Nouvelle Série Tome I, N° 4
U l l -
SEPTEMBRE 1955
REVUE
ALGOLOGIQUE
— FONDÉE EN 1922 —
Par P. ALLORGE et G- HAMEL
MUSEUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
12, RUE DE BUFfQN - PARIS V*
BUIl.uuf
kMliM.ti aW
Paraissant quatre fois par an.
Nouvelle Série. Tome I, Fasc. 4.
Septembre 1955
REVUE
ALGOLOGIQUE
DIRECTEURS .
P. BOURRELLY e» ROB. LAMI
SOMMAIRE
P. C. Silva. — The identity of Hydrodictium marinum Bory. 179
M. Ducreau. — Observations sur la tératologie, les mouvements et
les trophismes des Spirogyres . 181
M. F. Magne-Simon. — Une forme particulière de colonie observée
chez une Diatomée marine, Navicula scopulorum Bréb. 191
M.-L. de Poucques. — Nouvelle contribution à l’étude de la flore
algale de Lorraine : les étangs de la Forêt de la Reine. 196
P. Bourrelly. — Les Sulfobactéries, III ( suite et fin) . 208
Notules algologiques
B. Fott. — Les écailles des Chrysomonadines vues au microscope
électronique . 234
H. Kufferath. — Emploi du papier de cellophane pour l’étalement
et la préparation des Algues. 234
Fr. Herbst. — La différenciation des cellules vivantes et des cel¬
lules mortes chez les Cyanophycées à l’aide du réactif chlo¬
rure de triphényltétrazolium. 235
Birliographie
237
The Identity of Hydrodyctium marinum Bory
. 1. — Microdictyon marinum (Bory) Silva. — A, part of type. B, rhizoidal
distal Wall of anastomosing segment.
180
P. C. SILVA
The improbability of a marine Hydrodictyon aroused my curio-
sity regarding the identity of Hydrodyciium marinum Bory (Dict.
Class. Hist. Nat. 8 : 423, 1825). According to Bory, « cette espèce
fort rare a été draguée dans le canal de Bahama, où elle paraît
s’appliquer en expansions membraneuses au fond de la mer, sur
la vase ou sur les racines des Polypiers flexibles et des Hydrophytes.
Elle nous a été communiquée par Lamouroux. Ses mailles, fort
serrées, sont de petits carrés formés par des filamens plus gros,
qui s’anastomosent, à angle droit, avec d’autres filamens du double
plus petits; on dirait, pour la couleur et pour la consistance, les
nervures de ces feuilles sèches qu’on rencontre quelquefois tombées
dans les bois, quand les Insectes en ont, en automne, détruit le
parenchyme ».
The type, in Herbier Bornet-Thuret (Muséum National d’His-
toire Naturelle, Laboratoire de Cryptogamie), bears the following
label : « Hydrodyction marinum. N. Die. clas. t. viii. du fond de
la mer dans le canal de Bahama donnée par Lamouroux, 1824 ».
Bory’s excellent description strongly suggests Microdictyon, so it
vvas no surprise to find that the type is referable to the taxon to
which the name M. crassum J. Agardh (Analecta Algologica Conti-
nuatio I : 107, 1894) is currently applied. The type of M. crassum,
sent to Agardh by Floretta Curtiss, is also from the Bahamas.
A part of the type of Microdictyon marinum (Bory) comb. nov.
is shown in fig. 1 A. Because the anastomosing segment is an ordi-
nary cell with a crenellate distal wall, this species (as M. crassum)
was placed in the subgenus Fibuliferae by Setchell (Univ. Calif.
Publ. Bot. 14 : 547, 568, 1929). Whereas Setchell described the
distal wall of the anastomosing segment as « irregularly but not
deeply crenellate », the type of M. marinum shows such walls
varying from merely irregular to fibro-crenellate or rhizoidal
(fig. 1 B). The meshes in the type are 0.6-1.3 mm. in greater
diameter, which is in agreement with Setchell’s published photo-
graphs of M. crassum, but not with his statement (« 0.2-0.3 mm. »).
I am grateful to M me Paul Lemoine for helping me locate the type.
Paul C. Silva.
Department of Botany, University of Illinois, Urbana.
Source. MNHN. Paris
Observations sur la tératologie, les
mouvements et les tropismes des Spirogyres
Ayant fait un certain nombre d’observations tant normales que
tératologiques sur le comportement et la cytologie des Spirogyres,
il nous a paru intéressant d’en rapporter ici les principales.
Elles concernent des déformations de la membrane cellulaire,
des déformations et fragmentations des chromatophores, enfin les
mouvements et tropismes de ces algues (1).
Déformations de la membrane cellulaire.
De nombreux auteurs (R. Chodat (4) et F. E. Fritsch (8)) ont
décrit sous le nom de rhizoïdes ou papilles-crampons, des défor¬
mations de l’extrémité des filaments auxquelles ils attribuent un
rôle fixateur. Ces rhizoïdes ont été signalés chez des espèces dites
fixées, se trouvant plus particulièrement dans des eaux agitées.
L’apparition de ces papilles serait due à l’irritation provoquée
par le contact du filament avec les roches ou les végétaux voisins.
Il semble donc intéressant de signaler l’existence de déformations
similaires chez Spirogyra cf. Grevilleana (Hass.) Kütz., trouvée
pourtant en eau calme.
Les filaments présentent à une de leurs extrémités des sortes de
protubérances diversement orientées qui, à leur naissance, res¬
semblent beaucoup à de jeunes tubes de copulation (Planche A,
Fig. 1). Les extrémités déformées sont toujours plus ou moins
recouvertes de débris semblant arrachés à un éventuel substratum
et accolés au mucilage entourant la cellule. Cependant, nous avons
toujours trouvé cette espèce flottant dans un bassin parmi d’autres
algues (sauf certains filaments qui étaient enchevêtrés avec des
(1) Cet article est un extrait du mémoire présenté à la Faculté des Sciences
de Grenoble pour l’obtention d’un Diplôme d’Etudes Supérieures. Qu’il me
soit permis de remercier ici les personnes qui ont guidé mon travail : M. le P r
R. de LiTARDiènE, de la Faculté des Sciences de Grenoble; M me L. Kofler, Chef
des Travaux pratiques à la Faculté des Sciences de Grenoble, et tout spécia¬
lement M. Chadefaud, Maître de conférences à la Sorbonne, qui a bien voulu,
à maintes reprises, me faire bénéficier de sa grande expérience d’algologue.
182
M. DUCREAU
plantes aquatiques, mais sans que nous puissions cependant affir¬
mer qu’elles leur servaient de substratum.
D’autre part, ces filaments présentent souvent des coudes ayant
un caractère plus aberrant qu’utilitaire (planche A, fig. 2) et
affectant parfois le filament sur une partie de son trajet. Ces faits
nous ont amené à nous demander si ces papilles ne seraient pas
dues (comme on l’admet dans le cas des tubes de conjugaison) à
une réaction du filament à une excitation chimique émanant ici
des corps étrangers au contact desquels les extrémités déformées
se trouvent toujours placées. Cette hypothèse, suggérée par M. Cha-
defaud, expliquerait plus parfaitement que celle des «frottements»
les différents cas observés. Peut-être faudrait-il alors parler de
« déformations » et non de différenciation de la membrane des
cellules terminales des Spirogyres.
Le problème subsiste si on considère que, dans tous les cas,
seules les cellules terminales sont affectées par le développement
de ces protubérances; à moins que l’on n’objecte que leur position
distale les prédispose particulièrement à ces contacts irritants sans
qu’intervienne une manifestation active et orientée de la cellule,
ayant un rôle fixateur.
Déformations des chromatophores.
A. Causes probables de ces déformations.
Avant d’analyser en détail les différentes déformations qui peu¬
vent affecter les chromatophores des Spirogyres, essayons de déga¬
ger les quelques traits qu’elles ont en commun et d’en tirer une
conclusion permettant de faire des hypothèses sur les causes
perturbatrices qui les provoquent.
Nous avons observé les cas suivants :
1) Filaments juste récoltés, donc n’ayant subi apparemment
aucun affaiblissement dû au changement de milieu, comme cela
se produit pour ceux conservés au laboratoire.
Chaque fois cependant, nous avons noté des détails qui pour¬
raient être la cause perturbatrice :
— Chez Spirogyra cf. Grevilleana (Hass.) Kiitz, les filaments
déformés étaient enroulés autour des tiges de plantes aquatiques
(Characées). Nous en avons également récolté à la surface qui
présentaient ces déformations, mais ce pourraient être des fila¬
ments qui se sont détachés pour venir secondairement flotter à
la surface.
De plus, dans un grand bassin, où nous avons également récolté
cette espèce, seules les cellules terminales présentant des défor-
Source : MNHN. Paris
REVUE ALGOLOGIQUE
N". Sér., T. 1 ; PI 9
Observations sur les Spirogyres
184
M. DUCREAU
mations de leur membrane avaient une disposition irrégulière de
leur chromatophore. Nous n’avons relevé aucun agent perturbateur
et les autres cellules du filament étaient parfaitement normales.
— Chez Spirogyra varions (Hass.) Kütz., nous n’avons observé
des déformations que sur des filaments récoltés dans un petit
ruisseau dont les eaux semblaient fortement polluées.
— Chez Spirogyra setiformis (Roth.) Kütz., les filaments pré¬
sentant des déformations sont généralement accolés les uns aux
autres, formant par leur réunion de grosses mèches denses, légè¬
rement ondulées.et dont le diamètre atteint parfois 2 à 3 cm. On
comprend aisément que les filaments situés à l’intérieur de la
mèche se trouvent dans des conditions physiologiques très spéciales
(obscurité, renouvellement difficile de l’eau, etc...).
2) Filaments conservés depuis un certain temps au laboratoire :
ceux-ci, après quelques semaines, présentent très souvent des
déformations semblables à celles que nous avions observées sur
des filaments juste récoltés; ces déformations peuvent aller en
s’exagérant et même aboutir à la fragmentation du chromatophore.
— Si ces filaments sont alors placés dans un milieu convenable
(eau fréquemment renouvelée), les cellules déformées peuvent être
conservées vivantes aussi longtemps, semble-t-il, que des cellules
normales.
— Abandonnées dans une eau moins pure, les caractères patho¬
logiques vont au contraire en s’exagérant; ils entraînent la vési¬
culation ou le morcellement des chromatophores et la mort de la
cellule.
De tout ce qui précède, il ressort que les causes perturbatrices
sont à la fois nombreuses et complexes. Elles semblent cependant
pouvoir se classer en deux catégories :
1 ) Causes physiques :
Elles se traduisent, le plus souvent, par un décollement brutal
des chromatophores de la paroi cellulaire.
Ceci est très fréquent chez Spirogyra setiformis (Roth.) Kütz.,
(Planche B, fig. 1) et nous avons pu reproduire expérimentalement
ce phénomène en faisant rouler les filaments entre lame et lamelle.
Tout se passe comme si, décollés des parois cellulaires par un
choc, les chromatophores cédaient brusquement à la traction
exercée sur eux par les tractus cytoplasmiques qui relient leur
gaine cytoplasmique au cytoplasme périnucléaire.
Nous avons également observé ce phénomène en soumettant des
filaments de Spirogyres à des décharges électriques de courte durée.
TÉRATOLOGIE, MOUVEMENTS ET TROPISMES DES SPIROGYRES 185
2) Causes physiologiques :
Ce sont essentiellement celles qui interviennent au laboratoire
et elles sont trop nombreuses et complexes pour qu’on puisse
savoir exactement dans quelle mesure chacune agit. Ce seraient :
la privation d’oxygène, l’inanition prolongée, l’apparition dans le
milieu de certaines substances nocives, l’influence de la lumière
ou de l’obscurité, de la température, etc... Ces différents facteurs
ne provoquent pas le décollement brusque des chromatophores de
la paroi cellulaire, mais uniquement un relâchement de leur enrou¬
lement qui conduit à des formes où les chromatophores sont
sinueux et rampent le long des parois cellulaires ( Spirogyra seti-
formis (Roth.) Kiitz. (Planche B, fig. 2).
Le décollement peut se produire secondairement si les chroma¬
tophores alors affaiblis cèdent aux tractions exercées par les trabé¬
cules cytoplasmiques qui les relient au noyau. Ceci nous ramène
alors à nos observations antérieures.
Les déformations observées se produisent donc dans tous les
cas en deux temps :
1) Relâchement des forces maintenant en place les différents
éléments de la cellule, dû à une perturbation soit d’ordre physique
(action rapide si on la produit expérimentalement), soit d’ordre
physiologique (action lente).
2) Traction exercée par les tractus cytoplasmiques partant du
cytoplasme périnucléaire et aboutissant à la gaine cytoplasmique
des chromatophores. Cette traction dans une cellule saine serait
équilibrée par une autre force maintenant les chromatophores
accolés au cytoplasme pariétal. La structure spiralée des Spiro-
gyres pouvant provenir d’une torsion hélicoïdale du protoplasme,
le maintien de cette structure tient peut-être à « l’existence, au sein
du protoplasme, d’un squelette relativement rigide, infravisible et
orienté» (M. Chadefaud (3)).
Le premier stade des déformations semble donc mettre en jeu
l’équilibre même de ce « squelette ». La figure (Planche B, fig. 2)
donne bien cette impression de relâchement général.
Dans certains cas, il peut même y avoir une << détorsion » com¬
plète conduisant à des formes rectilignes de chromatophores
(Planche B, fig. 3).
Quant au deuxième stade, il peut être expliqué par le fait que
le noyau occupant au centre de la cellule une position privilégiée
et étant d’autre part le centre d’activité de la cellule, il se crée
autour de lui une zone de plus forte résistance.
L’idée de ces déformations nous conduit donc, une fois de plus,
à constater dans le sein de la cellule, l’existence « de forces éma-
186
M. DUCREAU
nant du noyau et du cytoplasme pariétal, réglant l’architecture
générale du contenu cellulaire» (M. Chadefaud (1)), et se faisant
équilibre dans une cellule saine.
Ces déformations semblent donc refléter seulement la plasticité
du chromatophore et non la participation à un mouvement actif
que Sauvageau (11) avait prouvé mais pour d’autres algues.
Toutefois, étant donné la multiplicité et la complexité des faits
qui interviennent, seules de nouvelles recherches permettront de
confirmer ou d’infirmer ces hypothèses.
B. Analyse des déformations observées.
Voyons maintenant comment se manifeste l’attraction exercée
par les tractus cytoplasmiques émanant du cytoplasme périnu-
cléaire.
Nous avons observé les dispositions suivantes :
1) Les chromatophores ne présentent pas de déformations, mais
on constate, au niveau du noyau, qu’il y a un resserrement des
spires (Planche A, fig. 3).
On sait que chez beaucoup d’espèces les chromatophores ont à
leur face interne une crête médiane (1) à laquelle aboutissent les
tractus protoplasmiques (M. Chadefaud (1)).
La crête suit normalement le déplacement du chromatophore;
elle vient alors se placer contre l’un des bords du chromatophore,
celui le plus proche du noyau (Planche B, fig. 4).
2) Les chromatophores présentent des déformations et on cons¬
tate qu’elles sont plus accentuées aux environs immédiats du noyau
(Planche B, fig. 2).
3) Les chromatophores se sont décollés de la paroi cellulaire
pour venir entourer le noyau. La spire présente alors à ce niveau
un diamètre réduit (Planche A, fig. 4).
Quant cette disposition s’exagère, on aboutit à des formes très
curieuses et très variées « en araignées » (le point de contact des
différents chromatophores rappellent grossièrement le corps de cet
animal et leurs extrémités libres, les pattes) (Planche B, fig. 1).
Des anastomoses entre les chromatophores en contact peuvent se
produire secondairement, ce qui éloigne encore ces formes de la
structure classique).
(1) Lorsque cette crête médiane existe, la section transversale du chromato¬
phore a une forme en Y, la pointe de l’Y étant dirigée vers l’intérieur de la
cellule et représentant cette crête.
REVUE ALGOLOGIQUE
N"® Sér .T.1 ; PI. 10.
Observations sur les Spirogyres
Planche B
188
M. DUCREAU
4) Les extrémités des chromatophores se sont recourbées du
coté interne vers le noyau (Planche B, fig. 2). Cela prouve que
l’action du noyau peut se faire sentir jusque dans les extrémités
de la cellule.
5) Sous Faction de causes perturbatrices violentes (choc, excès
de chaleur, décharges électriques), les chromatophores ont réagi
en modifiant leur structure, jusqu’à ne plus former que de gros
amas de forme sphérique qui se rassemblent au centre de la cel¬
lule. Ceci entraîne dans de brefs délais, la mort de la cellule.
C. Fragmentation des chromatophores.
A côté de ces déformations morphologiques de l’appareil plas-
tidial, nous avons observé sur des filaments conservés au labo¬
ratoire des altérations plus profondes, affectant la substance même
du chromatophore.
Ces altérations n’entraînent pas toujours immédiatement la mort
de la cellule : dans les cas de simple morcellement du plastidome,
nous avons pu conserver plusieurs mois des lilaments présentant
cette structure.
Ce morcellement semble se produire tantôt par simple fragmen¬
tation du chromatophore (Planche A, fig. 5), tantôt par formation
de vides au sein même de sa substance (Planche A, fig. 6). Ces
vides proviennent vraisemblablement de l’éclatement de petites
vésicules dont on note parfois la présence.
D’après divers auteurs, notamment M. Chadefaud (1), cette
vésiculation serait due à la nature lipoprotéique du stroma pla-
stidial.
Dans d’autres filaments, les chromatophores prennent une dispo¬
sition curieuse : leur bande médiane devient très pâle et semble
perdre peu à peu de son importance au profit des ailes qui se
résolvent latéralement en plages d’un vert sombre (Planche A,
fig 7). Finalement, il ne subsiste que ces plages, le reste du chroma¬
tophore subissant une dépigmentation et disparaissant plus ou
moins complètement.
Mouvements de l’Algue.
Nous avons eu l’occasion de faire sur le Spirogyra setiformis
(Roth.) Kütz. des observations relatives au comportement de cette
algue lorsqu’elle est conservée au laboratoire dans des cristallisoirs.
Les filaments appartenant à cette espèce présentent, en effet.
TÉRATOLOGIE, MOUVEMENTS ET TROPISMES DES SPIROGYRES 189
la particularité de sortir une de leurs extrémités hors de l’eau et de
la maintenir accolée aux parois du récipient qui les contient.
Certaines autres espèces, moins grosses, peuvent également effec¬
tuer cette gravitation, mais à un degré moindre. C’est pourquoi
les expériences ont toutes été faites sur le Spirogyra setiformis
(Roth.) Kütz.
