eaux des deux lagons n’adoptent pas le même schéma. A Faaa, les mon
les plus chauds correspondent habituellement aux mois pendant lesquels s’instal
le la saison des pluies, approximativement les premiers et derniers trimestres dt
chaque année, tandis que les mois les plus froids correspondent à la saison sèche
c’est-à-dire aux deuxième et troisième trimestres. A Vairao, ce sont habituelle
ment les six premiers mois de l’année qui sont les plus chauds alors que les six
derniers mois sont les plus froids. Cette différence de distribution des mois
chauds et des mois froids des deux lagons explique le découpage bien particuliei
des récoltes de Faaa et de Vairao.
Afin d’étudier plus en détail la répartition des récoltes et des espèces en fonc
tion de l’axe 2 et par rapport à la température, il s’est avéré nécessaire d’analyseï
séparément les récoltes des deux lagons.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
219
Les populations de Faaa et de Vairao s’opposent fondamentalement par l’in¬
termédiaire de la pluviosité et se répartissent, sur le plan 1-2, de part et d’autre
de l’axe 1 dont la partie positive porte les récoltes de Faaa et les espèces caracté¬
ristiques des mois secs, et dont la partie négative porte les récoltes de Vairao et
les espèces caractéristiques des mois de forte et de moyenne pluviosité.
Lorsque les deux lagons sont étudiés séparément, la pluviosité ne joue plus
son rôle prépondérant puisqu’il n’y a plus lieu d’opposer les deux lagons au
travers de ce paramètre : l’axe 1 de la nouvelle étude correspond alors à l’axe 2
de l’étude groupée des deux lagons. Les espèces et les récoltes se répartissent le
long de cet axe en fonction de la température de l’eau de surface de Faaa et de
Vairao. Comme séparation entre les eaux «chaudes» et «froides» de surface,
nous avons choisi la température de 27 5 C qui correspond à la moyenne entre
la température maximale et la température minimale relevée en surface dans les
deux lagons. Selon leur fréquences relatives, les espèces ont été groupées en 4
catégories :
- le catégorie : espèces d’eau chaude*
- 2e catégorie : espèces d’eau froide
- 3e catégorie : espèces indifférentes
- 4e catégorie : espèces sporadiques.
Les espèces de la le catégorie ont des fréquences relatives élevées dans les
récoltes réalisées dans des eaux dont la température est supérieure à 27 5 C.
Elles sont au nombre de 49 et appartiennent principalement aux genres Ampho-
ra, Mastogloia, Navicula, Nitzschia, Pleurosigma (Annexe 3).
La 2e catégorie compte 29 espèces d’eaux plus froides dont la température
est égale ou inférieure à 27 5 C : elle se compose de genres absents ou peu repré¬
sentés dans la le catégorie comme Campylodiscus et Diploneis.
Les 106 espèces de la 3e catégorie sont indifférentes à l’action de la tempé¬
rature de l’eau et ont des fréquences élevées aussi bien dans les eaux froides que
dans les eaux chaudes : les genres les mieux représentés dans cette catégorie
sont les genres les plus communs et les plus fréquents, notamment ceux classés
dans la catégorie des espèces de mois pluvieux (cf. p. 213) : Amphora, Diploneis,
Mastogloia, Navicula, Nitzschia, Surirella.
La 4e catégorie compte des espèces sporadiques dont les fréquences relatives
sont toujours faibles et dont la valeur indicatrice est nulle : ces espèces sont
au nombre de 140.
Ainsi qu’on était en droit de s’y attendre en raison de leur distribution sur
deux axes différents, les espèces dont le développement est conditionné par la
température ne sont pas celles influencées par la pluviosité. Seules, quelques
espèces, situées à la périphérie du noyau central, sont à la fois influencées par la
pluviosité et par la température. Parmi les espèces ayant des fréquences élevées
dans les eaux chaudes, 6 sont également caractéristiques des mois à faible
pluviosité ( Asterionella notata, Navicula mutica, Navicula rhombica, Navicula
kariana, Nitzschia jelineckii, Synedra acus), 4 ont des fréquences élevées dans des
* Les termes «eau chaude» et «eau froide» sont relatifs et se définissent ici uniquement
par rapport à la température moyenne de 27° 5 C.
220
M. RICARD
récoltes de mois à forte pluviosité ( Achnanthes inflata var. elata, Amphora
proboscidea, Amphora eggregia, Nitzschia amphibia), et 3 dans des récoltes de
mois à moyenne pluviosité ( Amphora baccata, Amphora janischii, Caloneis
fossilis).
Parmi les espèces d’eau froide, 9 ont également des fréquences élevées au
cours des mois de forte pluviosité ( Amphiprora sulcata, Amphora angularis,
Campylodiscus wallichianus, Licmosphenia clevei, Navicula fundata, Nitzschia
tryblionella, Nitzschia insignis, Podosira stelliger, Triceratium calvescens ), et 3
dans des mois de faible pluviosité ( Coscinodiscus nodulifer, Plagiogramma
interruptum, Synedra robusta).
Les espèces d’eau chaude sont composées de 8% d’espèces caractéristiques
des mois à forte pluviosité, 12% d’espèces de mois secs, 6% d’espèces de mois
intermédiaires, 12% d’espèces communes et 59% d’espèces sporadiques. Les
espèces d’eau froide comptent 30% d’espèces de mois pluvieux, 9% d’espèces de
mois secs, 6% d’espèces communes, 55% d’espèces sporadiques et aucune espèce
caractéristique des mois de moyenne pluviosité.
Dans le lagon de Faaa, les récoltes se distribuent ainsi sur le plan 1-2, par
rapport à l’axe 1 (Fig. 17) :
- sur la portion positive de l’axe 1 :
le quadrant : février, mars, avril, septembre, octobre, décembre 1972; février,
octobre, décembre 1973.
4e quadrant : janvier, mai, octobre, novembre 1972, septembre 1973.
- sur la portion négative de l’axe 1 :
2e quadrant : mai, juin 1973.
3e quadrant : juin, juillet, août 1972; mars, avril, juillet, août 1973.
Le découpage des récoltes de Faaa suit approximativement celui des tempé¬
ratures : les récoltes situées dans le le et dans le 4e quadrant ont été réalisées
durant les mois dont la température superficielle de l’eau est la plus élevée, et
les récoltes situées dans les 2e et 3e quadrants correspondent aux mois dont la
température de l’eau du lagon est la plus basse. Ce découpage correspond à
celui des mois chauds de la saison des pluies, au cours de l’été austral, et celui
des mois plus frais à la saison sèche qui se situe au moment de l’hiver austral.
Deux récoltes cependant, mars et avril 1973, ne suivent pas cette répartition
et se placent avec les récoltes d’eau froide alors que ce sont deux récoltes
effectuées pendant deux mois caractéristiques de la saison chaude de Faaa.
Selon leurs fréquences dans les différentes récoltes, chaque espèce se place
dans l’un des 4 quadrants :
- les espèces ayant des fréquences relatives élevées dans les récoltes d’eau
chaude, c’est-à-dire supérieure à 27°5 C, se localisent dans le le ou dans le 4e
quadrant.
- les espèces ayant des fréquences relatives élevées dans les récoltes d’eau
froide, c’est-a-dire inférieure ou égale à 27 5 C, se placent dans le 2e ou dans
le 3e quadrant.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
221
Fig. 17. — Localisation, en fonction de la température de l’eau, des 24 récoltes 1972-1973
de Faaa et des espèces présentes dans ces récoltes (Analyse factorielle des correspondan¬
ces des fréquences ayant subi une transformation logarithmique continue, à l’exclusion
des fréquences inférieures à 10%).
222
M. RICARD
les espèces indifférentes à l’action de la température de l’eau du lagon
ainsi que les espèces sporadiques, se distribuent dans les 4 quadrants du plan 1-2.
- la partie centrale du plan 1-2, à proximité de l’origine des axes, est plus par¬
ticulièrement occupée par les espèces communes, présentes dans la plupart
des récoltes.
Les mois de mars et avril 1973 se placent dans le 3e quadrant, sur la partie
négative de l’axe 1, alors qu’ils devraient se trouver localisés dans le le ou le
4e quadrant avec les récoltes caractéristiques des eaux chaudes du lagon. Cette
mauvaise localisation provient de ce que les récoltes de ces deux mois ne contien¬
nent aucune espèce vraiment caractéristique des eaux chaudes ou bien aucune
espèce ayant une fréquence relative élevée : en conséquence, les récoltes de mars
et avril 1973 se placent à proximité de celles avec lesquelles elles ont le maxi¬
mum d’affinités, en l’occurence il s’agit des récoltes de mai, juillet et août
1973.
Parmi les espèces dont la fréquence relative est maximale dans les récoltes
caractéristiques des eaux chaudes du lagon de Faaa, Synedra acus est la plus re¬
marquable.
La distribution des récoltes de Vairao est la suivante (Fig. 18, p. ) :
- sur la portion positive de l’axe 1 :
le quadrant : janvier, mars, avril, mai 1972; janvier, février, mai, juin 1973.
4e quadrant : juin, juillet 1972; mars, avril 1973.
- sur la portion négative de l’axe 1 :
2e quadrant : août, septembre 1972; juillet, août, septembre 1973.
3e quadrant : février, octobre, novembre, décembre 1972; novembre, décembre 1973.
A Vairao la température superficielle de l’eau du lagon augmente de janvier
à juin-juillet, puis décroît jusqu’en novembre-décembre, ce qui explique le dé¬
coupage bisemestriel des récoltes de Vairao.
En fonction de leurs fréquences relatives dans les différentes récoltes, les
espèces se répartissent, comme dans le lagon de Faaa, dans les quatre quadrants
du plan 1-2 (Fig. 18) :
- les espèces d’eau chaude se placent dans le le ou le 4e quadrant
- les espèces d’eau froide se placent dans le 2e ou le 3e quadrant
- les espèces sporadiques ou indifférentes se distribuent dans les 4 quadrants
selon leurs fréquences relatives et leurs corrélations réciproques.
Dans l’analyse commune des récoltes de Faaa et de Vairao, février 1972 se
place sur la partie négative de l’axe 1, entre les récoltes de mois chauds et les
récoltes de mois froids, mais, lorsque les 2 lagons sont étudiés séparément,
février 1972 se joint aux récoltes des deuxièmes semestres de 1972 et 1973,
c’est-à-dire avec les récoltes d’eaux froides. La localisation particulière de février
1972 ne révélé pas d’affinité plus forte pour les populations des le semestres
que pour celles des 2e semestres mais est uniquement due à la présence de Rhi-
zosolenia setigera : cette espèce a été uniquement récoltée en février 1972 et,
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
223
Fig. 18. — Localisation, en fonction de la température de l’eau, des 24 récoltes 1972-1973
de Vairao et des espèces présentes dans ces récoltes (Analyse factorielle des correspon¬
dances des fréquences ayant subi une transformation logarithmique continue, à l’exclu¬
sion des fréquences inférieures à 10%).
224
M. RICARD
en fonction de ses corrélations aves les autres espèces, se place à la périphérie
du 3e quadrant (Fig. 15), ce qui entraîne le déplacement de février 1972 qui
quitte le groupe des récoltes d’eau chaude pour rejoindre celui des récoltes
d’eau froide.
Les espèces se distribuent dans le lagon de Vairao de la même manière que
dans celui de Faaa :
- les espèces d’eau chaude prennent place dans le le ou bien dans le 4e
quadrant.
- les espèces d’eau froide se répartissent dans le 2e ou dans le 3e quadrant.
- les espèces indifférentes ou sporadiques se distribuent dans les 4 quadrants
selon leurs affinités, les espèces les plus communes étant plus particulièrement
localisées près de l’origine des axes.
7 espèces, absentes des récoltes de Faaa, sont caractéristiques du lagon de
Vairao :
- Amphora granulata var. bigibbosa, Campylodiscus thuretii, Campylodiscus
wallichianus , pour les récoltes d’eau chaude.
- Amphora baccata, Amphora proteus var. oculata, Biddulphia rhombus,
pour les récoltes d’eau froide.
- CLASSIFICATION HIÉRARCHIQUE
Le découpage particulier des récoltes de Faaa ne se retrouve que partiellement
dans la classification hiérarchique établie d’après les données ayant subi une
transformation logarithmique (Fig. 19). Cette classification oppose en partie les
récoltes de 1972 à celles de 1973, mais ne sépare pas réellement les récoltes
d’eaux chaudes de celles d’eaux froides. Ceci provient du fait que l’axe 1 classe
les récoltes surtout en fonction de la température superficielle de l’eau du
lagon, tandis que la classification hiérarchique tient compte de tous les paramè¬
tres et des multiples corrélations existant entre les récoltes et entre les espèces.
A Vairao, le découpage réalisé par la classification hiérarchique est semblable
à celui de l’Analyse Factorielle, à deux exceptions près : les récoltes de février
1972 et de juin 1973. Dans l’A.F.C., février 1972 se classe dans les mois froids
du 2e semestre, mais dans la classification hiérarchique, février 1972 est parfaite¬
ment bien corréle avec les récoltes des deux premiers semestres lorsque tous les
paramètres, y compris la température de l’eau, entrent en ligne de compte. Le
mois de juin 1973, associé aux récoltes du le semestre 1973 dans l’analyse
commune aux deux lagons ainsi que dans le traitement séparé de Faaa et de
Vairao, se classe avec les mois du 2e semestre dans la classification hiérarchique;
les raisons de cette classification sont les mêmes que pour février 1972 (Fig. 18).
4.3.3.2.3. Influence des autres paramètres
Il ne nous a pas été possible, pour des raisons matérielles, d’obtenir, lors de la
réalisation des récoltés au filet, les mesures physico-chimiques correspondantes,
a 1 exception de la température superficielle de l’eau du lagon. Nous avons donc
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
225
été amenés à utiliser les données fournies par le Centre Océanologique du Pa¬
cifique du Centre National pour l’Exploitation des Océans (CNEXO/COP),
installé à Vairao : ces données, non publiées, correspondent à des séries de prélè¬
vements réalisées deux fois par mois en divers points du lagon et de la passe de
Vairao et concernent la température de l’eau, la teneur en oxygène dissous, les
taux de nitrates, nitrites, silicates et phosphates mesurés en surface et à diverses
profondeurs. Ces mesures ont été effectuées à des stations et à des dates diffé¬
rentes de celles de nos récoltes et ne reflètent donc que les conditions physico¬
chimiques de certaines stations très localisées dans l’espace et dans le temps. Ces
mesures du CNEXO/COP ont été complétées par d’autres mesures physico-chimi¬
ques sporadiques, réalisées à l’occasion de nos missions au cours de prélèvements
au filet ou de mesures de pigments ou de productivité primaire dans les lagons
de Faaa et de Vairao.
Au moyen des données en notre possession, nous avons essayé de trouver un
lien entre les variations des divers paramètres physico-chimiques et la répartition
des récoltes par rapport à l’axe 3. Dans ce but, 5 des paramètres mesurés à Vai¬
rao (salinité, teneur en oxygène dissous, taux de nitrates, phosphates et silicates
de l’eau de surface), préalablement découpés en 5 modalités afin d’homogénéi-
ser l’écriture, ont été introduits dans l’Analyse Factorielle des Correspondances
en données supplémentaires. Le traitement simultané des récoltes de Vairao
et des paramètres physico-chimiques (5 classes et 25 modalités) ne met en évi¬
dence aucune liaison entre les populations mensuelles et les conditions écologi¬
ques du lagon (Tableau 13, p. 207).
Au vu des résultats obtenus et de l’impossibilité dans laquelle nous nous trou¬
vons d’expliquer l’axe 3 et de relier l’évolution des populations à un ou plusieurs
paramètres physico-chimiques déterminés, nous pouvons essayer de préciser les
causes principales de cette absence de résultats :
- un mauvais échantillonnage : les prélèvements ne sont pas suffisamment
rapprochés dans le temps pour refléter les transformations rapides au sein de
la population des diatomées, mais, également, ces prélèvements ne couvrent pas
une échelle de temps suffisante pour mettre en évidence les phénomènes de
longue durée.
- un décalage entre les variations physico-chimiques du milieu et la composi¬
tion de la population de diatomées qui reflète, avec un certain temps de latence,
la composition physico-chimique des eaux du lagon.
Pour obtenir des résultats satisfaisants, il serait donc nécessaire de suivre l’évo¬
lution des populations d’un lagon et de ses conditions physico-chimiques au
moyen de prélèvements plus rapprochés dans le temps et répétés pendant plu¬
sieurs années.
4.3.3.3. Groupes d’espèces associées
4.3.3.3.1. Introduction
Pour cette étude, seules ont été conservées les espèces dont la fréquence rela-
226
M. RICARD
LAGON DE VAIRAO
A2 A
A4 A
E
C
DI D2 D3
El
2 Fl
GROUPE E GROUPE F
Fig. 19. Classification hiérarchique des espèces récoltées à Faaa et à Vairao et regroupées
au sein de différents groupes en fonction de leurs exigences écologiques (à l’exclusion
des especes dont les fréquences sont inférieures à 10% de leur fréquence totale).
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
227
tive était supérieure ou égale à 10% de la fréquence totale, soit 219 espèces à
Faaa et 226 espèces à Vairao.
Les fréquences de ces espèces ont subi une transformation logarithmique
continue puis ont été soumises à un programme de classification hiérarchique
ascendante en utilisant comme indice la distance du khi 2 , le critère d’agréga¬
tion choisi étant celui de la maximisation du moment d’ordre 2 d’une partition.
Cette classification a permis de constituer des groupes de récoltes, différents
suivant les lagons, et correspondants aux ramifications secondaires de l’arbre
de classification. Les espèces constituant les divers groupes d’appartenance
de Faaa et de Vairao ont été comparés de façon à définir les associations homo¬
logues aux deux lagons.
4.3.3.3.2. Lagon de Faaa
Dans la classification hiérarchique, les 214 espèces se répartissent à l’intérieur
de deux groupes d’égale importance, le groupe A et le groupe B (Fig. 20) :
- le groupe A compte 107 espèces réparties dans 5 sous-groupes : Al avec
8 espèces, A2 avec 47 espèces, A3 avec 23 espèces, A4 avec 23 espèces, A5 avec
6 espèces.
- le groupe B compte également 107 espèces mais 6 sous-groupes : B1 avec 20
espèces, B2 avec 4 espèces, B3 avec 25 espèces, B4 avec 30 espèces, B5 avec 16
espèces et B6 avec 12 espèces.
GROUPE A
Sous-groupe Al
Amphora acuta var. arcuata
Campylodiscus punctulatoides
Dimeregramma furcigerum
Hantzschia amphioxys
Sous-groupe A2
Achnanthes brevipes
Actinocyclus subtilis
Amphora angusta
Amphora bigibba
Amphora costata
Amphora coffeaeformis
Amphora cymbifera
Amphora aubia
Amphora gruendleri
Amphora macilenta
Amphora schmidtii
Amphora spectabilis
Auricula complexa
Campylodiscus ralfsii
Cocconeis pellucida
Cocconeis placentula
Cocconeis vairaense
Navicula mutica
Navicula perrhombus
Nitzschia distans var. tumescens
Thalassiosira hyalina
Coscinodiscus marginatus
Dimeregramma minor
Diploneis debyi
Diploneis subcincta
Diploneis vacillans
Fragilaria meisterii
Grammatophora oceanica
Grammatophora marina
Mastogloia affirmata
Mastogloia achnanthioides
Mastogloia crucicula
Mastogloia horvathiana
Mastogloia inaequalis
Mastogloia schmidtii
Navicula confervacea
Navicula clavata
Navicula consors
228
M. RICARD
Fig. 20. Localisation des différents groupes et sous-groupes d’espèces associées dans le
lagon de Faaa (Analyse Factorielle des Correspondances).
Source : MNHN, Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
229
Navicula cyprinus
Navicula longa
Navicula perobesa
Navicula pseudo-ny
Navicula ramosissima
Navicula rostellata
Mastogloia decipiens
Sous-groupe A3
Achnanthes brevipes var. angustata
Achnanthes rhombica
Amphiprora sulcata
Amphora robusta
Amphora turgida
Campylodiscus circumactus
Cocconeis britannica
Diploneis coffaeiformis
Diploneis fusca
Grammatophora undulata
Gyrosigma gibbosum
Hemiaulus hauckii
Sous-groupe A4
Amphora crassa
Amphora grevilleana
Amphora securicula
Amphora staurophora
Asterionella notata
Auricula intermedia
Bacteriastrum delicatulum
Chaetoceros curvisetum
Cocconeis heteroidea
Diploneis chersonensis
Hydrosilicon mitra
Licmophora ehrenbergii
Sous-groupe A5
Amphora rhombica
Mastogloia subaffirmata
Navicula rhombica
GROUPE B
Sous-groupe B1
Amphora digitus
Auricula insecta
Campylodiscus biangulatus
Diploneis littoralis
Gyrosigma elegans
Mastogloia exilis
Mastogloia ovulum
Stauroneis salina
Nitzschia acuta
Nitzschia apiculata
Nitzschia constricta var. bombiformis
Nitzschia punctata var. coarctata
Plagiogramma atomus
Pleurosigma angulatum
Navicula disclusa
Navicula forcipata
Navicula grevilleoides
Navicula rudis
Nitzschia dis tans
Nitzschia vidovichii
Podosira hormoides
Progonaia musca
Rhaphoneis belgica
Surirella ceylanensis
Synedra ulna
Mastogloia citrus
Mastogloia corsicana
Mastogloia erythrea
Navicula directa
Nitzschia amphibia
Nitzschia weissflogii
Pleurosigma vairaense
Sceptroneis peragalli
Surirella reniformis
Synedra bacillaris
Triceratium dubium
Rhizosolenia alata
Synedra acus
Synedra rumpens
Stauroneis polynesiae
Coscinodiscus radiatus
Surirella fastuosa
Synedra crystallina
Synedra laevigata var. hyalina
Synedra undulata
Thalassiosira excentrica
Trachyneis aspera
Source : MNHN, Paris
230
M. RICARD
Triceratium formosum fa formosum
Triceratium shadboltianum
Sous-groupe B2
Amphora proboscidea
Asteromphalus robustus
Sous-groupe B3
Asterolampra marylandica
Campylodiscus latus
Coscinodiscus nodulifer
Chaetoceros peruvianum
Dimeregramma dubium
Diploneis notabilis
Ethmodiscus gazellae
Gyrosigma balticum
Gyrosigma spathulatum
Hemidiscus cuneiformis
Navicula lyroides
Navicula robertsiana
Nitzschia graeffii
Sous-groupe B4
Actinocyclus ehrenbergii
Amphora cingulata
Amphora mexicana
Amphora obtusa
Amphora schmidtii
Biddulphia pulchella
Caloneis liber
Campylodiscus decorus var. pinnatus
Climacosphenia moniligera
Diploneis bomboides
Diploneis bombus
Diploneis crabro
Diploneis smithii
Ethmodiscus appendiculatus
Mastogloia baldjickiana
Sous-groupe B5
Actinoptychus splendens
Biddulphia aurita
Biddulphia reticulata
Biddulphia tuomeyi
Campylodiscus brightwelli
Campylodiscus intermedius
Campylodiscus incertus
Coscinodiscus nitidus
Sous-groupe B6
Gyrosigma inflata
Gyrosigma lanceolatum
Mastogloia delicatissima
Tropidoneis lepidoptera
Tropidoneis lepidoptera var. robusta
Caloneis silicula
Mastogloia composita
Nitzschia marginulata
Nitzschia maxima
Nitzschia plana
Nitzschia valida
Nitzschia vitrea
Plagiogramma staurophorum
Pleurosigma affine var. normanii
Rhizosolenia hebetata fa semispina
Synedra hennedyana
Triceratium formosum fa quadrangulare
Triceratium réticulum
Tropidoneis maxima
Mastogloia binotata
Mastogloia fimbriata
Melosira sulcata
Navicula cancellata
Navicula granulata
Navicula lyra
Nitzschia angularis
Nitzschia longissima
Nitzschia panduriformis
Nitzschia rigida
Pleurosigma formosum
Pleurosigma rigidum
Pleurosigma speciosum
Podocystis spathulata
Rhabdonema adriaticum
Mastogloia quinquecostata
Mastogloia punctatissima
Navicula polae
Nitzschia majuscula
Rhaphoneis amphiceros var. tetragona
Surirella martensiana
Trachyneis velatoides
Triceratium calvescens
Navicula plicatula
Nitzschia lorenziana
Nitzschia socialis
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
231
Nitzschia tryblionella Rhoicosigma antillarum
Pleurosigma itium Synedra formosa
Rhizosolenia imbricata var. shrubsolei Synedra fulgens
Dans l’analyse des récoltes de Faaa, les deux groupes A et B se différencient
parfaitement sur les plans définis par les 3 premiers axes : en particulier sur le
plan 1-2, le groupe B est centré de part et d’autre de la partie positive du le axe,
dans le le et le 4e quadrant, tandis que le groupe A occupe entièrement les 2e et
3e quadrants (Fig. 20). La constitution des groupes et sous-groupes à partir de
différentes espèces, ainsi que la proximité entre les divers groupes, a principale¬
ment pour origine des affinités écologiques mais également certaines parentés
systématiques, en particulier en ce qui concerne certaines espèces et leurs formes
ou variétés.
Les sous-groupes Al et A5 sont les mieux individualisés : Al occupe la majeu¬
re partie du le quadrant et A5 se place à la périphérie du 4e quadrant. Le sous-
groupe A2, au centre des quadrants 1 et 4, est entouré par A4 qui part de la
partie positive de l’axe 2, coupe la partie positive de l’axe 1 et se prolonge
jusqu’à la partie négative de l’axe 2. A3, qui se superpose avec A2, est le plus mal
défini : il se place à l’origine des axes et déborde sur les 4 quadrants.
Les deux groupes A et B se définissent parfaitement par rapport à l’axe 1,
c’est-à-dire en fonction de la température de l’eau comme l’indique leur locali¬
sation dans les quadrants 1 et 4 pour le groupe A et dans les quadrants 2 et 3
pour B. A l’intérieur de ces deux groupes, les sous-groupes ne se définissent pas
de façon aussi stricte, mais malgré tout il est possible de préciser les caractéristi¬
ques de chaque sous-groupe en fonction des espèces qui les constituent :
- le groupe A est principalement composé d’espèces communes, sporadiques
ou caractéristiques des récoltes de mois pluvieux qui, lorsqu’elles ne sont pas
indifférentes à la température de l’eau, ne se développent que dans des eaux
dont la température est supérieure à 27 5 C :
sous-groupe Al
sous-groupe A2
sous-groupe A3
sous-groupe A4
sous-groupe A5
espèces caractéristiques des eaux chaudes ou indifférentes à
la température de l’eau.
espèces communes ou sporadiques, caractéristiques des eaux
chaudes ou indifférentes à la température de l’eau,
principalement des espèces sporadiques mais également quel¬
ques espèces de mois pluvieux, caractéristiques des eaux
chaudes ou indifférentes à la température de l’eau,
espèces des mois pluvieux, caractéristiques des eaux chaudes
ou indifférentes à la température de l’eau,
principalement des espèces sporadiques mais également quel¬
ques espèces des mois secs, caractéristiques des eaux chaudes.
