Tome VII - Fasc. 3-4
Février 1036
REVUE
ALGOLOGIQUE
Directeurs :
P. ALLORGE et Rob. LAMI
SOMMAIRE
•T. Aügier. — Constitution et biologie des Rliodophycées d'eau
<ionce .’. 237
E. Bigeabd. — Les Pediastrum d’Europe. Etude biologique et
systématique (Fin).. 327
L. H. Tipfany. — Tlie disovery ofFruiting Oedogonmm Rem-
schii Roy .’
A. Majid. — A new Species of Gomphonema from the Pimjab
(India). Gomphonema Ghoseii sp. nov.... 422
G. L. Naylor. — The Fucoids of St. John’lake, Plymouth,
including a Hitherto undescribed Form of Fucus spiralis. 425
Tables du tome VII
441
Source : MNHN. Paris
REVUE ALGOLOOIQUE
Vol. VII, PI.
VEGETATION ALGAGE DE FRANCE. — PL 9.
Cystoseira myriophylloides Sauv. — Sur le flanc (l’une grande cuvette. Zone
supérieure. St-Malo, avril 1934.
Photo R. Lami
Cystoseira fœniculacea Grev. — Dans une cuvette de la zone moyenne. St-
Enogat, avril 1934.
CONSTITUTION ET BIOLOGIE
DES KHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
par J. Augîee
INTRODUCTION - HISTORIQUE
Une dizaine de genres d’Algues rouges, Bangiales et Floridées,
habitent les eaux douces de la France. Les principaux sont :
BANGIALES :
Bangia
Porphyridium
NEMALIOX A LES :
Audouinella
Balbiania
Batrachospermum
Lemanea
Sacherio
Thoreci
CRYPTONEMIALES : Hildenbrandtia
Le public les connaît assez peu, pour des raisons qui tiennent à
leur biologie, ainsi qu’à leur aspect. Résumons, en quelques lignes, ces
particularités.
Au lieu que les végétaux verts sont vulgairement répandus dans
les eaux douces, les Algues rouges sont étroitement éclectiques quant
à leurs conditions de vie. Il faut les rechercher sur des fonds rocheux,
Source : MNHN, Paris
238
]. AU G 1ER
aux places où le courant est violent, la profondeur de l'eau minime,
ainsi dans les rapides et les cascades (1 ). En ces stations privilégiées,
elles sont souvent très abondantes, à l’exclusion d’autre végétation.
Mais leur présence peut être très inconstante, en raison surtout des
variations rapides qui affectent le milieu des eaux douces. Ainsi les
Batrachospermes disparaissent quand survient un apport de vase ou
de feuilles mortes. Certaines années, les Thorea sont introuvables aux
places où elles abondaient ; plus tard, elles s’y montrent ù nouveau.
Les Algues de ce groupe ne diffèrent pas toujours des plantes
vertes au point de forcer l’attention. Si le nom d’algues « rouges »
exprime en effet la couleur de plusieurs d’entre elles {Banyia, Porphy-
ridium, Balbianm, Hildenbrandtia), il semble, pour le profane, quali¬
fier bien mal les B a trach ospermim, Lemanea, Thorea. Ces dernières,
les plus grandes et les plus connues, ont des teintes variables: vert,
olivâtre, brun noir, jamais le rouge franc de beaucoup d’algues ma¬
rines.
Toutes possèdent pourtant de la phycoérythrine (2), et méritent
ainsi leur nom. Mais la phycocyanine s’y superpose, en proportion
variable selon les genres et les conditions de vie. On s’explique que le
îouge et le bleu, alliés au vert de la chlorophylle, produisent les nuan¬
ces les plus diverses.
Mieux (pie le pigment rouge, les caractères de la sexualité, con¬
nus dans la plupart des cas (3), font de ces Algues d'authentiques
Khodophycées.
Lu physiologie de ces plantes n'est pas aussi bien connue, il s'en
faut, que leur structure ou leur développement, [.'ou possède assez
peu de données sur la nature des composés chimiques qu'elles éla¬
borent: les corps dissous dan s le sue cellulaire n'ont pas été étudiés :
ils ont échappé à l’examen histochimique, seul procédé de recherche
: (1) Les PorphyrUilim sont souvent terrestres ou subterrestres.
(2) Dons le Batmehospermum mgum, la physoeyanine paraît exister seule
il côté de la chlorophylle (Kyj.cv).
(3) Dans le genre Amtouinella, on ne connaît la reproduction sexuée que
pour une seule espèce. La sexualité est très niai connue chez les Tliarea • les
métamorphosés ne permettent guère cependant d'éloigner cc genre des Lemanea
Source : MNHN. Paris
RHODOPHYCËES D’EAU DOUCE
239
couramment employé (1). Un meilleur succès semble réservé à la
technique macrochimique, mise au point récemment dans l’étude
des Algues marines (Ricard [i], Guéguen 12J) (2).
Toutefois, pour de nombreuses espèces, de sérieux obstacles se
présentent : la recherche chimique requiert en effet un poids notable
d’algues propres. Or les Porphyridium sont unicellulaires ; les Au-
douinella, filameneux, mesurent quelques millimètres; les Balbiania
sont de petits épiphytes des Batracliosperines ; les Eildenbrandtia
revêtent les pierres d’une mince croûte rouge : il est très difficile d’en
entreprendre l’analyse.
Quelques espèces néanmoins, grâce à leur taille relativement
grande, constituent un matériel favorable. C’est à leur étude que
le présent travail est consacré, du point de vue spécial de la chimie
des glucides. L’on a examiné les espèces suivantes :
Lemanea nodosa, Kütz.
Sacheria fucina, Sirdt.
Thorea ramosissima, Bory.
Bangia atropurpurea, Lb.
Batrachospermum moniliforme, Roth.
Les deux premières ont fait l’objet d’une analyse approfondie,
exposée séparément ; cette analyse jette quelque clarté sur les données
plus sommaires relatives aux trois autres espèces. Ces recherches nous
furent inspirées par les récentes découvertes relatives aux Rliodophy-
cées marines. A' partir de Rhodymcnia palmata . EI. Colin et E. Gué¬
guen [6. 7] ont isolé un hétéroside nouveau, le « floridoside », formé
de l’union d’une molécule de galactose a et d’une molécule de gly-
eérol. Le même glucide fut retrouvé par ces auteurs [8] dans Furcella-
ria fastigiata, et sa présence leur paraît certaine dans toutes les
Floridées qu’ils ont étudiées jusqu’ici, au nombre d’une vingtaine.
Le floridoside se trouve-t-il dans les Algues rouges d’eau douce ?
Y est-il seul présent, ou accompagné d’autres sucres ? Les conditions
(1) Tihomikow a tenté d'employer la phénylhydrazine comme réactif liis-
tochimique des sucres (Ann. du jardin bot. de Buitenzorg, Suppl. 3; 2. Leide
1010). Appliquée aux Algues rouges, la méthode n’a pas donné de résultats, ni
à Kylin 13] ni à Mangenot [4].
(2) Tout récemment (1932), Haas et Hill ont recherché les polyols. par
voie chimique, dans le Batrachospermum, moniliforme. Le résultat de cette re¬
cherche fut négatif.
240
J. AU G 1ER
de vie très spéciales de ces plantes méritaient que la question fût
soulevée : ainsi se trouve posé dans un nouveau domaine le problème,
souvent débattu en botanique, des relations entre le chimisme et les
affinités systématiques.
***
Contrairement aux sucres dissous, les glucides figurés, ainsi que
la membrane cellulaire étaient a la portée de 1 histologie.
On sait, que les membranes des Lémanéacées, des Batracliospermes
(SirodOï [9II, des Thorm (Moims [10], Schmitz [ii]) sont formées,
pour une part au moins, de cellulose, (pii bleuit sous l’action du chlo¬
rure de zinc iodé. Chez les llangiales au contraire, cette réaction ne
peut être obtenue ( 1 ).
Quant aux enclaves cytoplasmiques, l'histoire des observations
peut être résumée ainsi :
Examinant les Algues suivantes : Lemauca, Botrachospemium,
Thorm, Chantransia, Pot;phyridiwn crucntim, Nageli [ 2 ] avait en
vain cherché l'amidon typique en grains.
Von Solms Laubach, en 1SH7 [ 13 ], observait que les spores de
(iatrachospcnnum ntomlifonne prennent dans l'eau iodée une teinte
î.vun foncé, les autres cellules se colorant aussi, mais d'une nuance
beaucoup plus pâle.
Eurêka, en 1882 L 14 1 décrivit, dans les cellules de Lemanea,
des amas granulaires devenant brun violacé au contact de l’iode. 11
s'agi t, écrit-il, d'un « hydrate de carbone qui semble se rapprocher à
la fois du glycogène et de l'amidon. » Ce même corps doit exister,
selon cet auteur, chez les Batracliospermes.
Les résultats dûs à Errera ont été récemment vérifiés et précisés
par Mangenot 1 15 J. Au cours d’une minutieuse étude cytologique des
Lémanéacées. l'auteur décrit des granules colorables en briui par
l'iode, répandus dans le protoplasme et les vacuoles, sans relation
avec les plastes. Ils sont colorés en rouge par la crésofuchsine, comme
le glycogène.
Dans les cellules végétatives et les spores île Thorea raniosisxima,
Mobit s r 16 1. en 1891, décrivit des grains d'amidon accumulés surtout
autour du noyau. Schmitz [ 17 I lit remarquer peu après les caractères
Lien spéciaux de cet amidon : il s'agit non pas de grains individua-
(1) Of. eu particulier I*. Dangeabd, Traité d’Algologie, Paris 1933, p. 3G'_\
Source. MNHN. Paris
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
241
lises, mais d’une gelée en masses irrégulières, imprécises, prenant sous
l’action de l’iode une teinte qui va du brun rouge au violet.
Les cytologues ont reconnu ù tous ces caractères l’amidon parti¬
culier à beaucoup de Rhodophycées marines. Sa présence constitue
même pour plusieurs naturalistes un caractère systématique impor¬
tant. Ainsi, en 1932, Ukitlbk [i8|. rattachant aux Bangiales certaines
formes d'organisation très simple I Porphyridium ), invoque comme cri¬
tère la présence de cette matière amylacée spéciale, séparée des chro¬
ma tophores.
***
Or, ce que l’on désigne sous le nom d’ « amidon fioridéen » offre,
dans l'ensemble des Rhodophycées, des caractères variables, en ce qui
concerne la morphologie aussi bien que la coloration en présence
d’iode. 1 >ans plusieurs espèces marines, il s'agit d'une substance
en gros grains, présentant la croix noire entre niçois h 1 extinction,
certainement très voisine de l’amidon typique des plantes vertes.
Ailleurs, ce sont des granules plus ou moins agglomérés en plages,
comme chez les Bangia.
Dans ces derniers cas, on peut se demander si le nom d’amidon
convient encore à des produits caractérisés seulement par leur colora¬
tion assez variable en présence d'iode. Les cellules végétales ne sont
pas rares, qui brunissent sous l'action de ce réactif : il n'est plus
permis aujourd’hui d’y voir chaque fois une sorte d'amidon ou du
glycogène.
Des exemples multiples ont fait reconnaître que les lois de l'ad-
sorption, bien plus que l'affinité chimique, expliquent les colorations
obtenues avec l'iode. On les trouvera cités en particulier par Czuroa
[19], dans une mise au point récente de ce sujet. Les membranes
imprégnées de galacto-arabaues, dans certaines graines; les tubes
criblés de nombreuses Ptéridophvtes, les saponosides des Caryo-
phyllées, certains alcaloïdes, et bien d'autres corps se colorent en
bleu. Mais ce qui doit retenir surtout notre attention, c’est la teinte
brune ou violette communiquée par l’iode à la gélose de nombreuses
Rhodophycées (Satvagkac [20!). La confusion avec le glycogène se¬
rait facile en bien des cas.
Les histologistes qui se sont occupés de l’amidon floridéen ont
senti le besoin d’un contrôle chimique à leurs observations (Mange-
not [21]). Si l’on en juge d’après les derniers résultats, cette confron
Source. MNHN , Paris
242
J. AUGIBR
tation des disciplines histologique et chimique est vraiment nécessaire.
Plusieurs cytologues avaient cru reconnaître la présence d’amidon
dans Rhodymenia palmata; or, après analyse chimique, Guéguen
[22], en 1931, conclut à l’absence d’amidon chez cette algue, au moins
en quantité dosable.
Pour caractériser l’amidon, la technique macrochimique est loin
d’être aussi simple que l’emploi du réactif iodé. Aussi les analyses
de Rhodophycées — espèces marines comprises — sont-elles encore
fort peu nombreuses. Hors celle que nous venons de citer, on n’en
trouve que deux.
L’analyse de Errera [ 23 ] est la première en date. A l’appui de
ses observations histologiques, l’auteur joint une étude chimique
de la substance colorable par l’iode contenue dans Lemanea anvmlata.
11 conclut à sa proche parenté avec le glycogène.
En 1913, Kylin [ 24 ], après avoir extrait mécaniquement les
grains d’amidon de FurceUaria, les soumit à l’hydrolyse, et obtint une
liqueur réductrice, à partir de laquelle il prépara la glucosazone.
Ce dernier résultat paraît probant. Mais il n’en va pas de même
pour l’analyse ancienne de Errera. Nous démontrerons qu’en réalité,
sa valeur n'est pas supérieure à celle de la réaction histochimique.
En présence de résultats si peu nombreux, la tâche s’impose aux
chimistes d’apporter des analyses nouvelles et décisives. Nous avons
essayé d’y prendre part.
Mon premier devoir est d’adresser à M. le professeur M. Mol-
liard, membre de l’Institut, mes sentiments de respectueuse gratitude
pour l’honneur qu’il me fait en acceptant de présider cette thèse.
M. l’abbé Colin a été pour moi l’inspirateur et le guide que je
ne saurais oublier. A M. l’abbé Frémy, je dois les récoltes abondantes
de Lemanea, qui m’ont permis de travailler, ainsi que de précieux
renseignements : je le prie d’accepter le témoignage de ma recon¬
naissance.
J exprime aussi tous mes remerciements à M. le professeur Allor-
ge, qui a bien voulu me guider dans la recherche des Thorea.
Source : MNHN, Paris
KHODOPHYCÊES D’EAU DOUCE
243
M. l’abbé Gaudkfuoy, professeur à l’Institut Catholique, s’est
chargé, avec une graude complaisance, de plusieurs examens cristallo¬
graphiques : qu’il daigne recevoir tous les remerciements de son élève.
A tous mes camarades de laboratoire, qui m’ont aidé de leurs
conseils, j'adresse un sincère merci.
CHAPITRE PREMIER
LES CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES LÉMANÉACÉES
T. — DONNÉES MORPHOLOGIQUES
Les Lémanéacées ont fait l'objet «le travaux descriptifs assez
nombreux, celui de Sirodot [ 25 ] que nous avons consulté princi¬
palement, ceux de Keitel, d’ATKiNSON, plus récemment de Kylin
[ 26 j. Elles sont trop connues pour qu’il soit utile d'en reprendre la
description, d’autant que l’on trouvera, résumé par G. Hamel dans
la Revue Algologique ([ 27 ] II, p. 52, 1925) l’état de nos connaissances
sur la morphologie, l’anatomie, le développement de ces Floridées.
Ce sont de.s Algues de pays siliceux, à sol granitique ou cristal-
lopliyllien. Aux environs de Saint-Lô, le cours de la Vire et des ruis¬
seaux affluents présente une série de petits rapides. Les galets de
phvllades y sont souvent tapissés d’un épais manteau de Lemanea
nodosa, Ktttz, vert olive ou brun rougeâtre. Ce sont des touffes de
filaments non ramifiés, longs de 8 à 15 centimètres, épais d’un milli¬
mètre environ, s effilant aux extrémités; ils présentent un aspect mo-
niliforme typique, celui d’une enfilade de bobines serrées bout à bout.
De 1930 à 1933, sous la conduite de M. l'abbé Frémy, professeur à
l’Institut Libre de Saint-Lô, nous avons pu récolter une dizaine de
kilos de cette algue, dès avril, quand les eaux sont assez basses, et
jusqu’au mois d’août.
La pureté des récoltes était remarquable. Un triage sous l’eau,
dans une cuvette à fond blanc, permettait d’enlever quelques larves
d insectes, quelques Œdogonium et des mousses. Il est bon cependant
de séparer ou de nettoyer avec soin le disque, ou coussinet qui fixe les
touffes.
Un épiphyte fréquent mérite ici mention : c’est la Floridée Au-
douinella violacea (Ktttz) Hamel. Elle forme sur les Lemanea de
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
245
petites houppes de poils de - ;'i î» millimètres, clairsemées, ou plus sou¬
vent nombreuses et fondues en un revêtement pileux continu et dense.
Souvent elle couvre en surface des touffes entières, et produit des
taches rouge clair, plus ou moins violacé, sur le tapis olivâtre des
Lemanea.
On a figuré (PI. I, <î| un rameau iYAudauineiJa montrant les spo¬
res arrondies, très abondantes au mois d’août, déjà nombreuses, sur
certains échantillons, en avril. L’iode les colore en brun rougeâtre,
mais la teinte est beaucoup plus pâle que celle des spores de Lemanea.
Peut-être pourrons-nous tinter une analyse chimique de cet épiphyte,
à la faveur de récoltes suffisamment abondantes.
A la fin de juillet, dans les stations ensoleillées de la Vire, les
filaments de Lemanea s’altèrent, se fragmentent et sont emportés par
le courant. A cette date, ou peut encore se procurer des thalles en bon
état dans les cascades ombragées des ruisseaux. Peut-être en raison de
la moindre profondeur, les filaments y sont moins longs et plus fins que
dans la Vire.
La même rivière nous a fourni des quantités importantes de
Sacheria furina Sirdt 11), de préférence en eau plus profonde. On en
reconnaît à première vue les touffes très élégantes, d’un vert-bleu
ou d’un vert franc. Les filaments, dépassant parfois -0 cm., assez ra¬
mifiés, surtout à la base, sont cylindriques: lorsque la saison s’avance,
ils présentent des renflements annulaires bien nets, presque équidis¬
tants, parsemés d’éminences papilleuses noires.
Ces deux espèces sont organisées sur le même plan fondamental.
Chaque filament est creux. La lumière du tube qu’il constitue contient
au début un liquide aqueux; dès avril elle esl envahie par des gonimo-
blastes, issus de carpogones inlrapariétaux. Dans leur croissance vers
l’axe, les bouquets de filaments sporifères se rejoignent, se déforment
par leur pression mutuelle; la cavité est enfin complètement oblitérée.
Les carpospores sont alors noyées dans une masse gommeuse, produit
de la gélification de leurs membranes; elles se disperseront par désa¬
grégation du thalle.
Dans la coupe transversale d’un filament de Lemanea nodosa
récolté en juillet, on distingue ainsi : (PL I, C)
(1) Lemanea fueina Bory, et quelques autres, ont été réunies par Sirodot
dans un genre nouveau : Sacheria ; le reste (les espèces du genre Lemanea Bory,
conservant les anc’ennes dénominations. Ketel et Atkinson désignent ces der¬
nières sous le nom de Eulemanea,
246 ,
J. AU G 1ER
1 °) la paroi, formée de plusieurs couches de cellules, les externes
seules riches en pigment rouge; les internes plus grandes, revêtues
d’un enduit mucîlagineux épais, jaunâtre, fixant la safranine et le
rouge de ruthénium.
2 ") à l’intérieur, le bloc de gomme semi-solide où sont plongées
les spores; le rasoir en entraîne plusieurs, et leur place reste marquée
comme à l'emporte-pièce. Sur les bords, cette gomme est séparée de
l’enduit cortical, d’origine différente; elle fixe également le rouge de
ruthénium, mais la safranine la colore (au moins par places) en oran¬
gé.
Après action de l’acide sulfurique concentré, pendant quel¬
ques secondes, l'eau iodée teinte en bleu intense les membranes
cellulaires, même celles des spores; les gommes restent incolores.
Les spores humides, en masse, sont d’un vert cendré. Au micros¬
cope, leur contenu apparaît comme une masse confusément granu¬
leuse, verdâtre. Dans l'eau iodée, il s? colore en brun cuivré, ou en
brun violacé; on voit alors plus nettement un ou plusieurs corpuscules
arrondis restés incolores.
Les cellules corticales, en juillet, contiennent aussi plus ou moins
de matière granuleuse brunissant par l’iode, ainsi que l'ont, décrit
les auteurs.
Les filaments que nous étudions représentent une phase seule¬
ment dans le cycle de développement des Lémanéacées. ils sont précé¬
dés, en hiver, par un gazon minuscule, le « chantransia », de 1 à 5
millimètres, monosiphoné. Sur lui prennent naissance, à partir de
janvier, les appareils fructifères. Tls se développent à la manière de
parasites, et le chantransia disparaît plus ou moins tôt. Ce dernier, pas
l»lus que le tissu vivace adhérent à la pierre (protonéma), n'a pu être
étudié ici. en raison de sa petitesse et des difficultés de la récolte,
pendant les hautes eaux de l’hiver.
II. — DONNEES CHIMIQUES
Bien qu’orientés surtout vers la recherche des glucides, nous
avons saisi l'occasion d’étudier, dans ses grands traits, la composition
minérale des Lémanéacées et leur teneur en azote.
Source. MNHN, Paris
RHODOPHYCÉES D'EAU DOUCE
247
i) Teneur en eau
Le 18 avril, sitôt la récolte, un lot de Sacheria furina fut égoutté
avec soin, asséché quelques instants dans un linge ; les algues, pesant
150 grammes, furent étendues dans une pièce aérée. Après trois jours,
le poids était de 13 gr. A l’étuve à 100°, il se stabilisait à 11 gr. 2.
La teneur en eau était donc primitivement de 92 à 93 %.
Replacées à la température ordinaire, les algues, après trois
jours, ont repris par liygroscopicité un poids d'eau voisin de 10 %
du sec.
A la même date, d’après une expérience identique, Le mûrira
nodosa contient seulement 88 % d’eau.
L’écart entre les deux espèces est du, en partie au moins,
au développement moins avancé de la première : les Sacheria étaient
encore à peu près vides de spores, alors que les Lemanea présentaient
déjà une certaine quantité de gonimoblastes. La consistance de ces
dernières semblait d'ailleurs, à première vue, moins aqueuse.
L'expérience, répétée pour Lemanea nodosa le 4 août, indique
22 % de poids sec, soit 78% d'eau seulement. La sporulation était
à son terme.
2 ) Etude sommaire des cendres
a) Quantité de cendres. — On récolte (en avril) un lot de Le¬
manea nodosa très propres. Après avoir rejeté la base des touffes,
capable de retenir de la terre, on dessèche les algues à l’étuve à 105°.
Un broyage rapide, à chaud, permet alors de les réduire en fragments
d’un millimètre. On replace à l’étuve, et l’on prélève un poids déter¬
miné de substance sèche. (8 gr. 682).
Un essai permet de reconnaître l’abondance des chlorures, faci¬
lement volatils, ce qui oblige à incinérer avec précautions. Les frag
ments d'algues sont d'abord grillés doucement sur un tesson de porce¬
laine chauffé par un bec Bunsen. Lorsque la plus grande partie du
charbon a brûlé, la substance est d’un rouge ocracé, ce qui manifeste
sa richesse en oxyde de fer. On lave alors les cendres à l’eau bouillante,
jusqu’à ce que la liqueur obtenue ne donne plus aucun louche par
addition de nitrate d’argent.
248
J. AU G IER
La partie insoluble est ensuite desséchée, et l’incinération achevée
au rouge franc du four à moufle. On lave une seconde fois à l’eau
chaude, qui dissout d'ailleurs très peu de matière.
Les eaux de lavage sont évaporées, et le résidu sec calciné douce¬
ment, en creuset couvert, jusqu’à poids constant. Les cendres insolu¬
bles sont desséchées de leur côté.
Les résultats sont les suivants :
Gendres solubles 0,633 soit 61,7 % des cendres
Cendres insolubles 0,393
TOTAL 1,026 soit 11 ,8 % du poids d’algues
sèches; 1,4% du frais.
11 apparaît que les Lemanea sont moins riches en sels que les
algues marines étudiées jusqu’ici. Ainsi dans les Phéophycées, P. Ri¬
card [ 28 1 a observé des teneurs de 20 à 40 % du poids sec, 4 à 5 %
du frais: le minimum était 8 ,r>% du sec chez les Ijiminaria saccha-
rina, en été.
ô) Alcalinité des cendres. — Pour 1 gr. 026 de cendres, l’alcali¬
nité soluble dans l’eau correspond à 1.3 cm 3 ,1 de S 0 4 II 2 décinormal
(virage à l'hélianthine); les bases solubles dans l'acide étendu et
froid correspondent à 41 cm 3 8 .
c) Composition des cendres solubles. — Dans les cendres solubles,
soit 0 gr. 633, on a dosé les chlorures et le potassium.
Les chlorures, par le nitrate d'argent. O 11 trouve 0 gr. 3179, ex¬
primé en KOI, soit la moitié des cendres solubles, 31 % des cendres
totales, 3,6 % du poids d’algues sèches. La proportion de Cl dans les
cendres totales est donc sensiblement dp 14.7 %. (Comparez Laminaria
(ligitata 17.2 %, Fucus vesiculoms 15,2%, cité d’après M. Molliàrd
[ 29 ], T).
Le potassium, à l’état de perehlorate (voir la technique dans
Grandsire [ 30 ]). On trouve: K 2 0: 35 % des cendres totales, 4,1 % du
Poids d’algues sèches (comparez La mi noria fJexicanlis, stipe 33,7 %
de K 2 () dans les cendres, — lame 19,9%; Ascophyllum nodosum :
12,8 %, cité d’après Sauvageau [ 31 ]),
Source :,
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
249
Dans les cendres solubles de Le ma ne a, nous n'avons trouvé que
des traces de nitrates et pas de phosphates; elles contiennent des
chlorures, sulfates et carbonates de potassium et de magnésium.
3 ) Teneur en azote total
Par la méthode de Kjeldahl 011 a obtenu les résultats suivants
relatifs à Lemanea nodosa :
18 avril poids d’algues séchées à 105° 0 gr. 401 azote % 5,2
4 août — 0 gr. 398 — 5,4
Ces chiffres sont bien supérieurs à ceux qu’on donne pour cer¬
taines algues marines (Laminaires, Fucus : 1% environ).
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE II
L'EXTRAIT ALCOOLIQUE DES LÊMANÉACÉES
I. — PRÉPARATION DE L’EXTRAIT;
SES PROPRIETES PRINCIPALES
La fixation, première étape de l'analyse, a été pratiquée aussitôt
(pie possible après la récolte et le nettoyage des algues. On les égoutte,
on les pèse et on les jette dans de l’alcool à 90° bouillant, en quantité
suffisante pour les baigner entièrement. L’ébullition maintenue 10 il
15 minutes anéantit les ferments et fixe les plantes dans l’état chi¬
mique où elles se trouvent lors de la récolte. Nos prédécesseurs dans
l’étude chimique des algues (1) ont longuement insisté sur la nécessité
de cette fixation, sans laquelle on s’expose à n’étudier ultérieurement
que les diverses phases d’une autolyse.
Les algues étaient fixées de 4 à 7 heures après la récolte, plus ra¬
rement après un ou deux jours de voyage, et, dans ce cas, la composi¬
tion de l'extrait alcoolique parut inchangée.
L'alcool diffuse aisément dans les minces cordons de Lemanea :
il est donc inutile de les hacher; laissant les algues entières, on évi¬
tera la dispersion des spores, ainsi que la dissolution d’une substance
cireuse, obstacle aux défécations.
Lu même temps qu’il assure la fixité chimique du matériel, ce
traitement par l’alcool opère un premier tri des principes immédiats
contenus dans les algues. Un petit nombre d’entre eux passent en so¬
lution, en particulier les sucres à petite molécule, dont la recherche
doit nous occuper en premier lieu.
Un loi de Lemanea nodosa pesant 1.300 grammes fut fixé aussitôt
la récolte, le 3 août 1932. On obtint par décantation 3 litres 400 d’ex-
(1) Voir notamment E. G vécuen [32] p. 17, 22 et suivantes.
Source : MNHN, Paris
RHODOPIIYCÊES D’EAU DOUCE
251
trait alcoolique d'un vert intense (1). La distillation sous pression
réduite permet d’évaporer l’alcool à la température ordinaire, donc
sans risque d’altération pour les principes dissous. Vers la fin de cette
opération, les pigments s’insolubilisent ( 2 ).
La liqueur aqueuse, résidu de la distillation, fut amenée au vo¬
lume de 325 cm 1 2 3 . Elle est d’aspect laiteux, d’une teinte vert jaunâtre,
très peu visqueuse; son odeur forte rappelle celle de l’huile de foie de
morue : c’est l’odeur des extraits analogues d’algues marines. La réac¬
tion est neutre ou très légèrement acide. La saveur est très amère, en
raison de l’abondance du chlorure de potassium : les Lemanea en con¬
tiennent beaucoup, nous l’avons vu, et l’alcool de fixation le dissout
facilement.
La simple filtration ne permet pas d’éclaircir suffisamment l’ex¬
trait pour qu’il soit observable au polarimètre. On y parvient en dé¬
féquant, par exemple au moyen de l’acétate basique de plomb. Ce
réactif produit un floculat très abondant, que l’on filtre; le plomb en
excès est éliminé, et l’on obtient une liqueur limpide, jaunâtre.
1°) Cette liqueur est dextrogyre. — Rapportons, selon l’usage, la
déviation polarimétrique à une liqueur L, dont le volume en cm 3 est
exprimé par le même nombre que le poids en gr. des algues traitées.
Cette déviation est :
«i + 3°
en lumière jaune du sodium, sous une épaisseur de 2 décimètres ( 3 ).
2°) Cette liqueur n’est pas réductrice. En recherchant les sucres
réducteurs contenus dans 12 cm 3 de la liqueur Lj., on n’en trouve que
des traces, non dosables par la méthode de G. Bertrand [ 33 ]. (Mé¬
thode par réduction de la liqueur cuprotartrique).
Si 1 on ajoute avant la défécation, une quantité minime de glu
cose, le pouvoir réducteur devient très appréciable. On a pu ainsi se
convaincre que les Lemanea renferment moins de 0,04 de sucre réduc¬
teur libre pour 100 d’algues fraîches.
(1) La chlorophylle est altérée par l’ébullition. On peut en observer le
spectre caractéristique dans les extraits alcooliques préparés à froid, comme
l’ont signalé les auteurs.
(2) Triturés avec clu chlorure d’antimoine, les pigments précipités prennent
une teinte bleue (réaction des carotinoïdes).
(3) Dans la suite, les dérivations polarimétriques seront observées au tube <\
2 décimètres, sauf indication contraire.
J. AU G IER
252
Il importe de noter que l'alcool de fixation ne dissout pas la to¬
talité des substances dextrogyres contenues dans les algues. Quatre
extractions par l’alcool â 70° bouillant ont été nécessaires pour les
épuiser. On a traité ces extraits successifs comme le premier. Les dé¬
viations observées étaient :
a 2 = + 47'
«3 = + 7'
a 4 = 0
La liqueur L 4 est optiquement inactive, même réduite au ving¬
tième de son volume, soit 05 cm 3 .
En répétant ces opérations à partir de 1)00 gr. de Sacheria fucina,
récoltés le 10 juillet, ou a obtenu des résultats analogues. Cependant
l’extrait, non réducteur, est beaucoup moins dextrogyre.
“i = + 54'
A quel corps attribuer ces déviations positives ? Tour résoudre
la question, il faut déféquer convenablement les liqueurs. Cette opé¬
ration étant ici particulièrement difficile^ nous devons nous y arrêter
quelque temps.
II. — PARTICULARITÉS DE LA DEFECATION
Le précipité produit par l'acétate basique de plomb est une bouil¬
lie verte qui reste longtemps en suspension. Supposons que l’on cesse
l’affusion du déféquant lorsque les granules du tioculat se précisent et
«lue, après un moment de repos, une mince couche claire apparaît en
surface. La tiltration est alors facile. Le filtrat, jaunâtre, présente
avec intensité les réactions du plomb; cependant, l’addition d’une
goutte d’extrait de Saturne provoque encore un abondant précipité
blanc verdâtre. Ce dernier est formé, pour une grande part, de chlo¬
rure de plomb, issu de la double décomposition eutle déféquant et
les chlorures, abondants dans le milieu. Pou: arriver au terme de la
précipitation, il faut utiliser une grande quantité de sel de plomb :
la liqueur se convertit alors en une bouillie très épaisse. L’opération
n’est pas à conseiller : même en lavant avec soin le précipité, ou perd
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
253
15 % environ du corps dextrogyre, par rapport au résultat d’une dé¬
fécation partielle.
L’analyse des liqueurs traitées au plomb, donc incomplètement
déféquées, est presque impossible. L’hydrolyse par les acides forts
provoque un rougissement rapide, ce qui interdit l’usage du polari-
mètre; la quantité d’acide nécessaire à cette opération est considé¬
rable, et cela s’explique. Une grande partie des chlorures ont été rem¬
placés par des acétates, que l’acide fort s’emploie à décomposer;
l’acide acétique libéré n’est nullement équivalent, quant au pouvoir
hydrolysant.
•*»
L'emploi de l’acide phosphotungstique en solution sulfurique (1)
donne de meilleurs résultats. Chaque goutte de ce réactif provoque
la formation immédiate d’un précipité blanc mêlé de petits flocons
vert-jaunâtres. Bientôt le précipité se rassemble au fond d’une liqueur
parfaitement limpide, presque incolore. A ce moment, une nouvelle
goutte donne encore un précipité blanc très fin. On filtre; le floculat
est essoré et lavé. On peut employer au lavage une solution où l’acide
phosphotungstique est au même titre que dans le jus déféqué.
L’addition d’eau de baryte froide, jusqu’à réaction alcaline, élimine
l’excès du déféquant (2). Le précipité jaunâtre est filtré; on amène à
neutralité par S0 4 H 1 2 dilué. Pour éviter les tâtonnements, il est pré¬
férable d’ajouter l’acide en faible excès, puis d’agiter au contact d’une
pincée de C0 3 Ba pur. Après quelques instants on filtre ; la liqueur
neutre, presque incolore, est prête pour l’étude.
Malgré une filtration de plus, cette méthode décèle autant de pro¬
duit dextrogyre qu’une défécation ménagée au plomb. Elle est préfé¬
rable, car la liqueur obtenue est presque incolore, et l’hydrolyse acide
(1) Acide phosphotungstique ordinaire, pur, (P s 0*, 12 TuO 3 , 42 H 2 0). 10 gr.
Acide sulfurique pur 5 gr. (soit 2 cm* 9 d’acide de densité 1,833).
Eau Q. S. pour 100 cm 3 .
Pour simplifier, nous appellerons cette solution « l’acide phosphotungstique ».
(2) L’élimination n’est pas complète au moyen de C0 3 Ba; quelquefois
même il est nécessaire d’employer un grand excès de baryte et le précipité de
tungstate ne se forme qu’à la longue.
Il est commode de déceler des traces de tungstène par la réaction sui¬
vante. On ajoute à 0.5 cmS environ de la liqueur un fragment de zinc et une
goutte d’acide fort. En quelques minutes, l’action de l’hydrogène naissant donne
lieu à une coloration bleue.
Source : MNHN, Paris
254
J. AU G 1ER
peut eu être suivie jusqu’au bout. Le traitement (réaction très acide,
puis alcaline) pouvait être dangereux pour un sucre réducteur ou fa¬
cilement liydrolysable : rien de cela n’est à craindre avec un extrait
de Lemanea.
Une grande quantité de réactif est nécessaire : plus de ü gr. 4 de
l’acide cristallisé pour 100 de plantes fraîches. C’est que le chlorure
de potassium en soustrait une bonne part, à l’état de précipité pulvé¬
rulent, blanc. Une solution de KC1 pur précipite ainsi abondamment
par l’acide phosphotuugstique. Le précipité est un sel de potassium;
une certaine quantité de HCl se trouve libérée. Filtrons et neutrali¬
sons exactement par la baryte. La solution neutre filtrée précipite par
l’acide sulfurique, elle renferme du chlorure de baryum. C’est une des
raisons pour lesquelles l’extrait d’algues, après défécation et traite¬
ments subséquents, renferme du baryum, qui a remplacé une partie du
potassium dans les chlorures.
L’acide phosphotlmgstique précipite aussi bien les autres sels so¬
lubles de potassium, mais non pas les sels de sodium et de magnésium.
Or ce dernier métal existe dans l’extrait île Lemanea. L’addition de
baryte provoque la précipitation de Mg (OH)*, et ie baryum remplace
le magnésium dans ses sels. C’est lé une seconde cause d'enrichisse¬
ment de la liqueur en baryum soluble.
il en est une autre qui intervient lorsqu'on neutralise l’acide sul
(urique par le carbonate de baryum, il la température ordinaire, en
présence de beaucoup de KOI. Une certaine quantité de baryum passe
dans la liqueur, à l’état non seulement de bicarbonate, mais aussi de
chlorure.
L’introduction du baryum est le seul changement notable dans la
composition minérale des liqueurs, au cours de cette défécation. L’in-
convement de ce métal réside dans sou pouvoir d’inhibition vis-à-vis
des diastases : il faudra l’éliminer avant tout essai d’hydrolyse bio-
chimique.
Une troisième méthode permet de clarifier l’extrait de Lemanea •
la floculation au moyen d’un hydrate alcalino-terreux : baryte stron-
tiaue ou cba ix, à douce température. La baryte, plus soluble,’ est la
plus commode.
Reprenons
prélève 15 cia 3
: 1 extrait de Lemanea noclosa, décrit au § 1 . On en
, qu’on porte an bain-marie vers 40”. Ajoutons de l’eau
RHODOPHYCÉES D'EAU DOUCE
255
de baryte tiède. Il se forme des flocons, la liqueur jaunit, on perçoit
une odeur ammoniacale. Pour une dilution et une quantité de baryte
déterminées, les flocons se séparent, en masses bien définies, d’un
liquide ambré. Ce dernier, filtré, ne flocule plus par affusion nouvelle
de baryte. Le volume de la liqueur est alors de 27 cm 3 ; le poids de
baryte nécessaire a été de 1 gramme (pesée à l’état de cristaux
hydratés).
Le floculat est lavé avec une solution convenable de baryte qui est
réunie à la liqueur précédente. L’ensembie de ces liqueurs est neutra¬
lisé par S0 4 H 2 . On filtre et on amène à 50 cm 3 . La déviation polari-
métrique est -f- 3° 42'.
Cette déviation dépasse celles qu'on obtient, dans des conditions
comparables, après l’action des autres déféquants. Traitons en effet
des volumes égaux, soit 15 cm 3 d’extrait, par le sous-acétate de plomb
et l’acide phosphotungstique, en diluant de telle sorte que le volume
de la liqueur prête à filtrer soit, dans chaque cas, de 27 cm 3 . Chaque
fois le floculat est lavé; on chasse l’excès de réactif et on amène à
50 cm 3 . Les déviations obtenues sont les suivantes :
Acétate basique de plomb
défécation à fond
) défécation modérée
Acide phosphotungstique, défécation à fond....
Baryte.
3°6'
3°36'
3°32'
3°42'
Ces différences, retrouvées plusieurs fois, dans des expériences
analogues, semblent tenir surtout à la texture différente des précipi¬
tés, qui entraîne une adsorption plus ou moins importante.
La floculation par les alcalino-terreux n’a pas d’autre avantage
que la perte minima du produit dextrogyre; elle a le grave inconvé¬
nient de fournir des liqueurs d’un jaune ambré, qui fonce avec le
temps.
Il n’est pas sans intérêt de préciser les conditions d’une bonne
floculation. La concentration du milieu en alcalino-terreux inter¬
vient, mais celle des matières à floculer n’est pas moins importante.
Il faut que l’extrait d’algues soit suffisamment étendu d'eau, sans
quoi la baryte, même en grand excès, ne provoque qu’une floculation
très mauvaise, un précipité infiltrable. En ce cas, il suffit souvent
d'ajouter peu à peu de l’eau pure pour obtenir bientôt une floculation
convenable.
Quel que soit d’ailleurs le déféquant, la concentration du milieu
en eau est un élément très important de réussite.
256
/. AU G IER
Pour raison de solubilité, il faut opérer en milieu plus étendu
avec la chaux qu’avec la baryte. Dans les liqueurs Üoculées à fond par
la chaux, la strontiane ne produit rien de plus, la baryte un trouble.
En quoi consiste ici, au point de vue chimique, la floculation ? Il y
a certes destruction de matières azotées, l’odeur en témoigne; préci¬
pitation de la magnésie, assez abondante; mais le milieu ne contient
pas de glucide dont le composé barytique soit insoluble dans l’eau ou
l’alcool.
On éliminera le plus commodément la baryte en excès par un
courant de CO 2 . Après destruction des bicarbonates, il reste une quan¬
tité importante de baryum précipitable par l’acide sulfurique. Nous
avons parlé de son origine.
On peut déféquer de même manière les jus de Hacheria fucina,
mais nous avons eu, en général, plus de difficultés.
III. — HYDROLYSE DES LIQUEURS
Les extraits déféqués renferment un corps dextrogyre — au moins
un. Pour l’identifier, on l’a soumis aux agents d’hydrolyse suivants :
l’invertine, les acides forts, l’autolysat de levure de brasserie.
A) Essai d’hydrolyse par l’invertine.
Ce ferment est inactif sur les extraits de Lemanea et de Sacheria
(exempts de baryum) : ils ne contiennent donc pas de saccharose.
On mélange par exemple :
Extrait de Lemanea nodosa a = 4°10' 5 cm 3 .
Invertine (de levure putréfiée) 1 cm 3 .
Aucun pouvoir réducteur n’est apparu après 20 heures de séjour
à 37°. Rien cependant ne paralyse la diastase : si l’on ajoute un centi¬
gramme de saccharose, l’interversion est terminée après quelques
instants.
B) Hydrolyse par les acides forts
Les ext *aits sont additionnés d’acide chlorhydrique ou sulfurique.
On a souvent utilisé HCl, à raison de 5 gr. pour 100 cm 3 du mélange.
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
257
On vérifie que ce dernier n’est pas réducteur, et on note la dévia-
tion polarimétrique. Puis on le répartit dans des fioles jaugées, que
l’on choisit d’orifice étroit, pour éviter l'évaporation. Celles-ci sont
plongées ensemble dans un bain-marie bouillant ; on les retire successi-
vement, par exemple après 15, 30, 45... minutes.
Après refroidissement et retour, par addition d’eau pure, au
volume initial, on lit la déviation, et on détermine, par la méthode
de G. Bertrand, le poids du réducteur apparu. Tant que ce dernier an-
gmente, on continue l’hydrolyse.
A la fin, on compare la déviation * et le poids de réducteur p
pour cent. Ce rapprochement est exprimé par un nombre, qui est
le pouvoir rotatoire spécifique de la substance contenue à ce moment
dans l’hydrolysat. On le désigne par [a], et on le définit par l’égalité :
100 a
l est la longueur, en décimètres, du tube polarimetrique.
On conçoit que la valeur de [a], qui est une constante des corps,
puisse renseigner sur la nature des produits d’hydrolyse.
Voici les résultats de deux
no do sa :
Temps
d’hydrolyse
I. Récolte août 1932.
0
30 m.
lh.
1 h. 30 m.
2 h. 30 m.
II. Récolte avril 1933.
0
lh.
1 h. 30 m.
3 h.
expériences relatives à Lemanea
Réducteur %
Déviations exprimé en [al
galactose
+ 5°53' 0 »
2° 24' 1,25 »
2°18' 1,30 »
2° 8' 1,32 80
2° 4' 1,27 »
-f 6°22' 0 »
2°40' 1,41 »
2° 40' 1,41 94
2°32' 1,39 »
Donc le milieu devient réducteur, cependant que la déviation,
tout en restant positive, diminue beaucoup, de près des 2/3 de sa va¬
leur initiale. L’hydrolyse complète demande plus d’une heure.
Ces premiers résultats sont très suggestifs, si on les rapproche
258
J. AU G IER
de ceux qu’obtint E. Guéguen [ 34 ] en analysant les Rhodophycées
marines. L’extrait de Rhodymenia palmata renferme un corps très
dextrogyre, respecté par la sucrase, hydrolysé par les acides forts
(HCl 5 %) en 1 h. 15 environ. On sait que H. Colin et E. Güéguen
ont réussi à préparer ce corps à l’état cristallisé, et l’ont nommé
« floridoside ». Il est sucré, soluble dans l’eau et l’alcool, non réduc¬
teur; son pouvoir rotatoire est -f 160 (pour le produit anhydre); il
est formé d’une molécule de galactose a unie à une molécule de gly-
cérol.
Nous avons pu disposer d’une certaine quantité de ce glucide à
l’état pur, et nous en avons répété l’hydrolyse. Voici le résultat
obtenu :
Réducteur %
Temps Déviations exprimé en
d’hydrolyse galactose
0 + 6°43' 0
1 h. 15 m. 2°31' »
1 h. 45 m. 2°27' 154
2 h. 2°27' »’
[al
»
»
79,6
»
La ressemblance est manifeste entre cette hydrolyse et les précé-
dentes.
Cependant, dans le cas des Lemanea, le pouvoir rotatoire spéci-
tique, en fin d’expérience, s’écarte souvent de la valeur 80 corres¬
pondant au galactose ; il oscille entre 70 et 90. Le rapport entre les
déviations initiale et finale, égal à 2,8 dans le cas du floridoside, s’est
aussi montré variable, entre 2,5 et 3 .
Ces différences ne sont elles pas attribuables à l’insuffisante pu¬
rification des liqueurs ? Celles-ci, bien que déféquées à fond par l’acide
phosphotungstique, avaient pris une teinte rougeâtre, après une demi-
heure seulement d’hydrolyse. Tl fut nécessaire de les filtrer sur noir,
ou de les diluer, ce qui diminue la précision des lectures an pola-
rimètre.