1) Les filaments étant placés dans un cristallisoir très grand,
mais de faible hauteur (15 cm environ), on observe, après 24 ou
48 heures (quelquefois plusieurs jours), que ceux-ci se sont
rassemblés à la surface de l’eau. De plus, ceux qui étaient à la
périphérie du récipient se sont élevés le long de ses parois. Le fait
que le cristallisoir est assez large élimine l’hypothèse que ce mou¬
vement soit dû à une « détorsion » passive des filaments, après la
récolte ou à une croissance rapide de ces derniers qui les amènerait
à s’étendre jusque sur les parois du récipient.
2) Les filaments étant placés dans un cristallisoir semblable au
précédent mais plus haut (25-30 cm), on voit les filaments se
disposer parallèlement, en « mèches » plus ou moins ondulées,
dirigées vers la surface de l’eau mais restant complètement immer¬
gées. Cette position leur semble d’ailleurs peu favorable, car les
filaments ainsi traités présentent souvent des déformations de
leur appareil plastidial et des signes de dégénérescence.
Ceci pourrait être lié à un certain stéréotropisme.
Existence de tropismes chez les Spirogyres.
Le stéréotropisme qui vient d’être évoqué n’a pas été démontré.
Par contre nos observations prouvent que, contrairement à l’opi¬
nion admise (F. E. Fritsch (8)) les Spirogyres présentent des
phénomènes de phototropisme.
En effet, nous avons remarqué que dans les cristallisoirs placés
à proximité d’une fenêtre les extrémités des filaments se dirigent
toujours vers'la source lumineuse. Nous avons donc recherché si
ces mouvements étaient véritablement orientés et nous sommes
arrivés à la conclusion que c’était bien la lumière qui déterminait
leur direction.
1 ) Placés dans un cristallisoir uniformément éclairé, les fila¬
ments grimpent sur tout son pourtour.
2) Placés au centre d’un cristallisoir dont une moitié est main¬
tenue à l’obscurité et l’autre moitié éclairée, on voit que tous les
filaments se rassemblent du côté éclairé, et grimpent le long des
parois.
3) Placés dans un cristallisoir maintenu dans une obscurité
complète on n’observe aucun changement de positon des filaments.
190
M. DUCREAU
Quelques-uns, très rares, ont cependant sorti leurs extrémités hors
de l’eau, mais leur trajet est sinueux, se recourbant tantôt vers le
haut, tantôt vers le bas.
De ces expériences, on peut conclure que si le phénomène semble
dû à des facteurs complexes et mal déterminables (privation d’oxy¬
gène, évasion d’un milieu qui devient vicié), il est néanmoins très
net que la lumière en conditionne la direction.
Nous avons également tenté une série d’expériences en plaçant
les filaments dans des tubes de verre, à une certaine distance,
d’une part de la lumière, et, d’autre part, d’un cristallisoir rempli
d’eau fréquemment renouvelée, mais nous avons constaté que les
filaments ne réagissent pas à distance.
De même toutes les expériences faites avec des filaments isolés
ont échoué, ceux-ci ne semblant être capables de se mouvoir que
lorsqu’ils sont nombreux.
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE
(1) Chadefaud (M.). — Le Cytoplasme des algues vertes et des algues
brunes, ses éléments figurés et ses inclusions (Thèse, Paris, 1935).
(2) Chadefaud (M.). — Les pyrénoïdes des algues et l’existence chez
ces végétaux d’un appareil cinétique intraplastidial (Ann. des Sc.
Nat. Bol., 1941, IP s. 2, 1-44).
(3) Chadefaud (M.). — Existence d’une structure infravisible orientée
du cytoplasme chez les algues (C. B. Acad. Sc., 1933, 196 (423)).
(4) Chodat (R.). — Algues vertes de la Suisse (Berne, 1902).
(5) Czurda (V.). — Süsswasserflora (1932).
(6) Dangeard (P.). — Traité d’Algologie. Introduction à la biologie et à
la systématique des algues (Paul Lechevallier et Fils, Paris, 1933).
(7) Dangeard (P.). — Observations sur les chloroplastes des algues et
sur les constituants cytoplasmiques (Le, Botaniste, 35, 1951, 109-123).
(8) Fritsch (F. E.). — The structure and reproduction of the Algae.
(Vol. I, Cambridge, University Press., 1948).
(9) Guillermond (A.), Mangenot (G.) et Plantefol (L.). — Traité
de cytologie végétale (Le François, éd. Paris, 1933).
(10) Lloyd (F. E.). — Studies on Spirogya, I-II ( Trans. Roy. Soc. Canada,
III, 20, sect. 5, 75-110, 1926).
(11) Sauvageau. — Sur le mouvement propre des chromatophores (C. R.
Acad. Sc., 165 (158) 1917).
M" e Maryse Ducreau
Laboratoire de Botanique,
de la Faculté des Sciences de Grenoble.
Une forme particulière de colonie
observée chez une diatomée marine,
Navicula scopulorum Bréb.
La diatomée pennée Navicula scopulorum Bréb. présente par
rapport aux autres espèces du genre un certain nombre de particu¬
larités.
Tout d’abord, comme Cleve le remarquait déjà en 1894, la stria¬
tion de son frustule est tout à fait singulière et ne permet de la
rapprocher étroitement d’aucune autre espèce de Navicula.
Sa structure cytologique est remarquable aussi. Dans la plupart
des espèces de Navicula, l’appareil plastidial comporte 2 plastes
rectangulaires plus ou moins épais, quelquefois découpés, s’éten¬
dant le long de la bande connective. Au contraire, celui de Navicula
scopulorum est composé d’un nombre variable, suivant la taille
de l’individu, de petits plastes. Chacun d’eux comprend deux
plaques colorées, généralement appliquées aux deux faces de la
bande connective, parallèlement à l’axe apical, et réunies l’une à
l’autre par un petit pyrénoïde incolore, sphérique sur les individus
en bon état (Fig. 1 : vue valvaire. Fig. 2 : vue connective d’une
cellule venant de se diviser). Le noyau, ovoïde, occupe le centre
de la cellule. La taille de cette diatomée est en général de 60 à 200 u.
de long sur 5 à 20 [x de large.
D’après Peragallo, cette espèce est largement répandue sur
les côtes de France et, personnellement, j’en ai souvent trouvé des
individus isolés dans des préparations. Il m’est aussi arrivé une
fois d’en rencontrer une colonie, sous forme d’une petite masse
gélatineuse dans laquelle se déplaçaient les diatomées, sur des
algues draguées près de Banyuls-sur-Mer, par une vingtaine de
mètres de fond.
Très récemment (janvier 1955), il s’en est développé un assez
grand nombre de colonies sur des rochers de l’anse de Beg an Fry
(Finistère), ainsi que sur d’autres, situés à la base du «Loup»,
près de Roscoff. Dans un cas comme dans l’autre, ces rochers
se trouvent à proximité d’une étendue de sable assez mobile agité
par le ressac à chaque marée. Les colonies de Navicula scopulorum
192
M. F. MAGNE-SIMON
se développent sur des gros galets aussi bien que sur la roche en
place mais sont toujours exposées de façon à n’être pas directement
battues par les lames : on les rencontre par exemple sur la face
d’un rocher opposée au vent dominant, sur des pierres ou des
galets encastrés entre des pans rocheux qui les surplombent ou
les protègent.
Les colonies se présentent sous forme d’amas de sable assez
minces (1 à 3 mm d’épaisseur), plus ou moins circulaires, d’un
diamètre variant de quelques centimètres à 1 décimètre et plus
(Fig. 3). L’examen microscopique révèle leur composition : la plus
grande partie de la colonie est constituée par des grains de sable
de diamètre variable, allant de moins de 1 \l à plus de 10 f*. A
ce sable sont mélangés divers débris animaux et végétaux tels
que spiculés d’éponges, coccolithes et frustüles vides de diatomées.
La partie vivante de la colonie comprend tout d’abord un grand
nombre d’individus de Navicula scopulorum. Mais quelquefois,
d’autres espèces de diatomées y sont mélangées, bien que leur
nombre d’individus reste toujours très faible par rapport à celui
des Navicula scopulorum. C’est ainsi que j’ai pu remarquer
quelques petites espèces de Navicula, des Amphiprora, quelques
Nitzschia, et enfin de rares individus d’un dinoflagellé, Exuviella
lima. La cohésion de tous ces éléments disparates est maintenue
par un mucilage secrété par les individus de Navicula scopulorum
de sorte qu’il faut écraser assez fortement les échantillons entre
lame et lamelle pour obtenir des préparations minces et lisibles.
Aux basses mers de vive eau, les colonies sont découvertes.
Leur surface est alors luisante et d’une couleur jaune doré assez
terne. Mais Si on les place de nouveau dans l’eau (lorsque la mer
remonte ou après les avoir détachées de la roche), on observe au
bout de quelques minutes une coloration très nette de la tache
sableuse qui prend alors une teinte dorée intense.
Si à ce moment là, on examine au microscope un prélèvement
effectué sur toute l’épaisseur de la colonie, on s’aperçoit que la
plus grande partie des diatomées se trouve à la surface. Le reste
de l’échantillon n’est constitué que par la partie non vivante de
la colonie.
L’examen d’un prélèvement semblable opéré sur une colonie
asséchée depuis quelques minutes révèle au contraire la disper¬
sion des cellules vivantes entre les grains de sable, dans la pro¬
fondeur de la colonie, ce qui explique la coloration plus faible
visible à l’œil nu à la surface de la tache de sable.
Quelles sont les causes de ces mouvements des diatomées à tra¬
vers l’épaisseur de la colonie?
La première à envisager est l’effet desséchant de l’émersion.
NAVICULA SCOPULORUM BRÉB.
193
Sous l’action du soleil et du vent, la surface d’une roche émergée
a vite fait de sécher. La mince couche de sable faisant partie de
la colonie de diatomées en ferait autant et serait rapidement dis¬
persée si elle n’était imprégnée et recouverte du mucilage secrété
par les cellules. Celui-ci, d’une part, donne à la colonie son aspect
brillant, d’autre part, maintient les grains de sable et retient assez
d’eau entre eux pour empêcher le dessèchement de la colonie.
Malgré tout, la couche superficielle, où se tiennent les diatomées
lorsqu’elles sont immergées, est soumise, plus que la partie pro¬
fonde, à l’évaporation. On pourrait voir là une des raisons pour
lesquelles les diatomées, abandonnant alors la surface, gagnent
l’intérieur de la colonie où l’eau retenue entre les grains de sable
par le mucilage et par des forces de capillarité leur assure un
milieu à peu près normal.
Il y a lieu aussi d’envisager l’action possible de la lumière.
Lorsque la mer est haute, l’intensité lumineuse reçue par les
diatomées est relativement faible. On constate alors un phototac¬
tisme positif, les diatomées se déplaçant jusqu’à la limite extrême
de la colonie, de façon à ce que ni le mucilage ni les grains de
sable ne constituent des obstacles entre la lumière et elles. Par
contre, lors de l’émersion, l’intensité lumineuse augmente brus¬
quement. On sait que chez de nombreux végétaux, une telle aug¬
mentation entraîne un changement de sens du phototactisme. Il
est possible que ces diatomées réagissent de la même façon et s’en¬
foncent alors dans le sable qui leur voile partiellement la lumière.
D’autre part l’observation de matériel récolté et conservé en
aquarium à la Station Biologique de Roscoff a montré qu’à la
tombée de la nuit, les diatomées s’enfonçaient de nouveau dans
le sable de la colonie. Il est probable que cet enfoncement est
consécutif à l’arrêt de la photosynthèse mais la cause véritable en
reste mystérieure. Il est toutefois possible de rapprocher ces cons¬
tatations de résultats semblables déjà obtenus in vitro par Callame
et Debyser sur d’autres espèces de diatomées vivant sur le sable :
tout comme l’obscurité, une trop forte intensité lumineuse provoque
l’enfoncement de ces diatomées dans le sable. D’après ces auteurs,
il semble donc « qu’il existe chez les diatomées un phototropisme
qui s’inverse pour des seuils déterminés ».
Il semble enfin que le rythme des marées bien qu’étant la cause
de l’émersion et des modifications d’intensité lumineuse dans les
conditions naturelles, n’agisse pas directement sur les mouvements
des colonies de Navicula scopulorum. On sait en effet, d’après les
observations de plusieurs auteurs, en particulier de Faurf.-Frémiet
sur Hantzschia amphioxys et divers autres protistes, que de nom¬
breux microorganismes marins se déplacent verticalement dans
194
M. F. MAGNE-SIMON
le sable sous l’influence du rythme des marées. De plus, lorsqu’on
les transporte en aquarium, au laboratoire, les migrations verticales
périodiques continuent, en s’atténuant progressivement, pendant
quelques jours en l’absence de toute marée.
Les colonies de Navicula scopulorum ne présentent aucun phéno¬
mène similaire. Leurs mouvements, dans les conditions de la vie
en aquarium, ne sont déterminés que par l’émersion et la variation
d’éclairement, toutes deux provoquées expérimentalement.
Quelle que soit la véritable cause des mouvements de ces diato¬
mées, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer la supériorité
de ce type de colonie. Il permet en effet à des organismes vivant
dans l’eau de subsister dans des lieux totalement émergés souvent
pendant plusieurs heures. Deux causes essentielles semblent avoir
permis cette situation privilégiée : l’abondance du mucilage secrété
par les diatomées et la grande quantité de grains de sable constam¬
ment en suspension dans l’eau, fait particulier aux deux localités
où ont été découvertes les colonies.
En dernier lieu, nous pouvons envisager rapidement le processus
de formation de ce type de colonie. La plupart montrent à l’œil nu
des zones grossièrement concentriques dont la coloration dorée,
assez nette au centre de la tache, diminue lorsqu’on atteint la péri¬
phérie (Fig. 3). Ceci indiquerait que la densité de la population
de diatomées est plus faible sur le bord de la colonie qu’au centre.
Il semble que chaque colonie se soit formée par rayonnement au¬
tour d’un point central, où s’était fixée la première diatomée qui lui
a donné naissance; les individus issus de celle-ci se seraient dis¬
persés à partir d’elle dans toutes les directions, produisant du
mucilage grâce auquel les grains de sable se trouvant à proximité
auraient été englués et retenus. De proche en proche, la tache se
serait ensuite agrandie par croissance marginale, accumulant du
sable au fur et à mesure que se multipliaient les diatomées. De
cette manière, le pourtour de la colonie correspondrait aux parties
récemment formées et il est souvent possible d’y vérifier que
l’épaisseur de sable y est légèrement moins forte qu’au centre de
la tache.
M. F. Magne-Simon
(Laboratoire maritime de Roscoff )
Fig. 1. — N. scopulorum : vue valvaire d’une cellule vivante sans coloration.
Fig. 2. — N. scopulorum : vue connective d’une cellule vivante, sans coloration,
venant de se diviser.
Fig. 3 et Fig. 4. — Navicula scopulorum : colonie en place sur un rocher.
REVUE ALGOLOGIQUE
N lle Sér.. T. 1 . ; PI . 11
NaVICULA SCOPULORlM
Source : MNHN, Paris
NAVICULA SCOPULORUM BRÉB.
195
BIBLIOGRAPHIE
Callame B. et Debyser J. — Observations sur les mouvements des dia¬
tomées à la surface des sédiments marins de la zone intercotidale.
(Vie et Milieu, 5, p. 243-249, 1954.)
Cleve P. T. — Synopsis of the naviculoid Diatoms I. (K. Sv. Handl.,
Bd. 26, Nr. 2, p. 151, 1894.)
Cleve Euler A. — Die Diatomeen von Schweden und Finnland. (K. Sv.
Handl., Fjârde Serien, Bd. 4, Nr. 5, p. 220, 1953.)
Fauré-Frémiet E. — The tidal rythm of the diatom Hantzschia am-
phioxys. (The biological bulletin, 100, p. 173-177, 1951.)
Peragallo H. et M. — Diatomées marines de France, p. 68, 1897-1908.
Nouvelle contribution
à l'étude de la flore algale de Lorraine :
Les étangs de la Forêt de la Reine
La Forêt de la Reine est une vaste région boisée, située aux
confins des départements de la Meurthe-et-Moselle et de la Meuse,
au Nord-Ouest de Toul. Elle repose sur les marnes argileuses du
Callovien, à la base du jurassique supérieur et les nombreux étangs
qui la parsèment se trouvent sur un placage d’alluvions modernes
argileuses qui prennent le caractère et l’aspect de limons. Seul
l’Etang Romé repose directement sur les argiles du Callovien.
L’un des plus petits parmi ces étangs, celui de la Grange-en-
Woëwre, se révéla, lors d’une première étude algologique (*), suffi¬
samment intéressant et riche en espèces pour entreprendre une
étude comparative d’autres étangs de cette forêt à diverses époques
de l’année. J’ai donc effectué des pêches au filet fin à plancton
respectivement aux mois de mai, septembre, octobre 1950, mars et
octobre 1951, mai 1952, dans les étangs suivants :
Ancien étang de Neuf Moulin, Romé, la Mosée, Brunesseau,
Gérard-Sass, la Grange-en-Woëwre.
Ce sont de beaux étangs, parfois très vastes, à l’eau généralement
limpide et assez profonde, qui sont de trois côtés entourés par les
bois, le côté du déversoir étant toujours en bordure du chemin ;
leur pH oscille quelque peu mais reste assez voisin de la neutralité.
Degré Hydro- Oxygène
tymétrique c
;n cm 8 par litre
Conductibilité
Romée
4,5
4,98
5.800
Grange-en-
Woëwre
7,5
3,78
4.500
Gérard-Sass
15
2.450
L’Ancien étang de Neuf-Moulin, de 9 hectares environ, situé en
Meurthe-et-Moselle, avait pour pH 7,2 en mai et 7,3 en octobre.
(*) M. L. dk Poucques. — Etude algologique de l’étang de la Grange-en-
Woëwre. Rev. Gén. Bot. t. LIX, p. 300-312, 1952.
ÉTUDE DE LA FLORE ALGALE DE LORRAINE
197
L’étang Romé situé en Meurthe-et-Moselle, le plus étendu de tous
avec ses 73 hectares, avait pour pH 6,8 en mai et 7,1 en octobre.
Les étangs suivants sont tous situés dans la Meuse, à la limite
du département, et avaient respectivement :
Etang de la Mosée : 21 hectares, pH = 7 et 7,6.
Etang Brunesseau : 17 hectares de superficie.