- le groupe B se compose d’une majorité d’espèces communes ou sporadiques
avec quelques espèces de mois secs qui sont caractéristiques des eaux froides ou
indifférentes à la température de l’eau :
sous-groupe B1 : espèces communes indifférentes à la température de l’eau,
sous-groupe B2 : espèces sporadiques n’étant pas corrélées avec la température.
232
M. RICARD
sous-groupe B3 : principalement des espèces communes mais également quel¬
ques espèces sporadiques, indifférentes à la température de
l’eau.
sous-groupe B4 : espèces communes indifférentes à la température de l’eau mais
également quelques espèces de mois secs caractéristiques des
eaux froides.
sous-groupe B5 : espèces sporadiques ou récoltées durant les mois secs, caracté¬
ristiques des eaux froides.
sous-groupe B6 : espèces sporadiques caractéristiques des eaux froides ou indif¬
férentes à la température de l’eau.
4.3.3.3.3. Lagon de Vairao
Les 226 espèces de Vairao se répartissent en 6 groupes inégaux : le groupe A
comprend 113 espèces et 5 sous-groupes, B et C 4 espèces chacun, le groupe D
est divisé en 3 sous-groupes avec 30 espèces, E compte 2 sous-groupes et 31 es¬
pèces, et F est formé de 2 sous-groupes avec 44 espèces.
GROUPE A
Sous-groupe Al
Amphora acuta var. arcuata
Amphora cingulata
Amphiprora alata
Asterionella notata
Campylodiscus circumactus
Climacosphenia elongata
Dimeregramma dubium
Diploneis bomboides
Gyrosigma elegans
Gyrosigma gibbosum
Sous-groupe A2
Achnanthes inflata
Amphora gruendleri
Auricula mahutchoniae
Caloneis silicula
Sous-groupe A3
Achnanthes brevipes
Actinocyclus ehrenbergii
Actinocyclus subtilis
Amphora coffeaeformis
Amphora costata
Amphora mexicana
Amphora obtusa
Amphora spectabilis
Caloneis liber
Climacosphenia moniligera
Dimeregramma furcigerum
Navicula clavata
Nitzschia acuta
Nitzschia lorenziana
Nitzschia marginulata
Nitzschia plana
Nitzschia spathulata
Pleurosigma angulatum
Rhizosolenia hebctata fa sctnispiiia
Triceratium quinquelobatum
Triceratium réticulum
Diploneis papula
Nitzschia amphibia
Nitzschia vitrea
Diploneis bombus
Diploneis crabro
Diploneis coffaeiformis
Diploneis debyi
Diploneis smithii
Diploneis subcincta
Ethmodiscus appendiculatus
Gyrosigma balticum
Mastogloia binotata
Mastogloia crucicula
Mastogloia fimbriata
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
233
Navicula confervacea
Navicula granulata
Navicula longa
Navicula grevilleoides
Navicula lyra
Navicula perobesa
Melosira sulcata
Nitzschia angularis
Nitzschia graeffii
Nitzschia insignis
Nitzschia longissima
Nitzschia maxima
Nitzschia panduriformis
Nitzschia rigida
Nitzschia valida
Plagiogramma staurophorum
Sous-groupe A4
Amphiprora sulcata
Amphora obtusa var. rectangulata
Biddulphia pulchella
Biddulphia reticulata
Biddulphia titiana
Campylodiscus latus
Campylodiscus decorus var. pinnatus
Campylodiscus incertus
Hemidiscus cuneiformis
Sous-groupe A5
Amphora bigibba
Amphora normanii
Amphora robusta
A mphora grevilleana
Caloneis bacillum
Chaetoceros peruvianum
Cocconeis scutellum
GROUPE B
A mphora gigantea
Chaetoceros curvisetum
GROUPE C
Bacteriastrum delicatulum
Chaetoceros atlanticum
GROUPE D
Sous-groupe DI
Achnanthes brevipes var. angustata
Pleurosigma formosum
Pleurosigma speciosum
Podocystis spathulata
Progonaia musca
Rhabdonema adriaticum
Stauroneis polynesiae
Surirella fastuosa
Synedra crystallina
Synedra Julgens
Synedra hennedyana
Synedra ulna
Synedra undulata
Trachyneis aspera
Tropidoneis maxima
Tropidoneis lepidoptera
Tropidoneis lepidoptera var. robusta
Hydrosilicon mitra
Pleurosigma rigidum
Surirella ceylanensis
Surirella martensiana
Thalassiosira excentrica
Triceratium formosum fa formosum
Triceratium formosum fa quadrangulare
Triceratium shadboltianum
Coscinodiscus marginatus
Dimeregramma minor
Mastogloia composita
Navicula directa
Pleurosigma vairaense
Triceratium dubium
Triceratium spinosum
Rhizosolenia imbricata var. shrubsolei
Thalassiosira vitrea
Chaetoceros compressum
Chaetoceros massanense
Achnanthes citronella
234
M. RICARD
Amphora dubia
A mphora angusta
Cocconeis britannica
Cocconeis heteroidea
Cocconeis placentula
Cocconeis pseudomarginatus
Cocconeis vairaense
Diploneis littoralis
Diploneis vacillans var. renitens
Mastogloia citrus
Mastogloia exilis
Mastogloia inaequalis
Mastogloia ovulum
Navicula cyprinus
Sous-groupe D2
Campylodiscus ralfsii
Mastogloia decipiens
Mastogloia corsicana
Mastogloia horva th iana
Mastogloia quinquecostata
Podosira hormoides
Surirella reniformis
Sous-groupe D3
Actinoptychus splendens
Campylodiscus brightwellii
Navicula ramosissima
Nitzschia vidovichii
Sceptroneis peragalli
Triceratium calvescens
Tropidoneis vitrea
GROUPE E
Sous-groupe El
Achnanthc.s rhombica
Amphora cymbifera
Amphora turgida
Biddulphia aurita
Cocconeis pellucida
Coscinodiscus nitidus
Coscinodiscus nodulifer
Diploneis chersonensis
Diploneis fusca
Grammatophora marina
Grammatophora oceanica
Grammatophora undulata
Mastogloia affirma ta
Mastogloia baldjickiana
Navicula consors
Navicula robertsiana
Navicula fundata
Nitzschia constricta var. bombiformis
Nitzschia apiculata
Podosira stelliger
Rhaphoneis amphiceros var. tetragona
Synedra formosa
Synedra laevigata var. hyalina
Trachyneis velatoides
Sous-groupe E2
Amphora proboscidea
Caloneis fossilis
Diploneis notabilis
Mastogloia achnanthioides
Licmophora ehrenbergii
Licmophora gracilis
Licmosphenia clevei
GROUPE F
Sous-groupe Fl
Amphora crassa
Amphora schmidtii
Asterolampra marylandica
Asteromphalus robustus
Gy ro sigma in fia ta
Gyrosigma lanceolatum
Mastogloia decussata
Mastogloia peracuta
Navicula atlantica
Navicula cancellata
Navicula rostellata
Navicula plicatula
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
235
Navicula pseudo-ny
Nitzschia clos ter ium
Nitzschia distans var. tumescens
Nitzschia rnajuscula
Nitzschia punctata var. coarctata
Sous-groupe F2
Achnanthes inflata
Amphora angularis
Amphora rhombica
Amphora schmidtii
Amphora securicula
Auricula complexa
Auricula intermedia
Auricula insecta
Campylodiscus biangulatus
Campylodiscus innominatus
Campylodiscus punctulatoides
Nitzschia tryblionella
Plagiogramma atomus
Pleur osigma itium
Rhaphoneis belgica
Surirella pahoensis
Gyrosigma spathulatum
Mastogloia schmidtii
Mastogloia punctatissima
Navicula forcipata
Navicula lyroides
Navicula perplexa
Navicula polae
Nitzschia distans
Nitzschia socialis
S tauroneis salina
Synedrosphenia gomphonema
Les 6 groupes A, B, C, D, E et F se repartissent ainsi dans les quatre quadrants
du plan 1-2 : sur la portion positive de l’axe 1, c’est-à-dire dans les quadrants 1 et
4, se trouvent les groupes A, B et C, tandis que les groupes D, E et F se placent
dans les quadrants 2 et 3 correspondant à la portion négative de l’axe 1 (Fig. 21).
Le groupe A occupe la plus grande partie des quadrants 1 et 4 et les différents
sous-groupes de A adoptent une position concentrique autour du sous-groupe
A3. On observe successivement du centre vers la périphérie : le sous-groupe A4,
puis Al et A2 et finalement le sous-groupe A5.
Le groupe B est bien individualisé à la périphérie des le et 4e quadrants, de
part et d’autre de l’axe 1 et le groupe C se place près de lui dans le le quadrant.
Le groupe D recouvre le 3e quadrant : le sous-groupe D2-D3 déborde légère¬
ment sur le 4e quadrant et il en est de même pour DI sur le 2e quadrant. Les
sous-groupes El et E2 se trouvent dans la partie centrale du 2e quadrant et em¬
piètent sur le le quadrant.
Le groupe F est le moins homogène des 6 groupes : le sous-groupe Fl est bien
individualisé à la périphérie du 2e quadrant mais le sous-groupe F2 adopte une
position centrale calquée sur celle du groupe E.
La répartition des espèces à l’intérieur des groupes n’est pas aussi bien définie
à Vairao que dans le lagon de Faaa en raison d’une plus forte individualité des
populations : nous nous trouvons ainsi en présence de 6 groupes inégaux dont
l’individualisation et la localisation sont parfois incertaines. Il est toutefois
possible de déterminer deux associations de 3 groupes qui peuvent être assimi¬
lés aux deux groupes de Faaa : les groupes A, B et C de Vairao correspondraient
au groupe A de Faaa, et les groupes D, E et F au groupe B. Comme à Faaa, ces
deux ensembles de 3 groupes se définissent par rapport à l’axe 1, en fonction de
la température de l’eau et chaque groupe et sous-groupe présente les caractères
236
M. RICARD
Fig. 21. — Localisation des différents groupes et sous-groupes d’espèces associées dans le
lagon de Vairao (Analyse Factorielle des Correspondances).
Source ; MNHN, Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
237
particuliers suivants :
- le groupe A est formé d’une majorité d’espèces communes et sporadiques
complétée par quelques espèces caractéristiques des récoltes de mois pluvieux;
ces espèces sont soit indifférentes à l’action de la température soit caractéristi¬
ques des eaux dont la température est élevée.
sous-groupe Al : espèces sporadiques, indifférentes à l’action de la température,
sous-groupe A2 : espèces de mois pluvieux ou sporadiques, caractéristiques des
eaux chaudes.
sous-groupe A3 : espèces communes, caractéristiques des eaux chaudes ou indif¬
férentes à l’action de la température.
sous-groupe A4 : espèces communes ou sporadiques indifférentes à l’action de la
température de l’eau.
sous-groupe A5 : espèces sporadiques caractéristiques des eaux chaudes ou indif¬
férentes à l’action de la température.
- le groupe B réunit des espèces caractéristiques des récoltes de mois à moyen¬
ne pluviosité : ces espèces sont caractéristiques des eaux chaudes du lagon ou in¬
différentes à la température de l’eau.
- le groupe C comprend des espèces caractéristiques des mois de moyenne
pluviosité et indifférentes à l’action de la température.
- le groupe D se compose principalement d’espèces sporadiques non soumises
à l’influence de la température de l’eau :
sous-groupe DI : espèces des mois pluvieux ou sporadiques, en général indiffé¬
rentes à l’action de la température mais, également, parfois
caractéristiques des eaux froides du lagon,
sous-groupe D2 : espèces sporadiques indifférentes à l’action de la température.
- le groupe E est très hétérogène et rassemble des espèces dont les caractéris¬
tiques sont variées, parfois conditionnées par de basses températures de l’eau :
sous-groupe El : espèces communes ou sporadiques.
sous-groupe E2 : espèces caractéristiques des mois pluvieux.
- le groupe F est formé d’espèces sporadiques ou caractéristiques des mois
pluvieux, indifférentes à l’action de la température ou caractéristiques des eaux
froides :
sous-groupe Fl : espèces sporadiques ou pluvieuses, indifférentes à l’action de
la température.
sous-groupe F2 : espèces pluvieuses associées avec quelques espèces sporadiques,
caractéristiques des eaux froides du lagon.
4.3.3.3.4. Groupes d’espèces associées communs aux deux lagons
Ainsi que nous l’avons déjà indiqué, les récoltes des 2 lagons se séparent très
nettement sur l’axe 1 et cette séparation est tout aussi marquée quand l’on retire
les espèces caractéristiques : ce fait pourrait indiquer que l’on se trouve en pré¬
sence des 2 écosystèmes fondamentalement différents. Cependant, la comparai¬
son des différents groupes et sous-groupes de Faaa et de Vairao permet de mettre
238
M. RICARD
en évidence, d’une part, des combinaisons caractéristiques de chaque lagon, et,
d’autre part, des groupes d’espèces associées communs à Faaa et à Vairao : ces
espèces sont fortement corrélées et ont les mêmes exigences écologiques.
Selon leur répartition au sein des récoltes de mois pluvieux, secs ou intermé¬
diaires, et en fonction de l’influence de la température sur leur développement,
il est possible de distinguer des associations d’espèces communes, sporadiques,
appartenant à des mois pluvieux, à des mois secs ou à des mois de pluviosité
intermédiaire, qui sont également indifférentes à l’action de la température ou,
au contraire, caractéristiques des eaux chaudes ou des eaux froides des deux
lagons. Ces associations sont les suivantes :
- Espèces communes, indifférentes à l’action de la température :
1. — Gyrosigma balticum, Nitzschia graeffii, N. maxima, N. valida, Plagiogram-
ma staurophorum, Synedra hennedyana, Tropidoneis maxima.
2. - Surirella fastuosa, Synedra crystallina, S. undulata, Trachyneis aspera, Tro¬
pidoneis lepidoptera, T. lepidoptera var. robusta.
3. - Biddulphia pulchella, B. reticulata, Campylodiscus ambiguus, Hemidiscus
cuneiformis, Pleurosigma rigidum, Triceratium formosum fa formosum.
4. — Amphora cingulata, Dimeregramma dubium, Diploneis bomboides.
5. Amphora cymbifera, Cocconeis pellucida, Coscinodiscus nitidus, Gramma-
tophora marina, Mastogloia affirmata, Navicula consors, Nitzschia constricta
var. bombiformis, N. apiculata.
- Espèces communes, caractéristiques des eaux chaudes :
1. - Achnanthes brevipes, Actinocyclus subtilis, Amphora coffeaeformis, A.
schmidtii, A. spectabilis, Campylodiscus innominatus, Diploneis subcincta,
Mastogloia crucicula, Navicula confervacea, N. longa, Synedra ulna, Stau-
roneis salina.
2. - Actinocyclus ehrenbergii, Amphora mexicana, A. obtusa, Caloneis liber,
Climacosphenia moniligera, Diploneis bombus, D. crabro, D. smithii,
Ethmodiscus appendiculatus, Mastogloia binotata, M. fimbriata, Navicula
granulata, N. lyra, Melosira sulcata, Nitzschia angularis, N. longissima, N.
panduriformis, N. rigida, Pleurosigma formosum, P. speciosum, Podocystis
spathulata, Rhabdonema adriaticum.
- Espèces communes, caractéristiques des eaux froides :
1. - Asterolampra marylandica, Rhizosolenia hebetata fa semispina, Tricera¬
tium shadboltianum.
- Espèces caractéristiques des mois pluvieux et indifférentes à la tempéra¬
ture de l’eau :
1. — Achnanthes brevipes var. angustata, Cocconeis britannica, G. pellucida.
2. — Amphora dubia, Mastogloia inaequalis, Navicula cyprinus, N. ramosissima,
Pleurosigma anguste-striatum, Mastogloia citrus.
3. — Auricula insecta, Campylodiscus punctulatoides, Gyrosigma lanceolata,
Nitzschia majucula, N. tryblionella.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
239
4. - Auricula intermedia, A. complexa, Diploneis coffaeiformis, Navicula per-
plexa.
- Espèces des récoltes des mois pluvieux et caractéristiques des eaux froides :
1. — Amphiprora sulcata, Cocconeis heteroidea, Cocconeis placentula, C. vaira-
ense, C. pseudomarginatus, Coscinodiscus marginatus.
- Espèces des récoltes de mois pluvieux et caractéristiques des eaux chaudes :
1. — Gyrosigma elegans, Nitzschia amphibia, Triceratium formosum fa for-
mosum.
- Espèces des récoltes de mois secs et indifférentes à la température :
1. — Mastogloia exilis, Navicula polae, Pleurosigma itium, Trachyneis velatoides.
Espèces sporadiques indifférentes à l’action de la température :
1. — Campylodiscus ralfsii, Mastogloia corsicana, M. ovulum, M. decipiens, M.
punctatissima, M. horvathiana, Surirella reniformis.
2. Achnanthes rhombica, Amphora crassa, A. turgida, Diploneis fusca,
Grammatophora undulata.
3. Campylodiscus incertus, Gyrosigma gibbosum, Nitzschia marginulata, N.
plana, N. vitrea, Surirella martensiana, Thalassiosira excentrica.
Espèces sporadiques caractéristiques des eaux chaudes :
1. Amphora bigibba, grevilleana, securicula, Dimeregramma minor, Masto¬
gloia schmidtii, Navicula forcipata, N. directa, Progonaia musca, Tricera¬
tium dubium.
Espèces sporadiques caractéristiques des eaux froides :
1. Actinoptychus splendens, Campylodiscus biangulatus, C. brightwellii, Na¬
vicula plicatula, Triceratium calvescens.
L’examen de cette liste de groupes d’espèces associées communes aux deux
lagons amène les remarques suivantes :
- parmi les 214 espèces du lagon de Faaa et les 226 espèces du lagon de Vai-
rao ayant une fréquence supérieure à 10% de leur fréquence totale, 131 espèces,
soit 57%, appartiennent à des groupes d’espèces associées communes aux deux
lagons et parmi celles-ci, 69 espèces, soit 55%, font partie des espèces communes
les plus représentées dans les récoltes mais dont la valeur indicatrice est très
faible.
- ainsi que le soulignent MARGALEF et GONZALEZ-BERNALDEZ (1969),
les groupes résultent le plus fréquemment de l’association d’espèces apparte¬
nant à des genres différents, tandis que les associations entre espèces d’un même
genre sont très rares à l’exception des associations à Cocconeis caractéristiques
des récoltes des mois pluvieux et des eaux froides des lagons, et des associations
à Mastogloia qui réunissent des espèces sporadiques indifférentes à l’action de
la température.
240
M. RICARD
4.4. CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Dans ce chapitre, nous avons essayé, d’une part, d’étudier et de comparer
les structures et l’évolution spatio-temporelle des populations de diatomées de
deux lagons de Tahiti, Faaa et Vairao, et, d’autre part, de définir une méthodolo¬
gie simple et rapide, combinant les statistiques conventionnelles et les analyses
multivariables, qui permette d’étudier ces populations.
La comparaison de nos résultats avec ceux des travaux antérieurs (cf. § Histo¬
rique) souligne la difficulté de mettre en évidence, dans une population spécifi¬
quement très diversifiée, des groupes d’espèces associées puis de classer ces grou¬
pes en fonction de l’écologie des espèces qui les constituent : plus le nombre
d’espèces étudiées est grand, moins la séparation entre les différents groupes sera
tranchée, car certaines espèces appartiennent alors à plusieurs groupes, et moins
la valeur indicatrice de ces groupes sera écologiquement bonne. Il y a donc un
choix à faire : ou bien limiter le nombre des espèces étudiées pour obtenir des
groupes dont la valeur indicatrice sera forte mais dont la représentativité sera
moyenne, ou bien définir des groupes d’espèces associées plus importants et re¬
présentatifs de l’ensemble de la population mais dont la valeur sera plus faible
sur le plan écologique.
Initialement, nous nous trouvons en présence de deux populations apparem¬
ment très semblables puisque constituées approximativement des mêmes espèces;
mais, à partir de ces 315 espèces, sélectionnées d’après leurs fréquences relatives,
se constituent deux populations très dissemblables dont les différences structu¬
relles et évolutives ne font que refléter l’existence de deux écosystèmes très
individualisés. Ces deux écosystèmes, les lagons de Faaa et de Vairao, s’opposent
autant par leur morphologie que par leur climatologie. Cette opposition se tra¬
duit par une séparation fortement tranchée au niveau des espèces et des récoltes
comme l’indique la localisation des récoltes et des espèces caractéristiques de
Faaa sur la partie positive de l’axe 1 et celle des récoltes et des espèces caracté¬
ristiques de Vairao sur la partie négative de ce même axe.
Les différences entre les populations des deux lagons peuvent s’expliquer
par les trois raisons suivantes :
- espèces caractéristiques présentes dans un seul lagon
- fréquences relatives différentes d’un lagon à l’autre
- associations interspécifiques propres à Faaa et à Vairao.
18 espèces sont caractéristiques du lagon de Vairao et 1 seule du lagon de
Faaa, soit au total 19 espèces dont les fréquences relatives sont généralement
basses. Ces 19 espèces représentent 3% de la population totale des deux lagons
et ne contribuent que faiblement à la construction des premiers axes. Les fré¬
quences relatives de chaque espèce varient fortement d’un lagon à l’autre, parti¬
culièrement en ce qui concerne les espèces les plus communes. Cependant, ces
différences de fréquences ne peuvent expliquer entièrement l’opposition entre
les populations des deux lagons, d’autant plus que les résultats obtenus sont
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
241
identiques en travaillant, non pas avec des données brutes ou aves des données
logarithmiques, mais en présence-absence. Les populations de Faaa et de Vairao
ont des groupes d’espèces associées communs, mais également des structures
associatives qui leur sont propres. Plus que la présence d’espèces caractéristiques
et la différence de fréquence des espèces communes ou sporadiques, c’est princi¬
palement par la présence de ces groupes d’espèces associées propres à chacun des
deux lagons que s’édifient des populations spécifiques de Faaa et de Vairao.
Plusieurs facteurs conditionnent l’évolution des populations des deux lagons.
La pluviosité est le facteur prépondérant par lequel s’opposent fondamentale¬
ment les populations de diatomées de Faaa et de Vairao. La température de l’eau
joue également un rôle important car, d’après sa valeur, se définissent des asso¬
ciations caractéristiques des mois chauds et des mois froids selon des modalités
propres à Faaa et à Vairao. Il n’a pas été possible de définir les autres facteurs
influant sur l’évolution des populations, non seulement par suite d’un manque
certain de données physico-chimiques, mais également en raison de la difficulté
de définir avec précision le niveau d’action réel de la pluviosité et de quantifier
les paramètres qu’elle conditionne : eaux de pluie, eaux de ruissellement, salinité,
nébulosité, turbidité, apports organiques, teneurs en sels nutritifs, etc...
En fonction de la pluviosité et de la température, il a été néanmoins possible
de définir les populations types de Faaa et de Vairao. Les espèces présentant une
croissance optimale pendant les mois pluvieux sont localisées dans le lagon de
Vairao : elles préfèrent des eaux froides et turbides ayant une faible salinité
et un taux élevé de sels nutritifs, plus particulièrement de silicates et de phos¬
phates. A l’opposé, les espèces ayant habituellement de fortes fréquences dans le
lagon de Faaa, au cours des mois peu pluvieux, préfèrent des eaux chaudes et
limpides avec une salinité plus élevée que dans le lagon de Vairao mais avec une
teneur plus faible en sels nutritifs.
Sans aller jusqu’à prétendre que les traitements mathématiques permettent
de faire des miracles, nous pensons que les méthodes d’analyse sont très utiles
pour parvenir à une bonne compréhension d’un phénomène écologique (BLANC
et LAUREC, 1976), à condition de choisir avec rigueur la méthode d’échantil¬
lonnage de la technique d’analyse (FRONT1ER, 1974). Dans ce but, il nous a
paru intéressant de définir une méthodologie simple et rapide qui puisse être
utilisée en routine pour étudier les populations planctoniques des lagons :
en analyse statistique conventionnelle, la dominance d $, telle que nous
l’avons définie, donne une idée générale de la composition et de l’évolution
d’une population de diatomées et permet en même temps d’avoir une bonne
approximation de la diversité. Par ailleurs, le diagramme correspondant au cumul
des fréquences relatives des 60 espèces les plus fréquentes de chaque récolte
réalise une bonne représentation des différents stades de succession de la popu¬
lation étudiée.
- en ce qui concerne l’analyse factorielle des correspondances et la classifica¬
tion hiérarchique des espèces et des récoltes, la méthode en présence-absence
apparaît à la fois comme la plus simple, la plus rapide et également comme la
242
M. RICARD
plus sûre : en effet, la perte d’information résultant de l’utilisation de cette
méthode est compensée par le gain de temps qui permet d’exploiter un plus
grand nombre de récoltes et de mieux cerner le phénomène étudié en améliorant
l’information.
243
PRODUCTION PRIMAIRE
5.1. INTRODUCTION
Apres avoir étudie la composition quantitative, la distribution, l’écologie et
les structures associatives des populations de diatomées de l’archipel de la Socié¬
té, il était intéressant de définir la part des diatomées dans la production primai¬
re planctonique et dans la production globale des eaux des lagons et de l’océan.
La production primaire microplanctonique et nannoplanctonique a été mesu¬
rée par la technique du 14 C incubé in situ dans les lagons des deux îles hautes
d’origine volcanique, Tahiti et Moorea. Deux séries de mesures ont été réalisées
dans les lagons de Vairao et de Tiahura pendant la saison sèche, en juillet et août
1974 et 1975 (hiver austral) et une série de mesures en mars et avril 1975, à la
fin de la saison des pluies.
Les mesures de Carbone 14 ont été complétées par des numérations cellulaires
au microscope inversé et par des dosages de chlorophylle a en fluorimétrie,
destinés à évaluer la biomasse phytoplanctonique. La charge particulaire minéra¬
le et organique des eaux du lagon et de l’océan a été quantifiée par des pesées
de seston recueilli par filtration.
Initialement les mesures de productivité primaire devaient avoir lieu dans les
lagons de Faaa et de Vairao afin de poursuivre la comparaison de leurs popula¬
tions respectives étudiées au chapitre précédent, mais des prélèvements réguliers
n’ont pu être réalisés dans la lagon de Faaa et les expérimentations ont été plus
particulièrement axées sur les lagons de Vairao, à Tahiti, et de Tiahura, à Moo¬
rea. Les trois lagons ont été décrits en détails dans un travail antérieur (RICARD,
1976a) et sont figurés dans le 2e chapitre (cartes 4, 5, 6 p. 168, 170 et 172);
leurs caractéristiques morphologiques principales ont été résumées sur la carte 7
(p. 244).
5.2. HISTORIQUE
Le plancton des lagons des îles hautes et des atolls de la Polynésie française
a été très peu étudié (MICHEL, 1970; MICHEL et al, 1971 ; DESROSIERES
et WAUTHY, non publié; DESROSIERES et GUEREDRAT, non publié);
d’autre part, les campagnes océanographiques n’ont que rarement prospecté
leurs eaux océaniques (FORSBERGH et BROENKOW, 1965; HASLE, 1959,
1960), exception faite des campagnes réalisées par le centre ORSTOM de Nou-
Source : MNHN, Paris
244
M. RICARD
Carte 7. — Localisation des différentes stations étudiées à Tahiti ( lagon de Faaa et de
Vairao) et à Moorca (lagon de Tiahura).