On s’est donc efforcé de mieux purifier les liqueurs, avant l’hydro¬
lyse. La solubilité du principe dextrogyre dans l’alcool fort, à chaud,
autorise le procédé suivant.
La liqueur déféquée est évaporée à sec. sous pression réduite.
On obtient une masse jaune-rouge, se ramollissant à chaud, hygrosco-
Source : MNHN , Paris
RHODOPHYCÊES D’EAU DOUCE
259
pique, pétrie de cristaux de KC1, et, pour cette raison, d’une amer¬
tume extrême. En agitant un certain temps dans l’alcool à 85, à
l’ébullition, on dissout nne partie du corps dextrogyre; on décante à
chaud, laissant dans la masse pâteuse une grande quantité de pig-
ments, de sels et de matières azotées.
La solution alcoolique est évaporée, et l’on reprend par l’eau. La
liqueur obtenue, soumise à l’hydrolyse, jaunit beaucoup moins que
l’extrait non purifié, et se prête à des observations plus précises. En
voici un exemple (Lemanea nodosa, juillet 1930).
Temps
Déviations
exprimé en
(al
(l’hydrolyse
galactose
0
-f 5°19'
0
»
30 m.
2°34'
1,08
»
1 b. 20 m.
1°55'
1,28
1,29
70
1 h. 40 m.
1°51'
71
Malheureusement.
la précision
est obtenue au
prix
énorme de produit : les trois quarts sont retenus dans la mélasse.
Disposant de quelques kilos d’algues, nous avons pu répéter
plusieurs fois la même purification, en remontant progressivement
le titre de l’alcool jusqu’à 95°. L’hydrolyse du produit le mieux purifié
suit la marche que voici :
Réducteur %
Temps
Déviations
exprimé en Ta!
d’hydrolyse
galactose
0
+ 3»18'
0 »
lli.
1°18'
» »
1 h. 20 m.
1” 8'
0,73 »
1 h.40 m.
1 “ 8'
*
0,73 77
**
On n purifié de même un extrait de Sacheria fucina (récolte de
mai 19311, dont l’hydrolyse, après
simple défécation, donnait des
résultats trop imprécis. 11 faut employer ici, d’emblée. 1 alcool très
fort (90-95°), car l’alcool à 85° dissout en totalité la substance dessé-
chée.
L’hydrolyse après
purification,
donne le résultat suivant :
Réducteur %
Temps
Déviations
exprimé en [al
d’hydrolyse
galactose
0
-f 7°25'
0 »
lh.
o°43'
1,60 »
1 h. 15 m.
2°33'
1,75 73
2 U.
illisible
1,77 »
260
J. AU G IER
Après cette étude des extraits purifiés, il est possible de com¬
parer, de façon précise, le floridoside et le produit dextrogyre des
Lémanéacées. Le lecteur a déjà remarqué que, pour ce dernier, le
pouvoir rotatoire, après hydrolyse, est systématiquement inférieur à
celui du galactose (soit + 84,36 — 0,21 t, c’est à-dire + 81 à 15"). La
valeur qui s’en écarte le moins ([oc] = + 77) a été trouvée dans le
cas d un extrait purifié à fond, par reprise à l’alcool jusqu'au titre
de 95". Les valeurs dépassaut 80 n’ont pas été retrouvées.
Dans les extraits d’algues hydrolysés, il n’est guère possible de
déceler de petites quantités de glycérine, mais on peut obtenir la
galactosazone, bien que la richesse du milieu en sels soit très gênante.
En vue de cette préparation, il faut effectuer l’hydrolyse de l’extrait
au moyen de l’acide sulfurique, facile à éliminer sous forme insoluble
(SO*Ba). Nous avons obtenu plusieurs fois, mais avec beaucoup de
peine, les cristaux aplatis et groupés en rosette, caractérisant la
galactosazone; cependant — résultat inattendu — ils étaient mélan¬
gés de cristaux très semblables à la glucosazone.
En somme, nous avons précisé les différences entre les extraits
de Lemanea et ceux de Rhodymema; mais la présence de floridoside,
dans les premiers, est une hypothèse très admissible.
C) Hydrolyse par l’autolysat de levure de brasserie
Abandonnons à l’autolyse, sous tolnol, de la levure basse de brasserie
délayée dans l’eau. Au bout de quelques mois, on dispose d’une liqueur
claire qui jouit, entre antres, de la propriété suivante : ajoutée en
petite quantité à du floridoside, elle l’hydrolyse complètement, en
deux ou trois jours, à 37» (Ouéoüis [ 35 ]. Cette'« « —galactosidase »
peut se conserver plusieurs années. Nous nous sommes servi d’un
autolysat d’un an, non réducteur et à peu près inactif sur la lumière
polarisée, même après hydrolyse par les acides.
Un extrait de Lemanea nodosa (récolté en août), déféqué au
plomb, est additionné d’autolysat à raison de 20 cm 3 pour 100 cm 3
d’extrait. Le pH est très voisin de 7. On place dans l’étuve à 37».
Chaque jour on examine au polarimètre, après filtration, car la li
queur se trouble. Il se produit une hydrolyse :
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
261
d’hydrolyse
Déviations
Réducteur %
exprimé en
Temps
galactose
0
+ 3°2S'
0
1
2° 8'
»
3
1°48'
»
4
1°48'
»
10
1°48'
0,70
Après quoi l’attaque fermentaire ne progresse plus. Mais l’hydrolyse
peut être continuée par l’action des acides. Le dixième jour, préle¬
vons dans plusieurs tubes 2 cm 1 * 3 de la liqueur, et traitons par 1 acide
sulfurique à 2 %. La quantité de réducteur augmente, et l’on atteint
le terme de l’hydrolyse déterminé dans le précédent paragraphe.
15 m.
30 m.
45 m.
0,92
0,95
0,92
Pour quelle raison l’hydrolyse diastasique reste-t-elle incomplète ?
Ne faut-il pas incriminer les sels, qui, présents en forte proportion
dans le milieu, précipitent partiellement l’autolysat ? Il ne le paraît
pas, car, au dixième jour, le ferment a gardé une activité appréciable.
En effet, ajoutons à la liqueur quelques cristaux de floridoside.
Sitôt la dissolution, la déviation est :
4- 2° 48'
et le lendemain on lit + 2°28'
Le floridoside ajouté a été totalement hydrolysé (1).
Il semble donc exister, dans l’extrait, de Lemanea, deux substan¬
ces dextrogyres hydrolysables par les acides, mais dont l’une seule¬
ment est tributaire de l’autolysat.
Dans l’expérience précédente, le pouvoir rotatoire spécifique, au
terme de l’action diastasique, est voisin de 130. En étudiant la liqueur
de seconde extraction alcoolique L 2 des mêmes algues (cf. p. 11), on
a trouvé la valeur 111, et 108 pour l’extrait L t des Lemanea récoltés
en avril. Les extraits de Sa cher la, plus colorés et moins riches en su¬
cre, n’ont pu être étudiés avec la même précision ; il est certain cepen¬
dant que l’autolysat les hydrolyse, mais partiellement.
(1) Tl ne faut pas étudier l’hydrolyse diastasique d’extraits trop concentrés
(a > 6° par exemple, pour Lemanea). L’action inhibitrice des sels est alors
très marquée. L’hydrolyse reprend d’ailleurs quand on dil,ue le mili?u, en main¬
tenant fixe le % d’autolysat. — On a constaté que l’autolysat est peu sensible
au KC1 pour les concentrations inférieures à 2 p. 100.
Source : MNHN, Paris
262
/. A U GIE R
1). — Conclusion.
En résumé, le constituant dextrogyre des Lémanéacées fait pen¬
ser au floridoside par son pouvoir rotatoire élevé et l’allure de son
hydrolyse sous l’action des acides. Cependant il s'en distingue en ce
que :
1°) Le pouvoir rotatoire, après hydrolyse complète, est sensible¬
ment inférieur à celui du galactose;
2°) L’hydrolyse par l’autolysat dp levure basse reste incomplète.
Il ne semble possible d’identifier ce principe qu'après l’avoir ob¬
tenu à l’état de pureté. Cette préparation fait l’objet du prochain
chapitre.
CHAPITRE TROISIEME
LA PRÉPARATION DES PRINCIPES SUCRÉS
A L’ETAT PUR, ET LEUR IDENTIFICATION
I. — TECHNIQUE
Les filaments fructifères (les Lémanéacées atteignent leur pleine
maturité au mois de juillet, ou même en août; c’est alors qu’elles sont
le plus riches en glucides et qu'il convient de les recueillir. Nous
n’avons pas encore pu suivre régulièrement les variations saisonnières
de la teneur en principe dextrogyre, mais ces variations sont manifes¬
tes dans les quelques données ci-dessous. Les déviations polarimétri-
ques indiquées correspondent à l'épuisement complet des thalles par
l’alcool.
Lemanea nodosa Sacheria fucina
17 avril 1933
1°49'
17 avril 1933 + 13'
19 juillet 1930
2°36'
19 juillet 1930 1°10'
3 août 1932
3° 54'
Etudiant les Rhodytnenia, Guéguen [ 36 , p. 40] obtenait des dé¬
viations bien supérieures (en 1927 maximum 17°10’; en 1928 minimum,
en janvier, 0°52\ maximum, en août, 27°20). S'il faut parler du flori-
doside à propos des Lemanea, on ne peut guère compter sur des te¬
neurs dépassant 1 % du poids frais.
La faible proportion du sucre devant les impuretés diverses, les
sels surtout, en rend l’extraction très laborieuse ; les pertes sont con¬
sidérables; aussi fallut-il traiter environ 12 kilos d’algues pour obte¬
nir quelques grammes de produit pur,
204
J. AU G 1ER
La fixation et les épuisements à l’alcool sont une technique lon¬
gue dont on peut se passer dans le cas présent. Il est possible d’épuiser
les algues, sitôt la récolte, par l’eau bouillante : on les y plonge en¬
tières, et on maintient une dizaine de minutes la température au voi¬
sinage de 100°, tout en agitant. Dans ces conditions, les filaments
étant entiers, il ne diffuse que très peu de gomme et pas du tout de
glycogène, mais le produit dextrogyre se dissout, plus facilement que
dans l’alcool. Il faut se garder de fractionner les thalles, ce qui entraî¬
nerait la dissolution d’une grande quantité de matière gommeuse,
éventuellement accompagnée de glycogène, et la dispersion des spores.
La chlorophylle reste, bien entendu, dans les algues, mais le
pigment rouge diffuse, devenant brunâtre par la chaleur.
On a fait l’essai de ce procédé sur 1290 gr. de Lema/nea, nodosa,
récoltés en avril 1933, qui furent traités par 2 litres 5 d’eau distillée.
On décante 2 litres 29 de liqueur rougeâtre, non visqueuse, qu’il est
possible d’examiner au polarimètre après filtration sur amiante. On
lit -f- 46' ; soit, en ramenant au volume 1290 cm 3 .
«i = 1°21'
Avec la liqueur de Fehling, cet extrait ne donne lieu à aucune
réduction, mais à un précipité floconneux. L’acide sulfurique produit
un léger floculat, de nature azotée semble-t-il; les alcalis, surtout à
chaud, provoquent un floculat plus abondant, soluble dans l’acide
acétique, en partie minéral (magnésie...) ; — par l’acétate basique de
plomb, on obtient un précipité volumineux, dont la séparation modifie
très peu l’activité optique de la liqueur.
Un second et un troisième traitement nous donnent :
« 2 = +34'
a 3 = + 9'
Un quatrième fournit, après concentration 320 cm 3 de liqueur lé¬
gèrement positive.
La déviation totale ai + a 2 + a 3 atteint donc 2°4', valeur nota-
blement supérieure il celle qu’on obtient par épuisement alcoolique.
Il faut remarquer qu’on évite ici les pertes par défécation, et que les
lectures polarimétriques sont imprécises.
On a également épuisé par l’eau 550 gr. de Sacheria fucma. O 11
a trouvé + eu = 22', au lieu de 13', par épuisement à l’alcool.
RHODOPHYCÊES D’EAU DOUCE
265
*
**
Si l’on ne peut traiter les Algues sitôt la récolte, il n’y a pas
inconvénient il les faire sécher à l’air, pour les épuiser il loisir plus
tard, par l'eau ou l'alcool : le produit destrogyre ne suit pas d hydro¬
lyse sensible au cours de la dessication. 250 gr. de Lemunea ont été
ainsi séchés séparément, au moment de la récolte d’avril; au mois
de septembre ils furent épuisés par l'alcool. Après défécation par la
baryte, la déviation observée fut
cip = -f- 1 0 57’
6 cm 3 de la liqueur ne contenaient pas trace de réducteur.
On a donc pu utiliser les algues ainsi séchées, en vue de la pré¬
paration des sucres; elles ont été épuisées de préférence par 1 eau,
comme les algues fraîches.
Le problème de la purification des extraits nous propose à élimi¬
ner des matières organiques et des sels. Les deux tâches sont en étroite
dépendance : les procédés de défécation ne doivent pas introduire
de sels nouveaux; la présence des sels limite la défécation. Il faut
donc avoir recours, d’abord et autant que possible, aux agents physi¬
ques capables d’éliminer ensemble les deux sortes d’impuretés, ainsi
l’alcool. Pratiquement, on 11 e peut utiliser en premier lieu 1 alcool
que pour les extraits aqueux exempts de chlorophylle. On a donc
adopté la technique suivante :
1) Traitement des extraits aqueux
Les extraits aqueux de Lemunea sont concentrés tels quels à
douce température, jusqu’au volume de 70 cm 3 environ par kilo d’al¬
gues (de juillet). La liqueur obtenue a la couleur du café; elle est
amère. Lorsqu’elle est encore chaude 011 ajoute peu à peu et en agitant,
de l’alcool à 95. Il se produit bientôt un précipité ; on continue l’ad¬
dition d’alcool jusqu’à un volume environ, puis on expose au froid
modéré (-f 5°...). A intervalle de quelques jours, 011 enrichit progressi¬
vement en alcool. Les parois du flacon se couvrent de cristaux de KC1.
Au bout de quelque temps la liqueur est devenue jaune clair, lim¬
pide; au fond, se trouve une masse onctueuse jaune rouge, mélange de
266
J. AU G IER
pigments, de matières azotées et gommeuses, riche en sels, mais conte¬
nant aussi une certaine proportion de corps dextrogyre. La faible so
lubilité de ce dernier impose une limite à la purification par l’alcool,
et les ménagements que nous signalons.
On a traité ainsi, par exemple, l'extrait aqueux de 1450 gr. de
Lemanea récoltées en août. Béduit à 100 cm 3 , il fut progressivement
additionné de 2 volumes d'alcool à 95. Lorsque le dépôt de sel parut
terminé, la liqueur fut décantée et l'alcool chassé : on disposait alors
d'une liqueur dont la déviation, rapportée à 1450 cm 3 , était de 2°26\
Le précipité fut repris par l’eau, où il ne se dissout qu’en petite
partie. Cette solution, desséchée, fut traitée jusqu’à épuisement par
1 alcool à 80 bouillant. La déviation de la liqueur obtenue, sous le
volume de 1450 cm 3 , était de 23'. Le précipité avait donc retenu 13 à
14 % du produit dextrogyre.
Après séparation du précité, qui est conservé, les liqueurs ainsi
purifiées par l’alcool sont déféquées au moyen de l’acide phospho-
tungstique. Dans l'exemple que nous citons, le volume fut, à cette fin,
amené à 150 cm 3 environ.
2) Traitement des extraits alcooliques
Après évaporation de l'alcool, on défèque modérément par l’acide
phosphotungstique. Puis on concentre sous vide, à consistance presque
sirupeuse. On ajoute alors de l’alcool fort, comme il est indiqué plus
haut. Par rapport au cas précédent, l'ordre des opérations est inter¬
verti ; le résultat est souvent moins bon.
A la suite de ces traitements, la purification reste très incomplète.
Ou a tenté de la continuer au moyen de l'alcool, selon le procédé in-
put cristalliser.
Après plusieurs mois d’essais, il fallut y
du chlorure de potassium dans l’alcool, déjà î
ut y renoncer. La solubilité
éjà notable quand le sel est
Source : MNHN, Paris
RHODOPHYCÉES D'EAU DOUCE
2(37
pur, augmente beaucoup en présence du sucre, surtout à cliand, même
dans l’alcool presque absolu. D’autre part, après chaque dessication,
une petite fraction seulement de la matière peut être dissoute utile¬
ment, même après ébullition prolongée. 11 en résulte que la liqueur
la plus pure que l’on peut obtenir ne contient guère moins de sel que
de sucre, et encore l’obtient-on en quantité minime.
Il faut donc recourir à un procédé chimique pour éliminer les
chlorures. Lorsqu’on soustrait d'un milieu les ions 01 ou K par les
réactions de précipitation connues en analyse, on les remplace néces¬
sairement par d’autres ions ou par des radicaux. La présence de ceux-
ci serait au moins aussi gênante pour nous : on ne peut songer à
utiliser le nitrate d’argent, ni l'acide ehloroplatinique, pas plus que
les acides perchlorique ou tartrique.
Le problème paraissait sans issue, quand une note de G. Auster-
weil [ 37 ], au sujet de certaines zéolithes, nous fournit, de façon très
opportune, une élégante solution. Ch. Jeanprost a exposé l'application
du procédé dans un article ( 1 ) que nous avons consulté avec profit.
On sait que les zéolithes (naturelles ou synthétiques) sont des sili¬
cates complexes, très peu solubles dans l’eau, dont un métal de la mo¬
lécule est susceptible de permuter avec un ion métallique d’une solu¬
tion ambiante. On leur donne souvent, pour cette raison, le nom de
permutites ou d’échangeurs de bases. Leur usage est courant pour
l’adoucissement des eaux naturelles. Ainsi, lorsqu’on filtre une eau
séléniteuse à travers une colonne de zéolithe sodique, la zéolithe de¬
vient calcique et le sodium passe en solution à la place du calcium.
La note citée ci-dessus expose les propriétés conférées aux zéo¬
lithes par un choix judicieux de leur métal mobile. Introduites dans
la solution d’un sel, ces zéolithes appropriées provoquent le passage
de l’anion aussi bien que du cathion à l’état de combinaisons insolu¬
bles. Dès lors la molécule entière du sel est éliminée de la liqueur.
Considérons par exemple une zéolithe argentique. Si l'on agite
dans la solution d’un chlorure — soit KC1 — il se forme du chlorure
(l’argent et de la zéolithe potassique. Ces deux corps étant insolubles,
la réaction est totale dans le sens indiqué. On possède ainsi le moyen
(1) Bull. chim. Suer. Distill. 49, 1932, p. 20G.
Source : MNHN, Paris
208
J. AUGIËR
d’éliminer complètement les chlorures contenus dans une liqueur,
sans y introduire aucun corps soluble.
Nous avons appliqué cette méthode avec plein succès aux extraits
de Lemanea, si riches en KC1.
La zéolithe synthétique de la société Zerhyd (10, avenue George V,
à Paris) a été traitée par une solution de N0 3 Ag. Le silicate saturé
d’argent est ensuite soigneusement lavé; il se conserve bien à l’obscu¬
rité. Il ne diffère pas par l’aspect du produit sodique : c’est un sable
grossier blanc nacré.
Après la purification par l’alcool et la défécation, les extraits
d’algues sont agités au contact de la zéolithe argentique. 11 se produit
bientôt un trouble blanc de chlorure d'argent, qui peu à peu devient
un véritable précipité, bleuissant. De temps en temps, on filtre quel¬
ques gouttes de la liqueur, qu'on additionne de nitrate d’argent : on
constate ainsi que la réaction des chlorures diminue d’intensité, jus¬
qu’à disparaître. A ce moment, la liqueur ne contient pas non plus
de potassium, baryum, magnésium ou argent. On filtre, et on lave
la masse de zéolithe et de Ag Cl, pour éviter toute perte. S’il subsiste
un louche dans le filtrat (AgCl colloïdal, Ag réduit) on traite par un
courant de H 2 S, et on filtre sur amiante.
Ce traitement donne d'excellents résultats : les chlorures sont
radicalement éliminés, et la perte de produit est très faible. Cepen¬
dant, il n’est applicable qu’à des extraits déjà purifiés comme on l’a
indiqué, au moins par un traitement à l'alcool fort. Autrement, le
travail de la zéolithe paraît interminable : dans un milieu trop riche
en matières organiques, l'activité de celle-ci est considérablement di¬
minuée. Il faut donc d’abord déféquer, puis éliminer les chlorures en
liqueur suffisamment étendue.
Après ces opérations, les extraits, à peu près exempts de sels,
contiennent encore des impuretés organiques qui les colorent en jaune
ambré. On les concentre, et on défèque par l'acétate basique de plomb,
opération très efficace eu l’absence de chlorures. L’excès de réactif est
éliminé au moyen de H 2 S, et l’on amène, eu évaporant sous vide, à
consistance sirupeuse. Jaune clair, nettement sucré, le sirop est prêt
pour la cristallisation.
Par exception les cristaux apparaissent au cours de la concen¬
tration ; le plus souvent, ils se montrent au bout d’un jour ou de
quelques jours.
RHODOPHY'CÊBS D’EAU DOUCE
269
II. — DESCRIPTION DES PRODUITS CRISTALLISES
Sur les parois des ballons, on pouvait distinguer des prismes al¬
longés, groupés autour d’un centre, et, ailleurs, de petits prismes
courts, isolés. Plusieurs lots d’algues avaient été traités séparément,
et les sirops plus ou moins purifiés : certains laissaient déposer l’une
des formes seule, d’autres présentaient les deux espèces de cristaux
juxtaposées. S’agissait-il d’un corps dimorphe, ou de deux combinai¬
sons différentes ?
L’heureux partage des cristaux et leurs différences microscopi¬
ques permirent de faire deux lots. Les prismes allongés étaient l’es¬
pèce de beaucoup la plus abondante; il nous fut facile de les iden¬
tifier au floridoside.
A) Le floridoside
Après deux nouvelles cristallisations dans l’eau, le produit pres¬
que blanc fut repris par l’alcool à 95° bouillant. Par refroidissement
lent apparurent de petits cristaux groupés en oursins, que l’on recueil¬
lit et lava rapidement à l'alcool à 80°. On obtint environ 8 grammes
de produit sensiblement pur, présentant les propriétés suivantes :
1° Caractères cristallographiques. — D’après M. Gaudefroy, les
cristaux nés dans l’eau sont des prismes ortliorhombiques, à biréfrin¬
gence forte et négative. L’un d’eux, placé dans une solution saturée de
floridoside, s'y accroît; de même, un cristal de floridoside s’accroît
dans une solution saturée du corps à l’étude.
2° Le produit renferme 6,9 % d'eau de cristallisation, dans la¬
quelle il fond à 86-87° (détermination au tube capillaire).
La saveur est nettement sucrée, sans amertume.
0 gr. 300 de cristaux furent dissous dans 20 ce. d’eau. La liqueur
obtenue est dextrogyre a = -f- 4°32\ D'où le pouvoir rotatoire spéci¬
fique [ a J l> = -(- 151 (floridoside : 149-150).
3° Composition chimique.
La même liqueur fut additionnée de 5 %, en poids, d’acide sul¬
furique, et portée au bain-marie bouillant. Voici la marche de l'hydro¬
lyse :
Source : MNHN, Paris
270
/. AU G IER
Temps
Déviations
Réducteur %
(en galactose)
r«] D
0
+ 4°23'
0
1 h
1°32'
—
1 h 10 m
1°30'
0,90
78
L’action de l’autolysat de levure basse conduit au même résultat,
en deux jours, à 37°.
En vue d'identification des produits d’hydrolyse, deux grammes
de cristaux furent dissous dans 20 cc. d’acide sulfurique à 0,2 %, et
portés pendant une heure à 120°. La liqueur, qui jaunit légèrement,
fut neutralisée par le carbonate de baryum et concentrée à sirop. Au
bout de deux jours, une cristallisation commençait. Après lavage ra¬
pide à l’alcool, puis à l’éther acétique bouillant, le produit cristallisé,
de saveur sucrée, put être facilement identifié au galactose. Nous en
avons obtenu plus de 800 mgr.
Fig. 1. — Tréhalose et Moridoside (gros 1 : 10 D).
Dans la liqueur mère des cristaux, dont la saveur chaude est à
noter, on a pu montrer la présence de glycérol. Dans ce but, on la
déssécha sous le vide, et le résidu fut longuement agité dans 50 cc.
d’éther acétique bouillant, solvant du glycérol, mais non du galactose.
La substance extraite par l’éther présente les propriétés suivantes :
a) elle est optiquement inactive, non réductrice.
b) après oxydation par le brome, elle réduit nettement la liqueur
de Fehling à froid.
c) chauffée avec du bisulfate de potassium sec, elle produit des
vapeurs âcres, réduisant le nitrate d’argent ammoniacal,
donne naissance à de petites aiguilles cristallines caracté¬
ristiques (tribenzoate de glycérol).
d) en présence de chlorure de benzoïde et de soude concentrée, elle
RHODOPHYCÉBS D’EAU DOUCE
271
11 est facile cle conclure : le glucide de Lemanca, galactoside du
glycérol, est bien identique au floridoside, dont il possède toutes les
propriétés.
B) Le tréhalose
Dans la préparation microscopique figurée ici, le contraste est
manifeste entre les prismes allongés du floridoside et les cristaux
dont la nature reste à fixer. Ceux-ci sont ortkorkombiques comme les
premiers, mais courts, de forme bien différente, et surtout leur biré¬
fringence est faible et positive.
Deux cristallisations dans l’alcool à 90-95 assurent une purifica¬
tion suffisante. Le floridoside, bien plus soluble, est facilement séparé.
Nous avons obtenu 2 grammes de cristaux incolores, de saveur sucrée,
dont voici quelques propriétés :
1° Ils renferment 9,5 % d’eau ; ils fondent en se déshydratant à
99-100° (au tube capillaire). Le produit anhydre ne se fluidifie plus en¬
suite qu’à 205-210°.
2° On dissout 0 gr. 300 de cristaux dans 200 cm 3 d’eau. La dévia¬
tion est, à 15°
& — -|— d°15
le pouvoir rotatoire spécifique [*]d est donc +175, pour le corps
hydraté.
3° La liqueur ainsi obtenue est hydrolysée au bain-marie, par
l’acide sulfurique (5 % en poids).
Temps.
Déviation
Réducteur % r -
(en glucose) La
0
5°5'
3 h
2°8'
0 h
1°34'
8 li
1°26'
1,39 51
Après neutralisation, nous avons pu préparer la glucosazone ty¬
pique.
4° Le corps étudié n'est pas hydrolysable par l’autolysat de levure
basse.
Les premiers résultats obtenus nous ont déterminé à comparer,
Source : MNHN, Paris
272
/. AUGIER
dans une étude parallèle, les caractères du corps inconnu et ceux du
tréhalose pur. 11 devint évident que nous avions affaire à des produits
identiques.
*
**
Les sirops de Lemanea nodosa contiennent donc deux glucides, le
fioridoside et le tréhalose. Le premier est de beaucoup le plus abon¬
dant. La présence de ces corps rend compte des caractères analytiques
des extraits, exposés dans le précédent chapitre. Au fioridoside les
hydrolyses acides et diastasiques doivent leurs caractères d'ensemble ;
les anomalies de détail sont le fait du tréhalose.
Ce bioside est très difficile à hydrolyser par les acides, et livre
exclusivement du glucose : au cours de l’hydrolyse des extraits d’al¬
gues, plus ou moins impurs, l’attaque du tréhalose peut rester incom¬
plète et le pouvoir rotatoire « final » dépasser de ce chef la valeur 80.
Dans le cas contraire, le glucose libéré peut suffire à abaisser ce pou¬
voir vers 70.
Le tréhalose n’est pas tributaire de l’autolysat de levure basse,
au moins de l’autolysat vieilli. Ainsi s'explique l’arrêt, observé au
cours des hydrolyses diastasiques. On peut trouver là le principe d’un
dosage approché du tréhalose. Ainsi, au mois d’août, la liqueur de
fixation alcoolique de Lemanea nodosa renferme à peu près 5 fois
moins de tréhalose (0,10 gr. % d’algues fraîches) que de fioridoside
(0,98 gr. %).
De nouvelles recherches seront nécessaires pour déterminer les
rapports des deux sucres au cours de la végétation. L’hydrolyse dia¬
stasique ne peut rendre de services analytiques que si elle porte sui¬
des liqueurs assez propres; or les traitements préalables risquent fort
d’altérer les proportions des sucres. Si l'on pousse assez loin la puri¬
fication par l’alcool, on élimine peu à peu des extraits le tréhalose,
moins soluble que fioridoside. Nous avions effectivement constaté
(page 27) que les liqueurs les mieux purifiées par ce moyen ressem¬
blaient davantage au fioridoside pur. Un s’explique de même façon
que certains sirops, qui provenaient de la reprise des mélasses, aient
fourni en premier jet des cristaux de tréhalose
Un lot mélangé de Sacheria farina et Lemanea nodosa nous a
donné les mêmes produits cristallisés que cette dernière espèce seule,
Source. MNHN, Paris
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCÉ
273
mais nous n’avons pas eu encore l’occasion de traiter les Mena à
l’état pur. 11 est probable cependant, d’après l’ensemble des précédents
résultats, que le même mélange de sucres existe dans les deux plantes.
La caractérisation du floridoside chez, les Lémanéacées donne une
réponse d la question des rapports entre biochimie et, systématique,
qui se posait, à nous au début de cette recherche. Les Lernmea ne sont
certes pas parentes proches des Bhodymenia, et leur écologie est bien
différente. Le floridoside, élaboré ici et là, exprime bien, semble-t-il,
les similitudes profondes qui définissent les Bhodophycées.
«P*
Quant au tréhalose. c’est, à notre connaissance, la première fois
qu’on l'extrait d’une algue, le sucre considéré comme tel par Kyi.in,
dans les Rliodymcnia, étant eu réalité le floridoside (Ouébuen [38J,
p. 25 - 20 ).
Commun chez les champignons, ce sucre semble très rare, au con¬
traire, dans les plantes autotrophes. On l’a signalé chez quelques Pha¬
nérogames, mais à la suite d’une invasion parasitaire par des Cham¬
pignons, ainsi dans une Avoine sauvage attaquée par un ergot
(v. Lippmann [39]), ou bien en dehors des conditions normales de vie,
ainsi dans un üarex, après une gelée survenue au mois de juillet
(v. Lippmann [40]).
Les Sélaginelles sont les seules plantes vertes où la présence nor¬
male du tréhalose soit certaine. 11 fut extrait d’abord pur Anselmino
et Gilc; [41] d’une espèce xérophile de l’Amérique tropicale, Rclagi-
nella Icpidophylla, parvenue en Europe comme une curiosité (à la ma¬
nière d’une rose de Jéricho). Plus récemment Yamashita et Sato [42 1
ont obtenu le même glucide à partir de 21 espèces de Sélaginellacées
du Japon.
On sait que, chez les Champignons, le tréhalose est fréquemment
accompagné de mannitol. La même association se retrouve-t-elle dans
les Lenianca ? (T).
(1) Bien que le mannitol n’ait pas encore été trouvé dans les Algues rouges,
les polyols ne sont pas étrangers a ce groupe ; le dulpitol a été signalé dans Iri-
rlaça laminarioides (Hassid [431) : il existe aussi, accompagné de sorbitol. dan*
Bostrychia ncorpioïdes (Hass et Hnx [441 ),
274
/. AUGIBR
III. — RECHERCHE DU MANNITOL
La meilleure méthode de recherche des polyols est basée sur leur
solubilité relativement grande dans l'alcool absolu bouillant; par re¬
froidissement ils cristallisent, même eu présence de sels.
Nous avons ainsi recherché le mannitol dans les sirops purifiés
de Lemanea, mais sans succès.
La méthode optique n’a pas donné non plus de résultat : le pou-
von rotatoire n est pas exalté en présence d’acide arsénieux. Dans les
d< “ déCeIaWe
au co^deTd^oV’^ * “ PM ^ ^ “
On s’est assuré qu’au mois d’avril les polyols n’existaient pas da-
antage, au moins en quantité décelable par cristallisation, tant chez
mZlT 02 Dan8 - "«<’ lirait alcoolique d"
3-° gr. Ae Lemanea nodosc, est déféqué par l’acide phosphotnngstique
et évaporé h siccité complète dans le vide. La masse est fragmentée et
agi ée un quart d heure au contact de 15 cm’ d’alcool absolu baillant
On decante dans un petit ballon chaud et on laisse refroidir. Après plu'
sieurs jours, on n’observe que des cristaux de sel et une petite quant «
b:umaT P " eDt h 13 ”" ■- I «- danLtt “
bouillante 0 gr. 02 de mannitol. Moins d’une heure après refroidisse
du“ ku S m a ’ T f i8taIlineS d " a PP a rais8aient, Si “Z
d ° r cher ’ 11 **
au poids frais E,, raistTeTT ^ °' 15 % * ™ « rapporté
CHAPITRE QUATRIEME
LES MUCILAGES
ET LE GLYCOGÈNE DES LÊMANÉACÉES
I. — TECHNIQUE
Lorsque les traitements h l’aleool bouillant, renouvelés à quatre
ou cinq reprises, ont débarrassé les algues des sucres solubles, celles-ci
sont devenues soit d’un vert très clair, soit d'un brun plus ou moins
rougeâtre, selon l'abondance du pigment rouge, qui brunit par la cuis¬
son. Inchangées pour le reste, elles montrent, sur une coupe, la
matière gommeuse intacte, les spores et beaucoup de cellules du thalle
toujours intensément colorables par l’iode.
On se souvient que la substance ainsi Colombie en brun ou en
violacé possède, pour Errera [ 45 I, les caractères chimiques du glyco¬
gène. Voici comment l’auteur lui-même expose la technique et les ré-
sultats de ses recherches :
« Douze touffes sporifores de Lernanea nnnulata, Kütz, conser-
« vées dans l'alcool, ont été finement découpées et écrasées dans un
« mortier. On fait bouillir la masse pendant une dizaine de minutes
« avec de l'eau et on filtre. Une petite portion de liquide a été addi-
« tionnée d’acide chlorhydrique et d’iodure double de mercure et de
« potassium : il ne se forme aucun précipité : le traitement au mer-
« cure est donc ici superflu. On concentre le reste de la solution (qui
« est il peine acide), au bain-marie, 011 filtre et on ajoute deux vo-
« lûmes d'alcool absolu. 11 se dépose, par le repos, un léger précipité
« grumeleux, d’un blanc à peine jaunâtre ; on filtre. On lave le préci-
« pité â l'alcool et on le dissout dans l'eau. Cette solution est jaunâ-
« tre, opalescente, neutre; elle brunit par 1 iode en solution dans
« l’iodure de potassium, perd en grande partie son opalescence par ad-
« dition de soude caustique, dissout en bleu pâle l’hydrate cuivrique
« sans le réduire à l’ébullition ; elle acquiert, après un quart d’heure
Source : MNHN. Paris
876
I. AUGÏER
« d’ébullition avec rie l’acide sulfurique dilué, la propriété de ré-
« (luire abondamment les réactifs de Trommeb et de Boettoer, en
" même temps que l’opalescence a disparu. Le Lemanea renferme
« donc une sorte de glycogène...
« Comme j’avais obtenu fort peu du corps analogue au glycogène
« et que les fragments de Lemanea qui avaient servi à cette analyse
« renfermaient encore beaucoup de substance brunissant par l’iode,
« je les ai épuisés de nouveau, cette fois avec une solution étendue et
« tiède de soude caustique. Le rendement a été bien plus considérable,
« seulement le corps glycogénique avait subi par ]fi de légères alté
« rations dans ses propriétés : il faut surtout noter que sa solution,
• même assez concentrée, était il peine opalescente, et qu’elle se co
« lorait en violet rougeâtre pâle par l’addition de très peu d’iode dans
« 1 lodure de potassium. D’ailleurs elle prenait, par un peu plus
« d’iode, la même nuance brune que le glycogène hépatique, n’opérant
« pas une trace de réduction sur le réactif de Tbombee, mais le ré¬
duisant abondamment après un quart d’heure d’ébullition avec
« 1 acide sulfurique faible » (loc. rit. p. 30-32).
Les algues ainsi traitées contenaient encore des sucres â petite
molécule: l’anteur n’y a pas songé, semble-t-il; toutefois, éliminés
avant 1 hydrolyse, au cours de la précipitation alcoolique, ils n’ont
pas été cause d’erreur. Sur Lemanea nodosa épuisé par l’alcool, nous
avons repris l’expérience de Errera et retrouvé ses résultats.
Leur signification par contre nous a paru incertaine.
L’auteur passe sous silence la viscosité des extraits un peu concen-
tres^ils précipitent abondamment, sinon par l’iodure de mercure et
^e P°t“sium, du moins par l’acétate basique de plomb : ils sont riches
en matières gommeuses. Si l’on pratique l’épuisement aqueux des al¬
gues avec précaution, les hachant sans les broyer, on peut obtenir
une liqueur semblable il celle que préparait Errera, à eeri près qu’elle
n est pas Colombie par l’iode. On extrait ,1e cette façon une matière
mucilagmeuse insoluble dans l’alcool fort, facilement transformable
par hydrolyse, en produits réducteurs. Ces caractères analytiques
letenus par Errera, n’appartiennent donc pas en propre au -dyco
gene : en sorte que, pour établir la présence de ce glucide, l’auteur'n’a
pas apporté d’autre preuve que la seule réaction ,1 l’iode. Celle-ci, ™
le sait, n est aucunement spécifique (p. 9).
Entreprise comme un contrôle chimique, l’analyse de Errera re¬
produit simplement la réaction histochimique et n’apporte pas plus
RHODOPI-TYCêHS D’H au douce
277
de certitude. 11 est donc nécessaire d’étudier de plus près les extraits
d’algues, en particulier leurs caractères optiques et leurs produits
d’hydrolyse.
Ces extraits ne sont pas observables au polarimètre, même après
filtration; ils le deviennent après quelques instants d’hydrolyse sous
l’action des acides; les déviations, observées dès que (pie possible, sont
souvent positives, quelquefois négatives. Il s agit évidemment d un
mélange de plusieurs principes. La meilleure méthode analytique
consiste à tenter, sur les thalles, des extractions fractionnées. On peut
espérer, par ce moyen, préparer les substances mucilagineuses d’une
part, le glycogène de l’autre, et, si vraiment ce glucide existe, le ca¬
ractériser à l’état pur.
Dans ce but, nous avons été amenés à pratiquer successivement :
1° Le traitement par l’eau froide, puis chaude, des algues en¬
tières ;
2° Le traitement par l’eau bouillante des algues hachées;
Le traitement par la potasse des algues hachées ;
4 ° Le traitement par la potasse des spores pulvérisées.
Il est bien entendu que ces algues avaient été, au préalable, pri
vées complètement des sucres solubles dans 1 alcool, fioridoside et
tréhalose.
II. — EXTRAITS AQUEUX DES ALGUES ENTIÈRES
Soit que l’on traite les algues pendant plusieurs jours par l'eau
froide, soit qu’on opère à chaud, au bain-marie bouillant une à deux
heures, ou il l’ébullition, sur feu nu, un quart, d’heure environ, les pro¬
priétés des extraits sont les mêmes. Ce sont des liqueurs assez forte¬
ment colorées par le pigment rouge plus ou moins altéré et devenu
jaune brun. Elles sont pauvres en substances dissoutes : les parois de
l’algue opposent aux colloïdes une barrière très difficilement franchis¬
sable. Même très concentré, l’extrait est peu visqueux, non colorable
l’iode. Sous l’action des acides forts, il devient un peu réducteur.
L’étude d'un tel milieu, à la fois très coloré et très dilué, n’est
pas susceptible d'une grande précision, comme le montrent les exem
pies ci-dessous :
1) Un lot de LemaneQ nodosa, récolté en août, pesant frais 325 gr.,
Source : MNHN, Paris
278
J. A UGIJSK
est traité au bain-marie bouillant par 1 litre 5 d’eau, pendant 1 h. 30.
On décante, on concentre h 135 cm 3 . La liqueur très colorée, présente
les propriétés suivantes :
а) Elle précipite par le plomb; après défécation légère, on peut
l’examiner au polarimètre : elle est négative.
б ) Portons-la au bain-marie bouillant, après addition de 2 %
d’acide sulfurique. En quelques minutes, il se produit un précipité
filtrable, et l’on peut suivre l’hydrolyse au polarimètre :
Temps d’hydrolyse
Déviation
5 m
— 14'
1 h 30 m
— 10'
3 h
+ i’
4 h
+ *
Ainsi les déviations observées sont très faibles. En vue d’obtenir
une plus grande quantité de la substance, on a ensuite traité les mê¬
mes algues par l’eau bouillante (sur feu nu), pendant 20 minutes. Le
jus fut concentré à 20 cm 3 et hydrolysé comme ci-dessus.
Déviation
— 0' (après dilution 10 /i)
0 ) non dilué, mais après
-b 18'( filtration sur noir.
Le résultat n’est guère plus précis, tant le pigment est abondant.
L hydroifsat réduit il la fin la liqueur de Fehlino comme une solution
de glucose à 0,01 %. Le pouvoir rotatoire spécifique serait donc voisin
de JO. Nous avons plusieurs fois trouvé des valeurs notablement
moindres.
2) Ile Saefaria fueim (récolté fin mai), on a obtenu un extrait
analogue, un peu visqueux quand il est très concentré, non colorable
par l’iode, riche en sels et en matières «notée». Voici les résultats d’une
hydrolyse (S0 4 H- 2 %. 100°).
Temps.
Déviation
Réducteur %
10
(en glucose)
m
— 25'
0,15
45
m
0
0,41
2
h
0
0,60
2
b 30 m
»
0,70
3
h 30 m
+ S'
0,65
Temps d'hydrolyse
5 m
3 h
4 h 30 m
Source : MNHN, Paris
RHODQPHYCÉËS D'EAU DOUCE
279
A la fin, le pouvoir rotatoire est de l'ordre de 10.
Ces résultats montrent avec quelle difficulté le glycogène — ou
le corps considéré comme tel — et les gommes diffusent hors des
thalles. Ils expliquent la possibilité d’extraire à bon compte les sucres
cristallisables au moyen de l’eau bouillante. Dans les recherches ulté¬
rieures, on pourra sans distinction prendre comme matériel les algues
dessucrées soit par l’eau, soit par l'alcool : elles différent peu quant
aux glucides qu’elles renferment encore.
III. — EXTRAITS AQUEUX DES ALGUES HACHEES
Malgré le peu d’intérêt des produits obtenus, on peut toujours
pratiquer utilement l’épuisement aqueux des algues entières : une
grande quantité de pigment est ainsi éliminée. La diffusion des sels
est malheureusement difficile dans ces mêmes conditions : avec les
gommes, beaucoup d’éléments minéraux sont retenus h l’intérieur des
thalles.
Les algues sont ensuite hachées en menus fragments et traitées
par l'eau distillée bouillante pendant 20 à MO minutes. De nombreu¬
ses spores sont dispersées dans le liquide; on laisse reposer plusieurs
heures, puis on décante et on exprime les algues dans un linge épais.
On a ainsi traité, par 10 litres d’eau, un lot de Lemanea Md osa (ré¬
colté en juillet) qui pesait à l’état frais 2 kilos 5.
L’extrait, jaunâtre, est opalescent même après filtration; con¬
centré è feu doux, il devient visqueux. Additionné alors d'eau iodée,
il ne prend aucune trace de la coloration brune qu'on observe avec
les solutions diluées de glycogène. On peut s’assurer d'ailleurs que
le contenu des cellules est resté, après le traitement, intensément co-
lorable par l'iode. Des matières gommeuses non colora blés ont été sé¬
parées : l’opération est donc facile, quand la fragmentation des algues
n’a pas été poussée trop loin.
A concentration moyenne, l’extrait fiocule par le carbonate de
sodium et par la baryte, surtout h chaud; après filtration, on lient
examiner la liqueur au polarimètre; elle est nettement dextrogyre.
La soude caustique ne produit pas de fioculat. Le sous-acétate de
plomb, le nitrate raercurique, l'acide phospliotungstique défèquent
abondamment; l’iodure complexe de potassium et de mercure agit
fort peu.
280
1. AUGIER
Très concentré, l’extrait précipite par l'alcW fort en grand ex¬
cès : les substances gommeuses qu'il contient sont, dans ces condi¬
tions, bien plus solubles que du glycogène. La précipitation alcoolique
opère entre ces substances un certain fractionnement, et nous a per¬
mis de les étudier avec précision. A cet effet la solution mucilagineuse,
réduite au volume de 200 cm 3 environ, est additionnée de 2 vol., d'al¬
cool à 95. Il se forme un précipité (PI) blanc grisâtre, fibreux, qu'on
sépare par filtration sur un linge fin. La liqueur alcoolique est en
suite concentrée il 15 cm 8 environ, et additionnée à nouveau d'alcool
fort. Il se produit un précipité (P2), qui est séparé comme le précédent.
<>n ne parvient pas ainsi il précipiter intégralement la substance
en solution : il reste dans le filtrat (L) un corps hydfrMysable dont
nous indiquerons d'abord les caractères. On étudiera ensuite les pré¬
cipités PI et P2.
i) La liqueur L.
L'alcool est évaporé, et l'on reprend par un peu il’ean. La solu¬
tion ainsi obtenue est jaunâtre, opalescente. Disposant d'une quantité
minime de produit, on s’est borné à en faire deux parts qui ont été
soumises aux essais suivants :
1° Une moitié est déféquée à fond par l’acide phosphotungstique.
Un obtient ainsi 1.8 cm' d’une liqueur dextogyre.