. limite de département
. chemin
ruisseau
Celui de Gérard-Sass, 22 hectares, pH = 7,1 et 7,6.
Enfin celui de la Grange-en-Woëwre, 4 hectares, avait pour
pH = 6,6; 7,2; 7,4.
Il semble donc d’une façon générale que le milieu tende à s’alca-
liniser en automne.
La végétation arborescente qui entoure ces étangs traduit l’humi¬
dité du sol : Quercus pedunculata, Fraxinus excelsior, Carpinus
betulus, Salix alba et S. capraea, Prunus spinosa, Viburnum opulus,
Lonicera xylosteum, Ligustrum vulgare...
198
M.-L. DE POUCQUES
La flore environnante est une flore banale de sous-bois clair ou
de bord de chemin : Medicago lupulina, Vicia sepium, Lotus corni-
culaius, Fragaria vesca, Géranium pyrenaicum, Angelica siluestris,
Heracleum sphondylium, Cornus mas, C. sanguinea, Lychms Flos-
cuculi, Lamium galeobdolon, Ajuga reptans, Veronica chamaedris,
Primula officinalis, Hieracium murorum, Euphorbia dulcis, Hedera
hélix... à noter toutefois une station de Leucoium vernum en face
du déversoir de l’étang de Gérard-Sass.
Les étangs ont pour ceinture : Phragmites commuais, Scirpus
lacustris, quelques Iris pseudo-acorus; dans l’eau on trouve : Cera-
tophyllum demersum, quelques Alisma plantago et Polygonum
amphibium, Nymphéa alba et divers Potamogeton en quantité plus
ou moins grande suivant les époques.
La récolte prélevée au mois de mars dans les étangs Romé, la
Mosée, et Gérard-Sass fut très pauvre et ne permit d’observer,
pour chacun, que : Peridinium bipes, Per. palatinum, Pediastrum
duplex, P. Boryanum, quelques rares Coelastrum microsporum et
en plus, dans l’étang de la Mosée, un unique Micrasterias truncata.
Quant aux pêches effectuées aux mois de mai ou de septembre
et octobre, elles ne présentent pas de différences notables, aussi
ai-je groupé, en un seul tableau, les différentes récoltes de mai,
puis de septembre et octobre :
Voici le tableau comparatif des espèces rencontrées dans chaque
étang indiquant en même temps leur fréquence (tableau I).
Les 143 espèces ou variétés déterminées se répartissent ainsi :
4
1
1
9
53
2
3
33
37
Ce tableau montre que les 3 étangs : Romé, La Mosée, Gérard-
Sass offrent des caractères communs alors que ceux de Neuf-Mou¬
lin et Brunesseau s’en différencient par leur pauvreté en espèces,
l’abondance de certaines formes n’existant pas ailleurs ou l’absence
totale d’autres formes.
L’ancien Etang de Neuf-Moulin n’a que 23 espèces et ne possède
Cyanophycées
Flagellés \
64 (
Flagellés incolores
, ChrysopTiycées
Dinophycées
Euglénophycées
Xanthophycées
Chlorophycées '
73 ;
Volvocales
' Chlorococcales
* Desmidiales
TABLEAU I
ESPECES
Etang de
Neuf-Moulin
Etang Romé
Etang de
La Moséc
Etang
Brunesseau
Etang de
Gérard-Sass
Mai
Oct.
Mai
Oct.
Mai
Oct.
Mai
Oct.
Mai
Oct.
CYANOPHYCÉES
Anabaena Flos-Aquae .
+ + + +
+
Coelosphaerium Naegelianum .
-1-
+
+
+
+
4-
Lyngbya Hieronymusii .
+ +
+
Merismopedia elegans .
+
4-
FLAGELLÉS INCOLORES
Rhipidodendron Huxleyi .
+
CHRYSOPHYCÉES
Dinobryon divergens .
-*-++ +
+ + +
+ + +
+ +
4-4-
DINOPHYCÉES
Ceratium cornutum .
+
+
+
» hirundinella .
+
4-
Peridinium bipes .
+ + +
+
+ +
+
+
+ +
» cinctum.
+
+
+
+
+ +
+ + + +
4-4-
» galuncnse .
+
» palalinum .
H- +
+ + +
+ +
+
+
+ + + +
4-4-
» palatinum var. anglicum.
+ +■
Gyranodinium .
+
+
EUGLENOPHYCÉES
Euglena acus .
+ +
+ +
+ + +
+ +
» Ehrenbergii .
f
+
» oxyuris .
+
» spirogyra .
+
+
Lepocinclis ovum.
+
+
+
4-
» » var. Fomii fo Bourrellyi . .
+
» salina .
+
Phacus brevicauda .
+
+
» longicauda .
+ +
+
y
+
+
» orbicularis .
+
+
+
4-
» pleuronectes .
+ +
» pyrum .
+
+
+
» platalea .
+
+
» pusillum .
+
» Swirenkoi .
+
4-
» Suecicus .
» triqueter .
+
4-
» tortus .
+
+
+
Strombomonas verrucosa .
+
+
» fluviatilis var. elegans.
+
+
Trachelomonas abrupla .
4-
» acanthostoma .
4-
» allia .
4-
» armata .
+
+
+
» » var. longispina .
4-
» » var. Steinii .
+
+
4-
» bacillifera .
+
» bernardinensis .
+
» bituricensis var. Lotharingia
+
» Dangeardii var. glabra .
+
» dubia .
+
» granulosa .
+
4-
» hispida .
+
+
+
+ +
» » var. punctata .
+
+
» » var. duplex .
H-
+
» s var. coronata .
|
+
» hystrix.
+ |
» intermedia .
+
» Kcllogii .
J
+
» lacustris .
1
+
» Lefevrei .
|
+
+
» Lotharingiae .
+
1
» planctonica.
+ |
» Playfairi .
1
» rotunda .
1
+
» robusta .
+ |
» similis .
1
» Sydneyensis var. oblonga .. .
+ j
» volvocina .
+ +
+
+ |
» » var. coronata ....
+
1
XANTHOPHYCÉES
1
!
Ophiocytium capitatum.
+ |
+ i
» cochleare .
+
+ |
+ 1
Source : MNHN, Paris
TABLEAU I ( suite )
ESPECES
Etang de
Neuf-Moulin
Etang Rome
Etang de
La Mosée
Etang
Brunesseau
Etang de
Gérard-Sass
Mai
Oct.
Mai
Oct.
Mai
Oct.
Mai
Oct.
Mai
Oct.
CHLOROPHYCÉES
VOLVOCALES
Eu do ri na elegans .
+
Pandorina morum.
+
Volvox tertius .
+ + +
+
+ +
Chi.orococcai.es
Botryococcus Braunii.
+ + + +
+
+
+ +
+ +
+ + + +
Ankistrodesmus falcatus .
+
+ +
+ +
+
+
» Chodali .
+
Coclastrum inicrosporum .
+ + +
+
» cambrieum var. inlermedium .. .
+
+
+
Crucigenia quadrata .
+
» letrapedia .
+
Dictyosphaerium Ehrenbergianum.
+ +
» pulchellum .
+ +
+ +
+
+ +
Kirchncriella lunaris.
+
+
+
» contorla.
+
» obesa .
+ +
+
+
Oocystis gigas var. Borieyi.
+
» solilaria .
+
+
Pediastrum Boryanum .
+
+ + +
+
+ +
+ +
+ +
» duplex .
+
+
+
+
+ +
+ +
+
+ + +
» simplex .
-¥
+ +
+
+
+
» Tétras.
+
Micractinium pusillum .
+
Scenedesmus arcuatus .
+ +
+
» ellipsoideus .
+-
» falcatus .
+ +
+
+
» helveticus .
+ +
+ +
» obliquus.
+
+ +
+ + +
+ +
+
» quadricauda .
+
+ +
4-
+
+ + +
+ +
» verrucosus .
+
+
Selenastrurn Bibraianum .
+
» gracile .
+
+
Tetraedron cnorme .
+
» minimum .
+
» O’Meari .
+
» trigonum.
+
+
+
CoNJCGAI.ES
Arthrodesmus convergens.
+
+
Closterium gracile .
+
» Külzingii .
+ + +
+
++
* Leibleinii .
+
» parvulum .
+
+
+
+
» venus .
+
» Ehrenbergii .
+
+
Cosmarium Boeckii .
+
+
» Botrytis var. subtumidum .
+
+
» depressum .
+ +
+
•» Meneghinii .
+
+ +
+ +
+
> praemorsum .
+ +
+
+
+
» pseudoconnatum .
+
» reniforme .
+
» subcostatum .
+
» subpunctulatum.
+
+
+
» subtumidum .
+
» Turpjnii .
+
+
+
Dcsmidium Swartzii .
+
Euastrum subamoenum .
+
Hyalotheca dissiliens .
+
» mucosa .
+
+
+
+
Micrasterias crux-melitensis.
» truncata .
+
Spondylosium I.uetkemulleri.
+
» ellipticum.
Staurastrum furcigerum .
+ +
+ + +
+
» gracile .
+
» gemelliparum .
» lunatum .
+
» orbiculare var. depressum.
+
» papillosum .
+
1
» teliferum .
Xanlhidium antilopaeum .
+
+ +
+ +
1
+
|
l +
1
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DE LA FLORE ALGALE DE LORRAINE
199
ni Cyanophycées, ni Volvocales. Les Flagellés y sont représentés
dans la proportion de 69 % en mai et persistent encore en automne,
jusqu’à 52 % ; les Chlorophycées, très peu nombreuses au prin¬
temps, atteignent 48 % en octobre. Nous avons donc ici un étang
à Flagellés dominant de façon permanente, toutefois si les Euglé-
niens sont nombreux ce sont les Peridiniens qui dominent et on
sait qu’ils ne sont pas excellents pour la pisciculture.
L’étang Romé, le plus vaste de tous, est bien équilibré au prin¬
temps par 50 % de Flagellés, surtout Dinobryon et Eugléniens,
et 43 % de Chlorophycées parmi lesquelles dominent les Volvocales.
Il réalise donc à cette époque l’excellente association : Eugléniens-
Volvocales. A l’automne, les Flagellés disparaissent en grande
partie, les Chlorophycées l’emportent pour 80 %, mais si les Chlo-
rococcales y abondent, les Volvocales ont disparu et semblent
remplacées par des Desmidiées nombreuses, 23 espèces et parfois
très abondantes, telles Closterium Kützingii, Staurastrum furcige-
rum, transformant cet excellent étang de printemps en un étang
à Chlorococcales-Desmidiales, ce qui en diminue singulièrement
la valeur. Cette expansion de Desmidiées, dont plusieurs espèces
sont acidophiles, correspond à un pH légèrement acide.
L’étang de la Mosée, comme le précédent, offre une dominance
de Flagellés au printemps, 75 %, et de Chlorophycées à l’automne,
65 %, mais les Volvocales qui représentaient une excellente asso¬
ciation avec les Flagellés y sont absentes et si les Eugléniens sont
encore nombreux, les Chrysophycées et Dinophycées abondent trop
pour le considérer comme excellent. A l’automne, les Chloro-
coccales l’emportent, mais il y a encore 13 espèces de Desmidiées
dont plusieurs très abondantes : Staurastrum furcigerum, Xanthi-
dium antilopaeum, formes épineuses et de grandes tailles; de plus
Dinobrgon et les Peridiniens persistent à l’automne, ce qui en fait
un étang à Chrysophycées-Dinophycées-Chlorococcales-Desmidiées,
association non favorable.
Cet étang de la Mosée est le seul à posséder un Flagellé incolore :
Rhipidodendron Huxleyi, espèce acidophile, ainsi que le genre
Micrasterias, mais ce dernier offre deux espèces différentes suivant
la saison : Micrasterias truncata au printemps et M. crux-melitensis
à l’automne.
L’étang de Gérard-Sass, très semblable aux deux précédents par
les espèces représentées, est au printemps un étang à Flagellés
(62 % ) du type Dinophycées, Chrysophycées, à l’automne il évolue
aussi vers le type Chlorophycées (72 %), mais s’il présente encore
11 espèces de Desmidiées, celles-ci ne sont pas très nombreuses
et on peut alors le considérer comme un étang à Chlorococcales,
donc meilleur que les étangs Romé et la Mosée.
200
M.-L. DE POUCQüES
L’étang Brunesseau ne ressemble à aucun des précédents. Le
petit nombre d’espèces qui y figurent, 13 en mai, 21 en octobre,
pourrait le faire considérer comme peu intéressant. Cependant,
il est le seul à avoir, au printemps, des Cyanophycées en abondance:
23 % des espèces figurées ou 46 % de la flore présente avec 23
de Volvocales. Il est donc caractérisé au printemps par l’excellente
association : Cyanophycées-Volvocales. A l’automne les Cyano¬
phycées régressent et les Volvocales disparaissant, les Euglena se
multiplient ainsi que quelques Chlorococcales, il se transforme
alors en un étang à Eugleniens-Chlorococcales, association favo¬
rable en pisciculture.
Enfin l’étang de la Grange-en-Woëwre, le plus riche en espèces
et dont l’étude globale a été faite ailleurs, se distinguait aussi par
l’abondance des Flagellés au printemps: Rhipidodendron Huxleyi,
Dinobryon divergeas; Peridiniuni, et à l’automne par l’extension
des Chlorococcales et Desmidiées de grande taille souvent acido-
philes : Staurastrum gemellipcirum, St. teliferum, St. furcigerum,
Xantbidium antilopaeum, il se rapproche donc des étangs Romé et
de la Mosée.
En résumé, la Forêt de la Reine possède des étangs ayant entre
eux beaucoup de similitude. Us sont constitués surtout par des
espèces cosmopolites, quelques-unes acidophiles et sont très diffé¬
rents des étangs de la région de Réchicourt (*), en Moselle, étangs
de plaine dégagée à pH plus alcalins qui étaient surtout riches
en Cyanophytes. Ceux de la Forêt de la Reine en sont presque
totalement dépourvus mais possèdent, par contre, plus de Des¬
midiées.
Cette étude met en relief la variation de la flore algale au prin¬
temps et à l’automne. Si on met à part l’étang Brunesseau, différent
de tous les autres, on constate l’abondance des Flagellés au prin¬
temps, évoluant à l’automne vers une expension des chlorophycées.
Mais parmi ces Flagellés, les étangs sont trop riches en Dino-
phycées, Chrysophycées et Trachelomonas, formes à coque dure,
peu nutritives pour le zooplancton et la trop grande abondance
des Desmidiées à l’automne ne les rend pas aussi productifs que
la variété et la richesse en Chlorococcales permettrait de l’espérer.
Seul, celui de Gérard-Sass, plus pauvre en Conjugales, est préfé¬
rable à cette époque pour la pisciculture, alors que l’étang Romé
était supérieur aux autres au printemps par son excellente asso¬
ciation : Eugléniens-Volvocales.
Quant à l’étang Brunesseau, moins intéressant peut-être pour
_ JH 1 ' L ‘ DE PouCQUES - — Contribution à l’étude de la flore algale de Lorraine
Bull. Soc. Sc. de Nancy, N. S., t. XII, n° 2, p. 1-12, 1953.
ÉTUDE DE LA FLORE ALGALE DE LORRAINE
201
le botaniste, du fait de sa pauvreté en espèces, il se révèle le plus
utile au point de vue piscicole par ses deux excellentes associations:
Cyanophycées-Vol vocales au printemps, Eugléniens-Chlorococcales
à l’automne.
LISTE SYSTEMATIQUE
CYANOPHYCEAE
Anabaena Bory.
An. flos-aquae (Lynb.) Bréb. — Etang Brunesseau.
Coelosphaerium Nageli.
C. Naegelianum Unger. — Et. Romé, la Mosée, Brunesseau,
Gérard-Sass.
Lyngbya Agardh.
L. Ilieronymusii Lemm. — Brunesseau.
Merismopedia Meyen.
M. elegans A. Braun. — Et. Brunesseau.
FLAGELLÉS INCOLORES
Rhipidodendron Stein.
Bh. Huxleyi S. Kent. — Et. de la Mosée.
CHRYSOPHYCEAE
Dinobryon Ehrenberg.
D. divergens Imhof. — Et. de Neuf-Moulin, Romé, la Mosée,.
Gérard-Sass.
DINOPHYCEAE
Ceratium Schrank.
C. cornutum (E.) Clap. et Lachm. — Et. de Neuf-Moulin,
Gérard-Sass.
C. hirundinella Sch. — Et. de la Mosée, Brunesseau.
Peridinium Ehrenberg.
P. bipes Stein. — Tous les étangs, sauf Brunesseau.
P. cinctum (O.F.M.) Ehrb. — Tous les étangs, sauf Etang Bru¬
nesseau.
P. gatunense Nygaard. — Etang de la Mosée.
P. palatinum Lautb. — Tous les étangs, sauf étang Romé.
P. palatinum fo. anglicum (G. S. West) Lef. — Etang de Neuf-
Moulin.
202
M.-L. DE POUCQUES
Gymnodinium Stein.
Gymnodinium inversum Nygaard. — Etang Brunesseau.
EUGLENOPHYCEAE
Euglena Ehrenberg.
E. acus. Ehr. — Commun dans tous les étangs.
E. Ehrenbergii Klcbs. — Etang Rome, la Mosée.
E. oxyuris Sch. — Etang la Mosée.
E. spirogyra Ehr. — Etang Romé, la Mosée.
Lepocinelis Perty.
L. ovum Lemm. — La Mosée, Brunesseau, Gérard-Sass.
L. ovum var. Fomii fo. Bourrellyi. — Gérard-Sass.
L. salina Fritsch. — Etang de la Mosée.
Phacus Dujardin.
Ph. brevicauda (Klebs)Lemm.— Etang du Neuf-Moulin, Romé.
Ph. longicauda (Ehr.) Duj. — Dans tous les étangs sauf
l’Etang Brunesseau.
Ph. Nordstedti Lemm. — Etang de la Mosée.
Ph. orbicularis Hubn. — Etang Romé, la Mosée, Gérard-Sass.
Ph. platalea Drez. — Etang Romé, de la Mosée.
Ph. pleuronectes (O.F.M.) Duj. — Etang de Neuf-Moulin.
Ph. pusillum Lemm. — Etang Gérard-Sass.
Ph. suecicus Lemm. — Etang Gérard-Sass.
Ph. Swirenkoi S. K. W. — Etang de la Mosée.
Ph. tortus (Lemm.) Skvortz. — Etang de Neuf-Moulin, Gérard-
Sass.
Ph. triqueter (Ehr.) Duj. — Etang de Neuf-Moulin.
Strombomonas Deflandre.