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
245
méa (DESROSIERES, 1969; DESROSIERES et WAUTHY, 1972).
Dans l’océan Indien, la production primaire et le «standing crop» chlorophyl¬
lien ont été étudiés par QASIM et SANKARANARAYANAN (1970) et QASIM
et al. (1972) dans l’atoll de Kawaratti.
Dans l’océan Pacifique, les îles Marshall, les îles de la Ligne et les îles Hawaii
possèdent des écosystèmes comparables à ceux de la Polynésie française. DOTY
et OGURI (1956) ainsi que G1LMARTIN et REVELANTE (1974) ont cherché
à mettre en évidence un effet de masse insulaire en mesurant la productivité
primaire planctonique par la méthode du 14 C et en dosant en fluorimétrie les
pigments chlorophylliens des eaux hawaiiennes. GORDON (1971) et KRAS-
SNICK (1973) ont mesuré la productivité primaire des eaux du lagon de l’atoll
de Fanning dans les îles de la Ligne.
Dans les Hawaii, les Marshall et les îles de la Ligne, différents chercheurs ont
étudié le métabolisme des communautés récifales coralliennes afin de définir
l’importance de chaque niveau trophique. Ils ont ainsi mis l’accent sur les impor¬
tants changements biologiques et physico-chimiques que subissent les eaux
océaniques au contact du récif barrière lors de leur pénétration dans le lagon. A
cette occasion la production primaire des eaux de surface a été mesurée par la
méthode de l’oxygène dissous (KOHN et HELFR1CH, 1957; GORDON et KEL¬
LY, 1962; JOHANNES et al, 1972; SMITH et MARSH, 1973; SMITH et
PESRET, 1974). Ces recherches soulignent l’importance des particules détri¬
tiques, minérales et organiques, transportées par les flux océaniques dans le
lagon où elles contribuent pour une large part à la charge des eaux; ces détritus
forment, en l’absence de productivité primaire planctonique suffisante, un pseu¬
doplancton utilisé comme nourriture par les communautés animales du lagon
(MARSHALL, 1 965; GERBER et MARSHALL, 1974).
Tous ces travaux aboutissent à la même conclusion : l’écosystème corallien
est un des plus productifs qui soit, mais la production primaire planctonique
ne représente qu’une faible part de la production primaire globale car son gain
carboné est très inférieur au métabolisme de la communauté récifale (JOHAN¬
NES, 1972; SARGENT et AUSTIN, 1949). La production primaire des végétaux
du lagon résulte non seulement de celle du phytoplancton mais également de
celle des bactéries, qui assurent la nutrition de nombreux mollusques filtreurs
(SOROKIN, 1972), et surtout de l’assimilation photosynthétique des algues
benthiques et symbiotiques qui sont prédominantes au sein de l’écosystème
récifal (SARGENT et AUSTIN, 1954; TAYLOR, 1973) bien que certains au¬
teurs doutent de leur importance (KANWISHER et WA1NWR1GHT, 1967).
246
M. RICARD
5.3. MÉTHODES
5.3.1. COMPTAGES CELLULAIRES
L’eau de mer destinée aux comptages a été récoltée au moyen de bouteilles
à hydrologie de type VAN DORN (modèle de 8 litres en altuglass transparent)
ou de type MÉCABOLIER (modèle métallique de 2 litres) ; les prélèvements ont
ensuite été fixés par le lugol acétique ou par du formol à 4% neutralisé au borate
de soude.
Les comptages ont été réalisés sous un microscope WILD M 40 équipé de
chambres à plaques de 100 ml selon la technique décrite par LUND et al. (1 958)
et par UTERMOEHL (1958).
Les récoltes ont été homogénéisées par agitation manuelle avant d’être
transvasées dans les chambres de 100 ml; les concentrations cellulaires étant
très faibles, il n’a jamais été nécessaire de procéder à des dilutions. Les chambres,
une fois remplies, ont été recouvertes d’une lamelle et laissées à décanter pen¬
dant 24 heures à l’issue desquelles le tube de la chambre était retiré et le récep¬
tacle basal de la chambre recouvert d’une lamelle. Après une nouvelle décanta¬
tion de 4 heures, destinée à permettre la redéposition des cellules remises en
suspension par le glissement de la lamelle, les récoltes ont été dénombrées.
Toutes les cellules reposant sur la lamelle de fond de la chambre ont été
comptées au moyen d’un objectif à immersion de grossissement 50 x ou 100 x
selon la taille des cellules. Les spécimens difficiles à identifier, en raison de
leur position en vue connective, de leur petite taille ou de la présence des plastes
masquant l’ornementation, ont été ensuite observés sous un microscope droit
pour être déterminés.
La comparaison des résultats des comptages effectués sur les récoltes formo-
lées et sur les récoltes fixées par le lugol acétique a mis en évidence la disparition
de certains organismes calcaires détruits par le lugol et en particulier celle des
Coccolithophoridés relativement importants dans les eaux tropicales (DESRO¬
SIERES, 1971; DESROSIERES et WAUTHY, 1972; OKADA et HONJO,
1973). Cet inconvénient du lugol acétique avait déjà été signalé par TRAVERS
(1971) qui remarquait également une sous-estimation dans le dénombrement des
récoltes formolées, sous-estimation que nous n’avons pas notée : la fixation du
microplancton et du nannoplancton par le formol neutralisé est donc préférable
à celle obtenue par le lugol acétique, surtout dans le cas des flagellés.
De mars 1974 à août 1975, 18 séries de prélèvements mensuels ont été réali¬
sées dans les lagons de Faaa et de Vairao et 8 dans le lagon de Tiahura.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
247
5.3.2. PIGMENTS PHOTOSYNTHÉTIQUES
Deux à trois litres d’eau de mer ont etc filtrés sous un vide de 45 mm de
mercure, sur filtre Millipore HA (diamètre du filtre : 45 mm, diamètre des pores :
0,45 /im) saupoudrés en fin de filtration d’une pincée de C0 3 Mg afin d’éviter
une acidification du milieu. Les filtres ont été conservés à - 30 C et à l’obscuri¬
té avant d’être extraits dans 7 ml d’acétone à 90% pendant 12 heures et ce, à
l’obscurité et à une température de + 8 C; les tubes contenant l’acétone et le
filtre en solution étaient vigoureusement agités toutes les heures.
Après une centrifugation des extraits acétoniques (5 minutes à 5000 G) les
surnageants ont été dosés en fluorimétrie suivant la méthode rapportée par
STR1CKLAND et PARSONS (1968). Le fluorimètre utilisé possédait les
caractéristiques suivantes : fluorimètre TURNER, modèle 111, équipé d’une
lampe excitatrice T 5 à enveloppe avec un maximum d’émission voisin de
450 nm, d’un filtre bleu Corning CS 5-60 à l’émission et à l’activation d’un filtre
rouge CORNING CS 2-64 qui arrête toutes les radiations inférieures à 650 nm;
la fluorescence de l’échantillon est mesurée à angle droit par un photomultipli¬
cateur R 136 sensible aux radiations rouges et placé après le filtre d’activation.
Ainsi que le préconise DUFOUR (1972) nous avons limité au maximum le
volume d’eau filtré afin d’éviter une destruction ou une perte des pigments
par suite d’un colmatage des filtres ou d’une trop longue filtration; cependant,
en raison des conditions de travail, nous n’avons pu éliminer ni les manipulations
ni les stockages des filtres qui sont à l’origine de la dégradation d’une certaine
quantité de chlorophylle (NEVEUX, 1973).
5.3.3. PRODUCTION PRIMAIRE
Les mesures d’incubation du Carbone 14 ont été réalisées in situ, pendant une
demi-journée solaire, au moyen de flacons pyrex clairs et sombres de 250 ml
dans lesquels étaient introduits 5 /ici de carbonate de sodium marqué. L’eau de
mer était ensuite filtrée sur filtres Millipore HA (diamètre du filtre : 25 mm;
diamètre des pores : 0,45 jUm) sous un vide de 45 mm de mercure. Les filtres
ont été comptés en scintillation liquide sans aucun traitement préalable. En
outre, aucune correction n’a été apportée, ni isotopique ni respiratoire et l’assi¬
milation à l’obscurité n’a pas été soustraite de celle à la lumière. La teneur en
carbone de l’eau de mer a été calculée d’après le pH, la température et la salinité
de l’eau : elle était de 25 mg par litre environ.
De façon générale, les incubations ont été réalisées de 6 h du matin à midi,
mais également, parfois, de midi à 6 h du soir. Les mesures de lumière dans la
colonne d’eau (JAUBERT, comm. pers.) ont montré que l’intensité lumineuse
était maximale entre 11 h du matin et 1 h de l’après-midi et qu’en toute saison
la demi-journée solaire allait de l’aube à midi et de midi au crépuscule. La com¬
paraison des résultats de mesures de productivité réalisées au cours des deux
248
M. RICARD
PARAMETRES 1 Salinité
T° eau
N-N03
| P-P04
j Si-Si04
Oxygène
dissous
ml.1“1
Pluie
Disque
Secchi
( m )
STATIONS
g.litre
co
(tiat.g
N2,P,Si
>ar litre)
(mm)
TIAHURA
7-1974 A
36. 10
23°6
0.32
0.18
2.02
7.00
20.7
-
B
35.90
23°5
0. 18
0.21
2.70
7.06
-
C
36.10
23°5
0.31
0.21
2.22
6.28
-
D
36.10
23°4
0.16
0.21
2.48
7.77
40
VAIRAO
8-1974 A
36.10
23°7
0.13
0.23
6.67
6.51
50.2
B
C
D
36.20
23°8
0.16
0.21
4.94
6.86
::
30
FAAA
8-1974 A
-
-
-
-
-
-
47.5
-
TIAHURA
4-1975 A
35.60
29°0
0.28
2.24
6.80
144.8
B
35.70
28°3
-
0.23
2.84
7.40
-
C
35.90
28°4
-
0.23
2.84
7.40
_
D
36.00
28° 1
0.25
2.68
7.70
32
VAIRAO
4-1975 A
35.00
27°9
0.52
24.40
8.08
173.1
B
34.90
28° 1
-
0.46
15.64
7.90
-
20
D
34.70
28° 1
-
0.23
5.50
8.01
28
FAAA
4.1975 A
35.00
29°3
-
0.50
6.35
7.86
130.7
-
TIAHURA
8-1975 A
35.35
24°8
7.22
129.4
B
35.80
25° 1
-
-
-
6.06
_
C
36.00
25°2
-
-
-
6.10
_
D
36.05
25°0
"
"
"
"
32
VAIRAO
7-1975 A
34.05
26°5
0.36
2.35
7.28
240.4
B
34.90
26°3
-
0.21
1.61
7.16
20
C
35.00
26°2
-
0.35
1.75
7.68
-
D
35.70
26°3
”
0.23
2.55
7.68
"
27
FAAA
7-1975 A
35.10
26°5
0.24
'
6.10
131.9
“
Tab. 22. — Valeurs des principaux paramètres physico-chimiques relevées à Tahiti et Moo-
reaen 1974 et 1975.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
249
demi-journées solaires n’a fait apparaître aucune différence notable de la photo¬
synthèse pour des conditions atmosphériques semblables; de même nous n’avons
pas noté, lors de ces comparaisons, de baisse de la capacité photosynthétique ou
«afternoon dépréssion» au cours de l’après-midi (EPPLEY et STR1CKLAND,
1968).
Les mesures de productivité fractionnée étaient destinées à préciser la part
prise par le nannoplancton dans la production de matière carbonée et, dans ce
but, certains prélèvements d’eau de mer ont été filtrés sur une toile de nylon de
32 flm de vide de maille destinée à séparer le nannoplancton du microplancton.
Le nannoplancton, ainsi recueilli, était mis à incuber in situ dans les mêmes
conditions qu’un échantillon de phytoplancton total prélevé au même momnt.
5.4. RÉSULTATS
5.4.1. CARACTÉRISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES
Les teneurs en sels nutritifs des lagons de Tiahura et de Vairao sont peu
élevées et légèrement supérieures à celles de l’océan (Tableau 22, p. 248). Les
concentrations en azote nitrique sont basses mais l’azote nitreux et amoniacal
suppléent en partie à cette déficience; néanmoins, à l’exception de la station A
de Tiahura, les concentrations en azote ne sont pas un empêchement à la crois¬
sance cellulaire comme en témoignent les rapports d’assimilation relativement
élevés (CURL et SMALL, 1969). Le taux de phosphore est également bas mais
comparativement plus élevé que celui de l’azote et les rapports N/P sont peu
élevés; ces faibles concentrations en phosphates pourraient entraîner une baisse
du taux de croissance si les apports continentaux ne venaient, à la saison des
pluies, enrichir périodiquement les eaux du lagon en phosphates (Tableau 22).
Cet apport en phosphates s’accompagne d’un enrichissement des eaux du lagon
en silicates dont la teneur est toujours très élevée à Vairao mais beaucoup plus
basse à Tiahura.
Les mesures d’oxygène dissous, réalisées in situ au moyen d’un appareil enre¬
gistreur (JAUBERT, comm. pers.) mettent en évidence d’importantes variations
diurnes de la concentration. Ces variations sont d’autant plus importantes que
les mesures sont réalisées plus près du récif frangeant ou du récif barrière. A
Vairao (Carte 4, p. 168), les concentrations des eaux de surface étaient les
suivantes, en juillet 1975 (les concentrations sont exprimées en ml/l pour des
valeurs à saturation comprises entre 6,00 et 6,5 ml/l).
Station
6 h
12 h
18 h
A
5,20
7,20
7,83
B
5,90
7,20
7,60
C
5,60
7,50
10,40
D
7,60
Source : MNHN. Paris
250
M. RICARD
10 3 cell. |-l
Fig. 23. — Composition qualitative des récoltes réalisées de mars 1974 à août 1975 à
Tahiti (lagons de Faaa et Vairao) et à Moorea (lagon de Tiahura).
Source : MNHN, Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
251
Ces variations résultent en grande partie du métabolisme des coraux et des
bénitiers : elles sont comparables à celles observées sur la Grande Barrière
d’Australie (KINSEY et KINSEY, 1967).
5.4.2. COMPTAGES CELLULAIRES
Les comptages cellulaires soulignent le faible nombre de cellules présentes
dans les eaux des lagons : les concentrations varient de 2000 à 10000 cellules
par litre et ce n’est qu’exceptionnellement que des valeurs supérieures sont
atteintes. Les diatomées et les dinoflagellés composent la majeure partie des
récoltes et seules, les cyanophycées, atteignent parfois également de fortes
concentrations.
Les courbes retraçant l’évolution des concentrations en cellules végétales dans
les eaux des lagons de Faaa, Vairao et Tiahura, de mars 1974 à août 1975, sou¬
lignent parfaitement ces particularités. Ces courbes présentent, à Faaa et à Vai¬
rao, des maximums identiques à la saison des pluies et des minimums bien mar¬
qués à la saison sèche. A Faaa, la courbe des diatomées suit l’évolution de celle
du plancton total mais accuse une importante baisse de densité en février 1975,
en raison de la forte concentration d’un dinoflagellé appartenant au genre Exu-
viella. A Vairao, la proportion de diatomées par rapport aux dinoflagellés aug¬
mente pendant la saison des pluies et la courbe des dinoflagellés présente un
aspect en dents de scie provoqué par des variations secondaires, notamment
de mai à octobre 1974 (Fig. 23).
Les prélèvements réalisés dans le lagon de Tiahura sont discontinus et les
courbes obtenues sont incomplètes. Néanmoins, les renseignements fragmentai¬
res qu’elles fournissent semblent indiquer la présence d’un maximum à la saison
des pluies, en particulier en mars 1975, et de deux maximums à la saison sèche
en 1974 et 1975.
Les récoltes sont composées en moyenne de 61% de diatomées dans le lagon
de Faaa, de 67% dans celui de Vairao et de 56% dans celui de Tiahura. Le pour¬
centage maximum est atteint en avril 1975 à Faaa où l’on compte 4820 cellules
de Chaetoceros curvisetum par litre, et le pourcentage minimum, soit 46% dans
le lagon de Faaa, en février 1975, lors d’une petite poussée florale de Peridinium
breve (Tableau 27, p. 256).
Dans le tableau 27 sont indiquées les espèces qui caractérisent certaines récol¬
tes en raison de leurs concentrations; ces espèces se divisent en deux groupes et
leurs variations quantitatives annuelles sont figurées sur les diagrammes des ta¬
bleaux 24, 25 et 26 (p. 252,253 et 254). Les espèces du premier groupe sont
présentes toute l’année dans les eaux des lagons mais se développent particulière¬
ment à certaines périodes; c’est le cas d’Actinocyclus ehrenbergii, Actinocyclus
subtilis, Ethmodiscus appendiculatus, Gyrosigma balticum, Melosira sulcata,
Navicula longa, Navicula lyra, Nitzschia seriata, Nitzschia longissima, Surirella
fastuosa et Trachyneis aspera. Le deuxième groupe se compose de diatomées
252
M. RICARD
Tab. 24. — Variations quantitatives des principales espèces dominantes dans les lagons de
Faaa et de Vairao.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ 253
Tab. 25. — Variations quantitatives des principales especes dominantes dans les lagons de
Faaa et de Vairao.
254
M. RICARD
Tab. 26. Variations quantitatives des principales especes dominantes dans les lagons de
Faaa et de Vairao.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
255
qui sont la plupart du temps absentes des récoltes et qui apparaissent soudaine¬
ment à une ou plusieurs reprises pendant l’année, forment pendant un ou plu¬
sieurs mois d’abondantes colonies, puis disparaissent aussi soudainement qu’elles
sont apparues : ce groupe se compose de Chaetoceros curvisetum, dont le dia¬
gramme en dents de scie est caractéristique, Coscinodiscus moelleri var. macro-
porus, Rhizosolenia imbricata var. shrubsolei, Synedra acus, Thalassiotrix frauen-
feldii et Thalassionema nitzschioides. La comparaison des diagrammes de Faaa et
de Vairao met en évidence une certaine similitude dans l’évolution saisonnière
de chaque espèce, mais également un décalage et, ou un amortissement des phé¬
nomènes d’un lagon par rapport à l’autre.
Les dinoflagellés entrent pour 22% dans la composition moyenne des récoltes
de Faaa et de Vairao, et pour 25% dans celle du lagon de Tiahura. Le pourcenta¬
ge le plus bas, 7%, a été relevé en avril 1975 dans une récolte de Vairao particu¬
lièrement riche en Chaetoceros curvisetum, et le pourcentage le plus élevé, soit
50%, en février 1975 dans le lagon de Faaa à un moment où la densité de Peridi-
nium breve atteignait 2400 cellules par litre. Les genres suivants sont bien repré¬
sentés dans les trois lagons : Ceratium, Cerratocorys, Dinophysis, Exuviella,
Goniodoma, Gonyaulax, Gymnodinium, Gyrodinium, Oxytoxum, Ornithocer-
cus, Peridinium, Podolampas. A certaines périodes de l’année, le pourcentage
des dinoflagellés approche ou dépasse celui des diatomées en raison de la forte
densité de certaines espèces : Exuviella sp. en janvier à Tiahura, Peridinium ovum
en juillet 1974 et en mars 1975 à Vairao, Ceratium teres en août 1974 à Faaa,
Gonyaulax polygramma en décembre 1974 à Faaa et Peridinium breve en janvier
1975 à Faaa.
Les Cyanophycées, Silicoflagellés et Coccolithophoridés représentent 1%
à 35% des récoltes, selon l’abondance des Cyanophycées : 12% en décembre
1975 à Vairao (83% d’Oscïllatoria), 31% en avril 1975 à Tiahura (96% de Spi-
rulina) et 17% en octobre 1974 à Faaa (92% d’Oscillatoria). Le genre Lyngbya
est également bien représenté dans les eaux des trois lagons mais son pourcentage
reste faible.
DISCUSSION
Les eaux des lagons de l’Archipel de la Société sont quantitativement très
pauvres puisque les valeurs relevées à Faaa et Vairao oscillent entre 1860 et
9820 cellules par litre. Les densités maximales observées sont de 13840 cellules
par litre dans le lagon de Vairao en avril 1975 et de 55200 cellules par litre
dans le lagon ouest de l’île de Tahaa (lies sous le vent; carte 3, p. 162) en avril
1975, au cours d’une floraison de Rhizosolenia imbricata. Les eaux océaniques
ne présentent pas de variations saisonnières aussi marquées que celles des lagons,
mais elles sont tout aussi pauvres puisque les densités sont comprises entre 1700
et 5000 cellules par litre.
La majorité des cellules dénombrées dans les lagons appartient aux diatomées
et aux dinoflagellés nus et cuirassés; la plus faible part est composée de silico-
flagellés et de coccolithophoridés, mais il est vraisemblable que de nombreuses
LAGON DE FAAA
LAGON DE VAIRAO
LAGON DE TIAHURA
1974
5060 Gyroeigma balticm
D : 2800 C : 150 P -1050
CY: 800 SI: 60 CO: 200
4260 Rhisoeolenia imbric.v. ehrub
D :2230 C : 50 P : 1800
CY: 200 SI: 50 CO: 40
1974
6120 Ethnodiacue appendiculatua
D : 4100 C : 40 P : 630
CY: 600 SI: 50 CO: 710
5840 Chaetoceroe curvieetum
D :3930 C : 150 P : 930
CY: 520 SI: 160 CO: 150
m4
4930 Ethnodiacue appendiculatua
D :3200 C : 200 P : 650
CY: 820 SI: 240 C0: 20
4860 Actinooyalue eubtilia
D :2830 C : 460 P : 1230
CY: 340 SI: 0 CO: 0
1974
3220 Surirella faatuoea
D : 1870 C : 250 P : 730
CY: 20 SI: 10 CO: 290
2150 Actinooyalue ehrenbergii
D : 1040 C : 210 P : 620
CY: 180 SI: 80 C0: 20
1974
3820 Chaetoceroe ourvieetum
D : 1830 C : 200 P : 1260
CY: 30 SI: 190 CO: 310
3060 Aaterolanpra marylandica
D : 1640 C : 20 P : 1210
CY: 0 SI: 10 C0: 180
2660 nitsachia longieeima
D : 1970 C : 0 P : 430
CY: 260 SI: 0 CO: 0
1974
D :2ISO C : 600 P : 730
CY: 500 SI: 365 C0: 100
4020 Maetogloia binotata
D :32I0 C : 0 P : 180
CY: 30 SI: 10 CO: 110
3940 nitsachia longieaima
D : 2710 C : 0 P : 1100
CY: 120 SI: 10 CO: 0
SEPT.
1974
4095 Nitsachia aeriata
D :3045 C : 123 P : 762
CY: 165 SI: 0 CO: 30
3210 navioula longa
D : 2210 C : 20 P : 750
CY: 110 SI: 20 CO: 90
OCT.
4860 Thalaeeiotrix frauenfeldii
D :2910 C : 310 P : 330
CY: 1310 SI: 30 CO: 140
4200 Baateriaetrum delicatulum
D : 3510 C : 190 P : 140
CY: 230 SI: 20 CO: 110
4730 Synedra acue
D :3790 C : 180 P : 380
CY: 370 SI: 10 C0: 520
5960 Aotinocyclue eubtilia
D :4830 C : 130 P : 670
CY: 300 SI: 120 C0: 10
1974
6115 Thalaaeionema niteschioidee
D .-4360 C : 10 P : 1490
CY: 110 SI: 0 C0: 210
7350 Ethmodiecua appendiculatua
D : 5650 C : 110 P : 660
J Z'
6990 Coeainodiec.moelleri v. macro.
:4240 C : 750 P : 1660
CY: 330 SI: 10 C0: 0
7130 Actinooyclua eubtilia
D :5260 C : 240 P : 1460
CY: 30 SI: 40 C0: 200
5730 Synedra ulna
D :3860 C : 50 P : 910
CY: 400 SI: 10 CO: 10
PEVR.
5800 Ethnodiacue appendiculatua
:2710 C : 510 P :2420
7: 20 SI: 0 C0: 40
7200 Actinooyclua eubtilia
D : 5130 C : 320 P : 1630
CY: 20 SI: 10 CO: 90
5810 Maetogloia cruciaula
D : 3410 C : 60 P : 1410
CY: 800 SI: 0 C0: 170
MARS
1975
010 Eitsachia graeffii
:56I0 C : 110 P :1920
CY: 150 SI: 10 C0: 110
6040 Chœtoceroa curvieetum
D :3930 C : 50 P :I800
CY: 10 SI: 120 C0: 50
5730 nitsachia longieaima
D :2890 C : 220 P :I420
CY: 1050 SI: 10 CO: 140
AVRIL
1975
260 Ethmodiecue appendiculatua
:6450 C : 30 P : 720
’Y: 40 SI: 130 CO: 190
9820 Chaetoceroe curvieetum
D :8770 C : 10 P : 680
CY: 160 SI: 20 C0: 180
4290 Cylindrotheca cloeteriim
D :2200 C : 30 P : 590
CT:1350 SI: 40 CO: 80
,975
200 nitsachia valida
:2090 C : 250 P : 710
•Y:1030 SI: 50 CO: 70
3960 Meloaira eulcata
:2500 C : 80 P : 900
CY: 230 SI: 80 C0: 170
JUIN
1975
860 nitsachia valida
: 1190 C : 30 P : 530
Y: 90 SI: 10 CO: 0
2180 Aotinocyclue ehrenbergii
: 1340 C : 0 P : 270
CY: 560 SI: 0 CO: 10
JUIL.
1975
£
720 Aeterolampra marylandica
: 2010 C : 60 P : 860
Y: 140 SI: 50 CO: 600
900 Actinoayclue ehrenbergii
: 1560 C : 50 P : 600
'Y: 590 SI: 10 C0: 90
3740 Biddulphia pulchella
D : 1930 C : 50 P : 830
CY: 110 SI: 0 CO: 30
AOUT P
b
,975 ^
30 navioula lyra
: 1500 C : 400 P M000
: 10 SI: 190 CO: 0
800 Trioeratiian ehadboltianum
:2200 C : 0 P : 750
Y: 100 SI: 0 CO: 750
2930 Amphora dubia
D : 1670 C : 180 P : 980
CT: 60 SI: 10 CO: 30
Tab. 27. - Concentrations cellulaires par litre à Faaa, Vairao et Tiahura. Le premier chiffre
indique la concentration cellulaire totale et est suivi du nom de l’espece dominante (D :
diatomées; C: Cératidés; P: Péridiniens; Cy : Cyanophycées; Si: Silicoflagellés; CO : Coc-
colithophoridés).
Source : MNHN. Paris
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
257
cellules du nannoplancton n’ont pas été récoltées ou ont échappé aux comptages
en raison de leur petite taille.