-f- 52'
l’hydrolyse par l’acide sulfurique à 2 % demande environ une heure
h autoclave ( 120 »), et fournit une liqueur réductrice :
Réducteur %
feu glucose) ta]
0,58 19-20
Déviation
-f 12'-14'
2» L’autre moitié est hydrolysée telle quelle dans les mêmes cou-
ditions. On obtient une liqueur réductrice :
Déviation -, Réducteur %
(en glucose) La]
-f 8 ' 0,99 13
Forcément imprécis, ces résultats suffisent cependant à montrer
1 existence d’un corps dextrogyre soluble dans l’alcool fort, précipi-
ont partiellement par l’acide phosphotungstique et différent, d’après
ses produits d’hydrolyse, des sucres précédemment reconnus,
RHODOPHYCÉRS D’EAU DOUCE
281
2) Le précipité P 2
A en juger d’après les résultats des hydrolyses, ce précipité est
moins complexe que PI, c'est pourquoi nous l’examinerons en premier
lieu. Séché et broyé, il se présente comme une poudre jaunâtre
(1 gramme environ), très liygroscopique, sans réaction spéciale au
au contact de l’iode, un peu soluble dans l'alcool à 80 bouillant, solu¬
ble presque entièrement dans l'eau eu une liqueur opalescente, vis¬
queuse.
Additionnée d’acide sulfurique (2 %), cette liqueur s’éclaircit au
bain-marie bouillant après 10 minutes, ce qui rend possible une lec¬
ture au polarimètre. Voici la marche d'un hydrolyse dans ces condi¬
tions.
Temps
Déviations
Rédeucteur %
(en glucose)
10 ni.
+ 1“ 28'
—
20 m.
1° 28'
—
30 m.
1° 26'
—
1 h.
1° 12'
0,50
2 h.
1° 4'
—
3 h.
56'
—
4 h. 30 m.
44'
0,90
5 h. 30 m.
40'
—
0 h.
40'
0,90
Après cinq heures environ, l'hydrolyse ne progresse plus, même
à l'autoclave. Quelle est la nature des substances libérées ? Faute
d’une quantité suffisante de matière, nous n'avons pu résoudre cette
question.
3) Le précipité Pi
A l’état sec, ce précipité pesait près de 9 grammes. C’est une sub-
tance grisâtre en poudre, non colorable par l’iode, riche en azote
2,6% et en cendres 10% (Cl, S, P, K, Mg, Ca, Fe). Dans l’eau, elle se
redissout lentement et partiellement. L’examen optique direct est
impossible.
L’acide sulfurique à 2 % en volume, à 100°, l’hydrolyse assez fa¬
cilement, avec production de corps réducteurs. Voici la marche d’une
Source : MNHN. Paris
282
/. AUG1ËR
expérience, effectuée sur une solution il 3 % de matière gommeuse.
Après cinq minutes, on a séparé par filtration des grumeaux de ma
tière noirâtre, insoluble.
Temps
Déviations
Réducteur 0/0
(en glucose)
0
illisible
0
5 ni.
+ 12'
_
15 m.
+ i'
—
25 m.
0
1,00
15 m.
+ «'
_
.1 li.
+ 12'
—
1 h. 30
m.
+ 16'
1,35
2 h.
+ 21'
1,40
2 Ii. 30
m.
+ 24'
1,45
3 Ji. 15
m.
+ 26-28'
1,50
4 II.
—
1,50
Ainsi l’attaque parait terminée après trois ou quatre heures : le
poids du réducteur libéré, évalué eu glucose, représente alors la moi¬
tié du poids de matière mis en œuvre. Au cours de la première demi-
heure apparaissent les deux tiers de ce réducteur, tandis que la dé¬
viation polarimétrique, d'abord nettement positive, diminue; elle at¬
teint un minimum, puis croît, cependant que la quantité de réducteur
continue d’augmenter, mais lentement. La liqueur est jaune; les dé¬
lations sont faibles, et donc les modifications optiques sont difficiles
a suivre avec précision: l’existence d'un minimum paraît cependant
indubitable. Peut-être a-t-on affaire à un mélange de deux substances,
1 une plus dextrogyre que ses produits d'hydrolyse, facilement atta¬
quable : l'autre lévogyre, plus résistante, d’où naissent des corps dex¬
trogyres.
On a tenté de fractionner le produit brut au moyen de l’alcool
suivant deux procédés :
1» Ou traite 2 gr. 5 de poudre par de l'alcool bouillant de titre
i e plus en plus bas. Il faut descendre jusqu'à 40» pour dissoudre une
quantité notable de substance. La liqueur obtenue, opalescente vis¬
queuse, est décantée; on évapore et on reprend par un peu d’eau On
obtient ainsi une solution très visqueuse, à peine jaunâtre, opales¬
cente, neutre. Elle se trouble légèrement par l'acide sulfurique; avec
la soude, ou n’obtient pas de précipité, mais seulement, à chaud une
liHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
283
coloration jaune clair; la liqueur de Fehling, il chaud,
provoque un
floculat, mais non
pas le sulfate de cuivre
seul, même
concentré; la
baryte produit un
précipité blanc, d’aspect cireux, soluble dans l’eau
chaude.
Voici la marche de l’hyd
rolyse (SO‘H a
2 %, 100°)
Temps
Déviations
Rédeucteur %
[al
(en glucose)
5 m.
+ i'
*55'
25 m.
+
14'
1 h.
—
9'
2 h.
_i_
20'
3 h.
+
30'
4 h.
+
44'
3,10
5 h.
+
52'
3,15
13-14
Ou retrouve ici, avec une plus grande netteté, les caractères du
produit total étudié précédemment.
Le traitement à l’alcool 40° a laissé un résidu grisâtre qui, dessé¬
ché, pèse 0 gr. 1)0. On le dissout dans l'eau en proportion de 3 %, et
on le soumet à l’hydrolyse dans les conditions habituelles.
Temps
Déviatio
5 m.
+ 12'
15 m.
+ «
25 m.
+ ï
1 h. 30 m.
+ 9'
2 h.
+ 12'
etc...
Ces résultats sont analogues à ceux que l’on obtient en hydroly-
sant le produit total.
Le procédé que nous avons employé n'aboutit donc pas à un frac¬
tionnement. Mais il est à retenir si l'on se propose de purifier rapide¬
ment les matières gommeuses : l’alcool entraîne peu les composés
azotés.
Examinons plus en détail les caractères du produit ainsi purifié.
D’après le poids de réducteur en fin d’hydrolyse, et la déviation
polarimétrique observée au début, le pouvoir rotatoire initial dé¬
passe -{- 30°. On a remarqué que la liqueur au minimum de déviation,
après une heure environ, devient lévogyre. Quelle est la nature des
produits d’hydrolyse ? A ce sujet, nous ne pouvons encore affirmer
284
/. AUGIER
que peu de chose. 11 s’agit certainement d’un mélange de corps réduc¬
teurs dont les uns sont dextrogyres, les autres lévogyres. On a pu les
séparer, au moins partiellement, de la manière suivante :
L'hydrolysat est déféqué par l’acide phosphotungstique, puis
évaporé à sec. On reprend par l'alcool à 80 bouillant, pendant une
dizaine de minutes; on laisse reposer deux jours, puis l'alcool est
décanté et distillé. On reprend par un même volume d’eau la fraction
soluble dans l’alcool et la partie non dissoute.
a) La première présente les caractères suivants :
* = +1° Ii % (en glucose) 1,30 [aj d — -(-38.
La. liqueur se colore en rouge orangé en présence dorcine, en mi¬
lieu chlorhydrique; elle est neutre et ne précipite pas par 80 4 H 2 . Nous
n’avons pu obtenir d'osazone, et nous disposions d’une quantité trop
faible du produit pour songer à le fractionner.
b) La seconde fraction (la moins soluble dans l’alcool) offre les
propriétés suivantes :
a = —28' K % (en glucose) 0,55 [aj d = —42.
Avec l’orcine, la réaction est bien moins intense, compte tenu de
la dilution.
Par addition d’acide sulfurique à la liqueur neutre, il se forme
un abondant précipité de sulfate de baryum. Lors de l’élimination de
l’acide phosphotungstique par la baryte et le carbonate de baryum (1),
une certaine quantité de ce métal était donc demeurée à l'état de sel
soluble. Il persiste en proportion très appréciable après l'élimination
des chlorures par un peu de zéolithe argentique; le milieu ne renfer¬
mant d'ailleurs pas de nitrates, on doit conclure à la présence de sels
organiques de baryum. 11 est possible qu'il s’agisse d’uronates car la
réaction à la naphtorésorcine est nettement positive.
Ajoutons que l’élimination du baryum ne modifie pas le pouvoir
rotatoire.
“ secon( l procédé de séparation des matières gommeuses
consiste a dissoudre dans l’eau le produit brut et à pratiquer la préci¬
pitation fractionnée par l’alcool ù 95. Opérant sur 5 gr. environ, on a
obtenu un précipité pl pesant 4 gr. 4 et un précipité p2 pesant 0 gr. 55.
(1) Voir plus haut l’exposé de c-ette technique, p. 21.
kHODOPHYCÉBS D’EAU DOUCE
2*0
Cette méthode est efficace et continue le fractionnement opéré une
première fois déjà (cf. p. 48) : p2 ressemble à P2 et pl à PI.
Voici par exemple les caractères de l’hydrolyse de la sub-
stance p2 (solution à 2,5 %) :
Réducteur %
Temps
Déviation
en glucose
5 m.
+ 1°20'
traces
15 m.
1°12'
30 m.
1°12'
1 b. 30 m.
1° 8'
3 h.
1° 2'
1,00
4 h. 30 m.
44'
1,05
5 b.
32'
1,15
Quant à la substance pl, elle présente des caractères analogues
à ceux de Pl ; on observe au cours de l’hydrolyse un minimum négatif
de la déviation polarimétrique.
Conclusions. — L’étude que nous avons ébauchée nous montre
que les substances extraites de Lemanea par la technique décrite,
n’ont aucun rapport avec le glycogène. 11 s’agit d’un mélange de ma¬
tières gommeuses. On peut en distinguer deux au moins :
1° L’une (P2) dextrogyre, ([a]ü>80). Au cours de l’hydrolyse,
pénible, le pouvoir rotatoire diminue régulièrement, pour se fixer
vers 30.
2° L’autre (Pl) dextrogyre, (O]d>30). Au cours de l’hydrolyse,
le pouvoir rotatoire passe par un minimum. Sa valeur finale est voi¬
sine de + 10.
Peut-être a-t-on affaire ici au mélange de deux corps :
L'un dextrogyre, dont l’hydrolyse facile s’accompagne d’une di¬
minution du pouvoir rotatoire,
L’autre lévogyre, donnant des produits d’hydrolyse dextrogyres,
et rappelant, par conséquent, la gomme qui diffuse lors du traitement
de salgues entières par l’eau chaude (Cf. page 46.)
S’il existe des sucres parmi les produits de dégradation de toutes
ces substances, nous ne pouvons encore déterminer lesquels, vu la
difficulté d'obtenir leurs composés avec la phénylhydrazine. La faute
286
J. AÜGIËR
en est aux acides organiques réducteurs présents dans l’hydrolysat, et
dont les sels de baryum sont entraînés même dans l'alcool absolu
froid. Nous avons émis plus haut l’hypothèse qu’il s’agit d’acides uro¬
niques. Cette opinion semble confirmée par le dégagement de gaz car¬
bonique qui accompagne l’hydrolyse de la gomme sous l’action de
HCl à 18 % : le poids de CO 2 dégagé représente 5 % du poids de
gomme. (Au sujet de cette réaction, voir la thèse de Eicabd [ 46 ]
p. 168).
Si l'on attaque la matière gommeuse par l’acide iodhydrique, se¬
lon la méthode de MeyeB, il se produit de l’iodure de méthyle celle-
ci contiendrait donc un groupement méthyle ou méxothyle.
Les procédés biochimiques d’analyse ne permettent pas d’apporter
d'autres précisions. Le mélange de gommes a été mis en présence des
divers milieux fermentaires ci-dessous indiqués, sans qu’aucun ait
manifesté de pouvoir hydrolysant : orge germce, poudre de pancréas
(Pancréatine Clioay), suc gastrique d'escargot, poudre d’Aspergillus
niger, luzerne germée, enveloppes de Phallus (1).
A partir des Sacheria fucina, traitées dans les mêmes conditions
que les Lnnanea, on a retiré de même des mélanges assez variables de
gommes, non colorables par l’iode.
Voici les résultats obtenus en hydrolysant, tel quel, un extrait de
Sacheria (S0 4 H 2 2 %).
Temps ^
10 ni.
30 m.
1 h.
1 li. 30 m.
2 h.
2 h. 30 m.
3 h. 30 m.
autoclace 120°
15 m.
30 m.
Déviation
tube à 1 déni.)
+ 18’
+ 18'
+ 32'
+ 28'
+ 20 '
+ 20 '
+ 20'
+ 4' (?)
Réducteur %
en glucose
0
0,50
0,57
0,60
0,67
0,85
0,88 7,5
voir H A CoS'et d M 1 Om™ 1 “ me ” taire *» de ce champignon,
ULIN er Juillet, Comptes rendus, 195, 1932, p. 1313-1315.
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
287
Au cours de l’hydrolyse, le pouvoir rotatoire passe par un maxi¬
mum.
Il peut arriver que, sans avoir poussé très loin la fragmentation
des algues, on obtienne néanmoins des extraits mucilagineux colora-
bles en brun rouge par l’iode : ils sont analogues à ceux que préparait
ËRBERA à partir des algues broyées. Ce fut le cas pour un lot de Le-
manea nodosa, pesant frais 1.450 gr., récolté en août et particulière¬
ment riche en spores : il fournit 8 grammes de gomme brute sèche, se
colorant légèrement par l'iode.
Ce produit diffère peu des précédents par les caractères de l’hy¬
drolyse sous l’action des acides. L’extrait mucilagineux concentré, ad¬
ditionné d’alcool, fournit un précipité PI. Kemise en solution aqueuse
à 3 % et hydrolysée, la substance donne lieu aux observations sui¬
vantes :
Temps
Déviation
en glucose
Kéducteur %
m.
+ 23'
m.
+ 14'
m.
+ 13'
m.
+ 10'
h.
+ 10'
1,35
h.
+ 18'
1,50
h.
+ 30'
1,60
h.
+ 30'
—
h. 30 m.
+ 28'
1,60
Ces résultats ne sont de nature à fournir aucune indication sur
la présence éventuelle, dans la gomme, d’une petite quantité de gly¬
cogène.
L’action des amylases est plus intéressante à considérer. Mélan¬
geons line très petite quantité d’une amylase — du malt, du pancréas,
ou rapidase — à, quelques cc. de la solution mucilagineuse concentrée.
Aussitôt celle-ci perd la propriété de se colorer en brun au contact de
l’iode. Le changement est manifeste, mais quelle en est la significa¬
tion ? On peut y voir l’indice de l’action spécifique de l’amylase sur
une substance glycogénique. Cependant cette interprétation ne s’im¬
pose pas.
/. AUGIER
288
Considérons en effet une solution de gélose (1) fraîchement pré¬
parée et de concentration suffisante. Par addition d'eau iodée, elle
prend une teinte rouge brun. Cette propriété disparaît si Ton ajoute
à la solution une très petite quantité d’amylase. La gélose n’est cepen¬
dant pas une matière amylacée, et n’a d'ailleurs pas subi de modifica¬
tion chimique, au moins pendant la durée très courte de l'expérience.
Dans ce cas, la diastase est intervenue seulement par sa nature de
matière albuminoïde : par suite de son affinité pour l’iode, elle mas¬
que la réaction de la gélose. Des albumines variées sont aptes, à des
degrés divers, à produire le même effet. On peut facilement prouver
qu’il en est bien ainsi. Evaporons presque à siccité quelques gouttes de
la solution de gélose additionnée d’amylase. Après refroidissement,
ajoutons une goutte d’eau iodée : la coloration rouge apparaît, aussi
intense qu’en l’absence de diastase. Desséchée ou coagulée, celle-ci
ne masque plus la gélose, qui donne dès lors avec l’iode la réaction
habituelle.
Si l'on soumet aux mêmes essais une solution de glycogène, on
constate que le milieu, qui se colorait en brun, perd cette propriété,
mais cette fois d’une façon définitive : l’amylase a dégradé chimique¬
ment le glucide.
Les changements dans la réaction à l'iode, notés de leur caractère
définitif ou seulement transitoire, peuvent ainsi fournir des indica¬
tions analytiques, faciles et rapides. L’extrait de Lcmanea que nous
étudions se comporte, à ce point de vue, comme une solution diluée de
glycogène. Ce glucide y est donc probablement présent.
II s’y trouve toutefois en si faible quantité, qu’on ne réussit guère
ù mettre en évidence le sucre réducteur issu de son hydrolyse diasta¬
sique. Et d'ailleurs, étudiant l’action de Pamylase sur ce milieu com¬
plexe et riche en gommes, on ne peut interpréter correctement l’appa¬
rition de réducteur sans avoir déterminé la nature de ce dernier. Cer¬
taines gommes en effet, comme la gélose de Rhodymenia, sont dégra¬
dées lentement, avec production de réducteur, par l’amylase du malt
et la rapidase (Guéguen [ 47 ], p. 58). Pour savoir à quel corps ont
touché les amylases, il est indispensable d'identifier les produits d’hy¬
drolyse.
1) On trouvera, dans une note de Sauvageaü [481 l’indication de quel¬
ques sources de gélose Colombie par l’iode. Nous avons employé une gélose
du commerce, que nous avons vérifiée exempte de glycogène
RHODOPHYCÉES D'EAU DOUCE
289
Cela suppose ces produits préparés eu quantité suffisante. Nous
sommes donc amenés à rechercher un procédé meilleur pour extraire
des algues la substance colorable par l’iode.
11 convient de débarrasser d’abord, le plus possible, les algues des
mucilages : le traitement par l’eau doit être, à cette fin, renouvelé cinq
ou six fois au moins. Pour éviter d’entraîner en même temps la sub¬
stance colorable, on fut amené à. traiter d’une part les fragments de
la plante mère, et de l'autre les spores, mises en liberté dans l'eau, et
facilement séparables par décantation. Les spores en effet, offrent au
solvant une surface de contact énorme, et sont aussi plus riches en
matière colorable : celle-ci diffuse plus facilement. Par contre, on a
pu, en bien des cas, soumettre les fragments de thalle à de nombreux
épuisements — même à 120” pendant une heure — sans en tirer au-
tre chose que des mucilages non colorables.
Occupons-nous d’abord de ces fragments, très appauvris mainte¬
nant en matière gommeuse.
jV. _ EXTRAITS ALCALINS DES ALGUES HACHÉES
Le contenu de la plupart des cellules se colorant en brun foncé
par l’iode, on s’est proposé de retirer le glycogène, au moyen de la
potasse diluée, comme l'indique Eürera. 850 grammes de Lemanea
humides (poids après épuisement à l’eau), furent triturés au mortier
et traités par 3 litres de lessive de potasse à 1 %, au bain-marie bouil¬
lant pendant 30 minutes. La liqueur brun foncé est ensuite décantée,
concentrée à 150 cm 3 ; on ajoute alors un volume d’alcool à 90. Il pré¬
cipité une matière jaunâtre, fibreuse, élastique, facile il rassembler.
On filtre; la solution entraine les matières colorantes ainsi que des
substances azotées (celles-ci floculent en abondance par acidification).
Le précipité est débarrassé par lavage à l’alcool de l’excès d’al¬
cali; séché, il pèse 4 gr. 5. Toutes choses égales, mais en employant
l’eau pure au lieu de la potasse, le même poids d’algues livre seule¬
ment 0 gr. 83 d’extrait sec. L’eau pure dissolvait surtout la gelée issue
des spores et qui remplissait la lumière des filaments de l’algue. Après
action de l’alcali, on peut constater, au microscope, que les membra¬
nes de la plante mère elle-même sont partiellement dissoutes ; les thal¬
les sont devenus d’ailleurs très visqueux. Nul doute que la substance
So urce : MNHN, Paris
/. AU G IER
290
extraite dans ces conditions représente, pour la plus grande part, des
constituants gélifiés de la membrane.
Cette substance se dissout dans l’eau en une liqueur jaune rou¬
geâtre, fluide à chaud, se prenant en gelée par refroidissement. Elle
flocule par la baryte, l’extrait de Saturne, l’aeide phosphotungstique ;
le reactif iodo-merairique et la liqueur de Psnusc sont sans effet.
Sous l’action de l’eau iodée, la solution prend très nettement une
temte cuivrée ou violacée. L’action, quasi instantanée, d’une trace
de poudre de pancréas, suffit à anéantir cette réaction, et d’une façon
définitive. La présence du glycogène est donc probable; mais il est
certain que la proportion de ce glucide est infime, dans une masse de
gomme. L'action de la diastase, en effet, ne livre pas de réducteur en
quantité appréciable, et les autres propriétés du mélange sont bien
éloignées de celles du glycogène.
Le signe optique se manifeste encore dans des solutions assez,
( iluées pour être lisibles au polarimètre : elles sont nettement lévo■
gyres.
1 oiei la marche d’une hydrolyse par les acides (S0 4 H 2 2 % â
lOO") On a filtré dès que possible, pour séparer les grumeaux insolu¬
bles et permettre l’examen optique.
Temps
Déviation
Réducteur %
en glucose
taJ
8 m.
— 1°40'
30 m.
— 1°
1 h. 30 m.
+ 8’
2 h.
+ 16’
1,50
2 h. 30 m.
+ 20'
1,60
3 h.
+ 20'
1,60
10
La courbe des variations du pouvoir rotatoire montre qu’il doit
initialement dépasser un peu — CO, en valeur absolue
Contrairement au cas des gommes étudiées jusqu’ici, il est facile
te fois de caractériser certains des produits d’hydrolyse, au moyen
la phénylhydrazine. Nous avons identifié par leur osazone le qa
lacfose et 1 amMnose. La proportion de ces sucres semble dépendre des
conditions de traitement des algues.
On n’a pu fixer encore la nature des corps, sans doute lévogyres
^abaissent à + 10 le pouvoir rotatoire global des produits d’hydro-
RHCÙ0PHYCÉE5 D'EAU DOUCE
20 i
A côté de la galacto-arabane, le glycogène, avons-nous dit, ne sem¬
ble exister qu’en proportion infime; on n’en peut douter, puisque l’hy-
drolysat est trop pauvre en glucose pour fournir l’osazone de ce sucre.
Après le premier traitement par la potasse, on en a pratiqué
successivement trois autres sur les mêmes algues, la concentration de
l’alcali étant de 5 % et enfin de 20 %. Les produits obtenus furent
analogues au premier, Colombie* par l’iode, très lévogyres ; après hy¬
drolyse, les pouvoirs rotatoires Md étaient respectivement 20, -S, lb.
Les tissus des algues sont alors profondément dissociés, mais la
presque totalité du « glycogène » demeure incluse dans les cellules.
Il est donc nécessaire de dilacérer celles-ci pour en extraire le con¬
tenu si peu diffusible. Les spores séparées se présentent, pour cette
opération, comme le matériel de choix : le squelette tissulaire y est
moindre et le glycogène plus abondant que dans les fragments de
thalle que nous avons étudiés jusqu’ici.
V. — LE GLYCOGENE
Au cours de l’épuisement aqueux de plusieurs kilos de Lemanea,
on a pu recueillir 60 grammes (poids sec) de spores presque pures,
échappées des fragments de l’algue. Nous les avions écartées, en vue
de l’extraction sélective des mucilages : les spores en effet, par ébul¬
lition prolongée dans l’eau pure, fournissent un extrait nettement Co¬
lombie par l’iode. Cette liqueur cependant est pauvre en substance sè¬
che ; le glycogène ne peut être extrait en quantité suffisante pour
l’analyse si l’on ne brise d’abord les épaisses membranes qui s’oppo-
sent à sa diffusion.
Les spores délayées dans un peu d’eau forment une bouillie jau¬
nâtre ; on y incorpore du sable siliceux ; la pâte obtenue est étalée en
couche mince et mise à sécher vers 50°. Devenue pulvérulente, la sub¬
stance est longuement broyée au mortier de porcelaine : il est préféra¬
ble d’opérer à chaud, les spores étant alors plus cassantes. On suit au
microscope les progrès du traitement, qui reste assez imparfait. On
parvient cependant â briser un certain nombre de spores : leur contenu
^ranuleux se dissocie, mais se dissout très mal dans 1 eau froide.
La poudre obtenue, très fine et d’un blanc grisâtre, est agitée
d’abord au contact d’un litre d’alcool h 70° bouillant, qui entraîne, à
292
1. A U G/H R
peu près uniquement, une quantité appréciable de matière grasse, La
majeure partie du sable peut être éliminée au cours de ce traitement.
On délaye ensuite la poudre de spores dans un litre d’une solution de
potasse il 5 % ; on fait bouillir pendant trois quarts d'heure en re-
nmant constamment; de temps en temps on compense l’évaporation
en ajoutant de l’eau chaude. Le milieu devient brun-noir et très vis-
queux.
Après refroidissement, le liquide est séparé par centrifugation •
m agite la pâte restante dans un litre d'eau bouillante, pendant trente
minutes; ce second extrait est concentré à consistance visqueuse et
joint au premier, et l’ensemble est additionné d'un volume d’alcool
â 8o : il se produit un précipité abondant, d’aspect spongieux.
Le précipité est retenu sur un linge, essoré, lavé A fond il l’alcool
faible tiède séché vers 50». Il est grumeleux, grisâtre; il pèse
gi animes. Dans 1 eau, il se dissout presque entièrement; ia solution
est visqueuse, trouble, précipite abondamment par les déféquants or
dinaires ; elle se colore sous l’action de l’iode en brun violacé très
intense; elle n'est pas réductrice. En diluant, et après filtration, ou
Lr. !,“i: P ° Iarimètre - 0n 3 p " ,ire ’ 80ns 1
* = +56'
Pour cette liqueur, la concentration, évaluée d'après le poids de
dfo^'p 100 r D’ XP i mé e " 8lUC0Se ’ aPI ' êS était
de 0.883 p 100 Don le pouvoir rotatoire («Jd = + 105. Il est donc
très inférieur à celui du glycogène (environ 200)
servé?Vna a rtir re d’ de ^ *■ -ides ont été ob-
Ogr 285 5 b e “ ° a conc ™«<’. illisible au début
rique â n % ë? m a ” Ce T" <ta °” 8 20 cm ‘ ™,fu-
I et m,S au bamma ™ à 100». On filtra dès que possible
Temps
Déviation
6 in.
+ 2°20'
1 h.
1°50'
1 h. 30 m.
1°30'
2 h.
1°16'
2 h. 30 m.
1° 5'
3 h.
1° 3'
3 h. 30 m.
1° 3'
Réducteur %
en glucose Ttf]
1,26 41-42
1,24
Source : MNHN, Paris
RHODOPHYCÈES D’EAU DOUCE
293
Si l’on exprime en glucose le réducteur libéré, le rendement pon¬
déral est de 88 %.
La durée de l’hydrolyse est sensiblement la même que celle d’une
solution de glycogène il concentration voisine; la réaction à l’iode
persiste comme dans ce cas 20 minutes environ.
L’ensemble de ces résultats paraît se rapporter à un mélange de
glycogène et de gomme lévogyre. Nous avons essaye un fractionne¬
ment, au moyen de l’alcool, par précipitation ou extraction ménagées,
et par défécation partielle à l’acétate de plomb : ces procédés sont inef¬
ficaces. Par crainte de souiller de sels le peu de matière dont nous dis¬
posions, nous n’avons pas cru devoir employer le procédé d’adsorption
partielle préconisé par Clat triait 149 !, et repris par Harden et
Ÿting ( 1 ).
Il fallait donc renoncer à préparer le glycogène lui-même à l’état
de pureté. L’on s’est, borné à caractériser ses produits d’hydrolyse sous
l’action de l’amylase. La poudre fermentaire employée est la Pancréa¬
tine Choay : son pouvoir amylolytique est considérable; elle 11e s’at¬
taque pas aux gommes de Lemanea, non plus qu’à la gélose commer¬
ciale colorable par l'iode; enfin et surtout elle n’est pas réductrice.
L’extrait de spores, dissous dans 500 cm 3 d'eau (pH = 7) est addi¬
tionné d’un peu de Pancréatine (0 gr. 3). En quelques minutes, à la
température ordinaire, la réaction colorée s’atténue et disparaît.
Bientôt la liqueur montre un pouvoir réducteur très net, qui n’aug¬
mente pour ainsi dire plus après un séjour d’une quinzaine d'heures
à 50°. L’opalescence persiste, du fait des impuretés.
On concentre alors sous pression réduite jusqu a consistance
épaisse, et on précipite par 2 vol. d’alcool a 90. Le floculat volumineux
est exprimé dans un linge et épuisé par l'alcool à 80 bouillant. On réu¬
nit les liqueurs réductrices ; on évapore l’alcool, reprend par l’eau,
défèque au moyen de l’acide phosphotungstique. La liqueur obtenue,
légèrement jaunâtre, possède les caractères suivants :
Déviation
fsous 1 décimètre)
4- 8° 6'
Réducteur %
en glucose
5,33
r&i
loi
Son volume est de 00 cm 3 . Elle contient une petite quantité de
(1) Harden (A.) et Yttng (W.-.T.) — Glyeogen from Yeast. Jnvrii. Of. Chem,
£oc; 81, 1902, p. 1224.
294
/. AUGIER
chlorures, qu'on élimine grâce à la zéolithe argentique, avant de
poursuivre l’analyse.
La plus grande partie de la liqueur est ensuite traitée au bain-
marie bouillant par l’acide sulfurique à 2 %. La déviation diminue et
le pouvoir réducteur augmente, comme l’indique le tableau ci-dessous:
Temps
Déviation
Réducteur %
en glucose
u:
0
+ 5°30’
3,64
2
h. 30 m.
2°24'
»
o
h. 45 ni.
2 °22'
4,30
3
h.
2 °20'
4,34
53
Avec le reste de la liqueur on a pu constater qu’une hydrolyse
analogue est obtenue, en trois jours, à 3T”, sous l'action de la poudre
de Mucor, riche en maltase; elle s’accomplit également, mais avec
grande lenteur, en présence d’une forte quantité de poudre de pan-
créas.
L'hydrolysat sulfurique fut neutralisé par la baryte et concentré
sous vide. On obtint un sirop sucré qui, dès le lendemain, commençait
à cristalliser.
La solution fraîche de ces cristaux présente la mutarotation ; le
pouvoir rotatoire diminue pour se fixer h + 53; on obtient avec la plus
grande facilité une osazone insoluble dans l’eau chaude et dans l’al¬
cool méthylique. fondant, au bloc Maquenne, à la même température
que la glucosazone. Le sucre obtenu cristallisé est donc, évidemment
(In glucose.
Ainsi, il existe bien, dans les Lemanea, une substance glycogé¬
nique, au sens étymologique du mot; là d’ailleurs se borne ce que nous
en pouvons dire : pour en préciser les propriétés, il faudra l'obtenir à
état pur, ce qui présente de grandes difficultés. La coloration brune
qui prend naissance sous l’action de l'iode, justifie cependant l’appel¬
lation de glycogène départie à ce polyoside.
«appelons que le pouvoir rotatoire du mélange de glycogène et
de matières gommeuses était de + 105. Celui du glycogène sera connu
tées eI f nce S1 on étermine l’activité optique des gommes respec¬
tées par 1 amylase. Précipitées par l'alcool, elles se redissolvent dans
u 6,1 "ne liq ne „r opalescente, lévogyre, dont l’étude est malheu-
usement pénible, Le pouvoir rotatoire est voisin de — 55-56 et
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
2»5
passe à + 8 ou + 9 après hydrolyse au moyen des acides. Ces don¬
nées admises, on obtiendrait pour le glycogène [<*]d = +162. L’im¬
précision des lectures polarimétriques relatives aux gommes entache
probablement ce résultat d’une erreur importante et lui laisse la seu¬
le valeur d’une indication assez vague ( 1 ).
CONCLUSIONS
Au cours de ce chapitre, nous avons reconnu, dans les Lcmanea,
la présence de plusieurs gommes et de glycogène. La composition des
Sacheria est très analogue : le glycogène y est certain, et les gom¬
mes paraissent voisines dans les deux espèces.
La nature de ces gommes nous est encore très incomplètement
connue. 11 s’agit d’un mélange complexe comportant des éléments
dextrogyres, et des substances déféquant difficilement par 1 acide
pliospliotungstique. Sous ce rapport, le Lémanéacées diffèrent beau¬
coup des Rhodymenia, où la matière gommeuse consiste avant tout en
gélose, fortement lévogyre, très soluble dans l’eau pure.
Le glycogène n’a pas été préparé à l’état de pureté, mais carac¬
térisé en toute certitude par la saccharification sous 1 influence de
l’amylase, qui donne naissance au glucose. La conclusion de Errera,
légitimement mise en doute, peut être maintenant reprise, appuyée
sur des preuves certaines. La nécessité de ces preuves est manifeste;
elle apparaîtra plus grande encore dans la suite, lorsque nous aurons
étudié les Bangia.
L’examen au microscope montre l’abondance du glycogène dans
les thalles de Lcmanea i\ maturité. Un dosage, même approximatif,
est impossible, vu les difficultés de l’extraction.
Considérons : un Lcmanea; — une Floridée riche en amidon (Po-
lyides rotundus) ; — une Floriflée dépourvue d’amidon ( Rhodymenia
palmata) . Il est intéressant de comparer les premiers moments de
l’hydrolyse sulfurique portant sur des thalles entiers de ces trois
plantes, dessucrés par l’alcool. On se reportera, à ce sujet, au travail
de Guéguen [ 50 , p. 57], à qui nous empruntons les chiffres relatifs
aux deux dernières espèces. Les déviations observées sont les suivan¬
tes :
(1) En admettant l’exactitude des chiffres trouvés, le mélange extrait des
spores contenait environ 73 % de glycogène et 23 0/0 de matières gommeuse»,
296
J. AUGIER
Temps
Lemnnea
Polyides
Rhodymenia
d’hydrolyse
nodosa (1)
rotundus (2)
palmata (2)
5 m. env.
— 28’
+ 1" 5’
— 0’
25 m. —
+ 48’
+ 10’
— 1°10’
1 h.
+ 42’
1 li. 30 m.
+ 40’
Au début de l’hydrolyse, la liqueur de Lenumea, visqueuse, se
111 -end eu gelée par refroidissement ef se colore eu violet par l’iode ; ces
deux caractères disparaissent après 15 minutes. Les matières gom¬
meuses lévogyres se dissolvent en quantité suffisante et assez rapide¬
ment pour imposer leur signe optique au milieu.
Les dextrines, colorables eu ronge par l’iode, dominent au con¬
traire dans le Polyides. L’hydrolysat de Rhodymenm ne se colore
pas; la gélose, qui se dissout progressivement, le rend de plus en
plus lévogyre.
C’ette comparaison globale est très suggestive ; mais, comme les
principes non amylacés doivent différer beaucoup d’un cas h l’an¬
tre, on n en peut tirer d'indication quantitative.
Lue comparaison du même ordre met en évidence l'enrichisse¬
ment saisonnier en glycogène, dans les Sacherm. On hydrolyse (après
épuisement par l’alcool, bien entenduI des algues récoltées au dé-
ut d’avril, non sporulêes, et dont les tissus ne brunissent pas par
i°. e ’ (1 ai,tre part des algues de même espèce, récoltées fin
mai, pu pleine sporulation.
Sacheria fucina
8 gr de thalles secs pour 100 cm., SO<H 1 2 2 %, 100»
Temps
5 m.
30 m.
1 h,
1 h. 30 m.
2 Ji.
18 avril
21
mai
Déviation
Réducteur %
Déviation
Réducteur %
— 1° 50'
»
— 56’
»
— 1° 42’
0,70
0
1,15
— 1° 48’
1,60
+ 40’
2,20
»
»
+ 40’
2,60
— J° 36’
2,00
+ 56’
2,80
(1) Récojté en août, 10
(2) 5 gr. de thalles
£r. de thalles secs pour 100 cm 3 SCH H 2
secs pour 60 cm3 S04 hs 5 %, iqO",
100°.
È7d O D OP H Y C ÉE S 1 D’EAU DOUCE
297
L’hydrolysat des algues de mai est encore lévogyre ail début,
mais moitié moins que celui d’avril, les dextrines, après une demi-
heure, compensant la déviation à gauche due aux matières gommeu¬
ses.
La présence du glycogène dans les Lemunea est en bon accord
avec certaines particularités que nous avons relevées dans les précé¬
dents chapitres. Ainsi l’on s'explique la pauvreté relative de ces al¬
gues en sucres solubles, bien plus abondants dans les Rhodytnenia.
Hiez ces dernières, le tioridoside constitue seul les réserves glucidi¬
ques; dans les Lemunea, les sucres à petite molécule 11 e forment qu'une
partie de ces réserves : le reste est représenté par du glycogène.
Un tel balancement entre deux catégories de glucides est mani¬
feste chez les Floridées marines qui contiennent de l’amidon. H. Co-
i.in et E. Gukgukn . 51 ] viennent de le montrer à propos de Furceî-
lariu fastigiata : pour cette algue, la teneur eu tioridoside est du
même ordre que pour Lemunea.
Notons enfin que les Lemunea offrent un exemple nouveau de l’as¬
sociation du glycogène avec le tréhalose, d'ailleurs banale chez les
Champignons. Retenons simplement le fait, puisque l’heure 11 est pas
encore venue d’en pouvoir juger le sens physiologique.
VI. — L’AUTOLYSE
On a vu qu’il n’apparaît ni sucres réducteurs, ni mannitol au
cours de la dessication des Lemunea , à la température ordinaire. Mais
quand 011 pratique l’autolyse, plaçant, aussitôt après la récolte, les
algues dans l’eau pure sous toluol, plusieurs principes glucidiques sont
hydrolysés, et le milieu devient fortement réducteur.
Ainsi 250 gr. de Lemanca nodosa, récoltés en août et mis à 1 au-
tolyse pendant un an et demi, ont fourni un extrait réducteur dont la
teneu, évaluée en glucose et sous le volume de 250 cm* était de 3,57 %.
(16 % du poids des algues sèches).
Après défécation complète, au moyen de l’acétate basique de
plomb ou de l’acide phospliotungstique, cette liqueur s'est montrée
dextrogyre, le pouvoir rotatoire spécifique étant égal à 16-17. Purifié
J. AU G 1ER
ÏM8
et additionné d acétate de pliénylhydrazine, le produit ne fournit pas
d liydrazone ; à chaud, on obtient des osazones que nous n’avons pu
déterminer faute d’une quantité suffisante de matière : si l’on s'en
tient à l’examen des formes, l’arabinosazone, au moins, paraît certai¬
ne. — Le produit ne semble pas contenir d’acides uroniques; nous
'avons pu y déceler de mannitol, ni par l’acide arsénieux, ni par cris¬
tallisation de l'alcool absolu. — Sous l’action de l’acide sulfurique, à
chaud, la quantité de réducteur augmente de 1/5' environ et [a]n
prend la valeur -f 25.
Ainsi le fioridoside et le tréhalose ont été hydrolysés complète¬
ment, et la gomme en grande partie; un corps lévogyre, déféquant
mal. a seul résisté aux ferments.
Les gaines mucilagineuses des spores n'ont d’ailleurs subi qu’un
commencement de dissolution : elles restent très évidentes à l’examen
microscopique, grâce à leur réfrigérence. Le contenu des cellules est
demeuré fortement colorable en brun par l’iode.
CHAPITRE CINQUIEME
LES GLUCIDES DE THOREA RAMOSISSIMA
I. — LES CARACTERES GENERAUX DES THOREA
Ce genre comprend une seule espèce nettement définie : Tiw rca
ramosissima, Bory. Signalée en d’assez nombreuses stations, elle ne
s’y montre qu’irrégulièrement ; c’est en vain que nous 1 avons cherchée
dans la Seine, aux places citées par les auteurs. Nous avons pu enfin
trouver dans l’Adour une quantité de matériel suffisante pour une
première analyse : 220 grammes d’algues fraîches. Nous devons cette
récolte aux indications de M. le Professeur Allorge, à qui nous renou¬
velons nos sincères remerciements.
La plante est décrite par G. Hamel dans « Les Ploridées de
France » (Revue Algologique, II, p. 307, 1925); on pourra aussi se
reporter aux articles de Sciimitz [ 52 ], et de Mobius [ 53 ], et à la mo¬
nographie de Schmidle [ 54 ] (avec figures).
Nous donnons ci-contre une planche de dessins d’après nature. (PL
2). On y voit l’algue entière, dont le port est caractéristique, et bien
rendu par le terme de « ramosissima ». Les échantillons, récoltés au
début d’août, 11 e dépassaient guère 40 cm., taille modeste pour l’es¬
pèce, qui atteint 1 mètre. Fixés à la coque d’une péniche, ils ondu
laient au fil de l'eau. Leur couleur va de l’olivâtre au violacé ; le pig¬
ment rouge, abondant, diffuse avec facilité quelques instants après la
cueillette. On a pu en examiner le spectre d’absorption, et retrouver
les résultats de Schmidle, qui le décrivit le premier.
11 nous semble intéressant, à cette occasion, de rapprocher en un
tableau les observations spectrales que nous avons faites sur le pig¬
ment rouge des Floridées d’eau douce. A vrai dire, celles-ci seraient
mieux nommées Algues violettes : la solution aqueuse de leur pigment
complémentaire est nettement violacée, différant de la liqueur rose
Source : MNHN, Paris
300
J. AU G IER
franc, obtenue à partir d’un Rhodymenia par exemple. Les spectres ac¬
cusent cette différence.
bD
Cliez Jes Rhodymenia, la phycoérythrine est seule présente. Dans
le cas des Lemutiea et Batrachospermum, les travaux de Kylin [ 55 ]
permettent de rapporter à la phycocyanine la bande située entre les
raies C et J >. En raison de la similitude des spectres, la coexistence des
pigments bleu et rouge paraît évidente aussi dans le cas des Thorcu. La
présence de phycocyanine n'est d'ailleurs pas eu rapport direct avec
1 habitat dulçaquicole : plusieurs Rhodophycées marines eu contien¬
nent.
A 1 mil nu, et mieux à un faible grossissement, la surface des 77/ 0 -
rm apparaît couverte d'une épaisse chevelure, constituée de poils
longs et fins, très fragiles ; leurs cellules fortement pigmentées ont un
rôle surtout assimilateur. Quelques-uns sont figurés dans les coupes
transversale et longitudinale d’un rameau, et la base d’un filament
est représentée à part, plus grossie (PI. L’, fig. B, C, D).
L’écorce de l’algue, qui doune naissance aux filaments assimila
leurs, est aussi un tissu sporifère. On distingue sur les coupes de nom¬
breuses spores pyriformes (quelques-unes sont représentées à part) ; il
ne s’agit pas, croit on, de carpospores; malgré les observations de
hcriMiuLE, la sexualité est encore mal connue. L'axe du rameau est
formé de filaments enchevêtrés en tous sens; vers la périphérie, sous
1 écorce, un Certain nombre de ces filaments ont une course louait.,di
nale.
REVUE ALOOLOOIQÜE Vol. VII, PI, t
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE PI. II.
Thorea ramosissima Bory.
A. Algue entière (réduit de moitié). — B. Coupe longitudinale (Gr. 50 D.)
/a., filaments assimilateurs. — e., écorce (remarquer les spores pyriformes).
a., axe. — C. Coupe transversale (fragment). — D. Base d’un filament assi¬
milateur. — E. Extrémité d’un filament cortical porteur d’un groupe de spores
à divers degrés de développement. Dans ces deux dernières figures, on a indi¬
qué en noir le contenu cellulaire colorable par l’iode. (Gr. 500 D.).
Source. MNHN. Paris
RHODOPHYCÊES D’EAU DOUCE
301
Les auteurs signalent, et nous l’avons vérifié, que les membranes
cellulaires se colorent en bleu sous l’action du chlorure de zinc iodé.
Cette réaction manifeste vraisemblablement (1) en elles un fonds cel¬
lulosique. Ici, comme dans le cas de Lemanea, il faut user d’un réactif
très concentré en chlorure de zinc, ou mieux tremper les coupes un
instant dans l’acide sulfurique concentré, et les porter ensuite dans
l’eau iodée. Cette difficulté pour obtenir le bleuissement est due,
croyons-nous, à l’abondance de la matière gommeuse qui imprègne les
membranes : dans le cas de Tliorea, elle donne une grande consistance
au faux tissu formé des filaments enchevêtrés.
Quant au contenu cellulaire, surtout celui des spores, il prend
dans une goutte d'eau iodée une coloration brun violacé intense. La
substance mise ainsi en évidence forme des amas granuleux, réfrin¬
gents mal délimités: nous avons rapporté plus haut (cf. p. 8) l’opi¬
nion de Môbius et de Schmitz, qui en ont fait une espèce d’amidon.
Au premier examen, elle rappelle beaucoup le glycogène des Lemanea,
et l’analyse chimique confirmera ce rapprochement.
II. — LES SUCRES SOLUBLES DANS L’ALCOOL
Sitôt la récolte, les algues égouttées ont été fixées dans l’alcool
fort qui prend une teinte vert intense. On décante, on évapore l’alcool,
on défèque par addition d’acétate basique de plomb, et non d’acide
phosphotungstique, qui donne de mauvais résultats ; l’excès de réactif
est éliminé au moyen de l’acide sulfurique. La solution obtenue, ra¬
menée à 220 cm 3 , est dextrogyre :
a = -f 43'.
On en prélève 2 cm 3 qui sont additionnés d’un peu de liqueur de
Fehling. A l’ébullition, il se produit un précipité floconneux blanc,
qui ne rassemble que des traces infimes d’oxydule : il n’existe pas de
sucre réducteur libre.
On n’en trouve pas non plus après un séjour prolongé de l’extrait
en présence de sucrase, ce qui indique l’absence de saccharose.