Str. fluviatilis Lemm. var. elegans Drez. — Etang de Neuf-
Moulin; La Mosée, loge 35/31 u, queue : 13 tx, col : 4 |x.
Str. verrucosa (Daday) Défi. — Etang de Neuf-Moulin, La
Mosée, loge 40-46/26-30 |x, col : 1. 6 tx, h. 4 a.
Trachelomonas Ehrenberg.
Tr. abrupta Swir. — Etang Gérard-Sass, dim. : 28/20 tx.
Tr. acanthostoma Stokes em. Défi. — Etang Gérard-Sass,
dim. : 29/25 tx.
Tr. allia Drez. em. Défi. — Etang Gérard-Sass, dim. : 29/20 <x.
Tr. armata (Ehr.) St. — Et. de Neuf-Moulin, Romé : 35/38 *x.
Tr. armata var. longispina Playf. em. Défi. — Etang de Gérard-
Sass, dim. : 43/34 jx, col : 7 tx, épine postérieure : 12-15 tx.
Tr. armata var. Steinii Lemm. em. Défi. — Etang de Neuf-Mou¬
lin, la Mosée, Gérard-Sass, 40-45/30-32 (x.
Tr. bacillifera Playf. — Etang de la Mosée, dim. : 28/22 a.
ÉTUDE DE LA FLORE ALGALE DE LORRAINE
203
Tr. Bernardinensis W. Vischer. — Etang Brunesseau, loge :
32-34/19-20 a, col : 1. 7-8 h. 6 sx.
Tr. Bituricencis Wurtz var. Lothciringia de Poucques. — Et. de
Neuf-Moulin, la Mosée, loge : 48/32 [x, col large de 8 y. à la
partie supérieure, h. 3 sx.
Tr. Dangeardi (Playf.) Défi. — Et. de la Mosée, loge : 29/21 [x.
Tr. dubia Swir. em. Dell. — Et. de la Mosée, loge : 21/10,5 sx,
col : 2,5 sx.
Tr. Dijbowski Drez. — Et. de la Mosée.
Tr. granulosa Playf. — Et. de la Mosée, Gérard-Sass, dim. :
23/19 y..
Tr. hispida (Perty) em. Dell. — Existe dans tous les étangs :
38/20 tx.
Tr. hispida var. coronata Lemm. — Et. de Gérard-Sass, dim. :
42/26 tx.
Tr. hispida var. crenullatocollis (Mask.) Lemm. — Et. Bru¬
nesseau, Gérard-Sass, dim. : 32/23 sx, col : 3-3,5 ix.
Tr. hispida var. duplex Défi. — Et. de Neuf-Moulin, Romé,
Gérard-Sass, 33/23 a.
Tr. hispida var. punctata Lemm. — Et. Romé, la Mosée :
26/17 sx.
Tr. hystrix Teil. — Etang Romé, loge: 40/24 ix, col: largeur: 5 a.
Tr. intermedia Dangeard. — Etang de la Mosée, loge: 20/17-
18 (x.
Tr. Kelloggii Skv. — Etang de la Mosée 38/32 ix.
Tr. lacustris var. oualis Drez. em. Défi. — Etang Gérard-Sass,
pore muni de courtes épines, membrane très ponctuée aux
extrémités seulement, pôle post., arrondi, un peu plus co¬
nique que le type. Dim. : 26/12 jx.
Tr. Lefevrei Défi. — Etang de la Mosée, Gérard-Sass, loge :
28/21 a, col : 1. 5 [x, h. 2,5 sx.
Tr. Lotharingiae de Poucques. — Etang de Neuf-Moulin, dim. :
36-25 [x (sans les épines), col : 1. 4,5 sx, h. 8 tx avec épines;
épines postérieures : 2,5 à 5 jx.
Tr. planctonica Swir. — Etang Romé, 18/14 jx.
Tr. Playfairi Dell. — Etang Gérard-Sass, dim. : 27/20 tx, col :
largeur 3,5 s*, h. 3,5 tx.
Tr. robusta Swir. — Etang Romé, loge : 28/22 tx.
Tr. rotunda Swir. em. Défi. — Etang de la Mosée, 20/21 tx.
Tr. similis Stokes. — Etang Gérard-Sass, loge : 30/24 sx, col :
4,5 a.
Tr. Sydneyensis var. oblonga Playf. — Etang Romé, loge :
42/32 a.
204
M.-L. DE POUCQUES
Tr. volvocina Ehr. — Existe dans tous les étangs.
Tr. volvocina var. coronata Drez. — Etang de Neuf-Moulin.
XANTHOPHYCEAE
Heterococcales
Ophiocytium Nàgeli.
O. capitatum Wolle. — Etang Romé, Gérard-Sass.
O. cochleare A. Braun. — Partout sauf dans l’Etang de la
Mosée.
CHLOROPHYCEAE
Volvocales
Eudorina Ehrenberg.
E. elegans Ehr. — Etang Romé.
Pandorina Bory.
P. morum (Mull.) Bory. — Etang Romé.
Yolvox (Linné) Ehrenberg.
V. tertius Meyer. — Etang Romé, Brunesseau.
CHLOROCOCCALES
Ankistrodesmus Corda.
A. Chodati (Tann.-Full.) Brunnth. — Etang de Brunesseau.
Botryococcus Kutzing.
B. Braunii Kütz. — Commun partout sauf l’Etang Neuf-Moulin.
Coelastrum Naegeli.
C. cambricum var. intermedium (Bohl.) G. S. West.
C. microsporum Naeg. — Etang Romé, la Mosée.
Crucigenia Morren.
C. quadrata Mor. — Etang de la Mosée.
C. tetrapedia (Kirch.) W. et W. — Etang Gérard-Sass.
Dietyosphaerium Naegeli.
D. Ehrenbergianum Naeg. — Etang Gérard-Sass.
D. pulchellum Wood. — Etang Romé, la Mosée, Gérard-Sass.
Kirchneriella Schmidle.
K. lunaris Moebius. — Etang de la Mosée, Brunesseau, Gérard-
Sass.
K. obesa (W. West) Sclim. — Etang de la Mosée, Gérard-Sass.
K. coniorta (Schm.) Bohlin. — Etang Gérard-Sass.
Oocystis Naegeli.
ÉTUDE DE LA FLORE ALGALE DE LORRAINE
205
O. gigas var. Borieyi Lemm. — Etang de Neuf-Moulin.
O. solitaria Naeg. — Etang Gérard-Sass.
Pediastrum Meyen.
P. Boryanum (Turp.) Menegh. — Commun partout.
P. duplex Meyen. — Commun partout.
P. simplex (Meyen) Lemm. — Etang Gérard-Sass.
P. tétras (Ehr.) Ralfs. — Etang Romé, la Mosée, Gérard-Sass.
Mieraetinium Fresenius.
M. pusillum Fres. — Etang Romé.
Scenedesmus Meyen.
Sc. arcuatus Lemm. — Etang de la Mosée, Gérard-Sass.
Sc. ellipsoideus Chod. .— Etang Gérard-Sass.
Sc. falcatus Chod. — Etang de Neuf-Moulin, la Mosée, Gérard-
Sass.
Sc. helveticus Chod. — Etang de la Mosée, Gérard-Sass.
Sc. obliquas (Turp.) Kg. — Tous les étangs sauf Brunesseau.
Sc. quadricauda (Turp.) Bréb. — Tous les étangs sauf Bru¬
nesseau.
Sc. verrucosus Roll. — Etang Romé, la Mosée.
Selenastrum Reinsch.
S. Bibraianum Reinsch. — Etang Romé.
S. gracile Reinsch. — Etang de la Mosée, Gérard-Sass.
Tetraedron Kutzing.
T. enorme (Ralfs) Hansg. — Etang Romé.
T. minimum (A. Br.) Hansg. — Etang de la Mosée.
T. O’Meari Arc. — Etang de Neuf-Moulin.
T. trigonum (Nag.) Hansg. — Etang de la Mosée, Gérard-Sass.
CONJUGALES et DESMIDIALES
Arthrodesnms Ehrenberg.
A. convergeas Ehr. — Etang Romé, la Mosée.
Closterium Nitzsch.
Cl. gracile Bréb. — Etang Brunesseau.
Cl. Kutzingii Bréb. — Etang Romé, Brunesseau, Gérard-Sass.
Cl. Leibleinii Kiitz. — Etang Romé.
Cl. parvulum Nag. — Etang Romé, Brunesseau, Gérard-Sass.
Cl. venus Kütz. — Etang Romé.
Cl. Ehrenbergii Menegh. — Etang de Neuf-Moulin, Gérard-Sass.
Cosmariuni Corda.
C. Boeckii Wille. — Etang Brunesseau, Gérard-Sass, cellule :
24-32/23-32 a, isthme : 8-10 y..
Source : MNHN l Paris
206
M.-L. DE POUCQUES
Cl. Botrytis var. subtumidum Wittr. — Etang de Neuf-Moulin,
Gérard-Sass, dim.: 66 X 52 fx, isthme 17 fx.
C. depressum Sch. — Etang Romé, Gérard-Sass.
C. Meneghinii Bréb. — Partout sauf dans l’Etang Brunesseau.
C. praemorsum Bréb. — Etang Romé, la Mosée, Brunesseau.
C. pseudoconnatum Nordst. — Etang Romé.
C. punctulatum var. subpunctulatum Nordst. — Etang Gérard-
Sass.
C. rcniforme (Ralfs) Arch. — Etang Romé.
C. subcostatum Nordst. — Etang Romé.
C. subtumidum Nordst. — Etang Romé.
C. Turpinii Bréb. — Etang Romé, la Mosée, Gérard-Sass, cel. r
de 73 X 60 ;x, isthme 19 jx.
Desmidium Agardh.
D. Swartzii Ag. — Etang Romé, la Mosée, Gérard-Sass.
Euastrum Ehrenberg.
E. subamoenum Schm. — Etang Romé.
Hyalotheca Ehrenberg.
H. dissiliens (Sm.) Bréb. — Etang de Neuf-Moulin, Gérard-
Sass; dim. : 22-25/12-16 y..
H. mucosa (Dillw.) Ehr. — Partout sauf dans l’Etang Gérard-
Sass.
Micrasterias Agardh.
Micrasterias crux-melitensis (Ehrbg.) Hass. (fig. 1).
La cellule est de taille moyenne, à peine plus longue que large,
longueur : 110 p., largeur : 102 a, apex : 48 |x, isthme : 18 jx.
Elle rappelle M. radians par l’extension des épines terminales
des lobes et par les incisions assez profondes des lobes et des lo¬
bules; mais le sinus fermé et la tendance à avoir 3 aiguillons aux
extrémités des lobes est bien de M. crux melitensis.
M. truncata (Corda) Bréb.
Cette espèce, surtout sphagnophile, habite généralement des eaux
plus acides. La cellule mesure : longueur 105 [x, largeur 90 fx,
épaisseur 41 a, apex 72 }x, isthme : 23 fx.
Les aiguillons de l’extrémité des lobes ont tendance à être plus
effilés que dans le type normal.
Spondylosium Brébisson.
Spondylosium Luetkemulleri Gronblad. — Etang Romé, dim r
26-27/26-27 a; isthme : 10-12 tx; espèce rare en Europe.
Staurastrum Meyen.
St. Avicula Bréb. — Etang Gérard-Sass.
St. ellipticum West. — Etang Gérard-Sass.
St. furcigerum Bréb. — Partout sauf l’Etang de Neuf-Moulin.
ÉTUDE DE LA FLORE ALGALE DE LORRAINE
207
St. gracile Ralfs. — Etang de la Mosée.
St. gemelliparum Nordst. — Etang de la Mosée.
St. lunatum Ralfs. — Etang de Neuf-Moulin, 1. : 38-41 ;j.,
1. : 31 a, is. : 13-14 jx.
St. orbiculare var. depressum Roy et Biss. — Etang Romé.
St. teliferum Ralfs. — Etang Romé, la Mosée.
Xanthidium Ehrenberg.
À\ antilopeum Kutz. — Dans tous les étangs sauf l’Etang de
Neuf-Moulin.
Nancy-Dakar.
M. L. de Poucques,
Institut des Hautes Etudes,
Ecole Supérieure des Sciences.
Dakar (A.O.F.)
Les sulfobactéries
In vivo la bactériochlorophylle présente un maxinîum de fluores¬
cence vers 926 ma, mais le rendement (rapport entre l’énergie émise
et celle qui est absorbée) est faible : 0,1 % chez Chromatium.
Comme chez les plantes vertes, la vitesse de photosynthèse et le
rendement de fluorescence présentent des variations en sens inverse
et la richesse en CO., l’abondance en réducteur diminuent la fluo¬
rescence.
Le rôle des pigments carotinoïdes accompagnant la bactériochlo¬
rophylle a été élucidé par les travaux de Duysens (1951) ; certains
de ces pigments accessoires cèdent l’énergie qu’ils absorbent à la
chlorophylle.
L’exigence quantique ou nombre de quanta nécessaires à la
réduction d’une molécule de CO, est, pour Chromatium, de 11 à
12 quanta d’après l’étude de Katz, Wassink et Dorrestein (1942).
Avec Roelofsen et Dorrestein, Wassink et Katz (1942) on peut
ramener la photosynthèse des sulfobactéries au processus général :
1 ) réaction photochimique où l’appareil pigmenté absorbe l’énergie
lumineuse, il est alors activé et agit comme donneur d’hydrogène;
2) réaction « sombre » avec réduction du C0 2 par le système
pigmenté qui s’oxyde; 3).réaction d’oxydoréduction où le complexe
oxydé est réduit par le donneur d’hydrogène et revient à l’état
initial.
De nombreux chercheurs ont défini les besoins alimentaires des
Rhodothiobactéries en faisant varier la composition du milieu de
culture et en étudiant les variations de la croissance. Citons seule¬
ment Van Niel (1931) qui montre que l’action du chlorure de
sodium est très faible; il n’y a donc pas de différences profondes
entre les espèces marines et celles d’eau douce. Il reconnaît deux
séries de Rhodothiobactéries, les unes nettement alcalinophiles
croissent à des pH de 9 à 10,5 et sont peu sensibles aux variations
de concentration du sulfure (de 0,01 à 0,2 %). Les autres peuvent
croître du pH 6,5 à 9,5 si les sulfures sont en faible quantité :
0,02 %, tandis qu’à de plus fortes concentrations, 0,1 à 0,2 %, ces
espèces ne supportent qu’un pH de 8,5 à 9.
Quel est le meilleur aliment réducteur ou donneur d’hydrogène?
pour Gerhardt (1943, 1944) c’est le soufre tandis que pour Manten
Source : MNHN, Paris
LES SULFOBACTÉRIES
209
(1942) le malate de soude est l’aliment de choix. A ce sujet Was-
sink et Manten (1942) suggèrent l’idée d’une photohétérotrophie.
Comme certains Cyanophycées, les Rhodothiobactéries sont ca¬
pables de fixer l’azote moléculaire gazeux. Lindstrom et ses colla¬
borateurs (1949, 1950) utilisent l’isotope N 15, radioactif et mon¬
trent une fixation importante d’azote à la lumière, en anaérobiose.
A l’obscurité cette fixation est fort réduite mais sous atmosphère
d’azote les Chromatium décomposent par fermentation des com¬
posés organiques (glucose, glycérol, etc.) et produisent, grâce à
une bydrogénase, du gaz carbonique et de l’hydrogène.
Wassink, Tjia et Wintermans (1949) démontrent que le cycle
du phosphore est lié à la photosynthèse : en absence de C0 2 , à la
lumière, les cellules emmagasinent les phosphates pour les utiliser
dès que le gaz carbonique est présent ou que la lumière disparaît.
3» LES ATHIORHODOBACTER1ES
a) Culture. Dès 1887, Esmarch obtient une Athiorhodobactérie
en culture pure et Molisch (1907) perfectionne ces techniques et
cultive un grand nombre d’espèces avec un milieu minéral (MgS0 4 ,
0,5 g.; K, HP0 4 , 0,5; traces de fer, FeS0 4 ) contenant 10 g. de peptone
par litre. Il sépare alors les Athiorhodobactéries ne mettant pas en
réserve de soufre intracellulaire des Thiorhodobactéries qui pré¬
sentent des globules de soufre. Il indique de plus qu’une substance
organique est indispensable à la croissance des bactéries pourpres
non sulfuraires. Selibf.r (1928) montre les effets favorables d’un
éclairage artificiel continu. Czurda et Maresch (1937) obtiennent
des cultures prospères avec lumière, gaz carbonique, peptone, solu¬
tion minérale aussi bien en vie anaérobie qu’aérobie. Van Niei.
(1944) donne un mémoire très complet sur la culture, la physio¬
logie, la morphologie, la classification des Athiorhodobactéries,
mémoire où il met au point une technique commode de culture
sur milieu liquide ou solide renfermant un autolysat de levure
(Na2S, 0,01 % ; Na2 C0 3 ou NaH C0 3 , 0,2 %). Ce milieu est ajusté
au pH 7 par une solution tampon de phosphate. Hutner (1946,
1950) recherche quels sont les facteurs de croissance indispen¬
sables à la vie des Athiorhodobactéries; il indique la biotine, la
thiamine, l’aneurine, l’acide nicotinique et montre que chaque
espèce a des besoins particuliers. Les métaux tels que Fe, Zn, Mn à
l’état de traces ont une action favorable. Les facteurs de croissance
sont indispensables aussi bien en culture anaérobie qu’aérobie.
b) Physiologie. Le mémoire de Van Niei, (1944), la mise au
point de Gest (1951) nous renseignent sur la physiologie de ces
bactéries pourpres. Leur photosynthèse a fait l’objet de nombreux
210
P. BOURRELLY
travaux et en vie anaérobie leur processus photosynthétique est
calqué sur celui des Thiorhodobactéries. La seule différence pro¬
vient des donneurs d’hydrogène ou agents réducteurs. Dès 1929.