Les espèces ayant des poussées algales dans le lagon de Vairao, les présentent
également la plupart du temps dans celui de Faaa, mais les floraisons sont plus
ou moins marquées d’un lagon à l’autre et généralement décalées dans le temps :
Les minimums de Faaa et de Vairao se placent tous deux au mois de juin 1974
et 1975; par contre, les maximums sont décalés d’un lagon à l’autre. Ces décala¬
ges et ces différences d’amplitude dans les croissances saisonnières peuvent s’ex¬
pliquer par des variations asynchrones des conditions physico-chimiques.
Les courbes retraçant l’évolution saisonnière des populations de dinoflagellés
montrent des variations mensuelles plus marquées que pour les diatomées car
les espèces se succèdent beaucoup plus rapidement dans le temps.
Les densités de diatomées et dinoflagellés dans les eaux des lagons de Faaa et
de Vairao sont sensiblement égales entre elles mais supérieures à celles relevées
dans le lagon de Tiahura, particulièrement au cours des mois de mars et d’avril.
La comparaison des compositions qualitatives et quantitatives des récoltes effec¬
tuées dans les lagons de Tahiti et de Moorea met en évidence la plus forte pro¬
portion de diatomées planctoniques et de dinoflagellés dans les eaux du lagon de
Tiahura : ceci confirme l’influence océanique, plus marquée sur ce lagon que sur
ceux de Faaa ou de Vairao.
5.4.3. CHLOROPHYLLE A
Au cours de l’année, les concentrations en chlorophylle a des trois lagons
subissent des variations importantes allant du simple au décuple; les concentra-
tins les plus élevées ont été relevées, au mois d’avril, dans le lagon de Vairao
(0,25 mg chl.a m -3 ) et les plus faibles dans celui de Tiahura en août 1975
(0,02 mg chl.a m~ 3 ) (Tableau 28, p. ).
Pendant l’hiver austral, les concentrations moyennes en chlorophylle a des
eaux des lagons de Tahiti et de Moorea sont faibles et reflètent les conditions
oligotrophes du milieu à cette période de l’année : 0,04 mg m 3 à Tiahura,
0,08 mg m -3 à Faaa et à Vairao. Les valeurs mesurées aux stations D océaniques
indiquent que le taux de chlorophylle a est, à Tahiti, du même ordre que celui
des eaux du lagon, tandis qu’à Moorea les concentrations en chlorophylle a des
eaux de la frange océanique sont nettement supérieures à celles des eaux du
lagon : 0,08 mg m 3 .
En avril, à la fin de la saison chaude et humide, les teneurs en chlorophylle a
des eaux des lagons augmentent sensiblement alors que les eaux océaniques
(station D) conservent les mêmes valeurs : 0,06 mg m 3 en moyenne dans le
lagon de Moorea, 0,15 mg m 3 dans celui de Faaa et 0,16 mg m dans celui de
Vairao. Notons que ce sont surtout les concentrations des eaux superficielles
qui augmentent alors que celles des eaux plus profondes restent stables : ceci
258
M. RICARD
MESURES
« Chl.a
Fo
Cellules
Chl.a
Fo
Cellules
Chl.a
Fo
Cellules
STATIONS
mg.m -3
Fa
par litre
mg.m -3
Fa
par litre
mg.m -3
Fa
par litre
MOOREA
TIAHURA
Juillet
1974
Avril 1975
Août 1975
A Om
0.07(7)
1.27
5590
0.09(2)
1.29
8040
0.08(4)
1.32
3280
B Om
0.03(5)
1.44
2660
0.05(2)
1.31
4290
0.02(5)
1.34
2900
5m
0.03(5)
1.44
0.04(2)
1.27
-
0.04(5)
1.44
- -
C Om
0.03(5)
1.42
1120
0.04(2)
1.27
1180
0.03(4)
1.38
-
D Om
0.08(7)
1.54
1690
0.08(2)
1.38
4310
0.07(2)
1.47
3720
5m
-
-
-
0.08(2)
1.42
-
0.08(2)
1.43
-
10m
0.07(4)
1.56
-
0.07(2)
1.40
-
0.07(2)
1.40
-
20m
-
-
-
-
-
-
_
_
_
30m
0.07(4)
1.55
TAHITI
VAIRAO
Août 1974
Avril 1975
Juillet
1975
A Om
0.08(3)
1.60
4020
0.18(2)
1.66
9730
0..06(2)
1.62
3180
5m
0.06(2)
1.59
-
0.17(2)
1.63
-
0.13(2)
1 .53
-
10m
“
"
"
“
-
0.23(3)
1 .49
-
B Om
0.09(3)
1.69
8200
0.25(2)
1.64
13840
0.11(4)
1.64
3800
5m
-
-
-
0.24(2)
1.61
-
0.17(2)
1.63
-
10m
0.09(2)
1.56
-
0.23(2)
1.61
-
0.11(5)
1.60
-
20m
-
-
-
0.07(2)
1.45
-
0.15(2)
1.60
_
30m
0.06(3)
1.54
0.07(2)
1.40
0.11(5)
1.58
-
C Om
-
-
-
0.17(2)
1.57
7400
0.06(3)
1.44
2900
D Om
-
-
-
0.09(2)
1.59
-
0.09(2)
1.64
4960
5m
-
-
-
0.07(2)
1.60
9640
0.09(2)
1.66
-
-
-
0.08(2)
1.56
-
0.09(2)
1.58
-
20m
~
-
-
-
-
-
0.06(2)
1.51
-
30m
0.07(1)
1.47
0.07(2)
1.45
FAAA
Avril 1975
Juillet
975
A Om
-
-
-
0.17(2)
1.63
7260
0.08(2)
1.58
3720
5m
0.14(2)
1.76
0.08(2)
1.56
Tab. 28. Teneurs en chlorophylle et concentrations cellulaires relevées dans les eaux
des 3 lagons de Faaa et de Vairao (Tahiti) et de Tiahura (Moorea).
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
259
est particulièrement observé à la station B de Vairao, en avril 1975 (Tableau 28,
p. 258).
Le rapport d’acidification Fo/Fa est le rapport entre la fluorescence d’un
extrait de chlorophylle a avant acidification (Fo) et celle du même extrait
après acidification par HCl (Fa) après que la chlorophylle a se soit transformée
en pheophytine a par perte de son atome de Mg. Ce rapport est maximal (Fo/Fa
max.) en l’absence de pheophytine a dans l’extrait, et ce rapport est égal à 1
si la pheophytine a est seule présente. Le rapport entre la chlorophylle a et un de
ses produits de dégradation, la pheophytine a, donne des indications sur 1 état
d’une population phytoplanctonique car, plus cette population sera active, plus
le rapport Fo/Fa se rapprochera de Fo/Fa max.; par contre, plus la population
sera sénescente et plus ce rapport sera voisin de 1. Le rapport Fo/Fa max. varie
avec les fluorimètres : il était de 1,84 pour la fluorimètre que nous avons utilisé.
Les rapports d’acidification mettent en évidence dans le lagon de Moorea, aux
stations A, B et C, l’importance des pigments détritiques par rapport à la chloro¬
phylle a, ce qui est l’indice d’une population peu active : 1,39 en moyenne en
juillet 1974, 1,29 en avril 1975 et 1,37 en août 1975. Par contre les rapports
d’acidification correspondant aux récoltes de Faaa et de Vairao (Tahiti) et de la
station (D) extérieure au récif à Moorea soulignent la vitalité du phytoplancton :
1,61 en août, 1,57 en avril 1975 et 1,57 en juillet-août 1975.
Les teneurs en chlorophylle a des eaux des lagons de Tahiti et de Moorea
sont du même ordre de grandeur que celles du lagon de l’atoll de Hao (MICHEL,
1969). Les mesures de chlorophylle a réalisées, en août 1974 et 1975, dans le
lagon de l’atoll de Takapoto (archipel des Tuamotu) (SOURNIA et RICARD,
1975) indiquent une concentration moyenne de 0,10 mg m 3 , donc des valeurs
intermédiaires entre celles des lagons de Tahiti et de Moorea.
Les concentrations mesurées aux stations océaniques D sont nettement supé¬
rieures à celles des abords extérieurs de l’atoll de Hao (MICHEL, 1969) ou de
l’atoll de Takapoto (SOURNIA et RICARD, 1975) puisque les mesures, réalisées
à des stations comparables aux stations D de Tahiti et de Moorea, indiquaient
pour Takapoto, en août 1974 et 1975, des concentrations moyennes de
0,05 mg m” 3 . Des dosages de chlorophylle a, réalisés en octobre au large de Moo¬
rea, faisaient état également de faibles concentrations en chlorophylle a : 0,03
à 0,05 mg m" 3 (FORSBERGH et BROENKOW, 1965).
Dans les Hawaii, en juillet et août, les valeurs sont de 0,05 mg m 3 pour
les stations océaniques de surface, de 0,09 mg m 3 pour les stations côtieres
de surface et de 0,08 mg m -3 pour les stations plus profondes : ces valeurs sont
inférieures à celles de Moorea et de Tahiti (G1LMART1N et REVELANTE,
1974). A Eniwetok (lies Marshall) en septembre les teneurs des eaux océaniques
sont de 0,10 mg m -3 et de 0,44 à 0,98 dans le lagon (MARSHALL, 1965; GER-
BER et MARSHALL, 1974a). A Nosy-Bé (Madagascar) les concentrations sont
maximales à la mi-avril et à la fin juin avec des valeurs atteignant 0,25 à
0,5 mg chl.a m -3 en surface mais seulement 0,15 mg m 3 en août; entre 25 et
30 mètres, ces valeurs sont de 1,5 à 3 mg m 3 en avril et de 0,5 à 1 mg m en
260
M. RICARD
août.
DISCUSSION
Les rapports d’acidification mettent en évidence à Tiahura, et en particulier
à la station littorale A, un phytoplancton sénescent chargé en pigments détriti¬
ques; au contraire, à Faaa et à Vairao, les rapports sont plus élevés et caractéri¬
sent des populations dynamiques.
La répartition verticale de la chlorophylle a présente des variations qui se ré¬
pètent habituellement d’une année à l’autre pour des conditions physico-chimi¬
ques comparables. A la saison des pluies, les eaux sont très turbides et la décrois¬
sance de la teneur en chlorophylle a et des rapports d’acidification est régulière
de la surface vers le fond, aussi bien dans le lagon qu’à l’extérieur de la barrière
récifale. A la saison sèche, la chlorophylle a présente fréquemment, entre 5 et
20 m, une concentration maximale qui correspond aux profondeurs où les
intensités d’éclairement sont optimales pour la photosynthèse : à ces pro¬
fondeurs le phytoplancton est le plus actif comme l’indiquent les rapports
d’acidification plus élevés. A l’extérieur du lagon, il n’a pas été possible de re¬
chercher la présence d’un deuxième maximum qui se situe habituellement à
la limite inférieure de la couche euphotique et qui s’accompagne d’une forte
teneur en pigments détritiques (BOUGIS, 1974; DESROSIERES, 1971), en
particulier en phéophytine a, qui se traduit par un rapport Fo/Fa voisin de 1.
Les teneurs en chlorophylle a des eaux des lagons de Tahiti et de Moorea
sont faibles mais du même ordre que celles habituellement relevées dans les eaux
intertropicales, cependant ces teneurs sont supérieures à celles des lagons des
îles Marshall et des îles de la Ligne, exception faite de celles du lagon d’Eniwe-
tok où elles sont équivalentes.
Les mesures de seston, réalisées en juillet et août 1975, indiquaient des va¬
leurs dix fois plus importantes aux stations littorales qu’aux stations océani¬
ques : 2 mg m 3 à la station A de Moorea mais seulement 0,3 mg m -3 à la station
D. Les rapports seston/chlorophylle a sont élevés, 10 à 100 selon les stations
considérées, et soulignent la faible importance de la biomasse phytoplanctonique
par rapport à la masse totale en suspension. L’importance des particules non
chlorophylliennnes résulte de l’action des eaux océaniques qui pénètrent dans le
lagon en franchissant la barrière récifale et se chargent des particules arrachées
à cette barrière qui viennent s’ajouter à celles rejetées dans le lagon par les riviè¬
res. A la saison des pluies la charge particulaire atteint des valeurs très élevées qui
résultent de l’action des rivières en crues et des eaux de ruissellement : en mars
1972, dans le lagon de Vairao, cette charge était de 630 mg m -3 à l’embouchure
de la rivière Vaipohe, et de 180 mg m 3 dans la partie centrale du lagon, face à
l’embouchure de la rivière (carte 4, p. 168).
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
261
—
MESURES 1
mg C
mg C
m- 2 j
mg C
»-3 j-1
mg C
«-2 j-1
mg C
j-'
mg C
STATIONS
MOOREA
TIAHURA
A Om
B Om
5m
C Om
D Om
5m
10m
20m
30m
PROFONDEUR
Om75
lm
35m
Juille
5.7(7)
4.3(7)
4.8(7)
6.0(4)
13.9(2)
10.3(2)
14.2(2)
22.3(2)
20.1(2)
1974
4
27
6
516
14.7(2)
7.9(2)
8.6(2)
6.0(2)
17.7(2)
17.9(2)
18.3(2)
15.7(2)
13.2(2)
975
11
50
6
495
Août 1
7.7(3)
5.7(5)
5.8(5)
7.0(4)
975
6
34
7
TAHITI
.
1975
Juillet 1975
10m
15.5(3)
143
41.1(2)
376
20.9(3)
219
14.0(3)
36.6(2)
23.8(3)
10m
-
-
17.1(3)
B Om
30m
11.7(3)
420
58.1(2)
850
22.1(5)
430
12.9(2)
50.1(2)
21.1(5)
16.7(2)
37.1(2)
18.5(5]
14.3(3)
13.5(2)
10.8(5)
30m
8.6(3)
7.7(2)
6.3(5)
C Om
lm
-
-
-
-
12.0(3)
12
_
_
_
-
22.7(2
480
_
-
19.4(2
_
-
20.9(2
-
-
10.5(2
30m
"
9.5(2
TAHITI
FAAA
Août
974
Avril
1975
Juillet 1975
A Om
_
_
44.1(2)
217
15.4(2
80
5m
42.7(2)
16.5(2
Tab. 29. — Valeurs de la Production Primaire journalière à Tahiti (lagons de Faaa et de
Vairao) et à Moorca (lagon de Tiahura).
262
M. RICARD
5.4.4. CARBONE 14
Les mesures d’assimilation du 14 C mettent en évidence d’importantes varia¬
tions saisonnières au sein d’un même lagon et soulignent les différences de pro¬
ductivité entre les lagons de Tahiti et de Moorea d’une part, et entre le lagon et
l’océan d’autre part. (Tableau 29, p. 261).
A Moorea, les mesures faites en juillet 1974 et août 1975, soulignent la faible
productivité des stations du lagon, 5,2 à 6,5 mg.C m 3 j _1 en moyenne, tandis
qu’en avril 1975 cette production carbonée augmente sensiblement, 9,3 mg.C
m j~. A la station océanique D, la production est relativement élevée et, en
moyenne, identique en juillet 1974 et en avril 1975 : 16,6 mg.C m~ 3 j’ 1 .
La comparaison de ces différentes mesures amène les remarques suivantes :
- les eaux du lagon sont nettement moins productives que celles de la station
océanique D, en particulier au cours de l’hiver austral.
- en avril, la production carbonée moyenne à la station océanique D reste
inchangée par rapport à juillet alors que celle du lagon s’est nettement accrue.
- dans la frange océanique, en avril 1975, les eaux superficielles sont les plus
productives mais, en juillet, les eaux plus profondes, 20 à 30 m, présentent une
augmentation importante de leur production de matière carbonée.
A Vairao, la production hivernale moyenne des eaux du lagon est plus élevée
qu’à Moorea, 13,4 mg.C m 3 j" 1 , mais reste cependant inférieure à celle des eaux
océaniques. En avril, à la fin de la saison des pluies, la valeur de l’assimilation
carbonée augmente considérablement, 36,1 mg.C m _3 j’ 1 en moyenne, soit le
double de celle des eaux du lagon de Tiahura à la même époque. A l’exemple
de Moorea, les couches les plus productives du lagon de Vairao sont, en avril, les
couches de surface, et, en juillet et en août, les couches plus profondes situées
entre 10 et 20 mètres.
La production carbonée des eaux du lagon de Faaa est identique, en avril, à
celle du lagon de Vairao, 43,4 mg.C m~ 3 j" 1 en moyenne, mais lui est légèrement
inférieure en juillet, 16,0 mg.C m" 3 j" 1 .
A l’exemple du lagon de Tiahura, la comparaison des différentes valeurs de
l’assimilation carbonée relevées aux différentes stations de Faaa et de Vairao,
permet de remarquer que :
- la production est plus forte en avril, après la saison des pluies, que pendant
la saison froide et relativement sèche.
- de même qu’à Tiahura, les eaux du récif frangeant (station A) sont autant
ou plus productives que celles du lagon proprement dit :
- en hiver, les eaux océaniques sont plus riches que les eaux du lagon.
Les différences de productivité entre les lagons de Tahiti et de Moorea et
entre les saisons sèches et les saisons pluvieuses sont bien plus marquées si l’on
considère les valeurs journalières par unité de surface pour toute la colonne
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
263
d’eau (Tableau 29, p. 261) : à Moorea, les valeurs maximales, relevées à la sta¬
tion B située dans le chenal, varient de 27 à 34 mg.C m 2 j” 1 en hiver à 50 mg.C
en août 1975; à Tahiti, la production carbonée est bien plus élevée à Faaa en
avril 1975, 217 mg.C m -2 ]" 1 , qu’en juillet, 80 mg.C, mais c’est à Vairao que les
valeurs les plus élevées sont atteintes avec 420 à 430 mg.C m 2 j 1 en hiver et
850 mg.C en avril, à la station B.
Aux stations océaniques, les valeurs sont identiques à Tahiti et à Moorea et
constantes tout le long de l’année : 480 à 516 mg.C m 2 j 1 .
Les rapports d’assimilation (Tableau ci-dessous), c’est-à-dire le rapport entre
la production carbonée en mg.C m" 3 h _1 et la teneur en chlorophylle a en mgm ,
fournissent de précieuses indications sur les relations entre la biomasse phyto-
planctonique et la teneur des eaux en éléments nutritifs (McALLISTER, SHAH et
STRICKLAND, 1964). Ces rapports d’assimilation sont relativement élevés aussi
bien dans le lagon qu’à l’extérieur de la barrière : dans les lagons les rapports
sont plus élevés en avril qu’en juillet et août, mais dans l’océan (station D) le
rapport maximum a été relevé en juillet 1 974. Dans les lagons, la valeur moyenne
des rapports d’assimilation est de 7,53 ce qui classerait ces eaux, si l’on se rap¬
porte aux valeurs indiquées par CURL et SMA LL (1965) dans le cas de photo¬
synthèse à saturation, parmi celles riches en sels nutritifs. En fait, il semblerait
que les sels nutritifs apportés dans le milieu soient très rapidement utilisés par le
phytoplancton puis tout aussi rapidement recyclés (PILSON et BETZER, 1973)
ou renouvelés par des apports océaniques ou continentaux ce qui expliquerait
que, malgré leur taux très bas, ils ne limiteraient pas la croissance du phytoplanc¬
ton (GILMART1N et REVELANTE, 1974; CURL et SMALL, 1965; HEPHER,
1962; MALONE, 1961a, b et c). Ce phénomène est particulièrement bien mar¬
qué en juillet 1974 à Tiahura (station D) et en avril et juillet 1975 dans les
lagons de Faaa et de Vairao (stations A et B) où les rapports d’assimilation sont
compris entre 9 et 12.
RAPPORTS
MOOREA
VAIRAO
FAAA
D’ASSIMILATION
7-74 4-75
8-75
8-74 4-75
7-75
4-75
7-75
LAGON
3,4 à 6,7 à
4,0 à
8,1 à 7,3 à
2,4 à
11,7
8,3
7,0 7,6
10,3
6,4 9,2
9,3
OCÉAN
9,2 7,2
8,5
Les mesures de productivité primaire fractionnée, destinées à mettre en
évidence l’importance relative du micro- et du nannoplancton, ont été réalisées
en avril et juillet 1975 dans le lagon de Vairao (station B) et en juillet 1974 et
avril 1975 dans le lagon de Tiahura (station A et D). La comparaison entre la
production primaire globale du phytoplancton et la production primaire du
nannoplancton montre que ce dernier est responsable de 70 à 90% de la produc¬
tion carbonée globale et que le microplancton ne participe qu’à une faible part
264
M. RICARD
de cette production primaire. Ces diverses mesures de productivité fraction¬
née mettent l’accent sur l’importance du nannoplancton, importance qui n’est
pas mise en évidence par les comptages au microscope inversé qui laissent échap¬
per un fort pourcentage de cellules de petite taille, ce qui entraîne une sous-
estimation des récoltes.
Ces observations concordent avec celles des auteurs américains qui soulignent
la part prépondérante prise par le nannoplancton dans la production carbonée :
80 à 99% (MALONE, 1971a; STEEMANN-NIELSEN et JENSEN, 1957). Pour
MALONE, les nannoplanctontes sont les producteurs primaires les plus impor¬
tants du domaine néritique et océanique, et la part du microplancton n’est pas
plus importante dans les eaux eutrophes que dans les eaux oligotrophes en raison
du broutage par le zooplancton. Nous n’avons que peu d’informations sur les
régions dont la production primaire microplanctonique prévaut sur celle du
nannoplancton, cependant ce type de communauté phytoplanctonique a déjà
été signalé par DIGBY (1953) et SUBRAHMANYAN et SARNA (1965).
DISCUSSION
Aux stations D de Tahiti et de Moorea, les valeurs de juillet et d’avril sont
semblables et relativement élevées : elles mettent en évidence la stabilité des eaux
de la frange océanique par opposition à celles du lagon, plus assujetties aux
influences continentales et saisonnières. La constance et le haut niveau de la
production carbonée de D peut s’expliquer par la présence proche de la passe
et par une résultante du phénomène des flux (GLYNN, 1973; ODUM et ODUM,
1955; MARSHALL, 1965) : les eaux océaniques pénètrent dans le lagon en fran¬
chissant la barrière récifale et se chargent alors de particules organiques et miné¬
rales qui forment un pseudoplancton (GERBER et MARSHALL, 1974a et b;
JOHANNES, 1967, 1974) provenant du lessivage des fonds sableux, des massifs
coralliens, des algues benthiques riches en aggrégats muqueux ou «mucus flocs»
(COLES et STRATHMAN, 1973) et des faeces émises par les tridacnes (RI¬
CARD et SALVAT, 1977). Ces eaux, riches en sels nutritifs et en débris organi¬
ques, sont ensuite emportées hors du lagon par les courants sortants et se mélan¬
gent aux eaux oligotrophes de l’océan qu’elles enrichissent tout en formant
autour de l’île une ceinture de productivité plus élevée que celle de l’océan
environnant. Faute d’embarcation adaptée à ce travail, il ne nous a pas été
possible de faire des mesures de productivité au large de Moorea afin d’essayer
de mettre en évidence un phénomène d’«island mass effect» (DOTY et OGURI,
1956; JONES, 1962; GILMARTIN et REVELANTE, 1974; SANDER et STE-
VEN, 1974).
Les mesures faites dans les lagons de Tiahura (Moorea) et Faaa et Vairao
(Tahiti) montrent un net accroissement de la productivité primaire à la fin de
la saison des pluies, au cours du mois d’avril, spécialement à Vairao (RICARD,
1976a). Ces valeurs élevées sont à mettre directement en parallèle avec les
apports d’eaux douces et de matières en suspension drainées sur le sol des îles
par les eaux de pluies qui ruissellent et sont rejetées par les rivières dans les
lagons. Cet enrichissement en particules organiques, sels nutritifs et oligo-élé-
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
265
ments s’accompagne d’un apport de particules terrigènes qui entraînent une aug¬
mentation de la turbidité et une stratification des masses d’eau : les eaux super¬
ficielles plus riches en sels minéraux mais de salinité plus faible se répartissent
entre la surface et 10 m de profondeur au-dessus des couches plus denses en rai¬
son de leur plus forte salinité. Cette stratification des eaux, accompagnée d’un
accroissement de la turbidité à une période où l’importance de la couverture
nuageuse entraîne une diminution du nombre d’heures d’ensoleillement, expli¬
que la richesse des eaux de surface et la plus faible productivité des eaux sous-
jacentes.
La productivité des lagons se maintiendra à un niveau élevé aussi longtemps
que les apports fluviatiles enrichiront les eaux mais, après la saison des pluies,
le stock de sels nutritifs ne sera que partiellement renouvelé par les cours d’eau
à l’étiage et les divers cycles de reminéralisation des composés organiques : la
production primaire reviendra alors à sa valeur minimale.
Afin de comparer la production carbonée des différentes stations de l’archipel
de la Société avec celle des autres écosystèmes coralliens, nous avons brièvement
indiqué ci-après la méthodologie utilisée et les résultats obtenus dans la zone
intertropicale des trois océans :
OCÉAN PACIFIQUE
Archipel de la Société, Polynésie Française
Iles de Tahiti et de Moorea - méthode : 14 C, in situ (RICARD, 1976; SOUR-
NIA et RICARD, 1976b) : 4,3 à 58,1 mg.C m' 3 J 1 dans le lagon (4,3 à 850
mg.C mi~ 2 j~ l ) et 9,5 à 22,7 mg.C m -3 j’ 1 dans l’océan (480 à 516 mg.C
m‘ 2 f 1 ).
Archipel des Tuamotu, Polynésie Française
Atoll fermé de Takapoto - méthode : 14 C, in situ (SOURN1A et RICARD,
1975, 1976a) : 4 à 31 mg.C mi’ 3 j’ 1 dans le lagon (19 à 395 mg.C m 2 j’ 1 ),
3 mg.C m 3 j _1 environ dans l’océan.
Archipel des Lau, Iles Fiji
Ile de Lakeba - méthode : 14 C, in situ (RICARD, 1977b) : 9,6 à 28,6 mg.C
m" 3 j~ 1 dans le lagon (26 à 190 mg.C rrf 2 j" 1 ) et 15,3 à 18,7 mg.C m 3 j" 1 dans
l’océan.
Archipel des Hawaii
méthode : 14 C, in situ simulé (DOTY et OGURI, 1956; G1LMART1N et RE¬
VELANTE, 1974) : 1,1 à 50,4 mg.C m _3 j" 1 , les valeurs les plus fortes ont été
mesurées près du littoral.
Archipel des Marshall
Atoll de Rongelap - méthode : oxygène, in situ (SARGENT et AUSTIN,
1949) 5 mg.C m 3 j” J dans le lagon et dans l’océan (200 mg.C m 2 j' 1 dans l’o¬
céan).
Atoll d’Eniwetok - id. : 2 mg.C m -3 j” 1 dans le lagon.
266
M. RICARD
OCÉAN ATLANTIQUE
Ile de Porto-Rico - méthode : oxygène, in situ (GLYNN, 1973) : 0,1 à
0,2 mg.C m 3 j" 1 près du littoral.