(1) Le bleuissement sous l’action du chlorure de zinc iodé n’est pas, il s’en
faut, une réaction spécifique de la cellulose : on l’obtient aussi bien à partir de
cendres végétales, de C0 3 K 1 2 , CO*(Am) a , etc... (Molisch, cité d’après
Czubda [59]).
302
/. AU G 1ER
Une partie de la liqueur est ensuite concentrée et soumise à l’hy¬
drolyse sulfurique (2 % d’acide; température 100°). Il est malheureu¬
sement nécessaire de décolorer le milieu au noir, après 30 minutes
pour pouvoir lire la déviation, d’où quelque imprécision des résultats.
Temps
Déviation
Réducteur %
tal»
(sous 1 dcm.
(en galactose)
d’épaisseur)
0
+ 1°40'
1 h.
54'
1 h. 30 m.
44'
0,70
2 h. 30 m.
42'
0,76
3 h. 30 m.
42'
0,70
92
Un chauffage plus prolongé, même à 120», pendant 20 minutes,
ne modifie pas ces résultats.
Le reste de l’extrait de Thorea fut
additionné de 1/î
5 e en volume
d’autolysat de levure basse et abandonné à neutralité et
à 37°. Il se
produit une hydrolyse :
Temps
Déviation
Réducteur %
LaJo
(en jours)
(en galactose)
0
+ 2°40'
traces
2
1°38'
5
1 °22'
7
1 °20'
14
1 °10'
16
1 °12'
0,33
90
Après ce temps, on dilue de moitié, en maintenant constante la
concentration en autolysat : Quatre jours plus tard, aucun change¬
ment n’est survenu : on en peut conclure que l’attaque est terminée.
Que signifient ces résultats ? Rapprochés de ce qu’on observe
chez les Lemanea, ils conduisent à penser que le floridoside existe
aussi chez les Thorea. Ce principe ne semble pas se trouver seul dans
les liqueurs analysées : un autre corps paraît apporter des produits
d’hydrolyse dextogyres.
Ces données sont d’ailleurs les seules que nous puissions présen¬
ter à ce jour, lies récoltes plus abondantes permettront de préparer des
extraits purifiés et de fixer avec certitude la nature des glucides dex¬
trogyres de Thorea.
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
303
III. — LA GOMME
Séparées de l'alcool de fixation, les algues ont été reprises quatre
fois par l’alcool fort, à Chaud, en vue de les dépouiller complètement
des sucres à petite molécule (1). Elles furent séchées ensuite à la tem¬
pérature ordinaire (leur poids était alors de 28 grammes), puis trai¬
tées par 700 cm 1 * 3 d’eau, au bain-marie bouillant, pendant 15 minutes
environ, à quatre reprises. Les algues prennent une consistance très
visqueuse : la gomme, qui unissait les filaments de leurs faux tissus,
se gontie et passe en solution dans l’eau chaude. On décante, on filtre,
on concentre l’extrait.
La substance desséchée se présente en paillettes jaunâtres, hygro-
scopiques, auxquelles l'iode ne communique pas de coloration particu¬
lière. Elle précipite par l’alcool des solutions assez concentrées; elle
coagule en présence d’acétate basique de plomb, même en milieu très
étendu ; l'acétate neutre est beaucoup moins actif ; elle ne réduit pas
la liqueur de Fehlinu, mais il se produit un Üoculat ; la baryte provo¬
que aussi la floculation, mais non pas la soude.
En dépit de filtrations répétées, il est très difficile de déterminer
les propriétés optiques des solutions de la gomme elle-même. Les don¬
nées ci-dessous, relatives à son hydrolyse, montrent qu’elle est lévo¬
gyre, [»]d dépassant, en valeur absolue, — 116.
L’hydrolyse est effectuée par l’acide sulfurique à 2 %, à 100°.
Temps
Déviation
Réducteur
15 m.
— 1° 5'
0
30 m.
— 54'
traces
1 h.
— 34'
traces
2 h.
— 16'
nettement réducteur
3 h. 30 m.
0
4 h. 30 m.
+ 12'
0,47
5 h. 30 m.
+ 12'
(en glucose) (
(1) En ajoutant à la déviation du premier extrait les déviations polarimé-
triques résiduelles (lues après défécation au plomb), on obtient au total
a = + 58’, pour la liqueur dont le volume en ce est égal au poids des algues eu
grammes. Au mois d’août, la teneur des Thorea en sucres solubles apparaît donc
faible, comparée celle des Lemanea.
J. AU G J ER
i)Ü4
Un temps de chauffe plus considérable, même à 120°, ne modifie
pas ces résultats.
L’hydrolysat est alors neutralisé exactement par le carbonate de
baryum; on filtre; le pouvoir rotatoire spécifique, déterminé à nou¬
veau, est égal à +14.
La liqueur est desséchée sous le vide, et la substance sèche épui¬
sée par l’alcool très fort. On distille l’extrait, on reprend par un peu
d’eau. La solution obtenue, dépourvue de baryum, est additionnée
d’acide acétique et de phénylhydrazine. La précipitation d’une hydra-
zone en forme d’oursins commence presque aussitôt. Le précipité re¬
cueilli est lavé au benzène, et redissous dans l’eau bouillante. I)e la
solution, filtrée à chaud, l’hydrazone cristallise par refroidissement.
La forme des sphéro-cristaux et le point de fusion ne permettent au¬
cun doute sur leur nature : il s’agit de la mannosehydrazone.
La gomme de Thorea est donc un mannoside. C’est dire qu’elle
diffère beaucoup des gommes rencontrées jusqu’ici chez les Algues.
On pourrait peut-être la rapprocher des mucilages lévogyres, à base
de mannose, qui donnent aux tissus de certaines Monocotylédones
(bulbes de Lis...) une grande viscosité (1).
IV. — LE GLYCOGÈNE
Les traitements précédents ont laissé dans les algues une quantité
importante de gomme, qu’il est très difficile d’extraire par l’eau
chaude. La potasse diluée ne la dissout guère mieux, et solubilise en
même temps une certaine quantité de substance Colombie par l’iode.
Renonçant donc à poursuivre l’épuisement sélectif de la gomme, on a
cherché à extraire le plus possible de substance Colombie.
Les algues, mélangées de sable, puis séchées, sont pulvérisées au
mortier ; la poudre est traitée, pendant 45 minutes, à l’ébullition, par
750 cm 3 de potasse à 1 %. On décante, et le dépôt lui-même est centri¬
fugé, afin d’éviter toute perte de liqueur.
Celle-ci précipite abondamment par addition d’acide chlorhy¬
drique en léger excès. Après filtration du floculat, formé surtout de
matières azotées, on peut constater que le milieu est lévogyre (—10') ;
(1) Cf. .7. I'AKKIX. — On a reserve carbohydrate, whieli produces mannose,
from the bulb of Lilium. — Proceed. of Cambridge Philos. Soc. Il, 2, 1901, p. 139
Source : MNHN. Paris
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
305
il se colore en violet intense en présence d’iode. Nous allons montrer
qu >il s’agit d’un mélange de glycogène et de gomme, celle-ci- étant assez
abondante pour imposer son signe optique.
On concentre la liqueur (en milieu neutre), à « cm, et Ion
ajoute un volume d'alcool absolu. Le précipité, lavé et seche, pèse en¬
viron 0 gr 5. On le dissout dans l’eau chaude, et la solution est addi¬
tionnée d’un peu de poudre de pancréas. La réaction de coloration en
présence d’iode est abolie en quelques instants et définitivement.
Après abandon de quelques heures h 50-, on précipite par affusion
d’alcool les substances inattaquées. On filtre; la liqueur est distillée,
puis déféquée par l’acide phospliotungstique. Elle est nettement dex-
trogyre (+ 55') et réductrice.
L’hydrolyse est ensuite continuée sous l’action de 1 acide sullu-
rique, avec les résultats suivants :
Temps
Déviation
Réducteur %
(en glucose)
[aH>
0
+ 55'
1 11.
34'
2 h.
20 '
0,32
53
Nous avions trop peu de liqueur (12 cm 3 ) pour préparer une osa-
zone. On ne pouvait douter cependant que le produit de l’hydrolyse
fût du glucose. Ici, comme dans le cas de Lcmanea, l’amylase a bien
agi sur un corps « glycogénique »,
CONCLUSIONS
On peut affirmer la présence dans les Thore.a :
1 ° d’une gomme lévogyre, très visqueuse, à base de mannose ;
2 ° de glycogène.
Au sujet des sucres à petite molécule, notons l’absence de ré¬
ducteur libre et de saccharose. Quant il la nature du produit dextro¬
gyre, il faut être réservé, bien que la présence du floridoside soit très
vraisemblable.
CHAPITRE SIXIEME
ETUDE SOMMAIRE DU BANGIA ATROPURPUREA
I. — CARACTERES GÉNÉRAUX
Cette algue est assez fréquente, fixée aux roches, dans les eaux
calcaires; on la trouve surtout sur les pierres des cascades peu abon¬
dantes (fontaines publiques par exemple), ou tapissant des parois
ruisselantes. Ce dernier gîte est le plus propice aux récoltes : on a
chance d’y trouver l’algue pure, formant parfois un rideau continu,
ronge foncé, qu’on arrache facilement. Les stations assez riches pour
satisfaire le chimiste restent cependant l'exception; tels furent pour
nous les suintements d’eau douce dans les falaises calcaires littorales
de Port-en-Bessin.
La plante ne se distingue pas morphologiquement de Bangia
fuscopurpurea, l’espèce marine que les cytologues out étudiée plus vo¬
lontiers ; on l’en sépare en raison de l’absence des Bangia dans les eaux
saumâtres. Les filaments jeunes sont formés de cellules en une seule
file, h membranes très épaisses, imperforées. Ces membranes fixent la
safranine et le rouge de ruthénium; elles restent incolores dans le
chlorure de zinc iodé, ou par traitement â l’acide sulfurique et â
l’iode; elles demeurent intactes dans la liqueur de Schweitzbb. Les
cellules voisines de la base, dans chaque filament, émettent un prolon¬
gement qui, sur une certaine longueur, court dans l'épaisseur des
membranes : bientôt il devient libre et forme rhizoïde. Dans les fila¬
ments plus âgés, les cellules se divisent par des cloisons radiales
assez nombreuses, plus ou moins régulières (PI. 3, fig. n, E). La repro¬
duction s’effectue par spores directes ou gonidies, qui naissent par
quatre, aux dépens d’une cellule mère (fig. C) (1).
L’histologie de Bangia fuscopurpurea a fait l’objet d’un étude
fl) On trouvera une description détaillée des Bangia dans
e France », par G. Hamel (Revue Algologlque, I, 1924).
Les Fl or idée,s
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
307
ancienne de Berthold [ 56 ], reprise récemment par P. Dangeahd [ 57 L
Pour Berthold, les spores neutres accumulent un produit soluble
dans l’eau et colorable eu brun par l’iode; de plus, les carpospores
contiennent de petits grains d’amidon colorables en bleu par le meme
réactif (matériel conservé dans l’alcool). P. Dangkard observe aussi
deux sortes d’amidon; le premier est V « amidon florideen », coloral e
en brun : « L’abondance de cet amidon est telle que les filaments de
mw ia, qui sont il la veille de produire des spores neutres ou des
carpospores, prennent sous l’action de l’eau iodée 11116 se-
geâtre très accentuée qui se voit a l’ceil nu » (loc. cit. I- )•
conde sorte est de l’amidon ordinaire, noircissant par 1 iode : « ... cet
amidon forme seulement de très petits grains autour du pyrénoide
ou sur le chromatophore ; il est très peu abondant et ne s accumule
pas en vue de constituer une réserve dans les spores. Bien au con¬
traire, les spores neutres n’en contiennent habituellement pas et les
carpospores, quand elles en possèdent, n’en ont pas plus que les ce -
Iules ordinaires du thalle, par exemple les cellules basales des fila-
ments » (p. 107).
Nous avons pu constater que les filaments de Bmgia atropur-
purca, comme ceux de l’espèce marine, prennent une teinte brune
dans l’eau iodée, brun très foncé quand il s’agit de thalles sporu s,
ou de régions pourvues de rhizoïdes. Au microscope, le contenu cellu¬
laire présente un fond uniformément teinté par l’iode en jaune cuivré
plus on moins foncé, sur lequel se détachent souvent quelques petits
grains plus ronges, ou bien des amas ou tractus irréguliers, noirâtres,
abondants surtout dans les cellules h rhizoïdes. La substance colorable
en brun ne forme pas ici des masses confusément granuleuses, comme
dans Tliorea et Lemanea, mais semble imprégner uniformément le con¬
tenu cellulaire, comme en solution dans le cytoplasme. La coloration,
brune est d’ailleurs peu solide; elle s’atténue notablement par simple
lavage. D’après les données chimiques, il apparaîtra que le corps en
question n’est pas de nature amylacée, amidon floridéen ou glycogène,
mais bien une substance analogue aux gommes.
Quant aux tractus ou granulations qui se colorent eu noirâtre,
nous n’avons pu établir leur nature chimique : l’extraction en est
pour ainsi dire impossible, â partir d’un poids minime d’algues,
308
1. AU a ER
II. — L’EXTRAIT ALCOOLIQUE
HO grammes d’algues fraîches, récoltées fin septembre, furent
fixés dans l’alcool bouillant. Le pigment rouge était abondant, mais
la chlorophylle, en petite quantité, ne colorait l'extrait qu’en vert
pâle (1).
Après évaporation de l’alcool, le résidu aqueux est additionné
d’acétate basique de plomb. On filtre le floculat, et l’excès de plomb
est éliminé par une goutte d'acide sulfurique. Le volume de la liqueur.
L, est 42 cm 3 ; elle est dextrogyre :
« = + 1°14'.
et, si l’on rapporte la déviation au volume de 110 cm 3
*' = 4- 28'.
On prélève 1 em> de l’extrait L, qu’on additionne d’un peu de
liqueur de Fehling. Il se produit à l’ébullition un précipité flocon¬
neux blanc, qui ne ressemble pour ainsi dire pas d’oxvdule
Après plusieurs heures de contact avec la
apparu de réducteur.
sucrase, il n’est pas
5
On a ensuite pratiqué l’hydrolyse par l’acide chlorhydrique
en poids. Voici les résultats
Temps
Déviation
0
+ 1° 6'
30 m.
26'
1 h.
26'
1 h. 30 m.
26'
Enfin 20 cm* de
la liqueur
lisés exactement, additionnés de 2 c
abandonnés à 37°. Il se
produit uni
Réducteur % [ a ] D
(en galactose)
0
0,22
0,22 93
primitive L ont été neutra
i d’autolysat de levure basse, et
hydrolyse :
RHODOPHYCÉBS D’EAU DOUCE
Temps
Déviation
Réducteur %
(en jours)
(en galactose)
0
+ 1° 6'
1
48'
2
40'
G
32'
13
24'
20
24'
0,24
L’ensemble de ces résultats rappelle de très près ce que nous avons
observé en étudiant les espèces précédentes : absence de sucre réduc¬
teur libre et de saccharose, présence d’un corps destrogyre hydrolysa-
ble par les acides et par l’extrait de levure basse. S’agit-il du florido-
side ? Nous ne saurions évidemment l’affirmer, avant que des récoltes
abondantes n’en aient permis la préparation.
III. _ LES EXTRAITS AQUEUX
Les algues, essorées après la fixation, sont épuisées à trois re¬
prises par 700 cm 3 d'alcool à 75-80”. ce qui les débarrasse des produits
dextrogyres solubles (1).
On les laisse alors macérer dans 700 cm 3 d’eau pendant 30 mi¬
nutes, à 100°, et l’opération est répétée une fois. La liqueur
est décantée et filtrée; après concentration, elle devient visqueuse, et
faiblement Colombie par l’iode en brun violacé. Quand le volume est
réduit fi 40 cm 3 , on ajoute 2 % d’acide sulfurique, et un porte an bain-
marie bouillant. Après 5 minutes, on peut filtrer et examiner au pola-
rimètre. Voici la marche de l’hydrolyse :
(1) Le second extrait, après
polarimètre :
Pour le 3' extrait, on note :
distillation et défécation, est examiné au
ao = + 15’ volume 20«n3
a “ = -\- 3’ volume 18«n3
Source : MNHN. Paris
J. AU GIE R
3iO :
Temps
Déviation
liéducteur % [ a ]D
5 m.
— 22'
10 m.
— 20'
45 m.
0
0
1 h. 15 m.
0
0,37
2 h.
+ 10'
0,45
2 h. 30 m.
+ 10'
0,50 de l’ordre de 16.
3 h.
+ 10'
0,47
Les algues sont ensuite desséchées, puis coupées aux ciseaux en
fragments très menus. On les traite sous cet état par une solution de
potasse (à 8 % environ), au bain-marie bouillant pendant près de deux
heures. On décante la liqueur brune, et on l'acidule par HCl : il se
produit un précipité floconneux grisâtre, consistant surtout en ma¬
tières azotées, qu’on élimine en filtrant. L’extrait neutralisé est ensuite
amené au volume de 40 cm 3 : il est alors très visqueux. On ajoute de
1 alcool jusqu â précipitation complète. Le floculat, gris jaunâtre, est
séparé et lavé à l’alcool. Séché, il pèse 2 gr. 3; redissous dans l’eau,
il donne une liqueur visqueuse, colorable en brun rouge par l’iode.
La poudre de pancréas est sans action sur cette liqueur.
Après 1 addition du ferment, le brunissement en présence d’iode
persiste, même au bout d’un temps très long. Sans doute, la réaction
est atténuée, mais il suffit d’un changement d’état physique du milieu
pour qu’elle se manifeste avec son intensité première : si par exemple
on dessèche quelques gouttes du liquide, puis qu’on humecte avec très
peu d’eau iodée, la substance brunit fortement. Nous avions observé
des faits analogues en étudiant certaines géloses (cf. page 56).
Si d ailleurs, après un long séjour à l’étuve, on sépare, par préci¬
pitation au moyen de l’alcool, les substances gommeuses inattaquées,
la liqueur restante est optiquement inactive et sans pouvoir réducteur;
elle n est pas modifiée par l’action des acides : on ne peut déceler
aucune saccharification. Quant à la gomme précipitée, elle se colore,
sous cet état, en brun intense par l’iode; la teinte disparaît quand on
dissout la substance dans un peu d’eau ; cette solution, après concen¬
tration ou dessication, est à nouveau colorable. C’est là ce qu’on ob¬
serve quand la coloration produite par le métalloïde dépend bien plus
de l’état de condensation des micelles, que de la nature chimique du
corps considéré.
En vue de préciser les caractères de cette gomme, on a dissous
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
31 i
dans 15 cm 3 d’eau le floculat souillé d’un peu de diastase. La solution
ue peut être étudiée telle quelle, mais un traitement de 5 minutes par
l’acide sulfurique à 2 % permet de filtrer et d’examiner au polari-
mètre. L’hydrolyse est ensuite poussée îi son terme et donne les ré-
sultats suivants :
Temps
Déviation
Réducteur %
(sous 1 déni.
(en glucose)
5 m.
d’épaisseur)
— 38'
45 m.
— 12 '
2 h. 30 m.
+ 10 ' h 12 '
1,15
Si l’on admet que la concentration du réducteur, en fin d expo
rience, représente celle de la gomme initiale, on trouve pour cette
dernière un pouvoir rotatoire dépassant —55 (en valeur absolue).
Ce chiffre se rapporte h un mélange du produit Colombie par 1 iode
avec les substances constitutives des membranes, incolores en général
dans ce réactif, mais partiellement dissoutes dans la potasse.
Ainsi nous n’avons pu trouver, dans les Bangin, de substance gly¬
cogénique. Il serait téméraire d’affirmer qu’elles en sont dépourvues,
étant donné la faible quantité de matériel traité. Cependant il est cer¬
tain que 1 a, coloration brune si frappante, prise par ces algues imbi¬
bées d’iode, provient d’un constituant lévogyre analogue aux gommes,
sans rapport avec l’amidon floridéen.
Certaines anomalies histochimiques signalées dans les Bangin
pourraient peut-être trouver ici leur explication, en particulier le fait
signalé par 1>. DANGEAnn [ 58 . p. 218] que 1’ « amidon » de ces algues
n’est dissous ni par le formol, ni par le réactif de Keôaud, considérés
par Mangenot [ 59 . p. 206] comme des solvants de l’amidon floridéen.
Quoi qu’il en soit, ces résultats montrent quelle prudence est de
rigueur quand il s’agit d’interpréter les effets de l'iode sur le contenu
cellulaire.
CHAPITRE SEPTIÈME
ETUDE SOMMAIRE DE BATRACHOSPERMUM
MONILIFORME
I. — CARACTERES HISTOCHIMIQUES
La morphologie, le développement, l’histoire nucléaire ont été
étudiés dans les Batrachospermes, mais on sait encore fort pen de
chose des substances qu’ils élaborent. Ces dernières années pourtant.
Haas et Hill [6o] ont abordé l’étude chimique du Batrachospermum
moniliformc, Roth., en y recherchant les polyols; le résultat fut d’ail¬
leurs négatif. Cette recherche exceptée, on ne possède sur ces algues
que des données histologiques.
La cellulose existe dans les membranes, mais seulement lors¬
qu’elles ont atteint un certain développement, comme l'ont montré en
particulier von Solms Ladbach [6i] et Sirodot [6e], Si l’on plonge
un fragment d’algue fructilïée dans le chlorure de zinc iodé, seul l’axe
bleuit, les autres parties prennent une teinte vert pile ou restent in¬
colores. 11 faut employer un réactif très concentré, et essuyer l’algue
avant 1 essai (par exemple en la promenant sur un fragment de por¬
celaine) : les Batrachospermes en effet retiennent beaucoup d’eau, à
cause de la substance mucilagineuse. du « gélin » caractéristique qui
les enrobe (1).
, Plusieurs auteurs ont étudié les inclusions cytoplasmiques, en
s adressant le plus souvent au B. moniliforme. Lorsqu’on plonge l’al¬
gue fructilïée dans la liqueur iodo-iodurée, le brunissement des goni-
moblastes est très frappant. Les cellules végétatives prennent aussi
une teinte brune, mais beaucoup plus pâle : ces caractères ont été dé-
le chW %L 0han l m !" a ” PréS6nte Pas de SéIln - Ses “«"hranes bleuissent dans
f v nC ' teinte deTenaDt seu,emMt Ph>n Pâle dans les partie,-,
j unes (SmonoT). bous n avons étudié ici que la phase Batrachosperme,
RHODOPHYCÊES D’EAU DOUCE
313
crits par von Bouta Laubach. D’après cet auteur, les vacuoles sont
très petites dans les cellules jeunes; plus tard elles grandissent et
leur contenu tient en suspension de nombreux granules, colores fai¬
blement en brun par l’iode. Pour Schmitz (cité d’apres Czurda L 63 ),
les cellules âgées, «tans la même espèce, contiennent des grains amyla¬
cés groupés surtout autour du noyau. Selon Schmidi.e [ 64 ,, le con¬
tenu des spores est analogue à celui des monospores de Thorea ramo-
siasi ma.
SntODOT [65 p. ltiî et. suivantes] décrit des glubules réfringents,
inclus d’abord dans le protoplasme, « plus nombreux autour du
noyau, qu’ils rendent plus apparent », et dont quelques-uns tombent
dans les vacuoles. L’auteur distingue :
1 ° les globules, petits, sphériques, transparents, très peu nom¬
breux dans chaque cellule (2 h 0), rencontrés dans B. momhjorme
Roth et B. testalc Sirdt. Cette description fait songer il des gouttelet-
tes lipidiques.
2 ” les corpuscules, affectant des formes diverses, et susceptibles
d’acquérir des dimensions relativement grandes, translucides, souvent
nombreux; l’iode les colore en jaune rougeâtre; ils sont insolubles
dans l’alcool et l’étlier, mais dissous par la potasse. On ne trouve ces
corpuscules que dans quelques espèces; ils sont abondants dans cer¬
taines variétés de B. vagum, Ag. L’auteur les désigne sous le nom de
« leucites » et leur attribue la composition générale du protoplasma.
SmoDOT n'a pas insisté sur le brunissement du B. moniliforme
dans l’eau iodée. D'abord insensible, ce caractère s’accentue à mesure
qu’avance la saison. Nous avons observé en décembre des échantillons
sexués, porteurs de gonimoblastes à leur début, mais l’iode les tein¬
tait à peine; en avril le brunissement est net; h la fin mai. les algues
deviennent dans l'eau iodée d’un brun presque noir.
Eu ce qui concerne le B. vagum, nous n’avons pas eu l’occasion
d’observer les variétés heratophyllum et flagelüforme, où Sirodot si¬
gnale des « corpuscules » abondants. Nous avons seulement trouve
des variétés stériles, portant de nombreuses sporules. Celles-ci brunis¬
sent nettement dans l’eau iodée, ainsi que les cellules voisines.
Source . MNHN, Paris
514
J. AUGrER
II. — RECOLTE ET CONDITIONS DE L'ETUDE CHIMIQUE
Nous avons récolté le B. inoiiilijornt.c, eu quantités impor
fautes, dans un ruisseau de la forêt de Rambouillet. Les eaux,
issues des sables ferrugineux, drainent des prés à Sphaignes, évoluant
vers la tourbière. L’algue s’y rencontre sur les pierres seulement, et
il l’état presque pur; elle est abondante depuis mars jusqu’à lin niai;
plus tard elle décline et les Diatomées pullulent. On sait que les lia
tracliospermes présentent un cycle de développement analogue à celui
des Lemanea; comme eux, ils prospèrent en hiver et au printemps.
-Uais ils n’ont pas les mêmes exigences quant à la qualité des eaux :
on les rencontre fréquemment en pays calcaire : 1’. Fbésiy [66J a
même décrit des échantillons de B. mniliforme fortement incrustés
de carbonate de chaux.
Quelques heures après la récolte, qui consiste simplement à racler
les pierres, les algues étaient rapidement lavées et triées, puis essuyées
autant que possible sur des linges. Leur poids, sous cet état, est ce
que nous appelons le « poids frais ».
Les Batrachospermes méritent une étude chimique complète, pa¬
rallèle à celle des autres genres. Toutefois le présent travail n’eu est
encore qu'une ébauche, en raison de difficultés particulières. Le ma¬
tériel présente une teneur très faible en substance sèche, encore plus
faible eu glucides ; la séparation de ces derniers est très pénible, en
raison de la solubilité du gelin daus l’alcool.
III. — QUELQUES DONNEES
SUR LA COMPOSITION MINERALE
Teneur en eau. On fait sécher sur des assiettes, à la tempéra
ture ordinaire, 180 grammes d’algues fraîches. Après dix jours. Le
poids est réduit à 6 grammes, soit une perte de 96,8 %.
71 grammes il algues fraîches, récoltées en avril, ont été dessé¬
ches a 1 étuve. A 110°, le poids de la substance se stabilise à 1 gr 76
La teneur eu eau était donc de 97,5 % environ. Des algues récoltées
au milieu de mai ont donné le même résultat. (Cf. teneur en eau des
Umanea : 88 % environ).
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
315
Teneur en cendres. — On porte au rouge sombre 2 gr. 311 d’al¬
gues préalablement séchées à 110°. Les cendres sont de couleur ocra-
cée. Leur poids se stabilise à 0 gr. 388, soit 16,8 % du poids de la sub¬
stance sèche ( Lemanea : 12 % environ).
Alcalinité des cendres. — On fait deux parts de ces cendres :
1° La moitié (soit 0 gr. 194) est traitée par 300 cm 3 d’eau bouil¬
lante. Après filtration et concentration, on neutralise, en présence de
méthylorange, par l’acide sulfurique nfi o- Le virage est obtenu en ver¬
sant 1 cm 3 9 de liqueur titrée.
2° L'autre moitié est traitée par 30 cm 3 d’acide sulfurique n/i 0 ;
on laisse en contact plusieurs heures, puis on filtre et on neutralise
par la soude décinormale, en présence de méthylorange. Le volume de
soude est 22 cm 3 4. L’alcalinité totale des cendres correspond à
30 22,4 = 7,6 cm 3 d'acide, et l’alcalinité insoluble à 7,6 — 1,9
= 5,7 cm 3 d’acide.
Le rapport de l’alcalinité insoluble à l’alcalinité soluble est égal
à 3 ( Lemanea : 3,2).
Après le traitement des cendres par l'acide sulfurique, il reste un
abondant résidu rouge, qui pèse 0 gr. 126, soit 60 % environ du poids
des cendres.
Composition des cendres. — Une étude sommaire donne les résul¬
tats suivants :
Dans la partie soluble dans l’eau, on trouve surtout des sulfates
et du potassium, un peu de chlorures, très peu de calcium et de ma¬
gnésium, pas de phosphates.
La partie insoluble dans l’eau contient des phosphates, du magné¬
sium, mais très peu de calcium. Le fer est très abondant, mais il pro¬
vient surtout de l’hydrate retenu mécaniquement par les algues.
IV. — EXTRAIT ALCOOLIQUE
Selon la technique habituelle, les algues sont traitées par l’alcool
bouillant. Elles deviennent rougeâtres, tandis que la chlorophylle,
abondante, passe en solution. Le gélin aussi se dissout en partie, et
rend l’extrait visqueux ; même en fixant les algues dans trois fois
leur poids d'alcool absolu, on ne peut qu’atténuer cet inconvénient.
Source : MNHN, Paris
316
/. A UGIER
Après décantation, on chasse l’alcool sous pression réduite. La
liqueur obtenue est d’aspect laiteux, vert grisâtre, neutre, d’une
grande viscosité. Elle ne flocule pas en milieu barytique, ni au moyen
de l’acide phosphotungstique. L’acétate basique de plomb provoque
une prise en masse. C’est dire que la défécation est difficile ; nous
avons en premier lieu adopté le plomb, qu’on ajoute peu à peu au mi¬
lieu dilué, en agitant très vigoureusement.
Après filtration, l’excès de réactif est éliminé par l’acide sulfuri¬
que. La liqueur, légèrement verdâtre, est concentrée à basse tempéra¬
ture. Si on l’additionne alor$*de liqueur de Fehling, on obtient, même
a froid, un floculat notable, mais aucune réduction ne se produit. Exa¬
minée au polarimètre, elle se montre nettement dextrogyre :
Date de ta récolte
Poids d’algues Volume de ^extrait
a
fraîches
5 avril
160 gr. 23 cm 3
+ 26'
13 mai
626 31
+ 1°32'
26 mai
232 12
+ 1°42'
Même rapportées au poids sec, ces déviations sont très faibles, re¬
lativement à celles qu’on observe dans l’étude des Lemanea.
Ajoutons à ces liqueurs concentrées un peu d’acide phospho-
tungstique : on obtient une nouvelle et très abondante défécation, et
la déviation diminue très notablement. On lit par exemple :
Avant défécation au tungstène -j- 34'
Après — _ + 48 '
(liqueur ramenée au vol initial).
Il semble donc très probable que les déviations, dont nous don¬
nons plus haut la liste, sont à rapporter, en partie, à des substances
gommeuses échappant à la défécation plombique.
La sucrase n’a aucune action sur ces liqueurs : elles ne contien-
lient donc pas de saccharose.
L’hydrolyse au moyen des acides (SO*fP 2 %) est pénible : nous
avons du employer l’autoclave pour l’achever. Voici le compte-rendu
d une expérience (algues de mai) :
REVUE ALGOLOGIQUE
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE PI. III.
Vol. VII, PI. 5
Lemanea nodosa. Kütz. A. Algue entière (un peu.f“" lt .U. B '/ ra g m cS t lI £ U îrtms-
ment montrant les anneaux de tissu anthéridifère (Gr. 4). . P
versale (Gr. 50 D). D. Une spore (Gr. 300 D).
Sacheria fucina, Sirdt. E. Algue entière (réduit de moitié). F. Fragment d un fila¬
ment montrant les papilles anthéridifères (Gr. 4).
Andouinella violaoea, (Kütz), Hamel. G. Algue entière (Gr. 35).- sp. bouguet de
spores.
RHODOPHYCÊES D'EAU DOUCE
317
B.-M. bouillant
autoclave 120°
Temps
Déviation
Réducteur
(en glucose)
0
+ 1°40'
0
30 m.
1°26'
1 h. 30
m.
1°10'
45 m.
56'
1 li. 30
m.
44'
2 h.
44'
0,41
2 h. 30
m.
»
0,41
U]»
89
Nous retrouvons dans cette hydrolyse les caractères qui nous sont
familiers. Cependant l’interprétation analytique reste très incertaine.
En effet, l’action de l’autolysat de levure basse n'a pu encore etre
étudiée i le milieu, trop complexe, précipite le ferment. Nous dis-
posions, d’autre part, de trop peu d’extrait, pour en entreprendre la
purification.
V. — CARACTÈRES DU GELIN
Les algues récoltées le 4 avril (voir au précédent paragraphe), sé¬
parées de l’alcool de fixation, ont été séchées et broyées au mortier :
on obtient ainsi une poudre brun ronge pesant 13 gr.
Cette poudre est traitée il deux reprises par 100 cm 3 d’alcool à
90 bouillant. Les extraits ne sont pas visqueux, et le second à peine
verdâtre; après évaporation de l'alcool et de défécation au plomb, ils
fournissent une liqueur très peu dextrogyre (+ 10' sous le volume
de 10 cm 3 ), et très pauvre en résidu sec.
La poudre d’algues est alors épuisée non par l’eau, qui solubilise
la masse du pigment rouge, mais par l’alcool à 60”. Le gélin s y dis¬
sout facilement à chaud; après quelques jours de repos, on peu dé¬
canter l’extrait alcoolique à peine jaunâtre. On chasse l’alcool; la so¬
lution aqueuse de gomme est très visqueuse; elle ne donne pas de ré¬
action avec l’eau iodée, la liqueur de Feliling, la baryte, la soude, l’acé¬
tate neutre de plomb; elle précipite par l’acide phospliotungstique, et,
d’une manière massive, par l’extrait de Saturne.
Une hydrolyse de cinq minutes, â 100°, par l’acide sulfurique à
2 %, fait disparaître complètement la viscosité; on peut filtrer pour
examiner au polarimètre ; la liqueur est dextrogyre. Dans les condi-
318
/. AUGIBR
tions indiquées, l’hydrolyse est très longue; eu employant l’acide à
4 %. il suffit de porter uue demi-heure environ à 1110° pour atteindre
ie terme. L’hydrolysat est dextrogyre : neutralisé par le C0 3 Ba, il
présente les caractères suivants :
Déviation Réducteur % en glucose l a ]i>
1”12' 0,745 80
Si l’on traite la poudre d’algues totale par S0 4 H 2 il 2 % il 100”,
la liqueur, après une demi-heure d’hydrolyse est dextrogyre; ensuite
la déviation diminue et l’hydrolysat devient lévogyre.
VI. — MISE EN EVIDENCE DU GLYCOGENE
(lu sait que les algues récoltées à la lin mai deviennent d’un brun
rouge intense dans l’eau iodée : nous avons pu en extraire facilement
le principe colorable, qui n’est autre que du glycogène. Après l’épuise¬
ment par l’alcool, on prélève une vingtaine de grammes d’algues esso-
■ées; on les traite par nu grand volume d’eau bouillante, pour dis¬
soudre le plus possible de mucilage, puis on y incorpore du sable, on
dessèche et l’on broie au mortier. La poudre obtenue est traitée par
la potasse ù 4 % bouillante pendant 15 minutes environ.
On purifie cet extrait comme il a été dit aux chapitres précédents,
puis ou le concentre à 15 cm 3 environ : il est assez peu visqueux, et
se colore en brun rouge intense par une trace d’iode. On précipite la
substance eu ajoutant un volume d’alcool à 95. Le tloculat, par son
aspect pulvérulent, ne semble pas très riche en mucilages. Après lavage,
on le redissout dans 25 cm 3 d’eau. Cette solution est peu visqueuse,"
non réductrice, dextogyre (+ 2”). Traitée par la poudre de pancréas,
elle perd très rapidement la propriété de se colorer en brun rouge sous
l’action de l’eau iodée, et cette perte est définitive. On laisse agir le
ferment pendant quelques heures à 50”, puis on filtre et l’on exa¬
mine au polarrmètre. La déviation, primitivement égale à -(-2” n’est
plus que de 1"28', et la liqueur est devenue nettement réductrice.
Celle-ci est alors déféquée par le plomb, et l’on achève l’hydrolyse
au moyen de l’acide sulfurique à 2 %, à 100”. La déviation diminue
de moitié; le pouvoir rotatoire [otju garde finalement une valeur assez
Source : MNHN, Paris
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
319
élevée [+ 68], en raison de la présence d'une petite quantité de gom¬
me dextrogyre, incomplètement précipitée par le plomb.
Cet essai analytique, bien cpie rapide, permet de conclure, en
toute certitude, à l’abondance du glycogène dans le Batrachospermum
moniliformc, récolté au mois de mai.
VII. — AUTOLYSE
250 grammes d’algues fraîches, récoltées fin avril, ont été aban¬
données dans le même poids d’eau distillée, sous toluol, pendant un
an et demi.
L’autolysat est nettement réducteur. 180 cm 3 ont été concentrés
au dixième et déféqués par l’acide pliosphotungstique. Amenée à
25 cm 3 la liqueur présente alors les caractères suivants :
Déviation Réducteur % en glucose laln
+ U' 0,35 33
La teneur de l’autolysat en réducteur (exprimé en glucose) est
donc de 0,048 % (3,57 % pour les Lemanea).
La quantité de réducteur formé, pour 100 d’algues sèches, est de
2 gr. environ (elle était de 16 gr. dans les cas des Lemanea).
On a soumis à l’hydrolyse cette liqueur réductrice (S0 4 H 2 2 %,
100°). Voici le résultat obtenu :
Temps
Déviation
Réducteur %
(en galactose)
lai»
0
+ 14'
0,35
oo
10 m.
+ 30'
0,50
50
1 li.
+ 28'
0,50
»
Le pouvoir réducteur augmente donc notablement (près de 50 %
de sa valeur primitive), ainsi que [a]o.
La perte de la viscosité des algues et leur dissociation montre que
le gélin a fourni une partie des produits d’autolyse. Bien que parais¬
sant atténué, le brunissement de nombreuses cellules dans l’eau iodée
est encore observable.
320
J. AU G IER
CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Cinq espèces de Rhodopliycées d’eau douce, appartenant aux gen¬
res Lemanea, Sacherîa, Thorea, Batrachospermum, Bangia, ont été
analysées dans le présent travail. On a recherché, par les procédés de
la chimie, la nature des glucides élaborés. Les résultats essentiels sont
les suivants :
1. Aucune de ces plantes ne renferme de sucre réducteur libre,
ni de saccharose, eu quantité dosable ; elles sont en cela conformes à
l’ensemble des Algues non vertes.
2. Les extraits alcooliques de Lemanea et de Sacheria sont très
dextrogyres. D’une grande richesse en sels (KC1 surtout), ils sont
difficiles à purifier. Cependant on a pu obtenir, à l’état cristallisé,
les sucres qu’ils renferment. Ce sont le floridoside et le tréhalQse (en
tout, environ 1 gr. pour 100 de Lemanea frais).
Le floridoside est un a-galactoside du glycérol, découvert dans les
Rhodophycées marines, dont il est le constituant glucidique original.
Sa présence dans les Lemanea, d’écologie si différente, montre que le
chimisne des Algues dépend surtout des affinités S 3 r stématiques.
Le tréhalose, trouvé en petite quantité à côté du floridoside,
était jusqu'à ce jour inconnu chez les Algues, et exceptionnel dans le
monde des plantes antotrophes. Ce sucre n'est pas accompagné de
mannitol, au moins en quantité décelable, contrairement à ce qu’on
observe dans beaucoup de Champignons.
3. Dans les autres espèces, les principes glucidiques solubles
dans l’alcool rappellent ceux des Lémanéacées par bien des caractè¬
res, en particulier le pouvoir rotatoire droit, élevé, et l’hydrolyse sous
l’action de la galactosidiase*. La quantité restreinte de matériel ne
nous a pas permis de préparer les sucres à l’état de pureté.
L Les Lémanéacées abandonnent à l’eau chaude un mélange de
matières mucilagiueuses, qui proviennent surtout de la membrane
des spores, gélifiée en surface. Ce mélange est dextrogyre; sous l’ac-
Source : MNHN, Paris
RHODOPHYCÊES D’EAU DOUCE
321
tion liydrolysante des acides, il donne naissance à plusieurs corps
réducteurs, le pouvoir rotatoire global étant voisin de + 14.
Après épuisement à l’eau cliaude, les Algues traitées par la
potasse diluée fournissent une solution de gommes lévogyre, fluide à
chaud, se gélifiant par refroidissement. Ces gommes imprègnent tou¬
tes les membranes du thalle. Leur hydrolyse conduit à un mélange de
sucres, pour lequel |>]d est voisin de + 10. Parmi ces sucres figurent
le galactose et l’arabinose.
5. Le faux tissu de Thorea doit sa cohérence à une gomme
épaisse qui cimente les filaments. Celle-ci se dissout dans l’eau chaude
en formant une liqueur très visqueuse, lévogyre (Md voisin de
_120"). Par hydrolyse, elle donne naissance à du mannose (sans
doute exclusivement).
6 . Le gélin des Batrachospermes se distingue des autres muci¬
lages que nous avons décrits par sa solubilité dans 1 alcool. 11 est
dextrogyre, et Phydrolysat possède un pouvoir rotatoire droit élevé.
7. Dans toutes les Algues que nous étudions, les histologistes
ont signalé, à l’intérieur des cellules, des substances figurées colo-
rables en brun ou en violacé par l’eau iodée. Se fondant sur cette seule
réaction, on a parfois conclu, imprudemment, à la présence de glyco¬
gène ou d’amidon tioridéen. Pour déterminer de quelles substances il
s’agit, l’analyse macrochimique apparaît aujourd’hui indispensable.
Ce qu’on doit attendre, avant tout,, de la chimie, c’est de rendre
impossible la confusion entre les matières amylacées et les gommes
colorables par l'iode. Or la seule analyse que l’on possédait jusqu’à
ce jour, celle des Lemanea, due à Errkra, ne répond aucunement à
cette exigence; elle est donc sans valeur.
Un étude chimique complète de l’amidon floridéen exigerait que
le produit fût d’abord préparé à l’état pur. Cette condition n’a pu
être remplie, en raison de la quantité restreinte du matériel et de sa
richesse en gommes. On a seulement cherché à reconnaître, sur des
extraits encore impurs, les propriétés caractéristiques des matières
amylacées. Cette première étude permet déjà des conclusions cer¬
taines. Un des meilleurs procédés consiste à soumettre les extraits
à l’action d’un ferment bien choisi, l’amylase pancréatique.
8 . Les Lémanéacées contiennent, surtout dans les spores, une
substance très analogue au glycogène, Colombie en brun violacé par
Source : MNHN, Paris
322
J. AU G IER
l’iode, soluble dans l'eau, surtout en milieu alcalin, précipitable par
l’alcool, elle est fortement dextrogyre ([a]D>160°), et donne nais¬
sance, par hydrolyse, à du glucose, obtenu à l’état cristallisé. Le meil¬
leur procédé d’extraction de ce glycogène consiste à partir des spores
pures, que l’on broie avec du sable à l’état sec, pour les traiter ensuite
par une solution de potasse concentrée.
On sait que le glycogène et le tréhalose coexistent chez les Cham¬
pignons. La même association de glucides, dans les groupes de plantes
si différents, mérite d’être retenue.
L’abondance du glycogène chez les Lemanea n’est pas sans rap¬
port avec leur teneur relativement faible en sucres solubles; les Rho-
dymenia, qui n’élaborent pas de réserves amylacées en quantité dosa-
ble, sont beaucoup plus riches en floridoside.
9. Dans les Thorea ramosissima et Batrachospermum monili-
forme, la présence du glycogène est également certaine, bien qu’on
n’ait pu en hvdrolyser une quantité suffisante pour préparer le glu¬
cose pur.
10. Les Bangia renferment une substance colorable en brun par
l’iode, mais nullement tributaire de l’amylase. Lévogyre, possédant les
propriétés des gommes, cette substance n’a pas de rapport chimique
avec l’amidon floridéen.
Il demeure possible que ces algues contiennent de petites quan¬
tités de matière amylacée, d’extraction difficile.
En somme, les gommes de Rhodophycées paraissent présenter
une grande diversité. Les géloses, lévogyres, colorables ou non par
l’iode, sont fréquentes dans les Algues marines. On a trouvé, dans les
espèces d’eau douce, des corps plus ou moins analogues, mais aussi
des mucilages dextrogyres et un mannoside.
11. Les variations saisonnières de la teneur eu glucides sont très
nettes dans les Lémanéacées. Les sucres solubles sont plus abondants
en juillet (1 % du poids frais de Lemanea) qu’en avril (0,5 %). Les
Sacheria récoltées en avril, avant la sporulation, sont presque dé¬
pourvus de glycogène.
Le Batrachospermum monüiforme ne contient que très peu de
glycogène de décembre à mars; il devient au contraire fortement colo
rable par l’iode au mois de mai.
12. Au cours de Pautolyse aseptique prolongée de Lemanea , le
floridoside et le tréhalose sont complètement hydrolysés, ainsi qu’une
RHODOPHYCÉES D’EAU DOUCE
323
certaine quantité rte mucilage; le glycogène est par contre respecté, au
moins pour une grande part.
L'antolysat de Batrachospennum est également réducteur; la
viscosité disparait par suite rte l'hyrtrolvse du gélin.
Ces autolysats ne contiennent pas de polyol, au moins en quan¬
tité décelable.
13. Nous avons vérifié que les membranes, sauf dans les Bangia
et les parties jeunes de Batrachospennum, se colorent en bleu dans le
chlorure de zinc iodé. La réaction est souvent difficile fi observer, en
raison de l’imprégnation des membranes par les gommes.
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Introduction, Historique . 2.37
Chapitre premier. — Les Caractères généraux des Lémanéa-
cées.