Van Niel remarque que l’hydrogène sulfuré n’est pas accepté par
toutes les espèces mais que les composés orgagniques agissent
comme donneurs d’hydrogène. Buder (1919) considère ces bac¬
téries comme saprophytes hétérotrophes. L’hydrogène sulfuré, les
sulfures, les thiosulfates, l’hydrogène gazeux (Gaffron, 1930, 1935)
sont par contre utilisés comme donneurs d’H par beaucoup d’es¬
pèces mais toujours en présence d’extraits de levures, source de
facteurs de croissance. Quelques espèces sont strictement anaé¬
robies, les autres peuvent vivre en aérobiose. Les besoins de lumière
ne sont pas aussi stricts que pour les Rhodothiobactéries et la vie
est possible même à l’obscurité. Nakamura (1938) montre qu’avec
une source convenable de carbone et d’azote, des vitamines et des
traces de métaux, la croissance peut se faire à l’obscurité, en
présence d’oxygène. Par contre en absence d’0 : la lumière est
indispensable à la croissance. En absence de lumière l’alanine,
les acides gras organiques (lactique, pyruvique, malique, acétique)
stimulent l’utilisation de l’oxygène. Barrer et Van Niel (in Van
Niel, 1949) se servent d’acide acétique dont les carbones des
groupes méthyl et carboxyl sont remplacés par l’isotope radioactif
C14. A l’obscurité, en présence d’oxygène, cet acide est utilisé et
les carbones « marqués » se retrouvent dans le gaz carbonique
émis et dans le matériel cellulaire. En anaérobiose, toujours dans
l’obscurité, sous atmosphère d’azote, les composés orgagniques
(glucose, glycérol, glycérophosphate, etc.) subissent une fermen¬
tation en produisant C0 2 et IL, sans doute grâce à des enzymes
complexes (Nakamura). Ce même auteur montre que l’hydrogène
moléculaire peut être utilisé et oxydé si certains accepteurs sont
présents : O,, S, S0 3 , SÜ 4 , S 3 0 3 , NO : , fumarate, malate, etc. (le CO*
ne fonctionne comme accepteur d’hydrogène qu’à la lumière).
Gest et Kamen (1949), Kamen (1950) donnent la formule de
photosynthèse avec l’acide malique : G. H« Ch + ILO — lumière
-» (CH/)) + 2 CO : + 2 H». Dans ce cas particulier il y a émission
de gaz carbonique et d’hydrogène sous l’action d’une hydrogénase.
Cette photoproduction d’H 2 est inhibée par la présence d’azote ou
de sels ammoniacaux; elle n’a pas lieu à l’obscurité. Les mêmes
chercheurs (1949) utilisent l’isotope N 15 pour mettre en évidence
la consommation de l’azote par les souches productrices d’hydro¬
gène. Ces faits sont confirmés par Lindstrom et ses collaborateurs
(1948).
Les sources d’azote sont N,, NH 4 ou des aminoacides variés tandis
que le carbone provient du gaz carbonique ou des composés orga-
LES SULFOBACTÉRIES
211
niques donneurs d’hydrogène. Barrer et Van Niel (1949) à l’aide
de gaz carbonique portant un carbone C 14 radioactif, montrent
que l’acide acétique joue le rôle de donneur d’hydrogène car
le carbone marqué se retrouve dans le matériel cellulaire.
Cutinelli et ses collaborateurs ( 1950 ) emploient dans des
expériences séparées, un milieu à l’extrait de levure et sels
minéraux et NaHC0 3 + C 13 H 3 C 14 OONa ou NaHC 14 0 3 et CH 3 COONa.
Ils démontrent ainsi que 45 % du carbone total fixé par
les cellules provient du groupe méthyl de l’acétate, 25 % du groupe
carboxyl et 10 % du bicarbonate, le reste étant pris vraisembla¬
blement à l’extrait de levure. On peut donc conclure que l’action
du donneur d’hydrogène organique est double, photoréducteur et
source de carbone. Par contre Foster (1940) étudie l’utilisation de
l’isopropanol et démontre qu’il agit comme simple agent réducteur
suivant la formule :
CH 3 f'H
2 CH ,> CHOH + C0 2 - lumière 2 CH ^ C = O + (CH2 0) + Hs °
Le processus photosynthétique suit la même marche que celle
indiquée pour les Rhodothiobactéries, il semble cependant d’après
French (1937) que 4 quanta sont suffisants pour réduire une molé¬
cule de gaz carbonique. Nous pouvons donc conclure que les
Athiorhodobactéries ne présentent pas l’homogénéité physiologique
qui semble caractériser les Thiorhodobactéries. Besoin en vita¬
mines, possibilité de croître à l’obscurité, anaérobiosë non obliga¬
toire caractérisent les bactéries pourpres non sulfuraires.
Scardovi (1950) a décrit un Rhodopseudomonas ( Rh . vannielii)
aberrant qui est strictement autotrophe et n’a pas besoin de facteur
de croissance; il utilise uniquement les sulfures comme donneur
d’hydrogène et refuse tous les agents réducteurs organiques. De
plus les bactéries jeunes accumulent du soufre intracellulaire.
Ce Rhodopseudomonas semble donc intermédiaire entre les Athio-
et les Thiorhodobactéries.
Le Rhodomicrobium découvert par Duchow et Douglas (1949),
si curieux par ses colonies ramifiées, a une physiologie d’athiorho-
dobactérie (pigments, absence de S intracellulaire) pourtant il n’a
pas besoin de facteur de croissance. Un donneur d’hydrogène orga¬
nique (éthanol, acétate, lactate, etc) permet seul la photoréduction
du gaz carbonique car les sulfures et les thiosulfates ne sont pas
utilisés.
4° LES CHLOROTHIOBACTER1ES
a) Culture. Les premières cultures pures de Chlorothiobactéries
ont été réalisées en 1931 par Van Niel, cultures anaérobies en
212
P. BOURRELLY
présence de lumière, avec un milieu uniquement minéral identique
à celui employé pour les sulfobactéries rouges. Van Niel montre
que le meilleur rendement est obtenu avec un pH de 8,5 et que
l’oxydation de l’hydrogène sulfuré est lié à la photosynthèse sui¬
vant la formule classique :
CO ; + 2 H, S -- lumière -» (CH,0) + FLO + 2 S
Le soufre produit est déposé dans le milieu extérieur, il n’y a pas
de réserve de soufre intracellulaire. De plus ce soufre n’est pas
oxydé, il reste inemployé. Van Niel et Muller (1931) confirment
ces résultats et ne trouvent jamais de sulfates dans les milieux
de culture. Les composés organiques ou sulfurés ne sont pas uti¬
lisés, les bactéries vertes n’ont pas besoin de facteur de croissance
(Van Niel, 1941 ).
Lindstrom, Tove et Wilson (1950) cultivent un Chlorobacterium
en milieu minéral, à la lumière, et constatent, grâce à l’emploi de
l’isotope NI 5 que les bactéries vertes fixent l’azote moléculaire.
Larsen (1952) découvre une deuxième espèce de Chlorobium,
Ch. thiosulfatophilum, espèce dont il compare les besoins nutritifs
à ceux de Chlorobium limicola. Il modifie un peu le milieu de Van
Niel, ajoute CaC12 et des traces de métaux : Fe, B, Zn, Co, Cu, Mn
et ajuste la solution au pH 7,3. Les cultures ainsi réalisées sont
particulièrement florissantes et l’on obtient 2,5 g. de bactéries
(poids brut, « humide » ) par litre de milieu en 36-48 heures. Les
corps réducteurs, donneurs d’hydrogène, utilisés par les deux
espèces de Chlorobium sont différents et permettent de les dis¬
tinguer. Tout d’abord, Larsen démontre que le Ch. limicola peut
utiliser ILS, les sulfures et le soufre excrété. Il retrouve en effet
dans le milieu de culture, des sulfates venant de l’oxydation du
soufre, mais remarque que tout le soufre n’est pas oxydé et qu’une
partie reste inemployée. Ce qui caractérise Ch. thiosulfatophilum
c’est la possibilité que possède cette bactérie d’utiliser les thiosul¬
fates et les tétrathionates comme agents réducteurs photosynthé¬
tiques suivant les formules :
2 CO.. + Na, S 2 Oj + 3 FLO — lumière 2 (CFLO)
+ Na, S0 4 + H 2 S0 4 et
7 C0 2 + 2 Na, S 4 O e + 13 H 2 0 - lumière -* 7 (CFLO)
+ 2 Na, S0 4 + 6 H 2 S0 4
De plus tout'comme Ch. limicola, FFS, S et IL peuvent servir de
réducteurs du gaz carbonique mais les sulfites, les di et trithionates
ne sont pas oxydés. Le soufre peut être excrété dans le milieu de
culture, il n’est jamais mis en réserve intracellulaire. Larsen,
LES SULFOBACTÉRIES
213
Yocum et Van Niel (1952) trouvent que 10 quanta sont suffisants
pour assimiler une molécule de gaz carbonique, ce nombre est
indépendant du donneur d’hydrogène.
Tout récemment Pringsheim (1953, 1953 A ) a étudié les pig¬
ments de Chlorobium sulfatophilum et de Microchloris Nadsonii.
Il ne retrouve pas la Bactérioviridine de Metzner mais uniquement
de la Bactériochlorophylle a identique à celle des Rhodobactéries et
des caroténoïdes indéterminables. Ces résultats qui permettent un
rapprochement des bactéries vertes et pourpres sont obtenues aussi
bien par l’analyse spectrale in vivo que par chromatographie.
Nous donnons à la page 214 un tableau schématique qui résume
les propriétés physiologques des sulfobactéries.
V. — Ecologie sommaire des sulfobactéries.
Dans la nature, les sulfobactéries sont liées aux milieux riches en
hydrogène sulfuré provenant, soit des sources minérales, soit des
décompositions organiques. Les Leucothiobactéries seront abon¬
dantes en surface vers les zones oxygénées tandis que les sulfu-
raires rouges ou vertes végéteront dans les couches profondes des
étangs, des lacs et des mers. Les sources sulfureuses minérales sont
riches en formes incolores aussi bien en eau stagnante qu’en eau
courante (Vouk, 1950) mais les formes colorées y sont plus rares.
Ces sulfobactéries, associées aux bactéries sulforéductrices forment
des amas gélatineux connus sous le nom de « glairine » ou de
« barégine ». Ces barégines ont fait l’objet d’un grand nombre
d’études; nous nous contenterons de citer les travaux de Dufrenoy,
Molinery, Trabaud (1928), Fourment (1928), Prévôt (1948),
Feldmann (1946), Montaner.
Bavendamm (1924) donne une excellente mise au point sur les
conditions écologiques des sulfuraires. Les espèces marines, d’après
les belles synthèses de Zo Bell (1946) et de Senez (1951), ont les
mêmes besoins que celles d’eau douce. On peut dire que partout où
se trouvent des vases riches en hydrogène sulfuré on trouve des
sulfuraires. Quelques genres sont encore inconnus en mer ou en
eau saumâtre : Thiospïïaera, Rhodospirillum par exemple.
La mer Noire, où l’oxygène disparaît à partir de 200 m. de
profondeur, présente une masse d’eau fort riche en H 2 S et une
zonation bien marquée de sulfobactéries (Ravich-Serbo, 1930). Le
même fait s’observe dans certains lacs d’eau douce de Russie, de
France (lac de la Girotte), de Suisse (Ritomsee, Rotsee). Les vases
organiques ou sapropèles ont fait l’objet d’une étude détaillée de
214
P. BOURRELLY
Lauterborn (1915). Il y retrouve des sulfobactéries incolores et
colorées accompagnées d’une florule spéciale où dominent certains
Oscillatoria de couleur jaunâtre. Baas-Becktng (1925) crée le terme
de « sulfuretum » pour cette association répandue dans les eaux
douces et saumâtres polysaprobes.
Faure-Fremiet (1951) étudie les associations infusoriennes à
Beggiatoa. Dans le réseau serré des filaments, l’alcalinité de l’eau
SULFOBACTERIES
neure d'hydrogène
vitamlnea
intracel¬
lulaire
Croissance
à l’obs¬
curité
Vie
aérobie
Vie
anaérobie
Inorganiques
Organiques
LEUCOTHIOBACTERIES
Chlmiosvnthèse
H2S,S,sulfurée
-
-
+
+
+
-
RHODOTHIOBACTERIES
H2S
sulfures
S
82 03
Se
pyruvates
butyrates.
-
+
-
-
+
ATHIORHODOBACTERIES
Rhodopaeudomonas
Vannielli
Rhodomlcrobium
Vannielli
H2S
sulfures
S2 03
H2
asiates
acétates
IsopropanhL
+
-
a +
02
-
+
H2S, sulfures
-
-
+
-
+
+
-
éthanol
acétate
lactate
butyrate
-
-
-
-
+
CHLOROTHIOBACTERIES
Chloroblum llmicola
Cblorobium thlosul-
fatophllum
H2S, sulfures
S, B2
-
-
-
-
-
-F
H2S, sulfures
S, H2 ,S2 03
-
-
-
-
-
+
Fig. 1. — Caractères différentiels de quelques types de Sulfobactéries.
fait place à une acidité légère (pH 6,8) ; toute une faune de ciliés
se réfugie dans ce micro-milieu ; une espèce de Glaucoma se nourrit
exclusivement de Beggiatoa.
Les grands facteurs caractérisant l’écologie des sulfobactéries
sont : la présence d’hydrogène sulfuré et un milieu alcalin. L’oxy¬
gène est indispensable pour les formes incolores tandis cpie anaéro-
biose et lumière conditionnent la vie des espèces photosynthétiques.
Les travaux de M me H. Winogradsky permettent, grâce à la tech¬
nique des cultures brutes préconisée par S. Winogradsky, de suivre
au laboratoire la marche des peuplements bactériens des vases
lacustres. Les développements massifs des Leucothiobactéries et
des Rhodothiobactéries sont bien connus. Les premières colonisent
surtout les berges des lacs, étangs, rivières aux eaux chargées en
matières organiques, les secondes prospèrent le plus souvent dans
LES SULF0BACTÉR1ES
215
les couches profondes des lacs et mers riches en H 2 S. Ces bactéries
pourpres donnent alors une coloration rose ou rouge à toute la
masse d’eau. Les petites mares de ferme ou de forêt, riches en
détritus végétaux, animaux ou en gypse, prennent souvent, une
teinte vineuse. Les Chlorobactéries ont une croissance plus discrète;
elles accompagnent les bactéries pourpres. Bicknell (1950) les
indiquent fort abondantes dans la zone sans oxygène d’un petit lac
américain à pH de 6,2-6,7, avec un maximum de croissance en
janvier et en août.
Quant aux Athiorhodobactéries elles sont très rares dans les
milieux naturels.
Il faut insister sur le caractère ubiquiste et cosmopolite des sul-
l'obactéries : dès que H 2 S est présent en un point quelconque du
globe, si la température permet la vie, les sulfobactéries s’installent.
Ainsi Issatchenko (1946) les signale dans les eaux de forage des
puits de pétrole.
Utermohl (1925) précise la répartition saisonnière des sulfo¬
bactéries des lacs et leur zonation en profondeur dans son travail
classique sur les lacs de la région de Plon. Ruttner (1937) étudie
le Krottensee, lac des Alpes autrichiennes qui présente, de 20 à
30 m. de profondeur, une zone privée d’oxygène. Dans ces couches
profondes apparaît un beau développement de sulfobactéries inco¬
lores ( Achromatium ) et pourpres ( Lamprocystis et Chromatium),
Les espèces symbiotiques de Chlorobactéries telles que Chloro-
bacterium, Chlorochromatium ou Cylindrogloea posent un pro¬
blème écologique non résolu. Quels sont les rapports entre l’hôte
incolore et les bactéries photosynthétiques qui sont adhérentes à
sa périphérie? Y a-t-il symbiose ou simplement phorétie?
L’espèce curieuse de bactérie pourpre observée par Mangenot et
vivant dans l’ectoplasme d’un Spirotomum pose le même problème
d’une endosymbiose. On peut supposer que les « rhodelles » (qui
n’accumulent pas de soufre intracellulaire et sont sans doute des
Athiorhodobactéries) empruntent à leur hôte les facteurs de crois¬
sance indispensables à la vie des Athiorhodobactéries libres; mais
ce n’est là qu’une hypothèse.
VI. — Systématique des sulfobactéries.
1» LES DIVERS TYPES DE CLASSIFICATION
Les beaux travaux de Winogradsky (1888) complétés par ceux
de Bavendamm (1924) nous ont donné une classification des sulfo¬
bactéries qui est le fondement des divers systèmes préconisés.
216
P. BOURRELLY
Winogradsky sépare les sulfuraires en deux groupes : les inco¬
lores et les colorées; puis la morphologie, le mode de division, la
mobilité permettent de caractériser les divers genres.
Molisch (1909) introduit la notion de bactéries pourpres sans
réserve de soufre et sépare ainsi les Rhodobactéries en deux
familles : Thiorhodacées et Athiorhodacées. Jensen (1909) reprend
sous des noms différents les deux familles de Molisch (Thiobacté-
ries et Rhodobactéries) et place les formes filamenteuses incolores
dans les Trichobactéries. Buchanan (1917) crée un ordre des Thio-
bacteriales où sont groupées toutes les sulfobactéries.
Bavendamm (1924) sépare les Leucothiobacteria (deux familles
Beggiatoaceae et Achromatiaceae) des Rhodolhiobacteria (six
familles Thiocapsaceae, Lamprocystaceae, Amoebobacteriaceae,
Thiopèdiaceae, Chromatiaceae, Rhodocapsaceae) . Ellis (1932)
modifie légèrement les familles de Bavendamm, il sépare en parti¬
culier les Thiospirillaceae des autres Leucothiobactéries.
Pringsheim (1933) donne une sévère étude critique des systèmes
de classification et divise les sulfobactéries en deux ordres : 1° Rho-
dobacteriales (avec Rhodobacterinae et Thiorhodinae) ; 2° Desmo-
bacleriales groupant les Chlamydobacteriaceae et les Beggiatoaceae.
Le manuel de Bergey (1948) fait un historique très documenté sur
les classifications des bactéries. Signalons en passant le système
de Pibram (1936) qui rapproche les formes pourpres de Thiospi-
rillum et de Thiosarcina des formes incolores non sulfuraires
Spirillum et Sarcina.
Bavendamm (1936) divise les Thiobacteria en Leucothiobacteria
et Chromothiobacteria. Ce dernier groupe est scindé en Rhodothio-
bacteria et Chlorothiobacteria. Les Athiorhodobactéries restent en
groupe annexe.
Van Niel crée pour les sulfobactéries, dans le Manuel de Bergey,
le sous-ordre des Rhodobacteriineae et le divise en trois familles :
Thiorhodaceae, Athiorhodaceae et Chlorobacteriaceae. Les Beggia¬
toaceae et les Achromatiaceae sont placées parmi les Chlamydo-
bacteriales. Le genre Thiospira rejoint les formes incolores non
sulfuraires des Pseudomonadaceae.
Prévôt (1948) sépare les Algobacteria en deux classes : Sidero-
bacteriales et Thiobacteriales. Ces Thiobacteriales sont divisées en
trois familles : 1° Rhodobacteriaceae (avec toutes les formes
rouges); 2° Beggiatoacae; 3° Achromatiaceae.