OCÉAN INDIEN
Ile de Madagascar
méthode : l4 C, in situ simulé (MAESTRINI et PIZZARO, 1966) : 67,2 à
46,8 mg.C m -3 ]” 1 près du littoral et dans l’océan.
méthode : l4 C, in situ (SOURNIA, 1968b et c, 1972b) : 60 à 31 mg.C
m -3 ]” 1 près du littoral et dans l’océan (400 à 900 mg.C m -2 j~ 1 ).
- La production primaire des eaux des lagons et de la frange océanique de
Tahiti et de Moorea est semblable à celle mesurée dans les autres écosystèmes
récifaux comparables comme les îles Fiji ou les îles Hawaii, supérieure à celle des
lagons d’atolls ouverts ou fermés, mais inférieure à celle mesurée dans l’océan
indien, à Madagascar.
- La production par unité de surface met en évidence la pauvreté des lagons
peu profonds comme celui de Tiahura, à Moorea : elle est inférieure à celle de
l’océan environnant et s’apparente aux valeurs mesurées à Porto-Rico ou aux
îles Fiji. Tout au contraire, l’assimilation carbonée atteint des taux relativement
élevés dans les lagons profonds comme celui de Vairao, à Tahiti, où la produc¬
tion est supérieure à celle des stations de la frange océanique des îles de la Socié¬
té mais également supérieure à la production des diverses stations étudiées dans
les archipels précités.
5.5. CONCLUSIONS
La comparaison des mesures effectuées dans les lagons de Tahiti et de Moorea
souligne la forte productivité des lagons de Vairao et de Faaa par rapport à celle
du lagon de Tiahura, particulièrement à la fin de la saison des pluies lorsque
la concentration en sel dissous et plus particulièrement en silicates devient beau¬
coup plus élevée à Vairao qu’à Tiahura : en avril 1975 les valeurs maximales
sont de 14,7 mg.C m 3 j _1 à Tiahura, de 58,1 mg.C m -3 j’ 1 à Vairao et en août
1975 de 7,7 mg.C m 3 j” J à Tiahura et de 23, 8 mg.C m -3 j' 1 à Vairao. Cette
différence entre la productivité des lagons des deux îles s’accentue si l’on compa¬
re les valeurs intégrées par unité de surface puisque la productivité de Vairao
est alors deux cents fois plus forte que celle de Tiahura : 850 mg.C m" 2 f* en avril
1975 à Vairao mais seulement 40 mg.C rn" 2 j _1 à Moorea.
La teneur en chlorophylle des eaux de Tahiti est une et demie à trois fois
supérieure à celle de Moorea; les rapports d’acidification soulignent la vitalité
du phytoplancton de Faaa et de Vairao tandis que celui du lagon de Tiahura
a un taux de renouvellement plus lent ainsi que le prouve la quantité élevée de
pigments détritiques présents dans ses eaux.
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
267
Les comptages indiquent une concentration cellulaire plus forte à Faaa et
Vairao qu’à Tiahura, cependant une différence de 1000 à 2000 cellules sur un
total de 5000 ou 10000 n’est absolument pas significative mais tendrait à prou¬
ver qu’un grand nombre de cellules de petite taille appartenant au nannoplanc-
ton ont échappé à la récolte ou au dénombrement. Les expériences de producti¬
vité réalisées avec du plancton fractionné par filtration révèlent que l’activité
du nannoplancton représente 70 à 90% de la production primaire totale : la pré¬
pondérance du nannoplancton sur le microplancton résulte vraisemblablement
de sa faible constante de demi-saturation qui permet aux cellules de petite taille
ayant un taux de croissance élevé, de fixer plus facilement l’azote nitrique et
amoniacal dans les eaux pauvres en sels nutritifs.
L’augmentation de la productivité des eaux des lagons durant le mois d’avril
est à mettre en parallèle avec l’accroissement des apports organiques et minéraux
déversés dans les lagons, à la saison des pluies. Ces apports entraînent une turbi-
dité plus importante des eaux, une élévation de la teneur en sels nutritifs et, à
la suite des pluies diluviennes, une desalure de la couche superficielle et une stra¬
tification des eaux du lagon : tous ces facteurs expliquent que les eaux de surface
aient une teneur en chlorophylle a et une productivité plus élevée que les eaux
sous-jacentes. A la saison sèche, la charge particulaire est plus faible et les eaux
comprises entre 5 et 20 mètres de profondeur contiennent plus de chlorophylle a
et sont biologiquement plus actives que les eaux de surface, cependant, cela ne
se traduit pas par une augmentation correspondante de la productivité primaire
dont le maximum se situe habituellement dans les 10 premiers mètres de la
couche euphotique.
Les mesures de production carbonée réalisées en Polynésie française et plus
particulièrement dans les îles du Vent de l’archipel de la Société prouvent que
même si les eaux océaniques de cette partie du globe appartiennent à la catégo¬
rie la moins productive qui soit, puisque inférieure à 100 mg.C m 2 j~ 1 (Anony¬
me, 1970), certains lagons ont une productivité beaucoup plus élevée. Les eaux
de Tahiti sont les plus productives de la plupart de celles qui ont été étudiées
à ce jour en milieu corallien puisque des valeurs proches de 1 g.C m 2 j” 1 ont
été relevées dans le lagon de Vairao et placent ses eaux dans la tranche inférieure
des eaux eutrophes. Contrairement à ceux des îles hautes, les lagons des atolls
ne sont pas fertilisés en substances minérales et organiques par les eaux de ruis¬
sellement, ce qui explique leur faible productivité; cependant, dans ces lagons, la
vie animale est au moins aussi riche que dans ceux des îles hautes ce qui prouve
bien que le phytoplancton est relayé par d’autres producteurs primaires plus
efficaces.
'
269
CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Le phytoplancton des lagons de l’archipel de la Société est composé non pas
de formes planctoniques au sens strict mais d’un mélange de formes benthiques,
arrachées à leur substrat par diverses actions mécaniques, et de formes océani¬
ques transportées dans les lagons par les courants marins. Les formes benthiques
sont principalement des diatomées et les formes océaniques comprennent des
dinoflagellés, des coccolithophoridés, des silicoflagellés et des diatomées. La pro¬
portion de formes planctoniques strictes par rapport aux formes benthiques
diffère selon les lagons : elle est plus importante dans les récoltes des îles sous
le Vent que dans celles des îles du Vent en raison d’une influence océanique
plus marquée.
Les conditions physico-chimiques des eaux du lagon sont déterminées par
l’action de divers facteurs dont les plus importants sont les poussées océaniques,
qui assurent le renouvellement des eaux du lagon tout en l’enrichissant en parti¬
cules organiques diverses arrachées aux récifs coralliens, et la pluviosité qui
conditionne le débit des rivières dont les apports minéraux et organiques fertili¬
sent le lagon.
Grâce aux méthodes statistiques, il a été possible de montrer que les diato¬
mées forment des populations dominées par un petit nombre d’espèces; ces
espèces présentent dans le temps des évolutions cycliques qui sont parfaitement
décrites par l’indice de dominance d 4 : ces cycles se traduisent par l’évolution
d’une population à faible dominance et à forte densité vers une population
à faible diversité et forte dominance. L’analyse factorielle des correspondances
et la classification hiérarchique ascendante ont permis de constater que, si les
processus évolutifs et les éléments constitutifs sont les mêmes pour les popula¬
tions de Faaa et de Vairao, les facteurs climatiques et morphologiques propres à
chaque lagon provoquent la formation de deux peuplements qui s’opposent,
plus particulièrement, par leurs exigences vis à vis de la température et de la
pluviosité. Toutefois, les espèces de Faaa et de Vairao forment des associations
communes aux deux lagons qui se répartissent en neuf groupes selon leurs exi¬
gences écologiques.
Les mesures de productivité primaire ont porté sur le plancton global et frac¬
tionné et soulignent la part prépondérante prise par le nannoplancton dont l’acti¬
vité est de 3 à 4 fois supérieure à celle du microplancton. Ces mêmes mesures
mettent en évidence des différences significatives entre les lagons de Tahiti et
de Moorea. La productivité du phytoplancton du lagon de Tiahura est très
inférieure à celle des lagons de Tahiti et en particulier à celle du lagon de Vairao
dont la production carbonée maximale peut atteindre 1 g C m 2 j~ 1 . La raison
de cette productivité élevée réside en partie dans la teneur en sels minéraux de
ses eaux, supérieure à celle mesurée dans les autres îles ou atolls de la Polynésie.
Source : MNHN, Paris
270
M. RICARD
La productivité du phytoplancton des lagons, en ffet, semble directement liée
à l’importance des rivières dont les rejets reconstituent le stock des sels minéraux
utilisés au cours de la photosynthèse; ces apports sont complétés par les divers
cycles de minéralisation et par la présence d’un pseudoplancton organique,
provenant de la barrière récifale, dont certains constituants sont susceptibles
de présenter une certaine activité photosynthétique avant d’être recyclés. La
frange océanique des deux îles présente également une productivité élevée,
identique à Tahiti et Moorea et constante dans le temps : ce phénomène est
vraisemblablement lié à un effet de masse insulaire qui reste à vérifier.
Les premières mesures, réalisées dans le lagon de l’atoll de Takapoto (SOUR-
N1A, 1976) révèlent que la production primaire benthique serait au moins aussi
importante que la production primaire planctonique et contribuerait efficace¬
ment à enrichir les eaux du lagon en matières carbonées. Cependant, même avec
l’apport des algues benthiques, le gain réalisé est très nettement inférieur au mé¬
tabolisme des organismes du lagon car il ne présente qu’une faible part de la
production primaire globale (SARGENT et AUST1N, 1949; JOHANNES et al.,
1972).
La comparaison entre la production annuelle estimée des Madréporaires
(SARGENT et AUSTIN, 1954; ODUM et ODUM, 1955; KOHN et HELFRICH,
1957; MARGALEF, 1959) et la production annuelle du phytoplancton de trois
lagons de la Polynésie met clairement en évidence la pauvreté de la production
phytoplanctonique :
- Madrépores : 1 500-3 500 g C ni 2 an’ 1
- Phytoplancton :
Lagon de Tiahura (Ile de Moorea) 15 g C rrï 2 an' 1
Lagon de l’atoll de Takapoto 45 g C ni 2 an' 1
Lagon de Vairao (Ile de Tahiti) 231 g C m’ 2 an: 1
Les Madrépores et les bénitiers (GOREAU, GOREAU et YONGE, 1971) éla¬
borent une grande quantité de matière carbonée grâce à leur symbiose avec les
Xanthelles et sautent ainsi une étape de la chaîne alimentaire en puisant direc¬
tement leur nourriture dans le milieu. Entre le phytoplancton, maillon initial de
la chaîne alimentaire, et les organismes symbiotiques, partiellement ou entière¬
ment autotrophes, prend place un grand nombre d’organismes, libres ou symbio¬
tiques, mal connus ou inconnus, capables de photosynthétiser la matière organi¬
que. Ces organismes, parmi lesquels figurent les microflores planctoniques et
benthiques, représentent autant de sujets intéressants de recherche dont l’étude
complétera la connaissance du métabolisme des écosystèmes récifaux et lagu
naires.
Source : MNHN. Paris
271
REMERCIEMENTS
Ce mémoire qui expose le résultat de nos recherches sur le phyto-
plancton de la Polynésie Française, a pu être imprimé grâce à une bourse
accordée par la fondation SINGER-POL1GNAC.
Ce travail a été réalisé dans le Laboratoire de Cryptogamie du Muséum
National d’Histoire Naturelle de Paris et à l’Antenne du Muséum et de
l’École Pratique des Hautes Études de Moorea (Polynésie Française).
Certaines de ces études s’inscrivent dans le cadre du programme UNESCO
«l’homme et la biosphère» (Thème VII : Écologie et utilisation rationnelle
des écosystèmes insulaires) et ont été en partie financées par le Territoire
de la Polynésie Française et par le FIDES.
Le Service Mixte de Contrôle Biologique de la Direction des Centres
d’Expérimentâtions Nucléaires (SMCB/DIR. C. E. N.) a effectué de nom¬
breux prélèvements et pris en charge certaines de nos missions en Polynésie
dans le cadre de conventions passées entre le Muséum d’Histoire Naturelle
et la DIR. C. E. N. L’échelon polynésien du Département de Protection du
Commissariat à l’Énergie Atomique (D. Pr./CEA) et le Centre Océanogra¬
phique du Pacifique du Centre National pour l’Exploitation des Océans
(COP/CNEXO) nous ont fourni de larges facilités de travail et ont assuré
toutes les mesures physico-chimiques.
Les comptages de Carbone 14 ont été réalisés à l’Institut Océano¬
graphique de Paris et les observations en Microscopie à Balayage ont été
effectuées au laboratoire de Géologie du Muséum d’Histoire Naturelle. Les
traitements mathématiques des données ont été exécutés au Centre Inter
Régional de Calcul Électronique (CIRCE) de la Faculté des Sciences
d’Orsay, grâce à des crédits du CNRS.
Source : MNHN. Paris
272
M. RICARD
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281
ANNEXE 1 : Liste des taxons récoltés
Colonne 1 : Fréquence de chaque taxon dans les récoltes du lagon
Colonne 2 : Fréquence de chaque taxon dans les récoltes de l’océan.
Colonne 3 : Fréquence de chaque taxon dans les récoltes d’eau douce.
TF : très fréquent 50 à 100%
F : fréquent 10 à 50%
R : rare 0 à 1 0%
(-) : absent
Colonne 4 : Distribution biogéographique (d’après les travaux antérieurs).
C : cosmopolite
T : intertropical
A : arctique et/ou antarctique
t : tempéré
te : tempéré chaud
tf : tempéré froid
Colonne 5 : Caractéristiques écologiques,
rh : euryhalin
sh : sténohalin
hh : hyperhalobe
eh : équihalobe
ph : polyhalobe
mh : mésohalobe
oh : oligohalobe
eph : euphote
oph : oligophote
rth : eurytherme
sth : sténotherme
eth : eutherme
mth : mésotherme
oth : oligotherme
rph : euryphote
sph : sténophote
mph : mésophote
Source : MNHN, Paris
282
M. RICARD
DIATOMÉES CENTRIQUES
A CTINOC YCL US
ehrenbergii Ralfs
ehrenbergii var. tenella (Brcb.) Hust.
subtilis (Grcg.) Ralfs
rotula Brun
ACTINOPTYCHUS
adriaticus var. pumila Grun.
senarius (Ehr.) Ehr.
splendens (Shadb.) Ralfs
undulatus (Bail.) Ralfs
ARACHNOIDISCUS
ehrenbergii Bail, ex Ehr.
omatus Ehr.
ASTEROLAMPRA
grevillei (Wall.) Grev.
marylandica Ehr.
ASTEROMPHALUS
heptactis (Breb.) Ralfs
hookeri Ehr.
AULACODISCUS
amoenus Grev.
kittoni var. africana (Cott.) Rattray
orientalis Grev.
AULISCUS
coelatus Bailey
sculptus (Wm. Sm.) Ralfs
BACTERIASTRUM
delicatulum Cl.
BIDDULPHIA
aurita (Lyngb.) Brcb. ex God. var. aurita
aurita var. obtusa (Kütz.) Hust.
azorica Pavil.
balaena (Ehr.) Brightw.
edwardsii Febiger
laevis Ehr.
mobiliensis (Bail.) Grun.
polymorpha (Grun.) Wolle
pulchella Gray
regia (Shultze) Ost.
reticulata Roper
rhombus (Ehr.) Wm. Sm.
sinensis Grev.
tahitiensis Ricard
(1)
(2)
(3) (4)
(5)
TF
R
C
ph,rh,rth
F
R
C
rh, rth
TF
R
C
rh,rth
R
R
T
eh,eth
R
C
rh, rth, eth
F
R
C
rh, rth, eth
R
R
C
rh, ph, mth
F
R
C
rh, ph, rth, mth
F
- T, t
rh, sth, mth
R
T
rh, sth, eth
R
- T, t
rh, rth, mth
TF
F
- T, t
rh, rth, mth
R
T, t
rh, eh, rth, mth
R
R
- T, t
rh, rth, mth
R
- T, t
rh, rth, mth
F
R
- T, te
rh, rth, eth
R
R
T
sh, eh, rth, eth
R
- T, te
rh, ph, mth
F
- T, t
rh, rth, mth
F
TF
- T, t
rh, rth
TF
R
C
eh, rth
F
- T, t
eh, rth, mth
R
- T, te
eh, sth, eth
F
R
C
rh, rth, mth
F
R
- T, t
rh, rth, eth
F
C
sh, ph, rth
R
F
- T, t
rh, rth, mth
R
- T, te
rh, eh, sth, eth
TF
F
- T, t
rh, rth, mth
R
tf
ph, rh, mth
TF
R
- T, te
rh, eh, rth, eth
R
F
C
rh, ph, rth, mth
R
- T, t
rh, ph, rth, eth
R
T
eh, sth, eth
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
283
titiana (Grun.) Grun.
tuomeyi (Bail.) Roper
CERATAULUS
turgidus (Ehr.) Ehr.
CHAETOCEROS
atlanticum Cl.
compressum Lauder
curvisetum Cl.
messanense Castr.
peruvianum Brightw.
CH R YSANTHEMODISCUS
floriatus Mann
CLIMA CODINIUM
frauenfeldianum Grun.
CORETHRON
criophilum Castr.
COSCINODISCUS
bathyomphalus Cl.
centralis Ehr.
centralis vai.pacificus Gran et Angst
concinnus Wm. Sm.
curvulatus var. kariana Cl. et Grun.
excentrions Ehr.
grani Gough
jonesianus (Grev.) Ost.
karstenii Van Land.
marginatus Ehr.
moelleri var. macroporus (Grun.) Rattr.
nitidus Greg.
nodulifer A. S.
oculus-iridis var. borealis (Bail.) Cl.
radiatus Ehr.
CYCLOTELLA
comta (Ehr.) Kütz.
meneghiniana Kütz.
neocaledonica Manguin
quadrijuncta (Schrôd.) Hust.
DITYLUM
brightweïlii (West) Grun.
ETHMODISCUS
appendiculatus (Grun.) Ricard
gazellae (Jan.) Hust.
ENDICTYA
oceania Ehr.
F - - T, te
F - - T
R T, t
TF TF - C
TF TF - C
TF TF - C
TF TF - T, te
TF TF - C
TF F - T, te
TF T, te
R - C
R R - tf
R R - C
F - T, t
R F - t
R - tf, A
RFC
R F t
R T, t
R - T
R R C
F R - A
TF F C
F - - C
R - C
RFC
RFC
R R - C
R T, te
R t
F F - T, t
TF F T
F F - T, t
F R - C
rh, sth, eth
sh, eh, rth, eth
sh, ph, sth, mth
sh, hh, rth, mth
sh, hh, rth, mth
sh, ph, rth, eth
rh, eh, rth, eth
rh, rth, eth
rh, eh, sth, eth
rh, eh, sth, eth
rh,rth
rh, sth, oth
ph, rh, mth
eh,rh, eth
eh, sth, mth
eh,sth, oth
rh, rth
sh, eh, mth
rh, oh, eth
rh, sth, eth
eh,sh,rth
rh, eh, rth, oth
rh,rth
rh, mth, rth
rh, rth
rh, rth
rh, oh, rth
rh, eh, rth, mth
sh, oh, eth
sh, oh, mth
rh, eth
rh, eh, rth, eth
rh, eh, rth, mth
rh,rth
284
M. RICARD
EUCAMPIA
zoodiacus Ehr.
HEM1AULUS
hauckii Grun.
membranaceus Cl.
sinensis Grev.
HEMIDISCUS
cuneiformis Rattr.
HYALODISCUS
laevis Ehr.
subtilis Bail.
F - C eh, rth, mth
F F - T, t rh, rth, eth
F T, te eh, sth, eth
F F T, te eh, sth, eth
F TF - T, te eh, rh, eth, rth
R R - C rh, rth, oth
R R - C rh, mh, rth
ISTHMIA
enervis Ehr.
nervosa Kütz.
F R C rh, rth, oth
R - - C rh, rth.
LEPTOCYLINDRUS
danicus Cl.
R F
C rh, sth, mth
MELOSIRA
dubia Kütz.
hummii Hust.
roeseana Rab.
sol (Ehr.) Kütz.
sulcata (Ehr.) Kütz.
ODONTOTROPIS
cristata (Grun.) Grun.
PLANKTONIELLA
sol (Wall.) Schütt
PODOSIRA
hormoides (Mont.) Kütz.
stelliger (Bail.) Mann
RHIZOSOLENIA
alata Brightw .fa alata
castracanei Per.
hebetata Bail, fa hebetata
hebetata fa semispina (Hensen) Gran
imbricata Brightw. fa. imbricata
imbricata var. shrubsolei (Cl.) Schrôder
setigera Brightw.
STEPHANODISCUS
astraea (Ehr.) Grun.
R - - C
R - - t
F C
R R - C
TF TF - C
rh, oh, rth
rh, rth, eth
rh, oh, eth
rh, ph, rth
eh,eth
R
T eh, sth, eth
F T, t eh, rth, eth, mph
C hh,rh,rth
C ph, eh, rth
R F
R F
F
R F
F R
F R
R R
C eh,eth
T eh, sth, eth
C eh, rth, mth
C eh,eth
C eh, sth, mth
T, t sth, mth
t rth, mth
R
F C rh, oh, rth, mth
STICTOCYCLUS
nuiensis Ricard
rh, eh, eth
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
285
TH A LASSIOSIRA
subtilis (Ost.) Gran
TF
F
- T, t
eh, rth, mth
excentrica Cl.
R
F
T, t
eh, rth, mth
hyalina (Grun.) Gran
F
R
C
rh, eh, rth, mth
TRICERATIUM
alternans Bail.
R
C
sh, ph, rth, mth
antediluvianum (Ehr.) Grun.
R
tf
sth, mth
articum Brightw.
R
C
rh,rth
bullosum Wittney
F
- T, te
eh, rth, mth
calvescens Castr.
TF
R
T, t
eh, rth, eth
circulare Grun.
R
- T, te
eh, rth, eth
dubium Brightw.
F
F
T, te
eh,eth
favus Ehr. fa favus
R
F
- T, t
eh, rh, mth
favusfa quadrata Grun.
R
- T, t
rh, hh,eth
formosum Brightw. fa formosum
TF
R
T, t
rh, rth, eth
formosum fa quadrangulare (Grev.) Hust.
F
R
- T, t
eh,eth
formosum fa quinquelobatum (Grev.) Hust.
F
R
T, t
eh, eth
réticulum fa quadrangularis Hust.
F
R
T, t
eh, rth, eth
réticulum fa hexagonale Ricard
F
R
T
eh, sth, eth
réticulum Ehr. fa réticulum
TF
R
T, t
eh, rth, eth
shadboltianum Grev.
TF
R
T, te
eh, rth, eth
shadboltianum var. elongatum Grun.
F
T, t
eh,rth, eth
spinosum Bail.
F
t
rh,rth
286
M. RICARD
DIATOMÉES PENNÉES
ACHNANTHHS
brevipes Ag.
F
C
rh, ph, eth
brevipes var. angustata (Grev.) Cl.
F
C
eh, eth
brevipes var.parvula (Kütz.j Cl.
F
T, t
rh, rth, mth
citronella (Mann) Hust.
R
F
T
rh, sth, eth
dispar Cl.
R
t
sh, oh, rth, oth
inflata (Kütz.) Grun.
F
F
C
rh, oh, mth
inflata var. elata (Leud. et Fort.) Hust.
F
T, t
rh, hh, rth, mth
harrissottii Choln.
R
te
rh, oh, rth, mth
lanceolata (Brebisson) Grun.
R
F
t
rh, oh, mth
longipes Ag.
R
R
t
rh, eh, rth, eph
ôstrupi (Cleve-Euler) Hust.
R
t
sh, oh, rth, mth
plônensis Hust.
R
t
oh, oth, rth
rhombica Ostr.
TF
T, t
ph, rth, oth
MPHIPRORA
alata (Ehr.) Kütz.
F
R
T, t
rh, mh, rth
alata var. pulchra (Bail.) Cl.
R
R
t
mh, rth, eth
gigantea var. sulcata (O’Meara) Cl.
R
R
T, t
eh, eth
quinquegibba Ricard
R
T
rh, ph, eth
temperei Cl.
R
T
rh, rth, eth
MPHORA
acuta var. arcuata (A. S.) Cl.
F
T, te
eh, rth, eth
angularis Greg.
F
t
eh, rth, mth
angusta Greg. var. angusta
TF
C
rh, ph, eth
angusta var. ventricosa (Greg.) Cl.
F
C
rh, ph, rth, mth
arenaria Donk.
F
R
t
rh, ph, rth, mth
aspera Petit
R
T, te
eh, sth, eth
baccata Mann
R
T, t
sh, ph, rth, mth
bigibba Grun.
R
T, t
eh, rth, eth
binodis Greg.
R
t
rh, ph, eth
cingulata Cl.
F
R
T, te
rh, ph, sth, eth
coffeaeformis (Ag.) Kütz.
F
R
C
rh, hh, rth, mth
costata Wm. Sm. var. costata
F
C
rh, eh, rth, mth
costata var. inflata (Grun.) Per.
F
C
rh, eh, rth, mth
crassa Greg. var. crassa
F
F
C
rh,rth
crassa var. spuria Cl.
cymbifera Greg.
decussata var. briocensis Leud. et Fort, ex Cl.
digitus A. S.
dubia Greg.
egregia Ehr.
eunotia Cl.
exigua Greg.
exsecta Grun.
gigantea Grun.
grevilleana Gregory
grevilleana var. identata Ricard
graeffii (Grun.) Cl.
granulata var. bigibbosa Ricard
gruendleri Grun.
janischii A. S.
japonica Meister
t
t
T, t
T, t
T, te
C
T, t
te
T, te
C
T
T, te
T
T, te
T, te
eh, sth, eth
rh, ph, rth, mth
rh, ph, rth, mth
rh,rth
rh, rth
rh, eh, sth, eth
rh, ph, mth, oth
rh, ph, rth
rh, eth
rh, eh, sth, eth
rh, rth
eh,eth
rh, eh, sth, eth
rh, eh, eth
rh, eh, mth
rh, eh, rth, eth
rh, rth
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
287
lineolata Ehr.
longa Hust.
lunula Cl.
macilenta Greg.
mexicana A. S. var. mexicana
mexicana var. minima Per.
normanii Rab.
obtusa Greg. var. obtusa
obtusa var. radula Cl.
obtusa var. rectangulata Per.
ostrearia Breb. ex Kütz. var. ostrearia
ostrearia var. vitrea Cl.
proboscidea (Greg.) Cl.
proteus var. oculata Per.
rhombica Kitton
robusta Greg.
schmidtii Grun.
schmidtii var. minor
schleinitzii Jan.
securicula Per.
spectabilis Greg.
staurophora (Castr.) Cl.
sulcata (Bréb.) Cl.
terroris Ehr.
triseriata Ricard
turgida Greg.
ANOMOEONEIS
serions (Bréb.) Cl.
ASTERIONELLA
glacialis Castr.
notata Grun.
AURICULA
complexa (Greg.) Cl.
insecta (Grun.) Cl.
intermedia (Lewis) Cl.
mahutchoniae Giffen
BACILLARIA
paradoxa Gmelin
CALONEIS
bacillum (Grun.) Meer.
bicuneata (Grun.) Roper
fossilis Cleve-Euler
liber (Wm. Sm.) Cl.
silicula (Ehr.) Cl.