§ 1. Données morphologiques . 244
§ 2. Données chimiques . 240
Chapitre II. — L’extrait alcoolique des Lémanéacées.
§ 1. Préparation de l’extrait, ses propriétés principales ... 250
§ 2. Particularités de la défécation . 252
§ 3. Hydrolyse des liqueurs . 250
Chapitre III. — La préparation des principes sucrés h l’état
pur et leur identification.
§ 1. Technique. 203
§ 2. Description des produits cristallisés. 200
§ 3. Recherche du mannitol. 274
Chapitre IV. — Les mucilages et le glycogène des Lémanéa¬
cées.
§ 1. Technique. 275
§ 2-3. Extraits à l’eau pure. 277 et„279
§ 4. Extraits alcalins. 289
§ 5. Le glycogène . 20 1
§ 6. L’autolyse... 297
8 >6
J. AU G 1ER
Chapitre V. — Les glucides de Thorea ramosissima.
§ 1. Les caractères généraux de Thorea . ? gy
§ 2. Les sucres solubles dans l’alcool. 3 ^
§ 3. La gomme. 3Q3
§ 4. Le glycogène . 30 ^
Chapitre VI. — Etude sommaire de Bangia atropurpurea _ 306
Chapitr VIT. Etude sommaire de Batrachospermum monili-
f° rm e . 312
Conclusions générales. 320
So urce : MNHN, Paris
LES PED1ASTRVM D’EUROPE
Etude biologique et systématique
par Edmond Bigeard
(PIN)
DEUXIÈME F/\RTIE
SYSTEMATIQUE
Les faits exposés dans la première partie de ce travail m’amè
nent à proposer une systématique très simplifiée du genre Pcdias-
trum.
Je ne reconnais que 8 espèces européennes (1) bien distinctes .
P. (simplex Meyen
P. Kawraiskyi Schmidle
P. duplex Meyen
P. biradiatum Meyen
P. Boryanum (Turpin) Meneghini
P. angulosum (Ehrenberg) Meneghini
P. Tétras (Ehrenberg) Italfs
P. Braunii Wartmann
Quand on a eu l’occasion de rencontrer des populations assez
denses de Pcdias trum et d’observer côte à côte plusieu rs espèces du
(1) Woloszynska (282, p. 194), a décrit et figuré 3 espèces nouvelles, prove¬
nant de l’Afrique centrale : 1'. sorastroides, P. cœlastroides, P. Westi; les deux
premières ne peuvent guère se rapprocher des espèces européennes; la troi¬
sième rappelle un Boryanum eœlastroïde.
Wille (279, p. 433) a aussi trouvé, dans des récoltes provenant des îles
Kerguelen, des formes aberrantes, dont il fait un genre nouveau, Soropedias-
trum, caractérisé par des cellules en couches superposées et munies d’une
pointe : S. Kerguelense, à cellules rectangulaires et longues pointes ; S. rotun-
datum, à cellules arrondies et courtes pointes. Ces organismes présentent de
grandes ressemblances avec les formes, cœlastroides de Pediastrum.
J’ai signalé (p. 83) le P, sculptatum de Smith (237 bis), que je rapporte î)
p. duplex.
Source : MNHN, Paris
328
B. B1GEARU
genre, on ne peut pas méconnaître la séparation de ces huit espèces.
Si l’on veut, toutefois, établir des comparaisons fructueuses et se
faire une idée exacte de la limite de l’espèce, il est presque indis¬
pensable de s’adresser au type normal de Pediastrum : le cénobe
planctonique adulte, ni trop jeune, ni trop vieux.
Les relations réciproques de ces huit espèces ressortent du ta¬
bleau suivant, dans lequel interviennent, avant tout, le nombre et
la forme des pointes, ou prolongements, de la cellule marginale.
I. — Cellule marginale à 1 pointe. p. simplex
II. — Cellule marginale à 2 pointes
1) Pointes dans divers plans. P. Kawraiskyi
2) Pointes dans le plan du cénobe
A) Disque clathré
a) Pointes simples. p . duplex
t) Pointes bifurquées. p. Mradiatum
B) Disque plein
a) Pointes à bords symétriques, équidis,
tantes (fig. 126 a) . P. Boryanum
b) Pointes à bords asymétriques: bord
externe plus court
a) Pointes plus distantes sur la
même cellule que d’une cellule
à l’autre: échancrure large (fig.
b) . P. angulosum
P) Pointes moins distantes sur la
même cellule que d’une cellule
à l’autre : échancrure étroite
( flg. 126 c) . p. Tétras
ill. — Cellule marginale il 4 pointes courtes. p. Braunii
Si, au lieu de tenir compte des pointes, on considérait d’abord
alure generale et, en particulier, l’extension de la surface de con¬
tact des cellules marginales, on obtiendrait un groupement asses
LES PEDIASTRUM D’EUROPE
329
semblable, dans lequel les espèces seraient rapprochées deux à deux
(fig. 126 bis):
biradiatum, a, b,
Kaioraisky i, c, d,
angulosum, e, j,
Braunii, g, h-
■B€> -Wfc? Æ 7 »
M6 Vu
Fig 126. — Espacement des pointes de la cellule marginale chez P. Boryanum (a),
angulosum ( b), Tétras (c). Schématique.
Fig. 126 bis. — Cellules marginales des espèces européennes de Pcdtastrum.
Cette systématique abandonne donc une bonne moitié des espè¬
ces qu’on peut rencontrer même chez les Algologues modernes. Elle
abandonne tout l’ensemble des variétés admises dans les flores et
les contributions floristiques.
Dans les pages qui suivent, je me propose de passer rapidement
en revue chacune de ces huit espèces indiscutables. A la définition de
l’espèce j’ajouterai, à l’occasion, divers renseignements et observa¬
tions personnelles, intéressant l’histoire et la délimitation des espèces
moins connues ou discutées. Je grouperai, autour de chaque espèce
admises ici, les noms d’espèces et de variétés, sacrifiées comme telles
dans la première partie, en rappelant, pour chacune de ces formes,
la signification biologique que je leur reconnais.
Je ne prétends pas, encore une fois, être à même de fournir, pour
chaque prétendue espèce ou variété supprimée, l’explication biolo¬
gique précise et adéquate, c’est-à-dire de donner la cause, interne
ou externe, responsable de la variation individuelle. Mais il suffit
que cette explication existe pour les formes les plus répandues, les
plus caractéristiques et les plus généralement adoptées: c’est le but
essentiel de mon travail.
duplex et
simplex et
Boryanum et
Tétras et
: m
Source : MNHN, Pans
3^0
E. BIGEARD
P. simplex Meyen
Je comprends, sous ce nom, tous les Pediastrum dont les cellules
marginales ont une seule pointe.
J’ai observé les réalisations suivantes, dans le nombre et la dis¬
position des cellules des cénobes :
Cénobes a 4 cellules : 4 + 0 (avec ou saus lacunes
Cénobes a 8 cellules : 7 + 1 (avec ou sans lacunes)
S + 0 (forme radians ) .
Cénobes à 16 cellules :
R.
C. C.
À. C.
clatbrés : .ig _|_ q
15+1 ....
14 + 2 ....
13 + 3 .
12 + 4 .
11 + 5 .
non elathrés .11 + 5 .
Cénobes a 32 cellules :
elathrés . ig + io + 4
17 + 11 + 4
16 + 12 + 4
16 + 11 + 5
non elathrés .16 + 11 + 5
non observé.
1 exemplaire
3 —
2 —
C. C.
C.
C.
R.
R.
C.
C.
C.
P - est le seul Pediastrum qui présente, pour les cénobes
ù 8 cellules, la disposition radians: S + 0. Cette disposition n’est
pas héréditaire : la figure 20 (p. 25) montre une colonie radians
(8 -f 0) provenant d’une colonie non radians (7 -f- 1).
Espèces supprimées
P. clathratum (Sclirœt.) Lemmermann (133, p. 180): c’est la
forme planctonique la plus commune, donc la forme type
P. enoplon West W. et G. S. (262, p. 81, T. V., fig. 1’ 2 ) ; syno¬
nyme de 1\ clathratum, d’après Lemmermann (135, p. 115) : forme
juvénile, largement clathrée.
f; omtum ( Ehr -) Braun. (45, p. 81); forme de vieillesse nu
bentnique de P. clathratum.
forme
LES PEDIASTRUM D’EUROPE
331
P. Schrœteri Lemmerinann ( 135 » P- 115, fig. 33): synonyme de
P. ovatum.
P. Stùrmü Reinsch ( 190 , p. 90, T. VII, fig. 1): forme sénile ou
kystes de P. simplex.
Variétés supprimées
Variétés fondées sur la disposition des cellules :
radians Lemmerinann ( 133 , p. 180; 135 , p. 115, fig. 24, 25, 32);
duodenarium (Bailey) Rabenhorst ( 186 , p. 72) = var. Baileyanum
Lemmerinann ( 135 , p. 115); Gordanum Hansgirg ( 101 , p. 110).
Variétés fondées sur les ornements de la membrane :
punctatum Lemmerinann ( 135 , p. 182); granulatum Lemrner-
mann ( 135 , p. 115) ; asperum Lemmermann ( 135 , p. 179) ; echinulatum
Wittrock et Nordstedt ( 295 , n° 235).
Variété fondée sur la dimension des lacunes :
microporum Lemmermann ( 135 , p. 115, 116).
P. Kawraiskyi Schmidle
L’espèce est caractérisée par son disque plein et par la forme
de la cellule marginale, dont les deux pointes divergent dans tous
les plans, de part et d’autre du plan du cénobe.
C’est la plus rare des espèces du genre: j’ai signalé ( 19 ) sa
découverte en France par M. Bioret et l’un de ses élèves, M. Ger¬
main, dans l’étang de Serrant, en 1929. Depuis 1929, aucune nouvelle
station de la plante n’a été trouvée dans nos régions. Abondant
pendant l’été de 1929, dans l’étang de Serrant, P. Kawraiskyi a été
très rare pendant toute l’année 1930 ; en avril 1931, il s’est de nou¬
veau montré très commun.
Dans la récolte du 27 avril 1931, on pouvait voir beaucoup de
jeunes colonies d’un diamètre variant de 20 à 60 /*, dont certaines
étaient encore contenues dans une vésicule (fig. 165, p. 00). Parmi
ces jeunes colonies, quelquefois en rapport avec elles, on trouvait
aussi des cénobes plus gros de 80 à 90 ^a, avec cellules à membranes
épaisses, rougeâtres, quelquefois plissées, avec cellules vides, dont
quelques unes avec une fente. Ces colonies m’ont paru jouer le rôle
de colonies mères; certaines cellules très grosses, à parois renflées,
avaient l’aspect de kystes.
Source . MNHN. Pans
332
B. BIGEARD
J’ai donné ( 19 ) la description suivante de cette Algue :
Les cénobes sont d’ordinaires réguliers et orbiculaires, quelque-
fois cependant irréguliers par suite d’une interruption dans la rangée
des cellules marginales. Le disque est toujours simple et sans perfo¬
ration ; ses cellules sont polygonales. Les cellules marginales sont
quelquefois superposées au point où le cercle est interrompu. Elles
sont soudées les unes aux autres environ jusqu’au tiers de leur hau
teur à partir de la base (pointes non comprises) ; elles sont terminées
par deux lobes verts, courts, coniques, prolongés par deux pointes
hyalines, dont la hauteur est égale environ au tiers de la hauteur
de la cellule (pointes non comprises) ; les lobes sont légèrement
divergents et séparés par une échancrure profonde et aiguë; au niveau
du sommet de cette échancrure, ou un peu au-dessous, la cellule
présente un étranglement plus ou moins apparent, mais plus visi¬
ble sur les petites cellules que sur les grosses. La position des
pointes des cellules marginales est variable; tantôt on voit les deux
pointes, côte à côte, dans le plan du cénobe; tantôt on n’en voit
qu une, cachant 1 autre qui est au-dessous; elles peuvent occuper
toutes les positions intermédiaires, de telle sorte qu ’011 distingue
le plus souvent les deux pointes, l’une au-dessous, l’autre au-dessus
du plan du cénobe. La membrane est épaisse, rougeâtre, rugueuse
plus ou moins plissée, rarement granuleuse; elle est très caracté-
ristique de l’espèce.
J’ai noté les dispositions suivantes :
ii. It. 1 t.
il.
C. C.
c. c.
c. C.
c. c.
Je - n’ai pas trouvé de cénobes à G 4 cellules.
4 = 4 + 0 ou (2 + 2)
8= 6 + 2.
10 = 10 + 5 + 1 .
32 = 15 + 11 + 5 + 1
= 15 + 10+6 + 1
= 16 + 10 + 5 + 1
= 14 + 11+6 + 1 ..
Voici les dimensions moyennes des cénobes et des cellules chez
les cénobes 16-cellulaires :
75-SO M-
15-20 /*
3-5 11
diamètre du cénobe .
hauteur de la cellule marginal*
longueur de la pointe.
LES PED1ASTRUM D’EUROPE
333
Les cénobes à 32 cellules atteignent quelquefois 100 p (pointes
comprises) ; les cénobes à 8 cellules ont 40 à 50 p. de diamètre. J’ai
mesuré une jeune colonie îi 16 cellules de 28 n-
Fig. 127-131. — P. Kaivraiskyi X 750. Serrant. — 127, jeune cénobe 16-cellulaire; —
128, cénobe adulte 4-cellulaire; — 129, cénobe adulte 16-cellulaire;
130, cénobe âgé 16-cellulaire; — 131, cénobe âgé 32-cellulaire.
C'est la cellule marginale qui est caractéristique de l’espèce
(fig. 130). Elle comprend trois parties: la base, par laquelle elle est
soudée aux cellules voisines; le corps libre, deux fois plus haut que
la base, ayant la forme générale d’un tronc de cône à parois concaves,
rectilignes, ou plus ou moins convexes et renflées suivant l’âge;
enfin, le sommet, profondément émarginé en son milieu et portant
deux lobes verts, terminés par deux pointes hyalines. Par ses deux
premières parties, la cellule marginale du P. Kaivraiskyi se rappro-
334
E. BIGEARD
che de celle du P. simplex; par son sommet, elle ressemble à celle
du P. Boryanum; mais elle diffère absolument de la cellule du P.
Braunii Wartm. qui a une forme trapézoïdale, comme celle de P.
Tétras, et qui est soudée aux cellules voisines jusqu’au sommet.
Schmidle rapprochait sans doute son P. Kawraiskyi du P. Braunii,
parce que dans ces deux espèces les pointes hyalines ne sont pas
toujours contenues dans le plan du cénobe; mais, si ce caractère est
constant chez P. Braunii, chez P. Kawraiskyi la position des pointes
est très variable et il arrive souvent que les deux pointes de la cel¬
lule du pourtour sont côte à côte dans le plan du cénobe, comme
chez P. Boryanum.
P. Kawraiskyi doit doue se placer entre P. simplex et P. Borya¬
num: la cellule marginale se rapproche, par sa forme, de celle de P.
simplex; mais an lieu d’être, comme cette dernière, prolongée en
pointe unique et longue, elle est tronquée, émarginée, et terminée
par deux lobes verts surmontés d’une corne hyaline, comme chez
P. Boryanum.
La forme du P. Kawraiskyi trouvé dans l’étang de Serrant parait
être la forme type, les pointes hyalines étant plus longues que chez
la variété Irevicome Lemm. et plus courtes que chez la variété
cor nutum Mor. Wod. Cependant la jeune colonie 10 cellulaire obser¬
vée présente des pointes entièrement vertes, d’une longueur égale à
la moitié de la hauteur totale de la cellule; les parois ne sont pas
renflees, la membrane est mince et, la taille mise à part, l’aspect
général est celui de la variété eomutum (fig. 127). La présence du
protoplasme dans les pointes, que cet auteur indique comme carac¬
tère de sa variété eomutum, peut se constater sur les jeunes colonies
de P. Kawraiskyi, comme sur celles de P. Boryanum.
Lans la récolte du 27 avril 1931, les vieux cénobes mentionnés
plus haut présentaient quelquefois des cellules de forme un peu
aberrante: cellules très grosses, parois renflées, membranes très
épaisses, rugueuses, rougeâtres, et surtout cornes courtes, cylindri¬
ques, hyalines, se détachent brusquement du corps de la cellule-
certaines cellules ont l’allure de kystes et la figure 131 représente
assez bien la variété Irevicome Lemm. (Mobosowa-Wodianitzka.ta
57, Tab II hg. 9, 10). La longueur de la pointe varie peu chez les
colonies de 1 étang de Serrant (moyenne 3 à 1 ,*), mais elle atteinl
vite sa longueur maxima et ne change plus, chez les colonies adultes
quand la cellule grossit et se renfle.
LES PEDIASTRUM D'EUROPE
3*5
I ('après ce qui précède, je considère doue le type de P. Kawraiskyi
comme réalisé par les colonies adultes rivant dans le plancton. Corn
me, à ma connaissance, il n’a pas été décrit d'autres variétés que celles
de Morosowa-Wodianitzkaja et de Lemmermann, je considéré
Kawraiskyi var. cornutum Mor. Wod., comme une forme de jeunesse
ou d’eaux agitées; la var. breücorne Lernrn., comme une forme de
vieillesse ou de bentlios.
II existe, dans la littérature algologique, un certain nombre de
faux P. Kawmiskyi. Lagbrheim, en 1000, (à cette date on n’avait
encore aucun dessin de l’espèce de Schmidle), rapportait au P.
Kawmiskyi des colonies de P. Boryanum, de la forme integrum ( 131 ,
p. 0, fig. 2-3). Bouge, en 1001, ( 31 ) commettait une erreur analogue (1) ;
en 1011 ( 35 ), il confondait encore P. Braunii et P. Kawraiskyi; mais,
en 1921 ( 37 ), les colonies rapportées par lui à P . Kawraiskyi Sciim.
appartiennent bien à l’espèce de Schmidle. Dans une lettre du 20 oc¬
tobre 1930, Borge reconnaît son erreur de 1001 et ajoute qu’il aurait
du la signaler en 1921 ( 37 ) : « P • Braunii et P. Kawraiskyi sont deux
espèces bien distinctes; ma figure de P. Kawraiskyi de 1901 (Sud-
Patagonien) et la figure de Lageuheim de 1900 (Beeren-Island)
sont différentes des figures de Lemmekmann, Lucks, Nitardy, Smith,
Schutoff, Skvortzow, qui appartiennent au P. Kawraiskyi Schm. ;
dans ces dernières, les cellules sont plus ou moins oviformes, tandis
qu’elles étaient plus ou moins polygonales dans les figures de Borge
et Lagerheim ».
P. duplex Meyen
A ce nom correspondent tous les Pediastrum à disque clathré,
dont les cellules marginales possèdent 2 pointes simples, non bifur-
quées.
L’espèce de Meyen n’a pas été dédoublée par les auteurs plus
récents (2) ; mais de nombreuses variétés ont été établies, qui corres¬
pondent, nous l’avons vu, à des états individuels : juvénüe ou sénile,
planctonique ou benthique.
(1) Le P. Kawraiskyi signalé par Bouge à la Terre de Feu, en 1906 (Süss-
■wassei'chloropliyceen von Feuerland und Isla Desolacion. Kjellmann Bot. Stud.,
Bd. 21), n’a sans doute pas plus de valeur que celui de 1901, puisque 1 auteur
uiécoraissait. encore le véritable P. Kawraiskyi en 1911.
(2) J'ai cependant signalé plus haut (p. 83) que le P. sculptatum Smith
(235 bis, p. 475, pl. 25, £. 13) me semblait représenter un P. duplex dgé, il
membranes plissées à l’extrême.
336
È. BIGEARD
Variétés supprimées
type. Var ' gmU ' mUm Bra ’ m (45 ’ p - a5 > : c ’ est forme planetonique
Variétés fondées sur la grandeur des lacunes et sur la forme
é ne ou massive, des pointes: micro porum Brauu ( 45 , p. 92 ) ■ clathra-
tnm Braun ( 45 , p. 93) ; reticuUtwm Lagerheim ( 126 , p. 56) •’ gracilli
mum West W. et G. S. ( 261 , p. 52). 1 ’ 9 “
tiou Ir étéS f° ndées SUr 1:1 ion S ueur - la grosseur, la forme, la direc-
T * aCib ° rakl (I87 ’ P' 261 • trackyMum
adb ° rSki (l87 ' P' “J! ’-c urcatum
Biaun ( . Q, gracile Holl ( 195 , p. 165). Ces deux dernières formes
mvent leur caractère au petit nombre de cellules du cénobe.
Variétés fondées sur les ornements et la couleur des membranes-
aubgranulatum Eaciborski (l 8 7 , p. 231 ; coronatum Bacib (ibid p 24 )
pillchrum Lemmermann ( 134 , p. 151); asperum Braun ( 45 " 93 .’
ruguiosum Bacib. ( 1 B 7 , p. 24); Ueidum Bacib. (ibid. p ’
as s™» s£.-î “s ss
«le la figure 133 a été * Provenant de la Loire; le cénobe
le contraste entre l P f ce 0 “ S ' U ' U eSt re “ ar » P ar
•«les du dis^“r:r ales à poiutes ^ « * ■*
Source : MNHN, Pan,
LES PED1ASTRUM D'EUROPE
337
P. biradiatum Meyen
Fig.
, 34 - I4 o. — P. biradiatum X 500- — >34 : diverses formes : a) longecornulum, b),
type, c) emarginatum, d ) caudatum. — 135» Jard. bot. de Tours, 13 ,
Serrant; — 137, 138 : Cher; — 139 : comparaison entre biradiatum ( a, b)
et duplex (c, d ) ; — 140, forme de culture (Serrant).
L’aspect des cénobes de P. biradiatum rappelle beaucoup celui des
colonies de P. duplex. La forme des cellules, leur taille, la couleur,
la grandeur des méats, les dimensions des colonies sont semblables
chez les deux espèces ; on les distingue l’une de l’autre par les carac¬
tères suivants :
a — disposition des cellules ;
«
So urce : MNHN, Paris
333
E. BICEARD
P. biradiatum,
4=4+0
8=7+1
16 = 11 + 5 + 0
12 + 4+0 (rare')
32 = 16 + Il + 5 + 0
P. duplex
4=4+0
8=6+2
16 = 10 + 5 + 1
9 + 6 + 1
32 = 15 + 10 + 6 + 1
15 + 11 + 5 + 1
14 + 11 + 6 + 1
16 + 10 + 5 + 1
64 néaIlt 64 variable
On voit que les colonies 16 et 32-celluIaires ont, au centre une
Icicune chez P. biradiatum, une ceiluic chez P. duplex.
b — terminaison (les bras des cellules :
Le méplat hyalin, qui termine, eu les tronquant, les bras des
duplex, est remplacé, chez P. biradiatum, par deux pointes hyalines,
coniques, divergentes, de longueur variant de 2 à 5 les pointes
sont séparées par un sillon aigu, dont le sommet s’arrête à la partie
verte de la cellule. “
■ C i~i. IeS ceIlu,es du ^que ont 4 bras comme chez P. duplex-
mais les bras extérieurs sont beaucoup plus longs que les bras inté¬
rieurs, qui sont quelquefois à peine saillants du corps de la cellule.
Espèce supprimée
. ! etra P° dum Morosowa-lVodianitzkaja (157, p. 29). Je rattache
J P biradiatum cette nouvelle espèce, fondée sur la position des
pointes, 1 une au-dessus, l’autre au-dessous du plan du cénobe. Quand
sonMamV “ lirMatUm de P rofi1 ’ “ ““State que les pointes ne
sont jamais rigoureusement contenues dans le plan du cénobe mais
le plus souvent alternent régulièrement de part et d’autre de ce
plan ; quand ce caractère s’accentue, on a le P. tetrapodum (fig. 111,
P 77). La variété tnconmUm Mor. Wod. de cette même espèce est
le P ’ZZr ™^ e ‘ aa ™“ rapport a™
e P. tricot nutum Borge (P. Braunii Wartmann).
Variétés supprimées
Brault^ T38 U un d T “ 1
(9«. P. 3, T. VU, f. 24) : fig. 134 J, 6 Ig^TsT™^
de : bras: <“*
} , • 4). fig. 134 e t 137 j clegans JRoll.
LES PEDIASTRUM D’EUROPE
339
Place du P. biradiatum Meyen dans la systématique des Pediastrum
P. biradiatum est une espèce voisine de P. duplex: ell^en .Wtore
essentiellement par la bifurcation des bras des cellules du pourtour
(£lS ’J’ai'signalé plus haut que la disposition des cellules, chez P.
biradiatum, était différente de celle des eeUules de ^ • ta
cénobes 16 et 32 -cellulaires ont une lacune centrale, tandis qui ceux
de P. duplex ont une cellule au centre. Mais ce carartère ^ pa a
bien constant chez les colonies habitant les masses d eau de la W
ne uaraît pas se retrouver partout, car beaucoup d auteurs (ex.
Chodat 55 ! p. 227-228) attribuent au P. duplex la disposition avec
une lacune centrale, que j’ai vue seulement chez P. Uradta u : .
p. biradiatum se rapproche aussi parfois de . ,
p 00) 11 existe, en effet, une forme de P. Tétras, dont les cellules
marginales sont doublement incisées et possèdentIV ***. 6 ;
comme chez P. biradiatum. Nitabdy ( 162 , p. 181, Tab. IV, ng. ,
”ig 14; X, fig. 13) décrit, sous le nom de P. inersum (Bhr.)
Eaîfs’, var. rota n. var., des cénobes voisins de P biradu . - -
emarginatum (Ehr.) Br. Le premier (T. IV, fig. 6 ) a la ce u
P. Tétras, trapézoïdale et soudée à ses voisines jusqu au sommet
mais l’incision principale est profonde et très ouverte, y a une
lacune centrale (16 = U + 5), comme chez P. Uradmtum. Chez
* or 1 vin fin- u- X fig 13), la cellule du pourtoui,
les autres (Tab. VIII, tig. 14, a, ng h ,
avec ses bras libres et faiblement émargmés, rappelle plutôt celle
de P. biradiatum que celle de P. Tétras; quant aux cellules du disque,
dans les trois dessins, elles portent une incision si largement ouverte
qu’elles présentent deux bras comme celle de P. Uradmtum et que
le disque se trouve perforé et non compact, comme chez P. Tetias.
Ceci montre que la limite n’est pas toujours facile h assigner entre
P. biradiatum et P. Tétras.
Mais, contre toute vraisemblance, Lücks (153. £'S- 7 ) attnbu
h P. biradiatum une colonie dont les cellules marginales, de forme
trapézoïdale, sont soudées jusqu’au sommet et dont le disque est
plein, formé de cellules largement incisées: c’est du P.~ Tétras.
Il en est de même pour Mlle Woloszynska ( 285 , p. ol 52, fig. 6 ),
qui attribue h P. biradiatum des colonies 8 -cellulaires (7 + 1) et
4 -cellulaires (4 + 0 ), dont les cellules marginales, nettement trapé-
340
E. BIGEARU
zoidales, sont soudées entre elles jusqu’au sommet, ou presque. La
colonie 4-cellulaire présente 4 pointes assez longues à chaque cel¬
lule. On voit souvent un petit méat entre 2 cellules du pourtour,
sur la ligne de la suture: ce caractère se rencontre quelquefois
chez P. Tétras. Les cellules du disque sont polygonales et ont une
incision sur une face. Les cellules marginales portent, sur la face
externe, une incision médiane avec 2 lèvres formant pointes et 2
échancrures latérales, comme dans les colonies de P. Tétras du
groupe du tetraodon. Les cénobes sont massifs et non perforés
comme chez P. Mradiatum. Il est vrai que l’auteur donne sa déter¬
mination comme douteuse et se demande si les colonies appartien¬
nent au P. Tétras ou à une espèce encore non signalée.
Fig.
Fig.
■4i. — P. biradiatum. D'après Tdltag (mb. P. Teins !)
,42 "^— -
Au contraire, Tuiling ( 245 , p. 64, fig. 13) attribue à P. Tétras
une forme curieuse, 8-cellulaire (7 + 1 ). Les cellules du pourtour
ont Xl T 11 ? la baSe ’ profondément bitumés!
sont (fig 141) nettement Mradiatum. Le disque sans méats formé
etter: e C 16 ' *“ 7 * « sur nue Le est
nettement Tétras; mais nous avons vu que la forme des cellules
LBS PËD1ASTRUM D'ËUROFË
341
Il vaudrait mieux attribuer à P. Tétras les céuobes il disque
compact sans méats, à cellules internes incisées sur une face et à
cellules marginales trapézoïdales, soudées entre elles jusqu’au som¬
met, avec incision principale étroite et profonde (fig. W2). C’est
l’avis de Bouge ( 38 , p. 27) qui, au sujet d’une colonie dessinée par
Printz ( 182 , p. 34, T. IV, fig. 203) et rapportée par lui à P. tira-
diatum var. yranulatum, écrit: « Cette colonie appartient bien il
P. Tétras; les cellules périphériques sont soudées jusqu’aux angles
supérieurs, tandis que chez P. Umdiatum elles ne sont soudées qu’à
la base ».
P. Boryanum (Turpin) Meneghini
Parmi les Pediastrum à deux pointes et à disque plein, P,
Boryanum se distingue par ses pointes à bords symétriques, sensi- .
blement équidistantes.
Le type de l’espèce doit être pris sur les colonies adultes vivant
dans le plancton. Celles-ci diffèrent fort peu d’une station à l’autre :
les pointes y sont coniques, vertes et larges à la base, hyalines et
minces au sommet. J’ai montré, dans la première partie, comment
la vie benthique et la vieillesse modifient le type moyen, jusqu’à le
rendre méconnaissable et. à donner l'illusion d’espèces distinctes.
Nombre et disposition des cellules dans le cénobe.
8 cellules : 6 + 2. HH -
16 cellules : 10 + 5 + 1. °'
9 + 0+1 . R -
32 cellules : 14 + 11 + 6 + 1 . R -
15 + 10 + 6 + 1. C - ‘
15 + 11 + 5 + 1. c -
16 + 10 + 5 + 1 . A0 -
64 et 128 cellules : disposition variable : dans le premier cas,
19 à 23 cellules marginales ; dans le second, 27 il 30.
Espèces réunies à « P. Boryanum »
P. Boryanum est certainement l’espèce du genre la plus poly¬
morphe, sans doute parce cpi’elle est aussi la plus ubiquiste. Plus
que dans aucune autre, les formes extrêmes ont servi de base aux
algologues pour la création d’espèces distinctes ;
B. B1CBARD
342
P. integrum Naegeli ( 160 , p. 97, T. V, f. R 4) = P. inerme
Bleisch ( 2 g 4 , n" 1194), de Toni ( 247 , p. 573): forme benthique adulte;
avec ses variétés: tirolense Hansgirg ( 102 , p) 118), forme à longues
pointes hyalines; scutum Raciborski 1187 , p. 7, T. II, f. 6 ), forme
à cellule marginale convexe, sans pointes; perforatum Racib. (ibid.,
f. 5), forme à disque perforé; priva Printz ( 180 , p. 173, T. X, f. 117),
forme à bord marginal droit, sans pointes ; dcnliculatum Lagerheim
( 127 , p. 37, T. I, f. 29), Reinsch ( 190 , p. 91, T. VII, f. 3), forme à
petites pointes coniques : Brusnthalkr ( 50 , p. 92) assimile cette
variété au Braunianum.
P. Braunianum Grunow ( 93 , p. 191) = P. integrum Naeg. var.
Braunianum Nordstedt ( 163 , p. 8 , T. I, f. fi); Raciborski ( 187 , p. 6 ,
T. II, f. 3); avec ses formes brevicorne, longicnrne Racib. (ibid.):
formes de passage entre P. Boryanum type et la forme integrum.
P. Pearsoni West G. S. ( 256 , p, 79, f. 30-32) = P. integrum
Naeg. var. Pearsoni Pritsch ( 87 , p. 11, f. 3) : forme benthique, plus
ou moins enkystée, de Boryanum.
P. prœcox Morosowa-Wodianitzkaja ( 157 , p. 22, T. I, f, 1 , 2 -
T, II, f. 1-3 ; 158 , p. 5, f. 1, 2) : forme cœlaetroïde.
Fie. 143. P. Boryanum. — Diverses formes de la pointe : capitée (j/landuliferum\ (a),
arrondie (£>), tronquée (c), excavée (4).
P. bidentulum Braun ( 45 , p. 91) = P. ellipticmn B Ealfs ( 188 ,
p. 188, p], 31, f. 10). Cette forme se distingue du Boryanum type par
la présence de deux courtes dents hyalines au sommet de la pointe.
On trouve, chez P. Boryanum, tous les passages entre la pointe
capitée, la pointe tronquée et la pointe excavée (fig. 143); dans
ce dernier cas, la pointe paraît plus ou moins bifurquée. Racibohski
(187, p. 34) donne cette espèce comme douteuse. Elle est signalée par
Frémy ( 82 , p. 246; 83 , p. 177), mais comme rare. Il arrive parfois,
chez P. duplex, que le méplat terminant le bras de la cellule mar-'
gmale s’incurve et que le bord porte une ou deux pointes hyalines
qui peuvent être prolongées par des poils flotteurs : personne n’a
songe cependant il détacher cette forme de P, duplex, pour en faire
Source : MNHN. Paris
LBS PEDIASTRUU D’EUROPE
P. Selenœa Kütsing (-4, P- 1«) = P- Boryanum var. .Selenœa
.... , , 1R9 _ 7 q rn yxn f. i 9: T. Y, f. 6 . — Synonymes (•)
Nitardy (162, p. 78, T. VI , , , f p 6 lepa«« Hassall
Micrastenas Selenœa ICutz. (i 3- 1 • > 2 , 92
, „ oon og f 19- P. lunare Hassall (îbid., p. a»-, pi »,
( 106 , p. 389, pl. 8 b, t- _ Jusqu , à quel point ces
f qi. p Nanoleoms (Turp.) Ralis, 1044. 1 ,
par les algologues modernes, saut par BnuNNTHAnnn (5°,, P- m,
qui maintfe.it encore P. Selenœa Küts. (= P. lunare Hass., P.
eleqanx Hass.) dans le « Süsswasscrflora ». L’aspect des frgur
données par ces divers auteurs me donne il penser qu’il s agit pro¬
bablement de très jeunes cénobes de P. Boryanum, ou peut-être encore
de P. mgulosum. sorymum
P qlanduliferum Bennett ( 15 * p. 7, 1 . o «J
var capituligerum (Lucks) Nitardy (Ltjcks, 153 , P- NlTiKDÎ ’ l62 ’
179 T vil f. 9, et T. IX, t. 15) = P. Boryanum var. longicorne
lîeinsck f. capitata glatira et f. capitata granulata Fischer (81 bis
p 18 ) Les caractères de cette curieuse torme ont été longuemen
discutés dans la première partie (p. 84 et suiv.) : les facteurs qui
provoquent leur apparition restent encore obscurs pour -, »
je crois avoir démontré que ces caractères ne sont pas héréditaires
et qu’ils ne sont pas particuliers au Boryanum.
P. compactam Bennett ( 13 , P- 5. f- 5)- L ’ autCTr en d ° n “ e la
diagnose suivante: « Cœnobium invested with a distinct ge latinous
envelope... ». Ce détail et les figures de Bennett indiquent qu il s agit
de jeunes cénobes de P. Boryanum, mieux peut-être encore de P. angu-
losum,, cénobes à nombreuses cellules, à pointes courtes, fraîchement
sortis de la cellule mère.
Variétés supprimées de « P. Boryanum »
Var. genuinum Kirelmer ( 116 , p. 95): c’est la forme plancto-
nique type. , , ,
Variété établie d’après la présence de petits méats: perforatum
Raciborski (187, p. 7). .
Variétés fondées sur la longueur, la forme, la direction des
pointes: trecicornc Braun ( 45 . P- 86) ; longicorne Reinscli ( 190 , p. 96) ;
integriforme Hansgirg (toi, p. 267); sutulifenm (KM Rabenhorst
B. B1GBAKD
344
(186, p. 75) ; productum West W. (d’après Brunnthaler. 50, p. 102) ;
divergens Lemmermann (138, p. 92, fig. 6); forcipatum (Corda, 63)
Kaciborski (187, p. 15).
Variétés fondées sur le nombre et la disposition des cellules-
crucmUm Kützing (125, p. 192), cénobe de 4 cellules; sexangular 'i
(Corda, 62) Hansgirg (101, p. 110), cénobe de 16 cellules (9 + 6 + 1).
Variétés fondées sur les ornements de la membrane: granulatum
(Ktz.) Braun (45, p. 90); undulatum WilLj (273 bis, p. 28).
Variété fondée sur des cénobes déformés, en coupe: oampanu-
latum Wille (27g, p. 432, T. 30, f. 13 a., 6).
Variété fondée sur des cénobes incomplets, tronqués: depauperata
Wille (ibid., f. 14 a-d).
La variété rugulosum West G. S. (254, p. 132, T. III, f. 22 )
me paraît identique aux formes araneosum de P. angulomm.
P. angulosum (Ehr.). Men.
Cette espèce est assez voisine de P. Boryanum, avec lequel elle
a été quelquefois confondue. Morosowa-Wodianitzkaja ( 157 , p. 25 ,
J. Il, fig. 17-18) en fait une variété du P. Boryanum. Nitardy ( 162 )
ramène le P. angulosum au P. Boryanum; mais je ne crois pas
quil ait observé le véritaole P. angulosum. , car je ne le vois pas
ans ses dessins. Quand on a sous les yeux des récoltes où les deux-
espèces sont également abondantes, comme c’est le cas à l’étang de
Serrant, la confusion n’est pas possible : depuis la formation du
cénobe jusqu’aux stades de vieillesse, les colonies de P. angulosum
se distinguent sans peine des colonies de P. Boryanum
la oenn, CaraCtêre d ,° minant ^ re8pêce ’ c ’ est ^hancrure externe de
forme e d arB1 " a ’ " re a,TOndle ’ dont ^ux lèvres, de
reietép 6 * on moins saülilute «. « trouvent
de ta ° 016 ^ CeUUIe ’ dlaCl,ne près des lèvres
nne noin ?“"*** ‘ B ’ M4)CeS ” e constituent jamais
longue et Z”"™’ * Par ’ me Pai ' tie hyaline ’ plus moins
ongue, et tronquée, comme chez P. Boryanum; l’échancrure est
eue esttarre C t éll0beS ’ ^ ^ Pr ° f ° nde; SHr Ies vieilles colonies,’
P ' rarement étr ° ite et p —* (voir
Source , MNHN, Pans
LES PEDIASTRUM D'EUROPE
345
— 145 :
(Cher).
Le bord externe de la lèvre, tronqué obliquement, peut être uni
ou orné d’une ou plusieurs dents (fig. 124, p. 91). Dans les formes 1-2
(fie 144), l’échancrure pénètre dans la cellule au-dessous du niveau
de la suture avec les cellules voisines; dans la forme 3, 1 échan¬
crure très ouverte occupe presque tout le bord libre. Les levres sont
toujours entièrement vertes; les ornements en plis anastomosés es
recouvrent comme le reste de la cellule; souvent, sur les vieilles
colonies, elles portent à leur extrémité une petite concrétion hyaline
courte et large. Le disque est très souvent percé de petits méats,
ils proviennent de l’excavation de la cellule sur une face, le plus
souvent la face extérieure; la cellule est réniforme ou plus ou moins
quadrangulaire et allongée suivant la tangente; plus rarement le
disque est plein et les cellules polygonales (fig. 50, p. 37).
Les ornements des membranes cellulaires consistent eu des plis
en relief, anastomosés en réseau ; sur les cellules du pourtour, ils
partent de l’extrémité des lèvres de l’échancrure, gagnent le milieu
de la cellule, où ils s'anastomosent, et de là se relient à ceux des
cellules voisines. Ces plis sont de nature pectique; ils n’existent
pas chez les jeunes colonies. Us me paraissent très caractéristiques
de l’espèce, parce que je ne les ai jamais rencontrés sur le P. Borya-
num, qui ne porte que des granulations. On ne les observe jamais
sur les jeunes cénobes; pour une colonie de 64 cellules, il faut que
la taille atteigne et même dépasse 100 g pour que les ornements
soient bien apparents: ils s'épaississent ensuite et de nouvelles rides
apparaissent à mesure que le cénobe grandit. Ces réseaux fixent
fortement les colorants pectiques (rouge neutre, bleu de méthylène,
hématoxyline ammoniacale). Sur les colonies des cultures, les réseaux
tardent de plus en plus à apparaître et sont de moins en moins
épais ; mais ils sont encore bien visibles sur les vieilles colonies.
3M
B. B1GEARD
J’ai représenté (fig. 147) les différentes formes des cellules du
pourtour cliez P. Boryanum et chez P. angulomm. On remarquera
la convergence des formes des cellules marginales chez les deux
espèces; la pointe hyaline tronquée, distincte de la cellule verte
' tadeï* espèces.^ 6 * <« « P- «Whsu* (II). Relations entre
'"h“nîï ' ° rS ’ a t ° r "‘ e m “‘ icum Imsicornc (c)
3) Formes integrum. [ yanUm ’ ers Ia forme muticum brevicorne (>,).
4) teSte 1 ’" (= rU3 ° S “"‘ Racib - ) - b ‘ foriM Mmtulum; c„ forme
5) , 6) Diverses formes de P. angulosum.
est un caractère bien fidèle de la l re espèce, comme l’échancrure
anondie pour la, 2 e : cependant il nm.nm >
do nointP inroi■ 1 nt 11 arrive qu’on ne peut distinguer
6 1>0mte 1,yaUne ClleZ /J - et que, chez i-, angulosum,
LES PEDIASTRUM D'EUROPE
347
l’échancrure est si peu marquée que les lèvres sont saillantes comme
deux lobes au-dessus du bord presque droit; daus ce cas, les orne¬
ments cellulaires seuls, permettent de distinguer les deux espèce^
les cénobes .le P. Bonjamm ont toujours des granulations jamais
de plis; ceux de P. «ngulosum ont des plis, jamais de granulations.
Les figures 145 et 146 représentent des formes aben antes,
remarquables, entre autres caractères, par l’échancrure profonde et
relativement étroite de la cellule marginale.
Espèce supprimée
p nolydens Morosowa Wodiauitzkaja ( 157 , 1 - H> f- '5 8 ’
f 5 C) L’apparition de dents sur les pointes s’observe quelquefois
chez les vieux cénobes. La figure C de l’auteur se rapporte mieux,
d’ailleurs, à un P. du/plex.
Variétés supprimées
a) oraneosuni Raciborski ( 187 ,
p. 20 ) ; gyrosum (ibid.) ; Haynaldii
variétés diffèrent peu de la forme
caractéristiques de l’espèce: je les
vieillesse.
p. 18) ; impeditum Racib. (ibid.,
Racib. (ibid., p. 21): ces quatre
type; elles portent des réseaux
considère comme des formes de
b) lœvigatum Raciborski ( 187 , p. 17); rugosum Racib. (ibid
p. 21 ): variétés fondées sur l’absence de plis (caractère de jeunesse),
ou la présence d’ornements différents.
c) truneatum Gutwinski ( 96 , p. 68 , T. II, f. 3). Sous ce nom,
l’auteur présente des cénobes 5 - 6 -cellulaires, donc irréguliers par le
nombre de leurs cellules ; les cellules marginales ont une échancrure
relativement profonde et aiguë, très différente de celle que j’ai l’habi¬
tude de voir chez les angulosum d’Anjou; chaque lèvre est limitée
extérieurement par une ligne droite, qui porte, à ses deux extrémités,
une dent plus ou moins longue, celle du milieu plus longue que
l’autre, cylindrique, hyaline. Il est difficile d’attribuer cette forme
à une espèce déterminée, avec quelque certitude. La soudure pres¬
que complète des cellules marginales fait penser à un Tétras, dont
les lèvres seraient plus écartées que d’ordinaire.
348
Ë. B1GEARD
P. Tétras (Ehrenberg) Ralfs
Les cénobes de cette espèce présentent quelques caractères bien
constants :
la forme trapézoïdale des cellules du pourtour, soudées les unes
aux autres sur toute leur longueur;
l’écliancrure, ou incision, étroite et profonde, qu’elles portent,
ainsi que celles du disque;
1 absence de plis simples ou anastomosés et de granulations sur
la membrane cellulaire.
Nombre et disposition des cellules :
4 = 4 + 0 . CCC
s = 7 + 1 . CCC
16 = 11 + 5 . o
32 = 16 + 11 + 5,
64 : inconnu.
Les différentes formes du bord externe de la cellule du pourtour
permettent de classer les colonies en deux groupes principaux :
1“ Cellules du pourtour avec une seule incision plus ou moins
profonde et aiguë: groupe de l’excisum (fig. 148).
2° Cellules du pourtour avec deux incisions ou échancrures
supplémentaires, moins profondes que la principale; cellules à poin¬
tes biradiées: groupe du tetraodon (fig. 149 ).
Mais, comme le montrent les dessins de la figure 150, toutes
les formes de passage se trouvent entre ces deux groupes et l’on
peut diviser autrement les différentes formes :
1 ) pointes non saillantes : bord droit, ou concave, ou subdivisé
par une incision supplémentaire peu profonde (fig. 150 a).
-.) pointes saillantes : bord simple, ou concave, ou subdivisé par
une incision supplémentaire aiguë, peu profonde (fig. 150 b).
ILS
W/
W49
Fig. 148-150. — P. Tétras X
texte).
'VsT ~W tt7 ]17
. 150 *
^ Hr xt
V
500. Diverses formes de la cellule marginale. (Voir le
Source : MNHN, Paris
IMS PEDIASTRVM D'EUROPE
Groupe de l'exci sum
Les figures 151, 1 à 18, etc., représentent les formes les plus
communes dans l’étang du Jardin botanique de Tours. On les trouve
également partout. J’ai remarqué que les colonies fixées ont les
pointes réduites (fig. 2, S, 10), tandis que les formes des figures 1, 4,
sont des formes planctoniques. Les figures 8, 12, 13 représentent
les formes rares; certaines correspondent assez bien k quelques
variétés des auteurs; par exemple la figure S à la forme oUusata
Racib. (187), la fig. 12 à la variété longicornis (Racib.?) West G. S.,
les figures 9 ,10 à la variété anomalum de Handa.