Pringsheim (1953, 1953A),après étude de quelques Cyanophycées
bactéroïdes et de Chlorobactéries, propose de réunir dans un ordre
unique des Chlorobacteriales les bactéries vertes et pourpres. Il
divise cet ordre en trois familles : Thiorhodaceae, Athiorhodaceae
et Chlorobacteriaceae.
LES SULFOBACTÉRIES
217
Enfin citons pour terminer la classification de Skuja (1948) : les
sulfobactéries sont groupées en trois ordres : 1° Thiobacteriales,
avec les formes pourpres et les formes incolores mobiles unicellu-
laires; 2° Chlorobacteriales; 3° Beggiatoales, distinctes des Tricho-
bacteriales.
Devant le grand nombre de systèmes proposés, nous pouvons
aisément conclure qu’aucune classification naturelle des sulfo¬
bactéries n’a encore vu le jour. Toutes ces classifications sont prin¬
cipalement fondées sur la physiologie des sulfuraires et ne tiennent
pas suffisamment compte de leur morphologie. Nous ne savons rien
sur l’origine de ces organismes, il est donc impossible d’aboutir à
une classification rationnelle, phylogénique. Nous pouvons admettre
avec Lwoff (1943) que « ces formes dont la photosynthèse est liée
à la présence d’un donateur d’hydrogène strictement spécifique,
H 2 S par exemple, ne sont certainement pas primitives; de telles
formes sont spécialisées, c’est-à-dire évoluées ». On peut, avec
Pringsheim (1949) considérer qu’une partie des sulfobactéries
incolores dérive directement des Cyanophycées par perte de la
pigmentation. Nakamura (1930) a montré que les Oscillatoria
peuvent réduire le C0 2 en utilisant le H 2 S et emmagasiner du
soufre intracellulaire (il est vrai que certaines Diatomées ont le
même pouvoir). Pringsheim se fonde essentiellement sur le mode
de reptation des oscillaires qui semble identique au mouvement
des Beggiatoa. En suivant cet auteur on peut donc considérer
Beggiatoa, Thioplaca, Achromatium comme des formes incolores
des Cyanophycées Oscillatoria, Microcoleus et Synechococcus. Les
formes mobiles flagellées incolores de la famille des Achromatia-
ceae sont peut-être simplement des formes dérivées des Rhodo-
thiobactéries tout comme les Beggiatoacées sont des Cyanophycées
incolores. Ainsi nous pouvons supposer avec beaucoup de vrai¬
semblance que Macromonas est un Chromatium incolore et Thio-
spira un Thiospirillum apigmenté. Les caractères fournis par les
pigments chlorophylliens et les pigments accessoires nous semblent
devoir occuper la première place dans la systématique des sulfobac¬
téries tout comme dans celle des Algues. Ainsi nous grouperons en
deux grands ordres les bactéries photosynthétiques : 1° les Rhodo-
bactériales, 2° les Chlorobactériales. Les Athiorhodacées seront une
famille des Rhodobactériales au même titre que les Thiorhodacées.
Nous considérerons les Athiorhodacées comme des formes dérivées
des Thiorhodacées, formes dont le métabolisme a été modifié par
la vie en milieu riche en produits organiques. Mangenot étudiant
les Rhodelles endosymbiotiques pense que la symbiose a fait dispa¬
raître la mobilité et la propriété de mettre le soufre en réserve.
218
P. BOURRELLY
Remarquons pourtant que si l’on suit les idées de Lwoff et de
Jensen, les Athiorhodacées ont conservé un caractère primitif :
leur possibilité de vie aérobie. Les Chlorobactéries nous semblent
se rapprocher des bactéries pourpres dont elles dérivent peut-être
par régression pigmentaire, tout comme les Xanthophycées sont
voisines des Chrysophycées.
Nous laisserons dans les sulfobactéries colorées les formes spi¬
rilles comme les formes sarcines ou pseudomonas. Le monde bacté¬
rien présente des séries évolutives parallèles où les convergences
de formes jouent comme chez les algues ou les végétaux supérieurs.
Ces types structuraux, différents de ceux des algues, se retrouvent
dans des phyllums divers sans pour cela indiquer une parenté
phylétique. Ainsi il n’est pas sûr que les sarcines incolores et les
sarcines pourpres aient la même origine. Nous pensons que la
série des spirilles par exemple, avec des formes incolores chez les
Eubactéries, sulfuraires chez les Achromatiacées ( Thiospira ), colo¬
rées mais sans soufre chez les Athiorhodacées (Rhodospirilliim ),
rouges avec soufre chez les Thiorhodacées (Thiospirillum) , est
tout à fait comparable aux séries coccoïde, palmelloïde, mona-
doïde ou rhizopodiale connues dans les divers phylums des Algues.
2° CLASSIFICATION DES SULFOBACTERIES
En suivant les principes que nous venons d’exposer, nous divi¬
serons les sulfobactéries en deux ordres :
A) Rhodobactériales : bactéries vivant normalement en milieu
riche en hydrogène sulfuré et habituellement colorées en rouge
par un pigment accompagnant la bactériochlorophylle. Les formes
incolores sont toujours unicellulaires et flagellées.
L’ordre ainsi défini englobe les Rhodothiobactéries à réserve
intracellulaire de soufre, les Athiorhodobactéries sans réserve
soufrée et les formes flagellées des Leucothiobactéries.
B) Chlorobactériales : bactéries photosynthétiques vertes vivant
dans les milieux riches en H,S.
A côté de ces deux ordres nous considérons les Beggiatoaceae
avec les formes filamenteuses, les formes coloniales et les formes
unicellulaires non flagellées, comme une famille de Cyanophycées
incolores se caractérisant par leur besoin en oxygène et en hydro¬
gène sulfuré ainsi que par leurs réserves en soufre intracellulaire.
Nous devrions logiquement dissocier cette famille entre les di¬
verses familles de Cyanophycées et placer les Beggiatoa parmi les
Oscillatoriacées, les Achromatium dans les Chroococcacées, etc.
Pourtant les caractères caryologiques particuliers des Beggiatoacées
les isolent des Cyanophycées s. st. et justifient la conservation d’une
famille spéciale groupant ces sulfuraires incolores.
LES SULFOBACTÉRIES
219
I) Rhodobacteriales.
Nous diviserons cet ordre en trois familles :
1° Thiorhodaceae : bactéries pourpres mettant en réserve du
soufre intracellulaire.
2° Macromonadaceae : formes incolores, unicellulaires, mobiles
grâce à des flagelles polaires ou péritriches et présentant du soufre
intracellulaire.
3° A thiorhodaceae: bactéries pourpres ou brunâtres ayant besoin
de facteurs de croissance préformés et n’emmagasinant pas de
soufre intracellulaire.
Nous allons passer rapidement en revue des familles en définis¬
sant les principaux genres qui les composent.
1° Thiorhodaceae. Nous pouvons y distinguer cinq sous-familles
en suivant les monographies de Winogradsky et de Bavendamm.
A. Formes coloniales
+ division suivant 2 ou 3 directions de l’espace :
1. colonies compactes, globuleu¬
ses ou cubiques.
2. colonies globuleuses, irrégu¬
lières, creuses .
3. colonies plates, tabulaires...
+ division suivant une seule direction
B. Formes solitaires.
a) Thiocapsoideae.
b) Lamprocystoideae.
c) Thiopedioideae.
d) Amoebobacteroideae.
e) Chromatioideae.
a. Thiocapsoideae. — Les cellules se divisent suivant les 3 direc¬
tions de l’espace et forment ainsi des colonies pleines, globuleuses,
cubiques ou informes. Trois genres forment cette sous-famille :
1. Thiocystis Winogradsky 1888 (espèce type : Th. violacea
(Mig.) Winog.) colonie compacte à gaine gélatineuse, se multipliant
par des paquets de cellules nageuses ciliées. Le genre comprend
deux espèces.
2. Thiocapsa Winogradsky 1888 (espèce type : Th. roseo-persi-
cina Winog.), colonies informes ne donnant pas de cellules
nageuses. Deux espèces.
3. Thiosarcina Winogradsky 1888 (espèce type : Th. rosea
(Schrot.) Winog. (= Rhodothiosarcina Ellis). Colonie en paquets
cubiques ne donnant pas de cellules nageuses. Une espèce.
b. Lamprocystoideae. — Colonies sphériques creuses, souvent
perforées. La division se fait d’abord suivant 3 directions puis 2
seulement.
Un seul genre : Lamprocystis Schroeter 1889 (espèce type : L.
roseo-persicina (Kütz.) Schrot.) avec cinq espèces groupant les
220
P. BOURRELLY
genres synonymes Thiosphaera Miyoshi, 1897; Thioderma Miy. et
Thiosphaerion Miy. La multiplication a lieu grâce à des paquets
de cellules ciliées.
c. Thiopedioideae. — Colonies tabulaires ayant l’aspect de la
Cyanophycée Merismopedia. Un genre monospécifique, Th. rosea
Winogradsky, 1888, pouvant se multiplier grâce à des cellules
nageuses à un cil polaire.
d. Amoebobacteroideae. — Cellules se divisant suivant une seule
direction de l’espace et réunies en colonies informes. Cette sous-
famille comprend quatre genres :
1. Amoebobacter Winogradsky, 1888 (espèce type : A. roseus
Winog.). Les cellules, sphériques ou en bâtonnets, forment des
colonies gélatineuses se déplaçant par des mouvements amiboïdes.
Les tractus protoplasmiques contractiles réunissant les cellules
n’ont jamais été mis en évidence. Trois espèces.
2. Thiothece Winogradsky, 1888 (espèce type : Th. gelatinosa
Winog.), genre monospécifique. Colonies gélatineuses immobiles
pouvant émettre des cellules nageuses.
3. Thiopolijcoccus Winogradsky, 1888 (espèce type : Th. ruber
Winog.), colonies immobiles de cellules pressées les unes contre
les autres et se reproduisant par simple morcellement de l’en¬
semble. Genre monospécifique.
4. Thiodictyon Winogradsky, 1888 (espèce type : Th. elegans
Winog.). Les cellules fusiformes sont réunies, par leurs extrémités,
en réseau rappelant Hgdrodictyon. Genre monospécifique. Repro¬
duction par fragmentation de la colonie.
e. Chromatioideae. — Formes solitaires que l’on peut répartir en
deux séries :
I) Formes mobiles à cils polaires avec quatre genres :
1. Chromatium Perty, 1852 (espèce type : Ch. Okenii (Ehrbg.)
Pert.). Cellules réniformes ou ovoïdes à fouet unique inséré un peu
latéralement. Une douzaine d’espèces.
2. Chromatiopsis Skuja, 1948 (espèce type : Ch. elektron Skuja).
Cellules globuleuses ou ovoïdes à fouet inséré apicalement. Deux
espèces.
3. Rhab do chromatium Winogradsky, 1888 (= Rhabdomonas
Cohn; espèce type : Rh. roseum (Cohn) Winog.). Cellules fusi¬
formes à fouet polaire unique ou à bouquet de fouets polaires.
Cinq espèces.
4. Thiospirillum Winogradsky, 1888 (= Rhodothiospirillum Ellis;
espèce type : Th. jenense (Ehrbg.) Winog.). Cellules spiralées na¬
geant grâce à un bouquet de fouets polaires. Cinq espèces.
II) Formes immobiles, solitaires, entourées d’une gaine gélati-
LES SULFOBACTÉRIES
221
neuse et présentant des pseudovacuoles gazeuses ou « airosomes ».
Deux genres.
1. Rhodocapsa Molisch, 1906 (espèce type : Rh. suspensa Mol.) à
cellules en bâtonnets de 3,5-180 p. X 1,8-3,5 ^ (sans la gaine) et
donnant des formes mobiles sans capsule gélatineuse. Genre mono¬
spécifique.
2. Rhodothece Molisch, 1906 (espèce type : Rh. pendens Mol.),
cellules sphériques, souvent groupées par paire et n’ayant pas de
stade nageur.
2° Macromonadaceae. Ces formes incolores, unicellulaires flagel¬
lées, que nous avons retirées des Leucothiobactéries, sont des Chro-
matioideae apigmentées, sans pigment chlorophyllien ou pigment
accessoire. La famille renferme quatre genres :
1. Macromonas Utermohl et Koppe, 1923 (espèce type: M. mobile
(Lauterb.) Uterm. et Kop.). Cellules réniformes, ellipsoïdales, glo¬
buleuses ou fusiformes (Deflandre, 1937) pourvues d’un fouet
polaire. Ce genre peut être considéré comme une forme incolore de
Chromatium. Sans doute la zoospore flagellée d ’Achromatium oxali-
ferum figurée par Skuja (1948) est aussi un Macromonas. Cinq ou
six espèces.
2. Thiospira Wislouch, 1914 (= Sulfospirillum Kluyver et Van
Niel = Thiospirillum Omelianski, 1905; espèce type : Th. Wino-
gradskyi (Osmal.) Wisl.). Cellules spiralées, mobiles grâce à un
petit nombre de cils placés à chaque extrémité du corps cellulaire.
Ce genre, avec deux espèces, est une forme incolore de Thiospi¬
rillum Winog.
3. Taphrospira Skuja, 1948 (espèce type : T. elongata (Perf.)
Skuja). Cellules spiralées avec une gouttière longitudinale carénée
rappelant la « crista » des spirochètes. Genre monospécifique à
fouets uni ou bipolaires.
4. Thiovulum Hinze, 1935 (espèce type : Th. majus Hinze).
Cellules ovoïdes mobiles grâce à des fouets péritriches. Trois ou
quatre espèces.
3° Athiorhodaceae. Ces bactéries pourpres dont Molisch a
donné une monographie (1907) et Van Niel une étude très com¬
plète (1944), se séparent des Thiorhodacées par l’absence de soufre
intracellulaire et par leurs besoins en facteurs de croissance pré¬
formés. Nous savons par la note de Scardovi (1950) qu’une espèce
de Rhodopseudomonas emmagasine du soufre dans les cellules
jeunes et peut vivre sans facteur de croissance.
D’après Van Niel (1944) la famille ne comprend que deux genres
très pléomorphes :
1. Rhodopseudomonas Kluyver et Van Niel, 1937 (espèce type :
222
P. BOURRELLY
Rh. palustris (Mol.) V. Niel). Les cellules sont globuleuses, en
bâtonnets ou en virgules, solitaires, libres et mobiles ou en amas
gélatineux. Le genre comprend cinq espèces groupant les genres
Rhodobacilliis Molisch, Rhodovibrio Mol., Rhodococcus Mol., Rho-
dobacterium Mol., Rhodocystis Mol., Rhodonostoc Mol., Rhodo-
rhagus Bergey, Rhodomonas Kluy. et v. Niel, Phaeomonas Kluy.
et v. Niel.
2. Rhodospirillum Molisch, 1907 (espèce type : Rh. rubrum
(Esmarch) Mol.). Cellules spiralées à flagelles polaires, avec deux
espèces.
II faut aussi placer dans cette famille le genre Pelochromatium
Lauterborn, 1915 (espèce type : P. roseum Lauterb.). Les cellules
brunâtres ou rougeâtres vivent dans la gaine gélatineuse d’une
bactérie incolore à fouet polaire. La bactérie-hôte a été nommée
Endosoma palleum par Utermohl, tandis que les symbiotes rouges
ont reçu du même auteur le nom de Lauterborniola minima. Les
« rhodelles » endosymbiotiques étudiées par Mangenot sont sans
doute aussi des Athiorhodacées.
Au voisinage des Athiorhodacées se place le genre Rhodomicro-
bium Duchow et Douglas, 1949 (espèce type: Rh. vannielii Duchow
et Douglas). Cet organisme par ses pigments et sa photosynthèse
se rapproche des Athiorhodacées. Son mode de division par bour¬
geonnement et la formation de colonies ramifiées, dendroïdes, lui
donne un aspect très particulier qui l’éloigne de toutes les sulfo-
bactéries. De plus il ne peut pas utiliser le soufre ou les sulfures
(les donneurs d’hydrogène sont uniquement des composés orga¬
niques). Il mérite donc de faire partie d’une famille spéciale des
Rhodomicrobiaceae.
II) Chlorobacteriales.
La classification des bactéries vertes est difficile à établir. La
monographie de Geitler et Pascher (1925) fondée sur l’étude du
matériel dans la nature a été modifiée profondément par Van Niel
(in Bergey ). Ce savant trouve dans les cultures un polymorphisme
extrême, nié d’ailleurs par Bicknell (1952) et Larsen (1952).
On peut diviser les Chlorobactériales en deux familles :
1° Chlorobiaceae groupant les formes libres;
2° Chlorochromatiaceae groupant les formes symbiotiques.
1° Chlorobiaceae. — On peut reconnaître quatre genres dans
cette famille : 1. Chlorobium_ Nadson, 1912 (espèce type : Ch. limi-
cola Nads.).- Cellules globuleuses isolées ou réunies par une gelée
en filaments courts ou en masse plus ou moins régulière. D’après,
LES SULFOBACTÉRIES
223
Van Niel, il semble que les genres Pelogloea (1) Lauterborn, p. p.,
Sorochloris Pasch., Chloronostoc Pasch. et Chloropseudomonas
Czurda et Maresch ne sont que des stades culturaux ou écologiques
de Chlorobium. Deux espèces.
2. Tetrachloris Pascher, 1925 (espèce type : T. inconstans
Pasch.). Thalle gélatineux indéfini où les cellules globuleuses sont
groupées par deux ou quatre.
Ce genre non admis par Van Niel est pourtant repris par
Pringsheim (1953) qui décrit un Tetrachloris diplococcus nov. sp.
Mais cette espèce est incontestablement une Cyanophycée chroococ-
cacée (présence de chlorophylle a et de pigment bleu hydrosoluble).
Il existe de plus un T. merismopedioides Skuja (1948) en colonie
tabulaire dont la position systématique reste douteuse.
3. Clathrochloris Geitler, 1925 (espèce type : Cl. sulphurica
(Szafer) Geitl.). Colonies irrégulièrement perforées constituées par
des cellules sphériques disposées en chapelet. L’espèce type, très
proche de Chloronostoc, se caractérise par des globules de soufre
intracellulaire (un par cellule). Skuja (1948) décrit une deuxième
espèce où ce globule de soufre est remplacé par une vacuole
gazeuse.