CAMPYLODISCUS
adriaticus var. massiliensis Grun.
biangulatus Grev.
biangulatus var. lorenzianus (Grun.) Per.
brightwellii Grun.
browneanus var. rotula (Grun.) Deby
R - - t rh, ph, rth, mth
R
T, t
eh, rth, eth
R
T
rh, eh, sth, eth
R
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eh, rth, mth
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R
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F
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R
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F
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rh, rth, eth
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C
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F
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R
T, t
rh, ph, rth
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rh, hh, rth, mth
F
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rh, eh, rth, mth
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T, te
rh, hh, rth, eth
F
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rh, rth, eth
F
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rh, oh, rth, mth
R
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rh, rth,
F
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rh, ph, rth, mth
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R
F
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rh, oh, rth, mth
F
R
T, te
rh, eh, rth, eth
R
T, te
rh, eh, rth, mth
R
te
rh, eh, rth, mth
R
T
rh, ph, rth, eth
R
T
eh, sth, eth
288
M. RICARD
circumactus A. S.
decorus var. pinnatus Per.
decorus Breb. var. decorus
echeneis Ehr.
exilis Grun.
fastuosus Ehr.
incertus A. S.
innominatus Ross et Abdin
intermedius Grun.
kittonianus var. zanzibaricus Grun.
latus Shadbolt
limbatus Breb. var. limbatus
limbatus var. astralis Eul.
pseudowallichianus Ricard
punctulatoides Ricard
ralfsii Wm. Sm.
wallichianus Grev.
CAMP YLONEIS
grevillei (Wm. Sm.) Grun.
CLIMA COSPHENIA
elongata Bailey
moniligera Ehr.
COCCONEIS
britannica Naegeli
cyclophora var. décora A. S.
dirupta Greg. var. dirupta
dirupta war.flexella (Jan. et Rab.) Grun.
distans Greg.
heteroidea Hant. var. heteroidea
heteroidea var. curvirotunda (Temp. et
Brun) Cl.
pellucida Hant.
placentula Ehr. var. placentula
placentula var. euglypta (Ehr.) Grun.
pseudomarginata Greg. var . pseudomarginata
pseudomarginata var. intermedia Grun.
scutellum Ehr. var. scutellum
vairaensis Ricard
C YLIN DR OTHECA
closterium (Ehr.) Reimann et Lewin
CYMATONEIS
circumvallata Cl.
sulcata (Greg.) Cl.
CYMATOPLEURA
solea (Breb.) Wm. Sm.
CYMBELLA
tumida (Breb.) V. H. var. tumida
tumida var. gracilis Hust.
F
T
sh, eh, sth, eth
TF -
te
rh, eh, mth
R
t
rh, rth, mth
R
t
rh, ph, rth, mth
R
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R
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TF -
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rh, hh, rth, eth
F
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R
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F
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F
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F
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TF -
T, t
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rh, oh, rth, mth
TF -
C
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F
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rh,rth
R
C
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TF -
T
rh, ph, sth, eth
TF F
C
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R
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eh, eth
F
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ch,eth
F
C
oh, rth
R F
C
oh, rth
R
T
oh, sth, ci
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
289
D1MERF.GR AMM A
dubium (Grun.) Grun.
furcigerum Grun.
minor (Greg.) Ralfs
minor var. nana (Greg.) V. H.
DIPLONEIS
advena (A. S.) Cl.
bomboides (A. S.) Cl.
bombus Ehr. var. bombus
chersonensis (Grun.) Cl.
coffaeiformis (A. S.) Cl.
crabro (Ehr.) Ehr. var. crabro
crabro var. excavata Hust.
crabro var. gloriosa (Brun) Cl.
debyi (A. S.) Cl.
fusca (Greg.) Cl. var. fusca
fusca var. pelagi (A. S.) Cl.
gemmata (Greg.) Cl.
graeffii (Grun.) Cl.
littoralis (Donk.) Cl. var. littoralis
littoralis var. clathrata (Ost.) Cl.
notabilis (Grev.) Cl.
papula (A. S.) Cl.
smithii (Breb.) Cl.
splendida (Greg.) Cl.
subcincta (Grev.) Cl.
suborbicularis (Greg.) Cl.
vacillans (A. S.) Cl. var. vacillans
vacillans var. renitens (A. S.) Cl.
EPITHEMIA
cistula (Ehr.) Ralfs
turgida (Ehr.) Kütz.
zébra (Ehr.) Kütz. var. zébra
zébra var . porcellus (Kütz.) Grun.
EUNOTIA
praerupta var. bidens Grun.
FRAGILARIA
crotonensis Kit.
heidenii Ost.
meisterii (Meist.) Van Land.
GL YPHODESM1S
acus Mann
GOMPHONEMA
acuminatum Ehr. var. acuminatum
acuminatum var. coronatum (Ehr.) Wm. Sm.
constrictum Ehr. var. constrictum
constrictum var.capitatum (Ehr.) Grun.
insigne Greg.
parvulum (Kütz.) Kütz. var. parvulum
parvulum var. micropus (Kütz.) Cl.
TF
R
T, te
eh, eth
F
R
T, te
eh, eth
F
t
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R
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R
T
sh, eh, sth, eth
R
T, te
eh, sth, eth
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T, te
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F
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T
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R
T, te
eh, rth, eth
R
T
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R
C
rh,rth
R
A
ph,rth, oth
F
T, t
rh, rth
R
T, te
rh, eth
TF
R
C
rh, ph, rth
F
C
rh, rth
F
C
rh,rth
R
R
T, t
rh, rth
F
T, te
rh, rth, eth
R
T
eh, sth, eth
F
t
oh, oth
R
t
oh,oth
R
F
t
oh, oth
F
TF
t
rh, mh, rth
R
F
t
oh, oth
R
F
t
oh, mth
R
t
oh,oth
R
t
oh, oth
R
T
rh, eth
F t
sh, oh, rth, mth
- TF t
sh, oh, rth, mth
F - TF t
rh, mh, mth
F - TF T, t
rh, mh, rth, mth
F t
oh, mth
F t
sh, oh, mth
F t
oh, mth
290
M. RICARD
vaipohense Ricard
R
T
rh, oh, sth, rth
lanceolatum var. insignis (Greg.) Cl.
R
T, t
rh, oh, rth, eth
G R AMM A TOPHORA
gibberula Kütz.
R
R
T, t
rh, rth
hamulifera Kütz.
R
C
eh, rth, eth
marina (Lyngb.) Kütz. var. marina
TF
R
C
rh, rth
marina var. tropica (Kütz.) Cl. et Mol.
F
T, t
rh, rth, eth
oceanica Ehr. var. oceanica
TF
R
T, t
eh, eth,rth
oceanica var. macilenta (Wm. Sm.) Grun.
R
T, t
rh, rth
oceanica var. subtilissima (Bail.ex Ralfs) Hust.
F
T, t
rh, rth
punctata Leud. et Fort.
F
T
eh, sth, eth
serpentina (Ralfs) Ehr.
R
t
rth, mth
undulata Ehr.
F
T
eh, sth, eth
jYROSIGMA
balticum (Ehr.) Rab.
TF
F
T, t
rh, ph, rth, mth
diminutum (Grun.) Cl.
F
te
elegans Ricard
TF
T
eh, sth, eth
elegans var. recurvum Ricard
R
T
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gibbosum Ricard
TF
R
T
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inflatum Ricard
TF
T
eh, sth, eth
lanceolatum Ricard
TF
T
eh, sth, eth
reversum Ricard
F
T
eh, sth, eth
spathulatum Ricard
TF
T
eh, sth, eth
spenceri (Wm. Sm.) Griffith et Henfrey
F
R
te
rh, ph, eth
uncinatum Ricard
R
T
eh, sth, eth
wansbeckii (Donk.) Cl.
R
t
rh, ph, mth
HANTZSCHIA
amphioxys (Ehr.) Grun.
HYDROSILICON
mitra Brun
LICMOPHORA
debyi (Leud. et Fort.) Mann
ehrenbergii (Kütz.) Grun.
ehrenbergii fa angustata (Grun.) Grun.
gracilis (Ehr.) Grun.
grandis var. divisa (Kütz.) Grun.
juergensii fa elongata (Per.) Hust.
mediterranea Meer.
paradoxa (Lyngb.) Ag.
pinnulata Ricard
LICMOSPHENIA
clevei Meer.
peragalli Meer.
MASTOGLOIA
achnanthioides Mann
acutiuscula Grun.
acutiuscula var. elliptica Hust.
acutiuscula var. vairaensis Ricard
affirmata (Leud. et Fort.) Cl.
F - - T
R - - T
F - - t, A
F R t
R - - t
R R - C
F - - t
R - - te
F - - t
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F - - T
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R - - T
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ph, mth
ph, rh, rth, mth
ph, mth
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rh, mth
eh, sth, eth
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eh, eth
eh, sth, eth
eh, sth, eth
ph, sth, eth
rh, eh, sth, eth
eh, sth, eth
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
291
angulata Lew.
apiculata Wm. Sm.
asperafa lanceolata Ricard
aspera var. crassa Ricard
asperuloides var. angustatissima Ricard
baldjickiana Grun.
binotata (Grun.) Cl.
borneensis Hust.
bourrellyana Ricard
citroides Ricard
citrus Cl.
citrusfa lanceolata Voigt
cocconeiformis Grun.
composita Voigt
corsicana Grun.
crucicula Grun.
decipiens Hust.
decussata Grun.
delicatissima Hust.
depressa Hust.
erythrea Grun.
exigua Lew.
exilis Hust.
fimbriata (Bright.) Cl.
gomphonemoides var. cuneata Meist.
grana Ricard
gregorii Ricard
horvathiana Grun.
hustedtii Meist.
inaequalis Cl.
ignorata Hust.
kariana Grun.
kjellmanii Cl.
lanceolata Thw.
liaotungensis Voigt
manokwarensis Chol.
mauritania Brun
mediterranea var. elliptica Voigt
nuiensis Ricard
occulta Voigt
ovalis A. S.
ovulum Hust.
ovum-paschale (A.S.) Mann
per acuta Jan.
perfecta Ricard
pisciculus var. staurophora (Hust.) Ricard
praecincta Voigt
pseudoasperuloides Ricard
pseudolatericia Voigt
pseudoparadoxa var. rostratiuscula Ricard
pulchella Cl.
punctatissima (Grev.) Ricard
pusilla var. subcapitata Hust.
quinquecostata Grun.
rhombica Cl.
rostrata (Wallich) Hust.
schmidtii Heiden et Kolbe
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F
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rh, ph, rth, mth
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F
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T
rh, eh, sth, eth
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R
R
T
eh,eth
R
C
rh, rth
292
M. RICARD
sigillata Voigt
similis Hust.
subacuta Hust.
subaffirmata Hust.
sublanceolata Voigt
sublatericia Hust
tautirensis Ricard
tenuis Hust.
testudinea fa rostrata Ricard
undulata Grun.
varians Hust.
NA VICULA
abruptoides Hust.
adumbrata Chol.
ambigua Ehr.
biformis (Grun.) Cl.
cancellata Donk.
clavata Greg.
clavata var. venustioides (Mer.) Amossé
confervacea (Kütz.) Grun.
consors A. S.
cryptocephala Kütz. var. cryptocephala
cuspidata Kütz.
digito-radiata (Greg.) Ralfs
directa var. remota Cl.
disclusa Hust.
exigua (Greg.) Grun.
explicata Hust.
forcipata Grev.
fundata Hust.
granulata Bail.
grevilleoides Hust.
hennedyi fa granulata Grun.
hennedyi var.furcata Per. et Per.
jaemefeltioides Ricard
kariana Grun.
laterostrata Hust.
longa (Greg.) Ralfs
lyra A. S.
lyra var. atlantica A. S.
lyra var. recta Grev.
lyra var. subtypica Hust.
lyroides Hendey
lyroides var. sparsipuncta Ricard
maculosa Donk.
marina Ralfs
menisculus Schumann
mutica fa intermedia Hust.
nicobarica Grun.
ny Cleve
perobesa A. S.
perrhombus Hust.
plicatula Grun.
polae Heiden
pupulafa capitata (Hust.) Hust.
pseudony Hust.
R
- T, te
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R
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F
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ph, eth
R
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t
oh, mth
F
T, te
sth, eth
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
293
ramosissima (Ag.) Cl eve/a ramosissima
rectelineata Meister
rhombica Greg.
rhombiformis Hust.
rhynchocephala Kütz.
robertsiana fa typica Hust.
robertsiana var. cuneata (A. S.) Amossé
rostellata Kütz.
rudis Cleve
seminulum Grun.
zosteretii Grun.
R - - T,t
R t
R - T, t
R - - T
F t
TF R - T
FR - T, t
R - R t
F - - T,te
R tf
R - - T, te
rh, ph, rth, eth
rth, mth, oh
rh, ph, rth, mth
rh, mh, sth, eth
rh, oh, mth
sth, eth
rth, eth
rh, oh, rth, mth
eth
oh, rth, mth
eth
NITZSCHIA
acuta Cl.
amphibia Grun.
angularis Wm. Sm.
angustata (Wm. Sm.) Grun.
apiculata (Greg.) Grun.
clarissima Per.
curvirostris Cl.
constricta var. bombiformis
delicatissima Cl.
distans Greg.
distans var. tumescens Greg.
graeffi Grun.
hantzschiana Rab.
insignis Greg.
jelineckii Grun.
littoralis Grun.
longissima (Bréb. ex Kütz.) Ralfs fa longissima
longissima fa parva V. H.
lorenziana Grun.
majuscula Grun.
marginulata var. genuina Grun.
marginulata var. didyma Grun.
maxima Grun.
nicobarica Grun.
panduriformis Greg.
plana Wm. Sm.
punctata (Wm. Sm.) Grun. var .punctata
punctata var. coarctata Grun.
rigida Grun.
seriata Cleve
sigma var. intercedens Grun.
sigma var. rigida (Kütz.) Grun.
sigma (Kütz.) Wm. Sm. var .sigma
socialis Greg.
spathulata Bréb.
subtilis (Kütz.) Grun.
tryblionella Hant.
valida Cl.
ventricosa Palmer
vidovichii Grun.
vitrea Norman
weissflogii var. glabrata Grun.
R
C
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R
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F
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TF
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F
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F
T
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294
M. RICARD
OPEPHORA
pacifica (Grun.) Petit
schwartzii (Grun.) Petit
PINNULA RI A
acrospheria Bréb.
gracilis Heiden et Kolbe
streptoraphe Cl.
PL A GIOGRAMMA
atomus Grev.
costatum Grev.
interruptum (Greg.) Ralfs
staurophorum (Greg.) Heilberg
F R - T sth, eth
F - - T, t rth, eth
R C sh, oh, rth, mth
R A oth
R t sh, oh
T, te
eth
T
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T, te
eth
C
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PLEUROSIGMA
affine var. normanii (Ralfs) Per.
angulatum (Quekett) Wm. Sm.
cuspidatum Cl.
décorum Wm. Sm.
formosum Wm. Sm.
formosum var. balearica Per.
itium Ricard
itium var. angulatum Ricard
longum Cl.
rigidum Wm. Sm.
rigidum var. gigantea (Grun.) Cl.
simplex Ricard
strigosum Wm. Sm.
speciosum A. S.
tahitianum Ricard
vairaense Ricard
R
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T rh, ph, sth, eth
PODOCYSTIS
adriatica (Kütz.) Ralfs
R
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americana Bail.
R
R
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spathulata (Shad.) V. H.
TF
R
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spathulata fa anastomosons Meister
R
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PROGONAIA
musca (Greg.) Schrader
F
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C
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PSEUDOEUNOTIA
doliolus (Wal.) Grun.
R
R
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RAPHONEIS
amphiceros Ehr.
R
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amphiceros var. tetragona Grun.
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belgica Grun.
TF
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RHABDONEMA
adriaticum Kütz.
TF
F
C
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minutum Kütz.
R
R
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punctatum (Harv. et Bail.) Stod. ex Boy.
R
T, te
rth, eth
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
295
RHOICOS1GMA
antillarum Cl.
RHOPALODIA
gibba (Ehr.) O. Mtill.
gibbafa ventricosa (Ehr.) Grun.
gibberula (Ehr.) O. Müll.
musculus (Kütz.) O. Müll.
faanaensis Ricard
SCEPTRONEIS
peragalli (Leud. et Fort.) Meister
SPE RM A TOGONIA
antiqua Leud. et Fort.
STAURONEIS
polynesiae (Brun) Hust.
salina Wm. Sm.
STRIATELLA
interrupta (Ehr.) Heiberg
unipunctata (Lyngb.) Ag.
SV RI RELIA
biseratia Breb.
ceylanensis var. oblongestriata Hust.
fastuosa Ehr. var .fastuosa
fastuosa var. cuneata (A. S.) Per.
fastuosa var. intercedens (Grun.) Deby
fastuosa var. opulenta Grun.
fluminensis Grun.
gemma Ehr.
gemma var. ovata Skv.
linearis Wm. Sm.
martensiana (Grun.) Per.
pahoensis Ricard
reniformis Per.
simplissima Ricard
SYNEDRA
acus Kütz.
bacillaris (Grun.) Hust.
crystallina (Ag.) Kütz. var. crystallina
crystallina var. dalmatica Grun.
formosa Hant.
fulgens (Grev.) Wm. Sm.
hennedyana Greg.
hyperborea Grun.
laevigata Grun. var. laevigata
laevigata var. hyalina Grun.
robusta Ralfs
rumpens Kütz.
ulna (Nitzsch) Ehr.
ulna var. oxyrhynchus Kütz.
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R
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F
F
C
rh, oh, rth, mth
296
M. RICARD
undulata Bail.
S YNEDR OSPHENIA
gomphonema (Jan. et Rab.) Hust.
TABELLARIA
fenestrata (Lyngb.) Kütz.
THALASSIONEMA
nitzschioides Grun.
TH A LASSIOTRIX
frauenfeldii Grun.
mediterranea var. pacifica Cupp
TRACHYNEIS
aspera (Ehr.) Cl. var. aspera
aspera var. perobliqua Cl.
aspera var. elliptica Hendey
oblonga (Bail.) Per.
velatoides Ricard
TR OPIDONEIS
lepidoptera (Greg.) Cl. var. lepidoptera
lepidoptera var. robusta Per.
maxima (Greg.) Cl.
maxima var. subalata Cl.
vitrea (Wm. Sm.) Cl.
TF R
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T, te eh, sth, eth
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F
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F
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rh, ph, mth
297
ANNEXE 2 : Microphotographies
LÉGENDES DES PLANCHES
A. - MICROSCOPIE PHOTONIQUE
Planche 1 : 1. — Podocystis spathulata fa anastomosans Meister 40 x 66/im. 2. -Po-
docystis americana Bailey 33 x 20 /im. 3. Plagiogramma interruptum (Greg.) Ralfs 40
x 7 /im. 4. - Dimeregramma minor (Greg.) Ralfs 28 x 10/im. 5. — Opephora schwartzii
Petit 5 x 21 /im. 6. — Licmophora debyi (Leud. et Fortm.) Mann 105 x 18 /im. 7. — Fra-
gilaria heidenii Ostrup 9 x 44 /im. 8. — Cocconeis vairaensis Ricard 21 x 14 /im. 9 . — Ca-
loneis fossilis Cleve-Euler 40 x 7 /im. 10. —Caloneis silicula (Ehr.) Cleve 34 x 7 /im.
11. — Cocconeis cyclophora var. décora A. Schmidt 45 x 60 /im. 12. — Cocconeis granuli-
fera Grev. 26 x 12 /im. 13. - Mastogloia praecincta Voigt 33 x 18 /im. 14. — Mastogloia
bomeensis Hustedt 44 x 12 /im. 15. — Mastogloia pseudo-latericia Voigt 28 x 19 /Im.
16. Mastogloia sublatericia Hustedt 24 x 14/im. 17. — Mastogloiagomphonemoides var.
cuneata Meister 40x6 /im. 18. — Mastogloia rhombica Cleve 44 x 20 /Im.
Planche 2 : 1.- Mastogloia aspera var. lanceolata Ricard 42 x 22 /im. 2. — Mastogloia
bourrellyana Ricard 43 x 10/im. 3. — Mastogloia perfecta Ricard 44 x 20/im. 4. — Mas¬
togloia pisciculus var. staurophora Ricard 60 x 22 /Im. 5. — Mastogloia tautirensis Ricard
42 x 17 /im. 6. — Mastogloia testudinea var. vairaensis Ricard 65 x 22 /im. 7. — Masto¬
gloia acutiuscula var. lanceolata Ricard 26 x 11 /im. 8. — Mastogloia nuiensis Ricard 20
x 10 /im. 9. - Mastogloia citroides Ricard 11 x 22 /im. 10. — Mastogloia punctatissima
(Grev.) Ricard 60 x 45 /im. 11. — Mastogloia grana Ricard 18 x 9 /im. 12. — Mastogloia
gregorii Ricard 40 x 32 /im.
Planche 3:1. — Navicula robertsiana Grev. 55 x 180/im. 2. — Navicula lyrafa typica
A. Schmidt 154 x 56 /im. 3. — Navicula lyra fa recta Grev. 60 x 160/im. 4. — Navicula
lyra var. dilatata A. Schmidt 100 x 50 /im. 5. — Navicula lyra var. atlantica A. Schmidt
88 x 38 /im. 6. — Navicula abruptoides Hustedt 44 x 20 /im. 7. — Navicula plicatula
Grun. 84 x 22 /im. 8. — Navicula lyra var. atlantica A. Schmidt 42 x 12 /Im. 9. — Navi¬
cula forcipata Grev. 24 x 10/im. 10. — Navicula rudis Cleve 20 x 30/im. 11. — Navicula
lyroides var. sparsipunctata Ricard 44 x 23 /im. 12. —Navicula ny Cleve 22 x 15 /im.
13. Navicula disclusa Hustedt 33 x 16 /im. 14. —Navicula pseudony Hustedt 17 x
11 /im. 15. - Navicula polae Heiden 16 x 21 /im. 16. — Navicula confervacea (Kütz.)
Grun. 10 x 28 /im. 17. — Navicula ramosissima (Ag.) Cleve 31 x 8 /im. 18. — Navicula
adumbrata Cholnoky 10 x 30 /im. 19. — Navicula rhombiformis Hustedt 17 x 45 /Im.
20. — Navicula biformis (Grun.) Cleve 24 x 66 /im. 21. —Navicula kariana Grun. 8 x
22 /im. 22. — Navicula perobesa A. Schmidt 12 x 34 /im. 23. — Navicula rostellata Kütz.
10x72 /im. 24. — Navicula rectelineata Meister 11 x 69 /im.
Planche 4 : 1. — Diploneis fusca (Greg.) Cleve 36 x 92 /im. 2. — Diploneis fusca \ ar.
pelagi (A. Schmidt) Cleve 33 x 49 /im. 3. — Diploneis littoralis (Donk.) Cleve 12 x 35 /im.
4. - Diploneis crabro var. gloriosa (Brun) Cleve 36 x 80 /im. 5. — Diploneis crabro var.
excavata Hustedt 21 x 56 /im. 6.—Diploneis chersonensis (Grun.) Cleve 19 x 66 /im.
7. - Trachyneis aspera (Ehr.) Cleve 30 x 140 /im. 8. — Trachyneis velatoides Ricard 115
x 22 /im. 9. — Trachyneis velatoides Ricard 25 x 90 /Im. 10. —Navicula consors A.
Schmidt 17x61 /Im. 11. — Diploneis graeffii (Grun.) Cleve 21 x 70 /im. 12. — Cymato-
neis sulcata (Grev.) Cleve. 13. — Cymatoneis circumvallata Cleve 12 x 64 /im. 14. — Di¬
ploneis smithii (Breb.) Cleve 17 x 30 /im. 15. — Nitzschia ventricosa Palmer 14/im de lar¬
ge. 16. — Nitzschia panduriformis Greg. 36 x 60 /im. 17. — Nitzschia nicobarica Grun.
Source : MNHN, Paris
298
M. RICARD
63 x 182 /im. 18. — Nitzschia vidovichii Grun. 5 x 72 /im. 19. — Nitzschia constricta
var. bombiformis Grun. 64 x 120 fJ m. 20. — Nitzschia apiculata (Greg.) Grun. 8 x 50 /im.
21. — Nitzschia sicula (Castr.) Hustedt 33 x 9 /im. 22. - Nitzschia amphioxys (Ehr.) Grun.
7 x 35 /im. 23. — Nitzschia marginulata var. didyma Grun. 28 x 200 /im.
Planche 5 : 1. — Pleurosigma itium Ricard 1 00 x 19 /im. 2. — Pleurosigma itium var.
angulosum Ricard 34x 120//m. 3. - Gyrosigma gibbosum Ricard 20x 1 20/im. 4. — Gyro-
sigma lanceolatum Ricard 20 x 160 /im. 5. - Pleurosigma tahitianum Ricard 16 x 55/4m.
6. — Gyrosigma reversum Ricard 20 x 70 {Jm. 7. — Navicula jaernefeltioides Ricard 14 x
28 /4m. 8. — Licmophora pinnulata Ricard 22 x 110 /4m. 9. — Gyrosigma elegans Ricard
15 x 150 /4m. 10. — Pleurosigma formosum var. balearicum Per. 14 x 138/im. 11. — Gy¬
rosigma elegans var. recurvum Ricard 15 x 140 /4m. 12. - Gyrosigma balticum (Ehr.)
Rab. 370 x 45 /4m. 13. - Pleurosigma simplex Ricard 12 x 200 /4m. 14. — Gyrosigma
uncinatum Ricard 7 x 90/im. 15. - Pleurosigma vairaense Ricard 21 x 195/im. 16. - Gyro
sigma inflatum Ricard 220 x 50/im.
Planche 6 : 1. — Amphiprora quinquegibba Ricard 9 x 100 /1m. 2 . — Amphora
granulata var. bigibbosa Ricard 9 x 50 /4m. 3. Amphora grevilleana var. identata Ricard
11 x 80 /4m. 4. — Amphora triseriata Ricard 11 x 60 /im. 5. — Amphora crassa Greg.
20 x 105 /im. 6. - Amphora crassa var. spuria Cleve 15 x 87 /im. 7. - Amphora gru-
endleri Grun. 23 x 135 /im. 8. Amphora obtusa var. radula Cleve 16 x 130 /im. 9. -
Amphora egregia Ehr. 36 x 60 /im. 10. Amphora obtusa Greg. 35 x 140 /im. 11.
Amphora spectabilis Greg. 17 x 95 /im. 12. — Amphora grevilleana Greg. 13 x 70 /im.