Groupe du tetraodon
Les figures 152 ; 14, 15, représentent des formes abondantes dans
cétang de Serrant. Les cénobes des figures 11, 18 ont été trouvés
dans la Loire, en 1929, en automne, à la période des basses eaux.
Les colonies des figures 21, 22, chez lesquelles la double pointe des
cellules marginales est à peine marquée, constituent entre les deux
groupes des formes de passage que l’on peut rencontrer partout.
Source : MNHN, Pans
350
B. BIGEARD
Les cénobes des figures 153, a, b correspondent à peu près au
P. obtusum de Lucks ( 153 , p. 43, fig. 5). J’ai trouvé cette forme le
2 mai 1929, dans des matériaux provenant du grattage de feuilles
immergées dans l’étang du Jardin botanique de Tours. L’aspect géné¬
ral du cénobe est assez différent de cqlui de la colonie de la figure
151 1, que l’on l’on trouve dans le plancton de l’étang, pour donner
d’abord l’impression d ’1111 organisme différent; mais, si l’on se
reporte aux dessins des cénobes ù pointes non saillantes, on trouve
tous les passages entre P. Tétras type et P. obtusum.
•FIg. 153, 154. P Tétras X 500. — 153, formes benthiques, Jard. bot. de Tours- _
154, formes de cultures.
Les figures 154 a, b, représentent des colonies chez lesquelles
on ne voit pas d’incision sur la cellule centrale et l’incision paraît
manquer aussi sur certaines cellules du pourtour. Etant donné l’ex¬
trême rareté de ces cénobes et leur aspect général, qui est celui du
P. Tétras, je considère ces formes comme étant dues à des variations
individuelles.
11 est difficile de fournir une explication satisfaisante pour
toutes ces variations, plus ou moins marquées et reliées entre elles
par toutes les transitions. P. Tétras est le moins planctonique de
tous les Pediastrum: on saisit moins facilement les modifications
qu’il subit dans le passage de la vie benthique à la vie pélagique.
Source : MNHN, Pans
LES PËDIASTRÜM û'EUROPE
351
De plus, les stades de vieillesse n’y sont pas indiqués par des carac¬
tères, tels que des granulations, comme on en trouve chez d’autres;
ce qui permettrait peut-être de saisir l'influence de l’âge sur d'autres
détails de la morphologie.
Pour une espèce si commune et si polymorphe, d’ailleurs, il est
remarquable que P. Tétras ait été si peu découpé par les algologues
modernes et ait donné naissance è un si petit nombre de variétés.
Especes supprimées
P. obtusum Lucks { 153 . P- 43, «K- 5) ■ e8 P èc0 fondée snr la lou '
gueur des pointes et la présence de deux incisions supplémentaires
sur la cellule marginale.
P. incavatum Turner ( 151 . p. ICO, T. XXI, fig. 21), le dessin
de l’auteur rappelle un P. Tétras, mais je n’ai jamais observé de
colonies semblables; la variété irrcgutarum de Handa (ioo, p. 261)
est établie sur une disposition peu commune: 6 cellules au pourtour,
au lieu de 7.
Variétés supprimées
1) tctraedron (Corda. 63 ) Rabenliorst ( 186 , p. 78) ; exeisum Rabh.
(ibid.) ; longicornis Raciborsld (?), West ( 254 . P- 132, T. V, f. B):
cette variété n'existe pas dans le mémoire de Raciborski ( 187 ) ;
West a peut-être emprunté la dénomination à Gdtwinski ( 95 , P- 10 i
g 7 , p. 305; 99 , p. 113), qui l’attribue aussi a Raciborski, mais en
renvoyant à des figures de ce dernier, qui se rapportent non à P.
Tétras, mais à P. mvMeum et à P. Bonjanum. Variétés fondées sui¬
des modifications individuelles du bord de la cellule marginale et
sur la longueur des pointes.
2) perforata Woloszynska ( 282 , p. 106) : variété caractérisée par
la présence de petits méats.
3) biirmanioiiM Handa tioo, p. 261, T. IV, f. 3); anomalum
Handa (ibid.): variétés créées d’après des cénobes 4 ou 8 -cellulaires,
è incisions plus larges, à pointes plus écartées que chez les cénobes
10 -cellulaires.
Source ; MNHN. Paris
352
E. BIGEARD
P. Braunii Wartmann
Wartmann et Schenk : Srlureizcrischc Kryptogumen, fysc. 1,
a 0 32, St Galien, 1862; Bokge ( 35, p. 25).
Synonyme: P. tricornutum Berge ( 25 , p 4 , f, 3).
Historique
C’est dans les lacs et les marécages tourbeux des liantes mou
tagnes (St-Moritz, Engadin+ que Wartmann découvrit son P. Bran
nii. Il en donne la description suivante (d’après Borge, 35 , p. 25):
« l)e toutes les espèces de ce groupe ( Tetraciinium ), mon espèce
se distingue par la division à peine marquée des cellules du pour¬
tour en deux bras; le développement des quatre courtes cornes est
très inégal; il n’est pas rare que "îes deux dents du milieu soient
avortées, du moins l’une d’elles l’est souvent, de sorte que les cel¬
lules marginales n’ont souvent que trois cornes. Les cornes latérales
disparaissent aussi quelquefois presque complètement; celles des
bords de deux cellules voisines sont parfois si rapprochées qu’elles
paraissent n’en faire qu’une seule. Les cénobes sont le plus souvent
à 8 cellules = 7 + 1 (diamètre de 20 à 38 g) et à 4 cellules (dia
mètre de 20 à 28 y). Chez ces dernières, tantôt les quatre cellules
sont en cercle, renfermant au milieu une petite lacune quadrangu-
laire, tantôt elles sont disposées de telle maniéré que deux cellules
se touchent au milieu (2 + 2). On trouve aussi, entre autres dispo¬
sitions: 7 = 6 + 1, 8 = 1 +5+ 2, 16 = 5 + 11 (une petite lacune
«1 cinq angles au centre) ».
P. Braunii est mentionné par Rabenhorst ( 186 , p. 78) et par
de Ioni ( 247 , p. 583). Ce dernier donne la diagnose suivante :
« Cœnobiis orbicularïbus 18-38 p cUam., oontinuis (soepissime
tamen lacuna parva centrait), glauco-viridibus ( siccatis ), g cellulis
// (2 + 2;, 7 (1 + 6*), 8 (1 + 5 + 2) vel 16 (11 + 5) formatis; cel¬
lulis periphericis late cuneatis, a basi ad apicem usque concretis ,
levissime emarginatis, vix bilobis , qnadricurnibus; cornibus plus mi-
nusve evolutis (haud raro uno altcrovc rudimentari vel subnullo) ;
cellulis centralibus poVygoniis ».
Nitardy ( 162 , p. 156), qui rapporte cette diagnose, croit que P.
Braunii Wartm. doit être rapporté ;i I>. Tétras Ealfs (= P. incisum
1RS PEDIASTRUM D'EUROPE
Îîn3
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n’est pas divisée nettement en deux bras.
En 1892. Borge ( 25 . P- *, «g- si S na,e ’ 80US * ™“
tricornutum, une nouvelle espèce avec la diagnose survente . « cœno
Mo orbiculari, continua; colMis pcriphœncis tmpemformtbus mar-
ninp extremo tricormitis, centralïbus polygoms ».
1 ans le d ssin de Bouge, toutes les cellules marginales ont trors
cornes; c’est ce q ui explique qu’aucun auteur excepte L.—,
ne s’apercevra de la ressemblance de P. tncornutum et de 1 . Riuunn.
U faudra attendre que Bouge lui même, en 19,,. nous dise comme
nous le verrons, que ces deux noms désignent la même plante et que
le sien doit disparaître comme postérieur. Maigre ce a, r “ ® D ^
la plupart des algologues actuels désignent encore la plante de
Wabtmann sous le nom de P. tricornutum Borge.
Schmidle ( 197 . P- 5)- en 1895, décrit une variété du P. tricor¬
nutum Borge : var. alpine, avec 2 formes: f. simplex et f. eooluta^
Les colonies diffèrent de la forme type (var. genmna ScUm.) en ce
qu’ils sont perforés; la forme simplex désigne les colonies 4-cel u-
laires, ,a forme evoluta, les cénobes à 16 cellules. Mais, dans les
dessins de Schmidle, presque tontes les cellules du pourtour ont
quatre cornes, ce qui les fait ressembler beaucoup à celles des céno¬
bes de Wartmann ; cependant Schmidle ne mentionne pas P. Braun».
L’année suivante, Schrôder ( 205 . P- 32, T. L, fig. T) décrit une
forme de P. tricornutum Borge à membranes portant des grann-
lotions.
Chodat ( 55 , p. 230), en 1902, rattache P. Brmnü Wartm. h P.
biradiatum Meyen, h cause des 4 cornes sans doute, et signale h
côté P. tricornutum Borge, qu’il a trouvé dans des formations tour¬
beuses (lac de Champex, dans les Sphaignes, Trélasse, Grand Saint
Bernard) ; la forme diffère de celle de Borge: « Chaque cellule péri¬
phérique, dit-il, porte vers chaque extrémité du bord externe une
petite corne hyaline courte, et sur la face, à quelque distance de la
Source : MNHN, Paris
B. BtGËARD
354
marge externe, un appendice conique couché, qui dépasse il peine
le bord et est terminé également par un bouton hyalin ( 55 , fig. 155).
Nitardy ( 162 , p. 168. 180) tient l’organisme de Chodat pour
différent de celui de Bouge, mais ne signale aucune relation entre
eux et le P. Braunii Wartm.
Chodat 156 , p. 95), en 192:1, décrit longuement l’organisme si¬
gnale par lui en 1902 sous le nom de P. tricornutum Borge, qu'il a
retrouvé en abondance dans les mares alpines du Grand Saint Ber
nard et dans les marais tourbeux de Champex. C’est; bien l'espèce
de Borge, mais la cellule marginale a quatre pointes, dont les deux-
plus externes sont généralement dans le plan du cénobe. Ce dernier
est souvent irrégulier et cœlastroïde. Chodat décrit la multiplica
tmn: la jeune colonie s’organise hors de la cellule mère, à l'inté¬
rieur d’une vésicule; mais la multiplication se fait aussi, comme
chez P. Boryanum, par autocolonies. Quelquefois les corpuscules
verts ne s'organisent pas, restent isolés et prennent alors l'aspect
de polyèdres. Mais Chodat ne parle pas, dans cette note, de P
braimïi Wartm.
Cependant Lageuheim ( 131 ). en 1900, avait parlé du P. Braunii
Wartm., dans son ouvrage sur le plancton de l’Ile-aux-Ours. et s’était
aperçu, le premier, de sa ressemblance avec le P. tricornutum Borge-
.1 dit en effet (p. 10 , en note): a P. tricornutum Borge est sans
doute identique il cette espèce (P. Braunii)-. ce nom (tricornutum)
est donc ù supprimer, et aussi pour cette autre raison que l'espèce
n a pas trois, mais quatre cornes; il semble que cette espèce fran¬
chement sphagnophile est largement répandue a.
SDitrteJ 911 ' 135 '■ 8 ' 0CCUpa,lt rte la fore planctonique du
Spitzbeig consulta le travail de Lageuhe», sur l'Ile-aux-Ours et
trouvant la note dont nous avons parlé, voulut savoir si son P. trier-
Zw + v- n ldenlit|ne ' ™ mme voyait Lagkri.e.m, au P. Bran-
_ „ " T ° 1C1 ce qu ’ 11 dlt à se ™jet (p. 25) : « P. Braunii Wartm
- P - trw ° rnutam Borge, J’ai vu peu d'exemplaires: quelques uns
Z7Z Tr autres, q au cou
traire, les cellules étaient munies de 4 petites cornes. Lagbrheim
suppose que P. tricornutum Borge est identique à P. Braunii
mr' R 1 * ' - me rep °^ ant à l!1 description de ce dernier organisme
Sur ina B Tn" IIS d * - 1 ' EU *' Alg '-' je ,UBeai ia su PP°sition fondée.
Sur ma demande, je reçus du Muséum Botanique de Zurich un
LES PEDIASTRUM D’EUROPE
355
corne,, ce qui .«avait déterminé à l’appellation - ~
reproduit ensuite lu diagnose de Wahtma™ qu’ri lart su.vre d^ces
remarques: « On pourrait rapporter au / . raumi ■ jj
Sclimidle ; d'après la diagnose de Sonuuu.n. le P. fl r les
fèrerait du /«. Braunti par l’absence des cornes des cotés et par
granulations de la membrane; or. Wu.™» dit que le. = d^
“côtés peuvent manquer cher. P. Braunii Quant an,: g »*****
Scheüder (Nene Beitr. Alg. Eiesengeb., S. -, r. i, f g -
un P. tricorvuhnn granuleux ».
On a vu, en effet, précédemment, que Borob avait longtemps
méconnu le vrai P. Kawraiskyi, mais l’avait bien distingué du .
Braunii en 1921.
Mokosowa-Wodianîtzkaja (157. 5 - - 8 - T - "■ flg ' 2B et ,J °; “ ^ C '
met pas l’espèce de Bouge: elle la rattache, à titre de variété,
partie à P. Tétras, en partie à son P. tetrapothim. Elle ne mentionne
pas le P. Braunii Wartm. Les dessins qu'elle donne de la variété
tvicomuUm du P. tetrapodum ( 157 , T. U. «g- 2 # ? h* * “
rappellent nullement le P. Braunii Wartm.; les cellules vin pourtour
sont biradiées: il en est de même de sa «g. 30 de la ph H qui
représente le P. Tétras var. caudatum Br. (syn. du / . tncomutum
Borge, d'après Moeosowa-Wodia K itzka..a ; les cellules ont quatre
pointes dans un même plan et sont incisées. Cet auteur 11 a donc
pas trouvé en Russie le véritable P. Braunii Wartm. (_ P. tricot -
nutum- Borge).
En résumé :
1" P Braunii Wartm. est identique au P. tncomutum Borge et
cette dernière appellation doit disparaître comme postérieure, et
d’ailleurs inexacte, puisque la cellule du pourtour a 4 cornes.
2» P. Braunii Wartm. est absolument différent du P. Kawraiskyi
Selon., du P. ttiraiialum et du P. Tétras qui, nous l’avons vu, cons-
tituent des espèces bien distinctes.
Source : MNHN, Paris
350
E. BIGEARD
Description (Fig. 155 à 158)
J’ai pu étudier la morphologie de P. Braunii, grâce à l’obligeance
de M. Deflandke, qui a communiqué il M. Biobet un échantillon de
sa récolte d’une fleur d’eau, du 28 août 1925, dans la tourbière à
Sphaignes des Praiges (Haute-Savoie).
Fig. 155-158. P . Branlai X 500. (158, X 750). Récoite de M Deflandre.
Le disque est simple et sans lacune (rarement un petit méat
ou deux dans les cénobes 16-cellulaires) ; les cellules du disque sont
polygonales et non incisées; les cellules marginales sont trapézoï¬
dales, comme chez P. Tétras, mais ni incisées, ni biradiées, et soudées
les unes aux autres jusqu’au sommet. Le bord frontal libre est élargi
en forme de cupule aplatie et ovale; il porte 4 cornes hyalines
courtes, faiblement tronquées ou pointues: une à chaque extrémité
t deux au milieu; les premières sont ordinairement dans le plan
du cénobe; les autres en-dessus et en-dessous, aussi ne sont-elles pas
oujours visibles: souvent l’on n’en voit qu’une; elles ne se trouvent
P 4Ô “ “4V n b0r<1 ' COnlme dimS ] ’ 0 I 1 S a ™me de Chodat ( 55 ,
La memtoane i 4 " P " S de bonton hyaIin * '*"<• extrémité.
ljR membrane des cellules est lisse.
Disposition des cellules dans le cénobe :
4 cellules:, 2 + 2 . R
» cellules: 7 + 1 . cc
16 cellules: 11 + 5 . cc ‘
32 cellules: pas observé.
Dimensions moyennes :
Diamètre des cénobes 4-eellulaires : 28 g ; 8 -cellulaires ■ an 35 ■
16-cellulaires: 40-50 Longueur des pointé: 2 “ 3035
LES PEDIASTRUM D’EUROPE
Espèce à supprimer
P. tricomutum Borge ( 25 ) : dénomination postérieure à P. Brw-
nii, reconnue comme synonyme par Borge lui-même.
Variétés et formes supprimées
genuina Borge ( 25 , p. 4, f. 3): c’est la forme type.
alpina Schmidle ( 197 . P- »)■ variété établie sur de petits méats.
simplex Schmidle, etmluta Schmidle (ibld.); formes fondées sur
le nombre des cellules du cénobe (respectivement 4 et 16).
Source : MNHN, Paris
TROISIÈME PARTIE
REPRODUCTION
L’examen cle nombreuses pêches, riches en Pediastrum variés,
m’a fourni l’occasion d’observer, à maintes reprises, les différents
stades de la reproduction asexuée, principalement chez P. Boryanum
et P. duplex. Ce mode de multiplication est de beaucoup le plus
fréquent.
L’émission de gamètes a été observée par de Baux et décrite
pai Braun (45, p, (>7. Tab. Il, fîg. B), d’après les renseignements
il lui fournis par he Bary. Suivant ces auteurs, il existerait des macro-
gamètres (maerogonidieg) et des microgamêtes (microgonidies), à un
ou deux cils, sortant de la cellule mère en une masse renfermée
dans une vésicule; celle ci s’échapperait par une fente comme pour
les zoospores et se résorberait peu à peu, en se dilatant, dans le
milieu ambiant. La conjugaison aurait lieu après la mise en liberté
des gamètes, mais elle n'a pas été observée.
Cette description ne concorde pas avec celle de Chodat (55,
p, I1O1, qui dit: « Tandis que les zoospores sont entourées par la
vésicule, les gamètes sont mis directement en liberté, ce que i’ai pu
constater ».
Askenasy 18) a décrit, chez P. Boryanum., des polyèdres sem-
l> aides a ceux de VHydrodictyon, germant en donnant directement
des zoospores, renfermées dans une vésicule et s’organisant en une
nouvelle colonie.
Malgré l’observation attentive, suivie pendant cinq années, des
LES PBDJASTRUM D'EUROPE
359
Pediastrum de l’étang du Jardin botanique de Tours, je n’ai jamais
rien tu qui ressemblât à une émission de gamètes ou à un polyednum.
Je considère donc la reproduction sexuée comme très rare et
j’ignore complètement quelles sont les conditions naturelles qui la
provoquent.
Tout ce qui suit se rapporte uniquement à la multiplication
asexuée. Elle est essentiellement caractérisée, on le sait, par une
sporulation à l’intérieur d'une cellule quelconque de la colonie; les
spores, provenant de la. division répétée du noyau, sont en nombre
variable, mais ce nombre est toujours une puissance de 2. Elles
passent d’ordinaire par un stade zoospore, qui ne comporte pas
d'existence libre h l’extérieur. Ces zoospores, enfermées dans une
enveloppe commune, finissent par se disposer dans un plan et cons
tituer une colonie semblable à la colonie mère.
La reproduction asexuée n’avait été observée, à ma connais
sance, que chez P. Borytmum, duplex, Tétras et Praunii; j'ai pu en
suivre les différents stades chez P. biradialum. et P. angulosum; je l’ai
observée en partie chez P. simplex et P. Kaurraisleyi.
L’existence des zoospores est certaine chez toutes ces espèces,
sauf chez P. Tétras.
La formation d’une nouvelle colonie se fait le plus souvent a
partir d’une cellule ordinaire, plus rarement il partir d’une cellule
enkystée.
Source : MNHN, Paris
360
E. bigbard
CHAPITRE PREMIER
REPRODUCTION ASEXUEE
A PARTIR DE CELLULES ORDINAIRES
L P■ Boryanum
A. REPRODUCTION NORMALE
La reproduction consiste dans l’émission d’une vésicule hyaline
contenant des corpuscules verts mobiles (zoospores), qui s’étalent
sur un plan et s’unissent les uns aux autres pour former une non
vel e colonie. Le phénomène a été observé la première fois par Braun
144) et étudié par Chopat et Hüber ( S S). Voici quelques détails
nouveaux.
La formation des colonies débute d’ordinaire dans les cellules
du disque: souvent, de la colonie mère, il ne reste qu’une couronne
de cellules vertes (fig. 159); parfois cependant c’est le contraire
qui se réalisé: on a une couronne de cellules vides et le centre vert-
mais ce dernier cas est très rare.
Dans l’étang du Jardin botanique de Tours, les colonies qui
onnent des cenobes, an printemps, ont sensiblement la même taille-
colonies 16 cellulaires: S0 colonies 32-cellulaires: 90 „ La cellule
"T”’ 16 * 18 ' de diamètre ’- ><*» P-ois ne sont pas ou
peu granuleuses.
La division cellulaire qui précède la formation des zoospores
ce a plint a m de ' ““ obserrati <™ malheureusement rares sur
point nais , ai vu la division en 16 masses vertes du contenu
dune cellule marginale: elle a duré 3 minutes. La première segmèn
ation s est faite parallèlement aux pointes
Les corpuscules verts se transforment en zoospores et entrent
en mouvement un peu avant l’émission de la vésicule (fig. 159), t
ni"! , e a cellule mère; j’ai vu la vésicule, détachée des parois
LES PËDIASTRUM D'EUÜOPË
301
de la cellule mère, rouler sur elle-même à l’intérieur de cette der¬
nière, entraînée par les zoospores en mouvement.
Après l’émission de la vésicule, le mouvement des zoospores
dure peu: de 5 à 15 minutes: elles s’étalent sur un plan et se dis¬
posent en cercles autour d’une cellule centrale (cénobes 18 et 32-cel-
lulaires); les pointes apparaissent aussitôt au pourtour; la vésicule
s'étale, se dilate et devient de moins eu moins visible. J ai note :
mouvement des zoospores: 10’; étalement sur un plan: 3’; appari¬
tion des pointes avec échancrure des cellules marginales: 2 ; puis
la vésicule disparaît peu à peu.
11 n'y a jamais qu'une vésicule par cellule mère; mais le nom¬
bre des corpuscules verts dans la vésicule n'est pas toujours égal
au nombre des cellules de la colonie mère: dans les colonies 32-cellu-
laires, l’organisation de la colonie fille, c'est à dire la disposition
des cellules, diffère le plus souvent de celle de la colonie mère.
Normalement les zoospores ne s'organisent qu’en une seule
colonie.
Les corpuscules verts s’unissent, mais sans se toucher, par
l'intermédiaire d’un réseau contint! dont ils garnissent les mailles,
que l’on voit se dessiner quand la vésicule se dilate et disparaît .
c’est la première ébauche du squelette cénobial. La substance qui
constitue le réseau est de nature pectique: les jeunes colonies, vidées
par l’hypocklorite de soude, ne donnent, avec l'iode et l'acide sulfu¬
rique, qu’une coloration il peine violette; mais elles fixent très bien
B. BIGEARD
362
le rouge neutre. D'où vient le réseau, embryon du squelette de la
colonie ? Est-il secrété par les corpuscules, ou provient-il de la
vésicule qui les a renfermés ? Il ne doit pas exister de différence
entre ce cas particulier et le cas général: chez toutes les Algues à
membrane celluloso-pectosique qui se reproduisent par zoospores
isolées, la zoospore mobile est toujours une cellule nue , qui secrète
son enveloppe rigide, après s’être fixée.
U. MODIFICATIONS DANS LE MODE DE REPRODUCTION
ASEXUEE
Chodat et Henni: 1581 ont étudié l’influence de la concentration
des sels dissous dans le milieu liquide sur la multiplication: il se
produit un retard dans la sortie de la vésicule : les zoospores per¬
dent leur mobilité, les colonies restent plus ou moins en boule, au
lieu de s’étaler, formant ainsi .des colonies eœlastroïdes; enfin l'or¬
ganisation de la colonie fille commence dans la cellule mère et la
vésicule n’apparaît plus.
d ai remarqué moi-même qu’il suffit d’abandonner une culture
spontanée dans un cristallisoir non couvert, où l’évaporation de l'eau
est active pour obtenir les colonies ccelastroïdes; elles sont beaucoup
plus rares lorsqu'on empêche l’évaporation.
Dans les vieilles cultures l(i à 10 mois) 011 observe alors des
modifications dans le mode de multiplication asexuée. La durée
de la phase zoospore, qui est normalement courte, diminue encore:
le mouvement des corpuscules cesse aussitôt après l’émission de la
vésicule; la colonie, dans ce cas. s’organise encore en dehors de la
cellule mère. Le mouvement des zoospores peut aussi cesser avant,
l’émission et il arrive même qu’il n’a plus lieu du tout. Dans ce
cas, la colonie s’organise dans la cellule mère; on ue voit plus ni
vésicule, ni fente; la multiplication a lieu par auto-colonie comme
chez Scenedesmus quadricaiida ou Coelaatnm micropontm It’ig. 100 ).
Ciiodat (581 a montré que la transformation de la multiplica¬
tion par zoospores en multiplication par auto-colonie avait lieu
aussi, et rapidement, sous l’influence de l’augmentation de ia con¬
centration du milieu nutritif. Nous venons de voir que l’absence de
flottement peut produire ù la longue le même effet.
LES PED1ASTRUM D’EUROPE
363
Etc. 161. — P. Boryanum X 500. — Multiplication asexuée. (Voir le texte).
.J’ai réuni, dans la figure 161 , des fragments de cénobes de P.
Boryanum, portant des cellules en voie de multiplication asexuée;
en a, on voit une cellule dont le contenu est divisé en 8 masses
vertes, arrondies, à peu près égales, groupées deux à deux; il y a
eu deux plans de division sensiblement perpendiculaires. En b, une
colonie cœlastroïde irrégulière naît de la cellule centrale d'un cénobe
à 16 cellules; elle est entourée d'une gelée hyaline; la cellule mère
11e porte pas de fente: je crois qu'ici l'expulsion de la colonie fille
a eu lieu par une déchirure latérale continue, une des faces de la
cellule mère s’étant, soulevée, comme le couvercle d’une tabatière,
sous l'influence de la gelée. E11 c, la colonie fille s'est constituée
entièrement dans la cellule mère. On remarquera que dans ces deux
derniers cas, où le dégagement de la colonie fille a été imparfait
ou nul, les cellules marginales sont du type integnim. Or ces cas
de multiplication ont été observés sur des cultures de récoltes plane
toniques de l'étang du Jardin botanique de Tours, cultures âgées
de 2 à 4 mois. Il semble donc que, daus la vie fixée, les anomalies
que l’on observe dans la multiplication végétative conduisent aussi
aux formes muticum et integrum. En d, ou voit une vésicule libre
en mouvement dans la cellule; en e, elle s’est échappée par une
fente et les zoospores sont en mouvement; en f, la jeune colonie
est encore enfermée dans la vésicule en voie de disparition; les
pointes sont déjà longues. Les figures d, e, f se rapportent à des ré¬
coltes de l’étang du Jardin botanique de Tours, examinées une
demi-heure après leur arrivée au laboratoire; en les comparant aux
figures b et c, 011 peut constater l’influence du milieu sur le déve¬
loppement des phases de la multiplication et sur l’aspect des jeunes
colonies.
So urce : MNHN, Paris
B. B1GEARD
3 «4
Enfin il peut arriver que la jeune
colonie ne parvient pas à s’organiser,
ou même que la division cellulaire s’ar¬
rête tout à fait : les corpuscules verts,
au lieu de s’unir, s’entourent chacun
. d’une membrane épaisse, échinulée ou
non, et prennent l’aspect de spores (tig.
162. Chodat (58) a signalé, sous le nom
d 'hypnospores, des productions analo¬
gues. Ce phénomène me paraît excep¬
tionnel. En août 1929, dans une cul¬
ture spontanée d’une récolte de planc¬
ton faite dans l’étang du Jardin botanique de Tours le 1 er mai 1929,
les hypnospores (?) se trouvèrent tout à coup assez abondantes pour
que je tentasse de les isoler, afin de suivre leur germination: je n’ai
pas réussi a les isoler. J’ai essayé depuis, également sans succès.
Fig.
— Hypnospores ( ?).
(Jard. bot. Tours).
. Boryanum X 500.
Cultures
d’en provoquer la formation: la culture dans laquelle elles étaient
apparues avait été abandonnée, sur l'appui d’une fenêtre, en plein
soleil, à une forte chaleur (28-33°). J’ai traité quelques prises d’essai
faites dans cette culture par de la teinture d’orcanette (1/5 avec
alcool h 90°) au bain-marie bouillant: les cellules contenaient des
gouttelettes d’huile.
II. P. duplex (fig. 163)
Chez P. duplex la multiplication est exactement semblable il
telle (lu P. Boryanum. Elle a été observée aussi par Morosowa
WODIANITZKAJA (157, p. 28, T. I, fjg. 5).
La phase zoospore est très nette, mais elle ne dure pas plus
longtemps Que riiez P. Boryanum. Les corpuscules s’incurvent sur
leurs quatre tares aussitôt après leur étalement sur un plan, avant
la disparition de la vésicule. Puis ils se soudent par les extrémités
de leurs bras; la jeune colonie présente déjà des lacunes très nettes
avant la disparition de la vésicule.
LES PÉDIASTRUM D‘EUROPE
305
163-169. — Multiplication asexuée : — 163. P. duplex, Jard. bot. de Tours;
164, P simplex, Serrant; — 165, P. Kawraiskyi, Serrant; — 166, F angu-
losu.ni , Serrant; — 167, P. biradiatum, Serrant; — 168, P. Tétras, Ser¬
rant; — 169, P. Tétras, Jard. bot. de Tours.
Source : MNHN, Paris
E. B1ÙEARD
*06
III. P. simplex ( f ig. 164)
Chez P. simplex je n’ai jamais pu saisir la sortie île la vésicule,
mais j’ai observé l’organisation de la jeune colonie dans l’intérieur
de la vésicule. Si mes observations sur cette espèce sont plus rares,
cela tient sans doute à ce qu’elle se maintient en culture beaucoup
moins facilement que les précédentes et s’y multiplie très rarement.
IV. P. Kawraiskyi (fig. 165)
Cette espèce est si rare que mes observations, en ce qui la
concerne, ont été beaucoup moins nombreuses : je n’en connais
qu'une seule station et l’Algue n’y a été abondante qu’en 1929. Mais
la multiplication se fait, là aussi, par une vésicule, qui s’échappe
par une fente et dans laquelle s’organise le jeune cénobe.
V. P. angulosunz (fig. 166)
La multiplication se fait comme chez P. Boryanum. La jeune
colonie est extrêmement caractéristique; les cellules du pourtour,
à peine soudées, ressemblent à un tube en U, aux extrémités légère¬
ment effilées et obtuses.
VI. P. biradium (fig. 167)
La multiplication végétative est semblable en tous points à celles
de P. Boryanum, angulosum et duplex.
Les zoospores enfermées dans une vésicule hyaline, qui s’est
détachée de la paroi et est devenue libre à l’intérieur de la cellule
mere, s’échappent en boule, par une fente, avec la vésicule, s’agitent
en un vif mouvement de fourmillement, qui dure 5 minutes; puis
elles s’étalent sur un plan, pendant que la vésicule se dilate; elles
se disposent en cercles concentriques, cessent de s’agiter et se sou¬
dent; les bras apparaissent en pourtour et la vésicule disparaît.
LES PEDIASTRUM D'EUROPE
367
VII. P. Tétras (fig. 168, 169)
La sporulation a été décrite par Bernard ( 17 , p. 95, T. XV,
f. 502-513).
« Dans les stades qui précèdent la division, les cellules se gon
fient, d’où il résulte que les émarginatnns latérales et l’incisure
angulaire deviennent moins marquées. J’ai pu observer tous les
stades de la division, qui se fait de la manière suivante. Une pre¬
mière cloison apparaît, un peu courbée, qui va du fond de l’incisure
angulaire au milieu d’un des côtés externes de la cellule. Une deu¬
xième cloison se forme, partant du milieu du côté convexe de la
précédente cloison et aboutissant à peu près à l’angle opposé. Enfin,
une troisième va du milieu de la seconde jusque dans le voisinage
de l’angle interne de la cellule. 11 résulte donc, de cette division,
4 éléments filles; pour la formation des cénobes 8 -cellulaires, de
nouvelles cloisons partagent ces 4 cellules. Les cellules filles gros¬
sissent et peuvent s’organiser, directement dans la cellule mère, en
cénobe définitif, de forme identique au cénobe primitif. Les cénobes
filles sont mis en liberté par rupture de la membrane de la cellule
mère. Dans d’autres cas, les cellules filles sortent alors qu’elles ne
sont pas encore organisées, ou du moins alors qu’elles le sont incom¬
plètement: ou bien toutes sont irrégulièrement polygonales ou ellip¬
tiques, ou bien les unes ont déjà acquis leur forme définitive, tandis
que les autres sont restées plus ou moins arrondies ou de contour
irrégulier.
« Quand les cénobes sont mis en liberté à l’état incomplet, leurs
cellules 11 e sont pas en contact très intime, et on peut les voir encore
entourées de la gelée au moyen de laquelle leur expulsion a été
facilitée. J'ai constaté, dans les cénobes 4-cellulaires, des cellules
en voie de division donnant l’une un cénobe-fille à 4 cellules, la
voisine un cénobe-fille à 8 cellules. Les familles 8 -cellulaires que
j’ai observées étaient toutes disposées par 7 -f- 1 cellules ».
On remarquera que l’auteur ne parle pas de vésicule entourant
les cellules filles avant et pendant leur organisation en colonie, mais
seulement d’une gelée.
J’ai observé, pour ma part, que les spores se présentent comme
de petites masses vertes, plus ou moins anguleuses (4 angles), enfer¬
mées dans une vésicule, hors de la cellule mère (fig. 169) ; mais cette
vésicule est appliquée sur les spores immobiles.
368
E. BIGEARD
Je n'ai pas assisté à l’émission de la vésicule; je ne crois pas,
cependant, qu’elle ait lieu à travers une fente de la paroi libre de
la cellule mère, comme c'est le cas chez les autres espèces du genre:
je n’ai jamais vu de fentes sur les cellules vides des cénobes de
P. Tétras.
Je n’ai jamais observé, non plus, aucun mouvement propre des
corpuscules verts; je ne crois pas qu’ils soient mobiles à aucun
moment, bien que je n’aie pas eu l’occasion d’assister à l’émission
elle-même, ni aux phénomènes qui la précèdent et la suivent immé¬
diatement. P. Tétras formerait donc des aplanospores, et non des
zoospores comme les autres espèces du genre. La multiplication se
ferait suivant un mode intermédiaire entre celui de P. Boryanum
et celui de Scenedesmus quadricauda; en particulier, la sortie des
spores dans la vésicule gélatineuse aurait lieu comme la sortie de
la colonie fille chez ücenedesmus quadricauda, par le bord externe
libre de la cellule pour les cellules marginales, et par une déchirure
suivant une ligne de suture pour les cellules du disque, la paroi
supérieure étant soulevée comme un couvercle à charnière (ouver¬
ture en tabatière).
La vésicule est d’abord appliquée contre les spores, puis peu à
peu se dilate (fig. 169) et disparaît: on distingue alors les incisions
sur les jeunes cellules, qui viennent de se souder pour donner la
nouvelle colonie.
RESUME
Dans le genre Pediastrum, le mode de multiplication asexuée
est le même dans toutes les espèces, sauf peut-être chez P. Tétras.
Il est caractérisé par l'organisation de la jeune colonie hors de la
cellule mère, à l’intérieur d'une vésicule hyaline. Exceptionnellement,
chez P. Boryanum (peut-être aussi chez les autres espèces, mais je
ne 1 ai pas constaté), dans des conditions très particulières, la mul¬
tiplication par zoospores passe peu h peu à la multiplication par
autocolonie. C'est ce dernier mode de multiplication qui se réalise
peut-être aussi chez P. Tétras.
LES PEDIASTRUM D'EUROPE
CHAPITRE DEUXIEME
RE PRODUCTION ASEXUEE A PARTIR DE KYSTES
Les kystes et leur germination n'ont été observés par k ‘ s auteurs
antérieurs que cites T. Borymmm et duplex. Chodat et Hmn fs»)
ont étudié la formation et le développement, en culture, des kystes
,1e P. Boryanum et montré l'influence ,1e la concentration du milieu
sur leur formation; mais, au sujet de leur germination, ils se bor¬
nent il dire qu’elle a lieu, dans l'eau distillée, par gélification des
parois, et que les zoospores s’organisent en une ou plusieurs colonies.
Proust (1841 a décrit plus longuement le phénomène des colonies
multiples chez P. duplex.
j'ai observé la formation et la germination des kystes chez 1 ■
Boryanum, duplex, angulosum, biradiatum. simplex et Tétras.
I. P. Boryanum
A l'état naturel, P. Boryamm peut s’enkyster, quand les con¬
ditions extérieures nécessaires il la multiplication végétative vien¬
nent à manquer: parmi celles-ci, nous le verrons plus loin, il y a
un minimum de température, au-dessous duquel la végétation est
très ralentie: il m’est, arrivé, pendant l'hiver, de trouver, dans des
dépôts provenant de l’étang ,lu Jardin botanique de Tours, des colo¬
nies de P. Boryanum dont les cellules étaient vides, sauf une ou
deux, qui, ayant continué à grossir, présentaient des parois renflées,
avec un contenu très vert et une membrane épaisse, souvent échinulée.
E 11 février 1029, pendant la période ,1e grand froid, ces sortes
de kystes se montrèrent plus fréquents sous la, glace du bord, dans
les vases, alors que P. Boryanum végétait encore activement en pro¬
fondeur. Denis ( 76 , p. 95) avait déjà constaté que la vie des Algues
vertes inférieures n’était pas toujours interrompue par le gel; il
mentionne que Petit a vu un Hydrodiclyon pris dans la glace sans
dommage. A la même époque, ayant exposé à la. gelée des cultures
riches eu P. Boryanum dans des cristallisoirs de cinq litres pleins
370
E. BIGEARD
Fig. ^o-m.-P.BopanumA 500. - Kystes. Germination des kystes. - „o,
b ot ). ^ fit' p°4* f. e T ou . r *) : T* ' 7I - Cenobe composé, cultures (Jard.
Vir/J , /T R ‘? 0l l e * fralCh ^ Jard ' b0t ' de T ° UrS ' février '9^9 ; —
173. Cultures (Jard. bot., octobre 1929-Avril 1930).
d ean, je retrouvai quelques cénobes plus ou moins enkystés dans le
dépôt boueux, sous la masse de glace, au milieu des colonies vides
ou déedorées: Ayant r6mis ces âé P 6te e “ cnlt ™5 dans de l’eau dis-
, ée à + 1S °’ -> e P us observer la germination de quelques kystes
et constater cette nouvelle propriété des zoospores, signalée par
Chodat (581 de se rassembler en 2 ou 4 colonies (tig. 170). Le frac-
mnnement de la masse des zoospores ne se tait pas brusquement
mars progressivement. La vésicule une fois en liberté, les zoospores
en mouvement forment une masse qui occupe la partie centrale; puis
elles s étalent sur un plan, et c’est alors qu’on voit apparaître 2 ou
colonies, qui peu il peu s’isolent l’une de l’autre. Il peut arriver
Véritln Ue r 1 ” pas à ’ me séparation totale : on a alors une
véritable colonie composée (fig. 171),
LES PED1ASTRUM D’EUROPE
371
Le mode de germination des kystes parait assez, variable; la
sortie d’une vésicule par une fente, comme chez la cellule végétative,
est un cas certainement exceptionnel: je ne l’ai vue qu une fois, La
germination a presque toujours lieu par gélification, part,elle ou
totale, des parois du kyste. La figure 172 montre une colonie a 16
cellules portant six kystes, formés par les six cellules du disque.
En se développant, ils ont débordé sur le pourtour vide et 1 ont par¬
tiellement recouvert. L’un de ces kystes germe, en donnant quatre
colonies 16 cellulaires; il ne porte pas de fente et les parois au
moins les parties externes, n’en sont pas gélifiées ; le bord externe
est nettement visible; les colonies filles ont été mises en liberté par
le soulèvement de la paroi supérieure: c’est l’ouverture en tabatière.
Elles sont entourées chacune d’une auréole gélatineuse, qui rappelle
la vésicule, mais qui m’en semble cependant différente: ses contours
ne sont pas nets et je ne l’ai pas vue se dilater; mais elle m'a paru
diffluer rapidement dans le milieu ambiant La colonie de droite,
plus avancée que les autres dans son développement, se trouve déga¬
gée de la matière gélatineuse, qui ne l’entoure plus, alors que la
vésicule entoure la jeune colonie dans le cas normal. Peut-être cette
auréole gélatineuse joue-t-elle un rôle dans l’ouverture du kyste,
quelle provoquerait par sa dilatation. En tout cas, la phase zoos¬
pore, si elle a eu lieu, a dû être courte; elle ne s’est pas prolongée
après l’ouverture du kyste, puisque les colonies en sortent planes
et organisées. Ce mode de multiplication rappelle un peu celui que
Proust ( 184 ) a décrit pour les kystes de P. duplex: la séparation
des colonies a eu lieu ici dans l’intérieur du kyste.
Enfin, la mise en liberté des colonies filles peut se faire par
gélification totale des parois (fig. 173).
Ainsi P. Boryanum a la faculté de s’enkyster et le changement
de forme consécutif à l’enkystement produit des formes semblables
h la forme integrum , Cet enkystement résulte d’un retard dans la
multiplication végétative (Chodat, 58 , 11 . 11); il se produit quand
les conditions de milieu nécessaires h la production de cette der¬
nière viennent è manquer: parmi ces conditions, il faut noter, nous
venons de le voir, une certaine température et une dilution assez
grande des éléments nutritifs; il y en a peut-être d’autres que
j’ignore. Je n’ai pas eu la chance de trouver à 1 état naturel des
kystes en grande quantité; il se pourrait que le P. Pearsoni de G. S.
West ( 256 , p. 79) ne soit pas autre chose que du P. Boryanum
372
E. BIGEARD
enkysté, par suite de conditions de milieu défavorables à la multi¬
plication végétative.
La germination des kystes se fait comme chez P. Boryanum.
II. Chez les autres espèces
La figure 174 montre un cé-
nobe de P. simplex dont les cel¬
lules marginales sont vides, sauf
une, et dont les quatre cellules
internes ont donné des kystes.
L’un d’eux germe : la paroi se
gélifie; les corpuscules se divi¬
sent en quatre groupes, qui don¬
neront chacun une jeune colonie:
on en voit une qui commence à
s’organiser.
Chez P. duplex, Penkystement
Fie. 171. - P. simplex X S o„. Kystes. Paraît Pl " 8 rar<i ’ ^ “Pédant
germination (Loire, août-octobre 1930). r0lI vé quelques colonies avec
kystes pendant l’hiver, dans les
ases de 1 étang dit Jardin botanique de Tours, alors que l’Algue
ne végété plus dans le plancton. On peut aussi en trouver dans les
vieilles cultures.
enriI B ° BST ( f 4> 3 m ™ tré qUe Ia c<mc ™ trati <»i âu milieu et son
enrichissement en principes nutritifs favorisaient l’enkystement et
que a reprise de h, culture avec de l’eau de pluie, provoquait la
germination des kystes. Les figures 175 et 176 montrent tout ce
que ] ai p„ voir de la germination de ces kystes; dans la figure 175
vésicule, ~ ** non encore <lans la même’
J’ai toujours vu une vésicule générale, mais jamais de vésicules
“ n ir m '; ,eR J r nee ooI,,nies ' prenant ,,niss “" cp *•»« i«
• g nérale. Cependant Pkobst qui a ru le phénomène des
co ornes multiples chez P. Ouple.r, en culture pure, l’a décrit un peu
Mereiument. Dans l’intérieur du kyste, au début de la germination
a vu masses protoplasmiques vertes, nettement séparées et entou’
ré hacune d’une membrane d’abord protoplasmique, St l’auteur
P cellulosique; chaque masse verte donne un groupe de zoospores
LES PEDIASTRUM D'EUROPE
373
Fig. 175-178. X 500. — Kystes, germination. — 175, 176, P. duplex. Cultures (Jard.
bot. de Tours, juillet-octobre 1930); — 177, 178, P. angulosum, Serrant ( 1 77 »
vieille culture; 178, récolte fraîche, Mai 1932).
Source : MNHN, Paris
374
B. bigbard
Pt la membrane forme la vésicule, (le sorte que l'on a finalement 4
groupes de zoospores renfermés chacun dans une vésicule : les 4
vésicules secondaires se trouvent ainsi contenues dans la vésicule
générale, provenant de la gélification des parois du kyste. La sépa¬
ration des colonies a donc lieu dans ce cas avant la formation des
zoospores. Je n’ai pas vu ce cas chez P. duplex, ni chez P, Boryanum,
mais seulement la séparation des colonies après la formation des
zoospores. Les zoospores, d’ailleurs, ne se séparent pas toujours :
dans ce cas, on n’a qu’une colonie par kyste.
Quant au P. angulostim, j’ai pu voir deux fois la germination
des kystes: dans la récolte du 17 juin 1930, le 1" juillet, et dans
celle du 27 mai 1932. le 29 mai. Les kystes, ou aplanospores, avaient
été signalés par Denis ( 76 , p. 137, fig. 17); mais leur germination,
il ma connaissance, n’avait pas été observée. La première fois, je
liai pu voir la sortie de la vésicule (fig. 177): les zoospores étaient
déjà hors de la cellule mère et groupées en deux masses, dans l’inté¬
rieur de la vésicule. La seconde fois, je trouvai deux kystes qui
germaient dans une colonie 64-cellulaire, presque complètement vide
(fig. 178). Lun d’eux avait acquis de grandes dimensions, il couvrait
les cellules du rang externe, débordant jusque sur celles du pour¬
tour; les parois étaient à demi gélifiées; la vésicule était en partie
dégagée et les zoospores déjà groupées en deux masses, l’une restée
dans le kyste,l’autre dans la partie de la vésicule dégagée (fig. 178 a).