4. Pelodictyon Lauterborn, 1913 (espèce type : P. clathratiforme
(Szafer) Geitl. Cellules fusiformes se divisant suivant les trois plans
de l’espace et restant adhérentes par leurs extrémités de façon à
constituer un réseau irrégulier du type Hydrodictyon. Le genre
comprend trois espèces. Pour Van Niel, les genres Schmidlea Lau-
terb., Pelogloea Lauterb.' p. p., et Pedinochloris Lauterb. doivent
fusionner avec Pelodictyon. Personnellement nous placerions
Schmidlea avec Chlorobium (au voisinage de Sorochloris) et Pedi¬
nochloris parmi les Tetrachloris.
5. Microchloris Pringsheim, 1953 (espèce type : M. Nadsonii
Pringsh.). Cellules immobiles, solitaires, en bâtonnets cylindriques
très allongés (0,4 p. X 2,5-6 jO se groupant en amas gélatineux
semi-liquide. Les cellules se multiplient par simple division trans¬
versale.
2° Chlorochromatiaceae. — Cette famille renferme trois genres
de petites bactéries vertes adhérentes à un autre organisme, Bacté¬
rie ou Flagellé. On peut séparer les trois genres suivant la nature
de l’hôte.
1. Chlorobacterium Lauterborn, 1915 (espèce type : Ch. symbio-
(1) Pringsheim (1953) retrouve Pelogloea chlorinâ Lauterb., ou une forme
très voisine. Mais cet organisme est une Cyanophycée chroococcacée possédaut
de la Chlorophylle a et un pigment bleu hydrosoluble.
224
P. BOURRELLY
ticum Lauterb,). Amibe ou mastigamibe flagellée recouverte de
bactéries vertes en bâtonnets piqués perpendiculairement à la
surface de l’hôte.
2. Chlorochromatium Lauterborn, 1906 (espèce type : Ch. aggre-
gatum Lauterb. = Chloronium Buder, 1913). Symbiose d’une bacté¬
rie incolore à fouet polaire et de petites chlorobactéries du type
Chlorobium.
3. Cylindrogloea Perfiliev, 1914 (espèce type: Cy. bactifera Perf.).
Petites bactéries vertes entourant d’un revêtement continu une
bactérie filamenteuse à gaine muqueuse.
Le genre Pelosphaera Lauterborn (espèce type : P. rotans Lau¬
terb.) qui forme des colonies creuses de petites bactéries verdâtres
à fouet polaire appartient peut-être aux Chlorobactericiles. Skuja
a créé pour ce genre la famille spéciale des Pelosphaeraceae.
Remarquons en terminant que Pringsheim (1949) sépare les
Sulfochlorobactéries (avec Chlorobium) des Cyanochîoridées ou
Chlorobactéries ( Tetrachloris, Pelogloea) . Pascher et Geitler,
créateurs du terme Cyanochîoridées pensaient aussi à un rappro¬
chement possible entre Cyanophycées et Bactéries vertes. Dans
l’état de nos connaissances, fondées uniquement sur l’étude du
genre Chlorobium, il est impossible de se faire une idée précise
sur l’homogénéité du groupe des bactéries vertes.
III) Beggiatoaceae :
Les formes incolores de Cyanophycées, mettant normalement du
soufre en réserve intracellulaire, se réduisent aux sept genres Beg-
giatoa, Thiothrix, Thiospirillopsis, Thioplaca, Thiosiphop, Thio-
gloea, Achromatium que l’on peut considérer comme des formes
apigmentées des genres Oscillatoria, Lyngbya, Spirulina, Microco-
leus (ou Hydrocoleus ), Chamaesiphon, Aphanocapsa (ou Aphano-
thece) et Synechococcus.
1. Beggiatoa Trevisan, 1842 (espèce type : B. alba (Vauch.)
Trev.). Formes filamenteuses non ramifiées, libres, à cellules sépa¬
rées par des cloisons. Les filaments rampent en oscillant de l’apex
et en tournant comme les oscillaires. La multiplication se fait par
fragmentation; ce processus est identique à la formation des hor-
mogonies des algues bleues. Six à dix espèces.
2. Thiothrix Winogradsky, 1888 (espèce type : Th. nivea (Ra-
benh.) Winog.). Filaments fixés par leur base et entourés d’une
gaine fine. La multiplication se fait par hormogonies mobiles sans
flagelle. Six espèces.
3. Thiospirillopsis Uphof, 1927 (espèce type: Th. floridana Uph.).
Filaments spiralés mobiles comparables aux spirulines. Une espèce.
Ce genre a sans doute été observé dès 1880 par Van Tieghem qui
décrit une spiruline incolore sous le nom de Spirulina alba.
LES SULFOBACTÉRIES
225
4. Thioplaca Lauterborn, 1907 (espèce type : Th. Schmidlei Lau-
terb.). Filaments mobiles comme les Beggiatoa et réunis en fais¬
ceau entouré d’une gaine commune. Quatre espèces.
5. Thiosiphon Klas, 1936 (espèce type : Th. adriaticum Klas).
Filaments immobiles, non cloisonnés, fixés par la base. La partie
apicale se resserre et donne naissance à des conidies plus ou moins
comparables aux exospores des Chamaesiphonées. Une espèce.
6. Thiogloea Dévidé, 1952 (espèce type : Th. Ruttneri Dév.).
Cellules immobiles, groupées en colonies gélatineuses comparables
à celles des Aphanocapsa ou des Aphanothece. Trois espèces dont
le Bacterium bovista Molisch.
7. Achromatium Schewiakofï, 1893 (espèce type : A. oxaliferum
Schw.). Cellules ellipsoïdales ou sphériques, solitaires, mobiles mais
dépourvues de flagelle. Le genre comprend trois espèces. Suivant
Van Niel, il faut y inclure les genres Hillhousia West et Griffith,
Thiophysa Hinze et Thiosphaerella Nadson. Virieux (1913) a décrit
des zoospores mobiles mais sans cils. Zaciiarias et Skuja ont
observé des zoospores à fouets polaires, mais il semble qu’il s’agisse
de Macromonas. Quant aux cils péritriches d’ Hillhousia c’est un
artefact causé par l’épaisse gaine gélatineuse.
Cette rapide mise au point montrera, nous l’espérons, tout l’in¬
térêt qui s’attache aux sulfobactéries et à leur physiologie. Si leur
photosynthèse, actuellement bien connue grâce aux admirables
travaux de Van Niel se rattache à la physiologie générale des
plantes vertes, leur caryologie, leur taxinomie posent encore de
nombreux problèmes, problèmes que nous avons signalés au pas¬
sage et qui susciteront, pensons-nous, d’intéressantes recherches
dans un futur prochain.
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Virieux J. 1912. — Sur « l’Achromatium oxaliferum » Schew. (C. R.
acad. sc. Paris, 154.)
— 1913. — Recherches sur «l’Achromatium oxaliferum». (Ann. sc.
nat. bot., sér. 9, 18.)
*Vouk V. 1950. — Grundriss zu einer Balneobiologie des Thermen (Bâle).
Waksman S. A. 1941. — Aquatic baeteria in relation to the cycle of orga-
nic matter in lakes. (in Symposium on hydrobiology, univ. Wisconsin,
Madison.)
Wassink E. C. 1942. — On the ratio between the uptalce of carbon
dioxide and the hydrogen donor in purple sulphur baeteria. (Enzymo-
logia, 10.)
Wassink E. C., Katz E. et Dorrestein R. 1939. — Infrared absorption
spectra of various strains of purple baeteria. ( Enzymologia, 7.)
— 1942. — On the photosynthesis and fluorescence of bacteriochlo-
rophyll in Thiorhodaceae. (Enzymologia, 10.)
Wassink E. C. et Manten A. 1942. — Some observation on the utiliza-
ti°n of organic compounds by purple sulphur baeteria. (Antonie van
Leeuwenhoek, 8.)
Wassink E. C., Tjia J. E. et Wintermans J. F. G. M. 1949. — Phosphate
exchanges in purple sulphur baeteria in connection with photosynthe¬
sis. (Proc. Kon. Nederl. akad. wetensch. Amsterdam, 52, 4.)
LES SULFOBACTÉRIES
233
Weinberg M., Nativelle R. et Prévôt A. R. 1937. — Les microbes anaé¬
robies (Paris).
Winogradsky S. 1887. — Uber Schwefelbacterien. (Bot. Zeitg., 45, n° 31
à 37.)
* — 1888. — Beitrâge zür Morphologie und Physiologie der Bakterien.
I. Zur Morphologie und Physiologie der Schwefelbakterien (Leipzig).
— 1889. — Recherches physiologiques sur les sulfobactéries. (Ann.
inst. Pasteur, 3.)
— 1949. — Microbiologie du sol (Paris).
Winogradsky H. 1951. — Etude comparée des conditions écologiques et
et des conditions de laboratoire dans le cas des Thiorhodacées. (Ann.
inst. Pasteur, 81.)
Winogradsky H., Appert J. et Plessis A. 1953. — Etude préliminaire de
la microflore sulfureuse du bassin d’Enghien-les-Bains (S.-et-O.). (Ann.
inst. Pasteur, 84.)
Wurtz A. 1946. — Quelques problèmes d’hydrobactériologie. (Rev.
scient., 84, n° 3261.)
Yuasa A. 1936. — Cytomorphological study of « Rhodospirillum lon-
gum » Hama. (Bot. magaz., Tokyo, 50.)
*Zo Bell C. E. 1946. — Marine microbiology. (Wallham, USA.)
P. Bourrelly.
Laboratoire de Cryptogamie
du Muséum National d’Histoire Naturelle.
NOTULES ALGOLOGIQUES
Cette rubrique réunit de courtes notes sans illustrations ni références biblio-
graphiques. Elle permettra aux auteurs de publier des observations nouvelles
ne se prêtant pas à un long développement, notamment celles concernant l’éco¬
logie ou la biogéographie des Algues, ou de prendre date avant la parution d’un
travail plus complet.
Les écailles des Chrysomonadines
vues au microscope électronique.
A l’aide du microscope optique on peut observer que les écailles
siliceuses des genres Mallomonas et Synura sont réhaussées d’orne¬
ments variés bien caractéristiques de chaque espèce. Au moyen du
microscope électronique, on voit sur les écailles des détails complé¬
mentaires. Les structures observées au microscope optique, sont
en vérité des bordures, des listels ou des cadres épaissis, tout à
fait homogènes, tandis que les parties non épaissies sont perforées
d’ouvertures étroites, circulaires ou hexagonales, visibles seulement
dans les micrographies électroniques. Ces perforations des plages
minces rappellent la structure submicroscopique des Diatomées à
frutules lisses telles que Attheya (Fott, 1950) ou Chaetoceros
(Desikachary, 1954).
Il est bien connu que les écailles siliceuses de quelques Chryso-
monadines ( Mallomonas, Mallomonopsis, Conracliella, Synura,
Phillipsiella sont disposées en séries régulières, imbriquées, for¬
mant une cuirasse adhérente, mais souple. Ces écailles sont incluses
dans une logette pectique; cette logette, grâce aux perforations des
écailles, n’est pas une coque impénétrable, mais une véritable
membrane qui peut remplir les fonctions physiologiques de la
membrane végétale.
Par sa structure et par ses fonctions physiologiques cette mem¬
brane à écailles perforées est entièrement différente de la logette
(lorica) de nombreuses Chrysomonadines (Kephyrion, Pseudoke-
phyrion, Sienocalyx, etc.). Ici la logette est constituée par une ma¬
tière non vivante, sécrétée par le protoplasme et l’espace qu’elle
limite est en relation avec le milieu externe par une large ouverture.
Bohuslav Fott.
Emploi du papier de cellophane
pour l’étalement et la préparation des Algues.
Le titre de cette notice est suffisamment explicite. Au lieu d’uti¬
liser pour la confection des herbiers du papier blanc ordinaire
NOTULES ALGOLOGIQUES
235
sur lequel les algues sont étalées, qu’il s’agisse de Xanthophycées,
de Chlorophycées, telles que des Cladophora ou des Céramiées,
on glisse sous les plantes à préparer une feuille de cellophane.
Le résultat de l’opération est enthousiasmant. La cellophane est
mise à sécher, ce qui ne tarde guère, en la plaçant entre des feuilles
de papier non collé et classée en herbier. Suivant les Algues on
choisira de la cellophane plus ou moins épaisse. Un peu de pra¬
tique enseigne le choix à faire.
L’examen des préparations est grandement facilité. La prépa¬
ration peut être placée entre deux plaques de verre et être ainsi
directement photographiée. L’examen des détails de structure des
Algues devient aisé. On pourra prendre des fragments de prépara¬
tion placés sur lame et sous lamelle, légèrement humidifiés, ils
donnent les détails cytologiques les plus fins et même à tous gros¬
sissements. Il n’est plus dès lors nécessaire de démonter les feuilles
d’herbier, opération parfois risquée surtout s’il s’agit de documents
anciens, très secs, cassants et précieux.
H. Kufferath.
La différenciation des cellules vivantes et des cellules mortes
chez les Cyanophycées
à l’aide du réactif chlorure de triphényltétrazolium (1)-
Les cellules vivantes réduisent le chlorure de triphényltétrazo¬
lium en donnant du Formazane. Cette réduction se traduit par
une coloration rouge qui permet de distinguer les cellules vivantes
des cellules mortes.
Cette réaction s’effectue en utilisant le réactif à une concentra¬
tion de 0,1 % dans de l’eau distillée.
A l’aide de ce réactif nous avons examiné le .matériel suivant :
Oscillatoria amoena, Oscillatoria brevis, Oscillatoria formosa et
Oscillatoria sancta.
Les algues après avoir été soigneusement rincées à l’eau distillée
furent ensuite traitées pendant une heure dans le réactif en ques¬
tion.
L’examen microscopique du matériel ainsi préparé a permis de
constater un dépôt de formazane, sous forme de longues aiguilles,
dans de nombreuses cellules.
Le phénomène de réduction est localisé dans la couche corticale,
alors que le corps central ne donne pas de coloration.
Contrairement à ce qu’on a admis pour les bactéries (Bielig,
Kausche et Haardick, 1949), il ne semble pas que, dans le cas
(1) Nous avons utilisé le réactif de Baver vendu sous le nom de « Tetrazol ».
236
NOTULES ALGOLOGIQUES
des algues examinées, les équivalents de noyau se trouvent dans
le secteur de réduction.
Des examens de contrôle ont été effectués avec une solution
aqueuse de bleu de méthylène à une concentration de 1 : 1000.
En l’espace d’une heure il se produit une précipitation de méta-
chromatine et quelquefois une légère coloration du corps central.
Quelques cellules, en particulier les cellules biconcaves (ou né-
crides), se sont colorées en bleu; parallèlement on observe de
temps en temps une coloration bleu foncé du corps central.
A en juger d’après la coloration des nécrides il faut supposer
que les cellules présentant la même coloration bleue, sont également
mortes.
Pour vérifier cette supposition nous avons fixé les algues en
question soit avec de l’aldéhyde formique (à 3 % ) soit avec de
l’alcool.
L’essai a montré que la couche corticale donne nettement une
coloration bleue, alors que le corps central se colore en bleu foncé.
Dans les cellules ainsi fixées il ne se produit pas de formazane.
Le matériel utilisé pour ce test a été prélevé dans des cultures
en plein développement. Le milieu de culture avait la composition
suivante :
Ca (NO a ) a
0,5 g.
k 2 hpo 4
0,2 g.
MgSO*
0,2 g.
FeCl 3
traces
Agar-Agar
10,0 g.
H : 0
1000,0 g.
Fr. Herbst.
BIBLIOGRAPHIE
Les conditions actuelles de l’imprimerie ne permettant plus d’envisager la
parution d’une Bibliographie Algologique méthodique comme dans la première
série de cette revue, il ne sera publié que des indications bibliographiques con¬
cernant les ouvrages importants ou les mémoires d’intérêt général. Les lecteurs
de langue française peuvent trouver un complément d’information dans la
« Bibliographie » paraissant en annexe au « Bulletin de la Société botanique de
France » et dans le « Bulletin analytique » publié par le Centre National de la
Recherche Scientifique.
Sundene O. — The algal végétation of Oslofiord (Skr. Det Norsk.
Yidensk. I, Oslo, 1953).
L’auteur étudie la végétation algale du fjord au fond duquel se trouve
Oslo. Un premier chapitre donne rapidement la topographie et les
points étudiés. Le fjord, orienté N.-S. est subdivisé en quatre bandes
parallèles. L’hydrographie fait l’objet d’une étude approfondie au point
de vue niveau de l’eau, salinité et température, pollution et éclairement.
Le rôle du vent, des précipitations, etc..., y est étudié.
L’étude de la végétation est alors abordée. Après l’exposé des grandes
lignes de la zonation, sont discutés les principes des recherches phyto-
sociologiques en écologie marine. L’auteur se réfère aux méthodes
classiques appliquées aux plantes terrestres, mais non sans en recon¬
naître les difficultés, et d’abord de détermination, surtout sur le terrain.
Dans le degré de recouvrement, les épiphytes microscopiques sont
difficilement appréciables. L’aire minima pose peu de problèmes, mais
l’établissement de la constance est délicate pour les plantes saisonnières.
L’auteur étudie ensuite analytiquement la végétation. Cette étude porte
sur un nombre important d’espèces et de facteurs, d’où un intérêt qui
dépasse largement les régions Scandinaves. Chaque association est
envisagée d’abord séparément. Puis l’auteur étudie la question des profils,
et donne de nombreux exemples. La ligne repère sur le terrain a été
la zone à Balanes.
L’Auteur discute ensuite les résultats obtenus. Il compare les diffé¬
rentes parties du Fjord entre elles, et le fjord avec les autres fjords des
mêmes régions. Ce qui lui permet une synthèse de nombreux résultats
obtenus.
Enfin l’Auteur donne un catalogue des espèces rencontrées, avec,
pour chaque, des notes d’écologie d’une part, de morphologie, anatomie,
développement, etc... en fonction de l’écologie d’autre part, et une
liste de localités.
L’ouvrage se termine sur des tables d’ensemble de la végétation très
précieuses par leur bonne présentation et leur valeur globale et syn¬
thétique. — M. Dz.
238
BIBLIOGRAPHIE
Waern M. — Rocky-Shore Algae in the Oregrund Archipelago
(Act. phytogeogr. Suec. 30, 1952).
L’auteur s’est attaché à une étude précise et détaillée des espèces
rencontrées. Après une introduction générale sur la topographie et
l’écologie de la Baltique et de l’Archipel Oregrund, dans laquelle il note
les points essentiels de tous les éléments écologiques importants, l’auteur
donne la liste des espèces avec pour chaque une étude anatomique,
taxinomique et écologique abondante. Les dessins sont nombreux et
soignés et appelés à rendre grandement service. La présentation de
ses remarques personnelles, classées par conséquent dans l’ordre systé¬
matique, est très commode pour retrouver un renseignement.