13. - Amphora janischii A. Schmidt 10 x 56 /im. 14. - Amphora schmidtii Grun. 16 x
70 /Jm. 15. - Amphora coffeaeformis (Ag.) Kütz. 15 x 91 /im. 16. Amphora bigibba
Grun. 6 x 30 /im. 17. Amphora dubia Greg. 12 x 67 /im. 18 — Amphora rhombica
Kitton 28 x 180 /im. 19. — Amphora rhombica Kitton 28 x 180 /im. 20. - Amphora
cingulata Cleve 17 x 66 /im. 21. — Amphora securicula Per. 12 x 54/im. 22. — Amphora
acuta var. arcuata (A. Schmidt) Cleve 50 x 16 /im. 23. — Amphora mexicana var. minima
Per. 11 x 33 /im. 24. — Amphora angusta Greg. 8 x 56 /im. 25. — Amphora digitus A.
Schmidt 7 x 60 /im.
Planche 7 : 1. — Surirella martensiana (Grun.) Per. 11 5 x 50 /im. 2. — Surirellagemma
var. ovata Skv. 100 x 45 /im. 3. — Surirella fastuosa var. cuneata (A. Schmidt) Per. 72 x
56 /im. 4. — Surirella ceylanensis var. oblongestriata Hustedt 45 x 115 /im. 5. — Surirella
linearis Wm. Smith 20 x 200/im. 6. - Surirella pahoensis Ricard 16 x 28 /im. 7. - Suri¬
rella fluminensis Grun. 32 x 60 /im. 8. - Campylodiscus altar Brun 130 /im 0. 9. - Suri¬
rella simplissima Ricard 18 x 28 /im. 10. — Campylodiscuspunctulatoides Ricard 80 /im 0.
11. — Campylodiscus kittonianus var. zanzibaricus Grun. 85 /im 0. 12. — Hydrosilicon
mitra Brun 60 x 140 /im. 13. — Campylodiscus pseudowallichianus Ricard 90 /im 0.
14. — Campylodiscus wallichianus Grev. 110 /im 0.
Planche 8 : 1. - Auricula complexa (Greg.) Cleve 90 x 180 /im. 2. — Auricula ma-
hutchoniae Giffen 100 x 77 /im. 3. — Auricula intermedia (Lewis) Cleve 19 x 83 /im.
4. — Rhopalodia faanaensis Ricard 90 x 15 /im. 5. Pinnularia acrospheria Breb. 9 x
50 /im. 6. - Stictocyclus nuiensis Ricard 90 /im 0. 7. - Biddulphia edwardsii Febiger 26
x 36 /im. 8. - Biddulphia aurita (Lyngbye) Breb. et God. 20 x 40 /im. 9. - Gomphonema
vaipohense Ricard 70 x 18 /im. 10. — Raphoneis amphiceros var. tetrago na Grun. 17 /im
de côté. 11. — Progonaia musca (Greg.) Schrad. 9 x 48 /im. 12 . - Planktoniella sol
(Wall.) Schütt. 13. — Asteromphalus heptactis (Breb.) Ralfs 54 /im 0. 14 . - Podosira
stelliger (Bailey) Mann 100 /im 0. 15. -Podosira stelliger (Bailey) Mann 100 /im 0.
16. - Asteromphalus hookerii Ehr. 61 /im 0.
Planche 9 : 1 . — Xanthiopyxis umbonata Grev. 70 /im 0. 2.. — Actinocyclus rotula
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
299
Brun 22 /4m 0. 3. — Aulacodiscus amoenus Grev. 135 /4m 0. 4. — Thalassiosira hyalina
(Grun.) Gran 39 /4m 0. 5. — Triceratium réticulum fa hexagonale Ricard 80 /4m 0. 6. —
Biddulphia tahitianum Ricard 75 /4m 0 (vue connective). 7. — Biddulphia tahitianum
Ricard 75 /4m 0 (vue valvaire). 8. — Triceratium bullosum Wittney 45 /4m de côté. 9. —
Coscinodiscus radiatus Ehr. 140 /4m 0. 10. — Triceratium calvescens Castracane 110 /4m de
côté. 11. — Triceratium dubium Brightwell 32 /4m de côté. 12. — Aulacodiscus kittonii
var. africana (Cot.) Rat. 50 /4m 0. 13. — Coscinodiscus nitidus Greg. 25 /4m 0. 14. — Cos¬
cinodiscus marginatus Ehr. 70 /4m 0. 15. — Isthmia enervis Ehr. 45 x 130 /4m.
B. - MICROSCOPIE ÉLECTRONIQUE A BALAYAGE
Planche 10 : 1. — Amphora gruendleri Grun. 23 x 135 /4m (intérieur de la valve). 2. —
Amphora schmidtii Grun. 16 x 70 /4m (intérieur de la valve). 3. — Amphora janischii A.
Schmidt 10 x 56 /4m (intérieur de la valve). 4. — Amphora cingulata Cleve 17 x 66 /4m
(intérieur de la valve). 5. — Plagiogramma staurophorum (Greg.) Heilb. 44 x 13 /4m (exté¬
rieur de la valve). 6. — Plagiogramma staurophorum (Greg.) Heilb. 44 x 13 /4m (intérieur
de la valve). 7. — Navicula perobesa A. Schmidt 34 x 12/4m (intérieur de la valve). 8. —
Trachyneis aspera (Ehr.) Cleve 42 x 12 /4m (intérieur de la valve). 9. — Cocconeis pellucida
Grun. 45 x 31 /4m (extérieur de l’hypovalve). 10. — Plagiogramma atomus Grev. 14 x
24 /4m (intérieur de la valve mettant en évidence le pseudo-raphé, photo de gauche, et la
ponctuation du manteau, photo de droite. 11. — Nitzschia tryblionella Hantzsch. 17 x
46 /4m (extérieur de la valve). 12. — Climacosphenia moniligera Ehr. 37 x 320 /4m (inté¬
rieur de la valve montrant les cloisons internes). 13. — Stauroneis polynesiae (Brun) Hust.
15 x 83 /4m (intérieur de la valve). 14. — Podocystis spathulata (Shabd.) V. H. 170 x 62/4m
(intérieur de la valve). 15. — Navicula consors A. Schmidt 17 x 61 /4m (intérieur de la
valve). 16. — Nitzschia marginulata var. didyma Grun. 28 x 200 /4m (extérieur de la valve).
17. — Amphora schmidtii Grun. 16 x 70 /4m (extérieur de la valve). 18. — Amphora
obtusa Greg. 19 x 120 /4m (intérieur de la valve). 19. — Amphora schmidtii Grun. 23 x
70 /4m (vue connective).
Planche 11 : Triceratium spinosum Bailey fa : fig. 1 et 2 : vue d’ensemble de la surface
valvaire externe (700 x); fig. 3 : angle de la valve portant une épine et un processus avec
son ocelle (2000 x); fig. 4 : processus valvaire avec son ocelle terminal (5000 x); fig. 5 :
épine valvaire (5000 x); fig. 6 : fort grossissement montrant les pores valvaires ouvrant sur
les chambres internes (10000 x).
Triceratium formosum Brightwell fa formosum : fig. 7 : vue d’ensemble de la surface val¬
vaire externe (900 x); fig. 8 : angle de la valve (2800 x); fig. 9 : centre de la valve portant
des processus (4500 x); fig. 10 : fort grossissement montrant les 8 rimoportules du centre
de la valve et l’ouverture des chambres (13600 x).
Triceratium formosum fa quinquelobatum (Grev.) Hustedt : fig. 11 et 12 : vue d’ensemble
de la surface valvaire externe (1100 x); fig. 13 : centre de la valve portant 5 rimoportules
et des lames siliceuses triangulaires réparties entre les pores.
Planche 12 : Biddulphia reticulata Roper : fig. 1 : frustule en vue connective (1200 x);
fig. 2 : vue connective mettant en évidence la décoration du frustule (900 x); fig. 3 : man¬
teau et bandes connectives (1700 x); fig. 4 : angle de la valve avec une corne et son ocelle
terminal, des épines et un rimoportule (5600 x); fig. 5 : détail d’un rimoportule avec son
ouverture (12000 x); fig. 6 : vue interne oblique du manteau et de la surface valvaire
(1300 x); fig. 7 : vue interne de la surface valvaire ponctuée (1300 x).
Odontotropis cristata (Grun.) Grun. fa : fig. 8 : frustule en vue connective (450 x); fig. 9 :
surface valvaire portant deux cornes terminées chacunes par un ocelle, deux longs rimo¬
portules dont un est brisé et des épines plus courtes, simples ou ramifiées qui sont vraisem¬
blablement des rimoportules (2000 x); fig. 10 : vue connective montrant les trois cornes
300
M. RICARD
de la surface valvaire, l’ensemble des rimoportules et les ceintures ponctuées dont les sutures
latérales sont ouvertes (1000 x); fig. 11 : détail de la surface valvaire avec, en premier plan,
la base cassée du 3e rimoportule (10000 x); fig. 12 : détail du manteau et des pores de la
ceinture (5000 x).
Planche 13 : Diploneis bombus Ehr. : fig. 1 : frustule en vue connective (3200 x);
fig. 2 : frustule en vue oblique (3200 x); fig. 3 : vue d’ensemble de la surface valvaire
(3600 x); fig. 4 . pôle proximal avec les ceintures des deux valves emboîtées (6300 x);
fig. 5 et 6 : raphé et nodule central (7000 x).
Diploneis crabro (Ehr.) Ehr. : fig. 7 et 8 : vue générale d’une valve (650 x); fig. 9 : termi¬
naisons centrales du canal raphéen (2500 x); fig. 10 : terminaison polaire du canalraphéen
(5000 x); fig. 11 et 12 : vue générale interne d’une valve (700 x); fig. 13 : détail de la partie
centrale interne d’une valve (1800 x).
Planche 14 : Surirella martensiana (Grun.) Per. : fig. 1 : vue générale externe d’une
valve (1800 x); fig. 2 : canal raphéen avec ses extrémités distales (10000 x); fig. 3 : canal
raphéen avec ses extrémités proximales; fig. 4 : vue générale interne d’une valve (1000 x);
fig. 5 : vue de l’intérieur de la valve et des parties externes et internes du manteau (1600 x);
fig. 6 : côtes valvaires internes (5200 x); fig. 7 : terminaisons proximales du raphé sur la
partie externe et nodule central sur la face interne (10000 x); fig. 8 : nodule central et
côtes internes (9000 x); fig. 9 : face externe du manteau et terminaisons polaires du raphé
(7800 x); fig. 10 : nodule central vu de dessus (10000 x); fig. 11 : nodule apical vu de
dessus (10000 x).
Planche 15 : Campylodiscus innominatus Ross et Abdin : fig. 1 et 2 : vue générale in¬
terne d’une valve (1000 x); fig. 3 : vue générale externe d’une valve (1000 x); fig. 4 : détails
de l’ornementation de la surface externe de la valve (6000 x); fig. 5 et 6 : détails de la carè¬
ne et des extrémités proximales du raphé, vue externe de la valve (10000 x); fig. 7 : extré¬
mités distales du raphé et nodules polaires (10000 x); fig. 8 : portion interne de l’aile avec
les fenêtres et la carène (6000 x); fig. 9 : bordure inférieure de la valve surplombant la
carène avec le raphé (10000 x); fig. 10 : détail d’une partie externe de l’aile avec la carène
au premier plan (12000 x); fig. 11 : côtes externes reliant le centre de la valve à l’aile et
encadrant les fenêtres (12000 x); fig. 12 : partie centrale externe de la valve.
Planche 1
301
Source : MNHN. Paris
302
Planche 2
Source : MNHN, Pari si
Planche 3
303
Source : MNHN. Paris
304
Planche 4
Source : MNHN, PariM
Planche 5
305
Source : MNHN, Paris
306
Planche 6
Source : MNHN. Pari J
Planche 7
307
Source : MNHN, Paris
308
Planche 8
Source : MNHN, PariM
Planche 9
309
Source : MNHN, Paris
310
Planche 10
Source : MNHN, Paris
•Miam
Planche 11
311
Source : MNHN. Paris
312
Planche 12
Source : MNHN, PariM
Planche 13
313
314
Planche 14
Source : MNHN, Pana
Planche 15
315
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN, Pari.
ANNEXE 3 : Répartition des espèces
en fonction de la pluviosité et de la température
317
ACHNANTHES
brevipes
brevipes v.angustata
citronella
inf lata
in,flata v.elata
rhombica
ACTINOCYCLUS
ehrenbergii
8ubtilis
ACTINOPTYCHVS
splendens
AMPHIPRORA
alata
eutoaba
AMPHORA
acuta v.arcuata
angularis
angusta
arenaria
baccata
bigibba
aoffeaefovmis
cingulata
co8tata
crassa
cymbifera
digitus
dubia
eggregia
exsecta
exigua
gigantea
granulata v.bigibbosa
graeffii
grevillecma
gruendleri
janischii
lineolata
lunula
macilenta
mexicana
normanii
obtusa
obtusa v.rectangulata
proboscidea
proteua v.oculata
Source :
318
M. RICARD
AMPHORA
rhombioa
robusta
seourioula
speotabilis
schmidtii
schrrrLdtii v.minor
staurophora
triseriata
turgida
grevilleana v.indent.
ASTEROLAMPRA
marylandica
AURICULA
oomplexa
inseota
intermedia
mahutahoniae
BIDDULPHIA
aurita
bàlaena
pulchella
regia
retioulata
rhombus
titiana
tuomeyi
BACTERIASTRUM
delioatulum
elongatum
CALONEIS
baoillion
liber
siliaula
CAMPÏLODISCUS
adriatious v.massil.
biangulatus
biang.v.lorenzianus
brightwellii
circumactus
deoorus v.pinnatus
fastuosus
inoertus
innominatus
intermedius
latus
punctulatoides
ralfsii
wallichianus
Sporad. Chaud Froid Indiffe
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
319
CHAETOCEROS
atlanticum
compression
curvisetvm
messanense
pemvianim
CLIMACOSPHENIA
elongata
moniligera
COCCONEIS
britannica
heteroidea
pellucida
placentula
pseudomarginatus
scutellwn
vairaense
COSCINODISCUS
marginatus
nitidus
nodulifer
DIPLONEIS
bomboides
bombus
chersonensis
coffaeiforrris
crabro
débyi
fusca
littoralis
notabilis
papula
splendidu8
smithii
subcincta
suborbicularis
vacillans
vacillons v.renitens
radiatus
DIMEREGRAMMA
dubium
furcigerum
minor
ETHMODISCUS
appendiculatus
gazellae
GRAMMATOPHORA
hamulifera
marina
oceanica
undulata
320
M. RICARD
FRAGILARIA
meisterii
GYROSIGMA
balticum
elegcms
inflata
gibbosum
lanceolatvm
réversion
spathulata
HANTZSCHIA
amphioxys
HEMIAULUS
hauokii
HEMIDISCUS
auneiformis
HYDROSILICON
rrritra
LICMOPHORA
ehrenbergii
graoilis
mediterranea
LICMOSPHENIA
olevei
peragalli
MASTOGLOIA
achnanthioides
affirmata
baldjickiana
binotata
citrus
composita
aorsioana
crucicula
decipiens
decus8ata
delioatissima
erythrea
exili.8
fimbriata
borvathiana
inaequalis
kjellmanii
ovulum
peracuta
punotatissima
quinqueco8tata
8ahmidtii
subaffirmata
undulata
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
321
MELOSIRA
roeseana
aulcata
MVICULA
adurrbrata
ambigua
atlantica
caneellata
clavata
confervacea
Gon&ovs
cyprinus
directa
diacluaa
elliptica
forcipata
fundata
granulata
grevilleana
hermedyi
kariana
longa
lyra _
lyroides
marina
maculoaa
mutica
perobeea
perrhombua
plicatula
polae
pseudony
pupula
ramoaiaaima
rhombiaa
robertsiana
rostellata
rudis
NITZ9CHIA
acuta
amphibia
amphioxya
anguLaria
anguata v.genuina
apiculata
clariasima
closterium
con8tricta v.bombifoxm.
distan8
distana v.tumescens
graeffii
insignis
jelineckii
322
M. RICARD
NITZSCHIA
hantzschiana
longissima
lorenziana
majusaula
marginulata
maxima
panduriformis
plana
nicobarica
punatata v.coarctata
rigida
sigma
sigma v.intercedens
sigma v.rigida
socialis
spathulata
tryblionella
valida
vidovichii
vitrea
weissflogii
OPEPHORA
pacifica
PLAGIOGRAMMA
atomuB
interruption
staurophomum
PLEUROSIGMA
angulation
affine v.normanii
auspidatum
décorum
formosum
itium
longion
rigidum
simplex
specio8um
tahitianion
vairaense
PODOCÏSTIS
spathulata
PROGONAIA
musca
PODOSIRA
hormoide8
8telliger
PSEUDOEUNOTIA
doliolus
RHABDONEMA
adriatimon
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
323
RHOICOSIGMA
antillarum
RHAPHONEIS
amphioeros
amphioeros v.tetragona
belgioa
RHIZOSOLENIA
alata
imbricata
imbrioat.v.shrubsolei
hébetata fa semispina
setigera
SCEPTRONEIS
peragalli
STAURONEIS
polynesiae
satina
SURIRELLA
biseriata
oeylanensis
fastuosa
fluminensis
pahoensis
reniformis
simp Zex
SYNEDRA
aou8
baoillaris
crystallina
formosa
fulgen8
hennedyana
laevigata v.hyalina
robus ta
rumpens
ulna
undulata
SYNEDROSPHENIA
gomphonema
TABELLARIA
fenestrata
TRACHYNEIS
THALASSIOSIRA
exoentrica
hyalina
324
M. RICARD
TRICERATIUM
oalvesaens
dubium
formo8um fa formosvm
form.fa quadranguLare
quinque lobation
retiaulum
shadboltianum
spinosum
TROPIDONEIS
lepidoptera
lepidopt.v.robu8ta
maxima
vitrea
325
ANNEXE 4 : Espèces dominantes et/ou caractéristiques
des lagons de Faaa et de Vairao
LAGON DE FAAA
Janvier 1972
Navicula longa 89.9
Ethmodisous appendiculatus 56.2
Navicula acmcellata 41.9
Melosira suloata 33.7
Podocystis spathulata 27.6
Naviaula lyra 26.6
Surirella fastuosa 21.5
Trachyneis aspera 19.4
Synedra hennedyana 17.4
Nitzschia longissima 16.3
Février 1972
Aotinocyolus subtilis 72.3
Ethmodisous ccppendioulatus 64.4
Naviaula longa 53.5
Triceratium formosum 38.6
Navioula aanaellata 25.7
Synedra hennedyana 25.7
Tropidoneis lepidoptera 22.8
Podocystis spathulata 19.8
Triceratium shadboltianum 19.8
Amphora obtusa 18.8
Mars 1972
Ethmodisous appendiculatus 76.6
Actinocyclus subtilis 55.7
Mastogloia binotata 43.8
Naviaula longa 36.8
Podocystis spathulata 35.B
Climaco8phenia moniligera 29.9
Rhizosolenia alata 27.9
Surirella fastuosa 25.9
Triaeratium shadboltianum 22.9
Synedra hennedyana 21.9
Avril 1972
Actinocyclus subtilis 75.0
Ethmodisous appendiculatus 70.0
Amphora cymbifera 54.6
Naviaula longa 40.0
Rhabdonema adriaticum 33.1
Synedra rumpens 29.2
Chaetoceros curvisetum 25.3
Cocconeis pellucida 24.4
Mastogloia crucicula 24.4
Triceratium shadboltianum 23.4
Biddulphia regia 24.4
Synedra robusta 23.6
Navicula elliptica 23.5
Surirella simplissima 21.7
Pleurosigma tahitianum 21.0
Navicula disclusa 13-4
Diploneis suborbiculoris 13.3
Rhaphoneis amphiceros 10.5
Amphora longa 10.0
Navicula rhombiaa 9.1
Diploneis vacillons 22.8
Navicula disclusa 19.5
Rhizosolenia alata 15.1
Plagiogramma interruption 14.4
Biddulphia regia 11-8
Ethmodisous gazellae 10.7
Navicula forcipata 10.2
Mastogloia erythrea 10.2
Stauroneis salina 9.8
Campylodiscus punctulatoides 9.0
Rhizosolenia alata 47.3
Rhaphoneis amphiceros 41.0
Synedra rumpens 22.9
Nitzschia amphioxys 18.4
Pleurosigma décorum 18.2
Navicula rhombica 17.7
Coscinodiscus radiatus 15.3
Mastogloia erythrea 15.3
Mastogloia subaffirmata 12.4
Navicula mutica 12.4
Synedra rumpens 67.1
Pleurosigma longum 19.7
Amphora longa 19.2
Navicula disclusa 19.2
Rhizosolenia alata 46.5
Navicula rhombica 14.4
Amphora cymbifera 44.4
Pseudoeunotia doliolus 43.0
Pleurosigma cuspidatum 42.4
Mastogloia subaffirmata 42.2
Source : MNHN, Paris
326 M. RICARD
LAGON DE FAAA
Mai 1972
Ethmodiscus appendiculatus 56.1
Melosira sulcata 44.4
Chaetoceros curvisetum 42.3
Dimeregramma dubium 27.5
Càloneis liber 25.4
Surirella fastuosa 25.4
Navicula lyra 23.5
Grammatophora marina 21.2
Gyrosigma balticum 21.2
Synedra crystallina 20.1
Juin 1972
Navicula lyra 46.2
Podocystis spathulata 46.2
Surirella fastuosa 46.2
Navicula cancellata 42.1
Calcmeis liber 32.9
Trachyneis aspera 32.9
Melosira sulcata 24.7
Climacosphenia moniligera 22.6
Ethmodiscus appendiculatus 22.6
Synedra crystallina 20.6
Juillet 1972
Càloneis liber 37.7
Navicula lyra 35.7
Chaetoceros curvisetum 34.8
Gyrosigma balticum 30.8
Amphora obtusa 30.1
Asterionella notata 29.8
Surirella fastuosa 26.8
Ethmodiscus appendiculatus 22.8
Podocystis spathulata 22. B
Nitzschia maxima 20.9
Août 1972
Navicula lyra 141.1
Trachyneis aspera 50.5
Surirella fastuosa 49.4
Amphora obtusa 44.3
Càloneis liber 41.2
Diploneis bomboides 25.7
Gyrosigma balticum 23.7
Amphora mexicana 20 .6
Navicula cancellata 20.6
Nitzschia maxima 19.6
Navicula perrhombus 46.3
Navicula rmutica 19.8
Nitzschia clarissima 19.0
Amphora exsecta 17.8
Hantzschia amphioxys 14.5
Amphora digitus 13.8
Nitzschia hantzsahiana 11.9
Rhaph.amphiceros v. tetragona 11.8
Navicula directa 11.3
Nitzschia closterium 11.2
Nitzschia jelineckii 32.7
Navicula kariana 21.9
Plagiogramma interruptum 15.0
Navicula directa 14.6
Navicula ambigua 14.4
Amphiprora alata 13.5
Nitzschia angustata 12.0
Navicula elliptica 11.8
Nitzschia sigma v.rigida 9.5
Stauroneis sdlina 8.1
Nitzschia nicobarica 27.3
Pseudoeunotia doliolus 25.3
Navicula maculosa 25.0
Asterionella notata 24.8
Navicula kariana 21.1
Surirella simplissima 21.1
Navicula papula 20.5
Pleurosigma tahitianum 20.4
Amphora macilenta 20.2
Nitzschia amphioxys 18.4
Pleurosigma tahitianum 21.2
Biddulphia tuomeyi 18.4
Bacteriastrum elongatum 16.4
Navicula lyra 14.9
Navicula ambigua 14.5
Synedra robusta 11.9
Nitzschia hantzschiana 11.6
Mastogloia splendida 10.6
Amphora mexicana 9.8
Diploneis notabilis 9.8
Source. MNHN. Pans
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
327
LAGON OE FAAA
Septembre 1972
Traahyneis aspera 86.2
Amphora cymbifera 50.3
Mastogloia crucicula 39.0
Navicula lyra 28.7
Mastogloia binotata 26.7
Surirella fastuosa 26.7
Ethmodiscus appendiculatus 24.6
Climacosphenia monoligera 20.5
Podocystis spathulata 20.5
Syn.laevigata v.hyalina 20.5
Octobre 1972
Melosira sulcata 46.7
Trachyneis aspera 46.7
Navicula lyra 42.5
Navicula longa 22.8
Mastogloia crucicula 21.8
Climacosphenia moniligera 20.7
Surirella fastuosa 20.7
Cocconeis placentula 19.7
Synedra hennedyana 19.7
Synedra undulata 19.7
Novembre 1972
Melosira sulcata 50.4
Navicula longa 49.1
Navicula lyra 37.1
Podocystis spathulata 35.8
Amphora cymbifera 30.5
Mastogloia crucicula 27.9
Mastogloia binotata 23.9
Nitzschia maxima 23.9
Ethmodiscus appendiculatus 22.5
Navicula cancellata 18.6
Décembre 1972
Traahyneis aspera 48.4
Navicula longa 45.5
Surirella fastuosa 39.8
Amphora cymbifera 33.4
Mastogloia crucicula 26.9
Mastogloia fimbriata 26.9
Mastogloia binotata 25.6
Melosira sulcata 18.3
Climacosphenia moniligera 17.3
Cocconeis pellucida 17.3
Navicula directa 21.9
Surirella reniformis 10.9
Mastogloia delicatissima 19.6
Fragilaria meisterii 19.5
Pleurosigma vairaense 15.4
Amphora digitus 13.4
Navicula pseudony 13.1
Pleurosigma tahitianum 12.6
Amphora cymbifera 12.0
Nitzschia acuta 11.5
Surirella reniformis 20.3
Coscinodiscus marginatus 16.4
Caloneis bacillum 15.0
Pleurosigma cuspidatum 13.0
Biddulphia regia 12.4
Cocconeis placentula 12.4
Asteromphalus heptactis 12.2
Nitzschia weissflogii 12.2
Mastogloia peracuta 11.2
Amphora grevilleana 11.2
Navicula mutica 33.1
Nitzschia angustata 30.9
Navicula kariana 28.3
Nitzschia nicobarica 24.3
Mastogloia subbaffirmata 16.6
Navicula perrhombus 15.6
Nitzschia spathulata 14.1
Navicula adumbrata 14.1
Nitzschia closterium 14.0
Diploneis vacillans 13.1
Navicula elliptica 24.7
Licmosphenia peragalli 24.6
Nitzschia amphioxys 19.9
Mastogloia erythrea 16.7
Navicula ramosissima 15.3
Plagiogramma atomus 14.4
Amphora bigibba 14.0
Nitzschia maguscula 13.3
Nitzschia acuta 11.4