1 ette dernière s échappa du kyste complètement en une minute et *
aussitôt les zoospores en mouvement parurent divisées en 4 masses,
Séparées l’une de l’autre par des replis de la vésicule. Cinq minutes
apres, elles étaient étalées sur un plan, constituant 4 colonies à
bt cellules (fig. 178 e, d), semblables à la colonie mère; dans la
première observation, le kyste avait également donné 4 colonies à
94 cellules, et la colonie mère était aussi à 64 cellules; ce cas doit
être le plus fréquent; les deux kystes dont j’ai vu la germination
contenaient donc, avant l’ouverture, 256 zoospores. Le mouvement
■ es zoospores n a pas duré plus de 3 à 7 minutes. La vésicule hyaline
ina paru, lors de la deuxième observation, comme divisée en quatre
vésicules secondaires incomplètement closes (fig. 178 c), mais il ne
m a pas paru y avoir de vésicules secondaires distinctes de la vési¬
cule générale, cas observé par Phobst chez P. duplex.
P. biradiatum forme également des kystes comme les espèces
précédentes. La figure 179 montre la germination d’un kyste: elle
Source : MNHN, Paris
LES PEDlASTRUa DEUROPE
375
a lieu par gélification des parois de la cellule enkystée; celle-ci
s’accroît, recouvrant une partie du cénobe ; puis on distingue, il tra
vers la paroi, une masse de corpuscules verts eu mouvement dans
l’intérieur d’une vésicule. Ils s’organisent en deux on quatre colonies.
On peut observer tous les passages entre la multiplication de
la cellule végétative, avec sortie de la vésicule par une fente, et la
germination du kyste par gélification de la paroi.
Fie 179-180 bit. X 500. — Kystes, germination. — .79, P. 6.rnd.«<»m, (Serrant Juil¬
let-septembre 1929) ; - .80, .80 bis, P. Tc , r or (.80, Cultures, Jard. bot. de Tours,
septembre .930-mars 193’ 1 - .80 bis, Jard. bot., boues {ra.ches).
Enfin, chez P. Tétras, dans les vieilles cultures, on voit quel¬
quefois des cénobes avec cellules marginales à parois externes ren¬
flées; l’incision disparaît presque complètement, comme l'a indiqué
Bernard ( 17 , p. 95). Ce sont de véritables kystes. -J’ai observé la
division du contenu intérieur en plusieurs masses vertes ; mais je
n’ai pu suivre la sortie et l’organisation de la colonie fille. La
figure 180 montre un commencement de multiplication, semblable
h ce qu’on observe chez Scenedesmns.
La figure 180 bis a été prise sur un cénobe de P. Tétras, pro¬
venant (le boues et examiné aussitôt après la récolte (printemps).
Le cénobe renferme plusieurs kystes en germination: le bord exîei-
ne de deux de ces kystes semble indiquer un commencement de géli¬
fication de la membrane.
376
2. BIGEARD
RESUME
La multiplication par kystes diffère de la multiplication par
division d’une cellule végétative par les caractères suivants :
1 ° le kyste a un volume beaucoup plus considérable que la cel¬
lule végétative; les dimensions des zoospores étant toujours les
memes, il en résulte que la division du contenu de la cellule aboutit
à la formation de zoospores en nombre toujours plus considérable
que celui des cellules de la colonie mère.
2° le kyste peut produire une seule colonie fille, dont les cel¬
lules sont alors plus nombreuses que celles de la colonie mère: ce
cas est le plus rare; plus généralement, il produit 2 ou 4 colonies
i les dont les cellules sont en nombre égal ou inférieur à celui des
cellules de la colonie mère.
S» Le mode de mise en liberté des colonies filles diffère presque
oujours de celui qu’on observe dans la multiplication asexuée
ordinaire: je nai vu qu’une fois, et chez P. Boryanum seul, la
sortie d nue vésicule par nue fente; ordinairement ou observe soit
a rupture de la paroi sur le bord libre (cellule marginale), ou sur
a ligne de suture (cellule du disque), sous l’effort produit par la
du "kyste’ 1 ^ lntei ' ne ’ ^ gélification tota](i ^ paroi
QUATRIÈME PARTIE
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
et ECOLOGIE des PEDIASTRUM
DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE DES PEDIASTRUM
Sur les huit espèces du genre, quatre sont universellement répan¬
dues et semblent partout également abondantes : P. Boryanum,
duplex, simplex, Tétras. Des quatre autres, deux manquent ou sont
très rares dans des régions étendues: P. biradiatum et P. angulo-
sum; la troisième, P. Kawraiskyi a une aire de répartition limitée ;
quant à la dernière, P. Braunii, elle ne se trouve, au moins en
Europe, que dans les tourbières du Nord et des hautes montagnes
du Centre et du Midi.
A. PREMIER GROUPE. Espèces à répartition universelle :
P. Boryanum, duplex, simplex, Tétras
P. Boryanum
Espèce universellement répandue: des confins de la région arcti¬
que aux abords du continent antarctique, elle a été signalée sous
toutes les latitudes; en France, et dans toute l’Europe tempérée,
c’est l’espèce du genre la plus caractéristique du plancton des riviè¬
res, des étangs, des mares: les algologues la mentionnent partout.
Source : MNHN, Paris
378
E. BIGEARD
Région arctique: io, 34, 35, 60, 131, 193, 275, 280.
Scandinavie, Russie, Régions bal tiques : 25, 26, 32, 38, 41, 42,
43, 49, 126, 139, 153, 157, 158, 162, 180, 181, 194, 195, 199, 209, 213,
214, 216, 219, 241, 243, 244, 253, 276, 293.
Europe centrale et méridionale, Açores, Madère: 7, 12, 55, 109,
114, i2i, 178 bis, 204, 209, 212.
-4.S-/0!.- 220 à 234, 48, 78, 80, 100, 144, 150, 166, 167, 174, 178, 182,
*40, 251, 267, 278, 287, 288.
Amérique du Nord: 34, 234, 235, 261, 286.
Amérique du Sud et Amérique Centraie : 31, 33, 36, 128, 12g,
136, 151, 274.
Afrique: 30, 40, 82, 86, 87, 90, m, 112, 130 168, 173, jgi, 200,
201, 254, 256, 262, 263, 282.
Océanie, Australie : 17, 28, 53, 121, 163, 164, 169, 170, 272, 277,
281.
Région antarctique : 6, 31, 52, 85, ig2, 279.
P. Boryanum est l’espèce <ln genre la plus répandue dans les
régions australes. Il 11’a pas été rencontré sur les bords du continent
antarctique, ni sur la terre de (iraham, ni dans les Orcades du Sud
(Expéditions Charcot et O. Nordenskjold : Documents scientifiques);
mais il est signalé dans la Géorgie du Sud par Caklson (52) et
Keinsch (192), en compagnie de duplex. Fhitsch (85, p. 293 et 294;
note I absence de formes cosmopolites dans les Orcades du Sud :
Pediastrum, Bctnedemmt, Cosmarium, Clotterivm, mais rappelle que
P. Boryanum se trouve dans la Géorgie du Sud et aux Kerguelen.
M ille (2791 signale P. Boryanum aux Iles Kerguelen.
Enfin Boryanum parait avoir été l’espèce la plus abondante
«les époque post-glaciaire; en effet Steixecke (238) et Bonn» (27) le
signalent comme abondant dans les tourbières fossiles post-glaciaires
de l’Allemagne du Nord et de l’ile Gotliland ; les autres espèces P.
duplex, P. anyulosum sont beaucoup plus rares :
En résumé, P. Boryanum (Turp.) lien, est l’espèce du genre la plus
répandue et sans doute la plus ancienne; ou la trouve dans toutes
les masses d eau comportant un milieu plauctonique, dans tous les
pays du monde, sous toutes les latitudes, à toutes les altitudes. Et
si P. Boryanum se multiplie presque uniquement pendant l’été dans
es régions tempérées, il se maintient souvent très abondant pendant
hiver au moins dans certaines stations, où il reste vert même sous-
la glace, montrant ainsi une grande résistance au froid. C’est égale-
Source. MNHN, Paris
LES PËDJASTRUM D’EUROPE
379
ment l’espèce qui se développe le mieux eu culture et c’est enfin une
des plus polymorphes. Elle a une grande plasticité et une grande
résistance: c'est le type de l’espèce à la fois eurytope et eurytherme.
P. duplex, simplex, Tétras
Ces trois espèces accompagnent presque partout P. Boryanum.
Cependant, les deux premières manquent dans la région arctique :
ni Bachmann (io), ni Bouge (35)» ni Lageriieim (13 1 )? 111 Wille
et Rosenvinge (280) 11e les ont rencontrées. De même, dans la
région antarctique, 011 n'a trouvé que 1\ duplex et P. Tétras, le pre¬
mier seulement dans la Géorgie du Sud (Carlson, 52; Reinscii, 19 2 )?
le second aux îles Kerguelen (Wille, 279; Archer, 6). Au contraire,
dans les régions tropicales, P. duplex et simplex sont plus souvent
mentionnés que P. Boryanum y ainsi Van Oye (172 ) ne mentionne
que P. duplex, simplex, Tétras, dans sa liste des Algues du Congo
Belge, et Bouge (30) ne cite pas P. Boryanum dans sa liste des
Algues d’eau douce des régions tropicales et subtropicales.
B. DEUXIEME GROUPE. Espèces à répartition limitée
P. biradiatum
Espèce très rarement signalée en France : environs de Falaise
(de Brébisson, 46), canal de Roubais (Schodduyn, 202).
En Europe, 011 la rencontre presque partout; mais alors que
P. Boryanum, duplex, Tétras se trouvent dans toutes les stations
d'une région donnée, P. biradiatum, comme P. simplex, 11e végète que
dans quelques-unes.
Allemagne: it8 , 153, 139, 162; Angleterre et Irlande: 257, 260,
266; Belgique: 1^2; Bulgarie: 178 bis; Etats Baltes: 92, 213, 214;
Danemark: 253; Finlande: 53 bis; Norvège: 180, 243; Pologne:
98, 187; Suède: 32, 38, 126; Suisse: 55, 270; Roumanie: 246; Russie:
24, 26, 157; Amérique du Nord: 235; Amérique du Sud: 73; Afrique:
82, 172; Asie: 182, 220, 221, 223, 231.
Source ; MNHN, Paris
380
B. BIGEARD
P. angulosum
Espèce aussi rare (pie P. biradiutum, mais cependant plus sou¬
vent signalée, en France, que cette dernière.
France: 69, 70, 71, 72, 76, 77; Europe: 38, 153, 162, 180; Améri¬
que du Nord: 235; Asie septentrionale: 220.
Des huit espèces du genre, c'est la moins souvent signalée, dans
l'Asie centrale et septentrionale, par Skvortzow.
P. angulosum n'a pas encore été, à 111a connaissance, rencontré
dans l’hémisphère sud.
L’espèce est probablement confondue avec P’, Boryanum par
certains auteurs.
P. Braunii
Espèce arcto-alpine, peu répandue en Europe; elle paraît plus
fréquente dans l'Asie septentrionale et centrale.
J'rance: 69, 72, 74 (Alpes et Pyrénées); Europe: l’espèce est
surtout répandue en Ecosse, Suide, Norvège, Finlande. Russie du
-\ord, dans les lacs, tourbières, ruisseaux des hautes vallées An
sud de la Baltique, on ne la trouve que dans les montagnes ;
Europe du Nord : 25, 35, 53 Ms, 180, 243, 244, 260, 266 ;'Europe
du Centre et du Midi : 94 bis, 178 bis, 197, 246, n, 55, 244; Asie ■
221, 222, 231.
P. Kawraiskyi
C’est la moins répandue des Luit espèces de Pediastrum et elie
est rarement abondante.
En France la seule station signalée jusqu’à ce jour est celle
k 1 Etang de Serrant (19), à Saint-Georges-sur-Loire (Maine-et-
bmre); elle v est presque aussi abondante que P. simples-, sans
et ZZT ^ Ct <le b€aUC ° UP ’ q " e P - Bor V awum , angulosum
Dans le reste de l’Europe, P. Kawraiskyi n’est guère signalé
mus alors assez fréquemment, que dans les listes floristiques con¬
cernant les régions qui touchent à la mer Baltique: Allemagne du
un t /’ < 20 ’ I34 ’ I37 ’ I38 ’ I42 ’ I43 ’ I48 ’ « 3 . >62, 179); Dane-
ark (2531; Scandinavie (37, i 4 i. 180); Russie (i S7 , 216) ; Lettonie
LES PEDIaSTRUM D’EUROPÉ
381
(g2, 213, 214). Brutschy (51, p. 102 ) donne bien le nom de P.
Kawraiskyi dans nue liste d’Algues du val Fiera, en Suisse; mais
il n’insiste pas sur ce fait intéressant et il ne donne ni description,
ni figure de l’organisme qu'il attribue à cette espèce.
E11 Asie, P. Kawraiskyi semble atteindre une plus large distri¬
bution: depuis le Caucase, qui a fourni les récoltes de Kawraisky,
dans lesquelles Schmidle (198) a découvert et créé la nouvelle
espèce, — même dans cette région originelle de l'espèce, elle ne
doit pas être très commune, car 011 ne la retrouve pas dans les listes
de Woronichin (278, 288), qui s’est spécialement occupé des Algues
du Caucase — , jusqu’au bassin de Y Amour, en passant par le Pamir
et le lac Zaisan (178, 78, 182, 220, 222, 231, 233, 234) : la plus grande
part de ces découvertes est due à Skvortzow.
De sorte que, dans VEurasie, il semble exister deux centres
importants de distribution de P. Kawraiskyi : le pourtour de la
Baltique et l’Asie centrale.
En dehors de l'Eurasie, les seules mentions que je trouve de
P. Kawraiskyi bont celles de Smith (235), qui le signale comme très
rare dans trois stations du Wisconsin, en Amérique du Nord, et de
Bachmann (10), qui le donne comme accessoire dans un lac de la
côte orientale du Groenland.
382
LES PEDIASTRUM D’EURURE
CHAPITRE DEUXIEME
DISTRIBUTION DES PEDIASTRUM
EN ANJOU ET EN TOURAINE
La constitution d’un milieu planctonique exige une niasse d’eau
assez considérable pour qu’il y ait une zone pélagique et une zone
néritique. Les Pediastrum, organismes planctoniques, vivent et se
multiplient dans la première. On les trouve aussi dans la seconde,
fixés sur le fond, les pierres, les feuilles immergées; mais dans les
petites mares, les fossés, marécages, en général dans les masses d’eau
trop petites pour comporter des zones pélagique ou limnétique dis¬
tinctes, le^ Pediastrum, du moins les principales espèces du genre
sont généralement absents.
Cette observation s’accorde avec celle cI’Allorge (2, p. 621),
qui a remarqué la disparition des Pediastrum dans les mares et
fossés tourbeux eu plaine (association à Scirpus flmtans et à Pota-
mogeton polygonifolius). De même, pour Chodat (54, p. 49), ] e8
Pediastrum, les Scenedesmus et les Coelasirum (du moins les espè¬
ces communes), caractérisent le plancton des étangs et non celui des
grands lacs; il leur faudrait, d'après lui, une quantité de matières
organiques supérieure à celle que l’on trouve en dissolution dans
leau des grands lacs: en effet, les eaux des étangs, moins agitées
et moins aérées que celles des lacs, sont plus ricLes eu matières
organiques dissoutes et, le plus souvent,, contiennent outre de l'azote
nitrique, de l'azote nitreux et de l'azote amoniacal, qui la plupart
du temps, manquent dans l’eau des grands lacs. D’après Chodat,
Pediastrum, Scenedesmus et Coelasirum seraient caractéristiques du
P ancton lmmétique, ou plancton des étangs, par opposition au
plancton pélagique, ou plancton des grands lacs (fig. 181 ). Wesen-
bebg-Lund (253, p. 23 du résumé eu Anglais) dit, lui aussi, que les
ediastrim de la région pélagique sont importés, mais que P
Bonjanum est surtout abondant près des rives, tandis que P. sim¬
plex domine vers la région pélagique. ÏJaumann (161, p. 300) classe
LES PEDIASTRUM D’EUROPE
31*3
les Pediastrum dans les organismes des lacs eutrophes, avec Cœlas-
trum, Scenedesmus, Dictyosphœrium.
Fig. 181. — Distribution des Pediastrum dans les diverses masses d'eau.
Les milieux planctoniques aux environs de Tours sont assez
variés: d’abord un grand fleuve, la Loire, à cours rapide pendant
l’hiver et le printemps, souvent transformé, de juillet à octobre, en
une suite de cuvettes isolées, plus ou moins profondes, où quelques
Protococcacées, parmi lesquelles des Pediastrum, végètent en grande
abondance. Ensuite, deux rivières, l’Indre et le Cher, cette dernière
importante, avec un plancton riche en nombreuses espèces de Chlo-
ropliycées ; en amont de Saint-Avertin, le barrage de l’usine hydrau¬
lique établit à la belle saison un régime de petit lac: courant très
faible, profondeur allant jusqu’à 4 mètres. On y trouve en septem¬
bre surtout, P. Boryanum, duplex , Tétras et simplex. J’y ai récolté
deux fois P. biradiatum.
Les étangs et les grandes mares ne manquent pas, mais sont
en général peu profonds et, sauf l’étang du Louroux, peu étendus.
Ils sont souvent mal aérés et les eaux sont riches en matières
organiques.
384
E. BIGEARD
On ne trouve ni en Anjou, ni en Touraine, de grands lacs,
aux eaux claires, agitées et profondes, pas plus que de véritables
tourbières; nous avons bien des formations marécageuses dans la
large vallée commune de la Loire et du.Cher, mais elles se dessèchent
souvent l’été, au moins en partie, et je n’y ai jamais trouvé de formes
de Pediastrum différentes de celles que la Loire et le Cher m’ont
fournies.
Par rapport à leur distribution, dans la région que j’ai étudiée,
on peut distinguer plusieurs groupes de Pediastrum :
1. — Espèces plus ou moins ubiquistes :
A. Espèces se rencontrant dans presque toutes les masses d’eau,
même de faible importance: P. Tétras, P. Boryanum, P. duplex;
B. Espèce vivant dans toutes les masses d’eau importantes
seulement : P. simplex.
Au point de vue des exigences de ces quatre espèces, les plus
communes partout, concernant l’étendue en surface de la masse
d eau habitée, — ou, ce qui revient sensiblement au même, l’oxygé¬
nation et la minéralisation de l’eau —, je n’hésite pas à établir la
graduation suivante :
P. Tétras, P. Boryanum, P ■ duplex, P. simplex
P. Tétras se rencontre jusque dans les plus petites mares et
dans les fossés; c’est aussi la moins planctonique des quatre, carac¬
tère écologique en relation avec ses petites dimensions, le faible
développement des appendices du pourtour et, peut-être aussi, avec
sou mode particulier de multiplication. P. Boryanum., avec son dis¬
que plein, est moins bien adapté à la vie pélagique que P. duplex,
avec ses c-énobes clathrés. C’est seulement dans les grands étangs
qu’on rencontre des populations fournies de P. simplex; c’est aussi
1 espèce qui, avec ses grandes lacunes, ses longues et fines pointes
radiantes, présente, du moins dans la région pélagique de ces sta¬
tions, 1 adaptation la plus poussée au flottement.
LES PEDIASTRUM D'EUROPE
385
o _ Espèces se rencontrant seulement
dans quelques stations isolées:
p. Kawraiskyi, P. angulosum, P■ Uradiatum
Ces trois espèces n’ont jamais été rencontrées jusqu ml en
Mou, que dans une unique station, l’Etang de Serrant, ou elles
sont accompagnées, d’ailleurs, des quatre premières. P. angulosum
y est aussi abondant que P. Boryanum et P. duplex; les deux autres
sont beaucoup moins abondantes.
P angulosum et P. biradiatum ont une aire générale de dis-
tribution tort étendue: il est difficile d’expliquer leur cantonnement,
limité à de très rares stations, autrement que par des exigences p us
étroites concernant certaines propriétés chimiques de l’eau, qui
seraient à préciser.
Le cas de P. KawraMyi me paraît encore plus mystérieux. A
considérer sa distribution générale, dans l’Eurasie, autour de deux
centres principaux, ou serait tenté de croire à des difficultés spé¬
ciales de dissémination pour cette espèce; mais ces difficultés ne
ressortent pas particulièrement du mode d’organisation des cenobes.
Si l’on tient compte, par ailleurs, du fait que P. Kam-aishyi est
l’espèce du genre qui supporte le mieux une salure modérée de l’eau
et que les centres de distribution (région Baltique, Asie centrale)
présentent souvent des eaux plus ou moins saumâtres, on pourrait
croire que cette espèce préfère des milieux plus salés que ne le sont
les eaux douces ordinaires. Ni l’une, ni l’autre de ces hypothèses
n’expliquent sa présence k Serrant, â des centaines de kilomètres
de la station baltique la plus rapprochée, dans une eau de miné¬
ralisation inférieure à la moyenne (voir plus loin, p. 162) ; â moins
qu’on n’attribue à la teneur de l’eau eu fer, abondant à Serrant,
l’importance que lui a reconnue Uspenski (251 bis) dans 1 écologie
des Algues: 011 expliquerait ainsi, en même temps, la présence à
Serrant de trois espèces très rares et l’extraordinaire abondance
des Pediastrum, tous présents à Serrant.
Si l’on considère la morphologie de ces trois espèces rares, P.
Kawraiskyi présente une adaptation relativement faible à la vie
planctonique : disque plein, contour des cénobes et étalement en
surface souvent irréguliers, pointes à direction désordonnée, sans
relation avec le plan du cénobe, membranes épaisses ; â ce point de
Source. MNHN, Paris
38ti
B. B1GBARD
vue, P. Kawraîskyi se place à peine au-dessus de P. Tétras. La capa¬
cité de flottement de P. angulosum est du même ordre que celle de
P. Boryanum: les pointes sont moins développées, mais la surface
du cénobe est, en moyenne, plus grande. P. biradiatum, au contraire,
avec son disque largement clathré et ses pointes bifides, prend rang
entre P. duplex et P. simplex.
La huitième espèce du genre, P. Braunü, que je rappelle ici
pour être complet, est une espèce arcto-alpine, dont la distribution
géographique est en relation avec la température moyenne de l’eau.
Sa capacité de flottement, en relation avec ses stations préférées,
les tourbières de montagne, est des plus réduites: faible surface!
irrégularité du jilan d’étalement des cénobes, forte réduction des
appendices marginaux; elle est à peine égale à celle de P. Tétras,
LES PEDIASTRUM D'EUROPE
3ST
CHAPITRE TROISIEME
LIEUX DE MULTIPLICATION ET DE DEVELOPPEMEN1
DES PEDIASTRUM
l’étude que je poursuis depuis cinq ans sur les Pediastrum m a
amené à les considérer comme des organismes planctoniques, c est
é dire vivant et se multipliant dans le plancton, mais pouvant aussi
se développer à l’état bentMque.
j’ai d’abord recherché les Pediastrum non seulement dans les
récoltes de plancton faites au filet fin, mais aussi dans les maté¬
riaux provenant des fossés, des petits trous d’eau, des vases, du
grattage des pierres et des feuilles immergées, des rochers humides.
L’expérience m’a montré que les pêches de plancton étaient de
beaucoup les plus riches en Pediastrum, qu’elles en contenaient tou¬
jours, tandis qu’ils ne figuraient qu’exceptionnellement dans les ma¬
tériaux de fond. Dans ce dernier type de stations, je n’ai trouvé en
abondance que P. Tétras et P. Boryamm; P. duplex et P. nmpleé
s'y sont montrés quelquefois en petite quantité; mais je n’y ai jamais
rencontré P. biradiatum, angulosum et Kawraiskyi.
D'autre part, dans un grand étang, riche en Pediastrum, la
pêche au «Ici *•» donne des Pediastrum en quantité comparable à
celle des organismes que tout le monde regarde comme planctoniques;
Asterionella, Melosira ambigua, Microcystis, etc., sans compter les
Crustacés, les Rotifères. tandis que les organismes franchement fixés
et arrachés de leur support sont presque complètement absents ;
CymbelU, Synedra, etc. On peut récolter ces derniers sur les bords,
avec les Algues filamenteuses; mais, dans ces récoltes, les Peduis-
trum manquent on sont rares ; si par hasard on en trouve en abon¬
dance relative, on a une forme différente des formes flottantes de
la station.
En plus de ces faits, on peut invoquer, à l’appui de cette ma-
uière de voir, la forme et la constitution de la colonie: elle est
étalée sur un plan, les cellules sont aplaties; celles du pourtour
Source : MNHN. Paris
388
E. BIGEARD
portent des pointes, celles du disque laissent souvent entre elles des
méats; dispositions qui constituent une adaptation au flottement.
On peut en dire autant de la multiplication asexuée : nous
avons vu qu’elle était caractérisée par l’organisation de la jeune
colonie hors de la cellule mère, dans l’intérieur d’une vésicule liyaline:
ce mode de multiplication paraît adapté à la vie planctonique. La
colonie fille n’alourdit pas la colonie mère par son développement
dans l’intérieur d’une cellule. La vésicule hyaline, très légère, flotte
naturellement et maintient en contact les zoospores; elle disparaît
après la disposition sur un plan et la soudure de ces dernières, c’est
h dire quand son rôle est terminé: à ce moment, la jeune colonie est
formée, bien plane et capable de flotter.
Les Pediastrum, en fait, se multiplient abondamment dans la
zone du plancton : je l’ai constaté pour P. Boryanum, duplex, angu-
losum. P. Boryanum, qui végète toute l’année dans le petit étang
du Jardin botanique de Tours, devient prédominant tout-à-coup au
printemps, fin avril ou début de mai. En 1929, j’ai assisté pour
ainsi dire, à l’envahissement des couches supérieures de l’eau par
les jeunes colonies: ayant trouvé, dans la pêche du 29 avril, un grand
nombre de jeunes colonies, je fis des récoltes pendant 4 ou 5 jours
de suite, de bonne heure le matin : j’examinais les récoltes aussitôt
après le dépôt du plancton au fond du flacon: dans toutes les pré¬
parations, je trouvais des eénobes en voie de multiplication: certains
portaient jusqu’à 8 ou 10 vésicules ou jeunes colonies déjà organisées.
Une multiplication aussi rapide apparaissait donc bien comme la
cause de la prédominance quasi subite de P. Boryanum dans le
plancton.
Les Pediastrum se multiplient aussi à l’état benthique; mais,
chez P. Boryanum et P. duplex, je n’ai observé, dans ce cas, que
la multiplication par kystes. Au contraire P. Tétras paraît se mul¬
tiplier activement sur les feuilles et les pierres immergées du bord.
En août 1930, dans le petit étang du Jardin de Tours, j’ai recueilli,
sur une feuille immergée, un enduit vert constitué par des Scene-
desmus, Coelastrum microporum et une grande quantité de colonies
très jeunes de P. Tétras avec, çà et là, quelques grosses colonies
vides (fig. 100),
LES P ED IA ST RU M D'EUROPE
389
CHAPITRE QUATRIEME
INFLUENCE DE LA TEMPERATURE
SUR LE DEVELOPPEMENT DES PEDIASTRUM
Le plus important «les facteurs physiques ayant une influence
sur la nature et le développement du plancton, c'est la température
de l'eau. Dans l’étang du Jardin de Tours, la température, dans es
couches supérieures de l'eau, a varié de 0» à 29°, au cours des
années 1927, 1928, 1929, 1930 et 1931. De novembre a mars inclu¬
sivement, elle est ordinairement inférieure il 10°. En avril e e
dépasse 10°, mais se tient au-dessous de 20° -,
et août forment la période des grandes chaleurs (28-9 en 19»et
1929) En septembre et octobre la température varie de - *
En résumé, on peut diviser l’année en quatre périodes: une période
de basse température de novembre h mars; deux périodes de tempé¬
rature moyenne: avril-juin et septembre-octobre, et une période de
haute température: juillet-août.
Comme toutes les Chlorophycées planctoniques, les Pediastrum
végètent surtout d’avril à novembre, c’est-à-dire quand la tempéra¬
ture de l'eau dépasse 10°, mais ou peut trouver certaines espèces,
P duplex, Boryanum, angulosum, abondantes pendant l'hiver dans
certaines stations, ce qui prouve que la température n'est pas le
seul facteur qui règle les périodes de végétation de ces espèces,
seulement on ne rencontre guère que des cénobes adultes, très peu
de jeunes colonies: la multiplication végétative des Pediastrum est
donc toujours nulle ou très pen active dans la zone du plancton
pendant l’hiver.
Les observations que j'ai faites dans l’étang du .Tifrdm botanique
de Tours me permettent de donner quelques précisions en ce qui
concerne P. Boryanum :
1° Pour que la multiplication devienne active, dans le plancton,
11 faut que la température de l’eau ne descende pas le matin au-
dessous de 11-12°, l’optimum de température parait être 14-15° et
12 est un minimum (courbe 5). Alors P. Boryanum devient prédo¬
minant en quelques jours,
Source. MNHN, Pans
390
E. B1GEARD
2° Quand la température dépasse 20°, la multiplication se ra¬
lentit, les colonies grossissent et les granulations apparaissent sur
les cellules: P. Boryanum devient moins abondant (courbe 5). 20°
n’est pas un maximum mais un point critique, au-dessus duquel la
végétation de 1 algue se ralentit. A l'automne, quand la température
se maintient de nouveau vers 15°, P. Boryanum végète activement
dans certaines stations, particulièrement dans la Loire et le Cher
(période des basses eaux) et repasse par un maximum dans l’étang
du Jardin de Tours (courbe 5).
P. duplex se comporte vis à vis de la température comme P.
Boryanum. Dans l’étang du Jardin botanique de Tours, sa végéta¬
tion au printemps est bien moins active, mais, à l’automne, il domine
à peu près aux mêmes températures que P. Boryanum, au printemps,
de 22° à 10° (courbe 5),
Source : MNHN, Paris
LES PÉD1ASTRUM D'EUROPE
391
CHAPITRE CINQUIEME
INFLUENCE DES MATIERES DISSOUTES DANS L EAU
SUR LA PRESENCE ET LE DEVELOPPEMENT
DES PEDIASTRUM
On trouve, en Anjou et en Touraine, .les formations d’eau douce,
semblables par l’étendue, la profondeur, l’agitation et 1 aération de
la masse d’eau, mais abritant, à la belle saison, des planctons diffé¬
rants quant aux ülilorophycées prédominantes. Il y a des stations
nui donnent des planctons h Desmidiées, d’autres des planctons
Protococcacées; dans les premières, prédominent les especes es
genres Gosmarium, Staurastmm, Closterium, Arthrodesmus, etc.:
dans les secondes, les Pediastrnm, Seenedesmus, Coeiastrum sont
particulièrement abondants.
•J’ai cherché h savoir si la nature et la quantité des substances
dissoutes n'avaient pas une influence sur la présence ou l’absence,
sur la rareté ou l’abondance des Pediastrnm, dans un milieu donne.
Voici quelques observations sur ce sujet ;
I. ETANG 1>E SERRANT
Cet étang est, dans l’état actuel de mes recherches, la station
la plus riche en Pediastrnm de toute la région: les sept especes
européennes des plaines s’y rencontrent: P. Boryanum, angulosum,
duplex, simplex, Tétras, biradiatum, Kawraiskyi. Tendant toute
l’année anguloswm, duplex et Boryanum sont extrêmement abondants
et nettement prédominants. P. simplex devient commun pendant la
belle saison; P. Tétras est fréquent. En 1029, P. biradiatum et
Kawraiskyi ont été communs; P. Kawraiskyi se montra de nouveau
abondant en avril 1931. Le genre Coeiastrum est représenté par une
espèce extrêmement abondante et peu connue ailleurs dans la région,
le Coeiastrum retieulatum (Dang.) Seuil, Les Desmidiées sont beau-
coup plus rares,
392
E. BIGEARD
Voici les résultats de l’analyse de l’eau de l’étang: Prélève¬
ment: 17 juin 1930, crue, pff = 7,4.
I. Hydrotimétrie :
I)egré hydrôti-métrique total....... g
« « permanent. 7
« « après ébullition et précipitation
de Ca par l’oxalate d’ammo¬
nium . j
« « après élimination de Ca par
l’oxalate . 1
II. Elém eut s minéraux :
résidu sec.
perte au rouge.
résidu à la calcination
CO 2 libre.
CG 3 Ca .
Si O 2 .
Fe .
Al 2 O 3 .
Ca (total en CaO).
Mg (total en MgO)
Bases alcalines.
Sulfates en SO 3 .
F (acide phosphorique)
Chlorures (en Nacl)...
par litre 260 mg
— 145 mg
— 115 mg
traces
— 10 mg
2 mg 51
— 2 mg 98
— traces
— 27 mg 2
8 mg 2
•— 10 mg 6
— 19 mg 27
— traces
— 54 mg 75
III. Azote, et matières organiques :
Matières organiques en oxygène (de MNO‘K) par litre
Matières organiques en acide oxalique. .
Azote ammoniacal.
Azote albuminoïde.
Azote nitreux.
Azote nitrique.
9 mg 60
70 mg
0 mg 21
0 mg 62
traces
néant
LES PËDlAStRUM D'EUROPE
393
IV. Examen du sédiment :
Au T f S 6
«V^cT dépût donne un soluté qui. concentré, donne les réactions
des sels ferriques.
Conclusions :
V Eau très faiblement minéralisée, renfermant un gros eæeé-
,lcnt de matières organiques, avec des taux élevés d'ammomaque
et d'azote albuminoïde.
2 « Ce sont peut être les sels ammoniacaux et les matières a bi
minoïdes qui communiquent à l'eau un pH (7,41 légèrement alcalin ;
en effet les proportions relatives des principaux constituants miné¬
raux indiquent un pH acide : teneur élevée en HCl, moyenne en
Na OIT, très faible en CaO et MgO. , .
3 . Il faut aussi signaler la faible proportion de CO Ca et de
CO’, libre et combiné: le degré hydrotimétrique permanent est
sensiblement égal au degré hydrotimétrique total.
4 » Présence du fer en léger excès: eau légèrement ferrugineuse.
L'eau filtrée, acidulée, concentrée, 11 e donne pas les reactions des
sels ferriques (ferrocyan.K ou stilfocyan.NH') ; pour déceler ce fer
et le doser, il faut évaporer à sec, calciner avec NO H pour détruire
la matière organique, et reprendre par HCl étendu; la liqueur
obtenue donne alors les réactions des sels ferriques. Le fer est donc
fixé sur les matières organiques et non à l’état de sel minera .
L’eau filtrée est légèrement jaunâtre; au bout de deux ou trois
jours, elle abandonne dans les bouteilles un dépôt léger ocreux: ce
dépôt contient la majeure partie du fer.
Si l'on veut, d’après ces résultats, classer l’eau de l’étang, sui¬
vant Naounn ( 161 ), on remarquera que par le gaz carbonique
elle se place dans les eaux oligotroplies ; par la chaux et le pH,
dans les eaux mésotrophes : par les matières organiques, dans les
eaux polytrophes.
D’autre part, on sait que les eaux de source contiennent tou-
jours une quantité plus ou moins forte de calcaire précipitable a
l'ébullition: les eaux de la Loire, du Cher, de l’étang du -Jardin
botanique de Tours se comportent, sous ce rapport, comme les
eaux de source; au contraire, l'eau de l’étang de Serrant ne contient
394
E. BIGBARD
pas de calcaire précipitable à l'ébullition. Sa faible minéralisation
et sa richesse en matières organiques la rapprochent des eaux d’ori¬
gine externe, provenant - du sol par ruissellement.
II. PETIT ETANG DU JARDIN BOTANIQUE DE TOURS
Cette station m’a fourni cinq espèces du genre Pediastrum :
Boryanum, duplex, Tétras , simplex, Mradiatum. La première est
prédominante en mai et juin; la deuxième, commune à la belle
saison ; la troisième, rare mais constante ; les deux dernières rares
et très inconstantes. Scenedesmus quadricauda est toujours fort
abondant et Coelastrum microporum quelquefois dominant à la
belle saison. Les Desmidiées sont très mal représentées : on ne
trouve que quelques espèces des genres Staurasirum, Closterium,
Cosmarium, toujours rares. Voici les résultats de l’analyse de l’eau:
Prélèvement: 30 décembre 1929, pH = 7 , 5 .
I. Hydrotimétrie :
Degré hydrotimétrique total.
« « permanent.
après ébullition et élimination
de Ca par l’oxalate d’ammo¬
nium .
« après précipitation de Ca par
l’oxalate .
IL Eléments minéraux:
perte au rouge.
résidu à la calcination...
CO 3 ..
C0 3 Ca .
Fe .
Si 0“ .
Ca (total en CaO).
Mg (total en MgO).
Bases alcalines eu NaOH
Sulfates en SO 3 .
Chlorures en NaCl.
P (acide phosphorique)...
17
6
3
7
270 mg
90 mg
180 mg
14 mg
90 mg
1 mg
traces
40 mg
30 mg
18 mg
19 mg
30 mg 5
traces
LES PEDIASTRUM D’EUROPE
395
III. Azote et matières organiques :
Matières organiques en O de MnO‘K. —
Matières organiques en acide oxalique.
Nitrates .
Nitrites .
Ammoniaque . P ar litre
Conclusions :
1° Cette eau est plus minéralisée que celle de Serrant.
2° Elle contient surtout une forte partie de la chaux et de la
magnésie il l’état de carbonates, dissociables par ébullition.
3° Elle est moins riche en matières organiques dissoutes.
La station donne beaucoup moins de Pediastrum que celle de
Serrant. L’eau contient plus de Ca, sans toutefois appartenir aux
eaux calcaires.
Quelles relations y a-t-il entre la composition spéciale de l’eau
de l’étang de Serrant et la grande quantité de Pediastrum qui y
vivent ? La présence, en abondance, des espèces peu répandues,
comme P. angulosum, bi radiat ion et surtout Kawraiskyi, tient-elle
aux éléments chimiques de l’eau, à leurs proportions respectives .
L’analyse suivante, comparée a celle de l’eau de l’étang de Ser¬
rant, montre, je crois, le rôle de l’élément minéral relativement à
la présence, dans une station, des espèces rares du genre Pedias¬
trum et à l’abondance des autres. L’eau provient de Vétang de Che-
vigné, voisin de Vétang de Serrant et semblable à lui par la profon¬
deur et l’étendue de la masse d’eau. A Chevigné ne végètent que
P. Boryanum, duplex, généralement abondants, et P. simplex,
Tétras, plus ou moins rares. P. Kawraiskyi, angulosum, biradiatum,
si communs à Serrant, ne s’y sont jamais montrés.
ETANG DE CHEVIGNE (M.-et-L.)
30 juin 1932; pU = 7,5
I. Uydrotimétrie :
Degré hydrotimétrique total.
« « permanent.
« « après élimination de Ca par
l’oxalate d’ammoniaque.
16
9
S
4 mg 7
40 mg
traces
traces
traces
396
Ë. B1GEARD
« après ébullition et précipita¬
tion de Ca par l’oxalate
d’ammoniaque .
11. Eléments minéraux :
résidu sec.
perte au rouge.
résidu fixe.
CO 2 .
CO s Ca .
S0 4 Ca .
MgO .
Fe .
Si O 2 .
Chlorures (en Nacl)
par litre 250 mg
100 mg
150 mg
15 mg
70 mg
U mg
46 mg
traces
9 mg
58 mg
111. Azote et matières organiques:
Matières organiques en oxygène (de MN0 4 K)
(milieu acide) .
Azote ammoniacal.
Azote albuminoïde.
Azote nitreux.
Azote nitrique.
9 mg
0 mg 16
0 mg 60
traces
néant
Les eaux tles denx ét augs (Serrant et Chevigné) ont sensible-
ment même teneur en matières organiques, en azote ammoniacal,
albuminoïde, nitreux et nitrique, ce qui permet une comparaison
instructive des éléments minéraux :
CO* ..
OG 8 Ca
MgO .
Fe ...
Chevigné
15 mg
70 mg
4G mg
traces
Serrant
Non dosable
10 mg
6 mg 2
2 mg 9
1(S T, TT ' T est ,Vès pauvre 611 ° 0 ’. CO-Ca, MgO, mais
légèremmit ferrugineuse! ,1 Chevigné, la teneur de l’eau en CO’,
C Ca, MgO est moyenne, mais l'eau est pauvre en fer. La première
paraît convenir particulièrement aux Pedlastrum.
Source : MNHN, Paris
IBS PEDIASTRUM D’EUROPE
397
Cela ressort aussi d’un travail de Van Oyb ( 171 ) sur la biologie
et l'écologie du pliytoplancton d’un lac tropical, le lac Gedeh, à
Java. La superficie du lac est de 28 hectares. Les eaux, pauvres
en matières organiques dissoutes, sont assez minéralisées et surtout
riches en silice, Ca et Mg, comme le montrent les chiffres ci-dessous:
Matières organiques en oxygène de Mn0 4 K. — 4 mg 4
Cl. — 9 m g
NO 2 . — absent
yjO 3 . — absent
N H 3 . — absent
SiO 2 . — 23 mg
Fe . — 3 mg
CaO . — 34 mg
MgO. — 19 mg
Cette eau s'oppose à celle de Serrant par sa richesse en SiO*,
CaO et MgO. Or Van Oyb, au cours d’une année d’études sur le
plancton de cette station, n’y a jamais trouvé aucun Pediastrum.
D’autre part, dans les étangs calcaires du Nord d’Angers (Etang
du Malaguet) ou de Saumur (Etang du Bellai), où le pH atteint 8 ,
les Pédiastrées cèdent le pas aux Desmidiées.
De plus, j’ai cherché à savoir si, dans l’étang du Jardin
botanique de Tours, où tous les ans on constate, fin avril début
mai, une intensité maxima très nette de la multiplication du P.
Boryanum (phénomène qui, nous l'avons vu, est sous la dépendance
de la température), 011 pouvait trouver, par des analyses de l’eau,
soit une augmentation de la teneur de l’eau en sels nutritifs, soit
une variation dans la concentration de certains éléments.
En effet, d’après les expériences de cultures de divers auteurs,
et aussi d’après les observations que j’ai pu faire sur mes cultures,
l’accélération du rythme dans la période de multiplication peut être
obtenue par l’addition de certains éléments nutritifs, nitrate de
potasse, phosphate monoacide d’ammoniaque, nitrate d’ammonia¬
que, perchlorure de fer, dans la proportion de 0 gr. 05 0/00, ou
même par simple concentration légère du milieu par évaporation
spontanée. En est-il de même dans les milieux naturels ?
Je ne le crois pas. En 1929 et 1930, j’ai fait plusieurs analyses
de l'eau de l’étang du Jardin botanique de Tours: l’élément minéral
n’a pour ainsi dire pas varié ni en quantité (il s’est toujours main-
B. BIGEARD
398
tenu aux environs de 170 mg par litre), ni eu qualité ; eu particulier,
je n’ai jamais pu déceler la moindre augmentation de l'azote nitri¬
que, de l’azote nitreux ou de l’azote ammoniacal pendant la belle
saison, ni au moment de la plus grande intensité dans la multi¬
plication végétative du P. Boryanum. Ces éléments restent toujours
à 1 état de traces, difficiles a doser exactement (qq. milligrammes
au plus par litre).
Cependant, j'ai pu observer, au cours d’une année, des varie-
nous dans la concentration de deux éléments, les matières organi¬
ques et le gaz carbonique (libre et des bicarbonates, c'est à dire
CO. chassé par ébullition et directement précipitable par l’eau de
baryte). Les matières organiques passent par un maximum au priu
temps, au moment où 00’ libre passe par un minimum, comme on
Source : MNHN, Paris
LES PEDIASTRUM D'EUROPE
399
peut s’eu rendre compte eu comparant l’analyse suivante avec la
précédente, p. 00 (eau prélevée le 80 décembre 1929), et en exami- _
liant les courbes 0, qui montrent les variations de CO 2 et des ma¬
tières organiques en fonction du temps.
Etang du Jardin botanique de Tours. Eau prélevée le 1 B1 mai
1929.
pE = 7,4 t = 14°
Matières organiques en oxygène... par litre
Matières organiques en acide oxalique. —
CO a . —
Degré hydrotimétrique total.
« « permanent . 6
On peut se demander d’abord s’il y a une relation de cause à
effet entre l’augmentation des matières organiques et la diminution
de CO 2 : je suis tenté de le croire. Eu effet, l’augmentation des ma¬
tières organiques commence avec la prédominance du plancton
animal, qui a lieu, dans la station, à la fin de l’hiver ou au début
du printemps (mars) et qui est caractérisée par d’énormes quan¬
tités de Boamina longirostris : les matières de déchet des animaux
sont des matières azotées basiques, qui donnent d’ailleurs rapide¬
ment de l'ammoniaque par l’action des bactéries. On peut donc
penser qu’une partie de ces matières neutralisent CO 2 en excès dans
l’eau.