Enfin la 3 e partie étudie la Phytosociologie. Nous trouvons ici un
essai de synthèse de l’étude précédente avec les conclusions, souvent
originales, de l’auteur, qui a, comme méthode, utilisé les coefficients
classiques de phytosociologie, mais avec beaucoup de souplesse.
32 planches représentent les aspects de la végétation aux points étudiés.
On notera comme nouveautés :
Chaetomorpha bottnica nom. prov.
Nematochrysis hieroglyphica n. sp.
Porterinema n. gen.
avec P. fluviatile (Porter) n. comb.
Ascocycius ramosus nom. provis.
et une longue étude sur Ceramium ienuicorne (Kütz.) Waern et le genre
Apistonema. — M. Dz.
Gayral (M“ e P.). — Recherches phytolimnologiques au Maroc
(Trav. Inst. Scient. Chérifien, sér. Bot. 4, 308 pp., 52 fig., 13 pl. et
1 carte).
Les travaux de M me Gauthier-Lièvre nous avaient fait connaître la
flore algologique de l’Algérie, mais le Maroc, avec ses lacs de montagne,
était encore mal connu. M me Gayral, après de difficiles prospections, a
pu nous donner une importante étude tout à la fois écologique, floris¬
tique, systématique et limnologique. La première partie de ce mémoire
est consacrée au milieu; il y est analysé suivant les méthodes modernes
de la limnologie. Géographie, géologie, climat, hydrologie, végétation
littorale, origine des lacs, carte de profondeurs, thermométrie des eaux,
transparence, chimie, sont passés méthodiquement en revue pour les
dix lacs étudiés. La deuxième partie présente les résultats des analyses
qualitative et quantitative du phytoplancton et du benthos avec l’étude
des variations suivant la profondeur et l’évolution annuelle.
Les lacs marocains sont tous plus ou moins eutrophes, de type tro¬
pical par leur thermique (eau de surface à température toujours supé¬
rieure à 4°); leurs eaux sont fortement alcalines, très minéralisées (sur¬
tout en Ca, Mg et chlorures). La flore est assez banale, très riche en
algues cosmopolites et ubiquistes. Les Cyanophycées, les Chlorococcales-
et les Diatomées sont particulièrement abondantes. Les lacs de mon¬
tagne, plus profonds que ceux des plaines, sont moins eutrophes mais
BIBLIOGRAPHIE
239
l’excès de Calcium immobilisant le Phosphore et le. Fer, cause une dimi¬
nution du Phytoplancton et crée ainsi une pseudo-oligotrophie.
Dans la partie systématique du mémoire, à côté des remarques taxi¬
nomiques figure pour chaque espèce l’indication de la répartition
géographique, de la périodicité, de l’écologie. Signalons quelques nou¬
veautés appartenant aux genres Chaetoceros et Chodatella. Remarquons
de plus la présence de formes de régions chaudes : Slaurastrum bibra-
chiatum, Cosmarium medioscrobiculalum et Clomophora plumosa.
Enfin, innovation précieuse, pour les floristiques et les phytogéo-
graphes, un catalogue des algues d’eau douce rencontrées à ce jour au
Maroc termine ce beau travail, qui nous le souhaitons, sera un jour
complété par l’étude des eaux temporaires. — P. By.
Hustedt F. — Marine littoral diatoms of Beaufort, North Caro-
lina (Duke Univ. Mar. St. 6, 68 pp., 16 pl., 1955).
Cet important travail systématique nous révèle une riche flôrule
littorale de 388 sp. et var. appartenant à 63 genres. A côté de 205 dia¬
tomées cosmopolites, nous y trouvons 183 formes des régions tropicales
ou subtropicales dont 24 sont spéciales aux régions chaudes de la côte
atlantique américaine. Un très grand nombre de raretés sont étudiées
avec la précision habituelle de l’auteur et 93 nouveautés systématiques
sont décrites et figurées (les Navicula, Nitzschia, Amphora sont les
plus nombreuses).
D’abondantes notes de systématique critique, des figures nombreuses
et d’une grande finesse, accompagnées de 3 planches de microphoto¬
graphies, font de ce travail une très importante contribution à la connais¬
sance des diatomées marines littorales des régions chaudes atlantiques.
P. By.
Schussnig G. B. — Grundriss der Protophytologie (310 pp. +
VIII, 407 fig., Fischer, Iena, 1954).
Nous avons signalé tout l’intérêt du « Handbuch der Protophyten-
kunde » du même auteur, il s’agit cette fois, non d’un manuel ou d’un
traité mais d’un simple précis destiné aux étudiants. Malgré le titre de
Protophytologie, ce livre est en fait une initiation à la Cytologie et
à la Morphologie des protistes tant animaux que végétaux puisqu’il
comporte aussi l’étude des champignons microscopiques et des ciliés.
Les formes supérieures d’algues et de champignons sont également étu¬
diées tant dans leur morphologie que dans leur mode de reproduction et
de cycle vital. Cela permet d’utiles et instructives comparaisons qui font
de ce petit livre, soigneusement illustré, un précis de cyto-morphologie
comparée des cryptogames thallophytes.
P. By.
Pringsheim E. G. — Algenreinkulturen ihre Herstellung und
Erhaltung (G. Fischer, Iena, 1954, XVI-109 pp„ 8 fig., 1 pl., D.
M. 7, 5).
Ce petit volume est la traduction, faite par l’auteur lui-même, du livre
240
BIBLIOGRAPHIE
paru en 1946 en langue anglaise sous le titre « Pure cultures of algae,
their préparation and maintenance ». Depuis dix ans, la culture pure
des algues d’eau douce en milieu synthétique défini à fait de grands
progrès : l’emploi des vitamines, des oligoéléments, du complexon, des
antibiotiques, ont permis de serrer le problème de plus près. Mais pour¬
tant les méthodes décrites par Pringsheim restent la base des cultures
d’algues. L’auteur, pionnier de cette science, nous fait part des diverses
techniques d’isolement, des tours de mains nécessaires, fruits de sa
longue expérience. C’est là un ouvrage indispensable qui complète admi¬
rablement le mémoire classique de Kuflferath. — P. By.
Ruttner F. — Planktonstudien der Deutschen Limnologischen
Sunda Expédition (Arch. f. Hydrobiol. suppl. Bd 21, 1952).
L’auteur étudie le phyto et le zooplancton de 15 lacs de l’Insulinde
et principalement par la méthode du nannoplancton obtenu par sédimen¬
tation d’un 1/2 litre d’eau.
La répartition verticale des principaux organismes est suivie en fonc¬
tion des facteurs chimiques et physiques, et représentée au moyen des
courbes de volume de Lôhmann.
'Ces résultats sont comparés à ceux qu’obtint l’auteur, suivant les
mêmes techniques, pour les lacs subalpins autrichiens et de la plaine
du Holstein.
Les lacs d’Insulinde sont caractérisés par le grand nombre d’espèces
d’algues, la dominance des Chlorococcales et Desmidiées, le pourcen¬
tage élevé de formes tropicales (25 % environ). Remarquons qu’un
nombre égal d’espèces dominantes (20-25 %) sont des formes des eaux
de climat tempéré. Quelques algues qui vivent normalement en Europe
dans les petites collections d’eau, atteignent dans les grands lacs d’Insu¬
linde, une forte densité. Mais les Chrysophyeées, les Diatomées ( Cyclo -
iella en particulier) qui caractérisent souvent les lacs de régions
tempérées, manquent ici presque complètement. L’endémisme est fort
restreint; la Diatomée Denticula pelagica est la forme la plus repré¬
sentative de ces endémiques.
Le phytoplancton est nettement eurytherme pour les espèces cosmo¬
polites et polytherme pour les espèces tropicales. Certaines de ces
algues polythermes se rencontrent dans les eaux européennes, mais uni¬
quement en été. Remarquons de plus la dominance des petites formes
en Insulinde.
L’auteur introduit les notions d’organismes aérobies et oligoaérobies
pour les algues de l’hypolimnion, ainsi que celle de « couche de pros¬
périté optimale » — couche limitée par les profondeurs supérieure et
inférieure de grande densité d’un organisme donné.
Les formes de surface sont parfois présentes et abondantes ( Bolryo -
coccus ou Peridinium Wildemani par exemple) mais les fleurs d’eau
sont inconnues.
Enfin un dernier caractère permet de séparer le phytoplancton des
lacs tempérés de celui des lacs de l’Insulinde. Chez ces derniers, à
BIBLIOGRAPHIE
241
l’inverse des premiers, le volume du Phytoplancton l’emporte sur celui
du zooplaneton (rapport 1 à 0,43). — P. By.
Conrad W. et Kufferath H. — Recherches sur les eaux sau¬
mâtres des environs de Lillco, II. Partie descriptive, algues et
protistes, considérations écologiques (Inst. roy. Sc. nat. Belgique,
mémoire n° 127, 1954).
Le regretté protistologue belge, W. Conrad avait publié en 1941 un
important mémoire sur les eaux saumâtres de Lilloo, mémoire consacré
à l’étude du milieu. Le volume actuel, publié par les soins de Kufferath,
d’après les notes de Conrad, complète le premier travail par l’étude
systématique et écologique des espèces d’algues rencontrées.
Pour chaque groupe systématique, une série de tableaux indique la
répartition dans le temps, les variations annuelles de la salinité et les
fluctuations des populations.
Chaque groupe systématique, espèce par espèce, est caractérisé, en
une série de tableaux, par la répartition saisonnière, les variations de
population, la salinité correspondante, ainsi que la salinité tolérée par
chaque espèce.
Il apparaît ainsi fort nettement que pour les Diatomées la salinité
est le facteur dominant et que le maximum de population est atteint
à l’époque de salinité maximum. Une étude critique fort intéressante
des coefficients de fréquence utilisés dans les mesures quantitatives de
population montre bien la difficulté de comparer les résultats donnés
par des auteurs différents.
Une partie systématique fort importante termine ce mémoire.
Près de 600 espèces sont reconnues, dont une centaine de Péridiniens.
Ces espèces étudiées, avec précision, fort l’objet de 10 planches de
dessins et de 4 planches de microphotographies. 74 unités systématiques
nouvelles sont décrites et figurées; dont 29 Péridiniens ( Amphidinium,
Gymnodinium, Gyrodium, Massartia ) et 14 Cryptophycées ( Chroomonas,
Cryptomonas, Rhodomonos). 3 nouveaux genres sont signalés 1° Conra-
dimonas (nouvelle Polyblépharidacée à 2 flagelles, deux plastes, une
papille): 2“ Pseudoraciborskia : Chlorococcale fusiforme ou en croissant,
voisine de Tetraedron; 3° Kirchneriellopsis, Cyanophycée chroococcale
à cellule en lunule.
Une série de graphiques indique les densités de population aux divers
mois de l'année pour tous les organismes rencontrés ainsi que l’ampli¬
tude de salinité qu’ils peuvent supporter.
Index, liste bibliographique, nombreuses planches complètent ce beau
mémoire capital pour l’étude des milieux saumâtres. — P. By.
Transeau E. N. — The Zygnemataceae (The Ohio State Univer-
sity Press, Coluinbus (1 vol. 327 pp., 41 pl., 1951).
Cet ouvrage est essentiellement une flore des Zygnematacées groupant
les 533 espèces connues dans le monde entier. C’es', en quelque sorte
242
BIBLIOGRAPHIE
un synopsis fort complet et plus facile à manier que le « Rabenhort’s ».
Son auteur, éminent spécialiste du groupe, a fait un travail original
qui rendra les plus grands services aux algologues. Après une courte vue
d’ensemble sur l’ordre des Zygnématales, les principaux caractères taxi¬
nomiques de la famille des Zygnématacées sont exposés et la clef des
genres est donnée.
L’auteur reprend les genres Hallasia, Zygogonium, Siroganium, Pleu-
rodiscus que Krieger avait mis en synonymie. Du point de vue théorique
cela est fort discutable, mais du point de vue pratique de la détermi¬
nation cette conception n’a que des avantages.. Après les clefs de déter¬
mination qui conduisent à l’espèce, viennent les descriptions de chaque
espèce, awc une synonymie fort allégée, mais suffisante, l’indication
de la référence bibliographique où l’on trouve la diagnose originale,
la répartition géographique mondiale. Les figures, souvent originales,
sont groupées en 41 planches à la fin du volume. Cette disposition
heureuse, permet de faciles comparaisons. Un index spécifique avec
indication des planches termine cet ouvrage utile, complet et peu
encombrant. — P. By.
Prescott G. W. — How to know the Freshwater Algae (W. M. C.
Brown, Co, Dubuque, Iowa, U.S.A., 2 dol., 211 pp., 379 fig., 1954).
Voilà un petit livre, sans prétention, qui permet la détermination
facile des genres d’eau douce les plus communs et la reconnaissance
de plusieurs centaines d’espèces.
II s’agit d’une petite flore qui à l’aide de clefs dichotomiques et de
très nombreuses illustrations, conduit à la détermination des genres
les plus fréquemment rencontrés. Pour chaque genre, une figure de
l’espèce la plus caractéristique ou la plus commune est donnée, accom¬
pagnée de quelques détails écologiques.
Tous les groupes sont passés en revue, à l’exception des Diatomées
(un seul genre par famille) et des flagellés incolores. Une courte intro¬
duction sur les algues, les notions d’espèce, genre, ordre, division, une
définition des grands phylums, quelques conseils sur la récolte des
algues, précèdent les tableaux de détermination.
Cet ouvrage, fort clair, se termine par une classification des algues
avec renvoi aux genres étudiés et par un index alphabétique complété
d’un glossaire illustré.
Nous avons là un livre de poche fort intéressant, capable de rendre
de grands services au débutants et aux amateurs et d’éveiller ainsi les
vocations d’algologues.
Il nous semble inutile de signaler aux lecteurs de la Revue Algologique,
que Prescott, algologue de réputation mondiale, a traité ce livre de
haute vulgarisation avec toute la précision, la clarté et l’érudition qu’il
apporte à ses travaux scientifiques originaux. — P. By.
TABLE DU TOME I, Nouvelle série
I. — ARTICLES ORIGINAUX
Bourrelly P. — Les Sulfobactéries. 29, 163, 208
Brook A. J. — The aquatic fauna as an ecological factor in studies of the
occurence of Freshwater Algae . 141
Chadefaud M. — Sur la morphologie de quelques Céramiacées. 71
Ducreau M. — Observations sur la tératologie, les mouvements et les
tropismes des Spirogyres . 181
Feldmann J. — G. Hamel, in memoriaiq. 3,
Guerrero P. G. — Algas aericolas espanolas. 152
Irénée-Marie, Fr. — Les petits genres dans la famille des Desmidiacées. . 88
Lami R. — Pierre Ai.lorge (1891-1944) et l’Algologie. 51
Lund J. W. G. — F. E. Fritsch (1879-1954), in memoriam. 131
Habille J. — Homoethrix Bornetii (Sauv.) nov. comb. “ Tapinothrix
Borneti Sauv. 11
— Quelques Cyanophycées de la région de Saint-Quentin. 56
Magne-Simon M. F. — Une forme particulière de colonie observée chez
une Diatomée marine, Navicula scopulorum Bréb. 191
Manguin E. — Diatomées marines provenant de l’Ile Heard.... 14
Palik P. — Studies on Eudorina illinoisensis (Kof.) Pasch. 146
Poucques M.-L. de. — Nouvelle contribution à l’étude de la flore algale
de Lorraine : les étangs de la Forêt do. la Reine. 196
Priou M.-L. — Sur les Associations algales des anses vaseuses du Sud de
la Bretagne . 25
Serpette M. — Voir Priou M.-L. 25
Silva P. C. — The identity of Hydrodictium marinum Bory. 179
II. _ NOTULES ALGOLOGIQUES
Bourrelly P. — Cloniophora plumosa en Nouvelle-Calédonie .
— Cyanoderma, algue des poils de Paresseux.
— Pontosphaeria roscoffcnsis Chad. et Feldm. à Saint-Malo.
— Quelques stations françaises à'Hildenbrandia riinilaris (Liebm.)
Bréb. .
Fott B. — Les écailles des Chrysomonadines vues au microscope élec¬
tronique .
Fusey P. — Trois espèces, assez peu répandues, trouvées dans un ruisseau
de Bretagne .
— Stauroneis Smithii v. elliptica Hust. dans le lac Vert.
Gayral P. — Une algue nouvelle pour l’Afrique : Dichotomosiphon tube-
rosus (A. Br.) Ernst.
Hartog, den C. — L’association à Monostroma Wittrockii et Porphyra
leucosticta .
Herbst Fr. — La différenciation des cellules vivantes et des cellules
mortes chez les Cyanophycées à l'aide du réactif chlorure de tri-
phényltétrazolium .
Kufferath H.' — Emploi du papier de cellophane dans l’étalement et la
préparation des Algues .
Lami R. — Une station normande de Laminaria ochroleuca de la Pyl. . . .
— Phyllogigas grandifolius à la Terre Adélie.
Singh R. N. — A comparative study of the life cycle of the généra Ulo-
thrix, Uronema, Hormidium and Schizomeris .
A comparative study of the life cycle of two specics (S. farctum
Berth. and S. amoenum Kütz.) of the genus Sligeoclonium .
— Systematic and ecological study of the unicellular Volvocales of
Northern India .
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Table des noms d'AUTEURS
dont les Travaux sonl analysés dans
la Bibliographie
Biechei.er B.
Bourrelly P.
Britton M. E.
Buri-ew J. S.
Chatton E.
Conrad W. 47,
Cuénot I.
Deflandre G.
Delay C..
Fogg G. E.
Gayral P.
Godjics M.
Grasse P. P.
Guermeur P.
Hamel G.
Hollande A.
Hustedt F.
Ïrénée-Marie, Fr.
Jakob H.
Koi.be R. W..
Krauss R. W.
Kufferath H. 241
Lefevre M. 47
Lemoine P. 46
Manguin E. 46
Margai.ee R. 127
Mc Ai.eer W. J. 173
Nisbf.t M. 47
Pavillard J. 124
POCHMANN A. 175
Prescott G. W . 242
Pringsheim E. G. 239
IIuttner F. 240
Sampaio J. 174
Schussnig B. 125, 239
Sundene 0. 237
Symoens J. J. 176
Teiling E. 127
Tiffany L. H. 125
Transeau E. N. 241
Van Meel L. 47
Waern M . 238
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