Fragilaria meisterii 11.4
Source : MNHN. Paris
328
M. RICARD
LAGON DE FAAA
Janvier 1973
Gyrosigma balticum 40.4
Navicula longa 32.5
Pleurosigma formosum 32.5
Melosira sulcata 30.7
Nitzsehia longissima 29.8
Naoi.au la cancellata 27.2
Surirella fastuosa 21.9
Ethmodiscus appendiculatus 21.9
Nitzsehia valida 21.1
Climacosphenia moniligera 20.2
Février 1973
Ethmodisaus appendiculatus 77.7
Naviaula longa 51.3
Mastogloia binotata 35.7
Podoaystis spathulata 35.0
Aatinoayalus ehrenbergii 33.4
Climacosphenia moniligera 33.4
Mastogloia fimbriata 31.1
Surirella fastuosa 31.1
Triceratium shadboltianum 31.1
Rhabdonema adriatiaum 29.5
Mars 1973
Gyrosigma balticum 106.5
Nitzsehia graeffii 46.9
Ethmodisaus appendiculatus 42.4
Triceratium réticulum 41.5
Surirella fastuosa 34,3
Navicula lyra 33.4
Nitzsehia valida 31.6
Pleurosigma formosum 28.0
Navicula robertsiana 24.4
Nitzsehia maxima 22.6
Avril 1973
Ethmodiscus appendiculatus'\?9 .1
Gyrosigma balticum 38.7
Nitzsehia maxima 37.0
Rhizosol.imbricata v. shrub. 36 .1
Synedra hennedyana 31.1
Aetinocyclus sübtilis 30 .fi
Trachyneis aspera 28.2
Navicula cancellata 26.4
Asterolampra marylandica 21.1
Aetinocyclus ehrenbergii 20.2
Biddulphia membranacea 36.7
Pleurosigma itium 24.3
Grammatophora hamulifera 18.2
Pleurosigma décorum 16.0
Rhoicosigma antillarum 15.6
Bacteriastrum elongatum 14.0
Opephora pacifica 13.6
Plagiogramma interruptum 12.8
Navicula longa 9.6
Navicula rostellata 9.6
Mastogloia undulata 21.5
Amphora eggregia 18.6
Pleurosigma simplex 14.2
Pleurosigma décorum 14.2
Mastogloia erythrea 12.0
Triceratium formosum 10.2
Mastogloia affirmata 10.0
Mastogloia binotata 9.4
Biddulphia tuomeyi g .3
Thalassiosira hyalina 9.2
Nitzsehia sigma v.rigida 25.5
Campylodiscus cireumactus 23.8
Pleurosigma tahitianum 1 8.6
Nitzsehia sigma 15.4
Triceratium réticulum 15.1
Podosira hormoides 13.2
Gyrosigma balticum 12.8
Nitzsehia graeffii 12.6
Coscinodiscus radiatus 11.1
Biddulphia regia 10.8
Pleurosigma itium 14.3
Ethmodiscus appendiculatus 12.3
Pseudoeunotia doliolus 11.2
Nitzsehia angustata 10.3
Surirella biseriata 10.2
Nitzsehia hantzschiana 9.9
Navicula polae 9.5
Pleurosigma affine v.norman.H.9
Nitzsehia vitrea 8 .3
Nitzsehia sigma v.rigida 8.3
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
329
LAGON DE FAAA
Mai 1973
Nitzschia valida 84.5
Triceratium formosum 62.2
Gyrosigma baltiaum 53.1
Podoeystis spathulata 34.9
Nitzschia maxima 34.2
Synedra crystallina 34.2
Asterolampra marylandica 32.8
Navicula lyra 32.1
Ethmodiscus appendiculatus 26.5
Synedra hennedyana 21.6
Juin 1973
Nitzschia valida 59.2
Triceratium formosum 52.9
Gyrosigma balticum 51.8
Podoeystis spathulata 43.3
Climacosphenia moniligera 33.8
Asterolampra marylandica 32.8
Navicula lyra 30.7
Nitzschia graeffii 26.4
Ethmodiscus appendiculatus 25.4
Pleurosigma formosum 23.3
Juillet 1973
Asterolampra marylandica 149.8
Nitzschia valida 99.8
Coscinodiscus nodulifer 59.9
Gyrosigma balticum 59.2
Synedra hennedyana 51.1
Podoeystis spathulata 45.3
Triceratium réticulum 43.0
Nitzschia maxima 41.8
Navicula robertsiana 27.9
Nitzschia graeffii 24.4
Août 1973
Asterolampra marylandica 117.9
Gyrosigma balticum 88.4
Nitzschia valida 85.4
Coscinodiscus nodulifer 82.4
Nitzschia maxima 71.1
Podoeystis spathulata 30.1
Navicula lyroides 27.2
Nitzpchia graeffii 26.5
Pleurosigma formosum 24.9
Ethmodiscus appendiculatus 23.4
Nitzschia sigma v.rigida 19.8
Surirella simplissima 14.8
Nitzschia valida 13.6
Triceratium formosum 13.3
Nitzschia sigma 11.9
Bacteriastrum elongatum ii.l
Rhizosol.hebetata v.semisp. 9.8
Diploneis suborbicularis 9.1
Pleurosigma itium 9.1
Pleurosigma cuspidatum 8.7
Pleurosigma cuspidatum 26.5
Amphora graeffii 25.7
Surirella biseriata 24.6
Synedra robusta 24.4
Campyl.adriaticus v.massil. 15.9
Triceratium réticulum 14.9
Nitzschia jelineckii 14.3
Actinoptychus splendens 13.3
Nitzschia clarissima 12.0
Navicula robertsiana 11.3
Asterolampra marylandica 28.5
Campylodiscus intermedius 20.3
Coscinodiscus nodulifer 16.4
Nitzschia valida 16.1
Triceratium réticulum 15.2
Campylodiscus brightwellii 13.6
Nitzschia jelineckii 13.3
Actinoptychus splendens 11.1
Triceratium formosum 9.4
Nitzschia valida 9.3
Biddulphia membranacea 31.6
Coscinodiscus nodulifer 22. B
Asterolampra marylandica 22.5
Navicula lyroides 15.3
Synedra formosa 14.5
Nitzschia valida 13.8
Nitzschia clarissima 13.6
Rhoicosigma antillarum 13.4
Nitzschia maxima 10.7
Gyrosigma balticum 10.6
330
M. RICARD
LAGON DE FAAA
Septembre 1973
Melosira sulcata 45.3
Synedra hennedyana 45.3
Ethmodiscus appendiculatus 29.1
Mastogloia crucicula 29.1
Navicula perobesa 28.0
Synedra laevigata v.hyalina 23.7
Gyrosigma balticum 22.7
Podocystis spathulata 21.6
Amphora eymbifera 20.5
Cocconeis pellueida 19.4
Octobre 1973
Synedra aous 282.4
Chaetoceros curvisetum 105.0
Ethmodiscus appendiculatus 41.8
Actinocyclus subtilis 15.3
Melosira sulcata 14.3
Climacosphenia moniligera 13.3
Diploneis smithii 13.3
Synedra hennedyana 13.3
Tropidoneis lepidoptera 13.3
Nitzschia vitrea 12.2
Novembre 1973
Ethmodiscus appendiculatus 92.1
Navicula longa 76.4
Triceratium shadboltianum 42.9
Trachyneis aspera 40.8
Mastogloia fimbriata 28.3
Navicula cyprinus 26.2
Podocystis spathulata 26.2
Surirella fastuosa 24.1
Synedra hennedyana 23.0
Triceratium formosum 23.0
Décembre 1973
Climacosphenia moniligera 39.8
Navicula longa 31.6
Mastogloia crucicula 25.5
Nitzschia longissima 25.5
Synedra crystallina 24.5
Biddulphia aurita 23.5
Actinocyclus subtilis 22 .A
Amphora obtusa 22 .A
Navicula lyra 22 .A
Podocystis spathulata 21.4
Amphora macilenta
Pleurosigma décorum
Amphora exsecta
Nitzschia distans v.tumescens
Amphora gigantea
Nitzschia majuscula
Navicula perobesa
Hantzschia amphioxys
Hemiaulus hauckii
Nitzschia vidovichii
32.9
19.7
18.1
17.1
17.0
16.7
16.6
14.8
14.5
14.3
Synedra acus
Nitzschia weissflogii
Surirella germa
Amphora longa
Pleurosigma angulatum
Mastogloia erythrea
Gyrosigma reversum
Synedra bacillaris
Hydrosilicon mitra
Mastogloia decussata
82.5
32.9
32.3
30.1
21.1
15.8
14.4
14.3
13.6
13.6
Navicula rhombica 24.8
Navicula consors 14.8
Pleurosigma cuspidatum 13.1
Mastogloia corsicana 12.9
Diploneis debyi 12.5
Nitzschia angustata 12.2
Navicula elliptica 12.0
Amphora grevilleana 11.3
Mastogloia kjelImanii 10.8
Amphora crassa 10.7
Amphora debyi 49.6
Rhizosolenia ûribricata 43.8
Diploneis suborbicularis 39.9
Navicula maculosa 29.7
Licmophora mediterranea 21.0
Pleurosigma angulatum 20.1
Biddulphia aurita 15.9
Gyrosigma reversum 15.1
Nitzschia vitrea 14.4
Navicula disclusa 14.4
Source : MNHN, Pari
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
331
LAGON DE VAIRAO
Janvier 1972
Actinocyolus subtilis 136.8
Synedra ulna 76.0
Navicula longa 64.8
Chaetoceros peruvianum 63.8
Rhabdonema adriatioum 60.8
Synedra hennedyana 30.4
Surirella fastuosa 28.4
Diploneis bombus 22.4
Synedra crystallina 22.3
Tropidoneis lepidoptera 22.3
Février 1972
Chaetoceros curvisetum 150.0
Diploneis bombus 59.2
Navicula longa 48.0
Synedra ulna 45.8
Navicula confervacea 39.1
Melosira sulcata 30.2
Chaetoceros peruvianum 26.8
Navicula granulata 21.2
Rhabdonema adriatioum 19.0
Diploneis smithii 16.8
Mars 1972
Actinocyolus subtilis 59.3
Melosira sulcata 53.3
Navicula confervacea 49.9
Dimeregramma dubium 48.6
Rhizosol.imbricata v.shrubsol. 41.3
Synedra ulna 41.3
Actinocyolus ehrenbergii 32.0
Chaetoceros curvisetum 29.3
Amphora obtusa 26.0
Navicula longa 26.0
Avril 1972
Navicula confervacea 64.4
Biddulphia pulchella 45.5
Synedra ulna 39.5
Actinocyolus subtilis 36.3
Melosira sulcata 31.2
Dimeregramma dubium 28.0
Navicula lyra 23.9
Navicula longa 22.&
Synedra hennedyana 22.8
Surirella fastuosa 20.8
Licmophora mediterranea 41.6
Diploneis splendidus 35.1
Amphora graeffii 24.6
Nitzschia sigma V.intercedens 22.9
Pleurosigma longum 20.5
Chaetoceros peruvianum 20.1
Synedra ulna 17.0
Nitzschia amphioxys 16.7
Biddulphia regia 12.1
Nitzschia distans 10.5
Rhizosolenia setigera 100.0
Pseudoeunotia doliolus 42.2
Amphora staurophora 30.2
Navicula adumbrata 23.8
Amphora grevilleana v.indent. 18.8
Mastogloia peracuta 18.1
Navicula directa 15.9
Navicula ambigua 15.7
Navicula lyra v.atlantica 15.1
Pleurosigma cuspidatum 14.0
Surirella simplissima 42.4
Campylodiscus adriaticus v.mas. 30.0
Amphora baccata 25.7
Nitzschia clarissima 23.9
Amphora normanii 24.1
Navicula mutica 20.8
Biddulphia regia 15.9
Nitzschia amphibia 14.4
Dimeregramma dubium 13.5
Navicula confervacea 13.4
Amphora lunula 42.4
Amphora exsecta 30.0
Nitzschia amphibia 25.5
Amphora gigantea 23.9
Diploneis papula 24.1
Amphora coronata 20.6
Amphora janishii 15.9
Achnanthes inflata v.elata 14.4
Navicula confervacea 13.5
Amphora eggregia 13.5
M. RICARD
332
LAGON DE VAIRAO
Mai 1972
A.ctinocyclus sübtilis 61.3
Actinocyclus ehrenbergii 43.8
Surirella fastuosa 41.1
Melosira sulcata 32.9
Navicula lyra 29.2
Trachyneis aspera 29.2
Gyrosigma gibbosum 28.3
Biddulphia pulohella 25.6
Rhizosol.imbricata v.shrub. 25.6
Amphora securicula 23.7
Juin 1972
Traehynais aspera 49.2
Gyrosigma balticum 45.4
Gyrosigma gibbosum 45.4
Aotinooyclus ehrenbergii 42.4
Chaetoceros curvisetum 34.8
Naviaula lyra 31.0
Nitzsohia maxima 31.0
Synedra hennedyana 28.0
Rhabdonema adriaticum 27.3
Surirella fastuosa 25.7
Juillet 1972
Chaetoceros curvisetum 122 .B
Trachyneis aspera 81.0
Chaetoceros atlanticum 45.5
Rhabdonema adriaticum 41.9
Navicula confervacea 36.4
Melosira sulcata 31.B
Climacosphenia moniligera 30.0
Actinocyclus sübtilis 29.1
Chaetoceros messanense 27.3
Navicula longa 24.6
Août 1972
Trachyneis aspera 38.4
Diploneis bombus 37.4
Mastogloia binotata 31.2
Navicula longa 29.1
Surirella fastuosa 23.9
Navicula cancellata 22 .8
Actinocyclus ehrenbergii 21.8
Rhabdonema adriaticum 21.8
Navicula lyra 21.8
Grammatophora marina 18.7
Campyl.biangulatus v.lorenzianus 100
Amphora proteus v.oculata 100
Amphora lineolata 59.0
Navicula directa 25.9
Amphora digitus 23.8
Campylodiscus thuretii 19.8
Amphora exigua 19.0
Grammatophora hamulifera 18.9
Pleurosigma vairaense 17.6
Amphora securicula 17.3
Amphora arenaria 58.7
Amphora graeffii 55.5
Gyrosigma réversion 42.8
BidduIphia membranacea 31.7
Mastogloia decussata 27.0
Chaetoceros compression 22.0
Surirella fluminensis 21.5
Amphora staurophora 20.4
Gyrosigma gibbosum 19.1
Nitzsohia nicobarica 13.9
Chaetoceros atlanticum 93.1
Chaetoceros messanense 66.4
Amphora graeffii 44.5
Chaetoceros compression 42.8
Licmophora mediterranea 37.4
Diploneis splendidus 31.5
Amphora lineolata 19.6
Amphora normanii 16.4
Podosira s telliger 13.5
Navicula ambigua 12.8
Mastogloia peracuta 22.4
Amphora angularis 22.0
Mastogloia kjellmanii 21.5
Mastogloia undulata 19.2
Licmosphenia clevei 18.0
Surirella gemma 16.4
Achnanthes citronella 15.5
Plagiogramma interruption 14.8
Auricula mahutchoniae 14.3
Navicula perplexa 13.9
LES DIATOMÉES DE L’ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
333
LAGON OE VAIRAO
Septembre 1972
Navicula confervacea 57.4
Surirella fastuosa 33.9
Trachyneis aspera 31.3
Amphora obtusa 25.2
Navicula longa 24.4
Actinocyclus subtilis 21.8
Climacosphenia moniligera 21.8
Diploneis bombus 20.9
Diploneis bomboides 19.1
Synedra ulna 18.3
Octobre 1972
Bacteriastrum delicatulum 113.7
Navicula longa 72.A
Trachyneis aspera 60.5
Surirella fastuosa 33.9
Chaetoceros curvisetum 33.0
Cocconeis pellucida 24.7
Amphora obtusa 22..0
Actinocyclus subtilis 22.0
Diploneis bombus 18.3
Rhizosol.hebetata f.semisp. 16.5
Novembre 1972
Actinocyclus subtilis 202.1
Surirella fastuosa 50.1
Navicula longa 43.2
Trachyneis aspera 31.1
Actinocyclus ehrenbergii 29.4
Synedra hennedyana 26.8
Amphora obtusa 14.7
Navicula cancellata 13.8
Diploneis bombus 13.0
Melosira sülcata 12.1
Décembre 1972
Surirella fastuosa 64.6
Diploneis bombus 52.5
Trachyneis aspera 52.5
Actinocyclus subtilis 35.4
Navicula longa 31.3
Navicula cancellata 24.2
Actinocyclus ehrenbergii 18.2
Navicula lyra 17.2
Rhabdonema adriaticum 17.2
Synedra crystallina 17.2
Amphora exsecta 29.2
Campylodiscus wallichianus 20.7
Amphora graeffii 17.5
Navicula confervacea 15.4
Navicula plicata 13.4
Mastogloia decussata 11.6
Amphora costata 9.4
Amphora biggibba 9.3
Amphora rhombica 9.3
Navicula adumbrata 9.3
Bacteriastrum delicatulum 77.4
Bacteriastrum elongatum 58.5
Diploneis papula 40.1
Rhoicosigma antillarum 29.7
Amphora exigua 19.0
Mastogloia kjellmanii 19.0
Pleurosigma tahitianum 18.8
Cocconeis pseudomarginatus 15.7
Mastogloia achnanthioides 14.5
Dimeregramma furcigerum 14.5
Licmosphenia clevei 33.6
Pleurosigma simplex 23.7
Plagiogramma atomus 15.4
Mastogloia inaequalis 12.2
Auricula mahutchoniae 11.9
Mastogloia decussata 11.5
Actinocyclus subtilis 11.5
Cocconeis scutellum 10.8
Licmophora ehrenbergii 9.8
Mastogloia peracuta 9.3
Navicula papula 62.7
Amphora exigua 42.0
Navicula ambigua 28.4
Navicula marina 23.8
Biddulphia titiana 20.0
Mastogloia undulata 18.6
Amphora angularis 14.3
Navicula maculosa 12.7
Pleurosigma angulatum 12.3
Licmophora ehrenbergii 11.4
334
M. RICARD
LAGON DE VAIRAO
Janvier 1973
Actinocyclus subtilis 315.7
Tropid. lepidoptera v.robustaS 1 ] .2
Triceratium formosum 24.0
Triceratium shadboltianum 24.0
Biddulphia pulchella 21.6
Tvopidoneis lepidoptera 20.4
Actinocyclus ehrenbergii 19.2
Navicula longa 19.2
Nitzschia graeffii 19.2
Campylodiscus incertus 18.0
Février 1973
Actinocyclus subtilis 171.9
Diploneis bombus 47.4
Amphora proboscidea 37.9
Chaetoceros peruvianum 36.5
Triceratium formosum 33.8
Navicula longa 32.5
Synedra crystallina 32.5
Gyrosigma balticum 27 .1
Coscinodiscus nitidus 24.4
Amphora coffeaeformis 21.0
Mars 1973
Rhizosol.imbricata V.shrub. 523.1
Chaetoceros curvisetum 56.8
Melosira sulcata 26.0
Navicula lyra 23.1
Navicula longa 22.2
Trachyneis aspera 22.2
Surirella fastuosa 1 7.3
Actinocyclus ehrenbergii 16.4
Actinocyclus subtilis 16.4
Rhabdonema adriaticum 16.4
Avril 1973
Chaetoceros curvisetum 463.5
Rizosol.imbricata v.shrub. 303.9
Chaetoceros peruvianum 46.2
Actinocyclus subtilis 20.3
Rhabdonema adriaticum 17.0
Biddulphia pulchella 12.2
Synedra crystallina 8.1
Trachyneis aspera 5.7
Diploneis crabro 4.1
Grammatophora marina 4 .1
Biddulphia rhombus 81.4
Auricula màhutchoniae 33.0
Grammatophora hamulifera 24.9
Opephora pacifica 18.6
Actinocyclus subtilis 17.6
Triceratium spinosum 13.7
Achnanthes inflata 14.3
Nitzschia hantzschiana 13.5
Campylodiscus incertus 13.4
Synedrosphenia gomphonema 11.8
Amphora proboscidea 48.0
Navicula hennedyi 34.7
Amphora staurophora 34.1
Navicula kariana 28.8
Amphora ganischii 24.6
Caloneis fossilis 21.0
Amphora coffeaeformis 15.6
Licmosphenia peragalli 15.4
Melosira roeseana 12.8
Hantzschia amphioxys 12.4
Biddulphia balaena 100.0
Amphora baccata 74.3
Rhizosol.imbricata v . shrub .51.9
Diploneis splendidus 33.4
Amphora exigua 20.0
Amphora gigantea 15.2
Cocconeis scutellum 12.1
Navicula maculosa 12.1
Navicula elliptica 11.1
Nitzschia hantzschiana 10.9
Chaetoceros curvisetum 39.4
Rhizosol.imbricata v . shrub .30.2
Navicula papula 16.8
Melosira roeseana 15.3
Chaetoceros peruvianum 14.5
Thalassiosira hyalina 9.5
Surirella gemma 6.4
Caloneis fossilis 6.3
Triceratium spinosum 4.6
Pleurosigma angulatum 4.2
Source : MNHN, Pari
LES DIATOMÉES DE L'ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ
335
LAGON DE VAIRAO
Mai 1973
Melosiva sulcata 65.3
Navicula longa 37.3
Diploneis bombus 33.0
Rhizosol.imbricata v.shrub33.0
Nitzschia maxima 32.0
Trachyneis aspera 25.6
Navicula lyra 23.5
Navicula granulata 21.3
Actinocyclus ehrenbergii 20.3
Synedra hennedyana 20.3
Juin 1973
Actinocyclus ehrenbergii 120.0
Nitzschia maxima 60.9
BidAulphia pulchella 36.4
Diploneis bombus 29.1
Dimeregramma dubium 24.5
Nitzschia longissima 24.5
Actinocyclus subtilis 18.2
Navicula lyra 18.2
Rhabdonema adriaticum 17.3
Melosiva sulcata 16.4
Juillet 1973
Actinocyclus ehvenbergii 77.2
Diploneis bombus 34.3
Navicula longa 32.4
Synedra undulata 28.6
Biddulphia pulchella 22.9
Gyrosigma gibbosum 21.9
Actinocyclus subtilis 21.9
Asterolampra marylandica 21.0
Me losiVa sulcata 19.1
Navicula cancellata 18.0
Août 1973
Actinocyclus ehvenbergii 64.1
Dimeregramma dubium 57.3
Synedra hennedyana 37.4
Coscinodiscus nodulifer 33.6
Actinocyclus subtilis 29.0
Synedra undulata 28.2
Melosiva sulcata 22.9
Diploneis bombus 19.1
Navicula longa 17.6
Climacosphenia moniligera 16.8
Amphora arenaria 41.3
Amphora staurophora 28.8
Nitzschia sigma v.intevcedens 24.1
Nitzschia spathulata 22.1
Grammatophora hamulifera 21.1
Achnanthes inflata v.elata 19.0
Biddulphia rhombus 18.2
Achnanthes rhombica 15.1
Amphora robusta 12.5
Amphora gigantea 11.2
Campylodiscus wallichianus 32.5
Campylodiscus punctulatoides 27.6
Campylod.adriaticus v.massil. 27.3
Pleurosigma longum 18.4
Tropidoneis vitrea 17.2
Campylodiscus biangulatus 15.5
Sceptroneis peragalli 13.1
Actinocyclus ehrenbergii 12.6
Gyrosigma elegans 10.8
Nitzschia socialis 10.7
Surirella ceylanensis 31.4
Rhizosolenia imbricata 20.5
Amphora angularis 20.2
Navicula fundata 19.3
Amphora graeffii 19.2
Achnanthes inflata 18.4
Surirella fluminensis 18.1
Navicula hennedyi 16.3
Gyrosigma réversion 13.5
Navicula lyra f.atlantica 12.9
Amphora staurophora 20.6
Campylodiscus thuretii 16.6
Dimeregramma dubium 15.9
Grammatophora hamulifera 15.8
Amphiprora sulcata 15.1
Auricula complexa 14.7
Surirella fluminensis 14.5
Mastogloia sübaffirmata 14.3
Asteromphalus robustus 13.4
Amphiprora a lata 13.3
336
M. RICARD
LAGON DE VAIRAO
Septembre 1973
Rhabdonema adriaticum 37.5
Navicula longa 35.6
Cocconeis pellucida 34.7
Diploneis bombus 29.3
Gvammatophova marina 25.6
Suvivella fastuosa 25.6
Cocconeis hetevoidea 24.7
Synedva ulna 24.7
Synedva laevigata v.hyalinal^ . 9
Actinocyclus subtilis 21.0
Octobre 1973
Navicula longa 57.9
Cocconeis pellucida 52.1
Rhabdonema adriaticum 43.4
Cocconeis hetevoidea 37.6
Biddulphia pulchella 33.8
Synedva cvystallina 29.9
Tvachyneis aspeva 29.9
Mastogloia cvucicula 25.1
Cocconeis vaivaense 23.1
Tvicevatium calvescens 21.1
Novembre 1973
Tvicevatium shadboltianum 81.5
Cocconeis pellucida 52.4
Suvivella fastuosa 51.5
Navicula longa 48.7
Synedva cvystallina 42.1
Cocconeis hetevoidea 40.3
Climacosphenia moniligeva 34.6
Actinocyclus subtilis 32.8
Diploneis bombus 27.2
Rhabdonema adriaticum 25.3
Décembre 1973
Navicula longa 65.0
Synedva hennedyana 46.0
Suvivella fastuosa 34.0
Diploneis bombus 33.0
Melosiva sulcata 24.0
Tvachyneis aspeva 24.0
Cocconeis pellucida 20.0
Synedra cvystallina 20.0
Syn.laevigata v.hyalina 20.0
Synedra ulna 10.0
Amphipvova alata 24.1
Diploneis vacillons 21.7
Amphova gvaeffii 18.4
Nitzschia clostevium 14.5
Achnanthes inflata 14.1
Campy lod. adviaticus v. massi Z-. 13.7
Cocconeis hetevoidea 12.4
Cocconeis vaivaense 10.4
Amphova covonata 9.9
Cocconeis bvitannica 8.8
Campylodiscus thuvetii 41.9
Campylodiscus wallichianus 34.4
Cocconeis scutellum 30.2
Cocconeis pseudomavginatus 29.4
Diploneis sübovbiculavis 25.2
Actinoptychus splendens 23.1
Amphova gvaeffii i g. 4
Cocconeis hetevoidea 18.9
Cocconeis vaivaense 15.5
Tvicevatium calvescens 14.8
Tvic. formosum f.quinquelob. 22.1
Cocconeis hetevoidea 20.2
Podosiva hovmoides i7 .1
Biddulphia titiana 16.5
Mastogloia citvus 16.3
Mastogloia exilis 14.8
Suvivella venifovmis 13.9
Tvicevatium calvescens 13.B
Plagiogvamma intevvuptum 13.6
Tvicevatium shadboltianum 13.5
Plagiogvamma intevvuptum
Dipl.vacillans v.venitens
Campylodiscus thuvetii
Mastogloia covsicana
Hantzschia amphioxys
Amphova novmanii
Achnanthes vhombica
Navicula pevvhombus
Suvivella bisqviata
tcon&is britannica
29.1
23.7
21.7
21.6
18.3
18.1
14.0
11.8
11.6
10.9
Source :MNHN.
Commission paritaire N° 28588
Dépôt légal : 627* Septembre 1977 lmp. Vial, 91410 Dourdan
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Source : MNHN, Paris
Commission parjhMpe^N^'
Dépôt légal : n° 636 - Janvier 1
Source : MNHN, Paris
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et de la référence de cet article suivant le modèle adopté par la Revue Algologi-
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pées à la fin du manuscrit.
7 - Les Figures : eüjès seront fournies sur des feuilles séparées du texte. Le numé¬
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figure ou le tableau:..L’échelle sera indiquée sur la figure. La justification maxi¬
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