11 reste à savoir s'il y a autre chose qu’une simple coïncidence
entre le maximum des matières organiques et le minimum de CO 2 ,
d’une part, et le maximum du développement du P. Boryanum,
d’autre part. Ou a vu plus haut, par l’examen de l’eau de l’étang
de Serrant, station d’une exceptionnelle richesse eu PediastrUm,
que les P edi a si 'non préfèrent les eaux peu minéralisées, peu riches
en carbonates et en CO\ et d’une certaine teneur en matières orga¬
niques; ce qui amène à faire la remarque que le maximum du
développement de P. Boryanum, dans l’étang du Jardin de Tours,
se produit au moment où la composition de l’eau se rapproche le
plus de celle de Serrant. (Augmentation des matières organiques,
diminution de CO 2 et aussi du degré hydrotimétrique). On peut
donc penser que des recherches ultérieures amèneront à considérer
7 mg 7
65 mg
8 mg
15
400
Ë. BIGEARD
les matières organiques et le gaz carbonique comme des facteurs
chimiques ayant une action favorable ou défavorable sur le déve¬
loppement et la multiplication des Pediastrum, suivant leur concen¬
tration; l’optimum des matières organiques doit être relativement
élevé, sans doute voisin de 8 mmg d’oxvgène de Mn0 4 K par litre;
mais celui de CO 2 libre ou combiné doit être faible.
Source : MNHN. Pans
LES PEDIASTRUM D’EUROPE
401
RESUME GENERAL ET CONCLUSIONS
T. Dans le genre Pediastrum, les caractères morphologiques
utilisés par les Algologues pour découper les espèces en variétés
ou formes, même pour délimiter certaines espèces, ne sont ni cons¬
tants, ni héréditaires. La dimension des Incuries chez les types
elathrés, le rayon de courbure et la profondeur de l’échancrure
de la cellule marginale, la longueur et l’épaisseur des pointes, le
nombre et la disposition des cellules dans le cénobe, certains orne¬
ments de la membrane, etc., ne sont que des caractères individuels,
qui varient largement sous l’influence de divers facteurs.
Parmi ces facteurs de variations individuelles, deux sont im¬
portants: l’âge et le mode de vie, pélagique on benthique.
L ’âge arrondit les formes, fait gonfler les cellules, réduit les
lacunes et les échancrures, épaissit les membranes, fait apparaîtie
des granulations, des plis, etc.
La vie pélagique, en relation avec une plus grande capacité
de flottement, accroît l’extension en surface, en augmentant les
lacunes, la longueur des pointes, etc.; tandis que la vie benthique
agit en sens inverse, jusqu’à détruire l’ordonnance caractéristique
des Pediastrum et transformer la colonie plane en colonie plus ou
moins globuleuse.
Quand l’âge et le mode de vie agissent dans le même sens,
l’espèce peut en devenir méconnaissable. Les vieux cénobes benthi-
ques prennent alors l'aspect de colonies de kystes, à cellules arron¬
dies, à pointes fort réduites ou nulle», à paroi épaisse, qui ont été
considérées comme des espèces particulières, telles que P. nwticum,
P. integrum.
Parmi les autres facteurs de variations interviennent encore :
la température: à son degré optimum, elle favorise la croissance
et la multiplication végétative et, en précipitant les étapes du
développement, réduit au minimum les caractères de vieillesse;
les modifications chimiques du milieu: concentration, dilution
des corps dissous en général et d’un élément en particulier ; les for-
m
E. B IGE A RD
mes cœlastroïdes semblent dépendre, du moins en partie, d’un fac¬
teur de cet ordre ;
la taille cle la- cellule mire, au moment de la reproduction: elle
est en relation directe avec le nombre de zoospores qui en provien¬
nent, par conséquent avec le nombre de cellules que renferme le
cénobe fils : des cénobes à 1(5 cellules peuvent ainsi provenir de
cénobes il 32 cellules, et inversement ;
le hasard, inévitable, semble-t-il, dans le groupement des zoos¬
pores, passant de l’agitation en masse globuleuse au repos dans un
plan: un cénobe du type radians, h une seule couronne de cellules,
peut naître ainsi d’un cénobe <1 deux séries concentriques de
cellules ;
l 'accident banal, qui déforme, mutile un cénobe, lui enlevant,
par exemple, sa couronne de cellules marginales caractéristiques...
La meilleure des preuves à fournir, pour démontrer que ces
variations sont individuelles et non héréditaires, c’est de saisir sur
le vif, côte à côte, une colonie mère et ses colonies filles, non encore
essaimées : on peut alors se convaincre que, pour satisfaire à la
systématique des flores, la mère et la fille devraient être souvent
classées dans des variétés, parfois même dans des espèces, diffé¬
rentes. J ai été assez heureux pour pouvoir fournir cette preuve
dans de nombreux cas. On voit ainsi P. integrum donner naissance
à des Boryanum typiques, P. simplex typique à la prétendue va¬
riété radians.
Par ailleurs, des renseignements précieux sont fournis par les
cultures au Laboratoire. On Toit ainsi apparaître des modifications
plus ou moins profondes, dues il la fois au passage de la vie péla
gique à la vie benthiqne et aux modifications chimiques du milieu:
(ormes .cœlastroïdes, formes integrum, glanduliferum...
La comparaison de la même espèce dans des milieux écologiques
différents, grands étangs il eau plus agitée, petits étangs à eau
tranquille, dépôts sur la boue du fond, les plantes et les pierres
submergées, permet d’apprécier l’influence de l’agitation de l’eau,
.e résultat de nombreuses observations peut être confirmé par
I expérimentation.
C’est dans la vie pélagique que les Pediastrum atteignent les
caractères les plus accentués de leurs formes, spécialement adaptées
au flottement. Dans le même milieu planctonique, les variations de
1 espece se réduisent aux modifications dues aux divers stades du
LES PED1ASTRUM D'EUROPE
40?
développement. : on peut ainsi suivre l'influence de l’âge indiqué,
eu Vénérai par la dimension des cellules. L'accentuation des carac¬
tères dans la vie pélagique, donne en même temps les meilleures
occasions de comparer les caractères des diverses espèces qui vivent
ensemble. Les observations de ce genre permettent de constater que,
dans la même station et les mêmes conditions de pèche, 1 une
espèce donnée se reconnaît aisément dans l’ensemble de ses colo¬
nies, 2" deux espèces différentes se distinguent aisément à première
vue. Un bon nombre d'erreurs et d'obscurités, contenues dans la
littérature algologique, auraient été évitées, si les auteurs, trop
préoccupés de tout signaler, de tout décrire et de tout nommer,
niaient négligé les formes isolées, d'une origine écologique quelcon¬
que, et appuyé leur systématique sur l'observation de populations
denses et homogènes (le la zone pélagique.
,1e crois avoir ainsi montré que plusieurs espèces, telles que
1> ovatum (Elir.) Braun, P. Mil riait Reinscli, P- muUcmn Ktss, P.
Integrmn Nneg.. que les nombreuses variétés, telles que cMkmUnn,
groriUimimi. longieorne, granulatum, araneosum, radians... ne repré¬
sentent que des formes individuelles, correspondant soit à des stades
de développement, soit il des conditions écologiques variées. Elles
n'ont donc pas de valeur systématique et, elles devraient disparaître,
du moins comme espèces ou variétés, des flores algologiques.
-le n’ai pas la prétention d’avoir trouvé, pour chacune des varia¬
tions, l’explication biologique indiscutable, c’est-à-dire le facteur,
interne ou externe, cause de la variation. De même, je dois recon¬
naître que, dans le grand nombre de variétés et de formes décrites
par les auteurs, plusieurs ne se sont pas rencontrées dans mes
pêches ou mes cultures. Appuyé sur mes observations concernant
les variétés les plus communes, et même les variétés les plus éloignées
du type moyen de l’espèce, je me crois autorisé à ne pas donner à
ces variations non observées plus d’importance qu’aux autres et à les
attribuer simplement à l’espèce.
Cette première partie de mon travail, de beaucoup la plus
importante, correspond au but essentiel de mes recherches: éclairer
la systématique des Pediastrum par leur étude biologique.
II. La seconde partie n’en est que la conséquence directe. La
systématique des Pediastrum d’Europe se trouve ainsi réduite à $
espèces :
Source : MNHN, Paris
404
E. BIGEARD
P. simplex Meyen
P. Kaioraiskyi Schmidle
P. duplex Meyen
P. biradiatum Meyen
P. Boryanum (Turpiri) Meneghini
P. angulosum (Ehrenberg) Meneghini
P. Tétras (Ehrenberg) Ralfs
P. Braunii Wartmann
J’ai donné, à propos de chacune de ces espèces, les noms des
autres espèces et des variétés, qui s’y rapportent comme de simples
formes. J’y ai ajouté quelques notes de morphologie et d’histoire,
pouvant éclairer la systématique de l’espèce.
III. Dans le courant de ces recherches, j’ai eu l’occasion d’ob¬
server, à plusieurs reprises, les phénomènes de la. reproduction
asexuée; j’ai groupé ces observations dans la troisième partie.
J’ai pu assister à la formation de jeunes colonies, à partir de cel¬
lules ordinaires, chez toutes les espèces européennes, sauf chez P.
Braunii, que je n’ai pu étudier vivant. J’ai assisté également à la
sporulation de kystes, appartenant à diverses espèces. Ce dernier
cas diffère du premier en deux points principaux: la vésicule ren¬
fermant les zoospores est souvent mise en liberté par gélification
de la membrane du kyste ; dans la vésicule, les zoospores se grou¬
pent d’ordinaire en 2 ou 4 cénobes.
Je n’ai jamais eu l’occasion d’observer la reproduction sexuée.
IV. Dans la quatrième partie, j’ai donné la distribution géogra
phique des espèces de Pediastrum. En me basant sur mes pêches
régionales et sur l’analyse détaillée de l’eau de quelques étangs,
riches en Pediastrum, j’ai essayé d’établir quelques particularités
écologiques du genre.
Que mon Maître, M. Bioret, — que je suis heureux de remer¬
cier encore en terminant — , me permette de lui emprunter la con¬
clusion qu’il a donnée à son étude sur les Graphidées corticoles :
« Chez les plantes aussi simples, on peut reconnaître la double
influence dont dépend la morphologie de l’être vivant: l’hérédité,
marquée par certains caractères spécifiques, reconnaissables sous
les variations individuelles, et l’adaptation du milieu, principale
LES PEDIASTRUM D’EUROPE
405
source de variations. Le caractère héréditaire est surtout visible
dans l'appareil reproducteur ; mais on peut tout de même le retrou¬
ver dans l’appareil végétatif, plus plastique: c’est celui-ci surtout
qui subit les modifications dues au milieu, modifications d’autant
plus profondes que cet appareil est plus simple ».
Laboratoire de Botanique
de VTJniversité Catholique d’Angers,
Novembre 1932.
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THE DJ SCO VER Y OE FRUITING
OEDOGONIUM REINSCHII ROY
BY
Lewis Hanpord Tiffany.
Végétative plants o£ Œdogonium Bemschü Boy hâve beeu repor
ted from many aquatic habitats throughout temperate and subtropical
régions since its first record by Eeinscli en 1875 as Cymatonema sp.
The peculiar and almost unique hexagonal, subhexagonal, or sub
ellipsoid cells hâve made the identification of the species certain, even
though only végétative plants bave heretofore been collected.
The plants apparently never fruits in temperate régions. Profes
sor B, N. Transeau (Ohio State Université) informs the writer that lie
had Œ. Reinschii under nearly constant observation for several weeks
during the summer of 1923 at Cold Spring Harbor, New York (U. S.
A.). Zoospores were formed frequently and germinated almoBt im
mediately into new plants. Neither oogonia nor antheridia were ob-
served at any time.
The writer collected algae in Florida (U. S. A.) during January,
Pebruary, and March, 1931, and fonnd <E. Reinschii in many diffe¬
rent localities throughout the state. The plants were never fruiting
at this time. During early May of 1933 a collection of algæ was made
by Professor G. W. Blaydes (Ohio State Universityt in a cyprès»
swamp near Madison, Florida. This sample contained frniting mate-
vial of (K. reinschii in abondant 1 .'.
An examination of the Florida plants makes it possible, for tlie
first time, to complété the description of the species. Although the
antheridia were ver y scarce, the oogonia were abondant. The emend
ed description of the species follows :
Œdogonium Reinschii Roy; char, emend.
In Cooke 1884, p. 160. pl. 57, fig. 2:’.; Cymatoncma sp. Reinscli
1875, p. xi, pl. 6, fig. 1 (incorrectly Cynwtopleura, i>. 77); Œ. stérile
Hansg.. 1888, p. 43, 260; Hirn 1900. p. 319, pl. L. fig. 326; Lewis and
Taylor 1928, p. 193, t-?xt figs. 3. 4 ; Tiffany 1929. p. 63; Tiffany 1930.
1). 172. pl. XLT, fig. 406.
420
LEWIS HANFORD TIFFANY.
Œ. monoicum; oogoniis smgiilis vel Unis, globosis vel depreaso
globosis vel ovoideis, rariua terminais, opereulo apertis, circumscis
sione medtana, latissima; oosporis eadem forma ac oogoniis, oogonia
complentibus vel non complentibns, membrana lævi; antheridiis 11
cellular,bus, subepigynis vel subhypogynis, spermatozoklis Unis, di
mswne verticali ortis; celtuUs végétative pie,-unique subhexagonis
THE DISCOVERY OF F RU 1 TI N G
42 i
(maximum latitudinem in medio habentibvs) vel subellipsoideis.non-
nullis tantum vylindricis vel subcylindricis; cellula ftii basait non
elongata, suhhemisphœrica; cellula terminait apice obtusa;
crassit. ce U. veg. 5-11 g ; altit. 9 24 g ;
» oogon. 17-20 g'. altit. 15-21 g;
» oospor. 10-18 c'■ altit. 14-17 g,
» cell. anther. 4-5 g : altit. 4-5 g;
» cell. basal. 8-16 g ; altit. 5-10 g.
Collected in a cypress swamp near Madison, Florida (U. S. A.)
on May 8, 1933. Epiphytic on submerged aquatics. Text fig. 1-
Géographie distribution : United States : Florida, Virginia,
Oklahoma, Michigan, New York, Massachusetts; South America :
Brazil, Paraguay ; Europe : Austria, England, France, Germany,
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EROM THE PUNJAB (INDIA).
GOMPHONEMA GHOSEII SP. NOV.
HY A. Ma.iiiij M. Sl'.,
Jlcsearch Sclujhir , Patljab University, Lahore (India).
IJuring the months of liecember to February in the tanks of
Siiahlamar and other drying rain (tonds in the vicinity of Lahore, a
rather slimv film of brownish colour appears sticbing to some
angiospermic bydropliytes or growing epiphytically on some green
(ilamentous algæ. This tîlin contaihs the new species of Gompho -
nemu deseribed below, the individuels of wllich gro'V in abondance
on the submerged plants at the bottom of the ponds in shade.
Tntermixed are a fetv other naviculoid forms.
The frustuJe is wedge-shaped, straight, mostly attached by a
nmcilaginous hyaline stalk. The individual occurs singly, in twos
or in threes. Some individuals occasionally get detached and are
absolutely free and therefore (ioat on the surface of the water, but
liiev do not ever get aggregated together. The girdle view is cuneate
and straight and the valve view is clavate and gibbons at the upper
end but gradually attennated towards the base with the extreme
end roundecl. Length = 32-40 y, breadth = 9-10 g.
Oeil-contents. — The chromatophore consista of 2 large irre
gularly elongated plates. The nucléus, on application of a very
ueak solution of methylene bine, is conspicuously stained before
lhe rest of the protoplasm. Pyrenoids, oil globules and vacuoles are
also discernable.
ktiiw. The slriæ as seen in the valve view are distinctly
transverse, but in some individuals from the Siiahlamar Tanks
they were seen to be slightly radiale in the middle. The striæ
consist ot srnall fine dots (punctæ). The axial area is narrow
except tliat it leaves a small rounded area in the centre, where a
single isolated punctum (or stigma) occupies the place. Striæ 0 12
DI lOjtt.
GOMPHONBMA GHOSEII
423
Fig. 1. — Filament on wich individuals are growing (X 450), showing two chroniato-
phores (ch) witli oil globules (cl) and also the nucléus (n).
Fig. 2 . — Girdle view (X 850).
Fig. 3. — Valve view (X 850).
The diatom described above appears to be au altogether distinct
sj>ecies. As to its shapé il is comparable to G ontphone ma spharo-
phorum Elu*, and G. conxtricti\ni Ehr. The former lias a capitate
or rostrate-capitate apex, while the latter lias a beak-like one. The
striæ in both are definitely radiate and greater in number; but
G. constrictum lias alternately larger and shorter striai. Charac
terislically different is the hyaline stalk of the new species.
A. MAJID, M. SC.
424
For above reasons 1 propose to erect a new species Gomphonema
Ghoseii (after my esteemed teacher, Dr. S. L. Ghose, F. L. S., of
Government College, Lahore), with the following spécifie characters:
Plants epiphytic, occurring singly, in twos or in threes, eacli
on a mucilaginons hyaline stalk. Girdle cuneate, valve clavate,
apex pin-head like. Striæ distinctly transverse, farther apart in
the middle. Axial area narrow with stigma. L. = 32-40 y., B. =
9-10 y, striæ 9-12 in 10 y.
Habit. Epiphytic on green filamentous algæ or angiospermic
hydrophytes in Shahlamar Garden Tanks, Lahore, and in ponds in
its vicinity. December-February.
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Lahore, 19. 6. 33.
THE FUCOIDS OF ST. JOHN’S LAKE,
PLYMOFTH, INCLUDING A HITHERTO
UNDESCRIBED FORM OF
FUCUS SPIRALIS.
BY
Gladys L. Naylok, B. Sc. (Lond.).
I. Introduction .
II. Description of Area .
(1) Eastdown Lalce .
(2) St. John’s Marsh .. .
III. Fotes on Individual Fucoids
(1) Fucus spiralis .
(2) Fucus vesiculosus ..
(3) Fucus ceranoides ..
IV. Summary .
V. Références .
Pages
423
423
424
425
428
428
430
432
432
T. INTRODUCTION.
The occurrence and distribution of the brown seaweeds in the
numerous sait raarshes of the Plymouth district hâve so far escaped
detailed investigation although a t'ew specimens of the fucoids from
here are in the Britisli Muséum. The area now under considération
constitutes but a small part of the total sait inarsh area.
St. John’s I.ake is a wide tidal inlet lying on the west of the
Southern half of the Hamoaze (fig. 1). It is two miles long and at
its junction with the Ilamoaze three-quarters of a mile wide; it is
crossed by streams draining the uplands around Torpoint, St. John,
and Penhale. The lower half of the Lake consists chiefly of extens
ive soft mud tlats, colonised in places by Zoslera nana. The présent
investigation lias been confined to the upper half of the Lake, i. e.
that area lying west of the rifle range on Deadman’s Point, (fig. 21.
II. DESCRIPTION OF AREA.
The land lying around St. John's Lake is hilly, the fields slop-
ing more or less steeply to the marshes below, and the foreshore is
GL.ADYS L. NAYLOR.
bounded by a low clîfE 3 to 10 ft. in heiglit. This cliff is tree-
crowned in many places, chiefly along the northern and western
sliores, causing considérable shading of the foreshore. The soil con
sists largely of shaly deposits.
H Water
I——J TidaL muds &
Sait marshes
D-Lil <S T John’s NarsH.
UPLflM)
Penhok/.
UPLflND.
[hrake’s Is
UPLAND
DE VON PORT.
PLYhOUTH
THF
SOUND
Pis. >. - Map showing the position of St. John’s Marsh i,
the Sound.
in relation to the Hamoaze and
The area may be ,livi,] e d into two main parts, (1) the small East-
atuTfown 6 ’, y “ lg immediate1 ^ «»« n °rth of Deadman’s Point,
and (2j the langer St. John-s Marsh proper, which extends westward
° , J0 T '’ lllag , e Iying at <he of the inlet. The eastern end
the latter marsl, is just over a quarter of a mile in width, bnt it
aboTTn 1 T T West ' and ab °™ t,le fon ' St - John ’ s ,eet •» onlv
about 50 yards wtde. The bed of the large stream flowing through
the marsh hes weU toward the Southern shore and the sait marshes
EASTDOWN
LflKÊ
Source : MNHN, Paris
Map showing the distribution of the fucoids and the general végétation of Bt. John s Marsh.
428
G LAD Y S L. NAYLOR.
are confinée! to the wide northern mud banks and the extreme west¬
ern end. St. John’s Marsh falls into tliree main portions when con-
sidered from the point of view of the végétation: (a) The Salicornia-
Fucus marsh, on the north bank between D and G (fig. 2) ; (b) the
Gluceria marsh, on the north between G and K, on the soutli at K, and
above the ford in St. John’s leet; and (c) the Fucoid association of the
Southern shore, between S. and Z.
(1) EASTDOWN LAKE.
This area is drained by two creeks of which the westerly one
only lias a permanent stream of fresli water. During August 1933
after a long dry spell, there was only a frickle of water, but judging
from the creek beds the drainage water ac some periods of the year
is considérable.
Eastdown Lake is still in the early stages of saltmarsh coloniza-
tion, the only halophyte, apart from Zostera nana, which occurs in
any quantity on the mud being Salicomia herbacea agg. There are.
however, some small patches of Glyceria maritima on the northern
edge, and behind tliese a very narrow higher zone covered only by
the highest spring tides where such halophytes as Glaux maritima
and Suæda maritima are found.
Normal fixed fucoids grow on the foreshore wherever suitable
rocks occur, F. spiralis being more abundant than F. vesiculosus
along the northern bank as the level of the mud is nearly up to the
limit of the latter s zone. Pelvetia canaliculata occurs occasionally.
On the west the marsh is overhung by trees and here F. vesiculosus
is abundant tliough often stunted and nearly evesiculate. F. cera-
noides grows on stones in the wet muds at B, but not in the stream
itself, and this is its only station in Eastdown Lake. Further south,
between C an 1 ), Ascophyllum nodosum appears where rocks are
présent in the lower levels.
At the northern end of Eastdown Lake marsh forms of Fucus
form mats several square yards in extent embedded in the higher
muds just below the hard foreshore. This level is not covered by the
lesser neap-tides ant the Fucus may therefore be exposed periodic-
allv for several days. Th? creek banks are also covered by a partially
embedded form of Fucus, but besides this large tufts of seaweed oc¬
cur loose on these embedded plants or sparsely scattered over the
muds among the thinly distributed Salicornia plants. Along the
western edge of the lake there is a more or less continuous mat of
Source : MNHN, Pans
FORM OF FUCUS SP1RAUS.
429
marsh seaweed about 5 yards wide, amoug which normal flxed and
fruiting plants of botk F. spiralis and F. vesiculosus occur on stones
or on dead branches fallen from the trees above.
(2) ST. JOHN’S MARSH
a) SALICORNI A-FUCUS MARSH.
This part is still in the earlier stages of colonization. Extensive
mats of loose and embedded forins of Fucus cover the muds near the
Eastdown creek, giving a yellow brown colour to the marslies, the
Salicornia plants liere being few and scattered. Further west the
Salicornia becomes abundant, with the Fucus forming an under-
growth which is especially dense in the shallower creeks. F . spiralis
and F. vesiculosus, with a little P. canaliculata cover the low rocky
foreshore for a quarter of a mile between C and F, but west of F,
F. spiralis alone persists, growing on rocks and stones on the upper
edges of the mud.
b) GLYCERIA MARSH.
Westward from G, Glyceria maritime and Aster tripolium ap-
pear in the higher levels of the marsh and soon form a continuons
association except wliere interrupted by creeks. Salicornia annua is
also abundant on the upper levels. The shallower creeks between G
and J are covered by a dense growth of filamentous green algæ; the
embedded form of Fucus is comparatively rare, but it is noticeable
that wherever F. spiralis appears, there the small embedded Fucus
also occurs among the Glyceria and Salicornia.
At the western end the marsh is interrupted by a stream drain
ing the Phragmites communis marsh above the bridge at K. This
stream brings down a small volume only of fresh water during the
summer but sufficient to allow the growth of a few small plants of
the brackish-water seaweed, F. ceranoides, on the pebbles of the stream
bed. A gravel track skirts the marsh at L to cross the main St.
JolnFs stream by a concreted ford at M. This road is covered only
by the higher tides, but is always damp with water draining from
the steep tree-covered cliff which bounds the track on the west. The
marsh below the road is soft wet mud with patches of Glyceria; the
marsh forms of Fucus are very abundant. Plants of F. spiralis and
a few of F. ceranoides grow on the stones skirting the track.
The channel of the main stream just below the ford is about
4 yards wide and 4 feet deep ; both sides and bed are covered with
430
G LAD Y S L. NAYLOR.
F. ceranoides. A few plants of F. vesiculosus occur towards the tops
of the banks.
Above the ford the stream, whose course is here north-east, lies
towards the western bank and is partlv overhung by trees ; the stream
bed is wide and very shallow, with F. ceranoides growing ail along
it. The upper limit of this seaweed is at 0, above the limit of the
marsh itself. F. spiralis also grows throughout this area and P. ca-
naliculata occurs at N, but F. vesiculosus is entirely absent. Marsh
forma of Fucus grow on the mud and among the Glyceria ail along
the eastern side of the stream.
At Q occurs the only patch of Obione portulacoides in the whole
area, apart from a few scattered plants at G and J. The extent of
this patch is about 70 yards by 30 yards.
C) THE FUCOIDS OF TUE SOUTHERN BANK.
The upper foreshore consists of firm shaly mud sloping but slight
ly at the western end of the marsh but becoming steeper and rocky
towards the east. Zostera nana is présent on the lower muds and
green algæ such as Rkizoclonium, Gladophora and Vaucheria are
also found. The Fucaceæ are well represented ail along the shore,
but owing to the flatness of the beacli the zoning is not well marked.
At the western end F. ceranoides is abundant, replacing F. vesi¬
culosus almost completely, and invading the F. sp-irdlis zone. East
of T ail three species occur together, but where présent F. ceranoi¬
des tends to monopolise the upper F. vesiculosus zone. After the
first 100 yards or so, F. ceranoides does not occur continuously but is
abundant in patches, as at U, V, and W. In these places the fore¬
shore is distinctly wet and the cliff behind shows evidence of surface
drainage during wet weather. East of W, F. ceranoides is entirely
absent ; A. nodosum which first made its appearance a little further
west becomes inereasingly abundant, and F. vesiculosus is very large
and healthy. P. canaliculata also cornes in on the higher rocks.
With regard to the unattached forms of Fucus along this South¬
ern shore, these occur mingled with the attached plants wherever a
little bay offers some protection from the scour of the tide. To¬
wards the western end these plants form loose-lying tufts having
rather a slender thallus. Occasionally, however, a form with a much
broader, less branched thallus occurs, often partially embedded in the
mud. Beyond the eastern limit of F. ceranoides this coarser form be-
FORM O F F UC VS SPIRALIS.
431
cornes increasingly abundant. lt is présent in quantity at X among
t'. vesiculosus and A. nodosu'rn plants, and again at / as a continuons
zone about 4 feet wide, enibedded in the soft mud below tbe steop
seaweed-covered rocks of tlie foresbore. At X and \, however, the
more slender tufted form is also présent in quantity lying loose
among the other seaweeds.
III. NOTFH ON INDIVIDU AL FUGOIDS.
The characteristic tendancy of the Fucaceæ to produce a great
nmnber of habitat forms is well known and is the cause of a great
deal of confusion and difficulty in the identification of species: the
alga! in St. John's Lake prove no exception. The conditions obtaining
bave tended to produce almost identical forms of thallus in the marsh
forms of the different species, which in the absence of reproductive
organs are practically indistinguishable. It is certain, however, that
in this marsh F. spiralis, F. vesiculosus, and F. ceranoidcs ail produce
marsli « ecads », and it is proposed briefly to consider these three
species and their « ecads ».
(1) FUCUS SPIRALIS
This is the most abundant and widely spread of the three fucoids
thoughout the area. It varies greatlv in size and width of thallus:
the plants from the highest levels may be classed as F. spiralis var.
nana, being often only 3-4 cm. long, but reproducing normally ; at
lower levels a length of 30 cm. may be reached, accompanied by a
widening of the thallus and the production of réceptacles on latéral
branches, thus conforming to the var. platycat'pvs. This latter form
occurs particularly along the south shore of the marsh.
Although usually growing attached to rock or stones, or even to
the small shale fragments which are so abundant in the upper levels
of the mud, F. spiralis is also found attached to the roots of Glyccria,
and a few of the plants examined were unattached, having only the
tuft of rhizoids so often found when this Fucus grows in muddy areas.
It is this ability to grow and reproduce normally in the marsh which
apparently led Baker and Bohling (2) to conclude that F. spiralis does
not produce a distinct marsh form. But in studying the small embed
(led Fucus of the Glyccria marsh one was struck again and again by
the fact that it was especially abundant Avliere F. spiralis was présent
on stones. In addition, where the base of normal F. spiralis (fig. 3.)
G LADY S L. NAYLOR.
432
was becoming silted over with nmd, vigorous végétative budding was
being produced, the new shoots of which were apparently identical
with the surrounding marsh form. Several plants of fruiting F. spi-
ralis were fonnd having the remains of an attachment dise but now
embedded in the mud, and producing numerous végétative shoots
Fig. 3. — Fucus spiralis (attached form) taken from a stone embedded in the edge of
the Glyceria marsh, St. John s Marsh. Végétative budding from the embedded base
of the thallus is well shown. 3/4 natural size.
Fig. 4. — Fucus spiralis, with remains of the attachement dise, but found free in the
mud, and producing numerous végétative shoots of characteristic « marsh form »
type. 2 /3 natural size.
(lig. 4.). Intermediate stages (fig. 5.) between the normal attached
and the marsh forms (fig. 6.) were found wherever F. spiralis grew
Source : MNHN, Paris
FORM OP FUCUS SFIRALIS.
433
Fig. 5. — Fucus spiralis, intermédiate form, from Glyceria turf overhung by normal
F. spiralis on stones. The old «midrib», embedded 1/2 to 3/4 inch below the level
of the mud, may be noted. 2/3 natural size.
Fig. 6. — Fucus spiralis (marsh form), embedded in the uppe levels of St. John’s Marsh.
3/4 natural size.
434
G LADY S L. NAYLOR.
amongst tlie Glyceria and in geveral instances on the mud among
Halicornia plants. In several places near the edge of the marsh a
stone was found quite close below any especially healthy clnmp of
embedded Fucus, and although such circuinstantial evidence must not
be taken too seriously it certainly suggests that the marsh form had
been derived from normal attached plants which had become silted
over.
With regard to reproductive bodies, these were rare, the plants
increasing by végétative growtli and branching of the thallus and
subséquent rotting away of the lower mud-embedded portions. A
certain number of réceptacles were found (fig. 7.), however, on the
small embedded Fvcus where it occurs in pure formation on the
liighest levels of the mud, as at the nortli side of Eastdown Lake.
These réceptacles, thougli very small and immature, reseinbled those
1 ig- 7- Fucus spiralis (marsh form). Small fruiting forms from the bare mud, higb
level, at A, Eastdown Lake. Natural size.
FORM OF FUCUS SPIRALIS.
435
commonly found in F. spiralis. Tiras tliey were rounded in shape,
with a sliglit ridge running over the top, tliis corresponding to the
narrow strip of sterila thallus snrronnding the ripe réceptacles of
normal F. spiralis; the conceptacles were ail hermaphrodite although
the antheridia were often very much rednced and the oogonia small
and usually undivided; and the paraphyses protruded in ail.
The fact that the only reproductive hodies found were on plants
growing at the highest levels, and thus subject to several days expo-
sure during neap-tides, is interesting in view of the recognised fact
that F. spiralis normally requires a certain degree of desiccation if
fruiting is to occur. No vesicles were found on any oï these small
plants, but inflations were often présent on tliose subject to the
greatest exposure. It is probably justifiable, tlierefore, to assume that
the small embedded Fucus above described is indeed a true marsh
form of F. spiralis.
( 2 ) FUCUS VESIOULOSUS
Tliis species occurs abundantly round most of the marsh but is
entirely absent from the upper levels of the Gli/ceria marsh : its range
does not extend above the ford. Always a variable species, in tliis
area its morphological changes are well marked, from dwarf evesi-
eulat? plants only a few centimètres long on the higher rocks around
Eastdown Lake, to wide, lieavily vesicled plants 40-50 cm. or more
in length along the eastern end of the south shore of St. John’s
marsh. The range from fiat to tiglitly spiral thallus is also well
shown. Some plants approach very nearly to F. ceranoides in form
and texture of thallus.
With regard to the marsh forms of F. vesiculosus occurring in
St. John’s Lake, one is easily distinguisliable and occupies extensive
areas of the mud flats at the junction of Eastdown Lake and
St. John’s Marsh. It also occurs along the Southern shore, being
especially abundant at the eastern end. This form is large, up to
40 cm. or so in length, but often with the greater part of the thallus
embedded in the soft mud. Some specimens conform very nearly to
F. vesiculosus ecad volubilis, Hudson, of Baker, with occasional
vesicles and som? sliglit spiralitv of the firm, ratlier broad yellow-
brown thallus. Many of the embedded plants are, however, less
massive, not at ail spirally twisted and hâve no vesicles. but their
position low down on the marsh 1 vels and their general appearance
436
GLADYS L. NAYLOR.
seem to indicate that tliey also are a form of this ecad volubilis.
As well as these larger forms, kowever, there is a small one
which occurs as rounded tufts free floating at liigli tide but remaining
either scattered over tbe mud flats or entangled with the fixed and
embedded fucoids. The thallus of tliese tufted plants is delieate in
texture and rather dark olive green in colonr. No fruiting bodies or
vesicles bave been found. That this is a form of F. vesiculosus is very
probable judging from its occurrence at lower levels than those
occupied by normal F. spiralis and waters of higher salinity than
F. ceranoides will continuously tolerate, but an examination of the
thallus alone will not serve to distinguish it from small embedded or
free forms found at higher levels, which are almost certainly derived
from one or other of these two species.
( 3 ) FUCUS CERANOIDES
The distribution of this species in St. Jolm’s Lake is interesting
in view of its known preference for sea water of low salinity. The
volume of fresh water here is inconsiderable especially during the
surnmer months. Samples of water taken at liigh tide at ten different
points round the marsh gave salinity values of 30-34 parts per
1000 gms. showing that there was no appréciable dilution of the
water here as compared with that of the ïïamoaze and the Sound
where the salinity varies between 30-34.5 parts per 1000 gms. The
lowest salinity records were obtained at J and L, St. John’s Marsh,
where, at an hour before high tide, salinities of 11 and 8 were recorded,
due no doubt to the damming up of the fresh water of St. John’s
stream by the rising tide. At high tide the waters spread right over
the marshes and at an hour after high tide the salinities at J and L
were both 30, showing that the lower concentration was not inain-
tained for very long.
It was felt that under tliese circumstances the explanation of the
occurrence of F. ceranoides in sucli quantity along the Southern skore
must be found in the inter-tidal conditions. No stream joins the
marsh from this side but, as previously stated, the fields slope very
steeply to the foreshore and there is distinct evidence at each of the
little bays where F. ceranoides occurs, namely at T, U, V, and W, of
surface drainage after heavy rain. At low tide the mud at these places
is always wet, so a set of water samples was collected from hollows in
the surface, the salinities of which varying from 11 to 23 proved
Source. MNHN. Paris
FORM OF FUCUS SP1RAUS.
437
considerably lower than those obtaining at these points during
immersion by the tide. This wonld indicate that altliough no
streams appear abov? ground tliere is a volume of fresh water
entering tlie marsh. Time unfortunately did not permit of further
salinity déterminations, and from the scanty data, obtained after a
very dry summer, it is not possible to draw definite conclusions. It
wonld be interesting to compare t.hese salinities with others deter-
mined during the winter months when the volume of fresh water may
be much greater. It appears safe to say however, that wherever
F. ceranoides occurs, apart from the actual stream bed at and below
the ford, tliere is fresh water draining through the mud and that it
is the resulting inter-tidal conditions whicli permit the growth of this
species at places where the salinities during high tide are so near
to that of normal sea water. Shading by trees during the greater
part of the dav preventing, as it does, excessive évaporation, may
be an additional factor in favour of this seaweed. It may be
interesting to note that the general condition of the F. ceranoides
along the Southern shore at the beginning of Julv 1933 was much
better than it was a inonth later after a bot dry period.
The average size of the plants of F. ceranoides in St. John’s Lake
is small, rarely exceeding 1 ft. (30 cm.) in length except for those
plants growing in the stream bed at the ford, where a length of
2-ft. (00 cm.) may be reached. Along the soutli shore the plants are
busliy and often liave a great deal of végétative budding. Inflation
of the thallus occurs frequently, especially in positions exposed to
the sun. The réceptacles are of the characteristic shape, being
sharply pointed and often forked. Of the 38 fruiting plants examined
during July 1933, 25 were hermaphrodite, 12 had purely male concep-
tacles, and 1 specimen had ôogonia only. Several of the herinaphro
dite ïorms showed marked réduction of antheridia. The plants were
taken from different parts of the marsh but unfortunately no record
was made of tlieir zonal level. F. ceranoides is generally considered to
be an hermaphrodite species wkich shows unisexual tendencies.
Stomps (7) records that at Nieuport, France, plants growing in the
upper zones were hermaphrodite and in the lower, unisexual. Chatek
(3) at Aberdeen found no hermaphroditism of F. ceranoides in any
zone.
The marsh forin of F. ceranoides was first found in this area in
Eastdown Lake at B. where a few plants were lving loose on the mud
438
GLADYS L. NAYLOR.
along with fixed F. ceranoides on sinall stones and dead branches.
Some of these unattached plants were fruiting and it was thus
possible to establish their connection witli the Fuovs species from
which they were derived. This marsh form agréés with that described
by Skrine, Newton and Châter (6) for the Mochras Marshes, Wales,
and called by them F. ceranoides ecad proliferatus. The thallus wing
is papery and soon decays leaving long bare « midribs ». It is,
however, very difficult to distinguish these plants where no fruiting
occurs from sonie of the forma of F. vesiculosus and F. spiralis,
especially certain sp?cimens of the latter two species found at Y in
St. John’s Marsh. It is probable that much of the abundant unatta¬
ched Fucus occurring at L at the north west corner of the marsh
is derived from F. ceranoides but so far no réceptacles hâve been
found on the plants there.
The anatomical distinction, mentioned by Skrine, Newton and
Chater (6), that F. ceranoides lias certain central cells which turn
brown and break down to produce a homogeneous mass, does not
appear to hold generaliy for the plants of this area and is certainly
not a sufficiently constant character to be of use in identifying
dotibtful species.
IV. SUMMARY
(1) A description is given of the distribution of three species of Fucus in St.
John’s Lake, Plymouth, with an account of their marsh forms.
(2) The occurrence is recorded of a so far undescribed marsh form of Fucus
spiralis.
(3) The relation between the salinity of the water and the distribution of F.
ceranoides is discussed.
(4) A marked convergence of « eoad » forms ni the area is noted.
In conclusion the author wishes to record lier thanks to the
Director and Council of the Marine Biological Association for
laboratory facilities during the course of the investigation ; to London
University for the use of their table; also to Dr. L. H. N. Cooper,
for help in determining the salinities of the water samples and to
the Staff as a whole for much incidental assistance.
PO-RM O F FUCUS SP1RAL1S.
439
REFERENCES
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Bot., vol. XL., pp. 275-291, 1912.
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Marsh. Part. II. Journ. Linn. Soc. Bot. Vol. XLIII, pp. 325-380.
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deenshire Estuaries. Trans. and Proc. Bot. Soc. Edin., Vol. XXIX,
pp. 362-380, 1927.
(4) Cotton A. D. — Cl are Island Survey, 15 : Marine Algae. PrOc. Roy. Irisli
Acad., Vol. XXXI, 1912.
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ceranoides, L. from Llanbedr, Merioneth. Ann. Bot. Vol. XLVI,
pp. 769-779, 1932.
(7) Stomps Th. — Etudes topographiques sur la variabilité de F. vesiculosus, L.,
platycarpus, Thur., et ceranoides, L. Rec. de l’Institut Botanique
Léo Errera, t. VIII, pp. 326-377. 1911.
Source : MNHN, Paris
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matique . 1 327
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(Staekh.) Harv. • • 123
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la carapace des Diatomées . 183
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R. Lami. — Stations nouvelles de quelques algues rares dans la Manche
occidentale. 183
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sur la multiplication de certains Flagelléfe . 184
E. Manguin. — Sur la présence de Scenedesmus microsgi lia Chod. dans
le département de la Sarthe. 179
REVUE BIBLIOGRAPHIQUE.
Cyanophycées. 193
Flagellés. 195
Péridiniens . 195
Chlorophycées. 195
Conjuguées. 197
Characées. 198
Diatomées. 199
Phéophycêes. 200
Rhodophycées. 203
Algues fossiles. 207
Répartition, Ecologie. 208
Parasitisme, Symbiose . 218
Plancton . 219
Biologie générale. 220
Physiologie, chimie
Cytologie.
Technique.
Varia.
223
230
235
236
TABLE DES NOMS D’AUTEURS DES TRAVAUX
ANALYSES OU SIGNALES DANS LA REVUE BIBLIOGRAPHIQUE
Fose D.-L. 225
Ackeley A.-B. 20S
Agostini A. 220
Alexander G. 223
Alister F. Me. 235
Allen W.-E. 235
Amossê A. 399
Atkins W.-R.-G. 223
Atkinson G.-F. 203
Anonyme. 235
Bachrach E. et Lefèvre M. 199
Birge E.-A. and Juday . 224
Bioret G. 200
Blinks L.-R. 224
B links L.-R. and A. IIof-Blinks.. 208
Bold II.-C.. 196
Boreia 1. 208
Borgesens F. 203, 20S, 209, 210
Cale M.-D. 199
Cal vert R. 199
Capt L. 204
Cayeux L. 207
Chadefaud M. 230
Chemin E. 224
Chodat R. 219
Cockran L.-C. 193
Colla S. 224
Colmann S. 221
Conseil permanent international
pour l’exploitation de la mer.. 224
Cooper W.-C. und Osterliout W.-
S.-Y. 224
Couch S.-N. 218
Czurda V. 221
D’Ancona . 210
Dangeard P. 204-219
Dangeard P.-A. 196
Danin Z. 225
Dainman H. 221
Deflandre G. 195
Delft E.-M. 221
Dostal R. 225
Drouet F. 210
Fairschild II. 221
Famin M. 210
Farlane C.-M. 222
Farran G.-I». 193
Feldmann J. 204-211
Flerov B.-C. 211
Flerov et Ivarsakov N . 211
Forti. A. 201
Forti A. und Sc-hulz P. 199
Frémy P. 193
Frye T.-C. and Phifer M.-W. .. 201
G irai J. 225
Gran H.-IT. 220-236
Gran N.-N. und Angst E.-C- 199
Gran N.-N. und Thompson T.-G. 199
Gross T. 240
Grubb. V.-M. 211
Hall. S.-R . 195
Hamel G. 201
Hammerling S. 196
Hanna G.-D. 255
Ilassid W.-Z. 225
Hatton H. 221
Haupt A.-W. 201
Hayren E. 212
Hein 1. 196
Ilof C. and Frémy P. 193
Holdlieide W. 225
Ilollenberg G.-S. 226
Iloltmann C. 205-225
Howe M.-A. 194-207-213
Howe M.-A. and Taylor W.-R... 212
Ilustedt L. 231
Inteer B.-B. 213
Irwin M. 226
Jacques A.-G. and Osterhout .. 226
Johansen D.-A. 197
Jungers V. 231
Karling S.-S. 219
Klas Z. 227
Klugh A.-B. 227
Knigth M. and Parle M.-W. 213
Konguisser R.-A. 226
Kopetzky-Rechperg 0. 232
Ivrogh A. and Lange E. 232
Ivylin H. 205-214
La mi R. 201
La pic-que L. 202
Lefèvre M. 195
Lemoine M. 206
Lewis I.-F. and Taylor W.-R. .. 214
Li L.-C. 214
Lind A. 232
Link K.-P. 227
Lucas A.-M.-S. 214
Lunde G. et Closs K.
Lwoff A.
Mangenot et Nardi lt.
Manske R.-H.-F.
Marshall S.-M. and Cre A.-P. ..
Matthews Y.-D.
Miranda F.
Monfort C.
Montemartini L.
Morgan A.-H.
Nelson W.-L. and Aetchcr L.-II.
Nichols G.-E. et Ackeley A. -B. ..
Nichols S.-P.
Okamura K.
Osterhout W.-J.-Y.
Osterhout W.-S. ant Hill S.-E...
Palmer C.-M.
Parke M.-W.
Paseher A. 222-
Pavillard J. 196-
Pentegoff B.-P.
Pol B.-P. . .
Prescott G.-W.
Raymond D.-E. ant Stetson 1I.-C.
Reis E.-M.
Itescoe M.-V.
Ricard P.
Robinson W.
Roche S.
liussel-Wells E.
Sabelina M.-M.
Samanns Bishop A. . 194-195-197-
Sauvageau G.
Savage R.-E. 220
Schiller J. 217
Schreiber B. 222
Schreiber E. 202
Schuette H.-A. and Adler H_ 229
Scburmann J.-F.-M. 222
Schutt F. 229
Sharp W. 195
Smith B.-H. 217
Smith G.-M. 197
Sokoloff D. 197-219
Sparrown F.-K. 219
Staubury F.-A. 229
Svedelius N. 206
Swann W.-F. and del Rosarie C. 229
Swartzow B.-W. 198-200
Tandy G. and Colmann S. 223
Taylor W.-R. 194-217
Tiffany L.-II. and Ahlstrom E.-H. 220
Tilden S.-E. and Fessenden A.-P. 203
Transeau E.-N. 198
Ubisch G. von . 203
Weber van Bosse A. 217
Williams E., Kneer L., Wickwire
G.-C, Vera D.-S. and Burge
W.-E. 229
Wilson O.-T. 200
Witacre D.-M. 225-230
Wolfe J.-J. 200
Yamada Y. 218
Yonge C.-M. . 218
Zanon V. 223
227
252
235
227
200
214
215
227
215
236
227
197
228
215
22S
228
216
216
-235
-200
236
198
216
236
202
216
22S
202
22S
229
220
-198
222